‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 55 sur 204 · DAB · texte numérisé non relu

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REPTILES

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ae la reconnaissance et celui du besoin (1). Le culte des animaux qui ont inspiré une Tive terreur n'a été que trop souvent san-

S inaire : on n'a sacrifié que trop souvent s hommes dans leurs temples ; le Serpent, dieu des nègres, n'ayant jamais fait éprouver une grande crainte, n'a obtenu que des sacrifices plus doux, mais que ses prêtres ne cessent de commander avec une autorité despotique. L'on n'immole point dus hommes devant te serpent Dtiboie, maison livre à ses ministres les plus belles des jeunes filles du royaume de Juida. Le nrc^lendu dieu, que l'on nomme \oSerpeiU Fétiche ^ ce qui signifie VEtre conservateur, a un temj>le aussi magnifique que le peut être un bâtiment élevé par Tart grossier des nègres. II y reçoit de riches offrandes ; on lui présente des étoffes de soie, des bijoux, les mets les plus délicats du pa.>s, et uièrac des troupeaux; aussi les prêtres cjui le servent jouissent-ils d'un revenu considérable, possèdentils des terres immondes, et commandent-ils à un grand nombre d'esdaves.

Afin que rien ne manque à leurs plaisirs, ils forcent les prêtresses h parcourir chaque année, et vers le tem()s où le maïs commence à verdir, la ville de Juida et les bourgades voisines. Armées d'une grnsse massue, et, secondées par les prêtres, elles assommeraient sans pitié ceux qui oseraient leur résister ; elles forcent les négresses le^

(1) On pourrait croire aussi que quelque événea»ent exiraoniinaire aurait sféduil riinagmatîon des nègres et encliaiué leur raison, el voici ce que rapporte, à ce sujet, le voyageur Desmarcliais :

i Larmée de Juida étant prête à livrer halailie 4 colle d*Ardra, il §orHt de celle-ci un gros Serpent qui se reUra dans Paulre; non-seulcnicnt sa forme n'avait rien d'effr.iyant, mais il parut si doux et si privé que tout h lûonde fut porté à le caresser. Le grand sacrificaieur le prit dans ses bras et le leva pour le faire voir à toute Tarmce. La vue de ce prodige tU-tom!>er tous les nègres à genoux ; ils adorèreul leur nouvelle divinité, et fondant sur leurs ennemis avec un redoublement de courage, ils remportèrent une victoire complète. Toute la nafion ne manqua point d*attribuer un succès si mémorable à la vertu du Serpent : il fut rapporté avec toutes sortes d*bonneur8; on lui bâtit un temple, on assigna un fomi$ pour sa subsistance, et bieotêt ce nouveau fétiche prit Fascendant sur toutes les anciennes divinités : son culte ne Ût ensuite qu'augmenter à proportion des faveurs dont on se crut redevable ù sa protecUoD. Les trois anciens fétiches avaient leur département séparé; on s'adressait à la mer pour obtenir une heureuse pèche, aux arbres pour Id santé, et à Tagoye pour les conseils: mais le Serpent préside au commerce, à la guerre, h Tagricullurc, aux maladies, à la stérilité, etc Le premier édiiice qu'on avait bâti pour le recevoir parut bientôt trop petit ; on prit le parti de lui élever un nou- >eau temple, avec de grandes cours et des ap]>artemonts spacieux : on établit un grand pontife et des prèires pour le servir. Tous les ans, on choisit quelques belles niles qui lui sont cx)nsacrées. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que les nègres de Juida sont persfiadés que le Serpent qu'ils adorent aujourd'hui est le même qui fut apporté par leurs ancêtres, et qui leur lit gagner une clorieuse victoire, i //i«- Iw'w Qémérait des foyagen, livre x, édit. in-l:i, toin. XiV, pig. 369 et suiv

