GOB
de force. 1] est possible que quelques accidents particuliers aient donné lieu h celle o;)inioîi ; le môme observateur ajoute que sa bouche, pleine de venin, infecte toutes les substances alimentaires qu'elle rencontre dans la mer, elles rend nuisibles à Thomme; il faut reléguer son assertion parmi les erreurs de son siècle, car peut-on croire que des Girelles dont l'ouverture de la i)Ouclie est si petite, si étroite, puissent avaler des Mollusques et autres animaux, et aller môme jusqu'à attaquer les hommes ?
Ce groupe, qui ne renferme que des individus de petite taille, est très-nombreux en espèces. Mais la nature semble s'être appliquée à orner leur robe des plus brillantes teintes; on y voit à la fois les couleurs les plus vives, les plus variées. Il n'est pas surprenant qu'on regarde les Girelles comme les poissons de l'Europe dont la parure est la plus belle et la plus agréable.
Nous devons d'abofd citer la Girelle COMMUNE {Labru$ Julis)^ qui est un petit poisson remarquable par sa belle couleur violette, relevée de cliaque côté par une bande en zigzag d'un bel orangé ; celle espèce est sujette à beaucoup de variété. Elle vit dans la Méditerranée ; on la trouve également dans l'Océan. La deuxième espèce, que nous appellerons Girelle rouge , se trouve aussi dans nos deux mers ; elle est d'un beau rouge d'écarlate, on remarque une tache noire à l'angle de l'opercule et une bande dorée le long des flancs. 11 existe encore une troisième espèce de Girelle dans la Méditerranée, plus remarquable eqcore par la distribution de ses couleurs, et à laquelle app/irtiendra le nom de Girelle turque (Julisturca)y d'un beau vert, avec un trait roux sur chaque écaille ; la tôle rousse avrc des lignes bleues; une ou plusieurs bandes verticales d'un bleu turquoise, et une tache noire à la nageoire pectorale.
GLANDES. Voy. Sécrétion.
GLANIS. Voy, Silure.
GLOBULES du sang, leur diamètre, leur composition, etc. Voy. Sang.
GLOTTE, son rôle dans la déglutition.
Toy. Digestion.
GOBIB.— Genre depoissons de Tordre des Acanthoptérygiens, lamille des Gobioides (GoBOus de Cuvier).
Si les Gobies n'ont nas reçu, pour attaquer, les formes et les /acuités' qui font naître la terreur, ils peuvent employer les manèges multipliés de la ruse et toutes les ressources 'd'un instinct assez étendu ; s'ils n'ont pas, pour se défendre, des armes dangereuses, ils savent disparaître devant leurs ennemis, et se cacher dans des asiles sûrs ; si leurs formes ne sont pas très-extraordinaires, elles offrent un rapport très-marqué avec celles des Cycloptères, et indiquent par conséquent un nouveau point de contact entre les poissons osseux et les cartilagineux ; si leurs couleurs ne sont pas très-riches, leurs nuances sont agréables, souvent très-variées, quelquefois môme brillantes; s'ils oo présentent pas de phénomènes re-
marquai)les, ils fournissent des membranes qui, réduites en pâte, ou pour mieux dire, en colle, peuvent servir dans plusieurs arts utiles ; si leur chair n'a pas une saveur exquise, elle est une nourriture saine ; et, peu recherchée par le riche, elle peut fréquemment devenir l'aliment du pauvre ; et enûn si les individus de cette famille ont un petit volume, ils sont err très-grand nombre, et l'imagination qui les rassemble les voit former un vaste ensemble.
Ces poissons se tiennent dans les fonds argileux et y passent l'hiver dans des canaux qu'ils s'y creusent. Au printemps, ils préparent dans des lieux ricnes en lucus un nid qu'ils recouvrent de racines; le mAle y demeure renfermé, et y attend les femelles (|ui viennent sucessivenïent y déposer leursœufs. Il les garde et les défenl avec courage. Nous en avons quelques-uns dans nos mers, qui sont assez faciles à reconnaître.
Le Boulereau noir {G. niger) à corps arrondi, d'un brun noirâtre, à dorsales liserées de blanchâtre. C'est lo plus commun sur nos rivages de l'Océan. 11 n'atteint que 4. ou 5 pouces. Sa chair est fort bonne; et on le pêche en mars et avril.
On y trouve aussi en abondance le Boule.reau bleu [G. jozzoy Linn.j. Celte espèce a le corps marbré de noirâtre ; les nageoires également noirâtres. Deux lignes blanches sur la première dorsale, dont les rayons s'élèvent en filets au-dessus de sa membrane. Sa chair est molle et fade. On en prend beaucoup en novembre.
Le Boulereau blanc (C minulus).-^ Les attributs caractéristiques de ce Thoracin sont uu corps blanchâtre, parsemé de taches ferrugineuses sur le dos et varié de lignes fauves sur le ventre ; long de 2 à 3 pouces. Il habile également les bords de l'Océan. La Méditerranée, qui nourrit peutêlre ces trois esj>èces, en produit plusieurs autres de taille et de couleurs variées.
GoBiB ScHLOssER, PéHophthalmus Schlosserij Cuv. — Les yeux de ce poisson présentent une position remarquable : ils sont très-rapprochés l'un de l'autre, situés audessus du sommet de la tôle et contenus dans des orbites très-relevées, mais disposées de telle sorte que les cornées sont tournées l'une vers la droite et l'autre Vers la gauche.
Les nageoires pectorales du Sohlosser sont attachées h des prolongations charnues, que Ton a comparées à des bras, et qui servent à l'animul, non-seulement à remuer ces na* geoires par le moyen d'un levier plus long, à les agiter dès lors avec plus de force et de vitesse, à nager avec plus de rapidité au ndlieu des eaux fangeuses qu'il habite, mais encore à se traîner un peu sur la vase des rivages, contre laquelle il appuie successivement ses deux extrémités antérieures, en présentant 1res en petit, et cependant avec quelque ressemblance, les mouvements auxquels les Phoques et les Lamantins ont recours pour parcourir très-lentement les côtes maritimes.
C'est par le moyen de ces sortes de bra^
QOU
GOU
tte le Schtosser, pouraht, ou se glisser ir d€6 rirages fangeux, ou s'enfoncer dans MU tMHirbeose, échappe avec plus de facile à ses etinemis, et poursait arec plus '«Tantage les faibles hanitants des eaux, et «rlicolièremeot les Cancres dont il aime à lire sa proie.
Cette espèce doit être féconde et «'igrénble a goât, auprès des côtes de la Chine, où on I yèdt^f ainsi que dans d'autres contrées »neDtales, puisqu'elle sert à la nourriture î» Chinois qui habitent à une distance [Ai&oa moins grande des rirages ; et voilà pouranoi elle a été nommée par les HollaU'* ikis aes grandes Indes^ Poisson chinois.
GOMO. Foy. Goujoif.
GOBOOS. Voy. Gobib.
GOCION, GoàiocommuniSf Cuv. — Genrede poismsde Tordre des Malacoptérjgiens abik'flÛDtax, faoïilie des Cyprinoïdes,
Lms paisibles» rivières tranquilles, om«^
bn^ pirfttfDés, rivages solitaires, et vous,
reinites kospitalières, où la modération ne
p/«(ê s«r une table frugale que des m^ts
aronés par la sagesse, séjour du calme,
»sil« daboaheur pour les cœurs sensibles
QuaW perte d'un objet adoré n'a point con«
dattaéi l des regrets éternels, vos images
endttBl^esMsne cessent d'entourer le por->
trait du potssea que nous allons décrire.
Son fion rappttfe et. les rives fortunées près
àtsqoMis u éclùiy se développe et se repro-*
«itfiY, êl i'&sbitation touchante et simple des
r«rta5 àteofaisantes, des affections douces,
tie ileitrease médiocrité dont il sert si
S'iuveol aux repas salutaires. On le trouve
duisJeseaux de l'Europe dont le sel n'ai-
ftrepas la pureté, et particulièrement dans
tf-lJes oui reposent ou coulent mollement et
•vïos (oéiaage sur un fond sablonneux. 11 pré^
^e les lacs que la tempête n'agite pas. Il y
l%.^5ê Thiver; et lorsque le printemps est
*«mTé, il remonte dans les rivières, où il
^^V^ sur les pierres sa laite ou ses
«ôb dont la couleur est bleuâtre et le
^Amie très-petit. 11 ne se débarrasse
^ ce poids incommode que peu à peu, et
ei employant souvent près d'un mois à
rirtte opération^ dont la lenteur prouve aue
(«His les œufs ne parviennent pas à la rois
i (a maturité, et que les diverses parties
^ la laite ne sont entièrement formées que
HKcessiveinent. Dans que.ques rivières, et
lotammant dans celle de la Corrèze, il ne
fréquente ordinairement les frayêres que
lepuis le coucher du soleil jusqu'au lever
le cet astre.
Vers l'automne, les Goujons reviennent Mus les lacs; on les prend de plusieurs maliicres; on les pèche avec des filets et avec rhamegoo. Ils sont d'ailleurs la proie des Mseaux d*eau, ainsi que des grands poissons, et cependant ils sont très-multipliés. Us vivent de plantes, de petits œufs de Vers, ie débris de corps organisés. Ils paraissent se plaire plusieurs ensemble; on les rencijntre presque toujours réunis en troupes uuuibrauses. Us perdent difficilement la vie.
A peine parviennent-ils à la longueur de 4 à 8 pouces.
Leur couleur varie avec leur âge, leur nourriture, et la nature de Teau dans laquelle ils sont plongt'^s ; mais le plus sou^» vent un bleu noirâtre règne sur kurdes; leurs côtes sont bleues dans leur partie supérieure ; le bas de ces mômes côtes et le dessous du corps offrent des teintes mêlées de blanc et de jaune; des taches bleues sont placées sur la ligne latérale ; et Ton voit des taches noires sur la caudale et sur la dorsale, q»ii sont jaunâtres ou rougeâlres comme les autres nageoires.
GOUT. — Le Goût est une sensation excitée parla mise en rapport du cerveau, par le moyen des nerfs, avec les molécules des corps sapides. On regarde comme causes de la sapidité les parties salines, dont les corpuscules, atténués par la salive et appliqués aux nerl's, organes du Goût , font sur ces nerfs des impressions diverses , selon le rapt^rt que ces corj)UScules ont avec eux. D'où il résulte que plus le corps qui doit produire l'impression est divisé, plus celle impression est complète. Les corps sapides sont don3 ceux qui agissent sur les organes du Goût; les corps insipides, au contraire, sont sans action sur ces mômes organes. Ainsi un caillou, un morceau de métal ou de bois dur sont des corps insipides, et la seule impression qu'ils exercent dans la bouche est celle d'un corps étranger en contact avec cette cavité.
Pour qu'un corps puisse produire une impression de sapidité sur les organes du Goût, il faut que ce corps soit soluble à la température de la salive.
Les principaux organes du Goût sont les
ÎmpHles ou mamelons qui garnissent la ace supérieure de la langue, et les nerfs qui viennent s'y épanouir. Les premières <ie ces papilles, désignées sous le nom de papilles coniques, sont situées à l'extrémité antérieure de la langue. Elles sont, toutefois, peu propres à recevoir les impressions de sapidité, étant ordinairement dures, quelquefois môme cornées chez certains animaux, tels que le Tigre, le Chat, etc.
