‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 54 sur 204 · HT CRO · texte numérisé non relu

HT CRO

deur ; elles sont toutes d'uue matière cassante élastique, demi-trenspareote, et de la D)6me nature que celle des ecaiH''S. La pièce la plus voisine du corps, et q\ii le touche immédiatement, forme, cmntn» toutes les autres, une sorte de pyramide à quatre faces, dont deux faces opposées sont beaucoup plus laides que les deux autres ; on peut la regsruer comme une espèce de petit étui terminé en pointe, et qui enveloppe les dernières vertèbres, dont elle n'est séparée que par une membrane très-mince, et eutqueUes elle est appliquée, de manière qu'elle suit toutes les inégalités de leurs élévations. Elle présente trois bourrelets circulaires qui répondent ï (rois de ces élévations ; leur surface est raboteuse comme celle de ces émînenccs sur lesquelles ils se sont moult^s; ils sont creux, ainsi que le reste de la pièce ; le premier bourrelet, c'est-à-dire le plus proche de l'onverture de la pièce, a le jilus grand diamètre , et le plus petit diamètre est celui du troisième bourrelet.

Toutes les pièces de la sonnette sont em^ bottées l'une dans l'autre, de manière oue les deux tiers d« chaque pièce sont renlermées dans la pièce qui la suit, à commencer du cûté du corps. Des trois bournJets que présente chaque pièce, deux sont cachés par la pièce suivante; le premier bourrelet est le seul qui paraisse. La pièce située au bout de la sonnede opposée au corps, est la seule dont les trois bourrelets soient visibles, et qui montre sa vraie forme en son entier ; et la sonnette n'est composée à l'extérieur que de cette pièce et des premiers bourrelets de toutes tes autres.

Les deux derniers bourrelets de chaque pièce, qui ne peuvent pas être vus, sont placés sous les deux premiers de la pièce suivante. Ils en occupent le creux ; ils retiennent cette piècL', et l'empêchent de se séparer du reste de la sonnette ; mais , comme leur diamètre esl moins grand que celai des premiers bourrelets de la pièce suivante, cha(|ue pièce joue librement autour de celle qu'elle enveloppe et qui la retient. Aucune pièce, excepté la plus voisine du corps, n'est liée avec la peau de l'animal, ne tient au corps du Serpent par aucun muscle, par aucun nerf, par aucun vaisseau, ue peut recevoir par conséquent ni accroissement, et n'est qu'une envelopiie exa remue lorsque l'animal agite sa queue, mais qui se meut omme se mouvrait tout corus i aurait attaché à la queue du

rmalioQ de la sonnette semble laire au premier coup d'ceil ; I cessera de le paraître, si l'on ire avec nous la manière dont dâ Être produite.

Qles pièces qui la composent ées que successivement; lorsde ses pièces a pris son acelle tenait à la peau de la l'aurait pas pu recevoir sans e nécessaire à son développe-

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ment, et d'ailleurs on tou sonvent, snrla bords des pièces qui ne tiennent pas imn* diatement au corps du Serpent, des re^i^ de IB peau de la queue, h laquelle cDg étalent attachées.

Quand une pièce est formée, il se produH! au-dessous une nouvelle pièce eiilièrcmim semblable h l'ancienne, et qui tend à ta détacher de l'extrémité de la queue. L'anctennt pièce ne se sépare pas cependanl tout i tjii du cor|>s du Serpent ; elle est seuiemmi repousséfl en arrière ; elle laissse entresnn bord et Ifi beau de la qu»ue un internllt occupé par le premier bourrelet de la roovelle pièce; mais elle enveloppe loujnun le second et le troisième bourrelet de ceiK nouvelle pièce, et elle joue librement lutour de ces bourrelets qui la retienneot.

Lorsqu'il se forme une troisième pièce, elle se produit au-dessous de la serondt, de la mé[iie manière que )a seconde audewou^^ de la première ; elle détache #g^^ ment de l'extrémité de la queue la Second; pièce qu'elle fait reculer, mais qu'elle r^ tient par ses bourrelets.

Si les dernières vertèfar^s de la quni; n'ont pas grossi pendant que la sonneur s'est formée, chaque pièce qui s'asi maniée sur ces vertèbres, a le mènw diamètre , r( la sonnette parait d'une égale largeur jusqu'à la pièce qui la termine ; sf , su coD'atrr, les vertèbres ont pris de l'accroisKDfNt

Eendant la formation de la sonofM. Iff ourrelets de la nouvelle pièce !<mi pfuf grands que ceux de la pièce pli» iseieBw, el le diamètre de la sonnelto dinnnueTtn la pointe. Dans les divers Serpenti i «»• nette qui sont cnnservés au Musèon, li sonnette est d'un égal diamètre vert H [wintt et son origine ; mais dans plusieurs sasufltes détactiées du carpe du Serpent, et qa font aussi partie do celte collection, nous avons vu les pièces diminuer de grsndM vers l'extrémité de la sonnette.

11 esl évident, d'après ce que nous ftnvK de dire, qu'il ne peut se former quBM pièce àchaque mue particulière quels Swpenl éprouve vers I extrémité de m queue. Le noujbre des pièces esl donc égal à ee™ de ces mues particulières) mais coraiw l'on ignore si la mue particutiàre arri" aJD» le même temps que la roué géiiérate dudjq* et de la queue, si elle a lieu une fo» "• , plusieurs fois par an, le nombre Je' ["«**' non-seulement ne prouve rien (wur « f*** semblanceou la ditrérencedese«|)*ces,«w ne peut rien indiquer relativemenl 1 i»P du Serpent, ainsi qu'on l'a écrit. ^"* '*""'! riture plus abondante, at une te'"?*""'': plus ou moine chaude, peoMot ^ """'':

augmenter ou diminuer le nombre 4M °i''" dans la même année ; et vcriJà pouniu"'dans certains individus, la «nmeite «t 1«J" tout <l'un égal diamètre, paï«a que pM^"' le temps de sa produclion, les ««""f vertèbres n'ont pas grossi d'ane mffliw' sensible, tandis que dans d'autres i"""™, les mues ont été asaez ôloigoées POW ^'l' les vertèbres aient eu le temps de ao"

GRO

POISSONS, ETC

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oM la ibroiation d*une pièce et celle d'une Ain. Il pourrait donc se faire que la sonictu tfuA individu qui. dans différentes LUtté««« aurait éprouvé des ^accidents très- ^itéMts, fût d*ua égal diamètre dans quelqu«HiiMs de ses portions, et allât en dimiduidI <Uns d'autres.

