‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-Christ (volume 4)Chapitre 79 sur 199 · EB · texte numérisé non relu

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DICTIONNAIRE HTOALDIQUE.

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L'histoire ms. de Bertrand du Gucsciin )Hirle du (irap de Benevent :

Et getta-OD sur lai OB drap de

Un auteur Grec qui a fait un abrégé de la description du monde, dit que le trafic des

S^aui de Babylone, se faisoit en la Cappa- OCe: *Efiwophsiç iàxmyrmc |3.1ti9t«ç ir«tvT«;^ov itéfi-

vcxov icùXiw (1), et iElian» en ses livres de la Nature des animaux (2), fait assez voir aue ces i)eauxestoient les mêmes que celles d* Arménie, écrivant que les peaux de Babylone estoient peaux de rats et qu'elles se debitoient chez les Perses, qui les prisoient beaucoup, et en faisoient des robes ou des couvertures qu*ils appelloient xaviMcxâc dout Pollux (3) et Ammian (h) font aussi mention ; les Grecs recens appellent encore à présent les hermines (5) irivTcactv sans djouter l'espèce da l'animal et non-seulement les hermines, mais encore toutes sortes de rats indifféremment.

Les hermines ne naissent pas seulement dans l'Asie, et autres provinces de l'Orient, mais encore dans les pays septentrionaux. Justin, au I. 3 de son Histoire, dit que les Scythes qui habitoient .les terres occupées aiyourd'hui par les Tartares et les Moscovites se servoient de peaux de rats pour vêtements, ignorans l'usage de la laine : Lanœ USU8 ac vestium ignottu : et (juamquam frigoribus continuis urantur^pelltbus tamen ferxnis aut murinis vettiuniur (6). Ne faisant aucun doute qui n'ait entendu parler des peaux d'hermines, veu qu'il est constant que la Moscovie et autres provinces voisines, abondent en ces animaux : et cecy est encore confirmé par Ammian Marcellin, ]orsqu*il parle des Huns, que quelques auteurs qualifient du nom de Scythes : Indumentis operiuntur linteiSf vel ex pellibiM silvestrium tnurium €on$areinatis (7). Martin Cromer (8) dit que les marchands polonais en font grand trafic. Paul Jove et Alexandre Guaguin asseurent le même des Lappons , et autres peuples ^ tributaires du grand duc de Moscovie. Le juif Benjamin en son Itinéraire (9); et Jean d'Orronville (10) en la vie de Louys III, duc de Bourbon, remarquent aussi qu'il s'en trouve grand nombre dans les forêts de la Prusse. Alderesius, auteur de la Géographie arabe, témoigne qu'il y en a dans quelques forets de l'Afrique (11). Et enfin la Chronique ms. de Bertrand du Guesclin parle en quelques endroits des peaux d'hermines, qui

(i) Alipiî Antiocb. Geogr.

(i) iElian., deAnim., iib. xvn, c« 17.

[3j Jul. Pol., iib. VII, c. 13.

US Ammian., Iib. xiii.

[5J Noscopul., tUpi vyiSoy.

[6J Corona preliosa. Jusliii., Iib. ii.

[7) Ammian., Iib. xxu.

[8) Cromer., liv. i Polon.

[9) Benjamin., îo Iliner. exlreino.

(iO) Orronnille, c. 23.

/ il I Geogr. Nubiens., o. 9.

s'apportoient des pays appartenaiis aux Sar« razins :

Vestus moull noblement de sendanre et d*orrrols, Et de beaus dras ouvers d*llermins sarazinois.

Je ne veux point m'arréter à ce qui regarde le blazon de 1 hermine, parce qu'outre que cela est hors de mon sujet, cette matière d'ailleurs a esté traitée amplement par tous ceux qui ont écrit des blazons. Je remarque seulement que l'hermine estant l'annoiriedes ducs de Bretagne, en estoit aussi la derise. Bretagne, roy d'armes, décrivant l'enterrement du ccnir d'Anne, duchesse de Bretagne, dit Qu'à rentrée de l'église des Cannes où il fut déposé, il y avoit un grand écu partj des armes de France et de Bretagne, coaronné de deux couronnes, et enrichi d'une cordelière d'or (1). « Au dessous dudit escu il y avoit une ermine faite près du vif, ayant un fanon d'ermines au col, passante estoit sur une mote de verdure (que la Co* lombiere a mal pris pour de Teau) et diso t celle dite ermine, a ma vte, qui est raoïi-

