POI9S0IIS, ETC
GRO
««(iMtemDS (|[ue eetuf de la ponte des Tor-
tiwé,e'e$(4-<hre dès le mois d'avril; mais il
«s( |ih! preloDgé. <^ (mi ^t très-singulier,
^erqtie roeuf d*où ooil sortir un animal
gBsi gfiDd qQe l*AfKgalory n'est gvère phcis
fmqnîY(Em4*fiùe poule d'tnde, sairant
oMf. n T a au Jardin des Plantes un
Mf d UD Crocodile de fk pieds de lon-
fie^, taé dsBs la Haute^Egyp^e, au moment
41 il fenall de pondre. Il est ovale el hlan-
^Mtre; m coqroe est d'une substance créta-
(éf , $eflM«bie à celle des ceufs de poule^
Mis Deios dure ; la tunique intérieure qui
loicÉe à remeloppe erétaeée est phis épaisse
ë pto forte que dans la plupart des oeufs
H'cttetn. fee grand diamètre n'est que de
i pouees 5 lignes , et le petit diamètre d'an
p^ll lignes.
La pcAis Crocodiles sont repliés sur ouiiBêiaeséAsIears OBufs ; ils n'ont que 6 ou 7 feem ée ioog lorsquHs brisent leur coque. Ob i tkfsevfé que ce n'est pas toujwwfTec kurtéle, mais quelquefois avec les ^^^ftm^ de leur dos qa'iis la cassent.
(^^req^ilieQ lorteot, ils trafneqt, attaché au cordon ombilical, le reste du jauBo de l^Buf, ««t<ni»è 4'uoe membrane, et one espèce
Qii«\è««-lÉi composé de l'enveloppe dans
laq^MlieilieQléli enfermés. Quelque temps ^P^ Ç^»Mlédos, (m remarque encore 1^ le bw * teur rentre l'insertion du cor- «o aartflwri, qoi disparaît avec le temps ; ^teftHpd'écaiWes, qui étaieift séparés et •WMWat ûM féale longitudinale par oà il pwutr se réuoissent insensiblement.
y Crocodiles ne couvent donc pas leurs •**H>» wiil <lû »e présumer d'après l«r S^^L^^ '<» aurait dû, indépendaoïBtent 0* MBoignige des voyageurs, refuser de ^« qwdit Pline do Crocodile mile, 2^ sofranl ce grand naturaliste, couve, •[^^c la feroelïp , les eenlis qu'elle a ponçai now jetons en effet les yeox sur les î™Jjn orhiafes qui sont susceptibles d'af- J?*** tendres et de soîns empressés; si r?** «'•srrofis les oiseaux , nous verrons SL **W*^s lea moins ardentes en amour
ftiïSr* ^*^ '• "^*'® abandonne sa femelle :
2Jjnje fieonent les espèces où le mâle pré-
> P* le nid avec elle , où il la soulage dans
j? iwheroëes des matériaux ëont elle se
^J^poor le construire, où il veille j ttentif
• mJÏÏ* ^^"® pendant qu'elle ooykve, où il
»t>y ^rmer sa peine par sou chant , et
i^^cdies «i ressentent le pliss vivement
0^ fina de Famouv sont les ^pèees où le
ie^w partage entièrement avec sa compagne
♦r^N^** ^ couver les œufs. Le Crocodile de-
ij^N dooe èlro rejjardé coG^me très-t(?ndre-
iir^ imeute^x, si le njâUi couvait les ojufs
e^^^ que ki femelle. Mais comnent attribuer
îi^^l^îive, intime et constante tondresse, à
lo «nittal qui, par la froMeur de son sang,
itw peut éprouver presque janfïais ni passions
\^P^*ueuses ni sentiment profond? La cha-
^rseule (le l'atmosphère, ou celle d'une
^^^ fermentation, fait Jonc éclore les
,. I?** du Crocodile; les petits ne connaissent
t' ^^ point de parents en naissant ; mais la
nature leur a donné assea de force» dès lea prenkers moments de leur vie» pour se passer êtes soins étrangers. Dès qu'ils soot éclost ils courent d'eux-mêmes ae Jeter dans l'eau, eè ils trouvent pjus de sûreté et de nourritute. Tant qu'ils Sont encore jeunes, ils sont cependant cfévonia, iiâ!»-seulenent par les paissons voraces, mais encore quielquefois par les vient Crooodilea, qui, touraaentés par far ftrim, font alors prar besoin ce que d'autres mimaux sanguiiiairet fiaraiasent faire uni«quement par cruauté.