Les papilles de la deuxième espèce forment des éminences orbiculaires plus volumineuses, plus molles et plus sensibles que les précédentes. Elles occupent la partie moyenne de la langue, et sont connues sous le nom de papilles fongiformes.
Enfin, les papilles lenticulaires^ au nombre de 10 à 15 , d'un volume plus considérable que les pnpilles fongiformes , et entourées de follicules muqueux, couvrent la partie postérieure de la langue. Ces papilles et les précédentes offrent une tète montée sur un pédoncule fort court. C'est là que s'opère principalement l'impression des corpuscules sa[)ides.
Les mouvements de la langue sont dus à la neuvième pure de nerfs ; sa sensibilité, à In cinquième. Quand celte paire est paralvsé(s la langue ne savoure plus rien. La quantité de iilels nerveux qui aboutissent &
GOU
REPTILES
GOU
la membrane muqueuse des lèvres, du palais, de Tintérieur des joues, fait que ces parties jouissent aussi, mais faiblement, des mêmes avantages que la langue sous le rapport du goût.
11 7 a une grande analogie entre le Goût et l*odorat, avec cette différence que Tair est le véhicule des molécules odorantes, et la salive le véhicule des molécules sapides. Hais le rapport qui existe entre ces deux, sens est tel, qu'on pourrait dire qu'il y a entre eux sympathie et môme communication directe : car si les fosses nasales viennent à être obstruées par une cause quelconque, le Goût disparaît tant que Tair ne Eeut pas circuler dans les cavités du nez. ors de TinOammation de la membrane pituitaire, le goût et Todorat s'éteignent à la fois momentanément.
Le sens du Goût est fortaff'aibli quand la langue est chargée de matières saburrales, lesquelles, s'interposant entre les molécules des corfjs sapides et les papilles nerveuses, nuisent à l'impression des saveurs ; et quand la bile est séciélée avec trop d'abondance, l'inQuence de celte humeur dans le lube digestif se fait sentir jusque dans la bouche et donne de l'âcreté et de l'amertume h tous les aliments.
Si la plupart des peuples sauvages, si môme les animaux l'emportent sur nous sous le rapport de la perception des saveurs, c*ost qu'ils n'altèrent pas comme nous, par l'usage des acides, des liqueurs fortes et des epices, la structure des organes délicats chargés d'entrer en contact avec les corpuscules sapides.
La langue de l'homme, molle, musculeuse et muçiueuse, susceptible d'allongement , d'élargissement , libre complètement dans une bonne partie de son étendue, et baignée par une abondante salive, est un organe favorablement construit pour la gustation, et ses nombreuses papilles villeuses ou cylindroides, ses papilles fongueuses disséminées çà et là en assez grand nombre, lui donnent la facilité de s'imbiber et de sentir vivement. On n'a pas encore décidé si les deux genres de papilles qui garnissent sa surface sont destinés à des usages différents, quoiqu'on ait reconnu que des régions différentes de la langue sont plus sensibles à telles ou telles saveurs : la pointe sent mieux le sucre, et la base apprécie mieux l'amertume, etc., etc.
Nous trouvons une langue plus longue et plus mobile encore chez la plupart des Mammifères, sans parler môuie de ceux qui, comme les Fo-.rmiliers, TOryctérope , et comme aussi, du roste, l'Ëchidné parmi les Monotrèmes, les Pics, les Colibris parmi les oiseaux, ont cet organe très-long, visqueux, sans papilles, et destiné seuleuient à la préhension des aliments. La langue des Singes, des Chiens est plus mince que la nôtre, mais
ëourvuc des mômes papilles ; les Chauvesouris ont ces papilles plus longues, plus villeuses encore ; et chez les Koussettes elles ^out poiutues, multitides et cornées. Je les
trouve aussi multifides^ presque dures, plates et imbriquées, en rangées ques et très-régulières, chez la Belette! Vampire a sur la langue un cercle de i rues munies chacune d'un tendon^ pou?
se rapprocher en forme de cupule, comi le disque des Sangsues, pour exercer la su cion du sang après qu'une des dents caoïn a percé la peau d'un animal endormi i peut-être môme sans cette blessure prélia naire (Geoffroy St-Hilaire).
Les papilles villeuses et fongueuses 4 Chats sont entremêlées de papilles corué et crochues dirigées en arrière, et qui pej vent, dans les grandes espèces, ràper et ei tamer la peau parla simple action de lécbeS du reste, leur langue aussi longue, plate | n)ince, leur sert, comme aux ChieDsIalcaj à lapper les liquides en même tempsqu'àiij déguster. Les Ruminants ent aussi, mais se« lenienl sur la moitié postérieure et reM de la langue, de grosses papilles cooiqad ou hémisphériques, revêtues d'un épideruti corné ; ils en ont. sur lintérieur des joue;^ d'aussi volumineuses mais plus poioluei recourbées en arrière en forme degiiftw bien évidemment destinées, demèine()Kb rides du palais, à aider à la déglutition de herbages dont ils se nourrissent : les îrates apilles gustatives couvrent, du moins éti e Mouton, la majeure partie de la langue; il y en a, comme chez l'homme, de leotirt^ lairesou fongueuses et de coniques, et nous avons remarqué que les dernières sowtiï<^ sées de plusieurs pointes, mais^atestm molles, et que, d'ailleurs, leur Tolumeei leur consistance sont bien loin de pemell.t de les assimiler à celles dont nous «ows parlé d'abord ; elles ne se distingu^^M bien qu'à la loupe ; leur usage n'est point «ossi mécanique que celui des premières, auîquelles il faut assimiler les écailles defllelp» qu'on trouve chez le Porc-Epic.
Les papJIes commencentà disparaître cbei les Phoques, il n'y en a plus chez les céUcés au dire de Cuvier; selon Brescbel rt Roussel de Vauzème, elles sont seulemeni très-courtes, d'un blanc mat, terminées ea boulon et solidement encapuchonnées F une gaine de couleur grise. En somme lew langue, petite (Ravin), graisseuse et nie, Jw difficilement distinguer les saveurs, et c^ peut-être pour ces animaux un avantage qw de ne point déguster l'eau salée et pi«s ^ moins altérée dans laquelle ils vivent :cew réflexion concorde avec une remarque ju cieuse faite par De Blainville, savoir que"» organes du Goût se montrent très-impann»
aérit^ns, sont loin dêtre »^«"*"7::,ioi); partagés en ce qui concerne c«lte 'oncu en i tfet, à part les oiseaux de proj»» s""
les Nocturnes, plusieurs Pal«ï*P^^*AiO« ques Gallinacés et les Perroquets, g^ partout on trouve une langue carina^ ^^ et portant à peine quelques pF^y,,,,,, base; encore sont-elles, i^,Pr\7A'\m&i'
dures et comparables à des dents
rudiinett*
cm
POISSONS, ETC
GRE
^^X\^i les oiseaux même qui ont lalan-
^ la plus charnue, les Perroquets, l'ab- (D^^^red'unesalive suffisante, ou son extrême t^^r^ilë, la rendent peu propre à la gusta-
rr.'
^^ semble véritablement plutôt tactile et
■^'-liensile que gustative. Celle du Coq, ve-
iM tr\ dessus, offre, en dessous, vers la
une sorte d*ongle mou, comparable à
îqni garnit rextrémité de nos doigts, et
^ bciliter l'exercice du toucher. L'é-
tort^ est aussi épais, aussi lisse en des-
iIQ*en dessous è toute la portion avancée
fer de flèche chez la plupart des autres
m, qni ne peuvent goûter les saveurs
^r la portion basilaire, la plus humide,
lltts molle, et que garnissent des papilles
}>j AaoQ des dents cornées. C'est, au reste, un
JMsipeo près inutile aux oiseaux qui se
Aoafmseolde graines sèches et les avalent
MU les écraser; mais les Colibris, les Oi-
Mtox*MfHiches, sentent indubitablement la
Mreiir du miel qu'ils sucent; les oiseaux
ctmâssim,etceuxqui vivent de fruits, peu-
Ttnt aussi, à défaut d'une langue bien sen-
siMe^dègBs^aa moyen du palais et même
da fpÂer, et h préférence qu'ils donnent à
%«\ ovk \é thffient en est la preuve.
Les Reptiles oQl du moins la langue géaénieiDeot p/gimolle et une salive plus mb'iDdêDte, mis Don chez tous au môme degré. Celle des Crocodiles est fixe ; il en pst de aéme du Pipa, des Salamandres : de ^ wienl qu'oo l'a crue absente chez certains uiijiiioi ; elle est effectivement à peu près nulle chez le Pipa, mollasse et muqueuse chez les autres. Elle est aussi charnue , tooik, mais plus susceptible d'avancement les Tortues, notamment les terrestres; e^t eocore molle, humide» mais très- ^u^ikcbez les Batraciens anoures, qui Ite serrent pour saisir leurs aliments ; chez i aassi elle est couverte de papilles '^grosses et longues, mais très-molles, et comme incorporées Tune è l'autre ooe mucosité très-visc|ueuse, de sorte les a presque toujours méconnues, bogue, en eifet, semble lisse à l'état frais; 'onen reconnaît facilement, à l'œil nu, et x encore à la loupe, les mamelons alquaDd elle a macéré dans l'alcool.
Lézards en ont de plus saillantes encore, , régulièrement imbriquées et sailsur les bords de la langue, si bien que m les a prises pour des dentelures ; mais elles sont charnues, et c'est ilement aux deux pointés de leur langue pidée, qu*on trouve en dessous un nssement enferdepique, doconsistance ^e cartilagineuse, tout à fait compai ce que nous avons vu chez le Coq, ^ioé uniquement au toucher ; mais le bdoit être chez eux très-dé veloppé, à en ^par le volume de leurs |)apille$ : aussi "^ lézards mâchent -ils, ecnisent-ils au > ftôisies Insectes quMIs ont pris, tandis que ' ^Seroents avalent leur proie tout entière.
La majeure partie des Ophidiens est effecti vemenl dépourvue d'une langue gustative ; cachée sous la gorge dans une gaine ouverte très-près de la symphyse du menton, co«te langue bifide, très-mince et cylindroïdc , est sèche et ne peut servir que d'organe tactile.
Chez les poissons, nous voyons la langue nulle, ou remplacée par une simple saillie de l'hyoïde que souvent encore garnissent des dents bien osseuses, de véritables dents ; cette langue est un peu plus molle dans les Cyprins, qui d'ailleurs ont au palais une épaisse garniture charnue qu'on nomme aussi langue de Carpe en langage culinaire ; mais rien ne prouve que ce palais soit apte à déguster, comme l'a soutenu Desmoulins; car si la Carpe choisit ses aliments, le Brochet choisit aussi les siens, et la condition d'animaux herbivores, carnivores, insectivores, etc., tient à beaucoup de particularités instinctives autres que celles du Goût. Toutefois rien n'empêche non plus d'admettre l'opinion susdite, et ce ne serait pas une raison à faire valoir en opposition, que la nature des nerfs qui pénètrent ce palais charnu ; ils viennent de la huitième paire, et cette paire en donne aussi à la langue et au pharynx de l'homme et des Mammifères.
