‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 10 sur 105 · ADV · texte numérisé non relu

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soD Cour. Mais ce prince étant mort subitement avant la fin de ce voyage, Charles le Chauve s*empara du royaume de Lorraine. Adventius l'aida de toute son influence, présida la cérémonie du couronnementf à Metz, en 869, et mourut à Paultz, le 31 août 875, dans la dix-huitième année de son épiscopat. Il composa lui-même son Kpitaphe, en vingt-quatre vers élégiaques : il y remarque que dans sa jeunesse il en avait composé de joyeux ; dans sa vieillesse, il n'en composait plus que de tristes ; quoi-

3ue son i>ère fût Saxon, la France lui avait onné le jour ; son élection à l'épiscopat avait été applaudie par le peuple, à l'instruction duquel il avait travaillé toute sa vie. Ecrits oAdvmtius. — Outre l'Epitaphe dont nous venons de parler, Al nous reste d'Adventius quelques lettres de sa corres- {KDUdance, son mémoire présenté au concile de Metz, et quelques places conservées parBaronius dans ses Annales.

En présidant à la cérémonie du couronnement de Charles le Chauve comme roi de Lorraine, il fit à sa louange un discours dans lequel, après avoir gémi sur les malheurs du règne précédent, il déclarait aux assistants gue Dieu leur ayant 6té leur

E'nce, ils devaient reconnaître pour héritier jitime de sa couronne Charles, roi de France ; que ce prince était prêt, de son côté, k faire serment qu'il gouvernerait son nouvel Etat selon les lois ; qu'il protégerait les églises et les pasteurs, et travaillerait au repos et à Tavantage de toute la nation. Cette narangue, qu'Adventius prononça comme venant de la part de Dieu, fut reçue avec applaudissement.

II fit aussi, dans le concile de Douzy, en 811, un petit discours dont la conclusion portait que Hincmar de Laon devait être dé{>osé, pour avoir excommunié, sans sujet légitime, plusieurs de ses clercs, et refusé de les rétablir, quoiqu'il eût reçu trois monitions ad hoc de la part de son métropolitain. L'écrit d' Adventius, sur la validité du mariage de Lothaire avec Waldrade, est rapporté dans fiaronius, avec une préface assez longue, sur l'autorité des rois et des évèques. Il écrivit aussi plusieurs lettres sur la luéme affaire : une, adressée à Theutgaud, archevèquede Trèves,qui partageait son sentiment sur le divorce de Tbietberge; et une seconde, sur le même suj et, adressée à Hatton, évèquede Verdun.Elles sont,runeet l'autre, mi témoignage du repentir qu'éprouvait Adventius» d'avoir favorisé les passions de Lothaire, et du désir qu'il avait qu'on pût trouver les moyens de faire rentrer ce prince en lui-même ; mais ces apparences cachaient un solliciteur. Il prie Theutgaud de brûler sa lettre, et, avec Hatton, il ne s'expligue au'eu lui demandant un secret aussi inviolable que celui de la confession. Des deux lettres qu'il écrivit au pape Nicolas I" pour s'excuser d'avoir favorisé le divorce de Thietberge et lui demander la paix» il ne nous reste que celle qu'il lui fit remettre par le .prêtre Theudéric. 11 parait que celle ou'il

DiGTIONN. DK PaTROLOOIB. I.

avait confiée au moine Bel ton» porteur des dépêches du roi Charles le Chauve au même pontife, n'est pas arrivée jusqu'à nous. Le saint-père répondit à ces deux lettres par une seule, dans laquelle il se déclarait satisfait de sa démarche et lui rendait sa communion. Il nous reste encore trois lettres d' Adventius au même pontife. Dans l'une» il s'excuse, comme nous l'avons vu, de ne pouvoir assister au concile de Rome, à cause de ses infirmités ; dans l'autre, il se justifie de quelques reproches que le pape lui avait adressés ; et, dans la troisième, il fait l'apologie de la conduite du roi Lothaire envers Tbietberge. Les liaisons qu'il eut avec Hincmar de Reims, ne nous permettent pas de douter qu'il ne lui ait écrit plusieurs lettres ; mais ces lettres sont perdues, ou tout au moins n'ont jamais été livrées à l'impression.

