DEY
très sont aujourd*huy rares en armoiries. La maison de Kergos de Bretagne a porté pour devise ce rébus de lettres M qui T M : Aime qui t'aime,
La maison des Capeces, qui est des phis illustres du royaume deNaples, a pour devise entre deux cimiers^ un S et un V entrelassez, Siirmontez de trois couronnes.
La devise de la maison royale de Savoye est de ces quatre lettres, F, E, R, T, auxquelles on a donné diverses interprétations. Elle fait encore partie auiourd'huy du collier de Tordre de rAnnonciade, avec des enlasseroens de lacqs d'amour ; elle est dans les roonnoyes anciennes des comtes, et ducs de Savoye avec leurs armoiries.
Nos roys avoîent leurs chiffres aussi, dont ils accompagnoient leurs armoiries ; et nous voyons dans les monnoy es de Charles V, Charles VI, Charles VII,Charles VIII et Charles IX, des K, à côté de Técusson de leurs armoiries. Henry II, Henry III et Henry IV mettoient des H. Louis X'iII de glorieuse mémoire et son fils, des L ; mais ces lettres sont chiffrées de leurs noms plutôt que devises. C*est ainsi que les Hotmans, à Paris, mettoient une H sur le collier d*or des lions qui servent de supports à leurs armoiries. L ancienne devise de messieurs de Guise, qui avoient des A dans des 0, pour dire chacun à son tour^ est devenue célèbre par le proverbe qui s*en est fait.
Il y a, à proprement parler, des devises de huit sortes en armoiries.
1** Des devises équivoques aux noms des maisons qui les portent; 2" des devises de rapport aux pièces des armoiries, du cimier ou des supports; 3* des mots énigmatiques et à sens couvert; 4"* des proverbes, ou sentences claires et évidentes; 5* des mots historiques; 6* des chiffres parlans en rébus; 7* des devises de simples figures; S" et des devises de figures et de mots, mais qui ne sont pas dans les règles des véritables devises.
— Il y a quantité d'exemples de devises équivoques aux noms; ce qui fait voir que Ton affecte cette espèce de devises, quand d'ailleurs on ne pouvait pas prendre des armes parlantes.
La maison de Vienne en Bourgogne: Tost eu tard vienne^ ou, à bien vienne tout,
Vaudray, eu la mesme province : X'ay ra/u, eatu;, et vaudrau.
Sennecy, en fa mesme province : La vir-tute et honoré senesce. Elle est écrite en grosses lettres au chasteau de Sonnecey.
Mypont en la mesme province: Myponty difficile à passer.
Du Blé, en la mesme province: En tout temps du bU.
Laye dans qui est fondue la maison du Blé : Bonne est la naye autour du blé. Ils prononcent Lahaye comme Laye sans aspiration.
De Viry, dans la mesme province, qui porte de sable à la croix de moulin d'argent; A virtutCf Viry.
En Savoye Du Butet : La vertu mon but est.
Belly : Dubius eventus belli, Grandson:
A petite cloche grand son.
Les ducs de Nemours, de la maison de Si* voye : Suivant sa voye.
Portier : De tous chasteaux portier.
Mont Jouet : Dieu seul mon joug est.
En Dauphiné, Lauras : Un lour Tauras.
Arces : Le bois est verd^ et les feuilles t<nU arses.
Entre: A toute heure,
Auberjon : Maille à maille se fait rauberjon,
D'Avene: Tenui meditatur avenà,
Disemieu: // est nul qui dise mieux.
Flotte : Tout flotte.
Boni: 'De bout en bout,
Theys : De tout me tais.
En Languedoc, Alez : Allez comme aUex,
En Bretagne, Morlaix : S'ils te mordeid, mors-les.
Le Chat Kersaint: Mauvais chat^ mawtaii rat.
Rieux : A tout heurt rieux,
Quelen [)orte en bas breton : En peh amer
Ïtieleny qui signifie : en toute saison il fait on prendre conseil.
