‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 90 sur 204 · GAI · texte numérisé non relu

GAI

REPTILES

GAD

enlre les corps vivants et les corps inorganiques fut encore une fois renversée. Voy.

VlTALISHE.

FOSSILES f renversent la théorie de la

transformation graduelle des espèces.

Jlnlroduction, § IV.

FOUETTE-OUEDE. Voy. Stellion.

FURCULAIRE, espèce d*infusoire, saj rieuse résurrection. Voy. Fluiimu.

GADE, GaduB^ Linn.; genre de poissons de Tordre des Malacoplérygiens subranchiens, famille des Gadoïdes. — Plusieurs espèces de ce genre ont enlre eles des rapports si intimes de forme et d'organisation, qu'il faut une grande sagacité à Tobsorvateur pour les distinguer. On a donc réparti ces poissons en neuf sous-genres.

!• Les |)oissons qui présentent trois dorsales, deux anales, un barbillon au bout de la mâchoire inférieure; on les a nommés

MORLES;

2* Ceuï où le nombre des nageoires est le môme que dans les Morues, mais qui manquent de barbillons , que nous appellerons Merlans;

3° Ceux qui ont reçu deux nageoires du dos , une seule anale, et qui nianquent de barbillon , comme dans les Merlans, et dont le nom générique seraMEKLUcHEs;

k** Ceux que nous appellerons Lottes, dont le dos est garni de deux nageoires, une seule anale et des barbillons;

5* Ceux qui ont leur dorsale antérieure petite, et dont on a peine à l'apercevoir, et que nous désignerons par le nom de Mo-

TKLLES ;

6* Ceux dont le dos sera garni d'une seule nageoire, qui s'étend jusque tout près de la queue , et que le nom de Brosm e distinguera ;

7- Ceux dont la dorsale et l'anale s'unissent avec la caudale en une seule nageoire terminée en pointe. Ce sont les Brotules ;

8' Ceux qui ne semblent différents de leurs congénères que par des ventrales d'un seul rayon , souvent fourchu , et par l'énorme

Grosseur de leur tête; ils portent le nom de HYSIS ;

SP* Ceux où la tête est plus déprimée que chez les Physis et les autres Gades, mais où la dorsale antérieure est si petite, qu'elle est comme perdue dans l'épaisseur de la peau. Ils ont été nrlmmés Kaisigeps;

Le Gade Morue {Gadus Morrhua^ Linn., Gmel., Lacép., Cuv.). Parmi tous les animaux qui peuplent l'air, la terre ou les eaux, il n'est qu'un très-petit nombre d'espèces utiles dont l'histoire puisse paraître aussi digne d'intérêt que celle de la Morue, h la philosophie attentive et bfenfaisanle

Zui médite sur la prospérité des peuples, 'homme a élevé le Cheval pour la guerre, le Bœuf pour le travail, la Brebis pour l'industrie, l'Elép! tant pour la pompe, le Chanie.iu pour l'aider h traverser les déserts, le D ):$ue pour sa garde, le Chien courant pour la chasse, le Barbet pour le sentiment, la P(»ule pour sa table, le Cormoran pour la pè-

che, l'Aigrette pour sa parure, le Serin ses plaisirs, l'Abeille pour remplacer lej il a donné la Morue au commerce roarili et en répandant par ce seul bienfait nouvelle vie sur un des grands objtlsJi pensée, du courage et d'une noble ambil ]| a doublé les liens fraternels qui uoissa les dilîérentes parties du globe.

Dans toutes les contrées de l'Europe dans presque toutes celles de l'Amériqui est bien peu de nersonnes qui ne conn sent le nom de la Morue, la bonté de goût, la nature de ses muscles, et les qm qui distinguent sa chair suivant les diTe opérations que ce Gade a subies ; mais bien d'hommes n'ont aucune idée précis la forme extérieure, des organes inlérieïj des habitudes de cet animal fécond, oite diverses précautions que l'on a imapta pour le pêcher avec facilité! El parD)iceiJi qui s'occupent avec le plus d'assiduilé d'étudier ou de régler les rapports poliligues des nations, d'augmenter leurs moyens de subsistance, d'accroître leur populalk)0, de multiplier leurs objets d'échange, dp créer ou de ranimer leur marine; pnni ceut môme qui ont consacré leur eiisleA» aui voyages de long cours, ou aux vastes spku« lations commerciales , n'est-il pas plusieurs esprits élevés et très-instruits, aux yeuxdes-

Ïuels cependant une histoire bien ftile <™ ade Morue dévoilerait des faits importanls pour le sujet de leurs estimables médiutions?