Le Crocodile fréquente et préférence les rives des grands fleuves dont les eaux surmontent souvent leurs borda, et qui, couvertes d'une vase limoneuse-, offrent en plus grande abondance les Tealaeés , tes Vers, les Grenouilles et les Lézards, dont il se nourrit, il se plait surtout dans l'Amérique méridionale, au milieu des lacs marécageux et des savanes noyées. Catesby , dans son Hi$i^e mtêwr$U$ q$ la Carelimt nous représente les bords fangeux, baignés par les eaux salées comme couverts de forêts épaisses d'artères de banianea, parmi lesquels des Crocodiles vont se cacher. Les plus petits s'enfoncent dans des buissons épais, où les plus grands ne peuvent pénétrer , et où ils sont à couvert de leurs dents meurtrières. Ces bois aquatiques sont reo^lis de poissons destructeurs, et d'autres animaux qui se dévorent les uns les autres. On y rencontre aussi de grandes Tortues : mais elles sont le plus souvent la proie de ces poissons carnassiers, qui, à leur tour, servent d'aliment aux Crocodiles, plus puissants qu'eux tous. Ces forêts noyées présentent les débris de ces sortes de carnage, et l'on y voit flotter des resïtes de carcasses d^animaux li demi dévorés. C'est dans ces terrains fangeux que, couvert de boue, et ressemblant à un arbre renversé, il attend immobile, et avec la patience que lui doime la froideur de son sang, le moment favorable de saisir sa proie. 3a couleur, sa forme allongée, son silence, trompent les poissons, les oiseaux de mer, les Tortues, dont il est très-avide. Il s'élance aussi sur les Béliers, les Cochons, et même sur les Bœufs ,lorsqu'il nage, en suivant le*cours do quelque grand fleuve, il arrive souvent qu'il n'élève an-dessus de l'eau que la |>artie su-
f^érieure de sa tête ;*dans cette attitude, qui ui laisse la liberté des yeux, il cherche à . surprendre les grands animaux qui s'approchent de l'une ou l'autre rive ; et lorsqu'il en voit quelqu'un qui vient pour y boire, il plonge, va jusqu'à lui en nageaqt entre deux eaux, le saisit par les jambes* et Tentratne au large pour le noyer. Si la faim le fM'esse, il dévore aussi les hommes, et particulièrement les nègres, sur lesqueit on a écrit qu'il se jette de préférence. Les trèsgrands Crocodiles surfout, ayant besoin de plus (i'aliments, pouvant être aperçus et évités plus facilement parles petits animaux, doivent éprouver plus souvent et plus violemment le tourment de la faim, et par conséquent être quelquefois très-dange*
GRO
REPTILES
CRO
reux» principalemeot dans Teau. C*6st en effet dans cet élément que le Crocodile jouit de toute sa force, et qu'il se remue aTec agilité malgré sa lourde masse, en faisant souvent entendre une esoèce de murmure sourd et confus. S'il a de la peine à se tourner avec promptitude, à cause de la longueur de son corps, c'est touiours avec la plus grande vitesse qu'il fend l'eau pour se précipiter sur sa proie ; il la renverse d'un coup de sa queue raboteuse, la saisit avec ses griffes, la déchire ou la partage en deux avec ses dents fortes et pointues, et l'engloutit dans une gueule énorme, qui s'ouvre jusqu'au delà des oreilles pour la recevoir. Lorsqu'il est à terre, il est plus embarrassé dans ses mouvements, et par conséquent moins à craindre pour les animaux qu'il poursuit ; mais, quoique moins agile aue dans l'eau, il avance très-vite
Iuand le chemin est droit et le terrain uni. ussi, lorsqu'on veut lui échapper, doit-on se détourner sans cesse. On lit dans la description de la Nouvelle - Espagne , qu'un voyageur anglais fut poursuivi avec tant de vitesse par un monstrueux Crocodile sorti du lac de Nicaragua, que si lés Espagnols qui l'accompagnaient ne lui eussent crié de quitter le chemin battu et de marcher en tournoyant, il aurait été la proie de ce terrible animal. Dans l'Amérique méridionale, suivant H. de la Borde, les grands Crocodiles sortent des fleuves plus rarement que les petits ; Teau des lacs qu'ils fréquentent venant quelquefois à s'évaporer, ils demeurent souvent pendant quelques mois à sec sans pouvoir regagner aucune rivière, vivant de gibier, ou se passant de nourriture, et étant alors très-dangereux.
Il y a peu d'endroits j)euplés de Crocodiles un peu gros, où l'on puisse tomber dans l'eau sans risquer de perdre la vie (1). Ils ont souvent, pendant la nuit, grimpé ou sauté dans des canots dans lesquels on était endormi, et ils en ont dévoré tous les. passagers. Il faut veiller avec soin lorsqu on se trouve le long des rivages habités par ces animaux. M. de la Borde en a vu se dresser contre les très-petits bâtiments. Au reste, en comparant les relations des voyageurs, il parait que la voracité et la hardiesse des Crocodiles augmentent, diminuent, et même passent entièrement, suivant le climat, la tpille, l'âge, l'état de ces animaux, la nature, et surtout l'abondance de leurs aliments. La faim peut quelquefois les forcer à se
(i) t Les Crocodiles sont plus dangereux dans la grande rivière de Macassar que dans aucune autre rivière de TOrient : ces monstres ne se bornent point à faire la guerre aux poissons, s*assemblent quelquefois en troupes, et se tiennent cachés au fond de Teau pour attendre le passage des peUts bâtiments. Ils les arrêtent,, et se servant de leur queue comme d'un croc, ils les renversent et se jettent sur les hommes et les animaux, qirils entraînent dans leurs retraites. » Description de Vue Célèbes, ou Macassar. Histoire générale de$ Voyages, tome &XXIX, page 248, édit. inl2.
nourrir d'animaux de leur espèce, ÛBsiqae nous Tavons dit ; et losqu'un eitrène besoin les domine, le plus faible défient Ii victime du plus fort ; mais, d'après toat ce que nous avons exposé, l'on ne doit point
}>enser, avec quelques naturalistes, que h émelle du Crocodile conduit à l'eau ses petits lorsqu'ils sont éclos, et que le mâleet la femelle dévorent ceux qui ne peuvent pis se traîner. Nous avons vu que la cbaleor du soleil ou de l'atmosphère faisait édore leurs œufs; que les petits allaieot d'eux-mêmes à la mer; et les Crocodiles n'étant jamais cruels que pour assoQfir une faim plus cruelle, ne doivent pointétre accusés de l'espèce de choix barbare ([b'oo leur a imputé.
Malgré la diversité des aliments mie recherche le Crocodile, la facilité que li lenteur de sa marche donne à plusieurs immaux pour l'éviter, le contraitïl quelquefois à demeurer beaucoup de temos, et méiDe plusieurs mois sans manger (i);i/«^aiô alors de petites pierres et de petiunwfwaui de bois capables d'empêcher ses lûteslws de se resserrer (â).