Don autre côté, on verrait de vieux Serpeots aîoir des sonnettes d'une longueur ;iroîii^us#> et presque égales a la longueur du ovps, si les pièces qui les composent ne se datfichaient pas promptement ; mais coQHM dits oe tirent aucune nourriture de l'âfiiad» et ne sont abreuvées par aucun SBC, ailes deviennent très-ft^agiles, se brisent MseséfMrenl souvent par Teffet d'un frottement assex peu considérable. Voilà pourquoi \t odoibre des pièces n'indique jamais le nâmbn de toutes les mues particulières que i'aaiiBal peut avoir éprouvées à Textrémité de sa qaeue. Si même» dans la mue générale des Seipents à sonnette, qui doit s'opérer d« b même manière aue celle des Coulenvras, et pendant laquelle la vieille peau de J'animai doit se retourner en entier comme uq gant ; si, dans cette mue générale, le dépomUemeul s'éiend jusqu'aux oernières Ttr\ëb(%a de la queue et emporte la première ç^èœ deU sonnette , toutes les autres pièces doivent èlre, avec elles, séparées du corps du Reptile; et dès lors, les sonnettes ne senieot jamais composées que de pièces, toutes produites dans l'intervalle d'une muegàiérale à la mue générale suivante.

Toutes les parties des sonnettes étant trèssèchts, posées les unes au-dessus des autres, eUjaat assez de Jeu pour se frotter mutuellement lorsqu'elles sont secouées, il n'est pas surprenant qu'elles produisent un bruit a>se2 sensible ; nous avons éprouvé, avec pJosieurssonnetles à peu près de la grandeur de eeUe dont nous venons de rapporter les dimHUioDs, que ce bruit, qui ressemble à «\w du narcnemin C[U*on froisse, peut être eoieDdoiplus de soixante pieds de distance, li leojt Ûen k désirer qu'on pût l'entendre J* pks loin encore, afin que l'approche du ^iqmn^ éiàtii moins imprévue, fut aussi m'm dansereuse. Ce Serpent est, en effet, d'iaUûlpTus à craindre, que ses mouveineots sont souvent très-rapides. En un clin i**il, û se replie en cercle, s'appuie sur sa *)aeue, se précipite comme un ressort qui se <l^nde, tombe sur sa proie, la blesse et se iHiie pour échapper à la vengeance de ^ ennemi ; aussi, les Mexicains le dési** •.neul-iis par le nom i^Escacoatl, qui signifie le veiU.

Ce funeste Reptile habite presque toutes le* contrées du Nouveau-Monde, depuis la terrt de Magellan Jusqu'au lac Champlain, Hn le 45* degré de latitude septentrio- Baie. 11 régnait , pour ainsi dire, au milieu <ie ces vastes contrées, où presque aucun «aimai n'osait en faire sa proie, et où les eaciens Américains, retenus par une crainte >U4)mUtieuse, redoutaient de lui donner la mort.

Aiùourdhui, les Américains détruisent.

autant qu'ils le peuvent, les Crotales; et la culture plus répandue*, les communications plus fréquentes, gênent les habitiMles et la reproduction de ces animaux. A peine les populations peu instruites recfaerehent*elles la graisse des Crotales, pour le traitement empirique de certaines maladies^ et recueillent-elles leurs grelots pour faciliter 1 aocou» chement ; mais jadis, les Serpents à sonnettes étaient révérés, à cause de la peur qu'ils inspiraient. On n'en tuait jamais, parce que, disaient les sauvages, si l'on tu tuait un, son esprit exciterait ses parents ou alliés vivants a venger le mal qui lui aurait été fait ; et W. Bartram rapporte, dans la relation de son voyage, une anecdote à ce si^et qui mérite d'être reproduite ici : « Un jour, on m'annonça que les Indiens venaient me chercher. Je me levai précipitamment pour me dérober à leurs importunités, lorsque trois d'entre eux, jeunes et richement parés, entrèrent; ils m invitèrent d'un air aisé, noble et amical, à les accompagner jusqu'à leur camp, pour les débarrasser d'un grand Serpent à sonnettes qui s'en était emparé ; ne pouvant résister à leurs vives instances, je consentis à les suivre à leur camp, où je trouvai en effet les Indiens très*troublés..... Les hommes se pressaient autour de moi et me E riaient d'éloigner l'animal. Armé d'une aguette flexible, j'approchai de lui. A l'instant, il se roula en haute spirale et se tint prêt à se défendre. Je le frappai aussitôt à la tête, et le coup retendit mourant à mes pieds ; je lui coupai ensuite la tête, puis je me retournai vers les Indiens, qui me félicitèrent et me comblèrent de caresses

J'étais, depuis peu, rentré dans mon logis, lorsque je fus de nouveau troublé par l'arrivée imprévue de trois Indiens, qui venaient pour m'égratigner, parce que j'avais tué le Serpent à sonnettes, réfugie dans leur camp... Us firent voir les instruments avec lesquels ils prétendaient me taillader ; d^à, ils tenaient mon bras et je résistais, lorsaue mon ami, le jeune prince (l'un des trois Indiens), s'avança, les repoussa, leur dit que j'étais un brave guerrier, qu'ils ne devaient pas provoquer. A l'instant, ils changèrent de conduite; tous ensemble poussèrent un cri, me serrèrent la main, me frappèrent sur l'épaule, mirent leurs mains sur leur sein, en signe d'amitié, et dirent en riant que j'étais un véritable ami de Seminoles ; puis ils s'en allèrent. Toute cette scène, à ce qu'il me parut, était une farce jouée pour satisfaire leur peuple et pour apaiser les mânes du Serpent à sonnettes. »

Le Boiquira se nourrit de Vers, de Grenouilles, et même de Lièvres; il fait aussi sa proie d'oiseaux et d'Ecureuils, Qar il monte avec facilité sur les arbres, et sW élance avec vivacité de branche en branche, ainsi que sur les pointes des rochers qu'il habite, et ce n'est que dans la plaine qu'il court avec difficulté, et qu'il est plus aisé d'éviter sa poursuite.