Aristote, Pline, ni aucun des anciens historiens de la nature , n'ont connu le Gw Morue : mais les naturalistes récecls, les voyageurs, les pêcheurs, les préparateurs, les marins, les commerçants , presque toui les habitants des rivaees, et môme delinle' rieur des terres de 1 Europe, ainsi que de l'Amérique et de l'Europe Septentrionales, se sont occupés si fréquemment et sous tanU» rajiports oe ce poisson; ils l'ont fu,sn<

i)uis employer cette expression, souslaniu* aces et sous tant de formes, q^u'ils ontjo nécessairement donner à cet animal un ir» grand nombre de dénominations différeoie* Néanmoins, sous ces divers noms, au|^ bien que sous les déguisements que 1 «nj pu produire , et même sous les disseiw)'^»' ces plus ou moins variables et plus oudio'« considérables que la nature a créées dans o dilférinls climats, il sera loiyours aise uj distingue* la Morue, non-seulement des a très jugulaires de la oreraière division osseux, mais encore ae tous les a^^f^^^Ji^,^ pour peu qu'on veuille rappeler les cara tères que nous allons indiquer.

CAD

POISSONS, ETC

GAD

Comme lous les poissons de son genre, la gitme d la tôle comprimée; les yeux, placés yffles côtés, sont très-rapprochés Tua de '^ulre, très-gros, voilés par une membrane ir5tisp«tente; et celte dernière conformation ^cM^oe & ranimai la faculté de nager à là iiiffare des mers septentrionales, au milieu jf i montagnes de glace, auprès des rivages -ouverts de neige congelée et resplendis* ^^nte, sans être ébloui par la grande qiian* ^i de lumière réllécliie sur ces plages boïiiles; mais, hors de ces régions voisines du rcle polaire, la Morue doit voir avec plus àifficnlté que la plupart des poissons, les yeux ne sont pas ainsi recouverts iDe pellicule diaphane ; et de là est venue îsion û*yeus de morue, dont on s'est rîi ponr désigner des yeux grands, à fleur • fctêle, et cependant mauvais.

Us Morues parviennent très-souvent à une gnsdeor assez considérable pour peser un mTriaf;nmme; mais ce n'est pas ce poids qui iodique la dernière limite de leurs di« meosioDS. Suivant le savant Pennant, on en « VD, auprès des côtes d'Angleterre, une qui [H'saii ptès de quatre myriagrammes, et qui avait plus de dix-huit décimètres de longueur, sur seize décrmètres (le circonférence, « Veodroilleplus gros du corps.

Vespèceqttenous décrivons est, d'ailleurs, <f UD eris eendrt, tacheté de jaunâtre sur le dos. La partie inférieure jdu corps est blanche, e( mlquefois rougeâlre, avec des taré^ «u/eor d'or dans les jeunes individus. i>5fl^eoires pectorales sont jaunâtres ; une ieiote grise aistingue les jugulaires, ainsi que /a seconde de l'anus. Toutes les autres uittoires présentent des taches jaunes.

y^ prmcipalemeut en examinant avec

soin les organes intérieurs de la Morue, que

Cimper, Monro, et d'autres habiles anato-

ï'lI^les, sont parvenus à jeter un grand jour

wf la slrnclure interne des poissons, et par-

tini fièrement sur celle de leurs sens. On

/ yf roir, par exemple, dans Monro, une

^'^ei/e description de l'ouïe de la Morue.

^i de la considération de l'ouïe de la Mo-

;^^ pous passons à celle de ses organes di-

^'ft, nous trouverons qu'elle peut avaler

eatçmac

^^h du pylore six appendices ou petits

^'iux branchus. Elle est très-vorace ; elle

^ Nourrit de poissons, de Mollusques et de

^Ws, Elïe a des sucs digestifs si puissants

^ d'une action si prompte, qu'en moins de

"^ heures un petit poisson peut être digéré

p'* entier dans son canal intestinal. De gros

^-i^besy sont aussi bientôt réduits en chyle,

f îïtant qu'ils ne soient amenés à l'état de

'^•mllie épaisse , leur tét s'altère , rougit

'J' i me celui des Ecrevisses que l'on met

^ns de l'eau bouillante , et devient trèsmon fi).