Il parait, parles récits des voyafjeofti^f» les Crocodiles qui vivent près de réqoiley ne s'engourdissent dans aucun temps de Tannée; mais ceux qui habitent fers les tropiques ou à des latitudes plus életéa, « retirent, lorsque le froid arrive, dans des antres profonds auprès des rivages, etysooi pendant l'hiver dans un état de lorpeor. Pline a écrit que les Crocodiles passaiefl quatre mois de l'hiver dans des cavernes,ei sans nourriture, ce qui suppose qQ««* Crocodiles du Nil, qui étaient les m^ connus des anciens, s'engourdissaienl pendant la saison du froid (3). En Amény^M une latitude aussi élevée que celle «)^ gyple, et par conséquent sous une U^^' ture mois chaude , le nouveau «w«™r; étant plus froid que l'ancien, les Çri^^sont engourdis pendant l'hiver. Us soiwv. dans la Caroline, de cet éUt de f^ profond en faisant entendre, dilCatesby,*^ mugissements horribles qui retentissenu loin (k). Les rivages habités parcesamiw^ peuvent être entourés d'échos qui réHeco^ sent les sons sourds formés par ««s JJ^ quadrupèdes force de man
tain point, le i ^ . ^ i«
la Coudrenière dit que, dans la Lo»»]^^!." cri de ces animaux n'est jamais répète p
(i) Browne dit que Ton a observé ^^^^^ des Crocodiles qui ont vécu plusieurs ©^ r^ prendre de nourriture, et qu'on s'en est a»» ^ leur liant le rouseau avec un fil de ™^**[v\i^àt laissant ainsi liés dans des étangs, où ils ^^^^^^ temps en temps à la surface de l'eau poar rcsp Histoire ntUurelU de la Jamaïque , page iol. 2) Browne, td., ibid. ,.«-««1
5) Pline, liv. viii, chap. 58. L'çngoonliss^ i Crocofliles parait encore indiqué par ce i^ Pline, liv. xi, cnap. 91. r— Jkt
(4) Calesby , HUtoire natureUe de /« Cir*»*» vol. Il, p. 63.
des
CRO
POISSONS, ETC
CRO
nom fois de saiie, mais que leur yoix est ans» forte que celle (l*un Taureau (1) Le ^nîtaioe Jobson assure aussi que les Crocodiles, qai sont en grand nombre dans la mièrede Gambie en Afrique, et que les oégres appellent Bumbos^ y poussent des cm qoe Ton entend de fort loin ; ce voyageur ajoate que Ton dirait que ces cris sortent da food d'un puits, ce qui suppose, difts la toii du Crocodile, beaucoup de tons gretesqni la rapprochent d'un mugissement b$3 et comme étouffé (2). Et enfin le témoignage de M. de la Borde, que nous avons dîjàcité, vient encore ici à l'appui de l'as- ^e^tion de Catesby .
Si le Crocodile s'.engourdit à de hautes .^lUudescomme les autres Quadrupèdes ovipare sa couverture écailleuse n'est point de natore à être altérée par le froid et ta disette, Àm que la peau du plus grand nombre de ces aoimaux ; et il ne se dépouille pas comme ces derniers.
Baos tous les pays où l'homme n'est pas 60 assez gr^nd nombre pour le contraindre à vif re dispersé, il va par troupes nombreuses; M. Âdaoson a vu, sur la grande rivière daSèo^, des Crocodiles réunis au nombre « plus de deux cents, nageant ensemble û\èie\M)Ts de Teau, et ressemblant à 00 graod nombre de troncs d'arbres, à une forêt que les ùols entraîneraient. Mais cet ^iroopmeût des Crocodiles n'est point le fésaitât d'an miinci heureux : ils ne se nsseiDô/eot pas, comme les Castors, pour s'occuper en commun de travaux combinés ; 1^ laleots ne sont pas augmentés par TifDiUiioo, ai leurs forces par le concert ; ilsatse recherchent pas comme les Phofueset les Lamantins par une sorte d'affectioo mutuelle, mais ils se réunissent parce que des appétits semblables les attirent dans les mêmes endroits ; cette habitude d'être ^ttemble est cependant une nouvelle preuve ^pea de cruauté que l'on doit attribuer aux Cn)oodiies; et ce qui confirme qu'ils ne ^<pas féroces, c'est la flexibilité de leur ffalurel. On est parvenu à les apprivoiser. Dus rile de Bouton, aux Moluques, on engraisse quelques-uns de ces animaux, donnas par là en quelque sorte domestiques ; dans d autres pays, on les nourrit parosten- Ulion. Sur la côte des Esclaves, en Afrique, ^ roi de ^ba a, par magnificence, deux étanp remplis de Crocodiles. Dans la rivière de Rio-San-Domingo, également près des ettes occidentales de l'Afrique, où les habitants prennent soin de les nourrir, des eidants osent, dit- on, jouer avec ces monsirueui animaux (3). Les anciens connais-
(1) Observations sur le Crocodile de la Louisiane. iotmai ie Physiquej 1782.
(i) Voyage du capitaine Jobson à la rivière de Gambie. Hiitoire générale det Voyages, liv. vu.
(S) ( Oa a remarqué, avec élonnement, dans la rmère de Rie-San-Dominao, que les Caïmans, ou les Crocodiles, qui sont ordinairemenl des animaux « lemWes, ne nuisent ici à personne. Les enfants eofoDllrar |ouel, jusqu'à leur monter suf le dos, ei lei battre même sans en recevoir aucune nianiue
saient cette facilité avec laquelle le Crocodile se laisse apprivoiser; Aristoteaditque pour y parvenir, il suffisait de lui donner une nourriture abondante, dont le défaut seul peut le rendre très-dangereux (1).