ADZENAmE, abbé de Saint-Remi, voulant effacer ses péchés, fit un décret en faveur des pauvres. Ce décret portait qu'en certains jours de l'année il leur serait distribué, par l'aumônier du monastère, du pain et du vin pour leur réfection. Pour subvenir à ces aumônes, il abandonna ce qu'il avait acquis par son propre travail, avec les biens de son abbaye, dont l'usage n'avait pas encore été bien fixé. Il adressa ce décret à ses religieux vers l'an 1100. U nous a été conservé par dom Martenne.

^LRÈDE, né d'une famille noble, et élevé dès son enfance avec le prince Henri, fils de David, roi d'Ecosse, quitta la cour pour embrasser la vie monastique dans l'abbaye des Bénédictins de Riéval , au diocèse d'York. D'une conduite édifiante, on le chargea, quelques années après sa profession, dû soin des novices ; puis il fut élu abbé de ce monastère , qu'il gouverna jusou'à sa mort, arrivée le 12 de janvier 1166. Bollandus, qui rapporte à ce jour sa vie et ses miracles, lui donne le titre de bienheureux.

Miroir de la charité. — Un des plus iraportants ouvrages d'jElrède est celui qui a pour titre : Miroir de la charité. U est divisé en trois livres, dans lesquels l'auteur traite à fond de cette vertu, qui est la mère des autres vertus chrétiennes. Il a lait précéder son écrit d'un sommaire ou abrégé dans lequel il nous montre que nous ne pouvons nous dispenser d'aimer Dieu, parce qu'en l'aimant nous évitons ses chAtimeuts, et nous méritons ses récompenses. C'est une justice d'aimer Dieu, puisqu'il nous a aimés le premier. En possédant la charité, nous possédons la vertu qui rend toutes nos actions agréables à Dieu. Elle est comme un couteau divin, qui retranche de l'âme toutes les passions vicieuses, et qui procure à l'homme un repos qu'il ne peut trouver ni dans les richesses, ni dans la santé du

glé de soi-même et du prochain, double amour qui n'est pour ainsi dire qu'une portion de ramour de Dieu.

Dans le premier livre, composé de 3* cha-

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MGTTQNNâIRE de PAf ROLOGie.

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fitreSy ^Irëde en^elgue que Thoinme, fait Timage de Dieu» esiGapaDle de béatitude, et que par son libre arbitre assisté de la grflce, il peut| en aimant Dieu sans cesse, trouver toujours son bonheur dans sa connaisaaiice et dans son souvenir ; mais qu*en cessant d*aimer Dieu pour s'attacher à la créature, il tombe dans la misère. Il traite ensuite de la réparation de l'homme car Jésus-Christ, de la grâce de U Rédemption, de son efficacité qui laisse au libre arbitre toute son action, en sorte quec^est l'homme

3ui fait le bien, et que, prévenu et assisté e la grftce, il le fait librement. Il fait cette distinction entre la grftce donnée à l'homme innocent et la grâce donnée à l'homme pécheur; celle-ci est bien plus forte crue la première, à cause des infirmités de fa nature corrompue , et du don de la persévérance. Il dit que de tous les^ anjmaux, l'homme a la prérogative de s'élever dos

Slaisirs des sens au désir du souverain bien, ont la possession seule peut le rendre véritablement heureux. Le second livre est divisé en 36 chapitres. iEIrède s'y étend sur les effets différents que la charité et la cupir dite produisent dans le cœur de l'homme ; l'uue en calme les passions, l'autre les irrite ; mais il avertit qu'il ne faut pas prendre pour charité certaines affections passagères que l'on ressent pour Dieu. Le véritable amour consiste dans un attachement pur, sincère, continuel à sa volonté. Cet amoar n'est pas parfait d^abord ; il a ses degrés de periection pour nous élever vers Id ciel, comme la cupidité a les siens pour nous abaisser vers U terre.