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plus jolies à les suivre dans le temple; etfc

f)oids de la crédulité superstitieuse pèsej ort sur la tête des nègres , Qu'ils croii^ u'elles vont être honorées Je l*ap|>rocii Senpent protecteur , et que c*e$l â sm amour qu'elles vont fttrelivrées. Us reçoived avec respect cette faveur signalée el airim On commence par instruire les jeunes lill« à chanter des hymnes ei à danser en l'boi neur du Serpent , et, lorsqu'elles sont pièi du temps où elles doivent être adaiises m près de la prétendue divinité, on les sommet à une petite cérémonie douloureuse ej barbare; car la cruauté naît [»rcsque loujourj de la superstition. Ou leur impi-ime surb peau, dans toutes les parties du corps, «( avec des poinçons de fer, des Hgures de fleurs , d animaux , et surtout de Serf»€ni5, Les prêtresses les consacrent ainsi au St*fvico de leur dieu, et c'est en vaiu que ieurs malheureuses victimes jcltenl les cris les plus nlainlifs que leur arrache le lounueni qu'elles éprouvent, rien n'arrôle leur zè\^ inhumain. Lorsque la peau de ces infortunées est guérie, elle ressemble, dit-on, à uû satin noir à fleurs, el elle les rend à janjaii Tobjet de la vénération des nègres.

Le moment où le Serpent doit recevoir k négresse favorite arrive enûn.On la fait descendre dans un souterrain obscur, pendant que les prêtresses et les autres jeunes ùlles célèbrent sa destinée par des danses el des chants qu'elles accompagnent du bruit de plusieurs instruments retenlissao/s. Lorsque la jeune négresse sort de i-sotre sacré, elle reçoit le titre de Femme du Scrprut. Elle ne devient pas moins la femme au li^çr^ gui parvient à lui plaire , mais auquel ri\e insi)ire à jamais la soumission la plusaveugle, ainsi que le plus grdnd respect.

Si quelqu'une des femmes du Serpent tr»hit le secret des plaisirs des prêtres, enff vêlant les m} stères du souterrain, ellewt aussitôt enlevée et mise à mort, el Ton croit que le grand Serpent est venu lui-même exercer sa vengeance, en renipoHant ponr la faire brûler. Mais arrêtons-nous; Tbistoire de la superstition n'est point celle de la nature; elle est trop liée cependant avec !« phénomènes que produit cette nature puissante et merveilleuse, pour élre tout à feit étrangère à l'histoire des animaux qui en ont été l'objet,

DACTYLOPTÈRE, de iârc^àXoç, doigt, el jrTf/301», aile, — Genre de poissons acanthoplérygiens à joues cuirassées, vulgairemeat poissons volants, Arondes^ Birondeiles é mer. L'espèce la plus commune ^sl le î>ka> PiRAPÈDE {Trigla volitans, Linn.). Parmi l«^ traits remarquables qui distinguent ce grand poisson volant et les autres Osseux qui doivent appartenir au môme genre, il faut compter particulièrement les dimensions de ses nageoires pectorales. Elles sont assez étendues pour qu'on ait dû les désigner par Id nom d'ailes ; et ces instruments de nalatico* et principalement de vol, étant composés d'une large membrane soutenue ()ar de longs rayons articulés que I*on a comparés è des

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POiSSOrSS, ETC.

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I Aoigts coinaie les rayons des pectorales de ■tous les |)oissons» les ailes de la Pirapède M beaucoup de rapports dans leur»conformiliooavec celles des Chauves-Souris, dont ça leur a donné le nom dans plusieurs contrits; et Ton a cru devoir leur appliquer la iénr^mination générique do Dactyloptêre j fuaété souvent enriployée pour ces Chaufts^uris, aussi bien que celle de Chéiro- ||<rr,6t qui signifie aile attachée aux doigtif It^ffmie par les doigts,

U peclorale des Pirapèdes est double. A kbise de cette aile on voit un assemblage éasii rayons articulés réunis par une merakniH'« et composant, par conséquent, une viniable nageoire qu'il est impossible de ne

V«&C)oasidérer comme pectorale.

Tteçlw, Tailedes poissons que nous exanrinnûs offre une grande surface ; elle monijt.loRqaelle est déployée, une figure assez stnjùable à celle d un disque, et elle atteiïrtle jylus souvent au delà de la nageoire anale, et Irès-près de celle de la queue. Les mofls qu'elle renferme étant assez écartés Tun de Vautre lorsqu'elle est étendue, et n'étant liés ensemble mie par une membrane %«m\Ac qu'\ permet facilement leur rapi)rov^wûTOl, \\ tf est pas surprenant que 1 animal puisse donner aisément et rapidement, à la surface de ses ailes, cette alternative d^»anooisscffiWlet de contraction, ces inéphtés sucmsiyes qui, produisant des efjorts illmumm^nx inégaux contre l'air de fû/m^bère, et le frappant dans un sens lés riolemmeni que dans un autre, font rbaim de place à Tanimal lancé et suspendu pour ainsi dire dans ce fluide, et le dooenl réritablement de la faculté de voler.