Si la Providence a montré une profonde sagesse en attachant généralement du plaisir à l'introduction des aliments dans la cavité buccale, on trouve une nouvelle preuve de la prévoyance de la Divinité dans la persistance du Goât, malgré l'âge le plus avancé. Le plaisir de la table est notre dernière jouissance ; c'est la fiche de consolation de la vieillesse ; et cela devait être, puisque l'alimentation est indispensable à la conservation de la vie. Assurément le plaisir était le meilleur moyen que pût emplover la nature pour engager les êtres animes à pourvoir a leur propre conservation.
GRAISSE. Yoy. Sécrétion.
GRAS-POIS, ce que c'était au moyen âge. Voy, Marsouin.
G RAV ANCHES. Voy. Lavaret.
GREMILLE, acerina, genre de poissons de la famille des Percoïdes. — On ne connaît qu'un très-petit nombre de Gremilles, toutes d'eau douce et de petite taille, toutes habitantes des rivières de l'ancien continent.
Cne des plus remarquables est celle que nous appelons Perche goujonniârb (Acertna vulgarts)f petit poisson assez remarquable par ses belles couleurs et la bonté de sa chair, et renommé de tout temps parmi les pêcheurs. Toutes les rivières de la France nourrissent ce poisson. Il y en a en Dane* mark, en Suède, en Prusse, en Russie et jusqu'en Sibérie. On ne sache pas l'avoir observé en Italie, en Espagne et en Grèce.
Les habitudes de la Gromille commune sont très-semblables à celles de la Perche. Comme ce poisson, elle se montre de préférence du temps du frai, qui a lieu au mois de mars. On n'en prend guère que p'^ndant la belle saison ; Thiver elle se tient dans les
GRE
reptiles;
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profondeurs; elle va volontiers en troupes; elle aime les fonds de sable, les torrents, les marais et les eaux tranquilles, selon plusieurs auteurs, ce qui semble prouver qu'on en prend dans toutes sortes d'eaux, mais la vérité, c'est que, lors du frai, elle cherche, pour déposer ses œufs, les lieux où il y a des roseaux. Dans le Rhin et dans la Seine, car aujourd'hui cette espèce est aussi commune pour le moins dans la Seine que dans la Tamise ou d'autres rivières d'Angleterre ou d'Allemagne, c'est aux bouches des petites rivières que l'on en fait la meilleure pèche. La chair de la Gremille est encore plus estimée que celle de la Perche pour sa légèreté et son bon goût; on la regarde comme un des aliments les plus sains que puisse fournir la classe des poissons. Elle est excellente, disent tous les auteurs, de quelque manière au'on la prépare ; on trouve en effet que, malgré sa petitesse, c'est un de nos poissons de rivières les plus dignes d'être recherché3. Eh Suède, on assure que près de la mer, où elle est plus rare, elle est aussi plus grande et de meilleur goût. Ayant la vie aussi dure que la Perche, elle est aussi facile à transporter; on dit même que, devenue raido et comme morte pai le froid, elle reprend son mouvement quand on la met dans l'eau. Il est avantageux d'en avoir dans les viviers, parce qu'elle est trèsbonne, et ne peut faire beaucoup de mal aux autres poissons à cause de sa petitesse; elle redoute plutôt les grands et surtout les Brochets. On croyait autrefois qu'elle les brûlait ou pour mieux dire qu'elle les faisait périr; mais il parait que cette idée est abandonnée (1).
La Gremille est moins haute et moins comprimée ^ue la Perche; sa bouche n'est pas fendue jusque sous l'œil; elle est assez protractile et ses lèvres assez charnues. La couleur de ce j^oisson est, vers le dos, d'un brun clair; il se change sur les tlancs en argenté un peu doré, et sous le ventre en argenté nacré; de petites taches brunes nuageuses sont semées sur la tète et sur le dos; elles s'unissent irrégulièrement en petites lignes longitudinales sur les flancs. Cette espèce ne dépasse guère une longueur de 7 ou 8 pouces, ni un poids de 3 onces.
Le Danube et ses affluents nourrissent une espèce du même genre, mais un peu différente, à laquelle les Bavarois ont donné le nom de Schraitzer^ et les Autrichiens celui de Schraetz. Il n'y en a point, à notre connaissance, en France ni en Italie.
GRENOUILLE, Rana, Lin., Cuv.; genre de Reptiles batraciens. — C'est un grand mal heur gu une grande ressemblance avec des êtres i^piobles. Les Grenouilles sont en apparence si conformes ^\x\ Crapauds , qu'on ne peut aisément se représenter les unes sans penser aux autres ; on est tenté de les com-
(1) Blocli a compté 75,600 œufs dans un ovaire de la Gremille, 'e^'uei ne pesait pas loiu à fait i grammes.
prendre tous aans \^ disgrAce à laquelle les Crapauds ont été condamnés, et de rapporter aux premières les habitudes basses, les qualités dégoûtantes, les propriétés dangereuses des seconds. Nous aurons peut-être bien de la peine à donner à la Grenouille commune la place qu'elle doit occuper dans l'esprit de« lecteurs comme dans la nature; mais il n'en est pas moins vrai que s'il n'avait point existé de Crapauds, si l'on n'avait jamais eu devant les yeux ce vilain objet de oomparaisoo qui enlaidit par sa ressemblance, autant qu'il salit par son approche, la Grenouille nous paraîtrait aussi agréable par sa eonformation que distinguée par ses qualités , et intéressante par les phénomènes qu'elle présente danales diverses époques de sa vie. Nous la verrions comme un animal utile dont nous n'avons rien à craindre, dont l'instinct est épuré, et qui, joignant à une forme svelte des membres déliés et souples, est parée des couleurs qui plaisent le plus à la vue, et présente des nuances d'au(ant plus viveg qu'une humeur visqueuse enduit sa peau et lui sert de vernis.
Ce genre de Reptiles est tellement répanda et tellement connu, qu'il semble au premier abord facile, et pour ainsi dire superflu d'eu donner une déûnitioa; mais loraqu'on veut formuler rigoureusement les caractères dis-tinctifs de ces animaux, on s'aperçoit bientôt que leur définition obligée pour la classitica* tion systématique des êtres est assez difHcile et presque im(^>ossible ; car les Grenouilles se nuancent si bien par symptômes organiques avec les groupes voisins des Batraciens anoures, que c'est seulement à l'aide des mots, plus ou moins, qu'on les différencie. Ainsi leur forme générale est celle des Batraciens anoures, mais leur tôte est plus allongée que chez les autres; leur museau est plui- pointu; des dents en quinconce ou en chevron, situées au côté externe de l'orifice buccal des narines, s'observent avec des dents aux maxillaires supérieurs, ce qui les distingue des Crapauds proprement dits.
Leur langue est échancrée « n arrière, et terminée sur les côtés par deux filets plus prolongés que chez les autres Anoures; leur tympan est très-sensible à l'extoiieur. Chez toutes les espèces, le tronc est moins globuleux que chez les Crapauds et les Bonibinators, etl'articulation du bassin sur l'échiné se fait par un angle plus aigu dans l'état de repos que chez ces animaux. Cette articulation présente au5si chez les Grenouilles une mobilité dont on ne trouve qu'un vestige chez les autres genres : c'est surtout par le développement des pieds postérieurs que les Grenouilles se distinguent des autres Batraciens anoures, des Bombinators et des Crapauds, par exemple En effet, chez les Grenouilles, le membre postérieur dépasse d'un tiers au moins la longueur du racbis et de la tète; leurs doigts sont ronds, grêles et poin* tus à l'extrémité, ce qui distingue les Grenouilles des Rainettes; ils sont très-inégaux en longueur, surtout aux pieds poslf*rieurs, et déi)Ourvus d'ongles, ce qui les différencia
GRE
•otrlèftpes et des Pipas, dont, au reste, ^^iffèrent par d'autres caractères non f-^^ saillants; les intervalles des doigts •**'' ^xcupés par des menabranes, tellement ?J^^,^ que celles des doigts des autres genres Ti||^tfaciens semblent des rudiments auprès ^a;}^. La peau des Grenouilles est pourvue I de cryptes mucipares moins saillantes <bez lès Borobinators et les Crapauds : paratt-elle presque lisse ; Ton ne voit ocm plus chçz les Grenouilles de ces folaggloraérés autour des oreilles, qui fonnus sous le nom de parotides. Les iUessont, sans contredit, les plus (jiies Batraciens anoures, ce que la Itoo de leurs membres pouvait foire i-iMïner au premier eoup d*œil; elles oit^Dt peu (lu rivage des eaui douces et |Mil<s à quelque temps de Tannée que ce , ilteeètpe; pendant Thiver, et lorsque les -"< ftpvftes qui font leur principale nourriture ' cessent (kTOgu^r, elles s*enroncent dans le
POISSONS, ETC. GRE 806
rynx, lui donnent un accès facile, peuvent donner aux sons une plus grande intensité» mais rien de plus : aussi quelques auteurs ont-ils attribué le coassement aux vibrations des bords de rorifice du tympan dans le gosier. 11 paraît plus vraisemblable qu'il est produit par le clapotement de Texlrémité postérieure de la langue flottante en arrière de la bouche, au-devant de l'ouverture du larynx, le coassement des femelle3 a moins de force et de continuité, parce qu'elles n*ont pas de vésicules, d'où I on infère que ces vésicules servent ici aux mêmes fonctions que l'outre dans le bignou et Ja eornemusêj c'est-à-dire qu'elles conseri'ent l'air pour le rendre lorque le musicien 'suspend le souffle ou se repose, et pour produire uo son continu avec un souffle inlermillont. Cependant il est une circonstance inexplicable uans nos idées physiques sur le son, c'est que les Grenouilles coassent la gueule fermée, et
Mbk 60 Id vase, et passent dans un en- .quelquefois au-dessous d une certaine cou-
AMnlissemeut particulier la saison des voflds; mais aux premiers rayons du soleil d» printanps, sitôt que la nature semble re<* mÊXft et s€ dépouille de sop linceul de neige H ôe fniBaSf les Grenouilles sortent de toan THmles, et se préparent de bonne %*e^re MVle de la reproduction; parées de leuR couleurs les plus vives, elles se rassemblent au milieu des roseaux, et s'appe/Iefl/puffj/ûcri court, isolé, composé de rft*f/i 5«i5 successifs que l'on peut traduire p«rlf «/r55Tllabe koack; mais il est encore nn aulre^onque donnent les Grenouilles; r'es< celui que Ton désigne par les mots de croassement ou de coassement, et qui a valoàres animaux, chez nous le nom de GrefWHiille, chez les Allemands celui de Froschy ihii ks Latins celui de Rana, celui de Ei^ty»;^»; ehez les Grecs, onomatopées dans tequelles la lettre r joue toujours un cer- IWTiJie. Ce dernier cri n'est plus un appel ifêdOKir; en effet, c'est longtemps après la ' fWiip, rest dans Télé, et seulement sur le rfw beaux jours, que les Grenouilles entendre cette sorte de roulement coniw,nrolongé, qui retentit à (\tis distances ?wérables. Ce cri semble être une exïsion de plaisir et le témoignage de ré- Itôsance en commun du coucher du soleil, Il les rayons ardents fatiguent singulier it ces animaux par Tévaporation trop \y\ne de la mucosité que secrète la sure de leur peau pendant le cours du jour, mécanisme de ce bruit n'est pas complélenl connu ; le premier paraît formé par frtienïent de l'air expiré le long des bords \a glotte ; mais celui-ci doit reconnaître it autre cause ; l'on a présumé qu'il était Wt<^rminé par le retentissement de l'air mré dans des sortes de vésicules que chez P mâles l'ont voit alors saillir sur lesc6tés la cou ; mais ces sacs, qui ne sont pas les •rrifre- cavités du tympan distendues par t«ir retenu dans Tarrière-gorgo, et qui s'ac- ^n{i](^ dans ces cavités où les trompes t^Waclie, largement ouvertes dans ^) pha**