Mais si le Crocodile n'a pas la cruauté des Chiens de mer et de plusieurs autres animaux de proie, avec lesquels il a plusieurs rapports, et qui vivent comme lui au milieu des eaux , il n'a pas assez de chaleur intérieure pour avoir la fierté de leur courage : Aussi Pline a-t-il écrit qu'il fuit devant ceux qui le poursuivent, qu'il se laisse même gouverner par les hommes assez hardis pour se jeter sur son dos, et qu'il n'est redoutable aue pour ceux qui fuient devant lui (2). Cela pourrait être vrai des Crocodiles que Pline ne connaissait point, qui se trouvent.dans certains endroits de l'Amérique, et qui, comme tous les autres grands animaux de ces contrées nouvelles, où l'humidité l'emporte sur la chaleur, ont moins de courage et de force que les animaux (]uile représentent daQs les pays secs de l'ancien continent (3) ; et cette chaleur est si nécessaire aux Crocodiles , que non-seulement ils vivent avec peine dans
de ressentiment. Cette douceur leur vient peut-être du soin que les habitants prennent de les nourrir et de les bien iraiter. Dans toutes les autres parties de TÂfrique, ils se jettent indilTéremmenl sur les hommes et sur les animaux. Cependant il se trouve des nègres assez hardis pour les attaquer à coups de poignard. Un laptôt du fort Sainte-Louis s'en faisait tous les jours un amusement , qui lui avait longtemps réussi ; mais il reçut enûn tant de blessures dans ce combat, que, sans le secours de ses compagnons, il aurait perdu la vie entre les dents du monstre, i Voyage du sieur Brue aux tles de Bissao, etc. ; Histoire générale des Voyages.
(1) M. de la Borde a vu, à Cayenne, des Caïmans conservés avec des Tortues dans un bassin plein d'eau. Ils vivent longtemps sans faire même aucun mal aux Tortues. On les nourrit avec les restes des cuisines. Note communiquée par M. de la Borde.
g I) Pline, Histoire naturelle, liv.vui, chap. 58. n peut aussi voir dans Prosper Alpin, ce qu*il raconte de la manière dont les paysans d'Egypte saisissaient un Crocodile, lui liaient la gueule et les pattes, le portaient à des acheteurs, le faisaient marcher quelque temps devant eux après l'avoir délié, rattachaient ensuite ses pattes et sa gueule, l'égorgaient pour le dépouiller, etc. Prosper Alpin, Histoire naturelle de l'Egypte ; à Leyde, 1755, édit. in- 4*, tome 1, chap. 5.
(3) € Dans l'Amérique méridionale, aux environs de Cfayenne, les nèffres prennent quelquefois de petits Caïmans de cmq à six pieds de long. Us leur attachent les pattes, et ces animaux se laissent alors manier et porter, même sans menacer de mordre. Les plus prudents leur attachent les deux mâchoires ou leur mettent une crosse lame dans la gueule. Mais, dans certaines rivières de Saint-Domingue, où le Crocodile ou Caïman est assez doux, les nègres le poursuivent; l'animal cache sa tête et une partie de son corps dans un trou. On passe un nœud coulant, fait avec une grosse corde, à une de ses paUes de derrière; plusieurs nègres le tirent ensuite, et le traînent partout jusque dans les maisons, sans qu'il témoigne la moindre envie de se îlcfendre. » Note communiquée par M. de la Borde,
GRO
REPTILES
dlO
les climats très-temiiérés (1), mais encore que leur grandeur diminue à mesure qu*iis habitent des latitudes élevées. On les rencentre cependant dans les deux mondes h
(plusieurs degrés au-dessus des tropiques (2) ; 'on a même trouvé des pétrititations de Crocodiles à plus de cinquante pieds sous terre dans les mines deXhuringe, ainsi qu'en Angleterre (3) ; mais ce n'est pas ici le lieu d'examiner le rapport de ces ossements fossiles avec les révolutions qu'ont éprouvées les diverses [)arties du globe.
Quelaue redoutable que paraisse le Crocodile, les nègres des environs du Sénégal osent l'attaquer {tendant uuUl est eudormi, et tâchent de le surprendre dans des endroits où il n'a pas assez d'eau pour nager; ils voHt à lui audacieusement, le bras gauche enveloppé dans un cuir; ils laitaquent à coups de lance ou de zagaie; ils le percent de plusieurs coups au gosier et dans les yeux; ils lui ouvrent la gueule, la tiennent sous l'eau, et Temi^échent de se fermer eq plaçant leur zagaio entre les mâchoires, jusqu'à ce que le Crocodile soit suffoqué nar l'eau qu'il avale en trop grande quantité (k).
(i) Mémoires pour servir à l^Bisioire nalturtUe de* animaux, article du Crocodile
(2) f Les rivières Ue is^ Corée sont souvent infestées de Crocodiles, ou Alligators, qui ont quelquefois 18 ou iO aunes de long. > Kelu^ion de Hauiel, Holla»dais, et description <!e la Corée. Histoire générale des Voyages, tome XXIY, page â4i,édit. in-îâ.
Les rivages de la terre des Papous sont aussi peu-
Slés de Crocodiles. Voyage de Fernand Mendez Pinlo. Ustoîre ffénérale des yoyages, U' partie, liv. u. Dampier a rencontré d^ Alligators sur les côtes de rile de Timor. Voyage de Guillaume Dampier aux Terres Amirales.
i n y a beaucoup de Crocodiles dans le continent de rAmérkvne, dix degrés plus avant vers k nord que le troptqne du Cancer, particidièreinent aussi loin que la *ivrère Neos dans la Caroline septenlrionaie, envinMi an 53« degré de latitude : je n'ai jamais oui parler &9mçQa de ces animaux an delà. Celte latitude répond à peu près aux parties de l'Afrique les plus septentrionales, où Ton en trouve aussi. » Calesby, Histoire naturelle de la Caroline,
vol. lï, p. as.
c Les Crocodiles sont fort communs dans tout le cours de TAmazone, et même dans la plupart des rivières que TAmazone reçoit. On assura à Sf. de la Coadamine qu'il s'y en trouve de 20 pieds de long, et même dé plus grands. Il en avait déjà vu un grand nombre de 12, 15 pieds et plus, sur la rivière de Cuyaquil. Comme ceux de l'Amazone sont moins chassés et moins poursuivis, ils cratgiient peu leahonimei. ^tiisles temfwiies inondations ilsestrenl qoelquefois dans les cabanes 4es Indiens, i Histoire générale des Voyages, tome LUI, page 459, éilit. iii-li.