^oilà pourquoi la Pirapède peut s'élever lu-dessus de la mer, à une assez grande hautwr, pour que la courbe qu'elle décrit dans uir ue la raraène dans les flots que lorsqu'elle a franchi ua intervalle égal, suivant <p^<jws observateurs, au moins aune tren- ^toe à mètres ; et voilà pourquoi encore, *^Aristole jusqu'à nous, elle a porté le B"Oi(k Faucon de la mer y et surtout d'iït- ^^lU marine.

£lle traver5erait , au milieu de Tatmo-

*pWre, des espaces bien plus grands encore,

H la membrane de ses 'ailes* pouvait cooser-

^tf sa souplesse au milieu de l'air chaud et

fBelqoefois même brûlant des contrées où

M k trouve ; mais le tluide qu'elle frappe

iFCc ses grandes nageoires, les a bientôt des-

<^héea, au point de rendre très-diflicile le

'^îfrocbemeul et l'écartement alternatifs

^rajODs; et alors le poisson que nous dé-

^TODs, perdant rapidement sa faculté dis-

^ïMtive, retombe vers les ondes au-dessus

Quelles il $*était soutenu, et ne peut plus

^élancer de nouveau dans l'atmosphère que

lorsqu'il a plongé ses ailes dans une eau ré-

ÎWïBlrice, et qus retrouvant ses attributs

tw son immersiou dans son fluide natal , il

Prenne sorte de petite image de cet Antée

H^e la mythologie grecque nous représente

""*''' oerdant ses forces dans l'air, et ne

les retrouvant qu'en touchant de nouveau la terre qui l'avait nourri.

Les Pirapèdes usent d'autant plus souvent du pouvoir de voler qui leur a été départi, qu'elles sont poursuivies dans le sein des eaux par un grand nombre d'ennemis. Plusieurs gros poissons, et particulièrement les Dorades et les Scombres, cherchent à les dévorer, et telle est la malheureuse destinée de ces animaux qui, poissons et oisoaux, sembleraient avoir un oouWe asile, qu'ils ne trouvent de sûreté nulle part, qu'ils n éehnp- ^ pent aux pmls de la mer que pour ôtre * exposés à ceux de Tatmosphère, et qu'ils n'éviient la dent des habitants dvs eaux que pour être saisis par le redoutable bec des Fn'gates, des Phaétons, des Mauves, et de plusieurs autres oiseaux marins (1).

Lorsque des circonstances favorables éloignent de la partie de l'atmosphère, qu'elles traversent des ennemis dangereux, on les voit otlrir au-dessus de la mer un spectacle assez agréable. Ayant quelquefois un demimètre de longueur, agitant vivement dans l'air de larges et longues nageoires, elles at- . tirent d'ailleurs l'attention par leur nombre, qui souvent est de plus de mille. Mues par la môme crainte, cédant au môme besoin de se soustraire à une mort inévitable dans rOcéan, elles s'envolent en grandes troupes ; et lorsqu'elles se sont confiées ainsi à leurs ailes au milieu d'une nuit obscure, on les a vues briller d'une lumière phosphorique, semblable à celle dont resplendissent plusieurs autres ooissons, et à l'éclat que jettent, pendant les belles nuits des pays méridionaux, les insectes auxçiuels le vulgaire a donné le nom de Vers luisants. Si la mer est alors calme et silencieuse, on entend le petit bruit que font naître le mouvement rapide de leurs ailes et le choc de ces instruments contre les couches de l'air; et on distingue aussi quelquefois un bruissement d'une autre nature, produit au travers des ouvertures branchiales par la sortie accélérée du gaz que l'animal exprime, pour ainsi dire, de diverses cavités intérieures de son corps, en rapprochant vivement leurs parois. Ce Druissement a lieu d'autant plus facile-!

