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avons un en !a Chronique de Louis, duc de Bourbon , chap. 50 , par lequel nous apprenons que ce prince fui reconnu à son cry de guerre, au siège de Vernçuil , où il corabntlil dans la mine contre celuy qui défendoit la place. «Leduc fit armes le premier contre
• rescuyer du chastel, lequel on claraoil Re- « naud de Montferrand ; tous deux firent à n poussé$ de leurs épées cinq coups Tun à « rautre, et entre deux orent aucuns qui ne « se purent tenir de dire : Bourbon ! Bour- «. bon ! Nosire-Dame ! Dont celuy escuyer Re- « naud de Montferrand fut moult ébahy, et « serecula et dit: Etcomment,Messeigneur$, « c'est Monsieur le duc de Bourbon? — « Ouy, certes , dit le borgne de Veausse , n c'esi-il en personne. — Lors, dit Renaud ff de Montferrand, je dois bien louer Dieu, « quand il m'a aujourd'hui fait tant de grâ- « ces et d'honneur d'avoir fait armes avec
• un si vaillant prince. £t vous, borgne de « Veausse , dites-Iuy que je lui requiers « qu'il luy plaise qu'en cette nonorable place « où il est , il me fasse chevalier de sa « main , car je ne le puis être plus honora- « blemenl; et pour l'honneur et vaillance de
• luy, je suis prest à luy rendre la place.» « Et de cecy parla le borgne au duc de Bour- « bon , quf regarda que toutes ces choses «estoient à son très grand honneur, disant « Qu'il estoit bleu content ; mais que Mont- « ierrand lui apporta ses clefs au pertuisde « sa mine. Si luy accorda Montferrand, qui c à les luY bailla , et les clefs rendues, iliec « mesme le fit chevalier le duc. »
A la surprise de l'abbaye près Périsort, par Bertrand du Guesclin , Galer , un frère tttt comte Yonas : Perregot Dieu aye aujourd'huy. Et ceux du dehors crioient : Montjoie Saint^Denis. ( Yie de GuescHn, chap. W.) Et sur Tembusche que le Barrois des Barres dressa aux Anglais en la montagne d'Espinette, près de la Coulongne , Froissart dit : « Quand ils furent là embaltus , messire le Barrois des Barres et les chevaliers et escuyers françois, qui ont embusche sur le pas les attendoient, leur saillirent au deuant, en criant : Les Barres aux Barrois, (Vol. 111 , chap. 32.)
Les crys les plus ordinaires estoient ceux des noms des princes, chevaliers et seigneurs bannerets qui eonduisoienl les troupes. En Bretagne, Chasteau-Briant, Malestroit, Rais et le comte de Tlsle crioient leurs noms. En la comté de Flandres , Guis^elle , Havesquerque, Rassenghien , Rodes , Ramequen , crioient leurs noms. En la comté de- Raynaut, Enghien, Li^ne, Haraey deBarbanson, Berlaimont , Vallincourt , Silly , Boussois , Montigny, Estrepy, crioient leurs noms. En la comté de Bcauvais , Mailiy , Rubempré et Gaucourt crioient leurs noms. En Bourgogne, Charny , Vergy, Beauflfremont , MerYo , Pontallier crioient leurs noms. En la comté de Ponthieu, Gamaches et Lignières crioient leurs noms. En Champagne, Rethel , Clialillon , de Novers , Bury» crioient leurs noms. En la comté de Namur, Moncornet , Villers, Montgardin , Hémericourt , Selles ^ de Ville»
Guyans, Varonca crioient leurs noms. En la duché de Brabant, Dorbais, Grimhergue, Binch, Wallainse crioient leurs noms; enfin» les maisons d'Ailly, Créquy, Tanques, Mail- Ij^, Saveuses, Aspremont, Lynden, Boumonville, Amboise, la Baume, Grolée, Lusignan, Limbour, Joinville, Béthune, Rochechouart, Varax, Brosse, Lannoy, Mauny , Beaumont, Saucourt, Hangest, Ranty,Raineval, etgrand nombre d'autres, ont crié leurs noms.
Quelques-uns ont crié les noms des maisons dont ils estoient sortis, quoy qu'ils eussent d'autres noms. Ainsi, les anciens seigneurs et chastellains de Tlsle en Flandre portoientde gueules au chef d'or , et crioient : Frayet, Fhalempin^ à cause qu'ils estoient issus des anciens seigneurs et barons de Pbaicmpin en la mesme comté , qui portoient mesmes ar mes. Hémericourt, en son Miroir des nobles de Hasbaye^ dit que les maisons de Surreal et d'Auryt , sortis d*un seigneur de Dammartin , ayant pris diverses armoiries et divers noms , retinrent le cry de Dammartin, « Vorent qu'ils criassent Andois^ Dammar- Cl tin , et ilh le fissent volontiers pour le « reuerenche de noble sant dont ly dis mess. « Resses étoit estrais.»
De même ceux de Jars crioient Bochechevart^ et ceux d'Offremonl, Aumont. Le comlp de Saint-Paul, Lesignem , le sire de Moiiy, Saucourt, Lens, crioient Gaure; Haurccqei Braine crioient Enghiem ; Longuevilie cnoii Henaut^ et portoit de sable semé de billettes d'or, au lion de mesme ; Mastain et Raudoul crioient lauce; Aimerys crioit Ligne; Harves et Antoing crioient Bury : Ville crioi* Estrepy.
J'ai trouvé dans un manuscript à Arra?
Îu'en Lorraine toutes les croix crioient riny: toutes les bandes, à couvert; tous les anneaux, Loupy ; qu'en Hainaut, toitf ceux qui portent croissants crient Tricq; lou5 les chevrons criuienl Machicourt » et toutes les coquilles crient Le Bas. Berry le Héraut dit que tous ceux de Picardie , qui portent frette, crient Saucourt ; tous ceux qui jior tent les croix rouses crient Hangest ; ceux qui portent les maillets crient MatUy.
Ce n'est donc pas un argument infaillible, d*une mesme maison, d'avoir raesmes pièces en armoiries et mesme cry, puisque souvent c'a été pour empescher la confusion qu on a réduit de cette sorte à une espèce de cry ceux dont les armoiries pouvoient avoir quelque rapport , de peur qu'il n'arrivast la mesme chose qu'au comte deMons, dont i*aD* theur des Trophées de Brabant dit « qu'ayant fait paroistre son courage en une bataille où il auoit auec luj^ les bannières deGrimberges, Perweys, Enghien et autres, voyant le désordre des siens , il fut contraint de se sauver à Vilnorde, où il mena plusieurs prisonniers par un accident remarquable. Car, comme sa bannière et estendard estoient blasonnés dos armes de Juliers d'or, au lion de sable, nlusieurs Flamands, par la confusion que ^ordinaire il y a aux batailles, se rangèrent sous son escadron, cuidans bieu s'eslre joints à la bannière de leur comte, U-