‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 86 sur 204 · TI · texte numérisé non relu

TI

PLE

POISSONS , ETC

FLE

oa quatre de ces poches ou tuyaux roembra- MQX; )efoie est sans division et peu étendu ; rîbdomeD se prolonge des deux côtés des apophyses inférieures des' vertèbres de la oom; une partie des intestins est placée (bf» ces extensions abdominales, ainsi que U bite ou les ovaires.

Sans ces deux prolongations » ]a cavité générale de Tabdomen aurait eu des diiMfiiioiis trop resserrées pour le nombre et la grandeur des orga]:\es intérieurs qu'elle doit refifermer,

SoQS venons de dire aue les deux yeux soot sitofe du même côte de la tête ; mais , indépeiMtomioeDl de ce défaut remarquable (tesrmélrie relativement k l'axe longitudinal !hi poisson, ils en présentent fréquemiMolin second par une inégalité frappante daBil«ir toiume. Ces deux organes ne sont nisMours aussi gros l'un que Tautre ; et lumpili offrent eette inégalité si extraordioKre, e^est quelqueibis rœil sopérieur qui rtspofte sur IVBil inférieur, et d'autres fois i'œii inférieur qui surpasse le premier en grandeur.

Ces yeni, au reste, peuvent être placés de trois tfam^es différentes : dans plusieurs WcuTtmecles, ib sont situés sur la môme ligne Terticafe; mais, dans quelques-uns de cesmssons, /'œil d'en haut est plus rap- {'wcbé du mnsean que celui d'en bas ; et, d9ûs quelques autres, rœil d'en bas est au comnire plus avancé que celui d'en haut.

Il Hi aussi des espèces de Fleuronectes

dans lesquelles la ni^eolre oectorale, attachée

au dAé sur I^^uel on voit les yeui, est plus

ëeù'lut qu^ celle de l^autre côté [ et Ton se-

niiteoté de croire que la petitesse delà

j'tictorale opposée provient de ce que cette

>orle de bras ou de m^in appartenant à la

iurùctt de l'aniinai, qui repose (rès-souvent

>ur U vase ou sur le sable, a 'é(é arrêtée

diDi son déveioppeoiént par les frottements

fuelle 4 dû éprouver contre le fond des

Bers, et par ia coippression que lui a fait

sabir le poids du corps, qu'elle a dû sup-

(«rter ea très-grande partie.

La position des Pleuronectes qui se repo- *ttt ou qui nagept est, en effet» bien différente de celle dies a\iires poissons osaeux ou onilagineax, cylindriques ou l^ilatiSf qui pvxonreo^, dans le* sern des eavix, ut esptte plus ou moins étendu» ou appuient sur Ks rochers ou surle limon leur ^rps plus 01 iBoiDS Caltgué. Dans l'inaction, de môme q«e dans le mouveioent, les PUuronecles net loegoiirs renversés sur le côté ; et nous a avens pas l>esaiu de faire remarquer que t« rôté tooraé vers le fond de la mer est, dans tous les loeffients de leur existence, ceh» qui est dénué d'yeux : lorsque lenrs >eox sont adroite, le côté gauche est Tinfé- ^eur; et ils vogiieoi ou s'arrêtent, le côté Raucbe toureé vers la surface de Teau, lors^ que kmrs yeux sont à gauche.

Ces! de cette manière très-particulière de iiajer que leuf est venu le nom de Pleuro^

nectes (1) ; elle est une dépendance du déplacement de leurs yeux.

En considérant la manière de nager qui appartient aux Pleuroneetes , il est ftcile de voir que leurs pectorale? très-peu étendues, et situées l'une au-dessus et l'autre au-dessous do corps, ne peuvent pas servir d'une manière sensible h diriger ou accroître les mouvements de ces poissons. Leurs thoracines, étant aussi extrêmement petites, sont de même inutiles à leur natation.

Mais l'anale et la dorsale peuvent servir beaucoup à accélérer la vitesse de ces animaux, et à leur imprimer les véritables directions qui leur sont nécessaires; elles sont très-longues et assez hautes ; elles s'étendent le plus souvent depuis la tête jusqu'à la queue ; elles présentent donc une grande surface : d'ailleurs, dans la position habituelle des Pleuronectes , elles sont situées horizontalement, puisque l'animal est, pour ainsi dire , couché sur un côté. Dès tors on peut les considérer comme de.ux pectorales très-étendues, et par conséquent eomme deux rames qui seraient très-puissantes, si elles étaient mues librement et par des muscles très- vigoureux.