(i) Ainsi ils retrouvent dans le bassin des mers les ennemis cruels qu^ils avaient cherché à éviter. Telles sont les tristes et dures conditions auxquelles la nature les a soumis et qui les rendent ou victimes de leurs ennemis des eaux ou de ceux qui parcourent les vastes plaines des airs. Cependant, en mère vigilante, elle a place dans le cerveau de ces poissons un instinct de conservation qui les fait échapper aux nombreux dangers qui les entourent.

Aussi leurs races ne sont elles pas rares, ce qui semble annoncer jfue , si elles n'étaient pas autant poursuivies, leur fécondité fniirait par les rendre trop nombreuses, et peul-élre les réduire à mourir do faim faute d'aliments. Par suile de cette admirable police qui existe dans la nature, malgré les guerres continuelles que les espèces vivantes se font entre elles, elles n'en existent pas moins et constamment dans les mêmes rapports. L'influence de Thomme* est seule assez puissante pour déranger Tordre et Tharraonie qui règne entre toutes les choses créées.

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ment, que ces ouvertures branchiales étant très-étroites, donnent Heu à un frôlement plus considérable; et c'est parce que ces orifices sont très-petits , que les Pirapèdes , moins exposées à un dessèchement subit de leurs organes respiratoires, peuvent vivre assez longtemps hors de Teau.

On rencontre ces poissons dans la Méditerranée et dans presque toutes les mers des climats tempérés ; mais c'est principalement auprès des tropiques qu'ils habitent. C'est surtout auprès de ces tropiques qu'on a pu contempler leurs manœuvres et observer leurs évolutions. Aussi leur nom et leur histoire ne sont-ils jamais entendus avec indifférence par ces voyageurs courageux, qui, luin de l'Europe, ont affronté les tempêtes de rOcéan, et ses calmes souvent plus funestes encore. Ils retracent à leur souvenir leurs peines, leurs plaisirs, leurs dangers, leurs succès. Ils nous ramènent, nous qui tâchons de dessiner leurs traits, vers ces compagnons de nos travaux, qui, dévoués à la gloire de leur pays, animés par un ardent amour de la science, dirigés par un chef habile et réunis par les liens d'une amitié touchante ainsi que d*une estime mutuelle, quittent les rivages de leur patrie, se séparent de tout ce qu'ils ont de plus cher, et vont braver sur des mers lointaines la rigueur des climats et la fureur des ondes, f)Our ajouter à la prospérité publique par 'accroissement des connaissances humaines. Noble dévouement, généreux sacrifices ! la reconnaissance des hommes éclairés, les ap-

f)laudissements de l'Europe, les lauriers de a gloire, les embrassements de l'amitié, seront leur douce et brillante récompense.

Cependant quelles sont les formes de ces poissons ailés dont Timage rappelle des objets si chers, des entreprises si utiles, des efforts si dignes d'éloges ?

La télé de la Pirapède ressemble un peu à celle du Céphalacanthe Spinarelle. Elle est arrondie par-devant, et comme renfermée dans une sorte de casque ou d'enveloppe osseuse à quatre faces, terminée par quatre aiguillons larges et allongés, et chargée de petits points arrondis et disposés en rayons. La mâchoire supérieure est plus avancée que l'inférieure. Plusieurs rangs de dents trèspetites garnissent l'une et l'autre de ces deux mâchoires; et l'ouverture de la bouche est très-large, ce qui donne à la Pirapède un rapport de plus avec une Hirondelle. La langue est courte, épaisse, et lisse comme le palais. Le dessous du corps présente une surface presque plate. Les écailles qui couvrent le dos et les côtés, sont relevées par une arête longitudinale.

Le rougeâlre domine sur la partie supérieure de l'animal, le violet sur la tète, le bleu céleste sur la première nng(3oire du dos et sur celle de la queue, le vert sur la seconde nageoire dorsale; et pour ajouter à cet élégant assortiment de bleu très-clair, de violet, de vert et de rouge, les grandes ailes ou nageoires pectorales de la Pirapède sont ce uleur d'olive, et parsemées de taches ron-

des et bleues, qui brillent, pour ainsi dire, comme autant de saphirs, lorsçiae les rayov du soleil des tropiques sont vivemeDl rtli. chis par ces larges ailes étendues avec font et agitées avec vitesse.

