RA
Jmrune arête, au lieu que celles de la Coueuvre, dont il est ici question, sont trèsunies; et c*est de là que Ton a tiré le nom de Liae,
Le sommet de la tète de cette Couleuvre est garni de neuf grandes écailles, très-luisantes et très-poli eâ, disposées sur quatre rangs, comme celles que Ton voit sur la tète de la Couleuvre à collier et de la Couleuvre verte et jaune. Ses yeux sont couleur de feu, et placés au milieu d'une bande trèsbrune qui s*étend depuis le coin de la bouche iusqu'aux narines; les écailles qui couvrent les mâchoires sont bleuâtres; on voit sur le derrière de la tète deux taches assez grandes d*ua jaune un peu foncé, et depuis cet endroit jusqu'à l'extrémité de la queue, régnent des taches plus petites disposées sur deux rangs, et placées de manière que celles d'une rangée correspondent aux intervalles qui séparent les taches de l'autre rang. Le fond de la couleur du dos est bleuâtre, mêlé de roux vers les côtés du corps où l'on remarque aussi quelques ta- . ches. Les plaques qui revêtent le dessous du corps et de la queue sont très-polies, très-luisantes , un peu transparentes, blanchâtres, et présentent des taches rousses, ordinairement d'autant plus grandes qu'elles sont plus près de l'anus; et les jeunes individus ont quelquefois le dessous du corps et la queue d'un roux très-vif qui approche du rouge.
La Lisse paratt aimer les endroits humides; on la trouve communément dans les vallons ombragés. Il est quelquefdis aisé de l'irriter, lorsqu^Ile est dans I état sauvage ; mais en la prenant jeune, on parvient aisément à la rendre très douce et très-familière, et on est d'autant moins fâché de la voir dans les maisons qu'elle ne répand point de mauvaise odeur sensible, au moins dans les contrées un peu froides. Elle n'a point de crochets mobiles; elle ne contient aucun venin, et Laurenti s'en est assuré en éprouvant les effets de. sa morsure sur des Chiens, des Chats et des Pigeons.
La Lisse se trouve non-seulement en Europe, mais dans les Indes Occidentales et dans les grandes Indes.
L'on y rencontre aussi la Couliuvrb Bor- DBLAI8B (C Girondicus) à peu près de même taille que la précédente, mais se rapprochant, pour le système de coloration, de la Couleuvre vipérine, dont elle diffère par ses écailles lisses.
La CouLBUVM DE RiGCiou (C Biccioli) se rapproche des précédentes par ses formes; mais elle en diffère par sa coloration grisâtre en dessus, marquée sur les flancs de taches flexueuses, larges, de couleur foncée; le ventre est jaune avec une ligne noire sur chaque côté, accompagnée sur les flancs de points d'un rouge de corail.
On a groupé ces trois espèces, à cause de la forme générale de leur corps et de
Îu«>lque$ particularités danf; la disposition es plaques de la tète, dans un groupe à
part , sous le nom de Zachoius, du mot gr« Zacholos^ violent, emporté..
On a aussi réuni, pour des motift aoi logues, quelques autres Couleuvres dam ui groupe que ron a désigné par le doid d Zamenis, mot grec qui a à peu nrte la mèm signification que le désignatif du genre (tré cèdent. Telles sont la Coulbdvhb verh e JAUNE (C viridiflavui; C. aTrovtrffw), loDgui de 8 à & pieds, noire verdâtre en des< sus, parsemée de petites taches linéaire jaune de soufre; ces taches s'agraodisseo un peu sur les flancs et prennent quelque* fois la disposition d'ocelles plus ou molDj marqués ; le dessous 'du corps est d'un jaune vif verdâtre. Cette Couleuvre est asse^ répandue dans le midi de l'Europe, ainsi que la Coulbuvbb d'ësgulapb, C. Ètcukpii, ainsi désignée parce que l'on présuoieguc le Serpent d*Epidaure, qui fut auieoé à Rome pendant la peste qui ravagea cette ville, sous le consulat de Q. Fabricius et Q. Brutus, était de cette espèce, et que loi croit reconnaître cette Couleuvre r^ésentée sur les statues du dieu de la santé. Cette Couleuvre, gu'il ne faut jpas confoudre avec celle que Linné a gratinée arbitrairement du même nom, et qui est de TAioérique septentrionale, est d*une taille égale à la précédente, d'un brun verdâtre, uniforme en dessus, d'un Jaùrre paille en te sous. Elle habite les contrées méridionales de TEurope ; ses écailles paraissent 9$^i relevées à leur centre» surtout cheiquéiaes individus, pour que l'on ait indspié ce((e espèce comme pourvue d'écaillés carénées.