Dans les ki chapitres qui composent le troisième livre, Fauteur donne la déûuitiou de l'amour, de la charité, de k cupidité, ce qu' il n'avait pas encore fiait jusque-là. Sous le nom uamour, il dit qu'il fout entendre, ou la faculté naturelle ou'a l'âme d'aimoF ou de ne pas aimer un ooiet déterminé, ou l'acte même de cette faculté qui sa porte vers un objet bon ou mauvais ; la qualité de l'objet détermine la qualité de ramoar, qui est bon ou mauvais, suivant que son objet est bon ou mauvais. Selon ^Elrède, la charité et l'amour sont une même chose, avec cette (jifférence que la charité a toujours un bon objet. Dieu ou le prochain, et que l'amour peut en avoir un mauvais. C'est h nous de choisir, et, après notre choix, de consulter la raison pour fixer notre amour, liais il doit y avoir de l'ordre dans ees amours. Si nous aspirons au comble de la perfection en nous attachant à Dieu, nous devons pous le proposer comme Ja fm de toutes nos actions, lui rapporter toutes nos abstinences, nos veilles, nos lectures, nos travaux. L'amour de nous-mêmes consiste à pourvoir aux besoins de notice corps et au salut de notre âme. C'est ainsi que nous devons aimer le prochain, et il y a même un ordre à observer;dans les attentions gue nous inspire cet amour ; c'est de préierer ceux qui nous sont les plus proches par le sang, par l'amitié ou par tes bienfaits.

en conservant toutefois la volonté de nous rendre iltile à tous.

De V Amitié spirituelle, -^ Le traité de VA^ mitié spirituelle esf aussi partagé en Iroit livres. Il est en forme de dialogue, dont les interlocuteurs sont ^Irède^ Yves, Oratien et Gauthier. Dès son enfiineer iEtrède ne trouvait rien de plus dotrx que d*aimer et d'être aimé. Cette passion le suivit dans les écoles, sans qu'il en comprit les dengers ; ignorant même les lois de l'amitié, il chan* geait souvent d'objet. La lecture des livrer de Cicéron, sur la même matière^ lei denoa des sentiments et lui fit eonnaltre en cfuoi consiste Tamltté. Mais, plus tard, avant cruitlé le monde pour se consacrei* k Dieu dans un monastère, il s'applique k l'étude des Ecritures et v trouva du goût. Comparant ce Qu'il avait lu de l'anirtié dand les écrits de Cicéron avec ce qu'il en retrouvait dans les livres saints,il était surpris de ne plus épron^ ver d'attraits que dans la doueeuf du nom de Jésus assaisonné du se) des divines Eeritures. Cela lui inspira le dessein de tirer de ces livres divins et des écrits des Pères de quoi former un traité, où i) preserirail les règles d'une chaste et sainte amitié.

Il en distingue de trois sortes : l'amitié charnelle, l'amitié mondaine, Tamitié spirt« tttelle. La première tire son origine d^un consentement aux mêmes vices ; la seconde de l'espérance du gain et des avantages temporels ; la troisième, qui est la seule véritable, n'a pour but ni les voluptés^ ni tes richesses : c'est une union c[ni se forme entre des personnes de probité et de bonuei moeurs. Cette amitié est undegré ft reBKmr de Dieu ; ^ussi ne se trouve-V^Ie que dans les bons. Elle ne peut enistei* entre les méchants, et l'on doit détester le sentiment de ceux qui croient qu'il est nermls de manquer a son devoir peinr faire plaisir à un ami. £n effet, l'amour de Dieu étant le fon^ dément de l'amitié chrétienne, il est nécessaire gue Dieu en soit aussi la fin, et cpie les am]s lui rapportent tout ce que Teffeelion réciproque leur inspire.

Sermons. — On a fait un recueil particulier des sermons d'iElrtde. On en compte trente et un sur la prophétie d'feaïe, et en particulier Sur les chapitres qui touchent aui malheurs de Babjlone, des Philistins et des Hoabites. iËlrède, qui avait d'abord donné à ses frères une courte explication du commencement de cette prophétie, voyant qu'ils y prenaient goût et gu'ils en retiraient de l'avantage, la continua jusqu'au dernier des malheurs de Moab. Alors, rédigeant par écrit ses homélies, il les envoya a Gilbert, évêquc de Londres, peur les examiner et en dire son sentiment. Il s'y applique moins à développer le sens littéral du prophète qu'à en tirer des allégories el des moralités pour Tinstruction de ses re-ligieux. Il ne laissé pas de faire ressortir, de tempa en tcfmps, des tentes mystérieux d'Isaïe, l'accomppHssement des prédictions

Îu'il avait faites sur l'Eglise. H dit, dans le ixième discours que les deux grandes lu-

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UCTIONNAIRE K PATHOLOGIE.

