‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 4)Chapitre 155 sur 199 · BOI · texte numérisé non relu

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envoyé, tfoU eeau écus d*or de sa pro(>re màiii* et trenlè auaes de velours cramoisi et lui promit encore mille é^us. Le rang de leur mattre les rendait respectables, et ils jouissaient des mêmes pnviléges que le droit des gens accorde aux ambassadeurs^ pourvu qirils se renfermassent dans les bornes de leur commission ; mais s'iAs violaient les lois de ce droit, ils perdaient leurs privilèges. Froissard observe que le roi d'armes du duc de Gueldres ayant déQé le roi Cbarles Vi clandestinement dans la ville de Tournay, et sans lui en donner connais* sance, « Il fut arrêté, mis en prison» et cuida être mort, dit cet historien, pourceque tel déû était contre les formes et contre Fusage accoutumé, et de plus dans un lieu mal convenable» Tournav n'étant qu'une petite ville de Flandre. »

Le respect qiTon avait pour les rois d'armes suivis de leurs hérauts, était si grand qu'ib ont quelquefois, étant revêtus de leurs cottesHi'armes, arrêté par leur présence, en criant Ao/o, la fureur oe deux armées dans le fort du combat. Froissard a observé que dans un furieux assaut donné à la ville de Villepode, en Gallicie, les assaillants cessé* rent a la parole des héraults, et se reposé-^ rent.

Quant aux cottes qui sont l'habit qui mar-

auait leur titre et leur pouvoir, celle du roi 'armes est différente de celle des hérauts : 1* en ce que les trois grandes fleurs de lis qui sont au devant et au derrière delà cotte, sont surmontées d'une couronne royale a Qeurs de lis fermée; 2° en ce qu'elle est bordée tout autour d'une broderie d'or»

entre les galons et la frange; 3* et parce que sur les manches, les mots Mont-Joye-SattU^ Deniê sont en broderie avec ces mots Roi d^ armes de France^ sur la manche ^ucbe.

Le roi d'armes, dit Favier, portait la cotte do velours violet, avec Técu ae France couronné et entouré de deux ordres de France, sur les quatre endroits de sa cotte d'armes. II ^'oute qu'il fallait autrefois être noble de trois races, tant de l'estoc paternel que du c6té maternel, pour être reçu Mont-Joye. Le même Favier a décrit particulièrement le baptême du roi d'armes; c'était ainsi qu'on appelait l'imposition du nom qu'on lui donnait à sa réception : cette cérémonie se faisait par le renversejnent d'une coupe de vin sur la tête.

Du Caiige a inséré au mot HeralduSf le réôit de l'élection du roi d'armes Mont-Joie , ilonné par le héraut du duc de Bpurgogne Philippe ië Bon, nommé ïoisou-d'Or. Nous le reproduisons d'après lui :

« Quand le roy est conclud et par son conseil délibéré de faire son principal roy d*armes des Franchoys, nommé Monjoie, il dit à son connestable, qo'ilz le mêlent à son conseil , se le connestable y est comme chief des armes, ou autrement a son premier marissal, où seront pour celle cause seulement plusieurs princes, seigneurs, barons et gens d'Estdt qu'ils nommeront sur le serment qu'ihs ont au roy, celui qui mieux et souill-

sant le^r sembleMw G'eet assavoir , tout premier noble, saige et vaiHaoi chevalier oa escuiers sans reproche de soo oorps, «t qu'il ait iant exereîle les «mes et les loingâdos volages si ancien que bonnement se pénal les armes porter, cachant lire et écrire ue-* cessairement, et auHreoMOt non, pour les charges M ambassades secrettes, que on lui porrait donner. Et de tous ceux qu'ils seront nommés, en sera esleu un, qui semblablement pour la très ncri^le exeelleuee de la couronne fault qu'il soit ahevaUer, ainsy qu'il s'enssuiot.

Et quant il est esleu, le eoodestable ou premier marissal le fera à lui venir, et s'il n'y est, lui sera tantost escript : lors luy dira la nouvelle de son ellectioin« Alors luy sera donné pour pre&x et terme de aulcune solennelle feste la plus prochaine qui viendra, se autlres graus affaires ne anticipoient celluy jour auquel il se trouvera.

Et quant cellay jour sera venu ledit esleu ce matin s'en ira en une chambre à ce ordonnée en Tostel du roy, et % seront les variés de chambre, qui le vestiront, de tou» les habits royaulx, comme la .personne du roy propre, qu'ilz seront d'escarlatre et tous fourrés de menu-vair que le roy lui donnera. Et quant le roy sera presque prest pour aller a la grand'niesse, alors viendra le connestable ^ comme cbief des armes et les marissaulx àinsy accompaignés de plusieurs chevaliers et escuiers, capitaines de guerres et autres, le mieux que on pourra pour accompaignier l'esleu, à la srand église ou chapelle, là où le roy vouara oyr le saint service ceiluy jour. Et là, vis à vis du grand autel, plus bas que l'oratoire du roy, sera une chaiese mise, le tapis vellu couverto moult hounourablement, en laquelle, ledit esleu sera assis, et à ses deux lés, les deux ou trôys chevaliers qui porteront la cou-^ ronne, la cotte d'armes et l'espée, s'il n'est chevalier, tant que le roj, soit là venu.

Et quant le roy est arrivé, l'esteu se lèvera de sa chaiere en laquelle le rpf s'assiet. Alors, le connestable ou le premier marissal prend l'esleu et estant à genoulx, disi aia roy : « Mon très excellent prince et souve*» rain seigneur, vecy messiro tel ou tel, s'il n'est chevalier, vostre esleu, qui est cy venu, et se présente pour vous obéir. » Et l'esleu dit après : « Notre souverain seigneur il est ainssy. » Après ce lecoonesta* oie ou marissal se lève sur pies, auquel il dist qu'il die ce qui luy adist.

Alors luy dist : « Messire tel ou tel s'il n'est chevalier, le roy nostre sire qui cy est» m'a commandé vous dire que pour le prendhommie, honneur, vaillance et aultros biens qu'ilz sont en vous, il vous a esleu pour son roy d'armes, vous nommant son très noble et victorieux roy d'armes et de messeigneurs de son sang, qui dit est Monjoie. Auquel seigneur, présentement, vous comme vro^y chrestien jurés et prometés sur Dieu et les saintes Evvangiles, escriples cy de dens en ce lle&sel, sur lequel à genoux, il tiendra à ses deux mains.

MCTMMIKAIRB HERALMQUE.

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