Couleuvre cTes Dames. Yoy. f^^ '^ Dames au mot Blaps.
COURP ATA-CORBEAU, ray. Tta^«^
NURE.
CRANE. Voy, Squelette
CRAPAUD , Bufo. Genre de Batraciens anoures. — Depuis longtemps l'opioion i flétri cet animal dont rapproche révolte tous les sens. L'espèce d'horreur avec laquelle on le découvre est produite môme par limage que le souvenir en retrace; beaucoup de gens ne se le représentent qu'en éprouvant une sorte de frémissement, et les P^ sonnes qui ont un tempérament f^^?^ les nerfs délicats ne peuvent en fixer W^ sans croire sentir dans leurs veines le frniu glacial que l'on a dit accompagner 1 allouchement du Crapaud. Tout %n est nlaio, jusqu^à son nom, qui est devenu le signe d'une basse diflformité ; on s'étonne tomours lorsqu'on le voit constituer une espèce constante d'autant plus répandue, que presque toutes les températures lui convienneni, ei en quelque sorte d'autant plus durable, qu« plusieurs espèces voisines se ré*ioi8s<fl pour former avec lui une famille ^^O"^ breuse On est tenté de prendre cet aniœa» informe pour un produit fortuit de 1 a^}^^ dite et de la pourriture, pour un de cesjejj^ bizarres qui échappent à la nature; ci n*imagiue pas comment cette '^^^^^i^i^ mune, qui a réuni si souvent ^"^ j*?,^ «i proportions à tant de couleurs agréauie»,
ns
CRA
POlSSms; ETC.
CRA
liai mêffle a donné aux Grenouilles et aux
Kaioes une sorte de grâce» de gentillesse et
de pinire, a pu imprimer au Crapaud une
forme si hideuse, fit que l'on ne croie pas
que ce soit d*après des conventions arbi-
tniresqu*on le regarde comme un des êtres
kf plas déCavorablement traités : il parait
ridé dans toutes ses parties. S'il a des
pattes, elles n'élèvent pas son corps dispro-
portioDDé au-dessus de la fange qu'il habite.
9ll a des yeux, ce n'est point en quelque
sodé pour recevoir une lumière qu il fuit.
MâfllSeaQt des herbes puantes ou yéné-
iHttses, caché dans la vase, tapi sous des tas
de pierres, retiré dans des trous de rochers,
sale dans son habitation, dégoûtant par ses
habitudes, difforme dans son corps, obscur
dans ses. couleurs, infect par son haleine,
Be le soulevant qu'avec peine, ouvrant,
loiMta^oQ Tattaque, une gueule hideuse,
D'ajaoi pour toute puissance qu'une grande
résistance aux coups qui le frappent, que
rinertie de la matière, que l'opiniâtreté d un
étrestopide» n'emplovant d'autre arme qu'un
liquide suspect qu'il lance, que parait -il
aruir de bon, si ce n'est de chercher, pour
aiim dire, à se d^ber à tous les yeux, en
\\iyxiX U lumière du jour 7
^M èlre ignoble occupe cependant une
assez grande place dans le plan de la na-
tare : elle la répandu avec bien plus de pro-
fus.ûQ que beaucoup d'objets chéris de sa
comp4aisêDee aiatemelle. Il semble qu'au
pbjsique comme au moral, ce qui est le plus
oêutais est le plus facile à produire ; et d'un
autre cAlé, on dirait que la nature a voulu,
par ce frappant contraste, relever la beauté
<ie ses autres ouvrages. Donnons donc dans
cette hislou^ une place assez étendue à ces
èim sur lesquels nous sommes forcés d'ar-
<^<er ao moment l'attention. Ne cherchons
Aéffle pas à ménager la délicatesse ; ne crai-
gDOos pas de blesser les regards, et t&chons
<i« MMirer le Crapaud tel qu'il est.