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oiièrM dont il est parte ûvùb la Genèse, le soleil et la lune sont la figure des deux

nÛ3 astres qui brillent dans le firmament 'Bgllsêt le sacerdoce et la royauté^ le roi et ré?dque« le prince et le clerc, qui produisent toujours un effet admirable, quand ils se tiennent chacun dans les bornes de leurpuissanoe^ l'un en présidant aut choses spirituelles» i*autreaux affaires temporelles et stfculiàres« 11 rappelle aut évêques les exemples de saint Augustin ^ de saint Grégoire, de saint Ambroise, de saint Hilaire, et il propose aux rois et aux princes ceux de Théodose et du grand Constantin.

On a aussi d'iSlrède vingt-cinq sermons sur les évangiles des dimanches et des principales ntes de Tannée. Ils sont imprimés dans le tome V de la Bibliothèque de ClteauT. Le discours sur le second chapitre de saint Luc, où il est dit que Jésus, âgé de douze ans, fut retrouvé dans le temple au milieu des docteurs, a été imprimé clans le II* tome des OBuvres de saint Bernard. L'auteur examine dans ce discours pourquoi Jésus-Christ est né à Bethléem, pourquoi il fuit en Kgypte et j demeure caohé« pourquoi il est nourri à Nasaretb, et enfin pour^ quoi, sortant de là pour aller à Jérusalem, fl n*7 va pas seul, mais sous la conduite de ses parents. Il remarque qu*it était d*usage parmi ks Juifs, lorsqu'ils allaient à Jérusalem aux jours des solennités, que les hommes en chemin ftissent séparés des femmes, afin de pouvoir s*y présenter avec une plus grande pureté d'âme et de pensées. Ce qui se passa dans le temple entre Jésus et les docteurs lui fournit Vorcasion d'établir sa divinité, sà consubstantislité avec le Père et le Saînt-Esprit. Quant à ces paroles de saint Luc: Seê parenté ne eoffipritenê point ee quU leur iiiait^ iElrède croit que eela ne regardai! point là sainte Vierge, qui depuis qu*elle avait été remplie du Saint-Esprit, ne pouvait ignorer aucune des choses qui regardaient son Fils. C'est pour cela, dit-il , qull est écrit qu'elle conservait toutes ces paroles dans son ccBur.

OEuvreê historiqueê. *^ On trouve &JE\'rède, dans le recueil des historiens anglais, l'Histoire de la guerre de Standard, en 1188 ; la Généalogie des rois d'Angleterre ; la Vie et les miracles de saint Edouard, roi et confesseur, et la Vie de sainte Marguerite^ reine d'Ecosse. Il jT a aussi un iVagment de son ouvrage intitulé : Des affaires (VAn§leterre^ adresM ft Henri II, duc des Normands» et depuis roi$ avec le discours que le roi £dgard fit au:^ évèques H aux supérieurs des nonastères.' Ce prince, surnommé le Pacifique, voulut rétablif le bon ordre dans le âergé séduiier et régulier, assembla les évé-

3ues et les supérieurs, et les fit souvenir es soins que lui et ses ancêtres avaient pris de leur procurer les besoins de la vie, la paix et le repos< 11 leur représenta les scandales qu'ils causaient par leur mauvaise conduite on parleur relâchement, en necor- Hgeattt pas eeux des clercs et des moines qui s'éloignaient dés règles de la discipline.

et les exhorta à prendre de leur côté le glaive de saint Pierre, pendant que du sien il prendrait le slaive de Constantin pour re^ trancher tous les désordres qui déshonoraient TEgli se.