Les Crotales possèdent-ils le pouvoir dq fasciner leur proie? Peuvent-ils la contraiu-

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REPTILES

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dre par la puissance du regard h venir se précipiter dans leur gueule, ou même l'engourdir par leur baleine ? Levaillant accorde cette merveilleuse faculté à plusieurs Serpents venimeux de la zone torride. Un grand nombre de naturalistes ont affirmé, comme lui, qu'un oiseau dont les yeux ont rencontré le regard 8xe du Serpent, se tenant immobile au pied d*un arbre, est agité de mouvements convulsifs qui le font descendre de brancbe en branche, et tomber jusqu'à terre près de Teunemi qui 1 e convoitait ; mais dans Topinion de Cuvier, la prétendue fascination causée par le Crotale n*est que le résultat de l'effroi qu'inspire son aspect aux animaux dont il fait sa proie ; et si un animal, surpris par un Crotale, ne peut réussir à lui échapper, c'est qu'il reste comme pétrifié de terreur, ou qu'il se livre à des mouvements désordonnés, qui, au lieu de le sauver, le font tomber plus vite au pouvoir du Reptile. Audubon refuse au Crotale toute puissance fascinatrice ; mais, en dé-

[ touillant son histoire de ces traditions fabueuses, il les remplace par des réalités non moins surprenantes, dont il a été témoin. Il est bien vrai que le Crotale épie les oiseaux sur les arbres, et notamment le Merle polyglotUj dont nous avons parlé ; mais ce n'est

Sas pour leur faire la chasse, c'est pour proter de leur absence, qui lui permettra de sucer leurs œufs ou de dévorer leurs petits. Toutefois, il lui est difficile de monter jusqu'au nid sans être aperçu : la mère veille, et le père n'est pas loin : elle agite ses ailes et pousse des cris aigus, afin d'imposer au Reptile, dont la gueule béante s'avance vers son nid, tandis que le mâle s'élance sur lui, le harcèle sans relâche, et cherche à lui arracher les yeux en les pinçant de ses mandibules, fiientôt, les moqueurs du voisinage arrivent en foule au secours de leurs frères, et tous se réunissent contre l'ennemi commun ; leurs innombrables coups de bec mettent en fuite le ravisseur, et le tuent môme quelquefois avant qu'il ait pu faire retraite. Le Crotale se nourrit surtout de petits Mammifères ; il se tient contourné en spirale près de l'abreuvoir où ils ont coutume de venir se désaltérer, et attend patiemment sa proie : dès qu'elle est à sa portée, il s'élance sur elle avec la rapidité d'un trait. Audubon a été témoin de la capture d'un Ecureuil gris par un Crotale, et ce fait ne permet guère de croire au pouvoir fascinateur des Serpents à sonnettes. 11 vil l'Ecureuil sortir précipitamment d'un épais buisson, et ne tarda pas à s'apercevoir qu'il fuyait devant un Crotale : loin d'être fasciné par le Serpent, ou de se laisser paralyser par la terreur, l'Ecureuil courait lestement, et prenait de l'avance sur son ennemi, qui le poursuivait moins vite, mais avec persévérance. Bientôt l'Ecureuil grimpa sur un arbre, le Reptile l'y suivit; 1 Ecureuil sautait de brancbe en branche, le Reptile accrochait sa queue au rameau qu'il voulait quitter, et en balançant son corps avec vigueur, atteignait celui qui portait l'Ecureuil; l'agile

quadrupède , voyant son inllitîgable «% nemi gagner du terrain sur lui, sauta e&fc sur le sol, en étendant la queue et les pattf pour diminuer Ja pesanteur de sa chdli mais le Serpent y arriva bientôt en descei dant le long du tronc, et atteignit la yiclim avant qu'elle eût eu le temps da gagner on autre arbre. Il la saisit par la nuque, elTeo. veloppa complètement de ses replis, du nilieu (lesauels l'Ecureuil, quoique invisitle, fit entendre longtemps des cris lamentablei; puis le Crotale se déroula, examina le cadavre et l'avala, en commençant parla aueue. On a écrit que la pluie augmentait la foreur du Boiquira ; mais il faut que ce soit un? f»luie d'orage, car il ne craint point d'aller i 'eau. C'est lorsque le tonnerre gronde qn'il est le plus redoutable; on frémit lorsqu'on) pense à l'état affreux et aux angoisses mortelles qu'éprouve celui qui, poursuivi paruii orage terrible au milieu de ténèbres épaisses qui lui dérobent sa route, cherche un asile sous quelque roche avancée contre les flo($ d'eau qui tombent des nues, aperçoit, au milieu de l'obscurité, les yeux étinceiants du Serpent à sonnettes, et le décourre à la darié des éclairs agitant sa queue et faisant euteodre son sifflement funeste.

Les Crotales sont vivipares comme tous les Serpents venimeux; l'histoire de leur reproduction ne parait pas, du reste, très-ooonue dans ses détails; mais il parait quelesjeane$ reçoivent de leur mère, pendant les premiers temps de leur existence, une tutelle reai^rquaole et si insolite, gu'il faut ïàmmle fait rapporté par Palisol de BefuraiStSans rien changer au texte de robsor?alettr.«Dan8 le premier voyage que i'ai fait oarmWaï^ition indienne Tchanokee, appelée par corruption Chéroquée et par quelques-unsCbéroquoise, j'ai eu l'occasion de voir, dans un sentier que je suivais en herborisant, un Bol-

3uira ou Serpent à sonnettes. L'ajanlaperçi e loin, je m'approchai le plus douceicent possible; mais quelle fut ma surprise quaDd, au moment où j'avais levé le bras pour pouvoir le frapper, après avoir fait quelques pas de plus, je le vis s'agiter en faisant résonner ses sonnettes, au même moment ouvrir m large gueule et y recevoir cinq petits Se^ pents de la grosseur à peu près aun luyao de plume. Surpris de ce spectacle inatteDOU. je me retirai de quelques pas et me cacwi derrière un arbre. Au bout de quelques nunutes, l'animal, se croyant, ainsi que sa progéniture, à l'abri de tout danger, ouvrit de nouveau sa bouche et en laissa sortir les p^ tits qui s'y étaient cachés. Je me remoulraii les petits rentrèrent dans leur retraite, et u mère, emportant son précieux trésor, st* chappa à la faveur des herbes dans lesquelles elle se cacha. » , .

Pendant l'hiver des contrées un peu éiwgnées de la ligne, les Boiquira se retirent «^ grand nombre dans des cavernes oiiilss«0' presque engourdis et dépourvus de lorc». C'est alors que les nègres et les Indiens osew pénétrer dans leurs repaires pour leM^ truire, et même s'en nourrir; car, maigri'

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POlSSOxNS, ETC.