^ SoQ corps, arrondi et ramassé, a plutôt
l*itr d'an amas informe et pétri au hasard,
ose d'un corps organisé, arrangé avec or-
fi% et ftit sur un modèle. Sa couleur est
«iioairement d'un gris livide , tacheté de
linu et de jaunâtre ; quelquefois, au com-
DeoeeiDent du printemps, elle est d'un roux
ttle, qui devient ensuite, tantôt presque
Doir, tantôt oUvAtrOf et tantôt roussÂtre. U
e»t encore enlaidi par un grand nombre de
verrues ou plutôt ne pustules d'un vert noi-
r^e, ou d un rouge clair. Une éminence
tf^ailongée, faite en forme de rein, molle
et percée de plusieurs pores très-'Visibles,
est placée au-dessus de chaque oreille. Le
oûoduit auditif est fermé jiht une lame
membraneuse* Une peau épaisse , dure, et
très-dUficile à percer, couvre son dos aplati;
son large ventre paraît toujours enflé ; ses
pieds oe devant sont très-peu allongés, et
divisés en quatre doigts, tandis que ceux de
derrière ont chacun six doigts réunis par
une membrane. Au lieu de se servir de cette
largo patte pour sauter avec agilité , il ne
l'emploie qu'à comprimer la vase 'humide
sur laquelle il repose ; et au-devant de cette masse, qu'est-ce qu'on distingue 7 Une tête un peu plus grosse (jue le reste du corps, comme s'il manquait quelque chose à sa difformité : une grande gueule garnie de mâchoires raboteuses, mais sans dents ; des paupières gonflées, et des yeux assez gros, saillants, et qui révoltent par la colère qui parait souvent les animer. On est tout étonné qu'un animal, qui ne semble pétri que d'une vile et froide boue, puisse sentir l'ardeur de la colère, comme si la nature avait permis ici aux extrêmes de se mêler, afin de réunir dans un seul être tout ce qui peut repousser l'intérêt. Il s'irrite avec force pour peu qu'on le touche ; il se gonfle, et tAche d employer ainsi sa vaine puissance : il résiste long* temps aux poids avec lesquels on cherche à l'écraser ; et il faut que toutes ses parties et ses vaisseaux soient bien peu liés entre eux, puisqu'on a vu des Crapauds qui, percés d'outre en outre avec un pieu, ont ce-* pendant vécu plusieurs jours, étant fichés contre terre.
Les Crapauds, hors le temps des amours, vivent à terre, dans des trous ou des fentes de murailles, sous les pierres, muets et solitaires jusqu'à l'époque de l'accouplement ; alors ils sortent de leurs retraites» se rendent vers les mares voisines, s'ai^pellent, se réunissent et attendent accouplés la ponte des œufs.
Les Crapauds ont en général des habitudes plus nocturnes que les autres Batraciens anoures ; mais ils ont du reste à peu près les mêmes allures et la même manière de vivre.
Leur physionomie disgracieuse, leurs babip tudes nocturnes et silencieuses, le suintement qui s'opère à la surface de leur peau, la propriété dont ils jouissent, comme oien d'autres animaux, de lâcher ou même de lancer leur urine sur leurs ennemis , ont fait regarder de tous temps les Crapauds comme des animaux immondes et redoutables Les Romains peu observateurs de la nature, crédules comme le sont toujours les ignorants, firent du Crapaud un animal venimeux à l'excès et le firent figurer dans leurs plus fameux philtres, dans leurs plus affreux sortilèges: le moyen-Age renchérit sur les sottises des prédécesseurs, et le Crapaud fut alors de tous les maléfices; mais avec l'étude les préjugés s'évanouirent. L'on vit que l'humeur sécrétée par les follicules n'était pas un poison; H. Pelletier, qui la analysée, en indiquant qu'avec une substance animale analogue à la gélatine^ l'on y trouve un acide en partie libre, en partie combiné à une basoy plus une matière srasse très-amère, a prouvé que si cette substance est Acre et causti^ que lorsque ses éléments sont rapprochés, elle est loin, dans son état ordinaire , de posséder les propriétés que le vulgaire lui attribue. L'unne de ces animaux ne diffère pas beaucoup de celle des autres Reptiles, et n'a rien dans la composition chimique qui justifie les soupçons élevés^sur son compte. U n'y a pas jusqu'à lapatbie apparente du Crapaud qui n'ait été accusée de charme et d*
MS
CRX