Les bibliothécaires anglais font mention de quelques ouvrages historiques d'iElrède qui n*ont pas encore été rendus publics; savoir: un livre des Miracles de 1 Eglise d'Hagustadt^ la Vie de saint Ninicn évéque; la Vie de saint Edouard, en vers élégiaques, dédiée à Laurent , abbé de Westminster ; celle de David, roi d'Ecosse, en deux livres, adressés à Henri II, roi d'Angleterre ; le second de ces livres donne le précis de la vie des rois anglais, depuis Edeiwulfe, père du grand Alfred, jusqu à Henri H» et une chronique depuis Adam jusau'à Henri I", On attribue aussi à £lrède a'autres écrits qui n'ont pas encore été imprimés ; en voici les titres : La flUhe de Jonathas ; Des trois Hommes ; Des diverses verttÂS ; une Explication du Cantique des cantiques ; Du lien de laper^ feotion ; un Dialoaue de la natiM'e et des qualités de Vdmsf en aeux livres ; Des douze aaus des cloîtres ; De la lecture evangélique ; un Dialogue entre V homme et la raison ; trois cents Lettres ; un Recueil de sentences choisies ; Des fnœurs des prélats ; Des offices des ministres ; cent Sermons synodaux ; un Traité de la milice chrétienne ; unife la Virginité de Marie ; Y Histoire de la fondation de Sainte^ Marie d'York et des Fontaines.

Les OEuvres d'^lrède sont des preuves de la solidité de son esprit et de sa piété ; elles abondent en instructions salutaires, en maximes édifiantes, en règles de conduite et de perfection. Il dait intéresser ses lecteurs par la Clarté et la précision de son âtyle, par l'onction qu'il répand sur les vérités de la religion, ôt par la façon aisée dont il en propose 6t en lait aimer la pratique.

AGANON, chanoine de GhAtillon, écrivit un discours en l'honneur de saint Varie , prêtre et patron de l'église collégiale de cette ville. Il donne d'abord un précis de la vie du saint i ensuite > il fait rhistoire de la translation de ses reliques et des miracles accomplis sur son tombeau. Il en cite un opéré en faveur d'un impotent, en présence du roi Robert et des évéques et abbés qu*il avait assemblés à Acry, en 1020, pour y traiter de la paix. Aganon ne composa donc son discours que depuis cette annee-Ià. Il le finit en exhortant ses auditeurs à imiter les vertus du saint, et à invoquer son secours pour la conversion de leurs mœufs e( pour la cessation des calamités dotit ils étaient afQigés. Le P. Etienne le Grahd traduisit en français ce discours et le fil imprimer à Autunenl651.

AGANON, était évoque d'Autun dès Tau 1059, puisque la même année il assista eu cette qualité au couronnement du roi Philippe. Des habitants de Beilini, dans son diocèse, ayant à se plaindre des vexations de Raginard, leur seigneur, qui exigeait d'eux

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DICTIONNAIRE DE PATROLOGIË,

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des droits exorbitants et inusités, portèrent leurs griefs devant le tribunal de l évoque. Quoique ce Raginard fût son frère, Aganon, Mins avoir égard à la chair et au sang, employa rautonté de Hugues, duc de Bourgome, et de Roclène, évéque de Châlons, pour le réduire à se contenter de ce' qui lui était dû. L'évéque dressa lui-même l'acte d'accommodement, le jour de la Pentecôte, en présence du clergé, du duc de Bourgogne et de révoque de Châlons. Cet acte, daté du mois de mai 1076, est rapporté dans T Appendice du IV tome de la Gaule chrétienne. Il est suivi d'un autre acte qui contient la fondation de l'église de Saint-Germain et de Saint-Saturnin, à Planèse, par le même Aganon. En 1070, il se trouva au concile d'Anse, a celui d'issoudun, en 1081, à celui de Meaux, en 1082, et il en tint un lui-môme à Autun, en 1094., où le roi Philippe, l'empereur Henri et l'antipape Guibert furent excommuniés. Quelques années auparavant, il avait fait le pèlerinage de Jérusalem, et s'était trouvé, à son retour, à la mort de Grégoire VII, à 8aleme. Il mourut lui-même le 25 de juin de l'ap 1098.