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loi

(tel lliorreur que ces reptiles inspirent,

i ODêDgeDl, dil-ODy la chair, et elle ne les

jimode pas« pourvu que le Serpent ne

pas morau lui-même. Voilà pourquoi,

qoQté, il faut tuer promptement le

1 lorsqu'on veut le manger. Il faut lui

la mort avant qu'il ne s'irrite, parce

.3 il se mordrait de rage. Mais com-

coodlier cette assertion avec le témoi-

de ceux qui prétendent qu'on peut

^impunément Tes animaux que sa mor-

tùtperir, de même que les sauvages se

iseot, sans aucun inconvénient, du gi«

iHls ont tué avec leurs flèches empoi-

.is? Celle dernière opinion paraît d'au-

^us Tnisemblable uue le Boïauira sem-

iildeîoir se donner la mort à lui-même,

-fi b dttir des animaux percés par ses cro- ECU détenait venimeuse par une suite de sa Mrsore.

Les nègres saisissent le Boïquira auprès de

h télé, d il ne loi reste pas assez de vigueur,

dans le temps du froid, pour se défendre ou

pour lev échapper. Il devient aussi la proie

de Couleufres assez fortes, qui doivent le

saisir de manière à n'en être pas mordues.

Lorsque le prinleoips est arrivé dans les

Ljs éleTis en latitude, et habités par les

-oiqjQin, mie tes neiges sont fondues et que

Viir esliiauQlè)iU sortent pendant le jour

de leurs rHrnies pour aller s'exposer aux

rajans do soleil. Os rentrent pendant la nuit

daoj km isUeSt eC ce n'est que lorsque les

gdéesotU&itièteïûenX cessé, qu'ils abandon-

neat lefirs careroes, se répandent dans les

Oiopagnes el pénètrent quelquefois dans les

aâsûQs. On ose observer le temps où ces

sûmaai fiennenl se chauffer au soleil pour

les attaquer et en tuer un grand nombre à la

ftts.

P&idtiA Tété ils habitent au milieu des 'l'ootagDes élevées composées de pierres cal- ^'ires, iflcuJtes et couvertes de bois, telles SJ|« celles qui sont voisines de la grande ^Wefeaudu Niagara. Ils y choisissent or- ^^i'^tireiiient les expositions les plus chaudes ^{lesphu favorables à leurs chasses; ils pré- Qreotlecêté méridional d'une montagne et j^ bord d'une fontaine ou d'un ruisseau haj^ par des Grenouilles, et où viennent "^ m |>etits animaux dont ils font leur ^^^ Us aiment aussi à se mettre de temps ^ temps à l'abri sous un vieux arbre ren- 1*^ et voilà pourquoi, suivant Kalm, les r^ricains, qui voyagent dans les forêts innées de Serpents à sonnettes, ne franchisera point les troncs d'arbres couchés à terre, 2^ obstruent quelquefois le passage ; ils ai- 2^1 mieux en laire le tour, et s'ils sont obli- 5^ de les traverser, ils sautent sur le tronc ^^ pins loin qu'ils peuvent, et s'élancent en- *Viiieaudeli.

i^^le Crotale Boïquira est réellement amphi- ?^, el poursuit sa proie dans Teau; sa vue ^^ excellente. Il distingue les oiseaux de ^voie planant au plus haut des airs comme ^n |K)int noir, et il se met -promptement à I ^ de leurs attaques. On a prétendu que ■^^Cochon dévorait impunément les Serpents

DicTiomt. DR Zoologie. 11.

à sonnettes : il n'en est rien; ils inspirent à ce quadrupède, comme à tous les autres « frayeur et répugnance. Sa chair est cependant estimée, et les premiers Espagnols qui s'établirent en Amérique la mangeaient avec plaisir. Le Boïquira peut jeûner trois ans, et c'est alors que sa morsure est redoutable. Du reste, ce reptile ne se borne pas à mordre ; il lance, comme un bélier, plus des deux tiers de sa masse, el ce choc peut renverser un homme. Il est même dangereux de l'approcher lorsqu'il est renfermé dans une cage; s'il est irrité, il imprime à son corps des secousses violentes et jette son venin au travers des barreaux, à plusieurs pieds de dislance. Ce venin, quoique desséché, conserva ses qualités meurtrières pendant des siècles: Audubon en cite un exemple effrayant.

Un fermier de Pensylvanie fut mordu à la jambe à travers sa botte, sans avoir vu ni entendu le Serpent à sonnette; il crut avoir été piqué par une épine, et rentra chez lui * après quelques heures, les convulsions et les vomissements se déclarèrent, et la mort les suivit de près. Un an plus tard, le fils du défunt chausse la botte de son père, la garde jusqu'au soir, et, en l'âtant, il croit se sentir égratigner la jambe; il s'endort sans inquiétude, mais bientôt il est réveillé perdes douleurs atroces, auxquelles succèclent des défaillances, de la roideur, et enfin la mort. Quelque temps après, sa veuve met en vente les effets de son mari ; l'un des frères ne voulant pas que les bottes qui avaient servi à son père et h son frère aîné fussent vendues à des étrangers, les acheta : au bout de deux ans il essaya la chaussure fatale, et, en l'ôtant, il sentit une légère douleur. La veuve, qui était présente, se souvint alors des circonstances qui avaient précédé la mort de son mari ; mais il était trop tard : l'homme mourut après quelaues heures. Celte aventure, ayant fait du bruit, éveilla la curiosité d'un médecin du pavys; il disséqua la botte, et y trouva le crochet d'un Crotale, dont la pointe était peu saillante à l'intérieur, et se diriseait de haut en bas; de sorte (]ue celui qui l'avait mise n'en était blessé qu'en se dé* chaussant. Le médecin délacha le crochet meurtrier et en piqua le museau d'un Chien, qui ne farda pas à expirer.