(3) On a découvert dans k province de Nortbtngham le sqnektie entier d'un Crocodile. Biblioih* augU t. VI, p. 406.
(i) Labal, vol. H, p. 557.
f Un de mes nègre» tua un Crocodile de 7 pieds de long : il l'avait aperçu endormi dans les broussailles, an pied d'un arbre, snr le bord d'une rivière. Il s'en approcha assez doucement pour ne pas l'éveiller, lui porta fort adroitement un coup de couteau dans le côté du cou, au défaut des os de la tète et des écailles, et le perça, à peu de chose près, de j);irt en part. L'animai, blessé à mort, se repliant
fin Egyf)i69 on creuse sar lea traeesde c« animal dénaesuré un fossé profond, que Toi couvre de branchages et de terre; on effraji ensuite à grands oris le Croeodile, qui, re prenant pour aller à \& mer \e chemin qui avait suivi pour s'écarter de ses bdnfe, passe sur la fosse, y tomiMi, ei y est assoedinj ou pris dans des filets. D'autres attacheal une forte corde par une extrémité à un gros arbre; ils lient à Vautre bout un croebel et un agneau, dont les cris attirent le Crocodile, qui, en voulant enlever cet appât, se prend nu crochet par la gueule. A mesure Qu'il s'agite, le crochet pénètre plus arant dans la cnair : on suit tous sei mouvemeols en lAchant la corde, el on attend qu'il soii mort pour le tirer du fond de l'eau.
Les sauvages de la Floride ont une autre manière de Te prendre : ils se réunissent lu nombre de dix ou donze ; ils s'avancent a(h devant du Crocodile, qui dierehe une proie sur le rivage; ils portent UD arbre qu'ils oui coupé par le pied; le Crocodile va à eux la gueule béante; mais en enfonçant leur arbre dans cette large gueule, ils l'ont bienlùt renversé et mis à mort.
On dit aussi qu'il y a des gens asseï hardis pour aller, en nageant jusque sws le Crocodile, lui percer la peau du ventre , qui est presque le seul emlroit où k fer puisse pénétrer.
Mais Tbomme n'est pas le seul tmsù que le Crocodile ait à eraindre : ie5 Tigres en font leur |jroie ; l'Hippopotame fc^ww^ suit, et il est pour lui U'autant plvt éflg^ reux 'qu'il peut le suivre avec ackwwffleût jusqu'au fond de la mer. tes Coofun, quoique plus faiUes que tes Tigre», détruisent aussi un grand nombre je Crocodile; ils attaquent les jeunes CaiAaasiils les attendent en embuscade sur le bord des grands fleuves, les saisissent au mom^t qu'ils inofttrent la léte hors de Teau, 0! ie« dévorent. Mais lorsqu'ils en reeoootrenl w gros et de forts, ils sont attaqués à leur tour; en vain ik enfoncent leurs grife dans les yeux du Crocodile, cet éoorme Lézard, plus vigoureux qu'eux, les enlrata* aq fonddereatt(l).
Sans ce grand nombre d'en»emis« n ^ mal aussi fécond que le Crocodile serait trop multiplié ; tous les rivages des grandJ fleuves des zones torrides seraient iafesies par ces animaux monstrueux, m clevjeDdraient ^)ienlôt Jëroces et cruels par 1'^ possibilité où ils seraient de trouver ais^ ment leur nourriture. Puissants par leur*
sur hN-méme, quoique avec picine, fr*W» ^^^^ÎÎ!? du néffre (Puii coup de sa queue, qui fui si ^oicni qu'il le reaversa par terre. Celui-ci, »«« ^^^ prise, se releva dans rcnstant, el, atfn *î »*J^ rieu à craindre de la gueule meurlrière «1 troc^ dile, il Tenveloppa d'une pagne, pewla^t qff^J^ camarade lui relenail la queue : je Hu *?"*^iïrt s*ir le corps pour rassujeWir. Alors le "^**r^JÎ son couleau, el lui coupa la léie, «"'il *fP* ijû tronc. I Voyage de M, Adanson au Sénégal. ¥- ^J^ (1) Histoire générale des VoiiMs^ U)iuoMU»ri «0, édit. iû-li
CRO
Sii
«nus, plus puissants par leur multitude, ilitoruent bisalôt éloigné l'homme de ces len« Koondes el nouvelles que ce roi de U nilure a quelquefois bit;D de la peine à leur disputer ; car, comment résister à tout ce qui aonne le pouvoir, à la grandeur, aux .'mFs, ï la force et au aojDbre ? Prosper Aliiin dît qu'en Egypte les plus grands Crocodiles fuient le voisinage de l'iiomme, rt se tiennent sur les rivages du Nil, au- ''itisu de Uemphis. Hais 4ans les pays :r«ia5 peuplés, il ne doit pas en être de luémf ; d> so-it si abondants dans les grandes -l'ières de l'Amazone et d'Oyapoc, dans la ih^iede ViDcent Pinçon, et dans les lacs l'Ai ï communiquent, qu'ils y gênent, par WurmulLitude, la navigatioii des pirogues; lissuiient ces légers bâtiments, sans eependuil tisayer de Tes renverser, et sans alta-
3IM les bommes : il est quelquefois aisé ela^urter à coups de rames, lorsqu'ils -e jbDi pas très-grands. Mais M. de la Borde rifoole que, naviguant dans un canot, le U^ des rivages orientaux de TAniérique m^ri'lioDale, il rencontra lue douzaine de i:riis ùiiukans à Veipboucliure d'une petite liv-Ère Jaos laquelle il voulait entrer; il leur \\n filu>,ieurs coups de fusil , $ans qu'ils (\uiDgetsâtiit de ^lacc; il fui tenté de faire lassvr soQcanol|)ar-dessus ces animaux; il fut arrJlë œjfeedaat par la crainte qu'ils ne Bîital ebATinr ioa petit b.Mimeril, et qu'ils LtfrJ^rorasiontlorsgu'il serait touibii dans l'iau. B fut obligé d attendre prés de deux heures, après lesquelles les Caïmans s'éloi- ^wenl, el lui labsèrr-Ut le pass^ige litre.