La Monie est même si goulue, qu'elle avale ^Juveot des morceaux de bois ou d'autres

'') ^oyw VBi$loiredlrlande, par Anderson.

substances qui ne peuvent pas servir à sa nourriture; mais elle jouit de la faculté

3u'ont reçue les Squales , d'autres poissons estructeurs, et les oiseaux de proie : elle peut refeter facilement les corps qui l'incommodent.

ti'eau douce ne paraît pas lui convenir; on on ne la voit jamais dans les fleuves ou les rivières; elle ne s'approche même des rivages, au moins ordinairement, que dans le temps du frai; pendant le reste de Tannée, elle se tient dans les profondeurs des mers, et, par conséquent, elle doit être placée parmi les véritables poissons pélagiens.'ïlle habite particulièrement dans la portion de rOcéan septentrional comprise entre le iO* de latitude et le 66°. Plus au nord ou plus au sud, elle perd de ses qualités; et voilà pourquoi apparemment elle ne doit pas être comptée parmi les poissons de la Méditerranée ou des autres mers intérieures , dont l'entrée, plus rapprochée de Téquateur que le Wf est située hors des plages qu'elle fréquente.

On la pêche lans la Manche, et on la pretid auprès des côtes du Kamtschatka , vers le 60° (1); mais dans la vaste étendue de l'Océan boréal qu'occupe cette espèce , on peut distinguer deux grands espaces qu'elle semble préférer. Le premier de ces espaces remarquables peut être conçu conmie limité d'un côté par le Groenland et par l'Islande, de l'autre, par la Norvège, les eûtes du Danemark , de rAllema&ne , de la Hollande, de t'est et du nord de la Grande- Bretagne, ainsi que des îles Orcades; ileom- Ïrend les endroits désignés par les noms de ^ogger-bankf Vell^ank et Cr orner; et on peut y rapporter les petits lacs d'eau salée des Iles de l'ouest de l'Ecosse, où des troupes considérables de grandes Morues attirent, principalement vers Gareloch , les pêcheurs des Orcades , de Peterhead , de Portsoy , de Firth et de Murray.

Le second espace , moins anciennement connu, mais plus célèbre parmi les marins, t renferme les plages voisines de la Nouvelle- Angleterre , au cap Breton, de la Nouvelle- Ecosse, et surtout de l'île de Terre-Neuve , auprès de laquelle est ce fameux banc de sable désigné par le nom de Grand Banc , qui a près de cinquante myriamètres de longueur sur trente ou environ de largeur , au-dessus duqnel on trouve depuis vingt jusqu'à cent mètres d'eau, et près duquel les Morues forment des légions très-nombreuses , parce qu'elles y rencontrent en trèsgrande abondance les harengs et les autres animaux marins dont elles aiment à se nourrir.

Lorsque, dans ces deux immenses portions de mer, le besoin de se débarrasser de la laite ou des œufs, ou la nécessité de pourvoir à leur subsistance, chassent les Morues vers les côtes, c'est princif>olement près des rives et des bancs couverts de Crabes ou de

(I) Voyage de Lesseps, dn Kamtschatka en France.

CAD

HEPTILES,

CAD

ÏGO

Moules qu'elles se rassemblent, et elles déposent souvent leurs œufs sur des fonds rudes au milieu des rochers.

Ce temps du frai, qui entraîne les Morues vers les rivages, est très-variable, suivant les contrées qu'elles habitent, et l'époque à laquelle le printemps ou Tété commence h régner dans ces mêmes contrées. Communément, c'est vers le mois de février oue ce frai a lieu auprès de la Norvège, du Danemark, de l'Angleterre, de l'Ecosse, etc.; mais comme l'île de Terre-Neuve appartient b l'Amérique septentrionale, et , par conséquent, h un continent beaucoup plus froid que l'ancien , l'épogue de la ponte et de la fécondation des œuis y est reculée jusqu'en avril.