Le premier effet du poison est une enflure générale; bientôt la bouche s'enflamme et ne peut plus contenir la langue devenue trop

f;onflée; une soif dévorante consume, et si 'on cherche à Tétancher, on ne fait que redoubler les tourments de son agonie. Les crachats sont ensanglantés, les chairs qui environnent la plaie se corrompent et se dissolvent en pourriture, et surtout si c'est pendant l'ardeur de la canicule; on meurt quelqueifois dans cinq ou dix minutes, suivant la V»artie où on a été mordu. On a écrit que les Américains se servaient contre la morsure du Boïquira d'un emplâtre composé avec la tête même du Serpent écrasée. On a prétendu aussi qu'il fuit les lieux où croit le diclanic de Virginie, et l'on a essayé de se servir de ce diciame comme d'un remède contre sou

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KL^PilLES

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venin ; mais il paraît que le véritable antidote que les Américains ne voulaient pas découvrir, et dont le secret leur a été arraché par M. Tinnint, mé lecin écossais, est le polygala de Virginie, sénéka ou sénégçi (Polygala Senega). Cependant il arrive quelquefois que ceux qui ont le bonheur de guérir ressentent périodiquement, pendant une ou deux années, des douleurs très-vives, accompagnées d'enHure; quelques-uns môme portent toute leur vie des marques de leur cruel accident, et restent jaunes ou tachetés d'autres couleurs (1).

Le capitaine Hall Ot, dans la Caroline, plusieurs expériences touchant les effets de la morsure du Boïquira sur divers animaux ; il fit attacher à un piquet un Serpent à sonnettes long d*environ quatre pieds. Trois chiens en furent mordus; le premier mourut en quinze secondes; le second, mordu t)eu de temps après, périt au bout de deux leures dans dus convulsions; le troisième, mordu après une demi-heure, n'offrit d'effets visibles du venin qu'au bout de trois heures.

Quatre jours après , un Chien mourut en une demi-minute, et un autre ensuite en quatre minutes; un Chat fut trouvé mort le lendemain de l'expérience; on laissa s'écouler trois jours; une (irenouille mordue, mourut en deux minutes, et un Poulet de trois mois, dans trois minutes. Quelque temps après, on mit auprès du Boïquira un Serpent blanc, sain et vigQureux; ils se mordirent l'un l'autre; le Serpent à sonnelles répandit môme quelques gouttes de san^;; il ne donna cependant aucun signe de maladie, et le Serpent blanc mourut en moins de huit minutes. On agita assez le Boïquira pour le forcer à se mordre lui-môme, et il mourut en douze minutes; ainsi ce furieux reptile peut tourner contre lui ses armes dangereuses et venger ses crimes.

Ces terribles Reptiles se réunissent souvent en grand nombre, au milieu des clairières, et s'entrelacent tous ensemble de manière à former un hideux faisceau dont toutes les branches agitent leur crécelle : malheur à celui qui les approcherait sans précaution : l'un d'eux se détacherait du groupe, et poursuivrait avec furie le curieux qui est venu les observer de trop près. Les Crotales s'engourdissent pendant l'hiver, dans les contrées de l'Amérique septentrionale où le froid est rigoureux : au moment où ce sommeil les prend, leur digestion se susoend

(i) Il y a, dans rAmériqiie méridionale, une planle connue des naturels sous le nom de Guaco, et à laquelle ils attribuent des vertus héroïques : non-seulement les fenilles appliquées sur la blessure arrêtent les eûeis du poison; mai^ il suffit, disent les Indiens, de s'inoculer ou de boire le suc de cette plante pour devenir iavMlaérable. Les Croules respectent ctlui qui a pris ces mesures de précaution. — Les auteurs Vergas et Muiis ont appuyé cette opinion de leurs observations, et M. de Humboldt a fait quelques expériences qui Paulorisent à penser que le Cuaco peut donner à la peau une odeur qui répugne au Serpent, et Tempèche de mordre^

en môme temps que les autres fooctioos de la vie, et les aliments se consenrenl dans leur estomac; au printemps, le travail digestif recommence. Audubon chassant aiet son flls dans le Canada, l'enfant en rencontra un, engourdi sur la neige; le père le mil dans sa carnassière; mais bientôt, aTaot allumé du feu dans une prairie pour wire cuire son repas, il entendit vibrer ia sonnette du Serpent ressuscité par la chaleur : il jela bien loin sa carnassière, et, quelques minutes après, ranimai, éloicné du feu, retomba dans sa léthargie. Vous n aurez pas de peine à croire que les latitudes sous lesquelles rà en Amérique le Crotale, étant les oiéms

3ue celles de l'Europe tempérée, l'aulonté a û prendre des mesures préverîliTes pour Sue ce reptile ne pût être importé te oos imats : il est défendu aux bateleurs tl m conducteurs de ménageries ambulantes de conserver des Crotales; il suffirait en effet d'une femelle pleine échappée de sa caj;e, pour peupler nos campagnes de Serpealsî sonnettes, qui s'y naturaliseraient rapiilement.

Peur terminer l'histoire du Crotale pir Quelques détails moins sombres, parlons de 1 influence qu'exerce sur lui ia maâiçtt; nous verrons que dacs les Indes on ùil danser au son de la flûte la Vipère à limUn: le Crotale montre moins de docilité, niais il n'est pas insensible à la musique, comoi* le prouve le fait suivant, rapporté par ufl illustre voyageur. « Au mois de juillet 1(91, dit M. de Chateaubriand, nous vovagifiOs dans le haut Canada avec quelques w^i''^^ sauvages de la nation des Onnoutagues.Cii jour que nous étions arrêtés dans UTieplaiflti au bord de la rivière Génésie, uùSerpcDii sonnettes entra dans notre camp, llyaviit parmi nous un Canadien qui jouait de i flûte; il voulut nous amuser, et s'a«V contre le Serfient, avec son arme d'uwflfi»* velle espèce. A l'approche de son ennemiJ^ superbe reptilo se forme tout à coup en sy.raie, aplatit sa tôte, enfle ses joues, contr^lft ses lèvres, découvre ses d^nts enveniffife et sa gueule rougie; sa langue fourdioô s'açite rapidement au dehors ; ses yew brillent comme des charbons ardeuls; sû" corps gonflé de rage s'élève et s'ahaisj*! comme un soufllet ; sa peau dilatée est liérissée d'écaillés, et sa queue, eu proJiii^!!' un bruit sinistre, oscille avec tant de rapî'iil'^' qu'elle ressemble à une légère vapeur. Alors le Canadien commence à jouer sur sa Dùic: le Serpent fait un mouvement de su^p^i^ef et retire la tête en arrière; il ferme peu ' peu sa gueule enflammée. A mcsureji^ reffet magique le frappe, ses yeux péri «' leur âpreté : les vibrations de sa queut^ ralentissent, et le bruit qu'elle fait enten4j« s'atfaiblit et meurt par degrés; les orbes du Serpent charmé s'élargissent et vienneu tour à tour se poser sur la terre en cercle concentriques; les écailles de lapea»^** baissent et reprennent leur éclat, et r^nJ'^^'» tournant léo^èrement la tôte, deiucore iujaJj>bile , dans l'attitude de râttenlion et u«

PolSoLi.SS, ETC.