B'^urcuscmenl un grand nombre «Je Cn>codilBsout détruils avant d'éUore. Indé- P^DiJuDioeol des ennemis puissants dont nous irons dé^ parlé, des animaux, trop fiiWes pour on pas fuir à l'aspect de ces ^Oils Lézards, cnerciienl leurs ceufs sur les
niidjiivec avidité, el ouçasseut même ua
'^jiTiDtl iionibte, en quelque sorte pour
It plaisir de se jouflr.
Ces iti&ntes ueufs, ^osi que la chair du trtKodile, surtout celle de la queue et du ^ventre, serventde nourriture aux nègres «t^ l'U'rique, ainsi qu'à certains peuples de Mode el d« rAoïérique. Us trouvent déli- *3le et succulente cette chair qui t^st trèsblancbe; mais il parait que presque tous les turopéetis qui ont voulu en manger ont olé frliulés par l'odeur de musc dont elTe est impriigoée. M. A4anson cependant dit qu'il SJùla celle d'un joune Crocodile, tué sous itsyeni au Sénégal, et qu'il ne la trouva ji^s mauvaise. Au reste, la saveur de cette itiïir doit varier beaucoup suivant l'^ge, la nourriture et l'état de l'animal.
Od trouve quelquefois des Lézoards dans «corps des Crocodiles, ainsi que dans celui <le plusieurs autres Lézards- Séba avait dans M colkclioQ plusieurs de ces bézoards qui
ni ST.iient été en\ oyés d'A mboine el du Ceylan; les plus grands étaient ^os comme un
œuf de Canard, mais un peu ptua longs, et leur surface présentait des éminences de la grosseur des plus petits grains de poivre. Ces concrétions étaient composées, comme tous les bézoards, de couches placées audessus les unes des autres; leur couleur était marbrée el d'un cendré c^scur plus ou moins mêlé de blanc.
Les anciens Romains ont été longtemps sans connailre lesCrocodih^s par eux-méuics; ce n'est que cinquante-huit ans avant l'ère chrétienne que l'édiltj Scaurus en montra cinq au peuple. Auguste lui en Gt voir un grand nombre vivants, contre lesquels il fit eombatlredos bommes. Béliogabale en nourrissait. Les tyrans du monde faisaient venir ù grands frais de l'Afrique des Crocodiles, des Tigres, des Lions; ils s'empressaient de réunir autour d'eux ce que la (erre parait nourrir de plus féroce.
Les Crocodiles étaient donc, pour les Romains et d'autres anciens peuples, des animaux très-redoutables ; ils venaient de loin, il n'est pas surprenant qu'on leur ait attribué des vertus extraordinaires. H n'y a presque aucune partie dans les Crocodiles è laquelle on n ait attaché la vertu de guérir quelque maladie. Leurs dents, leurs écailles, leur chair, leurs intestins, tout en était merveilleux. Ou lit plus dans leur pays natal. Ils y inspiraient une grande terreur; ils y répandaient quelquefois le ravage; la crainte dégrada la raison, on en Qt des dieux; on leur donna des prêtres; la ville d'Arsinoë' leur fut consacrée; on renfermait religieusement leurs cadavres dans de hautes pyramide.';, auprès des torob&aui des rois; et maintenant, dans ce même pays où oa les adorait il y a deux mille ans, on a mis leur tète h pris; et telle est la vicissitude des opinions humaines.
Les Crocodiles, au rapport d'Hérodote, étaient entretenus avec le plus grand soin par les Egyptiens pendant leur vie: ils étaient enterrés après leur mort dans les cellules consacrées.
Cette vénération des Egyptiens pour leurs animaux sacrés, qu'ils leur continuent dans û. tombe, et rendue plus explicite par des soins multipliés et jiar une grande variété de pratiques très-dispendieuses, forme un fait d'histoire dont la singularité frappe vivement l'esprit. Mais combien se prolonge et redouble cette impression, si l'onconsidère que ce fait d'histoire siewrs centaines d'années ctirétienne, arrive à noi xis.' siècle, comme un fa tuellomentl « Ces cellules ai visitées, dit Geoffroy Ciocoiiiles enterrés el d' embaumés, je les ai vus nombreuses générations a rant trois mille ans succoi uiOlé leurs' cendres avec ( lions antérieures, que les ' niei's siècles soient veii bancs déjà consiiiérables pats, Béanmohis tous ces
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REPTILES
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quifé sont toujours là : ce qui fut autrefois et comme il fut alors, tout est resté visuel. Les institutions, la religion, la langue, les combinaisons sociales de l'ancien peuple de l'Egypte, ont disparu ; mais son maté* riel mortuaire est resté debout; il crée, pour nous, postérité vivante, à Tégard de ces curieux débris, des circonstances inouïes jusqu'alors, puisque là ne sont pas seulement des motifs pour nos souvenirs, mais vraiment des tableaux refaits, des scènes renouvelées de ce qui fut, de ce qui était dans le lointain des siècles. Là, sont effectivement des matériaux d'un genre nouveau d'histoire , qui redisent actuellement le passé, en le ramenant lui-même, en le renciant perceptible tout autant pour les yeux du corps que pour ceux de l'esprit.