ohe d'eau. La monotonie et la continuité du coassement des Grenouilles fatiguent lorsqu'il est rapproché : aus^i, lorsque nos anciens seigneurs châtelains bâtissaient leurs manoirs près des étangs et des ruisseaux, pour pouvoir baigner d'un cours d'eau les ibssés de leurs donjons, enjoignaient-ils aux vilains d'aller le soir frapper les roseaux pour troubler les chants des Grenouilles en liesse et belle humeur; mais à une certaine distance, ces concerts, qui semblent saluer seuls le lever des astres ai^entins de la nuit, ont quelque chose de piUoresquo et de magnétisant qui s'harmoniso d'une manière charmante avec le calme silencieux du soir, et la solennité du paysage assombri: aussi Ion s'étonne peu d'apprendre de Berthelot qu'un riche Espagnol ûi venir à dessein , du continent , ûes tonnes de Grenouilles, pour peupler l'étang d'une des Canaries, où il possédait un magnifique château qui en avait été dépourvu jusquelà. Pline a dit que les Grenouilles de l'ile de Scriplie étaient muettes, et l'on a ajouté que cela tenait h l'humidité habituelle de Talmosphère de celte île. Il est facétieux sans doute de voir des Grenouilles maréca* geuses perdre la voix comme un musico iton li(moy pour s'être exposées \ la brume et à l'humidité des pieds; mais les voyageurs modernes dispensent les commentateurs de se pcrdre,comme on l'afait à certaine époque, en vaines conjectures sur cette explication inexacte : car leurs relations démontrent que l'assertion première est fausse, et que les Grenouilles de Sériphos, ou Serpho, coassent comme les autres. On peut voir, à ce sujet, le Voyage dans le Levant^ par l'illustre Toumefo{'t. Les Grenouilles, àTégard du mode de l'accouplementt de sa durée, de kl durée de la gestation, ne diffèrent pas, à ce qu'il paraît, de oe que la plupart des Batraciens anoures offrent sous ce rapport; elles pondent, comme les Crapauds, dos ovu* yes membraneux, demi - transparents , qui sortent do cloaque réunis en cordons par la
GRE
REPTULES,
GRE
mucus gelaliniforme abondant qui les enveloppe; Ton ignore encore la durée précise du développement des Têtards, comme aussi celle de la vie aérienne des Grenouilles. 11 est inutile de dire aujourd'hui que ce n'est
Cas, comme on le croyait jadis, la queue du élard de la Grenouille qui se divise pour former ses pieds de derrière ; c'est une fable h mettre avec celle que Pline raconte sur la métamorphose des Grenouilles en limon, à l'approche de l'hiver, et celle de la métamorphose de poissons en Grenouilles, que l'on a supposée, parce que lesGrenouilles, lorsqu'elles arrivent à l'état parfait, conservent plus ou moins longtemps la queue rémiforme, analogue, à quelques égards, à celle des poissons, qu'elles avaient pendant leur état de Têtard. ( Voy. ce mot. )
Les Grenouilles, et surtout les Grenouilles proprement dites, sont les plus lestes des Amphibiens anoures; on les voit souvent s'élancer à la distance de plusieurs pieds avec une vivacité et une facilité dont les Insectes seuls peuvent offrir l'exemple, et leur natation rapide et gracieuse n'a de supérieure que celle des poissons ; cette contractilité se conserve même assez longtemps après la mort avec une certaine puissance ; aussi les Grenouilles ont -elles fourni à Swammerdam d'abord, et à Galvani ensuite, l'exemple de ce phénomène curieux auquel on a attaché le nom de l'auteur italien, et dont les conséquences semblent s'étendre de jour en jour jusqu'à promettre pour l'avenir une causalité non moins féconde que la gravitation Newtonienne.
Les Grenouilles sont des animaux innocents qui ne se nourrissent que d'Insectes et de Vers. Aussi, malgré la conformation assez analoguede ces Reptilesavec lesCranauds, ne partagent-ils pas la réprobation générale dont ces derniers sont l'objet. Cependant la brusquerie de leurs mouvements, la viscosité de leur peau et sa température basse habituelle, inspirent une certaine répugnance à plusieurs personnes. Les Grenouilles sont très-voraces et en même temps fort stupides, et si elles ont assez d'instinct pour se soustraire par [à fuite à l'approche du moindre danger, il est facile de les tromper; aussi les ptpe-ton assez facilement en imitant leur cri d ap-
Eel , et les prend-on à l'hameçon armé d'un ombric, d une Mouche ou simplement d'un pétale de rose ou de coquelicot, voire même d'un petit morceau de drap rouge que l'on agite a la surface de l'eau. On recherche quelquefois les Grenouilles ; on les emploie comme aliments ; l'on prépare surtout leurs cuisses ou membres postérieurs, selon divers procédés de l'art culinaire. On fait aussi avec les Grenouilles une sorte de bouillon dont on a préconisé les effets en médecine; mais la chair molle et fadasse des Grenouilles, chargée d'un mucus animai particulier, conserve, malgré les assaisonnements, une odeur nauséeuse gui rappelle celle qu*exbale la vase des marais ; elle peut toutefois être d'une facile digestion, et ser- Tir utilement à tromper l'estomac affamé
d'un convalescent inconsidéré; le bouillon, par son étrangeté, son unique vertu peutêtre, peut faire patienter un malade exigeant qui attend vainement la santé qu'il ne lui est pas accordé de recouvrer. Les œufs de Grenouilles sont aussi employés comme cataplasmes résolutifs. Les villageois supf)léent quelquefois au défaut de glace par 'application d'une Grenouille sur le front dans les cas de congestions cérébrales ; mais ces moyens demandent à être changés ou renouvelés fréquemment, car l'odeur qui les accompagne et celle que leur putrescence développe ne sont pas sans inconvénients.
Les Grenouilles sont répandues abondamment dans les deux hémisphères ; ce sont peut-être les Reptiles qui s'étendent le plus avant sous les latitudes extrêmes; mais en général, les Grenouilles n'habitent que le voisinage des eaux douces des régions peu élevées; la pression atmosphérique et la tension électrique ont sur elles une influence assez marquée, et cette susceptibilité, jointe à leur sensibilité à l'hygrométrie de l'air ambiant, fait que les habitants des campagnes prennent les Grenouilles, les gardent dans un bocal à demi rempli d'eau et pourvu d*une échelette ; l'ascension de ces animaux, leur retraite sous l'eau, la vivacité de leurs mouvements ou leur torpeur, indiquent à peu près aux campagnards ce que les eens comme il faut demandent au baromètre 6no- Mrac dans leur salle à manger. En attendant que l'histoire et l'origine du succin ou du moins de la gomme résine animalifère, que l'on confond généralement avec le succin proprement dit, soient parfaitement connues, il faut rappeler que Hercatiavu,â Rome, une Grenouille retenue captive et conservée dans cette substance. La figure qu'il en donne rappelle quelque peu celle de notre Grenouille verte, et la pose et les formes de l'animal donneraient à penser qu'il fut englobé dans la résine encore à l'état de vie.
Les Grenouilles constituent des espèces nombreuses que l'on a divisées en plusieurs groupes plus ou moins distincts et tranchés, établis d'après quelques différences de détails plus ou moins prononcées : ainsi, lef Grenouilles proprement dites ou genre Ranat ont pour type nos espèces européennes, savoir :
La Grenouille commune verte couEsn' BLE {Rana viridis esculenta) ; d'un vert plus ou moins pâle ou foncé, quelquefois brunâtre sur le dos et les parties supérieures; parsemé de taches noires arrondies, plus oo moins discrètes ou confluentes, très-rares ou nombreuses, séparées par trois raies jaunfttres dont l'une est imprimée sur Je racliis et les autres sur la partie supérieure <i®^ flancs; celles-ci sont moins marquées ei manquent même quelquefois ; les parties iQ* férieures sont d'un blanc rosé ou jauo^^'^'
Cette espèce atteint 5 à 6 pouces de longueur. Elle est très-répandue dai^^ ^^^ régions tempérées de l'Europe ; ou 1» r*" trouve aussi, h ce qu'il parait en EgyP^^*
GRE POISSONS , ETC
Gabhouille moussB ou mubttb {R. tem-
GRE
muta) ; d'un brun fauve clair sur
et les parties supérieures ; marquée
^^eiqaes taches noires* arrondies» plus
yZ^ et plus nettes sur les cuisses ; une
quadrilatère» allongée, étendue entre
et l'origine des menibres antérieurs ;
tes iirférieures blanches» rarement
de noir. Non moins commune en
que la première et de la môme taille ;
«(Mssement, bien qu'on en ait dit, n'est
moins fort et de moins de durée que
delà précédente, avec laquelle elle
je les mêmes habitations ; aussi Ta-
loola considérer comme une simple
de coloration de la Grenouille verte.
ee groupe se rapporte entre autres la
BRAMâ de Lesson {R. brafna),
éu[ï sii pouces de longueur» grisâtre
dasos, marquée d'une ligne blanche
.Celte Grenouille est assez commune,
Kqall parait, dans tout le Bengale. Déjà
fermes plus trapues forment le passaçe
espèces suivantes dont la physionomie
nie se rapproche un peu de celle des
inators et des Crapauds. £n effet» ces
mUes, que l'on a appelées assez dé-
neus«DenlCfstignathes (des mots grecs
ïï^oire, et xvarrtc, vessie)» parce
âo«\es e^ postérieurs de la mAcboire se
distendent daos le coassement» ce oui a lieu
cfcci (00(65 les Grenouilles, ont le corps
gMtMfulenif /as membres renflés et trapus
eaxMime les Cnpmds ; leur tête a aussi çuel-
qa^ ffiu/ogie a?ec l'aspect de ces dermers ;
teii^s sool :
L^ GinomLLB Typhon (A. typhonia^ R, paimstris, M. mugiens, R. clamitansi) ; longue d^eflîiroo quatre pouces» grise-verdâtre en dasan», marquée de trois raies longitudi- M'es blanches; des taches brunes lenticu- Mres Ijsérées de blanc, plus petites et plus WBobreuses sur les côtés» occupent leurs litamlles ; une bande blanche s'étend sur )» eMs du museau» passe au-dessus des flfdu tympan pour se perdre sur les non foin de l'origine des membres rs ; les parties inférieures sont blan-* Cette espèce est de l'Amérique du
Gbcivouillb taubbau (R. pipims) de
9aQdeur de l'espèce précédente» taille
' lui a valu le non de Rull-frog^ mot
lis, dont le nom français n'est que la
ictioD.
ttte espèce est moins nombreuse que les espèces de Grenouilles. La mugis- >U vit auprès des fontaines qui se troutrès-fréquemment sur les collines de ^ir^nie: ces sources forment de petits ^~)gsdont chacun est ordinairement habité des Grenouilles mugissantes. Elles se lent à l'entrée du trou par lequel coule ^rce; et lorsqu'elles sont surprises, iUes s'élancent et se cachent au fond des Moi. Mais elles n'ont pas besoin de beau- •wip de précautions; le peuple de la VirfNe imagine qu'elles punfient les eaux et Miirekiennent la propreté des fontaines ; il
DiCTiONif, DB Zoologie. II.
les épargne d'après cette opinion, qui pourrait être fondée sur la destructiou qu'elles font des Insectes, des Vers, etc.» mais oui se change en superstition, comme tant d autres opinions du peuple ; car nonseulement il ne les tue jamais, mais même il croirait avoir quelque malheur à redouter s'il les inquiétait. Cependant la crainte cède souvent à l'intérêt; et comme la mugissante est très-vorace et très-friande de jeunes oisons ou de petits canards, qu elle avale d'autant plus facilement qu'elle est trèsgrande et que sa gueule est très-fendue» ceux qui élèvent ces oiseaux aquatiques la font quelquefois périr.