DAUPHIN, Delvhinuê. — Genre de eftices, type de la tribu des Delphiniens.

Quel objet a dû frapper Timagination plus que le Dauphin? Lorsque l'homme parcourt le vaste domaine que son génie a conquis, il trouve le Dauphin sur la surface de (ouïes les mers; Il le rencontre et dans lescliiuts heureux des zones tempérées, timsk ciel brûlant des mers équatorial0,e( dans les horribles vallées qui séparent ces énormes montagnes de glace que letempélèTe sur la surface de l'Océan polaire tmuttur tant de monuments funéraires de la Dilate qui y expire : partout il le voit léger du» ses mouvements, rapide dans sa nalitioi, étonnant dans ses bonds, se plaire aatouri lui, charmer par ses évolutions vives ^fclâtres l'ennui des calmes prolongés, mwt les immenses solitudes de l'Océan, disfuraître comme l'éclair, s'échapper coa« l'oiseau qui fend Tair, reparaître, s«ito, se montrer de nouveau, se jouer ami»

flots agités, braver les tempêtes, et oei*douter ni les éléments, ni la distance, oiles tyrans des mers.

Revenu dans ces retraites paisibles m son goût s'est plu à orner, il jouit encore de l'image du Dauphin aue la main desirtsi tracée sur les cnefs-a'œuvre qu'elle «<ri^ il en parcourt la touchante histoire daosles productions immortelles que legéiôefc»

poésie présente à son esprit et à soûww» et lorsque, dans le silence d'une m^V^ ble, dans ces moments de calme et de aélancolie où la méditation et de tendres** venirs donnent tant de force à tout cej son âme éprouve, il laisse errer sa p«»* de la terre vers le ciel, et qu'il lèvelesjw^ vers la voûte éthérée, il voit encore wjii même image du Dauphin briller panw '^ étoiles.

Cet objet cependant, si propre à séduiff l'imagination cle l'homme, est en partiel'^' vrage de cette imagination : elle Ta «w pour les arts et pour le firmament. Mais « n'est pas la terreur qui lui a donné un ooovel être, comme elle a enfanté le redoutibw dragon, la terrible chimère, et tantdenaoo'' très fantastiques, l'effroi de Tenfance^deU faiblesse et de la crédulité; c'est la recojinaissance qui lui a donné une noufdte^ Aussi n'a-t-elle fait que l'embeHir,lertt^ plus aimable, le diviniser pour des biei*^ et montrer dans toute sa force et danst^w sa pureté l'influence de cet esprit des ftw^ pour lesquels la nature était si riante, po«f lesquels et la terre et les airs, et la mer «^ les tlcMives, et les monts couverts de bois» les vallons fleuris, se peuplaient de jeu^^ de plaisirs variés, de mille divinités ipdui* génies ou gracieuses. Le génie d'Odio^ celui d'Ossian ne Font pas conçu au nuli^ des noirs frimas des contrées polaires;^ si le Dtuij hin de la nature appartient ^•^

DiàU

POISSONS , ETC

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? ^ÀMtSf eelui des poètes n'appartient qu'à

lodens habitants des rives fortunées ^&fèce connaissaient bien le Dauphin :

^lanTacité de leur génie poétiq^ue ne ipas permis de le peindre tel qu il est ; Dorale religieuse a eu besoin de le niérphoser et d*en faire un de ses tjrpes. ttllears, la conce{)tion d'objets chiméleur était aussi nécessaire que le ieot Test au Dauphin. L'esprit, le corps, use de toutes ses forces, *aucaD obstacle ne l'arrête, et les iniaardentes n*ont pas besoin des senprofoods ni des idées lugubres que naître un climat horrible, pour inventer causes fantastiques, pour produire des ftsanatorels, pour enfanter des dieux.