«Entré dfans la demeure mortuaire des Crocodiles à Thèbes, j'en ai retrouvé les parties comme elles avaient été distribuées ; là étaient des Crocodiles empaquetés, sans la moindre altération ; de la main qui en avait fait le pieux dépôt, les restes vénérés ont passé (fans la mienne, sans qu'aucun événement ait croisé cette relation consécutive ; les deux actes se sont en effet succédé, sans autre interruption qu'une nuit de trente siècles écoulée entre l'un et l'autre.
« J'ai été fort attentif, continue le même naturaliste, à toutes les allures du petit Pluvier (Trochilus); et l'ayant vu poursuivre sa proie, dont il est très-ffîand, jusque dans la
f;ueule du Crocodile, je suis resté fixé sur es faits de détermination dont j'avais la connaissance si fort à cœur. Or, ce que j'ai d'abord observé, c'est que ce n'est point pour nettoyer les dents, à quoi pourraient suffire et suffisent les pieds ae derrière, que le Trochilus ou le petit Pluvier s'agite et se porte sur le Crocodile. Celui-ci est livré à d autres soins ; j'ai pu l'observer et même
[)lusieurs fois, surtout en m'y appliquant, à 'égard d'un Crocodile fraîchement mort ; ce qu'il était' plus facile d'expérimenter. Or, ce que j'ai appris par moi-môme et par le rapport des pêcheurs, c'est que tout .(Crocodile arrivant au repos, sur le sable, est aussitôt assailli par un essaim de Cousins qui volent en quantité innombrable à portée et au-dessus des eaux. Sa gueule n'est pas si hermétiquement fermée que ces Insectes ne trouvent à s'y introduire ; ils y arrivent et s'y rangent en tel nombre, que la surface intérieure de tout le palais, d'un jaune vif partout, est recouverte d'un brun noir&tre, qui est le produit de ces Cousins rangés côte à côte. Tous ces Insectes suceurs enfoncent leurs trompes dans les orifices des glandes
3ui abondent dans la gueule du Crocoile.
« Circonstance bien digne de remarque I Il existe à Saint-Domingue un Crocodile si voisin de celui de l'Egypte, que j'ai pu beaucoup de peine à en saisir les caractères différentiels. Se distinguant surtout par ses mâchoires plus longues, d'où son nom latin de Crocodilus acutus^ il a la langue aussi plus longue et par conséquent encore plus
exactement renfermée dans les tégameitfs intérieurs et extérieurs qui sont répartii entre les branches maxillaires. Voilà doDe un autre Crocodile qui, privé de Tusage da sa langue, ne peut pourvoir à tous les soins que nécessite la bonne tenue de son palais: alors mêmes causes et mêmes effets. Da Insectes également nuisibles, si même ils do leur sont entièrement identiques, dits M*ringouins, existent en ce heu comme en Egypte* Le Crocodile, arrivant aussi au repos sur les rampes des rivières, est done également exposé aux mêmes toanneots que le Crocodile du Nil ; mêmes dou/eurs, par conséquent mêmes remèdes... L'oiseaa qui rend ce bon office au Crocodile de ^iot- Domingue est, dit-on, le Todier, à bectt^^, déprimé et très-plat. 11 peut donc entrer sa&s difficulté dans la gueule du Crocodile, d repu, en sortir de même. Excepté que c'est un autre espèce qui remplit le rôle du petà Pluvier, ce sont les mêmes scènes quai Egypte, la répétition des mêmes habitudes.
« Ni Tun ni l'autre de ces Crocodiles, qm sont également privés de l'usage de leur langue, comme organe de mouvement, w
Eeuvent en remplacer l'office par un recours leurs membres de devant ; ceux-ci soot trop peu souples et beaucoup trop courts pour atteindre à la gueule. La nature auraà donc établi les Crocodiles sans les moyens de pourvoir personnellement à leur bieoêtre, aux soins de leur conservation. Ihns ce cas, misérablement abandonnés aux morsures d'Insectes minimes par leur volume, mais qu'un concours bizarre de circonstances rendait tout puissants, il fallait os que ces Crocodiles succombassent snas I excès de leurs maux, ou qu'ils pussent iSâf soulager en implorant la charité a*autna.
i( Ainsi, à défaut d'une organisa tioo complète, la nature serait venue au secoun du. Crocodile, en lui inspirant du moins une industrie quia sauvé l'espèce du malheur d'être détruite aussitôt que créée. Or, quelle assistance pouvait, en effet, lui être pins utile que celle d'un petit oiseau, très-lég» à la course, ardent à la poursuite de sa proie, et fort preste à s'en saisir?
« On voit, par ce qui précède, quels grands et réciproques avantages fondent la liaison du Crocodile et du petit Pluvier; mais serait-ce toutefois comme cédant chacun à une conviction intime, comme ayant la conscience qu'ils sont nécessaires l'un à l'autre? Le Crocodile, qui est sensible au plaisir d'être soulagé, qui se montre reconnaissant d'un service qu'on lui rend, qui avertil doucement son compagnon de s'en dégager, quand tous deux doivent penser à la retraite; la parfaite sécurité de celui-ci, entré dans une gueule immense et pour tout autre si cruellement meurtrière ; le renoncement du plus fort à sa férocité naturelle et Taudace intrépide du plus faible, qui deviennent une concession mutuelle et leur sont respectivement avantageux ; tant d'allures bien concertées, tant de relations aussi fidèles ;
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des laits, des mœurs dont les anciens pas craint de nous présenter le tableau, s ont au contraire énoncés sans résermàèlour» sans jamais chercher à les af- LbVir;toilà*cequ ont affirmé, dans le sens J»o)a de ces paroles, les Hérodote, les àristote, et ce que sont venus confirmer à bar laite Pline, Elien, Philon et quelques loiTiins des premiers siècles de Tère cnré- Ik&De.