Sa grandeur et sa conformation modifient son coassement et l'augmentent» de manière que lorsqu'il est réfléchi par les cavités voisines des lieux qu'elle fréquente» il a quelque ressemblance avec le mugissement d'un Taureau qui serait très-étoigné, et, dit Catesbv, à un quart de mille. Son cri, suivant M. Smith, est rude, éclatant et brusque ; il semble que l'animal forme quelquefois des sons articulés. Un voyageur est bien étonné» continue M. Smith, quand il entend le mugissement retentissant delà Grenouille dont nous parlons, et que cependant il ne peut découvrir d'où part ce bruit extraordinaire ; car les mugissantes ont tout le corps caché dans l'eau» et ne tiennent leur gueule élevée au-dessus ie la surface que pour faire entendre le coassement très-fort qui leur a fait donner le nom de Grenouille taureau.
Le Crtstignathe DB Spix(/{. pachynvLs^ Jl. eoriaceay R, gigas^ Crysîignathus pachypus) ; grande espèce de six à sept pouces de lou- *gueur» marquée en dessus de huit plis longitudinaux de la peau. Cette espèce fréquente les rives des grands fleuves de l'Amérique méridionale.
Certaines Grenouilles » au lieu d'avoir les doigts des pieds postérieurs étages comme celles d'Europe et les précédentes » ont les trois doigts externes des pieds postérieurs à
f)eu près égaux en longueur. La Chine en burnit une qui est le type d'un genre auquel on a donné le nom de Houlema ; cette Grenouille» encore peu connue , est en-dessus d'un vert-olive pâle, marbré de noir; les tubercules dont sa peau est parsemée la rapprochent un peu des Bombinators et des Crapauds. On Ta désignée sous le nom de HocLEMA OBSCURE (H. obscura),
L'Amérique méridionale eu a fait connaître une autre, qui a joui d'une certaine célébrité à cause de l'erreur dont elle a été le sujet. Elle reste assez longtemps» en effet» à l'état de têtard» et acquiert dans ce stage un volume assez considérable pour que l'on ait pu croire que c'était la Grenouille elle-même qui se changeait en têtard» et même en poisson ; c'est la Grenouille jackib {R, paradoxa). Cette Grenouille est verdAtre en dessous ; des marbrures brunes plus ou moins larges se confondent çà et là sur le dos, et dégénèrent , vers les parties inférieures, en lignes sinueuses qui relèvent la couleur blanche du dessous du corps. La Jackie at-
GTM
REPTILES
GIl
leiDi a peu près la taille ue nos Grenouilles d'Europe.
Une autre Grenouille rapportée du Chili, offre cela de remarquable, (Qu'elle porte sur les côtés de la région lombaire, vers Tangle des os des hanches, une glande conglomérée, oui paratt fournir un mucus aestiné sans doute k jouer un certain rôle dans quelqu'un des actes de la reproduction.
11 est des Grenouilles oui présentent le caractère singulier d'avoir la paupière sn[»érieure surmontée d'un repli de la peau triangulaire, pointu, flexible, légèrement recourbé en dehors, à la manière des cornes de certains animaux; aussi leur a-t-ou donné le nom de Grenouilles cornues , dont le nom CÉRATOPHBYS (formé des mots grecs xipaç^ come^ et à^pO?, sourcil)^ plus généralement employé dans la science, n'est que la version grecque; leur tête est large, aplatie, la gueule est très<évasée , le museau taillé en biseau allongé, etc.
Il est une Grenouille cornue dont les dents antérieures se développent en forme de croc, ce qui a engagé les auteurs à en former un ffenre à part, qu'ils ont appelé Hemiphractus (des mots grecs ilfiwuç, demi, f^axrôf, cuirassé), parce que le crâne de l'espèce lype de ce genre est très^rand, formant plus que la moitié de la fon^ueur de l'anioml, et recou* vert comme celui des précédentes d'un écusson osseux. Cette espèce type est I'Hémi- PHRACTB DE Spix (H. SpixU), papce que Spix l'a décrite le premier sous le noni de Rana sculaia. Cette espèce atteint un peu plus de lieux pouces, et provient du Brésil. Voy. Tétard.
GRONDIN. Voy. Teiolb orondiii et Tbiglb our:«au.
GYMNESTRE. Voy. Réoalec.
GYMNOTE, Gymnotuê, du grec yti/^ivoc, nuj è cause de l'absence totale de nageoire dorsale — L'épilbète d'^/ec^rt^ue donnée à l'espèce la plus remarquable, a été donnée à cinq autres espèces de poissons très-différents : à deux Cartilagineux et à trois Osseux; à la Raie torpille, ainsi qu'à un Tétrodon, à un Trichiure, a un Silure, et, enfin, au Gymnote. Mais c'est celui aue nous allons décrire qui a le plus frappé l'imagination du vulgaire, excite l'admiration des voyageurs, et étonné le physicien. Quelle a dû être en effet la surprise des premiers observateurs, lorsqu'ils f )nt vu un poisson, en apparence assez faible, assez semblable , d'après le premier coup d'œil, à une Anguille ou à un Congre, arrêter soudain, et malgré d'assez grandes dislances, la poursuite de son ennemi ou la fuite de %à proie, suspendre à l'instant tous les mouvements de sa victime, la dompier par un pouvoir aussi invisible qu'irrésistible, l'immoler avec la rapidité de l'éclair au travers d'un ârès-large intervalle, les frapper eux-mêmes comme par enchantement, les engourdir et les eucnalner, poiu* ainsi dire, dans le moment où ils se croyaient garantis par l'ékMgnementde tout danger, et même de toute atteinte. Le merveilleux a disparu môme pour les yeux les moins éclairés, mais
l'intérêt s'e^aecm et Tatteotioa a redooU
lorsqu'on a rapproché de ces effets red
quables les phénomènes de l'éleclhcitéj
chaque jour l'on étudiait avec plus de j
ces. Peut-être cependant croira-t-oQ, e&|
sant la suite de cette histoire, que cet
puissance invisible et soudaine d)iGfiniw
ne peut être considérée que comme une ^
dification de cette force redoutable d «
même temps si féconde qui brille damPè
clair, retentit dans le tonnerre, reaverse,!!
iruil, disperse dans les foudres, et qui,nwi
resserrée dans ses canaux, moins préci[îli
dans ses mouvements, plus douce dans q
action, se répand sur tous les poiols k
êtres organisés, en pénètre toute h prolbi
deur, en parcourt toutes les siouosité$,a
vivifie tous les éléments. Peut-être fau<jnil
il, en suivant ce principe, et pour érite
toute erreur, ne donner, avec quelques m
turalistes, au poisson que nousexatmiMm
que le nom de Gymnote engourdi$M, ^
Gynmote torporifique^ qui dédipe un k
bien prouvé et indépendant de toute lli^
rie. Néanmoins, comme la puissance if/i/
exerce devra être rapportée dans touis Js
hypothèses à une especed'électricité;(«M
ce mot électricité peut être pris pourtti&u
générigue, commun à plusieurs forces \k^
ou moins voisines et plus ou moim loalo-
gués; ûomme les phénomènes les plagia.-
posauts de l'électri'ûté propremeol Aie, mi
tous produits par le Gymnote, qui iaiiioi>-
jet de oet article ; et, er.lîQ, coamkplin
Srand nombre des physiciens lu/art toé epuis longtemps celte épithèteilMip, nous avons cru devoir, avec cwiïww^^vants, la préférer à toute autre Hmmtion.
Mais avant de montrer en détail ces différents oB'ets, de les comparer et dUi'F^ quelques-unes des causes auxquelles il î<î«ii les rapporter, achevons le portrait du Gj^ note électrique : voyons quelles formes ptf* ticulières lui ont été départies, comoenl A par quels organes il naît, croît, se meult voyage et se multiplie au milieu des grii» fleuves qui arrosent les bords oriefllaux» l'Amérique méridionale, de ces contrées * dentés et humides, où le feu de ratmospoert et l'eau des mers et des rivières se dis|* tent l'empire, où tous les éléments de li t production ont été prodigués, où une sj abondance de force vitale fait naître les i» gétaux et les animaux vénéneux; 9*1» JT puis employer cette expression, tesei^sj» la nature , indépendamment de ceu^ * l'homme, sacrifient chaque Jourt^joNuï^ vidus aux espèces ; où tous les ^•8^. " développement, entassés, pour ainsi uj^ les uns contre les autres, P'^^^^ÎJ'^sr sairement toutes les nuances du i^lmi ment; où des arbres immenses eieu^^ leurs branches innombrables, P^^^Jf "JL nies des fleurs les plus suaves, et «w^ d'essaims d'oiseaux resplendissants des cu^ leurs de l'iris, au-dessus des savanes no)^ ou d'une vase impure que parcourent aei grands Quadrupèdes ovipares, cl q«^' "
mz
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POiS:>o:>d, LTC
GTM
neot d'éoomes Serpeots aex éetilles dorées ; niÈ les eaux douces et salées montrent des l<^;notis de poissons, dont les rayons da soleil réfléchis afec Tiracité cbangenl» en quelqae sorte, les lames luisantes en diamants, e-i saphirs, en rabis; où Tair, la terre, les mers ei les êtres viTants, et les corps inaoiiDés, tout attire les regards da peintre, enfiamme Timagination du poète, élève le génie du philosophe.
C*est, en effet, auprès de Surinam qu'habite le Gymnote électrique, et il parait oséme qu'on n'a encore observé de véritable Gymnote que dans TAmérique méridionale, dàos quelque parties de l'Afrique occidentale, et dans la Méditerranée, ainsi que nous le ferons remarquer de nouveau en traitant des Noloptères.
Le Gymnote électrique parvient ordinaire-
■lent jusque la longueur d*un mètre un ou
deux déomètres, et la circonférence de son
corps, dans l'endroit le plus gros, est alors
de trois à guatre décimètres; il a donc onze
oa douze mis plus de longueur oue de lar-
gcw. Sa léte est iiercée de petite trous ou
pores très-sensibles, qui sont les orifices des
▼aisseaux destinés à répandre sur sa surface
une liqueur visqueuse; des ouvertures plus
petites, mais analogues, sont disséminées
e?i très-grand nombre sor son corps et sur
sa queue ; il n'est donc pas surprenant qu'il
soit enduit d'une matière gluante très-anon-
dante. Sa peau ne présente d'ailleurs aucune
écaille tacitement visible. Son museau .est
arrondi; sa mâchoire inférieure est plus
avancée que la supérieure, ainsi qu'on a pu
l«^ voir sur le tableau du genre des Gymnotes ;
ses dents sont nombreuses et acérées, et on
voit des verrues sur son palais ainsi que sur
sa langue,,qui est large.