AGAPET (saint), Romain de naissance et archidiacre de l'Eglise de Rome, fut élu pape

en 535, et succéda à Jean II. Il avait une^ ^^^

grande force de caractère, il comprenait toute échange, il lui promet son affection pater-

l'importance des devoirs do sa place et les nelle; il loue sa foi et il l'engage à faire seraccomplissait à la rigueur. Il quitta Rome "'^ *^

ne siégea que onze mois et trois semaines. Son corps fut transporté à Rome et enterré dans l'église de Saint-Pierre du Vatican. 11 nous reste de lui quelques lettres, que nous allons essayer de faire connaître par une courte et rapine analyse.

Deux lettres à Justinien. — L empereur Justinien, selon l'usaçe de ses prédécesseurs, lui avait adressé » après son élection, la môme profession de foi qu'il avait déjà présentée à Jean II. Saint Agapet lui en accuse réception et la déclare conforme aux saints canons. Il le félicite de son zèle pour la foi et de sa pieuse sollicitude pour conserver la paix de TEglise. Mais ri l'assure en môme temps qu'il a pris la ferme résolution de consacrer les jours de son pontificat à poursuivre l'hérésie, sous quelque forme qu'elle se présente et quelque manteau qirelle emprunte pour cacher ses pièges et dissimuler ses dangers. Sans doute les anathèmes lui coûteront à prononcer ; mais il tient encore plus à conserver intact et sans souillure le dépôt de la foi et la sainteté de la doctrine.

La seconde lettre est une lettre de reconnaissance et une réponse aux compliments de congratulation que Justinien lui avait adressés sur son avènement au suprême pontificat. Il le remercie de son dévouement, et, en

pour se rendre à Constantinople où il fut reçu avec pompe, le dix des calendes de mai de la môme année. Le but de son voyage était de satisfaire aux instances de Théodal, roi des Goths, qui craignait une guerre de la part de l'empereur, mais aussi et surtout pour s'opposer aux hérétiques et à la protection que leur accordait Justinien. Ils eurent ensemble une discussion sur la question des deux natures en Jésus -Christ, et ce prince, qui avait la faiblesse de vouloir dé-

longtemps

^^ ^^^^ M 'eutycliien Anthyme.

Agapet lui repondit avec la dignité du chef de l'Eglise et du dépositaire de la foi : « Je croyais avoir affaire h un empereur catholi-

Ïie, mais je vois que je n'ai affaire qu'à un ioclétien. »

La fermeté du pontife imposa à l'empereur et aux hérétiques qu'il favorisait. Anthyme, devenu patriarche de Constantinople par les intrigues de l'impératrice ïhéodora, retourna à son évéché de Trébizonde, dans la crainte d'être forcé d'accepter le concile de Chalcédoine. Agapet le déclara excommunié, à moins qu'il ne prouvât sa catholicité , en souscrivant aux décisions de, ce concile. Mennas, non moins recommaudable par son savoir que par sa piété, fut élu patriarche à sa place, et le pape le sacra lui-môme. Il tomba malade et mourut à Constantinople, le 17 avril 530, au moment où il se proposait de convoquer un concile, pour faire examiner plusieurs évoques, que les catholiques ïui avaient signalés comme eutych^ens. Il

vir sa persévérance et son zèle à protéger la croyance catholique, partout où la pureté de son symbole serait attaquée. Aussi est-ce par esprit de foi qu'il doit refuser d'admettre aux honneurs de l'Eglise, les évoques gui ont mérité d'en déchoir, par l'approbation et le concours coupable qu ils ont donné au schisme et à l'hérésie. Ce serait partager leur faute et entrer dans leur prévarication que de leur restituer des titres et des honneurs qu'ils ont dédaignés. .

Cependant c'est une faute dont la vie de l'empereur Justinien n'a pas toujours été exempte, et, malgré deux professions de foi catholique, qu'il adressa tour à tour au pape Agapet, pwidant son séjour à Constantinople , nous avons eu occasion de le surprendre plus d'une fois en flaj^rant délit de protection accordée à l'hérésie. Mais la fuite de Teutychien Anthyme, son refus de souscrire au concile de Chalcédoine et l'excommunication que le saint-père fulmina contre lui, parvinrent à lui ouvrir les jreux sur cet imposteur, et il présenta lui-môme Mennas pour lui succéder comme patriarche sur le siège de Constantinople.