Purpurat en Piedmoni : Bissus et purpura. Henris au pays de Forest : Toujours es riSf jamais en pleurs.
Du Boui^, au mesme pais : Du bourg en la cité. C'était la devise au chancelier Antoine Du Bourg.
Campi, à Plaisance, portent de gueules k deux hons affrontez d'or, soutenant un compas de mesme au chef échiqueté d*or et de gueules. Et pour devise ces mots du Psalm, 95 : Gaudebunt campi, et omnia quœ in eu sunt. Ceux de Crémone, qui ont des épis de blé pour armoh*ies, ont pour devise ces mots du Psalm. 64 : Campi tui repMwUur ubertate.
En Franche-Comté, Achey : La mais las d'acher,
Jacques, bastard de Savoye, abbé d'Entremonts : Sans fourvoyer sa voye,
Jean de la Haye, Hollandais, avoitpoor devise : Laissez croistre la houe,
Pierre Certon, chanoine de l'église do Melun : Tene certum^ dimitte incertwn.
Chandée en Bresse : La ne fera chandée.
Vento, seigneurs de Pennes en Provence, originaires de Gennes : Super pennas re»torum.
Grise en Flandres : Avec le temps grise,
Heirieaërt au mesme païs, qui signifie boiteux : Marche droite Heineaërt^ c'est-à-dire, marche droit, boiteux.
Charrier à Lion, et en Auvergne : Ckurùf droit.
Coursant : Court sans cesse.
Beaujeu : A tout venant beau jeu.
— Il y a grand nombre de devises qui ont rapport aux armoiries.
Les Sabbattiers, à Arles en Provence, tfi portent un croissant, et Irois coquiHes pour armoiries, ont pour devise : Pleno stJsn plenŒ.
Nostradamus, en son Histoire de ProveneSf Mfiporte cette devise : Cassani, en Daupbinéi
DEV
DICTIONNAIRE HERALDIQUE.
DEV
d'azur, à la licorne d'argent. Devise Sans
venin,
Montcbenu en la mesme proviace, une bande. Devise : La droite voye,
Bocbes, à Arles, qui a trois voiles pour armoiries y a pour devise : Mas fortuna^ mas vdoi,
Siffliaoe, en Provence, et Dauphiné, d'or, semé de lys et de tours d*azur. Devise : Susteniant m/ta iurres.
Cavasso, en Piedmont, d*a2ur, h une truite d'or, mise en bande. Devise : Droit quoy qail soit ; parceque ce poisson va presque toujours contre le fil de Teau, quelque rapides que soient les courans.
Vogiié, en Vivarets, qui porte d*azur au coq aargent cresté et barbé de gueules, et qui a pour support deux lions à la teste contournée, a deux devises, dont Tune est sim* plement ce mot : Vigilantia; et Tautre : Sola vtl voce leanes terreo.
Les Pimentels en Espagne, qui ont un ai($le volant pour cimier, y (joutent pour devise : Mcu vale volando.
Prunier en Djiuphiné, qui porte de gueules
• à la tour d'argent : Tums mea Deus.
— Il y a quantité de demy mots que j'appelle énigmatiques, et de sens couvert^ parce qu'ils ne sont entendus que de celuy qui les porte. C'est ce qu'on a affecté en la plupart des tournois, où les cavaliers prenant des devises d'amour, se contentoient d'être entendus des personnes qu'ils aimoient, sans gue les autres pénétrassent dans le sens de leur passion.
Philip;, e le Bon, duc de Bourgogne, ayant épousé Isabelle de Portugal, le dixième de janvier de l'an i<^29, dans Ta ville de Bruges, prit pour devise. Autre iCaray^ voulant dire qu*après elle il n'en prendroit point d'autre, ayant déjà été marie deux fois auparavant. On voit cette devise plus étendue en quel-
Sues endroits en ces termes : Autre naray me Isabeau^ tant que vivray. Celte devise , d'Autre fCaray^ est sous ses armoiries à Bruges, dans réalise de Saint-Donatien, parceque c'est là qu'il institua l'ordre de la Toison d'or, en âveur de cette princesse, comme il dit lui mesaie au premier article des statuts de cet ordre de chevalerie, fraternité et amiable compagnie^ comme il la nomme.