Iitsir. Alors le Csnatlieo marche quelques

1$. eu tirant de sa Qûte des sons lents et

nnolones : le reptile, baissant son cou,

Bb'ouire avec sa tête les herbes Gnes, et se

toti Ttiii|.>er sur les traces du musicien qui

Mnlralue, s'arrëlaQt lorsqu'il s'arrête, et

QOiaienfant à le suivre aussildl qu'il coio-,

mgaw\ s'éloigner. II fut ainsi conduit hors

4isotr« cam)) au milieu d'une foule de spec-

We<in, tant sauvasses qu'Européens, qui en

■grùent à peine leurs yeui. A ce prodige

ll'ii mélodie, il n'y eut qu'une voix dans

Itetnblée L)our iiu'on laissât le merveilleux

S«p«il s'écliapper. ■

Oo distingut: plusieurs espèces de Seiv

Citsï soDoetles , que l'on groupe d'après liiposilion du dessus de leur tClu; les uQs oui û crâne revétn d'écaillés à peu près MRÛWdts i celles du dos : ce sont les Cro- Ib1« iiMprement dits ; tels sont :

U UwiLE à cuEVBons (Crotalus korridui, Uin., Cnvier, C. atricaudatas). Il est d'une tcinie cendrée, bcunàlre en-dessus, àvKdeibsBiles transversales au nombre de Tii^ Mrenle, noires, bordées de teinte tt»iK, iitî'^uiièremeut imprimées sur l'échiné, et Knuiaées sur les Qancs par une Ucb<i piusoii moins carrée, plus ou moins umnàK-, c'est celte espèce qui est la plus tVn^^fîii^Ews-Unis. On dit qu'elle Ira- Terse partoii Us miires et les lacsdesliuus oùelieréîide engûtiUanl son curps par la suipeum maeu&u&e de ta respiration, LeCimui iosanges, ou [Boiguira cas- #f^, tticimga lies naturels, 6'. Durmus, lJnD..Cmaj, D'une teinte brune, avec une ^TM Mciftlifluie de grandes taches noires «■■mUiiJaiej bordées de jaune; des lâches oûi;ilfiajflierailaires et quatre lignes noires ioofitsiiiaki sur le dessus du cou ; une lé- ^(iiffi^tnce (Jsos la disposition des petites ptufiits qui se trouvent en avant de la tt^te n lur J« ûiuseau le distinguent, aussi bien fM M roloralion, du précédent, avec le- WliliwuTbDt échangé le nom latin qus uDD^eiCuvier lui ont donné. Les plaques w^ disposées sur un suul rang et cori^nits au point de donner au bord des X'rauo aspect dentelé en scie, Jes dis- ""émi aussi de l'espèce suivante, que l'on * Sfoapée sous le nom particulier d'Urof"'piiu, oorii {romposé des mots grecs oura, (unie, elpiophein, sonner.

I^ (JOTaLE A TKOIS BAHGÉES DB TACHER

''-'nin-idiuf). Il a le dos olivâtre avec une *"« il« taches rhoniboidalcs irréguliôres, '^uujtres, bordées de noir à leur hord anté* 'itLir.etivec une série de taches plus petites 'Uf l«s flancs, distinctes des premières en >v.i[|l, au, elles sont interrompues par ud« l'aile Widelette blanchâtre, confondues eii *rrière arec les taches rachidiennes ; uoo '«uditlirunfttrd derrière les yeux; le dessous 'koKfi est noirAlre, pâlissAol vers te cou. ^espèce a été rapportée du Mexique.

Wagler paraît avoir rencontra des œufs assez «tiiicés litLis l'ovidncle, ce qui séparerait t^w Deilernenl encore ce genre des autres w\iki, qui sont vivipares,

D'autres Crotales ont des plaques sur la t^le;on leur a réservé plus particulièrëmeot les noms de Caudisonét, de Crotaiophores: de ce groupe est le Millet (C. miliariut): 9b tBllIc ne paraît pas atteindre à beaucoup près celle des autres espèces, et ne dépasse guère (feax pieds îi deux pieds et demi. Il est d'un gris rougt'âlre en dessus, avec une série in-. terrompuc de taches noires arrondies, bordées de blanc; deux rangées de petites taches noires sur les lianes, le ventre blanchâtre, avec de petites taches noirâtres irrégulièrement dispersées.

CRYPTES, roy. Sécbétion.

CRYPTODÈRfe. Voy. Éhvde.

CUBITUS. Voy. Squelette.

CULTE rendu an Serpent. Voy. Daboib.

CYCLOPTÈKE LOMPE {Cyct. lumpm.

Linn., Lacép., Cuv,},— genre de poissons de l'ordre dus Malacoplérygiens subbranchiaui, famille des Discobolus.

Que ceux dont la douce sensibilité recherqhe avec tant d'intiîrlit et trouve avec tant de plaisir, les images d'aflfeclions touchantes que présentent qoclques êtres heureux au milieu do l'immense ensemble des pi-oduils de la création, sur lesquels la nature a si inégalement répandu le souflle de la vie et le feu du sentiment, écoutent un instant ce que plusieurs naturalistes ont raconté du poisson dont nous décrivons l'histoire. Qu ilssai:hent que parmi ces innombrables habitants des mers, qui ne cèdent qu'à un besoin du moment, qu'à un appétit grossier, qu'à uie jouissance aussi peu partagée que l'ugilive , qui ne connaissent ni mèn>,ni compagne, ni pelits.on a écrit qu'il se trouvait un animal favorisé, qui, iiar un nenchant irrésistible, préférait une femelle à toutes les autres, s'attachait à elle, la suivait dans ses courses, l'aidait dans ses recherches, la secourait dans ses dangers, en recevait des soins aussi empressés queceux qu'il lui donnait, étendait le sentiment durable qui l'animait jusqu'aux petits ëlros prêts à écloro! gardait avec celle qu'il avait choisie les fruits de leur union ; les défendait avec un courage que la mère éprouvait aussi, et déployait môme avec plus de succès, comme pfus grande et plus forte; et après les avoir préservés de la dent cruelle de leurs ennemis jusqu'à un temps oil, déjà un peu développés, ils pouvaient au moins se dérober à la mort par la fuite, attendait, toujours constant et toujours attentif, auprès de sa compagiie, qu'un nouveau printemps leur redonnât de nouveaux plaisirs. Que ce tableau fasse goûter au moins un moment de bonheur aux âmes pures et tendres. Mais pourquoi cette satisfaction to doit-elle être pour eux auss récit qui l'aura lait naître? pou vérité ordonné-t-elle à l'iiisloi laisser subsister une illusi Amour sans partage, teqdresst tîdelité conjugale, dévfjuemeii aux objets d<> sou aO'ectik>n }iuinturc attuiidrissantc Jes d vous produisez n'a-t-çlle éK