(lusV)eatt ciel a ses orales; le rivage le riant a sa mélancolie. Les champs ieDS,ceux de l'Attique et du Péloponn oot point inspiré cette terreur sacrée, noirs pressentiments, ces tristes souve- 4iyrs« qui ont élevé le trône d'une sombre JIfthoiogie aa milieu de palais de nuages et éa laotûcoes taporeux, au-dessus des proviQ^\\o\tes menaçants, des lacs brumeux et d^Ir^esbr^de la valeureuse Calédom%, oudel'bèro'ique Hibernie : mais la vallée de Tempe, les pentes fleuries de l'Hynéce» les rires de /frétas, les bois mystérieox deMpbeSt et les heureuses Cyclades, oat àualê sensibilité des Grecs par tout ce qa^ le uâlanfmi offrir de contrastes pittorêsques, de paysages romantiques, de tableaux majestueux, de scènes gracieuses, deBu>B(srerdojranls, de retraites fortunées, dlomges attendrissantes, d'objets touchants, tristes, fiinèbres môme, et cependant remffis de douceurs et de charmes. Les bosquets de l'Arcadie ombrageaient des tombeaux, Aies tombeaux étaient cachés sous des ti- Ipi de ro^es.

n vif "^y^Jogie grecque, variée comme la ^^. Meoiture dont elle a reçu le jour, a dû ^ ' *HDettf8 tous les êtres à sa puissance, , j[ ^ituait-elle pu dès lors ne pas étendre son ^ i*heoce magique jusque sur le Dauphin? ^^ si elle a changé ses qualités, elle n'a altéré ses formes. Ce n'est pas la mythoqui a dénaturé ses traits ; ils ont été orpbosés par Tart de la sculpture endans son enfance, bientôt après la fin ^ temps fameux auxquels la Grèce a loé le nom d'héroïques.

Od adorait Apollon à Delphes, non-seulet sous le nom de Delpnique et de Pymais encore sous celui de Delphinim t^^fUms). Ou racontait, pour rendre rait^^ de ce titre, que le dieu s'était montré i^^us la (orme d'un Dauphin aux Cretois qu'il B^^aii obligés d'aborder sur le rivage de r^Slpbes, et qui y avaient fondé l'oracle le [j^us référé du monde connu des Grecs, r^*^lle bble n'a eu peut-être d'autre origine ^ uela ressemblance du nom de Delphes avec ^^^lui du Dauphin (Z>e/pWn) ; mais elle est ^^^•i la plus hauti^ antiquité, et on en lit les ^«Uiis dans l'hymne à l'honneur d'Apollon,

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que l'on attribue à Homère. M. Visconti regarde comme certain que V Apollon Delphi' niuSf adoré à Delphes, avait des Daupnins pour symboles. Des figures de Dauphins devaient orner son temple ; et comme les décorations de ce sanctuaire remontaient aux siècles les plus reculés, elles devaient norter l'empreinte de l'enfance de l'art. Ces usures inexactes, imparfaites, grossières, et si peu semblables à la nature, ont été cependant consacrées par le temps et par la sainteté de l'oracle. Les artistes habiles, qui sont venus à l'époque où la sculpture avait déjà fait des progrès, n'ont pas osé corriger ces figures d'après des modèles vivants ; ils se sont contentés d'en 3mbellir le caractère, d'en agrandir les traits, d'en adoucir les contours. La forme bizarre des Dauphins delphiquesy a passé sur les monuments des anciens, s'est perpétuée sur les productions des peuples modernes ; et si aucun des auteurs qui ont décrit le temple de Delphes n'a parlé de ces Dauphins sculptés par le ciseau des plus anciens artistes ^recs, c'est que ce temple d'Apollon a été pillé plusieurs fois, et que, du temps de Pausanias, il ne restait aucun des anciens ornements du sanctuaire.

Les peintres et les sculpteurs modernes ont donc représenté le Dauphin, comme les artistes grecs du temps d'Homère, avec la queue relevée, la tète très-grosse, la gueule très-grande^ etc. Mais sous quelques traits qu'il ait été vu, les historiens l'ont célébré» les poètes l'ont chanté, les peuples l'ont consacré à la divinité qu'ils adoraient. On l'a respecté comme cher non-seulement à Apollon et à Bacchus, mais encore à Neptune» qu'il avait aidé, suivant une tradition religieuse rapportée par Oppien, à découvrir son Amphitrite, lorsque, voulant conserver sa virginité, elle s'était enfuie jusque dans l'Atlantide. Ce même Oppien l'a nommé le ministre de Jupiter marin; et le titre de hier 08 ichthys ( poisson sacré } lui a été donné dans la Grèce.