malice; mais les enfants de nos villages savent fort bien que le regard fixe de ces animaux, qui restent des heures entières dans l'atlitude immobile d'un métaphysicîeQ en fiontemplation devant son moi, na rien de diabolique ni de surnaturel, ri que le Crapaud est un nnimal tout k fait innocent, qui paraîtrait même peu protégé contre les attaques des nombreux animaux qui peuvent lui nuire si, par un balancement harmonique et une sorte de compensation, il ne possédait ces petits moyens de défense qui [iréciséinent l'ont fait suspecter, parce qti ils sont insolites pour ainsi dire, et que l'on ne s,ivait en expliquer le mécanisme. C'est ce nue l'on peut dire de la faculté de se gonller I abdomen, faculté plus sensible chez eux que chez les autres Batraciens anoures, à cause (Je leurs formes plus ramassées; aussi les Latins leuravaient-ilsdoimé le nomdeffw/'o, mot dont la prononciation exige une mimique des parois de la bouche qui rappelle celte aispositioii.Ce n'estcertainemenl pasl'orgueil qui les enfle ainsi; ce n'est pas qu'ils accumulent un venin intérieur pour le projeter sur les assailhints ; c'est un simple effet de la peur qui, chez eux comme chez nous, sus-
fend (a respiration. Cette accumulation de air dans leurs poumons vésiculeux les rend Aiastiques comme une sorte de ballon, el leur peroiet de résister, en les décomposant, aux efforts de chocs assez forts pour ies faire bondir sur le 5oI. Plusieurs espèces même ont l'instinct de se renverser sur le dos, alin d'otl'rir k leurs ennemis le câté abdominal de leur corps, dont ies parois plus souples ne transmettent aux organes subjacents les impressions des corps contondaiits qu'après les avoir détruits presque en totalité par leur denii-réaitence. Ce gonflement subit du Crapaud, qui change tout à coup son volume, devient aussi par cela seul un sujet d'élonnement et d'eCTroi pour les petits aaimaux qui le poursuivent et qui se voient ainsi eoniraiots de renoncer à une proie dont les
[iro|>ortiTK>s cessent d'être en rapport avec a capacité de leurs erganes de déglutition.
Un autre moyen de iléfenn; as#iiz siDgiilipj a été accordé aux Crapauds: ils donnent, comme nous l'avons dit, au temps de l'accouplemeat, un petit son tlàlé, oourl, monotone, qu'ils répètent (tlusieurs fois de suite, ji des intervalles peu éloignés, bien différent du coassement des Grenouilles et des fiaiiiuitas; comme certains insectes, It^sCrapau.is ont la propriété de varier l'intensité et le timbre de leur voix mélannolique, de telle sorte que l'on croit l'entendre s'éloigner, se i, puis dans un au- 1 cor dont on dirige souven(*l'oa ne sait : S(M) qui vient frappée at)JOrbée au miint des bois, penoaul vainement la curio- 1 à suivre sa direciifié sans doute par ule le chasseur au 3 l'églantier, sous les
Jm , cftA m
racines duquel l'amoureux veQtrîloqHe s'ed creusé une cellule solitaire.
Les Crapauds ont été parfois renconti^, vivants dans l'épaisseur de pierres plus ou moins compactes, ou de troncs d'arbres pluou moins volumineux, dans des géodes sa:ii communications apparentes avecTeilérieur, ce qui afail supposer que leur présence, dus CCS masses cafcaires ou marneuses, aunii-i lieu de ces couches ligneuses, datait de leur formation, et que ces animaux avaienlim vivre sans nourrirure pendant un l«)-s d, temps inexplicable. Ces observations, ionvent mises en doute, ont reçu cepeniiant un cerldin degré de probabilité par leseipériences de M. G. Edwards, qui a consené vivants, pendant plusieurs mois, des 6jlr;iciens renfermés au milieu dune masseds pifttre d'une certaine épaisseur, eonteniie elle-même dans une caisse en bois, sans que ces animaux aient paru avoir souffert beaucoup du jeûne qu'ils avaient subi ; c'esl m) doute k la propriété que ces animaux possèdent de s'engourdir, comme on dit, à k heutté que les fonctions principales de la ne ont chez eux de s'équilibrer dans delspjji'S limites, sans accident grave pour rindiTiJii. avec les pertes et les acquisitions de l'tajiiomie, qu'il faut attribuer ce phénoroènc, ((w demanda encore à filre mieux étudié; car malheureusement les observateurs ije rr$ faits si curieux n'ont jamais conservé Ic! individus qui ont été ainsi rencontré!, et 1(5 pièces nécessaires h l'examen de \»qaaiifi.