Et c'est précisément parce qu'elles influent beaucoup sur la natation des Pleuronectes, que la différence ou l'égalilfde çrandeur entre cette dorsale et cette anale se font sentir dans la situation de ces Osseux ; ils ne présentent un plan véritablement horizontal que lorsque ces deux rames ont une force égale ; et on les voit un peu inclinés vers la nageoire de l'Aïus, lorsque cette dernière est moins puissante que la nageoire du dos.

Cependant l'instrument le plus énergique de la natation des Pleuronectes est leurna-

Seoire caudale, et par I& ils se rapprochent e tous les habitants des eaux ; mais ils se distinguent des autres poissons par la manière dont ils emploient cet organe.

Les Pleuronectes étant renversés sur un côté, leur caudale n'esi point verticale, mais horizontale : elle frappe donc Teau de la mer de haut en bas et de bas en haut ; ce qui donne aux Pleuronectes des rapports de plus avec les éétacés. 11 est facile néanmoins de comprendre que le mouvement rapide et alternatif, duquel dépend la progression en avant de l'animal, peut offrir le même degré de force et de fréquence dans une rame norizontale que dans une rame verticale. Les Pleuronectes peuvent donc, tout égal d*ailleurs, s'avancer aussi vite que les autres poissons. Ils ne tournent pas à droite ou à gauche avec la même facilité, parce que, n'ayant dans leur situation ordinaire aucune grande surface verticale dont ils puissent se ^ servir pour frapper l'eau à gauche ou è droite, ils sont contraints d'augmenter le nombre des opérations motrices, et d'incliner leur corps avant de le dévier d'un côté ou de l'autre ; mais ils compensent cet avan-

(I) Pleuronecte vient de ichmàfèf^ , qui en grec veut dira côté, et de vii/.M, je nage.

FLE

REPTILES

FLE

tage par celui de moQter ou de descendre avec plus de promptitude.

Et cette faculté de s*élever ou de s'abaisser facilement et rapidement dans le sein de rOcéan leur est d*autaDt plus utile, qu'ils

{)assent une grande partie de leur vie dans es profondeurs des mers les plus hautes. Cet éloignement de la surface des eaui, et

f)ar conséquent de Tatmosphère, les met à 'abri des rigueurs d*un froid excessif; et c*est parce qu'ils trouvent facilement un asile contre les effets des climats les plus âpres, en se précipitant dans les abîmes de l'Océan, qu'ils habitent auprès du pôle, de même que dans la Méditerranée et dans les environs de Téquateur et des tropiques. Ils séjournent d'autant plus longtemps dans ces retraites écartées, que, dénués de vessie natatoire, et privés par conséquent d'un grand moyen de s'élever, ils sont tentés moins fréquemment de se rapprocher de l'air atmosphérique. Ils se traînent sur la vase plus souvent qu'ils ne nagent véritablement ; ils y tracent, pour ainsi dire, des sillons, et s'y cachent presque en entier sous le sable, pour dérober plus facilement leur présence ou à la proie qu'ils recherchent, ou à l'ennemi qu'ils redoutent.

Aristote, qui connaissait bien presque tous ceux que l'on pêche dans la Méditerranée, dit que, lorsqu'ils se sont mis en embuscade ou renfermés sous le limon à une petite distance du rivage, on les découvre par le moyen de l'élévation que leur corps donne au sable ou à la vase, et qu'alors on les harponne et les enlève. Du temps de ce grand philosophe, on pensait que les Pieuronectes, que l'on nommait Bothes^ Peignes^ Rhombeg, Lyres^ Soles , etc., engraissaient beaucoup plus dans le même lieu et pendant la même saison, lorsque le vent du midi soufflait, quoique les poissons allongés ou cylindriques acquissent, au contraire, plus de graisse lorsque le vent du nord régnait sur la mer.