La queue des poissons est le princi(ial instrument de leur natation. Plus celte partie est étendue, et plus, tout égal d'ailleurs, le poisson doit se mouvoir avec lacilité. Mais le Gymnote électrique, ainsi que les autres Osseux de son genre, a une queue beaucoup plus longue que l'ensemble de la tète et du corf>s proprement dit; la hauteur de cette partie est assez considérable ; cette hauteur est augnientée par la naseoire de l'anus, qui en garnit la partie intérieure; l'animal a donc à sa disposition une rame beaucoup plus longue et beaucoup plus haute à prof»ortion que celle de presque tous les autres poissons; cette rame peut donc agir à la fois sur de grandes lames d'eau. Les muscles destinés à la mouvoir sont très-f)uissants, le Gymnote la remue avec une agilité trèsremarquable; les deux éléments de la force, la masse et la vitesse, sont donc ici réunis ; et en effet, l'animal nage avec vigueur et rapidité.
Comme tous les poissons très-allongés, plus ou moins cylindriques, et dont le corps est entretenu dans une grande souplesse par une viscosité copieuse et souvent renouvelée, il agit successivement sur l'eau qui Tenvirouue par diverses portions de son corps ou de sa queue, qu'il met en mouvement les
imes a près les autres dans l'ordre de leur moindre éloignement de la tète; il ondule; il partage son action en plusieurs actions narticulières, dont il combine les degrés de force et les directions de la manière la plus convenable pour vaincre les obstacles et
Iiarvenir à son but; il commence è recour- )er les parties antérieures de sa queue, lorsqu'il veut aller en avant; il conlourne, au contraire, avant toutes les autres, les parties postérieures de cette même queue, lorsqu'il désire aller en arrière; et, ainsi que nous l'expliquons un peu plus en délaU en traitant de l'Anguille, il se meut de !a même manière que les Serpents qui rampent sur la terre; il nage comme eux; il serpente véritablement au milieu des eaux.
On a cru, pendant quelque temj^s, et même quelques naturalistes très-!iabiles ont publié que le Gymnote électrique n'avait pas de vessie aérienne ou natatoire. On a pu être été induit en erreur par la position de cette vessiedans l'Ëlectrique, position sur laquelle nous allons revenir ea décrivant l^organe torporifique de cet «animal. Mais, quoi qu'il en soit de la cause de cette erreur, cette vessie est entourée de [>lusifîurs rameaux de vaisseaux sanguins que Hunier à fait connaître, et qui partent de la grande artère qui passe au-dessous de l'épine dorsale du poisson; et il itous parait utile de faire observer gue cette disposition de vaisseaux sanguins iavorise l'opioioa du savant naturaliste Fis* cher, bibliothécaire de l'école centrale de Mayence, qui, dans un ouvrage très-intéressant sur la respiration des poissons, a montré comment il serait possible que la vessie aérienne de ces animaux servit non-seulement à faciliter leur natation, mais encore à suppléer à leur respiration et è maintenir leur sang dans l'état le plus propre à conserver leur vie.
Il ne manque donc rien au Gymnote élecirique de ce qui peut donner ilvs mouvements prompts et longtemps soutenus; et comme, parmi la cause de la rapidité avec laquelle il nage, nous avons compté la facilité avec laquelle il peut se plier en différents sens, et par conséquent appliquer des parties plus ou moins grandes de son corps aux divers obiets qu'il rencontre, il doit jouir d'un toucher plus délicat, et présenter un instinct plus relevé que ceux d'un trèsgrand nombre de poissons.
Cette intelligence particulière lui fait distinguer aisément les moyens d'atteindre les animaux marins dont il lait sa nourriture, et ceux dont il doit éviter l'approche dangereuse. La vitesse de sa natation le transporte dans des temps très-courts auprès de sa proie ou loin^de ses ennemis, et lorsqu'il n'a plus qu'i immoler des victimes dont il s'est assez approché, ou à repousser ceux des poissons supérieurs en force auxquels il n'a point échappé par la fuite, il déploie la puissance redoutable qui lui a été accordée, il met en jeu sa vertu engourdissante , il frappe k grands coups et répand autour de lui la mort ou la stupeur. Cille qualité lori>oriûque du
€TM
REPTILES
GYM
GylDQOte électrique découvert, dit-on, auprès de Cayenne par van Berkel, a été observée dans le même pays par le naturaliste Richer, dès 1671. Mais ce n'est que quatrevingts ans, ou environ, après cette époque que ce môme Gymnote a été de nouveau examiné avec attention par La Condamine, Ingrand , Gravesand , Allamand, Muschenbrœck, Gronou, Vander-Lott, Fermin, Bankroft et d'autres habiles physiciens qui l'ont vu dans l'Amérique méridionale, ou l'ont fait apporter avec soin en Europe. Ce n'est que vers 1T73 que Williamson à Philadelphie, Garden dans la Caroline, Walsh, Pringle, Magellan, etc., à Londres, ont aperçu les phénomènes les plus propres à dévoiler le principe de la force torporiflque de ce poisson. L'organe particulier dans lequel réside cette vertu, et ûue Hunier a si bien décrit, n'a été connu qu à peu près dans le môme temps, pendant que l'organe électrique de la Torpille a été vu car Stenon, dès avant 1673, et peut-être vers la môme année par Lorenzini. Et l'on ne doit pas être étonné de cette différence entre un Gymnote que l'on n'a rencontré, en quelque sorte, que dans une partie de l'Amérique méridionale ou de l'Afrique, et une Raie qui habite sur les côtes de la mer d'Europe. D'un autre côté, le Gymnote torporiflque n'ayant été fréquemment observé que depuis le commencement de l'époque brillante de la physique modc-fne» il n'a point été l'objet d'autant de théories plus ou moins ingénieuses, et cependant plus ou moins dénuées de preuves, que la Torpille. On n'a eu, dans le fond, qu'une môme manière de considérer la nature des divers phénomènes présentés par le Gymnote : on les a rapportés ou è l'électricité proprement dite, ou à une force dérivée de cette puissance. Et comment des physiciens instruits des effets de l'électricité n'auraient-ils pas été entraînés à ne voir que des faits analogues dans les produits du pouvoir du Gymnote engourdissant?
Lorsqu'on touche cet animal avec une seule main, on n'éprouve pas de commotion, ou 0:1 n'en ressent qu'une extrêmement faible; mais la secousse est très-forte lorsqu'on apnlique les deux mains sur le poisson, et qu elles sont séparées l'une de l'autre par une distance assez grande. N'a-t-on pas ici une image de ce qui se passe lorsqu'on cherche à recevoir un coup électrique par le moyen d'un plateau de verre garni convenablement de plaques métalliques, et connu sous le nom de carreau fulminant? Si on n'approche qu'une main et qu'on ne touche qu'une surface, à peine est-on frappé; mais on reçoit une commotion violente si on emploie les deux mains, et si, en s'appliquant aux deux surfaces, elles les déchargent à la fois.
Comme dans les expériences électriques, le coup reçu par le moyen des deux mains a pu être assez fort pour donner aux deux bras une paralysie de plusieurs années.
Les métaux, l'eau, les corps mouillés, et toutes les autres substances conductrices de
^'électricité, transiûettent la vertu engourdissante du Gymnote, et voilà pourquoi on est frappé au milieu des fleuves, quoiqu'on soit encore à une assez grande distance de l'animal, et voilà pourquoi encore les petits
Eoissons, pour lesquels eette secousse est eaucoup plus dangereuse, éprouvent une commotion dont ils meurent à l'instant, quoi-
Ju'ils soient éloignés de plus de cinq mètres e l'animal torporiflque.
Ainsi qu'avec l'électricité, l'espèce d'arc de cercle que forment les deux mains, et que
{parcourt la force engourdissante, peut être rès-agrandie, sans que la commotion soit sensiblement diminuée, et vingt- sept personnes se tenant par la main et composant une chaîne dont les deux bouts aboutissaient à deux points de la surface du Gymnote, séparés par un assez grand intervalle, ont ressenti, pour ainsi dire à la fois, une secousse très- vive. Les différents observateurs ou les diverses substances facilement perméables à l'électricité, qui sont comme les anneaux de cette chaîne, peuvent môme être éloignés l'un de l'autre de près d'un décimètre, sans que cette interruption apparente dans la route préparée arrête la vertu torporifique qui en parcourt également tous les points.
Mais pour que Te Gymnote jouisse de tout son pouvoir, il faut souvent qu'il se soit, pour ainsi dire, progressivement animé. Ordinairement, les premières commotions qu'il fait éprouver ne sont pas plus fortes; elles deviennent plus vives à mesure qu'il s'évertue, s'agite, s'irrite ; elles sont terribles lorsque, si je puis employer les expressions de plusieurs observateurs, il est livré à une sortç de rage.
Quand il a ainsi frappé à coups redoublés autour de lui, il s'écoule fréquemment un intervalle assez marqué avant qu'il ne fasse ressentir de secousse, soit quil ait besoin de donner quelques moments de repos à des organes qui viennent d'être violemment exercés, ou soit qu'il emploie ce temps plus ou moins court à ramasser dans ces mêmes organes une nouvelle quantité d'un fluide foudroyant ou torporifique.
Cependant il parait qu il peut produire nonseulement une commotion, mais même plusieurs secousses successives, quoiqu'il soit plongé dans l'eau d'un vase isolé, c'est-*^-dire d'un vase entouré de matières qui ne laissent passer dans l'intérieur de ce récipient aucune quantité de fluide propre à remplacer celle qu'on pourrait supposer dissipée dans l'acte • qui frappe et engourdit.
Quoi qu'il en soit, on a assuré qu'en serrant fortement le Gymnote par le dos, on lui ôtait le libre exercice de ses organes extérieurs et on suspendait les effets de la vertu dite électrique qu'il possède. Ce fait est bien plus d'accord avec les résultats du plus grand nombre d'expériences faites sur le Gymnote, que l'opinion d'un savant physicien qui a écrit que l'aimant attirait ce poisson, et que par son contact cette substance lui enlevait sa propriété torporiflque. Hais, s'il est vrai que des nègres sont par-
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E0SÏ manier et à retenir impunément 5 de Teau le Gjmnote électrique, on m-r^it croire, avec plusieurs naturalistes, {i3 emploient, pour se délivrer ainsi d'une Ktuotion dangereuse, des morceaux de qui, par leur nature, ne peuvent pas omettre la vertu électrique ou engourtaléy quHIs évitent tout contact imméatec Ranimai, et qu'ils ne le touchent par l'intermédiaire de ces bois non congto^ de l'électricité.
