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d'or à la bande de gueules chargée de trois aiérions d'argent* qui est Lorraine,
Communication det armoiries (i). C*est «Dcore une espèce d'adoption d'honneur, que les princes et les rois ont pratiquée lorsqu'ils ont communiqué leurs armes à divers gentilshommes de leurs sujets ou étrangers. Cari comme les armes sont les véritab es marques d'une famille»ceux qui en sont ainsi honorés, semblent devoir participer à ses prérojgativeç. Ce sont des moyens qu'ils ont choisis pour récompenser les services de ceux qu'ils voulaient gratifier, et aussi pour les attacher plus fortement è l'avenir, et leur postérité, à leur service. Cette attribution départie. d*armoirie$^ suivant Guy et Co-
3uille en l'Histoire du Nivernois, ee fait avec iminution notable par changement de eou^ Uurif ou diminution de nombre des piicci qui iont is armes des bienfaicteurs^ en sorte ilu*on peut connaistre qt^'iU ne sont pas du lignage^ piQis qu'ils tiennent par btcnfaict.
Les prloces ont encore accordé souvent ce privilège pour une noarque de protection. Card'uu coté les personnes qui ont esté Ratifiées des armes du prince, ont une obligzition particulière à le servir, par le souvenir de luoiineur qu'elles ont receu de luy, et de UNiinlejiir la dignité de celuy dont ils portent les armes. D'autre part le prince se trouve engagé en la protection de celuy auquel il a conunuaiqué ses armes, l'ayant reconnu parla pour une personne qui luy est acquise, et qui participe en Quelque fagon aux prérogatives de sa famille, dont il est obligé de conserver l'honneur.
Ce pirivilége de porter les armes ou une partie des armes du prince a esté de tout temjpe estinaé très-particulier, n'ayant esté cùotéré qu'à ceux qui avoient beaucoup mérité de 1 £tat, et qui luy avoient rendu de signalez services* Ce qui vériûe la maxime des politiques (2), qui tiennenique les princes ont souvent des moyens innooens pour récompeosery non seuiemeot les hommes de mérite» mais encore leurs favoris, sans apporter un notable détriment à leurs finances, qui soot les nerfs et le fondement des Etats : parce qu'effectivement l'honneur qui est l'unique aiguiUoa de la vertu et non la valeur des dheaes, donne le prix aux récempenses. Las Muroooes de laurier, et d*4tUres plantes estoieat ttop peu de ehose k J'égard des belles actioas. qu'elle oombloieot de gloire, si une fin plus nonorable ne leur eust donné quelque xetief. Il n*y axroii rien 4e |)Ius eisé <|ua ees snmoBis oue le sArni donnoit à ces grands chefs, quî s^estoient siifp9ttlez dans les oQnibaift^ el qui avoient subjv^é les previoees. Cependant il «e m poutvoit trouver noe pins fuçae récompense de Leur Aourage, (][u en los faisant connoitre à la postérité par 1 imposition d'un ^0091^ qui sQmprenQit en
(1) Nées frootons encore dam Dn Cange vue disserutîon sur la qaestipn qni tious eeoupe; nous la «louiions tout eniière, *bien'persti9d<^ me ces dissertalions fomeront la meilleure partie ée ce livre.
(2) Sapione Ammifato nel discors. polit. U h.
peu de lettres, leur éloge et leurs beaux faits d'armes, et eipliquoitla grandeur et l'excellence de leurs victoires (1).
Je mets au rang de ces récompenses, fa<ciles en apparence, mais glorieuses en effet, les privilèges que les prmces ont concédez à leurs sujets, ou autres seigneurs étrangers qui avoient bien mérité de leurs Etats, de porter leurs armes, ou une ftartie parmi celles de leurs familles. Aussi ils n*en ont usé qu'envers les personnes de considération, et qui leur avoient rendu des services signalez, laquelle sorte de récompense se trouve avoir esté pratiquée par les empe* reurs, les roys, les ducs, et autres princes souverains.