Columelle nous apprend que les étangs marins, que l'on formait aux environs de Home pour y élever des poissons, convenaient très -bien aux Pleuronectes , lorsqu'ils étaient limoneux et vaseux ; qu'il suffisait de creuser, pour ces animaux trèsplats, des piscines de soixante ou soixanteaix centimètres de profondeur, pourvu que, situées très-près de la côte, elles fussent toujours remplies d'une certaine quantité d'eau ; que l'on devait leur donner une nourriture plus molle qu'à plusieurs autres habitants des eaux, parce qu'ils ne pouvaient m&cher que très-peu, et gu'un aliment salé et odorant leur convenait mieux que tout autre, parce que, couchés sur un côté, et avant leurs yeux tournés vers le haut, ils cherchaient plus souvent leur nourriture par le moyen de leur odorat qu'avec le secours de leur vue.

Il faut observer que le côté supérieur de ces poissons, celui par conséquent qui, tourné vers l'atmosphère, reçoit , pendant l<»s mouvements ainsi que pendant le re-

pos de l'animal, l'influence de toute la limière qui peut pénétrer jusqu'à cesOsseoi, présente souvent des couleurs vives, des taches brillantes et régulières, des raies o« des bandes variées dans leurs nuances, peo* dant que le côté inférieur, auquel il De pa^ vient que des rayons réfléchis, n'offre qu une teinte pâle et uniforme. Cette diversité est môme moins superflcielle qu'on ne le croi* fait au premier coup d'œil ; et les écaiUe$ d'un côté sont quelquefo s très-différe'>t/i de celles de l'autre, non-seulement parleur grandeur, mais encore par leur forme et par la nature de la matière qui les compose.

Un des Pleuronectes les plus remarquable» est le Flétan ou Hippoglosse^ que ses grandes dimnnsions rendent encore pluscompirable aux cétacés que tous les autres Pleoronectes. On a péché en Angleterre des ladividus de cette espèce qui pesaient trou cents livres ; on en a pris en Islande de

auarante livres ; Olafsen en a vu de près de ix^huit pieds de longueur, et l'on en troure en Norwége qui sont assez grands pov couvrir toute une nacelle.

On trouve les Flétans dans tout YOtk Atlantique septentrional. Les peuples k Nord les recherchent beaucoup. Les Angiiis et les Français en tirent um assez grande quantité des environs de Terre-Neure.

On se sert communément, pour leé prendre, d'un grand instrument que les p^rs nomment gangvadm ou gangwad. Cet iostnh ment est cumi)Osé d'une grosse (xrié et quinze ou dix-huit cents pieds de loogu^Q^» à laquelle on attache trente corifâtBOips cosses, et garnies chacune à son ei!triaà\é d'un crochet très-fort. On emploie poftT*ppât des cottes ou des gades. ï>e$ ptaoclies qui flottent à la surface de la mer, mais qui tiennent à la grosse corde phr des liens \^ longs, indiquent la place oe cet iostniment lorsqu'on 1 a jeté dans l'eau. En les constnusant, les Groenlandais remplacent ordioâi' rement les cordes de chanvre par des laoiè res ou portions de fanon de Baleine, et par des bandes étroites de peau de Squale. On retire les cordes au bout de vingl-quaiw heures ; et il n'est pas rare de trouver quaifc ou cinq Flétans pris aux crochets.

On tue aussi des Hippoglosses à coapsde javelot, lorsqu'on les surprend couchés, pendant la chaleur, sur les bancs de sable oa sur des fonds de la mer très-rapprochés de la surface ; mais lorsque les pAcheurs les on ^nsi perC/és de leurs dards, ils se garieDi bien de les tirer à eux» pendant que ca Pleuronectes jouiraient encore d'assez (w force pour renverser leur barque ; ils atteaj dent que ces poissons, très-affaiolis, aiew cessé de se débattre ; ils les élèvent alors ei les assomment à coups de massue. J

Vers les rivages cfe la Norwége, oa M poursuit les Flétans que lorsque le pn!»" temps est d^à assez avancé pour que ^^^^ soient claires, et que l'on puisse les décou| vrir facilement sur les bas-fonds. Pendioi l'été, on interrompt la poche de ces aniiMj» parce que, extrêmement gras lorsque cew

rue

POISSONS , ETC

Page 1