Il reste, le Gymnote torporiflque pré-
'^ uo autre phénomène bien digne u'at-
i, et qui ne surprendra pas les phy-
instruits des behes expériences
ife& aux divers mouvements muscu-
qae Ton peut exciter dans les animaux
mlleurvieou après leur mort, et que
I nommées galvaniques , du nom de
^ier auteur Galvani. Il est arrivé
plosimsfois qu'après la mort du Gymnote,
M éftih encore, pendant quelque temps, im«
possible de le toucher sans éprouver de
Mais nous avons à exposer encore de plus grands rapports entre les effets de réiec- Uicâté el ceux de la vertu du Gyjîinote ençcwiriissanl. Le premier de ces rapports Vr^ivttmattpables est l'analogie des instruments donloa se sert dans les laboratoires <i« phjsiqDe poof obtenir de fortes commotioûs é/eànigaes, avec les organes particuliersquek Gymnote emploie pour faire D^tre d& ébranlements plus ou moins violeois. Foid en quoi consistent ces organes, qae Hanter a très-bien décrits :
l-'animaJ renferme quatre organes torporifitfues, deux grands et deux petits. L'enseable de ces quatre organes est si étendu, foli compose environ la moitié des parties miwculeases et des autres parties molles da C^muole, et peut-être le tiers de la totalité du poisson.
wlieesi la composition intérieure de
diraflrfe ces quatre organes grands ou petits?
l'iûlérieuT de chacun de ces instruments,
^qaelqae sorte électriques, présente un
P*3nd nombre de séparations horizontales,
^^•apées presque à angles droits par d'autres
*fep«f8tions à peu près verticales.
Us premières séparations sont non-seukmeot horizontales, mais situées dans le A^dela longueurdu poisson, et parallèles fe5(ines aux autres. Leur largeur est égale i («ile de l'organe, et par conséauent, dans ^aucoup d'endroits, à la moitié de la lar- ^urde l'animal, ou environ. Elles ont des f'^gaeurs inégales. Les plus voisines du '«ni supérieur sont aussi longues ou pres- 'Çi^ïaussi longues que l'organe; les inférieures se terminent plus près de leur orif iiie, et Torgane Unit, vers l'extrémité de la *^eue, par un bout trop aminci pour qu'on Prisse voir s'il y est encore composé de plus <l'une de ces séparations longitudinales.
Ces membranes horizontales sont éloignées Tune de l'autre, du côlé de la peau, pi" un intervalle qui est ordinairement de Fis d'un millimètre; du côté de Tintérieur
du cofps, on les voit plus rapprochées, et même, dans plusieurs points, réunis deux à deux, et elles sont comme onduleuses dans les petits organes. Hunteren a compté trente-auatre dans un des deux grands or-
fanes d yh[\ Gymnote de sept décimètres, .ou peu près, de longueur, et quatorze dans un des petits organes du même individu.
Lès séparations verticales oui coupent à angles droits les membranes longitudinales sont membraneuses, unies, minces, et si serrées l'une contre l'autre, qu'elles paraissent se toucher. Hunter en a vu environ deux cent quarante dans une longueur de vingt-cinq millimètres ou à peu près.
C est avec ce quadruple el très-grand appareil dans lequel les surfaces ont été multipliées avec tant de profusion, que le Gymnote parvient à donner des ébranlements violents, et à produire le phénomène qui établit le second des deux principaux rapports par lesouels sa vertu engourdissante se rapproche de la force électrique. Ce phénomène consiste dans des étincelles entièrement semblables à celles que l'on doit à Télechricité. On les voit, comme dans un grand nombre d'expériences électriques proprement dites, paraître dans les petits intervalles qui séparent les diverses portions de la chaîne le long de laquelle on fait circuler la force engourdissante. Ces étincelles ont été vues pour la première fois à Londres par Walsh, Pringle et Magellan. Il a suffi à Walsh, pour les obtenir, de composer une partie de la chaîne destinée à être parcourue par la force torporiflque, de deux lames de métal, isolées sur un carreau de verre, et assez rapprochées pour ne laisser entre elles qu'un très-petit intervalle; et on a distingué avec facilité ces lueurs, lorsque l'ensemble de l'appareil s'est trouvé placé dans une chambre entièrement dénuée de toute autre lumière. On obtient une lumière semblable, lorsqu'on substitue une grande Torpille à un Gymnote électrique, ainsi (|ue Ta appris Galvani; mais elle est plus faible que le petit éclair dû à la puissance du Gymnote, et l'on doit presque toujours avoir besoin d'un microscope dirigé vers le petit intervalle dans lequel on l'attend pour la distinguer sans erreur.
Au reste, pour voir bien nettement comment le Gymnote électrique donne naissance et à de petites étincelles et à de vives commotions , formons<nous de ces organes engourdissants la véritable idée que nous devons en avoir.
On peut supposer qu'un grand assemblage de membranes horizontales ou verticales est un composé de substances presque aussi peu capables de transmettre la force électrique que le verre et les autres matières auxquelles on a donné le nom dldioéleclriquesj ou de non conductrices^ et dont on se sert pour former ces vases foudroyants ap|)e)és 6ot4teilles de Leydcy ou les carreaux fulminants. Il faut eonsidét er les quatre organes du Gymnote comme on a considéré les deux organes de la Torpille : il faut voir dans ces iostru^
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meuts une suite nombreuse ae petits carreaux de la nature des carreaux foudroyants, une batterie composée d'une quantité extré^^ mement considérable de pièces en quelque swie électriques. Et comme la force d'une batterie de cette sorte doit s'évaluer par l'é* tendue plus ou moins grande de la surface des carreaux ou des vases qui la forment, on a calculé quelle pourrait être la grandeur d'un ensemble que Ton supposerait produit
Ear les surfaces réunies de toutes les memranes verticales et horizontales que renferment les quatre organes torporiQques d'ua Gymnote long de treize décimètres en ne comptant cependant pour chaque membrane que la surface d'un clés grands côtés de cette (noison : on a trouvé que cet ensemble présenterait une étendue au moins de treize mètres carrés, c'est-à-dire, à très-peu près, de cent vingt-trois pieds également carrés. Si l'on se rappelle maintenant que l'on a cru expliquer d'une manière très-satisfaisante la puissance de faire éprouver de fortes commo-* lions qu'a reçues la ïorpille,en montrant quo les surfaces des diverses portions de ses deux Ofganos électriques pouvaient égaler parleur réunion cîncpiairte-Jjuit pieds carrés, et si l'on se souvient en même toncrps des effets terribles que produisent dans nos laboratoires des carreaux de verre dont la surface n'est que de quelques pieds, on ne sera pas étonné qu'un animal qui renferme dans son intérieur et peut employer à volonté un instrument électrique ae cent vingt-trois pieds carrés de surface, puisse frapper des coups tels que ceux que nous avons déjà décrits. Pour rendre plus sensible l'analogie qui existe entre un carreau fulminant et les organes torporifiques du Gymnote, il faut faire voir comment cette grande surface de treize mètres carrés peut être électrisée par le frottement, de la môme manière qu un carreau foudroyant ou magique. Nous avons déjà fait remarquer que le Gymnote nage principalement par une suite des ondulations successives et promptes qu'il imprime à sa queue, c't'st-à-dire à cette longue partie de son corps qui renferme ses quatre organes. Sa natation ordinaire, ses mouvements extraordinaires, ses courses rapides, ses agitations, l'espèce d'irritation. à laquelle il peut se livrer, toutes ces causes doivent produire sur les surfaces des membranes horizontales et v rticales un frottement suffisant pour y accumuler d'un côté et raréfier de Tautre, ou du moins pour y exciter, réveiller, accroître ou diminuer le fluide unique ou les deux fluides auxquels on a rapporleles phénomènes électriques et tous les effets analogues ; et comme par une suite de la division de l'organe engourdissant du Gymnote en deux grands et en deux petits, et de la sous-division de ces quatre organes en membranes horizontales et verticales, les communications peuvent n'être pas toujours très-feciles ni très-promptes entre les diverses parties de ce grand instrument, on peut croire que le rétablissement du fluide ou des fluides dont nous Tenons de parler, dans leur premier
état, ne se fait souvent que successivement dans plusieurs portions des quatre organes^ Les organes ne se déchargent donc que par des coups successifs ; et voilà pourquoi, indépendamment d'autre raison, un Gymnote placé dans un verre isolé peut continueri pendant quelque temps, de donner des commotions; et de plus, voilà pourquoi il peut rester dans les organes d'un Gymnote qui vient de mourir, assez de parties chargées pour qu'on en reçoive un certain nombre de secousses pins ou moins vives.
Et ces fluides , quels qu'ils soient, d'oà peut-on présumer qu'ils tirent leur origine? ou, pour éviter le plus possible toute hypothèse, quelle est la source plus ou moins immédiate de cette force électrique, ou pres^
Sue électrique, départie aux quatre organes ont nous venons d'exposer la structure?
Cette source est dans les nerfs, qui, dans le Gymnote engourdissant, ont des dimen- ^ons et une distribution qu'il est utile d'examiner rapidement.
Premièrement, les nerfs qui partent de la moelle épinière sont plus larges que dans les poissons d'une grandeur égale, et plus que cela ne paraît nécessaire pour l'entretien de la vie du Gymnote.
Seetmdement, Hunter a fait connaître un nerf remarquable gui, dans plusieurs poissons, s'étend depuis le cerveau jusqu'auprès de l'extrémité de la queue, et, donnant naissance à plusieurs ramifications, passe, è peu {)rès, à une égale distance de l'épine et de a peau du dos dans la Murène Anguille, et se trouve immédiatement au-dessous de la peau dans le Gade Morue. Ce nerf est plus large, tout égal d'ailleurs, et s'approche de l'épine dorsale dans le Gymnote électrique* beaucimp plus que dans les autres poissons.
Troisièmement, des deux côtés de chaque vertèbre du Gymnote torporifique, par un nerf qui donne des ramifications aux muscles du dos. Ce nerf se répand entre ces muscles dorsaux et l'épine; il envoie de petites branches jusqu'à la surface extérieure du grand organe dans lequel pénètrent plusieurs de ces rameaux, et sur lequel ces rameaux déliés se distribuent en passant entre cet or^ne et la peau du côté de l'animal. 11 continue cependant sa route, d'abord entre les muscles dorsaux et la vessie natatoire, et ensuite entre Cette même vessie natatoire et l'organe électrique. Là il se divise en nouvelles branches, tes branches vont vers la cloison verticale que nous avons déjà indiquée, et qui est située entre les deux grands organes électriques. Elles s'y séparent en branches plus petites qui se dirigent vers les ailerons et les muscles de la nageoire de l'anus, et se perdent, après avoir rîépandu des ramifications dans cette même nageoire, dans ses muscles, dans le petit organe et dans le grand organe électrique.
Les rameaux qui entrent dans les organes électriques sont, à la vérité, très-petits; mais cependant ils le sont moins que ceux de toute autre partie du système sensitif.