Pour compléter l'histoire si nWfïifM^* des Crapauds, il faut dire que ci sont lis seuls Batraciens que l'en ait vustimbutn pluie du haut des nues, venant l'oDor^it d'oi^, apparaissant tout à coup sur nn poiW assez circonscrit, disparaissant presque lu^^i subitement et aussi miraculeusemeot qu'il! sont venus. Nous avons dit à peu près* IVtide BATRACIENS ce que l'on devtit peoH^ae ce phénomène: l'on en est du reste 4 rep^'' ter encore que les nombreux observateurs de ces catastrophes ne se soient pas doonili peine de conserver des échanliJlou* dettt Cra^>frads mélioriquet,
ilyadespa-ysoii les Crapauds sont si »" répandus, coràmo auprès de CarthagÙne *> de Porto-Belloen Amérique, que non-seulement, lorsqu'il pleut, ils y eouwentleslï'ws humides et marécageuses, mais encore ?< rues, les jardins et l&s cours^ el "Ç* '" habiianta de ces proviooes de Carlbagci» et de Porlo-Bullo ont cru quechaqneHOBiif de pluie étail cliangée en Crapaud, i^}^' pauds présentent mAme, dans ces MPir*** du Nouveau-Monde, un volume '">''^!"t'*' ble; les moins graiids ont six pouces de «>■ gueur. Si c'est pendant la nuit que 'a pme tombe, ils abandonnent presque lo"' j" retraite, et «lors ils paraissent se loW'»' sur la surface de la terre, qu'on dirait qu w ont entièrement envahie. On ne pe^'J?™!
sans les fouler aux pieds, el on ftt«^ même qu'ils y fout d.s morsures d aui^' plus dangereuses, qu'indi'[iCiid;in]Oieiii leur grosseur, ils sont, dit-OHi tres-^"*'
OU
POISSOSn, ETC.
QRA
neoi. D se pourrait en effet que l'ardeur it «s ccmtrées et la nourri lure qu'ils y pr^nneot Ticiassent encore davantage la nature (ù leurs humeurs.
Peidnt i^biver, les Crapauds se réunisseot plusieurs eosemble, dans les pays où la tctDpérature, devenant trop froide pour eux, y force à s'engourdir ; ils se ramassent dicsk» mêmes trous» apparemment pour augmenter et prolooger le peu de chaleur qui (Mf r^e encore.
lorsque les Crapauds sont réveillés de leur kmg assoupissement» ils choisissent la naiipoor errer et chercher leur nourriture; ilsrîîent, comme les Grenouilles, d*Insectes» deYers,^ Scarabées» de Limaçons ; mais on 4il Qfiiis man^.ent aussi de la sauge, dont ils sifflent Tombrè. et qu'ils sont surtout avides ^c«nië,qae Ton a quelquefois appelée le ttrvA èi Crapmud.
Lort de U ponte, les œufs abandonnés à lefre oedoif eut pas éclore, à moins qu'ils ne totubefil dtns quelque endroit assez obscur, asseï couTerl de vase» et assez pénétré d'huokiité, pour (}ue les petits Crapauds puis- JCflt 5 y Doumr et s'y développer.
LeseordoQs augmentent de volume en
mtaei^Apseien même proportion que les
«ufsqoi, «u bout de dix ou douze jours»
tmV Ve doolbVe de grosseur aue lors de la
poate;les globules renfermés dans ces œufs»
et qui détord soiA noirs d'un côté et blan*
chaires de />atfe, se couvrent peu à peu de
/ioéaa}eots;audivseptième ou dix-huitième
iour, OQ aperçoit le petit Têtard ; deux ou
trois jours âpres» il se dégage de la matière
Tisqottise qui enveloppait les œufs ; il s'ef-
forte alors de gagner la surface de Teau»
iDiis il retombe bientôt au fond ; au bout
de qoeiques jours» il a» de chaque côté du
eoo, tto organe gui a quelques rapports avec
les ouïes des poissons» qui est divisé eu cinq
ou sii apjpendices frangées» et qui disparaît
Wul ï iSit le vingt-troisième ou le vingl-
qiulhème jour. Il semble d'abord ne vivre
foede la vase et des ordures qui nagent
^ Teau ; mais» à mesure qu'il devient
p^os gros, il se nourrit des plantes aquati-
^es. Son développement se fait' de la même
nwaière que celui des jeunes Grenouilles ;
et, lorsqiril est entièrement formé» il sort
Je l'eau, et va à terre chercher les endroits
tiumides.