Celle du seigneur de Créquy : Souvent m^en est. ^
Celle du Bègue de Lanpoy : Bonnes nouvelleM.
FJoreùlîn de Brimeu : Autrefois mieux.
Régnier Pût : A la Belle.
Gilbert de Lannois : Yosire olesir.
Jean de Yiilers, sieur de l'Isle Adam, père du grand-maître de Rhodes Jean de Yiilers :
* a ouire.
Jean de Comines : Sans mal.
Antoine de Croy : Souvenance.
Jacques de Brimeu : Plus que toutes.
Pierre de Bauffremont, seigneur de Charny: Plus dueil que joye.
Jean de Cro/ qui fut premier comte de Chimaj : Souvienne vous.
J)ICT10>N. HÉRALDIQUE.
Jean de la Trémoûille, sieur de Jonvelle : Ne m'oubliez.
Pierre de Luxembourg, comte de Piney :
Yostre vueil.
David de Brimeu : Qtumd sera-ce.
Charles de Bour^gne, fiU de Philippe le Bon, eut pour devise : Je Vay emprins ; et Marguerite d'Yorck , son épouse : Bien en avienne. Olivier de la Marche dit : « Le mot du mondit seigneur estoit : Je Vai emprins: en celui de madame : Bien en avienne. d
Philippe de Croy, duc d'Arschot, avoit pour devise : Ty parvieûdray.
Charles de Croy, son fils, prince de CM* may : Jt maintiendray.
— Les proverbes et sentences entières entrent souvent en devises*
Jean Euchaire Schenek, baron de Castel en Allemagne, qui porte d'argent au bois de cerf de gueules, a pour devise : Plutost rompre que fléchir.
Yolfgang François Ignace, baron de Spiringk : Plus cogitare quam dicere.
Chalant en Savoye : Tout est^ et n^est rien.
Granery à Turin : Vt seres mttes. *
Sotara en Piedmont : Tel flert qui ne tUe pas.
Grilles à Arles et à.Gennes : Nitimur in vetitum.
Bardonenche en Dauphiné t Tutum forti presidium virtus.
Baronat en Forest : Vertu a Vhonneur guide.
— Les mots historiques sont d'autant plus beaux, qu'ils marquent des événements illustres.
La maison de Sassenage, en Dauphiné, a eu pour devise autrefois. J'en ai la garde du
{}ont^ dont Monsieur Chorier, qui a écrit 'histoire généalogique de cette maison, dit que l'autheur et la cause sont ignorez. On voit néanmoins qu'elle est historique.
La maison des Vaterins de Lion, qui est à présent éteinte, et qui a donné autrefois un premier président au parlement de Dijon et un podestat de Milan, portoit en cimier un écusson de Bourgogne avec cette devise : Le duc me Va donné.
— Entre les devises de simples figures, estoit celle du fusil, des ducs de Bourgogne. Celle du chardon, des ducs de Bourbon.
Celle des roses blanches et des roses rouges, de la maison d'Yorck et de la maison de Lancastre en Angleterre.
Roland de Haukerke, chevalier de la Toi* son d'or, de la première création, avoit pour devise deux cornets autour de ses armoiries, comme on voit à Bruges dans l'église de Saint -Donatien. Le seigneur de Ternaut deux bracelets ou deux hameçons.
En Piedmont il y a diverses exemples de~ celles de figures et de mots, qui ne sont pas des devises régulières, comme les Yalp: rgues ont pour devises des étriers à cdté de leurs armoiries, avec le mot ferme ioy.
Les Aglié Saint-Martin, un trousiseau de flèches, avec le mot : Sans départir.
Frusasque, des tours à tourner, avec le mot : Qui^ qui.
Le cardinal de Bourbon avoit un bras avec