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POISSONS , ETC
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Tels soCiC les canaux qui loot circuler
if(^ les qualre instruments du Gymnote le
|riocipe de la force engourdissante ; et ces
paux le reçoivent eux-mêmes du cerveau,
foù loos les nerfs émanent. Et comment en
M ne pas considérer dans le Gymnote,
i&si que dans les autres poissons engour-
feaots, le cerveau comme la première
Kkurce de la vertu particulière qui les dis-
iogue, lorsque nous savons, par les expé*
Ittîkces d'un habile physicien, que la sous-
tatioD du cerveau d'une Torpille anéantit
Wkdricilé ou la force lorporifique de ce
tvlfligineux, lors même qu il paraît encore
ttsâ plein de vie qu'avant d'avoir subi
tttte opération , nendant qu'en arrachant le
«nr de cette Raie, ou ne la [>rive pas,
tUDl uu temps plus ou moins lou^, de la
hràii de faire éprouver des commotions et
im limblements ?
in reste, ne perdons jamais de vue que â 0995 De voyons pas cle Mammifère, de râacé, d'oiseau, de Quadrupède ovipare, ni de Serpent, doué de cette faculté élec- Cnque ou engourdissante, que l'on a déjà biea constatée au moins dans deux poissons cartilagiûeui et dans trois poissons osseux, t es\ parce qu'il faut, pour donner naissance attaefecallé,et l'abondance d'un fluide ou d'un piiûJdpe quelconque, que les nerfs uarjissent |)OssWer et fournir, et un ou plusieurs lizs/ruisents organisés de manière à pré$eûter uoe très-grande surface, capables Wfo/îiéjuenl d'agir avec elDcacité sur des uaides rojsins, et composés d'ailleurs d'une 5ui)slâoce peu conductrice d'électricité, l*'îie5, par exemple, que des matières vis* queuses, huileuses et résineuses. Or, de 100$ les animaux qui ont un sang rouge et fc Tertèbres, aucun, tout égal d'ailleurs, ï^^ présente, comme les poissons, une quan- ^ié plus OU moins grande d'huile et de û^ueurs gluantes et visqueuses.
Ob remarque, surtout dans le Gymnote vQe'ovdJssant, une très-grande abondance àect^tle matière buileuse, de cette substance M9 fonductrice, ainsi que nous l'avons ^i observé. Cette onctuosité est très-sentie, naéme sur la membrane qui sépare de fiaque côté le grand organe du petit; et voià pourquoi indépendamment de l'étendue ^ 'â surface de ses organes torporiûques, îiien supérieure à celle des organes ana- ^es de la Torpille, il paraît posséder une •lus grande vertu électriç|ue que cette deruère. D'ailleurs, il habite un climat plus biud aue celui de cette Raie, et par consé- [Uent dans lequel toutes les combinaisons et ooteslesdécompositions intérieures peuvent • opérer avec plus de vitesse et de facilité ; ^ de plus, quelle différence entre la frénience et l'agilité des évolutions du Gym- ^>ie,et la nature ainsi aue le nombre des tUf.uvements ordinaires de la Torpille 1
Mais si les poissons sont organisés d'une 'ïiamère plus favorable que les autres ani- '^ux à vertèbres et à sang rouge, relativement à la puissance d'ébranler et d*en^our- ^vti étant doués d*une très-grande irritabilité,
ils doivent eire aussi beaucoup nlus $en^ sibles à tous les effets électriques, beaucoup plus soumis au pouvoir des animaux torpo* riOques, et par conséquent plus exposés à devenir la victime du Gynmote de Surinam.
geite considération peut servir à expliquer pourquoi certaines personnes, et particulièrement les femmes qui ont une fièvre nerveuse, peuvent toucher un Gymnote électrique sans ressentir de secousse; et ces faits curieux rapportés par le savant et infiBitigable Frédéric Alexandre Humboldt, s'accordent avec ceux qui ont été observés dans la Caroline méridionale par Henri Collios Flagg. D'après ^e dernier physicien, on ne peut pas douter que plusieurs nègres, plu* sieurs Indiens, et d'autres personnes, ne puissent arrêter le cours de la vertu électrique ou engourdissante du Gvmnote de Surinam, et mterrompre une cnaine préparée pour son passage; et cette interruption a été produite spécialement par une femme que l'auteur connaissait depuis longtemps, et qui avait la maladie à laquelle plusieurs médecins donnent le nom de fivre heciiquê.
Nous croyons faire plaisir a nos lecteurs en ajoutant à cet article, comme preuve de la force des secousses causées par l'électricité des Gymnotes, un passage extrêmement curieux et pittoresque du voyage de Humboldt en Amérique. On sait que c'est à ce célèbre voyageur que l'on doit les connaissances les plus précises sur ces poissons; il dit qu'ils sont très-communs dans les fleuves Meta , Apure et dans i'Orénoque; mais il est difficile de les prendre dans ces grands cours d'eau, tandis ^ue dans les mares, où ils abondent aussi , leur pèche est beaucoup plus fac?*^. C'est dans la province de Caracas, en Colombie, que de Humboldt est parvenu à faire de nombreuses expériences sur ces jpoissons; il avait demandé vainement des uymnotes vivants aux habitants, qui en avaient une peur puérile, on les lui apportait toujous morts; enfin il se décida è aller lui-même à la pêche de ces Anguilles électri(|ues, et voici comment il s'exprime à ce sujet :
a Après trois jours de vaines attentes dans la ville de Calabozo, après avoir reçu une seule Anguille vivante et même assez faible, nous résolûmes de nous transporter nousmêmes sur les lieux, et de faire les expériences, e;n plein air, aux bords de ces mares dans lesquelles les Gymnotes abondent. Nous nous rendîmes d'abord au petit village appelé Rastro de Abaxo. De là les Indiens nous conduisirent au Canô de Bera, bassin d'eau bourbeuse et morte, mais entouré d'une belle végétation de la Clusia rosea^ de l'^ymmea courbaril , de grands figuiers des Indes et de quelques mimoses à fleurs odoriférantes. Nous fûmes bien surpris lorsqu]on nous dit qu'on irait prendre une trentaine de chevaux à demi sauvages dans les savanes voisi:3es, pour s'en servir à la pêche des Anguilles électriques.
« L'idée de cette pêche, que l'on appelle
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BEPTlLESf,
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Embarboicar con caballos (enivrer par le moyen des chevaux), est en effet bien bizarre. Le mot Barbasco désigne les racines du Jacquinxay du Piscidia et de toutes autres plantes vénéneuses, par le contact desquelles une grande niasse d'eau reçoit dans un instant la propriété de tuer, ou du moins d'^ivrer et d'engourdir les poissons. Ces derniers viennent à la surface de l'eau quand ils ont été empoisonnés (embarbascado) par ce moyen. Comme les cnevaux, chassés çà et là dans une mare, causent le même effet sur les poissons alarmés, on embrasse, en confondant la cause et l'effet, les deux sortes de pèche sous la même dénomination.
« Pendant que notre hôte «ous expliguait cette manière étrange de prendre le poisson dans ce pays, la troupe de chevaux et de mulets arriva : les Indiens en avaient fait une sorte de battue, et en les serrant de tous les côtés, on les força d'entrer dans la mare. Je ne peindrai qu'imparfaitement le spectacle intéressant que nous offrit la lutte des Anguilles contre les Chevaux : les Indiens, munis de joncs très-longs et de harpons, se placent autour du bassin; quelques-uns d'eux montent sur les arbres, dont les branches s'élèvent au-dessus de la surface de l'eau : tous empêchent, par leurs cris et la longueur de leur jonc, que les chevaux n'atteignent le rivage. Les Anguilles, étourdies du bruit des cnevaux, se défendent par la décharge réitérée de leurs batteries électriques. Pendant longtemps elles ont l'air de remporter la victoire sur les chevaux et les mulets; partout on en vit de ces derniers qui, étourdis par la fréquence et la force des coups électriques, disparurent sous l'eau; quelques chevaux se relevèrent, et, malgré la vigilance active des Indiens, gagnèrent le rivage excédés de fatigue, et les membres engourdis par la force des commotions électriques ; ils s'y étendirent par terre tout de leur long.
ff J'aurais désiré qu'un peintre habile eût pu saisir le moment où la scène était le plus animée. Ces groupes d'Indiens entourant le bassin; ces chevaux qui, la crinière hérissée, l'effroi et la douleur dans l'œil, veulent fuir l'orage qui les surprend ; ces Anguilles jaunâtres et livides , qui, semblables à de
S grands serpents aquatiques, nagent à la surace de l'eau , et poursuivent leur ennemi : tous ces objets offraient, sans doute, l'ensemble le plus pittoresque. Je me rappelai le superbe tableau qui représente un cneval entrant dans une caverne, et effrayé à la vue d'un lion. L'expression de la terreur n'y est pas plus forte que celle que nous vîmes dans cette lutte inégale.
« En moins de cinq minutes, deux chevaux étaient déjà noyés. L'Anguille, ayant plus de cina pieds de long, se glisse sous le ventre du cneval ou du mulet : elle fait dès lors une décharge dans toute l'étendue de 8on organe électrique; elle altaque à la fois Je cœur, les viscères, et surtout le plexus des iierfs gastriques. 11 ne faut donc pas s'étonner que l'effet que le poisson produit sur un
Jraud quadrupède surpasse celui qu'il prouit sur l'homme, qu'il ne touche que par une des extrémités. Je doute cependant que le Gymnote tue immédiatement les chevartix; je crois plutôt que ceux-ci, étourdis par les commotions électriques qu'ils reçoivent coup sur coup, tombent dans une léthargie profonde. Privés de toute Sensibilité, ilscRs-
f)araissent sous l'eau ; les autres chevaux et es mulets leur passent sur le corps, et pea de minutes suffisent pour les faire périr. Après ce début je craignais que cette chasse ne fintt bien tragiquement. Je ne doutais pas de voir noyés peu à peu la plus grande partie des mulets. On n'en paye un qu'à raison de huit francs, si le maître en est -coona. Mais les Indiens nous assurèrent que la pèche serait bientôt terminée , et que ce o^st que le premier assaut des Gymnotes gu'il faut reoouter. En effet, soit que Télectricité galvanique s'accumule par le repos, soit qae l'organe électrique cesse de faire ses fonctions lorsqu'il est fatigué par un trop long usage, les Anguilles, après un certain temps, ressemblent à des batteries déchargées.
Leur mouvement musculaire est encore également vif, mais elles n'ont plus la force de lancer des coups bien énergiques. Quand le combat eut duré un quart d'heure, les mulets et les chevaux parurent moins effrayés; ils ne hérissaient plus la crinière ; leur œil exprimait moins la douleur et I épouvante; on n'en vit pius tombera la renverse : aussi les Anguilles, nageant à mi-corns hors de l'eau, et fuyant les chevaux au lieu de les attaquer, s'approchèrent elles-mêmes du rivage. Les Indiens nous assuraient qu'en mettant les chevaux deux jours de suite dans une mare remplie de Gymnotes, aucun cheval n'est tué le second jour. Il faut à ces poissons électriques du repos et une nourri* ture abondante, pour produire ou pour accumuler une grande quantité d'électricité galvanique. Nous savons, par les expériences qu'on a failes avec des Torpilles d'Italie, qu'en coupant ou liant les nerfs qui vont aux organes électriques, les fonctions de ceux-ci cessent , comme le mouvement d'un muscle est suspendu aussi longtemps gue dure la ligature de l'artère ou du nerf principal. Les organes de la Torpille ou du Gymnote dépendent du système nerveux et ae ses fonctions vitales ; ce ne sont pas des appareils éiectromoteurs qui attirent des couches d'eau voisines l'électricité qu'ils ont perdue. Il ne faut donc pas s'étonner que la force des commotions électriques des Gymnotes dépende de l'état de leur santé, et, par conséquent, du repos , de la nourriture, de Tâjje et peut-être d'un grand concours de conditions physiques et morales.
« Les Anguilles, fuyant vers le rivage, furent prises avec une grande facilité. On leur jeta de petits harpons attachés à des cordes; le harpon en accrochait quelquefois deux ii la fois. Par ce moyen on les tira hors de l'eau sans que la coVde, très-sèche et assez longue, communiquât le choc à celui qui la tenait.