‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 4)Chapitre 133 sur 199 · OUN · texte numérisé non relu

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quel fit le serment accoutumé. » Le même auteur ailleurs (1) : « Le roy alla à Saint- Denys, etc. les corps de saint Denys et de ses compagnons furent descendus et mis' sur Tautel. Le roy sans chapperon et sans ceinture, les adora, et fit ses oraisons bien et dévotement et ses offrandes, et si firent les seigneurs. Ce fait, il fit porter Torifiamme, et fut baillée è un viel chevalier , vaillant homme, nommé Pierre de Viliers Tancien, lequel reçût le corps de notre Seigneur et fist les sermens en tel cas accoustumez: et après s'en retourna le roy au bois de Vincennes. »

J*insererai en cet endroit le serment qui estoit fiiit par celui à qui on donnoit la charge de porter l'oriflamme. « Vous jurez et promettez sur le précieux corps de Jesus- Christ sacré cy-pr(^sent, et sur le corps de monseigneur saint Denys et ses compagnons qui cy sont, aue vous loyalement en vostre personne tendrez et gouvernerez l'oriflambe du roy monseigneur, qui cy est, à l'honneur et profit de luy, et de son royaume, et pour doute de mort, ne autre avanture, qui puisse venir, ne ladélaisserez, et ferez partout vostre devoir, comme bon et loyal chevalier doitfaire envers son souverain et droiturier seigneur.»

Plusieurs sont tombez en cette erreur

Ju'ils ont crû que l'oriflamme n'estoit tirée e l'église de Saint-Denys, que lorsque nos rois avoient de fâcheuses guerres sur les bras pour repousser leurs ennemis, qui venoient attaquer leurs Etats, et pour les défendre contre leurs insultes, a et non mie quand on veut conquester autre pays, » ainsi que Juvénal des Ursins (2) parle en quelaue endroit de son histoire , ou bien lorsqu on faisoit la guerre aux infidèles, ainsi que Froissart (3) a avancé : parce qu'il est sans doute que cette enseigne a toujours passé

f)Our la principale de nos armées, soit aue a guerre fust entreprise pour la léfense aes frontières, soit qu'elle fust au dedans contre les ennemis de l'Etat.

Sous Philippes le Bel (&), en la bataille de Monts en Puele l'an mil trois cens quatre, cette même oriflamme fut portée par Anseau de Chevreuse, vaillant chevalier, qui y perdit la vie, ayant esté étouffé de la chaleur et de la soif. Meier écrit que les François la perdirent en cette bataille, et qu'elle fut prise et déchirée par les Flamens. Il est vray que la Chronique de Flandres (5) dit que la nuit qui suivit ce combat elle fut à terre, sur le champ où la bataille fut donnée. Mais Guillaume Guiart, qui y fut présent, ainsi

au'il raconte luy-méme, assure que l'oriamme qui v fut perdue en ce combat, n'estoit pas la véritable, mais une oriflamme contrefaite, que le roy avoit fait élever ce iourlà, pour échauffer le courage des soldats. Il n'y a donc pas lieu de s'estonner, si les Flamens se persuadèrent alors qu'ils s'es* toient rendus maîtres de l'oriflamme, n'ayant

1) Javéoal des Ursins, an. 4382.

9) Idem, an. 1386.

3) Froissart, vol. 11, c. 123.

A) Gesu PhlL

Chron. de Fland., c. 47

u distinguer la fausse d'avec la véritable.

e qui est d'autant plus probable, que nous voyons qu'incontinent après elle parut encore dans nos armées. Car en l'an 1315 le roy Louys Hulin la fit porter en la guerre

3u'il eut contre les mêmes Flamens, et en onna la garde à Herpin d'Erquery.

Depuis Charles YI l'histoire ne fait plus mention de l'oriflamme, estant probable que nos rois cessèrent de la faire porter dans leurs armées depuis que les Angiois se rendirent maîtres de Paris, et delà meilleure partie de la France sous le règne de Charles VII, qui, après les avoir chassez, ayant établi une nouvelle manière de faire la guerre, et institué des compagnies d'ordonnance, inventa aussi la cornette blanche (1), qui a esté dans la suite la principale bannière de nos armées.

ORLE. Filière qui n'a que la moitié de la largeur de la bordure, c'est à-dire, un douzième de la largeur de l'écu, et qui est éloignée du bord de l'écu à une distance égale à sa largeur, en quoi elle diffère de la filière qui touche les bords. On dit en or/e, des meubles de l'écu, posés dans le sens de l'orle, pourvu toutefois qu'il y en ait plus ou moins de huit, et aussi de ceux qui accompagnent les pièces honorables, lorsqu'ils se trouvent dans le même sens. Huit meubles dans l'écu se posent ordinairement en orle, ce qui ne s'exprime pas. Lorsqu'il y a plus d'un orle dans l'écu, ils sont l'un dans l'autre ; s'ils s'en trouvait plusieurs qui fussent l'un sur l'autre, ou l'un à côté de l'autre, on les nommerait fatuc éciM. On nomme ainsi l'orle seul qui, au lieu d*6tre à une distance égale à sa largeur du bord de l'écu, en est plus éloigné, etn'occupe que la circonférence d'un écusson.

CAar/o^— d'argent, àl'orle d'azur. Picardie.

Aingevitte — d'argent, à l'orle de sable. Picardie.

Vaudricourt — de gueules, h l'orle d'ar-

Sent, surmonté d'un lambel de quatre penants aussi d'argent. Picardie.

Cornu — de gueules, à l'orle d'arsent

Baignaux — d'or, à quatre orles de sable. Bretagne.

Novarin de Longchamps — d'azur, à la fleur de lis d'argent, surmontée d'un lambel du même ; à l'orle denché d'or, en sa partie extérieure. Comtat Venaissin-

Gatutechart du Fayel^ — d'argent, à neuf merlettes de gueules en orle. Picardie.

Caylus de Roiuiiroi^ — d'or, au léopard lionne de gueules, accompagné de seize étoiles du même en orle. Languedoc.

La BouUaye de Thevray — d'arsent, à la bande de gueules, accompa^éeen cnef d'une merlelte de sable, et en pointe de trois croisettes du môme en orle. Normandie.

ORNEMENTS EXTÉRIEURS DES ARMOI- RIES.— Ce n'est point assez de connaître les armoiries et de les blasonner, il faut encore savoir distinguer les marques d'honneur et les ornements qui accompagnent quelquefois les armoiries. Ces marques d'honneur et ces accompagnements sont les couronnes, les casques, les cimiersi les lambrequins, les

(f) Doublet.

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