On a répété avec sensibilité l'histoire de Phalanthe sauvé par un Dauphin, après avoir fait naufrage près des côtes de l'Italie. On a honoré le Dauphin comme un bienfaiteur de l'homme. On a conservé comme une allé-

Î;orie touchante, comme un souvenir consoateur pour le génie malheureux, l'aventure d'Arion, qui, menacé de la mort par les féroces matelots du navire sur lequel il était monté, se précipita dans la mer, fut accueilli par un Dauphin que le doux son de sa lyre avait attiré, et fut porté jusqu'au port voisin par cet animal sensible et reconnaissant.

On a nommé barbares et cruels les Thraces et les autres peuples qui donnaient la mort au Dauphin.

Toujours en mouvement, ii a paru parmi les habitants de l'Océan, non-seulement le plus rapide, mais le plus ennemi du repos ; on l'a cru l'emblème du génie qui crée, développe et con'serve, parce que son activité soumet le temps, coma e sou immensité domine l'espace; ou Ta proclamé le rot de la mer.

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L'attention se portant de plus en pms vers lui, il a partagé avec le Cygne Thonneur d'avoir suggéré la forme des premiers navires, par les proportions déliées de son corps si propre à fendre Teau, et par la position ainsi que par la figure de ses rames si célères et si puissantes.

Son intelligence et sa sensibilité devenant chaque jour l'objet d'une admiration plus vive, on a voulu leur attribuer une origine merveilleuse : les Dauphins ont été des hommes punis par la vengeance céleste, déchus de leur premier état, mais conservant des traits de leur première essence. Bientôt on a rappelé avec plus de force qu'Apollon avait pris la figure d'un Dauphin pour enlever Mélantho, comme Jupiter s'était métamorphosé en Taureau pour enlever Euro[)(^. Neptune a été adoré h Sunium sous la forme de ce Dauphin. Le Dauphin a été plus que consacré: il a été divinisé ; sa place a été marquée au rang des dieux, et on a vu le Dauphin céleste briller parmi les constellations.

Ces opinions pures ou altérées ayant régné avec plus ou moins de force dans les différentes contrées dont les tleuves roulent leurs eaux vers le grand bassin de la Mét.iterranée, est-il surprenant que le Dauphin ait été pour tant de peuples le symbole de la mer; qu'on ait représenté l'Amour, un Dauphin dans line main et des fleurs dans l'autre, pour montrer que son empire s'étend sur la terre et sur l'onde; que le Dauphin entortillé autour d'un trident ait indiqué la liberté du commerce; que, placé autourd'un trépied, il ait désigné le collège de quinze prêtres qui desservait à Rome le temple d'A-

I)ollon ; que, caressé par Neptune, il ait été e signe ae la tranquillité des flots, et du salut des navigateurs ; que, disposé autour d*une ancre, ou rais au-dessus d'un bœuf à face humaine, il ait été le signe hléroglyphi-

3ue de ce mélange de vitesse et de lenteur ans lequel on a fait consister la prudence, et qu'il ait exprimé cette maxime favorite d'Auguste : Hdte-toi lentement, que cet empereur employait comme devise, même dans ses lettres familières; que les chefs des Gaulois aient eu le Dauphin pour emblème; que son nom ait été donné à un grand pays et à des dignités éminentes ; qu'on le voie sur les antiques médailles de Tarente, sur celles de Pœstum, dont plusieurs le montrent avec un enfant ailé ou non ailé sur le dos, sur les médailles de Corinthe qui donnent à * sa tète ses véritables traits, et sur celle d'iEgium en Achaïe, d'Eubée, de Nisyros,*de Byzantium, de Brindes, de Larinum, de Lipari, de Syracuse, de Théra, de Vélia, de Carléja en Espagne, d'Alexandre, de Néron, de Vrtelllus, de Vespasien, de Tite; que le boucher d'Ulysse, son anneau et son épée, en aient offert l'image ; qu'on ait élevé sa figure dans les cirques ; et qu'on l'ait consacré a la beauté céleste, en le mettant aux pieds de cette Vénus si parfaite que l'on admire dans le Musée.

DAUPHIN ORQUE. Yoy. Epaulird.

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