Le sire de Joinville écrit que Scecedun, chef des Turcs, qui estoit tenu le plus voittant et le plus preux de toute la payennie^ po'rtoit en ses bannières les armes de l'empereur Frédéric II, qui l'avoit fait chevalier, et qui probablement les luy donna. Sigismond estant à Avignon, permit h Elseas de Sado seigneur des Essarts, gentilhomme provençal, de charger l'étoile dfe ses armes de l'aisle de sable. Maximilian I*' conféra l'aigle de l'empire à Raphaël Grimatdi, surnommé de Castroy par lettres du 16^ jour de janvier l'an 11^97, le faisant chevalier et comte palatin. Le même empereur ayant ^rigé la ville de Camhray en duché, en fiiveur de Jacques de Croy eveaque (S), luy permit et è ses successeurs eveisques, de porter au chef des armes de leurs maisons l'aî^e de l'Empire, brisé d'un lambel de gueules, par SOS lettres patentes du 3S* jour de juin 1 an 1510. Les mêmes recompenses ont esté en usage en France. Saint Louys estant outremer donna le chef de France h l'ordre Teu* tonique. Passant par Antioche, il permit au jeune prince Boëmond VI d'écarteler ses armes, oui estaient vermeillées, au rapport du sire de Joinville (3), des armes de; France. Philippe de Valois, selon queloues-uns, permit a Guillaume de la Tour de porter son esctt semé de France. Mais H, lustel en VHistoirs des comtes d'Auvergne (k)^ estime que cette permission est beaucoup plus aneienne, remarquant ou'au château de la Tour avant qu'il fust ruine, on voioit deux écussons des armes de la maison de la Tour, gravez en une cheminée bâtie l'an 1218, l'un avec la tour simple, qni sont les anciennes, l'autre avec le champ d*azur, semé de fleurs de lys d'or, et lalour d'ai^nt, qui sont celles que les seigneurs de la Tour d'Auvergne ont portées jusques k présent. Le même rey {Vj permit à messire Pierre de Suivais, seigneur de Boiesieu^ homme de çrand crédit dans le eonseil d'Humbert dernier dauohin de Viennois, d'qoûter k ses armes nm bordure de France, pour avoir esté l'un des priiidpaux auteurs de la cession faite de
I) Cicero, pro Foatelo.
Jean Sclioh., en la Gén. delà maison de Croy,
[3) Joinville, p. 89 du second vol
4) Hist. d Auvergne, p. 247.
(S) La Colomb., en {«on Rcciieii d'armoiries.
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QLA
DICTIONNAIRE HERALDIQUE.
QUA
cette proTince en faveur de la France. Charles Yl estant à Tolose l*an 1389, en présence du duc de Touraine son frère* du duc de Bourgogne son oncle» et de plusieurs seigneurs de France et de Gascongne, donna à Charles d'Albret, son cousin germain, et à ses descendans, le privilège aécarteler ses armes, qui estoient simplement de gueules, de deux quartiers de France plein sans brisetire, laquelle chose le seigneur de Labrtt^ dit Froissart, tint à riche et à grand don (1). Charles Vil par lettres du 10' jour de may Tan 1U2, permit, suivant un auteur de ce temps (2), aux vicomtes de Beaumont de parsemer leur escu de fleurs de lys. 11 en donna une h la Pucelle d*Orléaos. Henry le Grand octroya au capitaine Libertas (3), qui délivra la ville de Marseille de la tj-rannie de Cazaud, qui Tavoit tenue longtemps pour la Ligue, et traittoit avec r£spagnol pour -la luy mettre entre les mains, tin chef d'azur de trois fleurs de lys d'or^ à ses armes de
feules à un château d'argent. Il fit le même Pierre Hostager, gentilhomme de &Iai^ seille (4), qui servit Sa Majesté en là reddition de cette même place Tan 1596, et luy donna un escu d'azur à une fleur de lys d'or^ sur le tout de ses armes. Sur semblables cODsidérations, il voulut que le sieur de Vie, vice-amiral de France et gouverneur de Calais et d*Amiens, qui luy rendit de signalez services durant ses plus fAcheuses guerres de la Ligue, portAt |)Our mémoire une fleur de lys of'or, en ses armoiries : il en donna pareillement une au sieur Zamet.
Louys Xlll, son fils, usa de pareille gratification à Tendroit de messire Guichart Deagent, chevalier sire de Brusson, baron de Viré, premier président en la Chambre drs comptes de Dauphiné, luy permettant de charger l'aigle de ses armes d*un escu d'azur à la fleur de lys d'or^ et ce pour récompense de la fidélité qu*il avoit fait paroître dans les affaires importantes de TEtat, où il avoit esté employé. L'Espagne et les autres royaumes ont pratiqué le même usage en plusieurs occasions.Henry lII,roy de Castille,fit porter un quartier des armes d'Espagne à Bègues de Villaines, chevalier renommé dans Froissart, qu'il fit aussi comte de Ribadieu, lesquelles estoient d'araent à trois lyons de sable à forle de gueules. La Chronique manuscrite de Bertrand du Guesclin, a &it mention de cette gratification.