Aux iviques d'Afrique. — < Depuis longtemps , bien-aimés frères , votre bonheur avait rempli notre cœur d'une joie que nous nous éti'ons empressés de vous communiquer ; mais aujourd'hui que nous possédons entre nos mains les lettres que vous avez adressées à notre saint prédécesseur, nous nous crevons obligés de vous eu renouveler Teipression, en vous invitant avec nous a remercier le Seigneur qui nous a délivrés. Qui liberavit nos ab inimicis nostriSf et de

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manu ommum qui oderuni no$. » Après ce début, le saint poQtife*félicite longuement les évéques d'être sortis sains et saufs des mains des hérétiques et d'avoir échappé à leurs persécutions. U répond ensuite à la consultation qu'ils avaient adressée à son

Erédécesseur. Eviter pour eux -mômes et lire éviter à leur troupeau tout contact et toute communication avec les hérétiques tant qu'ils persévéreront dans leurs erreurs ; les recevoir avec bonté à leur retour; si leur foi est sincère, avoir pour eux des entrailles de charité; fournir à leurs besoins de nourriture et de vêtements, mais être inflexibles pour les tenir éloignés des charges et des dignités qu'ils ont remplies, de peur de faire entrer dans la bergerie le loup a la place du pasteur : tels sont, en abrégé, les conseils qu'il leur donne, et nous avons déjà eu occasion de remarquer que cette sainte rigueur était l'elTet d'une résolution dont le pieux pontife ne s'est jamais départi.

A Réparai. — U le remercie des lettres flatteuses qu'il lui avait adressées au sujet Je sa promotion au souverain pontificat, et il réclame en même temps l'assistance de ses prières, pour l'aider à soutenir le poids (le sa charge et à en accomplir toutes les obligations. 11 l'avertit aussi qu'il a préparé une réponse aux questions qui lui ont été soumises, en son nom, par Pierre et Caïus, ses frères dans l'épiscopat , mais qu'il se réserve de la lui faire parvenir par ses légats. Cependant il l'exuorte, dans l'intérêt de l'Eglise, et pour la confusion de l'erreur, de publier ce qu'il a écrit en faveur de la foi catholique.

A saint Césaire (T Arles. — Contuméliosus, évêque de Riez, qui avait été déposé dans un concile présidé par saint Césaire, en avait appelé de cette sentence au pape Agapet. Avant de donner des ordres pour la révision de ce procès, le pieux pontife se croit dans l'obligation de prévenir son frère d'Arles des motifs qui l'ont porté à prendre cette décision. Il lui témoigne qu'il eût vivement désiré de n'avoir point à juger après lui dans la cause de l'évêque Contuméliosus, d'autant plus que l'accusation de cet homme lui semblait une double injure à leur propre dignité; mais pourtant, puisqu'il a recouru au bénéfice d un appel au siège apostolique, il ne peut se refuser à le faire entendre. Il a donc résolu, avec la grâce de Dieu, de confier l'examen de cette cause à des hommes qui sauront juger en toute justice, et d*après les saints canons, de la réparation qui lui est due. C'est pour(]pioi il lui a accordé le jugement au'il soHicitait, dans la crainte d'attirer sur lui-môme cette punition dont parle le livre des Proverbes, ch. xxi : Qui obturai aurem suam ut non audiat infirmum^ et ipse invocabit Dominum^ sinon erit qui exauaiet eum. Il supplie donc saint Césaire de suspendre l'effet de la première sentence, et, jusou'à la révision du procès, de permettre à Contuméliosus de jouir de tous les bénéfices de sa dignité.

Lsiire synodale, — On a de saint Agapet

une lettre synodale, écrite en grec et en latin, et qui explique sa conduite à Constantinople dans l'affaire d'Anthyme et des autres évoques qui tenaient pour le parti des eutychiens. U dit qu'à son arnvée,