Il est évident , d'après tout ce que nous venons de dire, que celle époque du frai est celle que l'on a dû choisir pour celle de la pêche. Il y a donc eu diversité de temps pour cette grande opération de la recherche des Morues, selon le lieu où on a désiré de les prendre ; et , de plus , il y a eu différence dans les moyens de parvenir à les saisir, suivant les nations qui se sont occupées de leur poursuite; mais, depuis plusieurs siècles , les peuples industrieux et marins de l'Europe ont senti l'importance de la pêche des Morues, et s'y sont livrés avec ardeur. Dès le xiV siècle, les Anglais et les habitanls d'Amsterdam ont entrepris celle pêche, pour laquelle les Islandais, les Norvégiens, les Français et les Espagnols ont rivalisé avec eux plus ou moins heureusement; et vers le commencement du xvr, les Français ont envoyé sur le grand banc de Terre- Neuve les premiers vaisseaux destinés à en rapporter des Morues,

Dans la première des deux grandes surfaces où l'on rencontre des troupes très-nombreuses de Morues, et, par conséquent, dans celle où l'on s'est livré plus anciennement à leur recherche , on n'a pas toujours employé les moyens les plus propres à atteindre té but que l'on aurait dû se proposer. 11 a été un temps, par exemple, où, sur les côtes de Norvège, on s'était servi de fllets c'omposés de manière à détruire une si grande quantité de jeunes Morues, et à dépeupler si vite les plages qu'elles avaient affectionnées, que,

fmr une suite de ce sacrifice mal entendu de 'avenir au présent, un bateau monté de quatre hommes ne rapportait plus que six ou sept cents de ces poissons, de tel endroit où il en aurait pris, quelques années auparavant, près de six mille.

Mais rien n'a été négligé pour les pèches faites dans les xvn* et xviii* siècles, aux environs de l'ile de Terre-Neuve.

Premièrement, on a recherché avec le plus grand soin les temps les plus favorables ; c'est d'après les résultais des observations faites à ce sujet, que, vers ces parages, il est très-rare qu'on continue la poursuite des Morues après le mois de juin , époque à laquelle les Gades dont nous écrivons l'histoire, s'éloignent à de grandes distances de ces plages , pour chercher une nourriture

plus abondante, ou éviter la deqt meurtrière des Squales et d'autres habitants des mers redoutables par leur férocité. Les Morues re« paraissent auprès des côtes dans le mois de septembre, ou aux environs de ce mois; mais dans cette saison, qui touche d'un côté â l'équinoxe de l'automne, et de Tautre aux frimais de l'hiver, et, d'ailleurs, auprès de TAmérique septentrionale, où les froids sont plus rigoureux et se font sentir plus tôt que sous le même degré de la partie boréale de l'ancien continent, les tempêtes et mêmes les glaces peuvent rendre très-souvent la pêche trop incertaine et troo dangereuse pour qu'on se détermine à s'y livrer de nouveau, sans attendre le printemps suivant.

En second lieu , les préparatifs de cette importante et lointaine recherche des Morues qui se montrent auprès de Terre-Neuve, ont été faits, depuis un très-grand nombre d'années, avec une prévoyance très-attentive. C'est dans ces opérations préliminaires qu'on a suivi avec une exactitude remarquable le principe de diviser le travail pour le rendre plus prompt et plus voisin de la perfection (jue l'on désire; et ce sont les Anf;lais qui ont donné à cet égard l'exemple à 'Europe commerçante

La force des cordes ou lignes, la nature des hameçons, les dimensions des bâtiments, tous ces objets ont été déterminés avec précision. Les lignes ont eu depuis un jusqu'à deux centimètres, ou à peu près, de circonférence, et quelquefois cent quarante-cinq mètres de longueur; elles ont été faites d'un très-bon chanvre, et composées de ûls trèsfins, et cependant très-forts, afin que les Morues ne fussent pas trop effrayées , et que les pêcheurs pussent sentir aisément l'agitation du poisson pris , relever avec facilité les cordes et les retirer sans les rompre.

Le bout de ces limes a été garni d'un plomb oui a eu la lorme d'une poire ou d'un cylindre, a pesé deux ou trois kilogrammes selon la grosseur de ces cordes, et a soutenu une empile longue de quatre à cinq mètres jTl). Communément, les vaisseaux employés pour la pêche des Morues ont été de cent cinquante tonneaux au plus, et de trente hommes d'équipage. On a em-

Eorté des vivres pour deux, trois et jusqu'à uit mois, selon la longueur du temps que l'on a cru devoir consacrer au voyage. On n'a pas manqué de se pourvoir de bois pour aider le dessèchement des Morues, de sel

Eour les conserver, de tonnes et de petits ai'ils pour y renfermer les différentes parties de ces animaux déjà préparées.

