HAR
Des i^ons moins nombreuses parcoarent les côtes de la France, da Brabant, de la Flandre, de la Hollande, de la Frise, de la Zélaode. Les antres se portent sur les côtes du Holstein, de la Poméranie, de la Suède, do Danemark et de la Lironie. Enfin, après avoir parcouru successivement ces diverses contrées, où ils ne séjournent qu'autant qu'ils T trouvent une nourriture abondante, ils se réunissent tous dans la mer du Nord, et dis-
S missent totalement. Ces poissons s'enficeot pour lors dans les profondeurs de rOeéan.
La route que suivent les Harengs dans leurs longues migrations est assez compliqnéet et, par cela même, elle est assez difGciie à saisir. La marche tortueuse et singulière que suirent ces poissons tient probablement è leur nombre réellement excessif et prodigieux , ainsi qu'il est facile d'en juger par la consommation qui s'en fait en Europe. En effet, on en prend des quantités eitrémement considérables sur les côtes de ta Norvège et de la Poméranie suédoise, depuis le mois de janvier jusqu'en mars, et un peu plus tard en Hollande , enfin en Angleterre et en France vers la fin du printemps rt au commencement de Télé. On en pèche éplement un grand nombre depuis le mois d octobre justfu'en décembre. 11 est seulenent beaucoup moins grand sur les côtes de Hslande, par la raison toute simple que ces poissons ne s'y arrêtent pas. Ils sont pour lors presque au commencement de leurs excursions.
Les mi^ations périodiques des Harangs , comme celles qu'exécutent tant d'autres espèces, paraissent déterminées par un instinct impérieux, dirigé jusqu'à un certain point par le besoin de se reproduire, autant que par l'effet de toute autre circonstance. Indépendamment de ce désir de perpétuer leur race, désir inné chez tous les animaux , un instinct non moins puissant les porte à se livrer, à des époques fixes et déterminées, à des migrations très-étendues, dont peu de poissons nous donnent des exemples aussi remarquables. Il est si impérieux, que le Hareng est particulièrement fameux sous ce rapport , quoiqu'il ne paraisse guère pénétrer dans la Méditerranée.
On ignore toutefois jusqu'où il les étend à trarers l'océan Atlantique; on n'en a pas
i'usqo'à présent découvert de traces dans liémispnère central, an delà des côtes qui bordent la terre de Labrador.
H est probable cependant qu'il ne s'y arrête point , et que ses tribus portent leurs excursions bien au delà. Nous attendrons de nouvelles observations pour être certain de ee point de fait.
Quelques jours a?ant que les Harengs arrivent en troupe, on aperçoit quelques mâles dispersés, et lorsque toute la troupe est réunie, on y observe f>lus de mâles que de femelles. Au moment oi^ celles-ci veulent se débarrasser de leur fardeau, ce qui a toujours lieu dans les endroits remplis de pierres et de ptantes marines, elles se frottent le
vontre contre les pierres qu'elles rencontrent, se tournent tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, et agitent rapidement leurs nageoires ; alors l'eau se trouble, laisse exhaler une odeur fétide, et l'acte de la génération s opère.
Il est certain gue la pèche du Hareng mérite une attention particulière, non-seulement parce qu'elle est de toutes celle qui se pratique la première, mais parce qu'elle est une cies plus abondantes, en ce (ju'elle peut se faire dans beaucoup d'endroits, qu'elle procure un excellent poisson frais, qui, étant salé, forme une branche de commerce plus considérable que celle de la Morue. Les Hollandais, les Français, les Suédois, les Prussiens, et les Américains des Etals-Unis se disputent chaque année à qui en prendra le plus. Les filets dont on se sert pour cette pèche sont de différentes grandeurs. Les mailles ont environ un pouce de large. On les teint en les mettant à la fumée : les innombrables colonnes de Harengs sont indiquées aux pêcheurs par des bandes de Mouettes, ou autres oist»aux de mer, qui les suivent continuellement pour se nourrir des individus qui les composent. Elles le sont aussi par le mouvement perpétuel des on les pendant le jour, et |>ar une traînée de feu pendant la nuit. Lorsque ces moyens ne sont lats sufîîsanls, on jette des lignes de fond amorcées de petits Crustacés, et on ne tarde pas à les retirer garnies de Haren^rs, lorsqu'on renconîre un de leurs bancs. C'est presque toujours la nuit que l'on jette les filets, en ce 3 ne la pêche de ces poissons, comme celle e tous les autres, est plus abondante la nuit que le jour, attenilu qu'ils viennent à la surface de l'eau. La grandeur de ces filets ne permet pas qu'on les manœuvre à la main. C'est au moyen d'un cabestan qu'on les lance à l'eau et qu'on les en retire. On f»lace à l'un des bouts du 0!et qui est jeté à la mer, une bouée de forme conique, qui indique se position à mesure que le filet s'éloigne du navire ; on attache des pierres à la partie inférieure pour le faire enfoncer, et des barils vide^ à sa partie supérieure pour le faire surnager; et lorsque la totaKté est à reap, le navire dérive le plus lentement possible. Tous les Harengs alors qui rencontrent le filet, voulant forcer l'obstacle qu'ils rencontrent, s'engagent dans les mailles et y restent accrochés. Pour que cette opération ait un résultat satisfaisant, il ne faut pas aue le filet soit tendu. Lorsqu'on présume qu il y a autant de poissons maillés que le filet peut en contenir sans se rompre, on le retire par le même moyen qu'on l'a jeté, seulement un ou plusieurs matelots tendent le filet au dessous de l'entrée h la sortie de la mer,
Eour recevoir les poissons qui ne sont pas ieo maillés, et que le mouvement ou le frottement détache des autres. Quelquefois il ne faut qu'un instant pour garnir un filet de ces poissons. D'autres fois, une marée entière sutlit à peine. On regarde le plus souvent la pèche comme très-abondante, lorsqu'au bout de deux heures les nutelots se trouTent for^