CYC

REPTILES

Keu des mers que par un cœur aimant et une imagination riante? Pourquoi iaut-il réduire ces habitudes durables que Tons'est plu à voir dans l'espèce entière du Lompe, et, qui seraient pour Vhomme une leçou sans cesse renouvelée de vertus et de félicité, à quelques faits isolés, à quelquesqualités individuelles et passagères, aux produits d'un instinct un peu plus étendu, combinés avec les résultats de circonstances locales, ou d'autres causes fortuites T

Mais, après que la rigoureuse exactitude du naturaliste aura éloigné du Lompe des attributs que lui avait accordés une erreur honorable pour ses auteurs, le nom de ce Cartilagineux rappellera néanmoins encore une supposition toujours chère à ceux qui ne sont pas insensibles; il aura une sorte de charme secret qui naîtra de ce souvenir, et n'attirera pas peu l'attention de l'esprit même le plus désabusé.

Voyons quelles sont les formes et les habitudes réelles du Lompe

Sa tête est courte, mais son front est large. On ne voit qu'un orifice à chaque narine, et ce trou est placé très-près de 1 ouverture de sa bouche, qui est très-grande. La langue a beaucoup d épaisseur et assez de mobilité; le gosier est garni, ainsi que les ro&choires, d'un çrand nombre de dents aiguës.

Le long du corps et de la tête rèçnent ordinairement sept rangs de sros tubercules, disposés de manière que Ton en compte trois sur chaque côté, et qu'un septième occupe l'espèce de carène longitudinale formée par la partie la plus élevée du corps et de la (|ueue. Ces tubercules varient non-seulement dans le nombre de rangées qu'ils composent, mais encore dans leur conformation, les uns étant a()latis, d'autres arrondis, d'autres terminés par un aiguillon, et ces diiféreutes figures étant même quelquefois placées sur le même individu.

Les deux nageoires inférieures sont arrondies dans leur contour , et réunies de manière h représenter, lorsqu'elles sont bien déployées, une sorte de bouclier, ou, pour mieux dire, de disque ; et c'est cette réunion» ainsi que cette forme, qui , se retrouvant dans toutes les espèces de la même fomille» et constituant un des principaux caractères distinctifs de ce genre, ont lait adopter ce nom de Cycloptèrt^ qui désigne cette disposition de nageoires en cercle, ou plutôt en disque plus ou moins régulier.

Le Lompe a deux nageoires dorsales; mais la plus antérieure n'est soutenue par aucun rayon, et, étant principalement composée de membranes , de tissu cellulaire , et d'une sorte de graisse, elle a reçu le nom d'adtpeuse.

Ses cartilages sont verdAtres.

Son orjsane de l'ouïe a paru plus parfait que celui d'un grand nombre d'autres poissons, et plus propre k faire éprouver des sensations délicates ; on a vu, daus le fond de s^ yeux des ramifications de nerfs plus distinctes; ses nageoires inférieures, réunies ^p disque, ont été considérées comme un

CYC i^

siège particulier du toucher, et une sorti de main assez étendue ; sa peau n'e$t reià tue que d'écaillés peu sensibles; et ^ nous venons de voir que sa langue préseft une surface assez grande et assez molle,!

Îp'elle est assez mobile pour s'appîiqstf acilement et par plusieurs points à plosieon corps savoureux.

Voilà donc bien des raisons pour qoellostinct du Lompe soit plus élevé que cdoi k

f Plusieurs autres Cartila^neux, ainsi quoi 'a observé; et cette petite supériorité dês résultats de l'organisation du Lompe idl servir à propager l'erreur qu'i ]*a supp(^ attaché à sa femelle par un sentiment aussi constant que tendre. t

Il est très-rare qu'il parvienne i une W gueur d'un mètre, ou d*environ trois pidî; mais son corps est, k proportion de cette d> mension, et très-large et très-haut.

Sa couleur varie avec son âge;leplv souvent il est noirâtre sur le dos, blanchâtre sur les côtés, orangé sur le Tentrf: les rayons de presque toutes les nageoire sont d'un jaune qui tire sur le roage; celii de Tanus et la seconde du dos sont d'ailleurs grises avec des taches presque noires.

On rencontre ce poisson dans no gnod nombre de mers; c'est néanmoios daiu I Océan septentrional qu'on le voit le pjuj fréquemment. 11 y est très-fécood, et si femelle y dépose %bs œufs è peo près nn le temps où l'été y commence.

11 s y tient souvent attaché au fcfw' ** mer, et aux rochers, sous les JailMes desquels il se place pour éviter pluslidto^ ses ennemis, pour trouver une ptuswwwe quantité des vers marins qu'il redierèe,Jrti pour surprendre avec plus d'oTanjage i»

f)etits poissons dont il se nourrit. C'est wf e moyen de ses nageoires inférieures» rtf' nies en forme de disque, qu'il se crampon* pour ainsi dire, contre les rocSi les bafitf • le fond des mers ; et il s'y colle en que^t* sorte d'autant plus fortement, que son corps est enduit, beaucoup plus que celui uepwsieurs autres Cartilagineux, d'une hun)«| visQueuse, assez abondante surtout aupnw des lèvres, et que quelques auteurs ont « conséquence comparée à de la !>«▼«• ^^r^^ liqueur gluante étant répandue sur loosir^ Cycloptères, et tous ces animaux «)«»• d'ailleurs leurs nageoires inférieLuresj^Jûformées et rapprochées comme ceiicsj" Lompe, ils présentent une habitude anaii^ è celle que nous remarquons dans le fw son que nous décrivons. . . j^.