Des bateaux particuliers ont été destinés à aller pêcher, même au loin, les Mollusques el les poissons propres à faire des appâts, tels quedesSépies,desHarengs,desEperlans,des Trigies, des Maquereaux, des Capelaus, etc. On se sert de ces poissons quelquefois lorsqu'ils sont salés, d'autres fois lorsqu'ils n'ont

(4) On verr I, dans Tariicle de la Raii boocléb, que rempile esl un fil de chanvre, de crin, ou d^ niélal, auquel le haim ou hameçon esl altacbé.

CAD POISSONS . ETC

élé imprégnés de sel. On en emploie K^^iTeûlaTcc aranUge de digérés à demi. On 2J^<uplAçe arec succès ces poissons corrom-

par des fragments d'Ecrevisse ou d'au-

\ Crabes, du lard et de la viande gâtée.

Voraes sont mêmes si imprudemment

GAD

7mi

semblables par la couleur à de la lir ensanglantée ; et si on a besoin d'aroir rs aux appâts les plus puissants, on le aux hameçons le cœur de quelques lox d*eau, ou même une jeune Morue ire saignante ; car la voracité des Gades nous décrivons est tellCi que , dans les lenls où la faim les aiguillonne, ils ne retenasque par une force supérieure à ir, et n*épargnent pas leur propre espèce. Lorsque les précautions convenables n'ont pif été oubliées, que Ton n'est contrarié ni jiir de DOS temps, ni par des circonstances extraofdinaires, et qu on a bien choisi le ri- T^ 00 le banc, quatre hommes suflTisent pour prendre par jour cinq ou six cents Mornes. Uusage le plus généralement suivi sur le

SndMnc, est que chaque pêcheur établi ns unbanldont les bords sont garnis d'uli bourrelet de piille, laisse plus ou moins filer sa ligoe, eo raison de la profondeur do Teaii, deji force du courant, de la vitesse delsdérife, et fasse suivre à cette corde les aoaremeats du vaisseau, en la traînant sur letoùd contre lequel elle est retenue par le poids de plomb dont elle est lestée. Néannoins d'autres marins baient ou retirent deleoips en temps leur ligne de quelques ■wes, et la laissent ensuite retomoer tout a coup, pour empêcher les Morues de flairer

S les appâts et de les éviter, et pour leur faire Bsdiliasion parles divers tournoiements •ces mêmes appâts, qui dès lors ont plus ^'apport avec leur proie ordinaire.

..*^ Morues devant être consommées à des ^^cesimmensesdulieuoùonlespêche.on * *'é obligé d'employer divers moyens pro-

'£û ^ S^'^^^ir ^^ ^^^^^ altération leur chair et i^^ieursautres de leurs parties. Ces moyens fwf^duisent à les faire saler ou sécher. Ces pT^t^tions sont souvent exécutées par les ol^^eurs, sur les vaisseaux qui les ont ame- ^.^ ; et on imagine bien, surtout d'après ce J^^ nous avons déjà dit, qu'afin de ne rien jf^^^lrede la durée ni des objets du voyage, !r « établi sur ces bâtiments le plus grand y^re dans la disposition du local, dans la ^^^^>%ssion des procédés, et dans la distribu- ^^ des travaux entre plusieurs personnes ^tot chacune n'est jamais chargée que des ^^ïDes détails.

Les mêmes arrangements ont lieu sur la <^C<, mais avec de bien plus grands avan- ^^^es, lorsque les marins occupés de la pêche d^sMorues ont à terre, comme les Anglais, de^ établissements plus ou moins com- ""odes, et dans lesquels on est garanti des ^^els nuisibles que peuvent produire les ^'^ssiludes de Falmosphère.

Mais soit à terre, soit sur les vaisseaux, on commence ordinairement toutes les préparations de la Morue par détacher la langue et couper la tête de l'animal. Lorsque ensuite on veut saler ce Gade, on l'ouvre dans sa partie inférieure ; on met à part le foie ; et si c'est une femelle qu'on a prise, on ôte les œufs de l'intérieur du poisson : on habille ensuite la Morue, c'est-à-dire, en termes de pêcheur, on achève de l'ouvrir depuis la gorge iusqu'à l'anus, que les marins nomment nombril^ et on sépare des muscles, dans cette étendue, la colonne vertébrale, ce qu'on nomme désosser la Morue.