aue mot dunoble pays et duchéde Bretagoe.i e mot n'est autre, si je ne me trompe, que le cry de guerre des ducs de Bretagne , n'ayant rien de commun avec l'hermine, quoique je n'ignore pas au'ils ont encore crié, miM Yves ou. saifu Malo : se pouvant faire qu'un comte ou duc de Bretagne s'estant vu en péril dans le combat , avoit imploré l'assislaDce des siens, en criant que l'on en vouloit à sa vie : mais cela n'est qu'une pure conjecture. ChifQet remarque encore que Frédéric d'Arragon , roi de Naples , mstitua Tordre d» l'Hermine en l'an 1&97, qui pendait à un collier d'or (2). Voilà ce que i ai remarqué de l'hermine : maintenant il laut dire quelque chose du vair avant que de parler des couleurs qui entrent en la composilioD des armoiries.

Tous les auteurs conviennent que le vair a esté une des plus riches pannes ou fourrures dont les princes se soient revêtus. Nos herauds qui le reconnoissent et l'admettent dans les armoiries, avec l'hennioe, le représentent comme parsemé de cloches, les unes en leur forme naturelle, les autres renversées jointes ensemble. Cœsar Vocellio, auteur italien, décrivant les habits et ia robe d'Ordeiofe Paliero, qui estoit doge de Venise en l'an 1085, dont k flgure se voit sur la porte du trésor de l'église de Saint- Marc de la même ville, dit que la robe de ce duc est fourrée de peaux de vair, qu'il représente comme le rapeionné. Voici les termes de cet auteur pour faire voir l'estime que l'on faisoit de ces peaux ancienneioeut. « // manto dungue era ai seta fHgiato (Tor^t et fodrato di vari pelli , ehe in gud tempi erano di grandissima stima^ et di gui imu^' che tarmi et Vinsegne di motte famigtie n<h 6iYî, fanno oltre le attre cose gueste pelli, clu chiamario vari, et percio si vede^ che l*alU^'

(1) Cérémonial de France, première édil., p* t^* tt\ Cbifflet., iD Aoast Child. c. tU

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chi pitiori qmUungue ffoiiéTvoltvano ritrar gualch€ gran perêonaggio diauttoriià ; lo de* pingevano ordinarienminie con un manio fodrato di guette pelli (1).

Là plupart des auteurs (2) écrivent que le vair I) est autre chose qu'une fourrure com-* posée de petits morceaux de peaux d*hermiues, et de celle d'une betellette, nommée gris, lesquels estant découppez et taillée ar« (istement en triangles, représentent la figure de diverses cloches renversées les unes contre li s autres, les droites estant de gris, les renversées d'hermines, au moyea de ce que le poil venant à s'eslargir au bas du triangle, et à semesler l'un parmv l'autre, il prend la figure de la cloche, ou d un verre, d'où quel* ques uns ont pensé que cette pelleterie a voit pris son nom : de là on infère qu'au blazon du vair, aussi bien qu'en celui de Thermiae i7 û'y a point de fonds, c'est*à -dire qu'il n'j a aucune pièce chargeante ni semée -.Vargent

Sui est emploie pour marquer la blancheur e l'hermine; et l'azur que représente le gris, auquel cette couleur tire plus que par une autre, estant vair : bien qu'improprement on prene aujourd'huy l'azur pour le vair, comme l'oa fait le^ mouchetures noires pour les hermines.

Ces mêmes écrivains (3) ajoutent que c'est pour cela que le nom de vair a esté donné b cette (>elleterie, acause de sa variété, estant (iirersiûée de peaux de'differentes couleurs, de même que parmy 1. s Latins (<t), vesiis va* ria dicebatuTj quœ erat discolor^ ditersisque coloribus comula. Car, suivant le dire de Cicerou (5), tarietas^ verbum laiinum esif idque proprie quidem in disparibus coloribus dicitur. Ceux de Babylone semblent avoir esté les premiers qui ont inventé ces sortes de fourrures marquetées et diversifiées. Zonare raconte que Sapor roy de Perse, qui vivoit du temps du grand Constantin, ayant fait voir & son fils Adanarse, alors jeune enfant, une superbe tente qui luy avoit esté envoyée de Babylone, jEaite de peaux d'animaux qui naissent en ce pa^rs là, artistement diversifiées et marquetées, il lui demanda ce qu'il lu V semblait de ce riche présent : à iaoy Adanarse fit réponse, que lorsqu'il seroit roy, il feroit faire un pavillon sans comparaison plus exquis, et qu'il le ferait faire de peaux d'hommes. Ce que cet auteur rapporte de ce jeune prince pour un présage de sa cruauté, qui luy fit perdre le royaume dans la suite du temps : et faisant voir d'ailleurs en cet endroit, que ces peaux de Babylone estoient de diverses couleurs et comme