4 Vais, dans les temps modernes, nous sfOBs pris, au sujet de Tintelligence des anifluni, an parti dîans lequel il nous convient de perséférer. Nous ne voulons reconnaître cseuim actes réfléchis, ni jugements, où FoD ait à signaler la moindre apparence de moralité. Une barrière est placée entre les idées de l*homme et ce qui leur ressemble (bel \es animaux ; et cette barrière nous esllracétpar des différences de facultés, les^eUes se rapportent, les unes aux lumières de la roixon, et les autres aux'dé- UrmiutioQS innées de l'instinct. » Yoy.
ClAlPSÉS.
CBOCODILB. Sa circulation. Voy. Cirgu-
LàTK».
CROTALE, de xfôtoloy, grelot. — Un voyant ^ué au milieu des solitudes brûlantes deYA&iqae, accablé sous la chaleur du midi, e&le&dani de loin le rugissement du Tigre en fureor qui cherthe une proie, et ne sachant conuDefll éfiter sa dent meurtrière. De doit pas épfou?er un frémissement plus gnnd (pe ceui qui , parcourant les im- Biems forêts des contrées chaudes et huoWes do NouTeau-Monde, séduits par la beauté des feuillages et des fleurs, entrainfe^coamieparuDe espèce d'enchantement, «0 milieu de ces retraites riantes mais per- ««, SMteol tout à coup Todeur fétide Oueihlele Boiquira, reconnaissent le bruit de là soooette qui termine sa queue, et le îoieùlprét à s'élancer sur eux.
Ce terrible Reptile renferme en effet un Pyisûti mortel ; et, sans excepter le Naja, il 0 est peut-être aucune espèce de Serpent (pô mienne un venin plus actif, ^foiquira parvient quelquefois à la lonfit^de 6 pieds, et sa circonférence est //ofsde 18 pouces.
Sa tête aplatie est couverte , auprès du miiseau, de six écailles plus grandes que leof» Toisines, et disposées sur trois rangs tnosrersaux chacun de deux écailles.
Usjeni paraissent étincelants, et luisent JDém dans les ténèbres, comme ceux de phisiears autres Reptiles, en laissant échap-
£r la lumière dont ils ont été pénétrés pen- D( le jour ; et ils sont garnis d'une mrembraae clignotante, suivant le savant anatomiste Tjson, qui a donné une description irès-étendue , tant des parties extérieures que des parties intérieures du fioiquira.
La gueule présente une grande ouvertore, et le contour en est de 4 pouoes dans lindÎTidu de la collection du Muséum. La laoffue est noire, déliée, partagée en deux, reaifenDée en partie dans une gaine^ et presque toqours ranimai Tétend et l'agite avec
, ETC
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vitesse. Les deux os gui forment les deux côtés de la mâchoire inférieure ne sont pas réunis par devant, mais séparés par un intervalle assez considérable que le Serpent Keut agrandir, lorsqu'il étend la peau de sa ouche pour avaler une proie volumineuise. Chacun de ces os est garni de plusieurs dents crochues, tournées en arrière, d'autant plus grandes qu'elles sont plus près du mu« seau, et qui, par une suite de cette disposition, ne peuvent point lâcher la proie qu'elles ont saisie, et la retiennent dans la gueule du Boiquira, pendant qu'il l'infecte du venin qui tombe de sa mâchoire supérieure. C'est en effet sous la peau qui recouvre cette mâchoire, et de chaque côté, que l'on voit les vésicules où le poison se ramasse. Lorsque le Serpent comprime ces vésicules, le venin se porte à la base de deux crochets très-longs et très-apparents, attachés au devant de la mâchoire supérieure ; ces crochets, enveloppés en partie dans une espèce de gaîne, d'où ils sortent lorsque l'animal les redresse , sont creux dans presque toute leur longueur; le venin y pénètre par un trou dont ils sont percés a leur base, au-dessous de la çalne, et en sort par une fente longitudinale que l'on voit vers leur pointe. Cette fente a plus d'une ligne de longueur dans l'individu conservé au Muséum, et les crochets sont longs de 6 lignes. Indépendamment de ces crochets qui paraissent appartenir à toutes espèces de Serpents venimeux, les Vipères, les Cérastes, les Naja, etc. , la mâchoire supérieure est garnie d'autres dents plus petites et plus voisines du gosier, vers lequel elles sont tournées, et qui servent, ainsi que celles de la mâchoire inférieure, à retenir la victime que les crochets percent et imbibent de venin.
Les écailles du dos sont ovales et relevées dans le milieu par une arête oui s'étend dans le sens de leur plus grand diamètre. On a écrit Qu'elles sont articulées si librement, que l'animal, lorsqu'il est en colère, peut les redresser; mais le mouvement qu'il leur donne doit être peu considérable, puisqu'elles tiennent à la peau dans presque toute leur longueur et toute leur largeur. ^ La couleur du dos est d*un ^is mêlé de jaunâtre, et sur ce fond on voit s'étendre une rangée longitudinale de taches noides, bordées de blanc.
Sa queue est terminée, comme dans presque tous les Serpents de son genre, par un assemblage d'écaillés sonores qui s'emboîtent les unes dans les autres, et çiue nous croyons d'autant plus devoir décrire ici en détail, que la considération attentive de leur forme et de leur position peut nous éclairer relativement à leur production ainsi qu'à leur accroissement.
Cette sonnette du Boiquira est composée de plusieurs pièces dont le nombre varie depuis un jusqu'à trente, et même au delà. Toutes ces pièces sont entièrement sem blables les unes aux autres, non-seulemeot par leur forme, mais souvent par leur gran-