Pour mettre les Gades dont nous nous occupons dans leur premier sel, on remplit, le plus qu'on peut, l'intérieur de leur corps de sel marin, ou muriate de soude ; on en frotte leur peau; on les range par lits dans un endroit particulier de l'établissement construit à terre, ou de l'entrepont, ou encore de la cale du bâtiment, si elles sont préparées sur un vaisseau, et on place une couche de sel au-dessus de chaque lit. Les Morues restent ainsi en pile pendant un, deux ou plusieurs jours, et quelquefois aussi entassées sur une sorte de gril, jusqu'à ce qu'elles aient jeté leur sang et leur eau ; puis on les change de place, et on les sale à demeure, en les arrangeant une seconde fois r>ar lits, entre lesquels on étend de nouveles couches de sel.

Lorsqu'on habillant les Morues on se contente de les ouvrir depuis la gorge iusqu*à l'anus, ainsi que nous venons de le dire, elles conservent une formé arrondie du côté de la queue, et on les nomme Morues ron^ des; mais le plus grand nombre des marins occupés de la pêche de Terre-Neuve remplacent cette opération par la suivante, surtout lorsqu'ils salent de grands individus : Ils ouvrent la Morue dans toute sa longueur, enlèvent la colonne vertébrale tout entière , habillent le poisson à plat ; et la Morue ainsi habillée se nomme Morue plaie.

Si, au lieu de saler les Gades morues, on veut les faire sécher, on emploie tous les procédés que nous avons exposés, jusqu'à celui par lequel elles reçoivent leur premier sel. On les lave alors, et on les étend une à une sur la grève ou sur des rochers (1), la chair en haut, de manière qu'elles ne se touchent pas ; quelques heures après on les retourne. On recommence ces opérations pendant plusieurs jours, avec cette différence, qu au lieu d'arranger les Morues une à une, on les met par piles, dont on accroît successivement la hauteur, de telle sorte que, le sixième jour, ces paquets sont de cent cinquante, ou deux cents, et même

Sielquefois de cinq cents myriagrammes.

n empile de nouveau les Morues à plusieurs reprises, mais à des intervalles de temps beaucoupplus grands, et qui croissent

(1) Le nom allemand de Ktipfisch (poisson de rocher), que Ton donne aux morues sèches, vient de la nature du terrain sur lequel elles sont souvent desséchées.

GâD

REPTILES

GAD

Miccessivement ; et le nombre ainsi que la (Jurée de ces reprises sont proportionnés à la nature du vent, à la sécheresse de Tair, à la chaleur de Tatmosphère, à la force du soleil.

Le plus souvent, avant chacune de ces reprises, on étend les Morues une à une, et pendant quelques heures. On désigne les divers empilements , en disant que les Morues sont à leur premier, à leur second, à leur troisième soleil, suivant qu*on les met 0 1 tas pour la première, la seconde ou la hoisième fois ; et communément les Morues r çoivent dix soleils, avant d*ôtro entièrement sénhées. Lorsque Ton craint la pluie, on les porte sur des tas de pierres placés dans des cabanes, ou, pour mieux dire, sous des hangards qui n'arrêtent point Taclion des courants d'air.

Quelques peuples du nord de l'Europe, emploient, pour préparer ces poissons, quel- <|ues procédés, dont un des plus connus consisteà desséchercesGadessans sel, enlessuspendantau dessus d'un fourneau, ou en les exposant aux vents qui régnent dans leurs contrées pendant le printemps. Les Morues acquièrent par cette opération une dureté égale à celle du bois, d'où leur est venu le nom de Stock-fish (poisson en bâton) ; dénominédionqui, selon quelques auteurs, dérive aussi de I usage où l'on est, avant d'apprêter du stock-fish [)0ur le manger, de le rendra plus teridré en le battant sur un billot.

Les cômmercanls appellent, dans plusieurs pays, Morue blanche, celle qui a été salée, mais séchée promptement, et sur laquelle le sel a laissé une sorte de croilte blanchâtre. La Morue noire, pinnée ou brurnée^ est celle

?ui , par un dessèchement plus lent , a pouvé un commencement de décomposition, de telle sorte qu'une partie de sa graisse, se portant à la surface, et s'y combinant avec le sel, y a produit une espèce de poussière grise ou brune, répandue par taches. On donne aussi le nom de Morue verte à la Morue salée, de Merluche h la Morue sèche, et de Cabillaud à la Morue préparée et arrangée dans des barils du poids de dix à quinze myriagrammes, et dont une douzaine s'appelle un Leth, dans plusieurs ports septentrionaux d'Europe.