marquetées : viatvà iroti tû noxpl ^ccxoficaOq ix B«- ^vXmoC èipf^aan àyx^P^^** «roixcX^irtpov tipyuv*

fUm (6}« S. Hierôme, si nous croions quel*

(1) Caesare 'Vecellio, de gll habilî antiq. et modemî del mondo* p. 42.

(2) FaiicbeU du Cheval, liv. i, c. 2.

(5) La Ro€^e-Ftavin, liv. x, c. 25, n. 15. Fauchèi et autres.

(4) Ant. Tbjlesius, de Coloribus» c. 15. Âlciat. Parerg. 1. il, c i.

(5) Cicer. de Fioib. lib. u.

(01 Zonar. tom. Ilf, p. 11.

ques-uns, écrivant à Lœta, a parié de ces peaux marquetées de Babylone, pro gemmis et serieo ditinos cediees amet^ in quibui n&ii auri et peliie Babylonicœ vermiculata pictura^ êed ad fidemplacuit emendata et erudita diS" tinctio (1|. Mais je ne doute pas que ce pas* sage ne doive estre entendu du parchemin ou du velin de ces livres, que l'on ornoit de figures, de peintures et de mignatures : car suivant l'autorité de Pline, colores diversos picturœ intexere Babvlon maxime celebravit et nomen impùêuit (2). Quoyqu'il en soit, ayant iustifié cy-devant que les peaux, dont ceux de Babylone faisoient des robes et des couvertures, estoient de rats; et^Zooare écrivant que la tente de Sapor estoit composée et marquetée de peaux du pays ; il est aisé de se persuader qu'ils ont esté les inventeurs du vair, qu'ils composèrent des peaux d'hermines et de gris, qui sont des animaux c[ui naissent ordinairement sous les mêmes climats. Quelques savants rapportent à ce sujet un passage de Callixene, dans Athénée (3); mais, selon mon sentiment, cet auteur semble parler des tapis de Perse diversifiez de couleurs et de figures d'animaux, appeliez parPIutarque SenriStç (4).

Monet,en son inventaire des deux langues, écrit que le « vair est une espèce d'écurieu de pou tirant sur le colombin par le haut du coi^s, et blanc sous le ventre : dont la peau, se dit-il , sert de fourrures aux manteaux des rois, laquelle on diversifie en quarreaux et tavellures de colombin , et de blanc , ores de plus grand, ores de moindre volume,

Îu'on appelle grand vair ou petit vair. » h auteur de ce temps (5) parlant des Moscovites, dit qu'ils sont pour la plupart marchans , et font trafic de peaux de maries zebellines, et de rats musquez, qui est, ce dit-il , nostre ancien menu ver, dout les roys etles grands portoient autrefois des fourrures. Aux Comptes d'Ëstieun^dc la Fontaine, argentier du roy, des années 1349, 1350 et 1351, au chapitre des pannes, il est souvent parlé « de ventres de menu vair. » Du Pinet, en sa traduction de Pline, semble donner le nom de rosereaux aux menus vairs. Mais quant à moy, j'estime que ces animaux, dont tous ces auteurs parlent, ne sont autres que les gris, que le juif Benjamin, suivant la traduction d'Arias Montauus, appelle d'un seul mot veergases ou vairsgrts , écrivant qu'il s'en trouve un grand nombre dans les forests de Bohême : Regio omnis montosa est^ silvisque frequentissima^ in quibus animalia itla inveniuntur^ quœ veer^

Îases dicun/MT, eœdemque zibellinœ dictes (6). ,a traduction de Constantin l'empereur porte : veer^a^fâ, alias martes Scyticœ^ où toutes fois ces derniers mots semblent estre

il) S. Hîer.,>ep. ad Laetam.

2) Plin., lib. vm, c. 48.

3) Athen., 1. iv.

4) Plut, in Agesil.

(5) Jean le Laboureur, en la relation du v«i]fage de la rcync de Pologne. j.. «, .

(6) Beigamin., in Itin., p. 114, edit. PlanU

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