II en est des Crapauds communs comme des autres quadruj)èdes ovipares : ils sont l*aucoup plus grands et beaucoup plus vepiusniuieux à mesure qu'ils habitent des pays cbaods et plus convenables à leur nature, hroii les individus de cette espèce, qui sont (vQservés au lardin des Plantes, il y en a an qui a quatre pouces et demi de lonmeur» depuis le museau jusqu'à l'anus. On en irouve sur la Côte-d'Or d'une grosseur si prodigieuse» que» lorsqu'ils sont en repos» on les prendrait pour des Tortues de terre ; ils y sont ennemis mortels des Serpents : Bosroan a été souvent le témoin des commis que se livrent ces animaux. Il doit être t'urieux de voir le contraste de la lourde
niasse du Crapaud» qui se gonfle et s*agite pesamment, avec les mouvements prestes et rapides des Serpents ; lorsque, irrités tous les deux, et leurs yeux en feu, l'un résiste par sa force et son inertie aux èfiforis que son ennemi fait pourTétouffer au milieu des replis de son corps tortueux, et que tous deux cherchent à se donner la mort par leurs morsures et leur venin fétide» ou leurs liqueurs corrosives.
Ce n'est qu'au bout de quatre ans que le Crapaud est en état de se reproduire On a prétendu que sa vie ordinaire n'était que de quinze ou seize ans ; mais sur quoi Ta-t-ou fondé? Avait-on suivi avec soin le même Crapaud dans ses retraites écartées? Avaiton recueilli un assez grand nombre d'obser* vûtions pour reconnaître la durée ordinaire de la vie des Crapauds» indépendamment de tout accident et du défaut de nourriture?
Nous avons, au contraire» un fait bien constaté, par lequel il est prouvé qu'un Crapaud a vécu plus de trente-six ans ; mais la manière dont il a passé sa longue vie va bien étonner; elle prouve jusqu'à quel point la domesticité peut influer sur quelque animal que ce soit, et surtout sur les êtres dont la nature est plus susceptible d'altération, et dans lesquels des ressorts moins compliqués peuvent plus aisément, sans se rompre ou se désunir, être plies dans de nouveaux sens. Ce Crapaud a vécu presque toujours dans une maison où il a été, pour ainsi dire» élevé et apprivoisé. Il n'y avait pas acauis sans doute cette sorte d'affection que l'on remarque dans quelques espèces d'animaux domestiques, et qui était trop incompatible avec son organisation et ses mœurs ; mais il y était devenu familier; la lumière des bougies avait été pendant longtemps pour lui le signal du moment où il allait recevoir sa nourriture ; aussi» non- seulement il la voyait sans crainte, mais môme il la recherchait ; il était d^à très^ros lorsqu'il fut remarqué pour la première fois ; il habitait sous un escalier» qui était devant la porle de la maison : il paraissait tous ks soirs au moment où il a()ercevait de la lumière» et levait les yeux comme s'il eût attendu qu'on le prit et qu'on le portât sur une table» où il trouvait des Insectes, des Cloportes, et surtout de petits Vers, qu'il préférait peut-être è cause de leur agitation continuelle; il fixait sa ^roie ; tout d'un coup il lançait sa langue avec rapidité, et les Insectes ou les Vers y demeuraient attachés, à cause de l'humeur visqueuse dont l'extrémité de cette langue était enduite.
Comme on ne lui avait jamais fait de mal» il ne s'irritait point lorsqu'on le touchait; il devint l'objet d'une curiosité générale» et les dames mêmes demandèrent à voir le Gra* paud familier.
• Il vécut plus de trente-six ans dans cette espèce de domesticité ; et il aurait vécu plus de temps peut-être si un Corbeau» apprivoisé comme liii^ ne l'eût attaqué à l'eiitrée de son trou, et ne lui eût crevé un œil» malgré