Mais d'ailleurs un grand nombre de places de commerce ont eu ou ont encore différentes manières de désigner les Morues listribuées en assortiments, d'après les divers degrés de leurs dimensions ou de leur bonté. A Nantes, par exemple, on appelait grandes Morues, \^s Morues salées qui étaient assez longues pour que cent de ces poissons pesassent quarante-cinq myriagrammes ; morues moyennes, celles dont le cent ne pesait que trente myriagrammes ; Raguets, ou petites Morues, celles de l'assortiment sui- Tant ; et Rebuts, Lingues, ou très-petites Mo' rues, celles d'un assortiment plus inférieur racore.

Sur quelques côtes de la Manche, I ' nom . de Morue gaffe indiquait les très-[;randes Morues j cinq autres assortiments iuicrieurs

étaient indiqués par Ws dénorainalions Morue marchande, de Morue trie, de fia ou Lingue, de Morue valide ou Patelet, et Morue viciée, appellation qui a|)parlenaii etfet h la plus mauvaise qualité.

Dans ce même port de Nantes dont im venons de parler, les Morues sèches éui divisées en sept assortiments, dont Itsnoi étaient, suivant l'ordre le la supériorité J uns sur les autres, Morue pivée, J/V grise. Grand marchand, Moyen marchani\i Fourillon, grand Rebut et petit Rebut

A Bordeaux, à Bayonne, et dans plusienï ports lie l'Espagne occidentale, on ne dis tinguait aue trois a^^sorlirnents de Mûme,{ Marchand, le Moyen et le Rebut.

Au reste, les muscles des Morues nés»

pas les seules portions de ces poissons duft on fasse un grand usage-, il n'est pr S'^ai aucune de leurs parties qui ne puisse serni h la nourriture de l'homme ou des m maux.

Leur langue fraîche et même salée est ua morceau délicat; et voilà pourquoi on b coupe avec soin, dès le commencement de la préparation de ces poissons.

Les branchies de la Morue peuvenl^re emplovéeji avec avantage comme appât laas la pècne que l'on fait de ce Gade.

Son foie peut être mangé avec plaisir; mais d'ailleurs il est très^and relal]\ement au volume de l'animal, comme dui de presque tous les poissons; et on en retire une huile plus utile dans beaucoup Je circonstances que celles des Mm kquelle cependant est très-recherchée te le commerce. Elle conserve bien pteVjuçtemps que ce dernier fluide, la sûuyVïïc des cuirs qui en ont été pénétrés; ellorsqu'elle a été clariQée, elle répand, en brûlant, une bien moindre quantité de yapers.

On obtient, avec la vessie natatoire il' JJ Morue, une colle qui ne lecèdeguèreàreitf de rAcipensèro Huso, que Ton fait venir* Russie dans un si grand uorabro deo^n* trées d'Europe. Pour la réduire aiusi ea colle, on la i^répare à peu près delaoïêioe manière que celle du Huso; onladélacje avec attention de la colonne vertébrale, oft en sépare toutes les parties étrangèreSj(»Q en Ole la première peau, on la met uâis l'eau de chaux pour achever de ladégraissw» on la lave, on la ramollit, on la i)élril,oi»J façonne, on la fait sécher avec soin; on su» enfin tous le$ procédés que nous avo*»

indiqués dans l'histoire du Huso : etsntô circonstances de temps et de Heu ne [ff* mettent pas aux pécheurs, comiDe, l»^ exemple, a ceux de Terre-Neuve, de ^^^ cuper de tous ces détails immédialemeaj après la prise de la Morue, on mange i« vessie natatoire, dont le Koûl n'est [j^ désagréable, ou bien on Ta sale; on * transporte ainsi imprégnée de murialH soude à des dislances plus ou moins «ra-des; on la conserve plus ou moins n'^'v temps; et lorsqu'on veut en faire asag^ ^ suffit presque toujours de la faire de^ et ramollir, pour la rendre suscepliW^ ^^' ^

GAD

POISSWS , ETC.

GAD

Page 1