Ferdinand et Isabelle, roys de Castille et d'Arragon, pour récompenser Christophe Colomb, génois, de la découverte des Indes occidentales, outre la dixième partie des revenus royaux, lu^ donnèrent le titre de grand amiral perpétuel des Indes, et pour armes Vescu en manteau^ le premier de gueules au château ^or^ Vautre d'argent au lyon de pour/frCf en pointe d'argent ondi dazur à ctfif isles et un monde croisé dor^ avec cette devise : Por Castiglia y por Leon^ Nuevo
i) Frobsari, vol. IV, cb. 9.
iï Moiiftirelel. vol. U, p. 70.
5) llisl. de Prov., p. 7u4.
' iiîsl. de Prov., p. iUôG.
mundo halla Colon. Les ducs de Verragua a les marquis de Jamayca aux Isles Occideii* talcs sont issus de luy.
Les roys de Naples des branches d'Anjou ont usé aussi souvent de ces gratifications : la maison d'Andréa en Provence (1), originaire de Naples, porte une bordure d*axuri dix fleurs de lys dor^ au lambel de quatrt pièces de gueules au dessus du chef. Il en ost de même de celle d'Alaman, qui porte l'écu d'Anjou eu cœur de ses armes : et de celle de Beccaris au même comté qui porte (e chef de France^ avec le lambel de gueules rfe trois pièces. Celle de La Ratta en Italie porta le lambel semé de fleurs de lys par la conces» sion du roy Robert. René, roy de Sicile, donna à René de Boliers, vicomte de Reillanc, gouverneur de Marseille (2), une bordure à ses armes, composée des armes d'Anjou Naples, et de Uierusalem, de huit pièces. Edouard I" du nom, roy d'An^j^ieterre, voulut que GeoO'roy, sire de Join ville, partit les armes de sa maison de celles d'Angleterre {3), ce que le roy luy accorda pour sa valeur éi ses Délies actions, ainsi quil est porté dans l'inscription de son tombeau. Je passe les armes de la maison de Goulaines, de guevln à trois demy léopards d'or çarty daxur, à (t fleur de lys et une demye aor^ qui sont les armes d'Angleterre et de France à moitié, que Ton dit avoir esté données par un ro^ d'Angleterre à Alfonse, seigneur de Goulaines , en considération de ce qu*ayant esté employé par le duc de Bretagne son maître h pacifier les rois de France et d'An^eterre, il en vint à bout et y réussit parfaitement. L'empereur Charles IV, roy de Bohême, donna le lyon des armes de ce royaume à Barthole jurisconsulte, comme il ténooigne )uy-mêmo en son traité des armes (4). Sigismond, roy de Pologne, donna pour armes à Martin Cromor (5) son historiographe, et son ambassadeur vers l'empereur, um écu de gueules à un aigle esployé naisMant d'argent^ ayant au col une couronne de laurier; auquel Tempereùr Ferdinand HOûta un chef de l'aigle de l'Empire, ce qu il raconte aussi eo la description de la Pologne. Gustave Adolfe, roy de Suéde, donna h Henry 8. Georoe Richemond roy d'armes, oui avoit porté liirdre de la Jarretière au même roy, trois coa* rennes d'or, qui sont les armes de Suéde, ()our joindre avec les siennes. Séides eo ses titres d'honneur en a rapporté les patentes (6).
Les ducs et les petits prinees soererajos ont usé pareillement de ces coneessions* Le duc de Bourgogne (7) pemit à N— Palenn son chancelier de porter pour cimier de ses armes un écu armoyé des armes de Bour* gogne, avec cette devise^ la duc tnefei ~
[i) Hisu deProT., p. 053. i) Ibid., p. 819.
(3) Géoéai. de la maison de Xoinvllle , irai. I.
(4) Barib., de losign. et ann., n. i.
(5) Marlh. Cromer., 1. 1 Poloa.
(6J Selden, Tilles of iiouor, oart. u, c 2» J L (7) Science héroïque, p. 175.
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QUâ
DlCliOEOIAIIIE HERALDIQUE.