On doit avoir observé plusieurs foi? J?°* Lompes placés ainsi très-près l'un de I aucr^ et longtemps immobiles sur les rocne^^ le sable des mers. On les aura supp^ mâle et femelle ; on aura pris 4eurT0i$ii^ et leur repos pour l'effet (Tune »»f^" eni tuelle; et on ne se sera pas cru *"*XÏ|i|j autorisé à leur accorder cette longnjJJ n|o et ces attentions durables q«^ ^^°.l^ei' è représenter sous des couleurs si p^

hkn

POISSONS» ETC

DâB

fm

Aq reste le suc huileux qui s'épanche sur

k surface du Lompe pénètre aussi très-pro-

P^dimeot dans rintérieur de ce poisson ; et

fA pourquoi sa cbair, quoique man-

nahh , est muqueuse, molle et peu agréa-

CffMN. — Genre de poissons très-nom-

tma et Irès-lacile à distinguer par un corps

fcuUeax, par une petite bouche sans dents,

pr des lèvres aBongeabies ou protractiles,

A fir une seule nageoire du aos. Ce sont

lu ftwsoDs d'eau douce, et les moins car-

nsKTsde toute la classe, vivant d'herbes,

éap^es, et même de limon. On les divise

9mm il suit : 1* en Cyprins proprement

dits, k dorsale longue, avec épine dentelée

p9ur ieniième ravon , anale conformée de

pfeoM, comme la Carpe; 2* en Barbbao, Bar-

Wi^CovMqui a quatre barbillons , dont deux

sur kteQtdo museau , et deux à l'angle de

la OBUnire, comme le Barbeau commun ;

S* to Godons, 6o6to, Cuv., qui n'ont que

deai birinlloos aui angles de la m&choire,

eoouMkGoujofi;4'en Tanches, 7tnca,Cuv.,

fuf réoBiss^t aux caractères des Goujons

ôM den'afoirque de très-petites écailles,

comme la TiDcbe vulgaire; 5* en Ctrrhines,

CuT.,doQt II dorsale est|3lus grande que

teUedeiGobio, et les barbillons placés lur

le milieu ae la lèvre supérieure (Cyprinus Cyrrhosuêf Bl.) ; 6* en Brames, Brama^ Cut;,

3ui n*ont ni épines, ni barbillons^ et dont la orsale est courte, située en arrière des yea traies ; telle est la Brème commune; 7* ea Labéons, Labeoy dont la dorsale est loogae comme dans les Cyprins proprement dits « mais où les épines et les barbillons manquent, et où les lèvres charnues et crénelées sont d'une épaisseur remarquable ; 8* en Catastomes, CatastomuBj Lesueur, qui réunissent les mêmes lèvres que les précédentes, mais où la dorsale est courte, comme dans les Ables; 9" en Ablss ou Imberbes, qui manquent d'épines et de barbillons. Les espèces que l'on ooserve sont le Meunier, le Gardon, la Rosse, la Vaudoise, le Nez, la Âotengte et l'Ablette; 10* en Ch6las, ou la dorsale répond sur le commencement de l'anale; tel est le Rasoir; 11* enfln, en GoNoiuiTif- QUES, Gùfiorhynehus^ Gronov., qui ont le corps et la tète allongés, et couverts, ainsi que les onercules, de petites écailles; le museau saille en devant d'une petite bouche sans dents ni barbillons ; 1 espèce gue l'on connaît est originaire du Cap (Cyprmus Go^ norhynchus, Gronov.)* Voir ctê moti.

Cyprin dorA. Yoy Carpe.

DAtOK (Vipera Dabora^ Dand. ; Coluber ïrmUmm, Lacép.). — Voici une de ces espicei remariâmes de Serpent que la su- Ptfst^adiTioisées. C'est dans le royaume oeJiJdijSUf les côtes occidentales d'Afrim,oà elie est répandue en très-grand nommqa'oo lui a érigé des autels; et il semllfié ce D'est pas la terreur qui courbe la Ik il Nègre devant ce reptile, puisqu'il {wtdoutableni par sa force, ni par aucune "■wr venimeuse. Selon plusieurs voyal^t le Daboie est remarquable par la vi* ^^}é de ses couleurs et par l'éclat de ses ^les. Le dessus du corps est blanchâtre » ^ çoorert de grandes taches ovales, plus ou ooios rousses, bordées de noir ou de brun, «tfui s'étendent sur trois rangs, depuis la ^JQsqu'au-dessus de la queue« Suivant le ^oragear Bosman , le Daboie est rayé de ilioc, de jaune et de brun; et, suivant Des- Burcbais, le dos de ce Serpent présente un Q^laoge agréable de blancn&tre, qui fait le Ibod, et de taches ou de rat>#jaunes, oruneset Ueaes, ce qui le rapproche beaucoup des teintes indiquées par Bosman, et ce qui pourrail bien n'être qu'une mauvaise expression fuoe distribution dé nuances de couleurs tressa différentes de celles que nous ve- Doos d'indiquer.

Les habitudes du Daboie sont d'autant plus (looces, qu'il n'est presque jamais obligé (k se défendre. H a peu d'ennemis à crain- <iredaasun pays où il est servi avec un respect religieux, et <)'où l'on tâche d*écarter tous

ceux qui pourraient lui nuire. Les animaux même qui seraient les plus utiles sont exclus des contrées où l'on adore le serpent Daboie, k cause de la guerre qu'ils lui feraient : le Cochon, particulièrement, qui fait sa proie de plusieurs espèces de reptiles, et qui attaque impunément , suivant quelques voyageurs , les Serpents les plus venimeux, est poursuivi dans le royaume de Juida comme un ennemi public; et» maighé tous les avantages que les nègres pourraient en retirer, ils ne voient dans cet animal que celui qui dévore leur dieu.

Bien loin de chercher à nuire à l'homme , le Daboie est si familier qu'il se laisse aisément prendre et manier, et qu'on peut jouer avec lui sans courir aucun danger. On dirait qu'il réserve toute sa force pour le bien de la contrée qui le révère ; il n'attaque

3ue le Serpent venimeux , dont le royaume e Juida est infesté; il ne détruit que ces reptiles funestes, et les insectes ou les vers qui dévastent les campagnes. C'est sans doute ce service qui l'a rendu cher aux premiers habitants du pays où on l'adore. On n'aum rien négligé pour multiplier, ou du moins conserver une espèce aussi précieuse; on aura attaché la plus grande importance aux soins qu'on aura pris de cet animal utile ; on l'aura regardé comme le sauveur de ces contrées, si souvent ravagées par des légions d'insectes, ou de troupes de reptiles venimeux , et bientôt la superstitioo, aidée du temps et de l'ignorance» aur^ altéré rouvragt

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