Îuand, après avoir été admis à Taudience e l'empereur, il vit le siège patriarcal usurpé par cet évêque de Trébizonde, son &me en fut navrée de douleur, d'autant plus qu'à tous ses efforts pour le ramener a la profession de foi catholique, cet hérétique ne répondit gue par le mépris. U rend compte des raisons qui l'ont obligé à le déposer, pour sacrer Mennas à sa place. Cette déchéance et cette promotion, combattues d'abord par l'empereur, obtinrent bientôt tout son assentiment. Anthyme fut oublié, et Mennas fut accueilli, comme si son élection s'était accomplie par le choix unanime du clergé et du peuple. U invite donc tous les évoques ses frères à se réjouir avec lui de ce succès, et à corroborer par leurs rescrits accoutumés ce jugement du saint-siége. • ^ Cette lettre est suivie de deux adresses, l'une de tous les moines de Constantinople, de Jérusalem et des autres contrées de l'empire, l'autre de tous les évoques catholiques de l'Orient, qui se réunissent de cœur et de conviction, pour anathématiser , avec le saint* pape Aeapet, les erreurs d'Anthyme, de Sévère et dfes autres fauteurs de l'hérésie. Ces deux pièces sont suivies de la signature de tous les souscripteurs, avec un mot indiquant leurs titres et leurs dignités.

On attribue aussi au saint pontife Agapet une lettre adressée à Anthyme, dans laquelle l'auteur, après l'avoir convaincu d'hérésie , en lui démontrant que le Christ a réuni deux natures parfaites dans fune seule personne, condamne sa doctrine et anathématise ses blasphèmes.

«Quoi donci lui dit-il, parce que le Christ est Dieu et homme tout ensemble, vous empruntez les paroles de l'homme pour calomnier la sagesse du Dieu? Parce qu'il relève, dans sa personne, la nature humaine, vous avez l'audace de rabaisser sa nature divine? Ahl quoi que vous fassiez, il y aura toujours dans le christ deux substances ; une par laquelle il est l'égal de son Père, et une autre qui le rend inférieur à Dieu, et cependant il n'y a qu'un Christ, parce qu'il n'y a qu'une Trinité. De même qu'il ne forme qu'un seul homme, et par son corps et par son Ame , de même il ne fait qu'un seul Christ par sa divinité et son humanité ; ^ et le Dieu et l'homme ne forment dans le Christ qu'une seule personne. Le Christ réunit tous ces attributs, nous faisons profession de le reconnaître dans chacun d'eux. — Que Dieu vous ramène au bien, frère, et qu'il vous accorde de revenir à la vraie rè^le et aux vrais enseignements de la foi. Amen. »

Nous croyons que c'est à tort que l'on attribue à saint Agapet cette lettre, dans la- Îuelle on remarque plusieurs passages évi^ emment empruntés à la 97* épltre au pape saint Léon I*'. Selon Baronius et Sévère

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DICTIONNAIRE DK PATROLOOIB.

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Binius, U style en est tellement différent d% oelui des autres écrits du même auteur» qa'il annonce uéoessai rement une autre origine. Il an eat de même de la date des calendes de mai 53il^» époque à laquelle Jean II» prédécesseur du pape Agapet» tî^ Tait encore. Il ne mourut que le 36 juin de l'année 535.

Qratien appelle saint Agapet le rase de ia foi, la trompette de rEvanglie, Tapôtro de la justice et de la vertu, celui qui, par ses prières et par ses larmes de catholique , rendit aux roiles du temple souillés par les erreurs sacrilèges d'Anthyrae, leur premier éclnt et leur prefnière blancheur. Du reste, toutes ses lettres respirent le zèle, la piété et celte magnanimité pontificale, qui ne sachant flatter ni craindre les hommes, ne cède qu'à la raison et au devoir. Quoique

f)eu volumineux, ses écrits font connaître 'homme, et an besoin ils suffiraient pour laisser deviner sa vie.

AGAPET n» fut élu pape en 9W. L'histoire ne dit rien de son origine et peu de chose de sa yie. L*ltalie était en proie aux troubles, Bérenger aspirait à la couronne, Agapet voulait lui opposer Othon, roi de Germanie» qui cependant ne fut couronné que par son successeur. Ce pontife envoya aussi à Othon un légat, aHn d'assembler un concile, qui su tint è Ingelheim,où Ton jugea les différends entre Hugues, comte de Paris, et Louis d'Outremer, et danâ lequel on déposa Hugues du siège métropolitain de Reims qui avait été retiré è ADaucI, à cause de sa fidélité envers son souverain légitime. Enfin il mit d'accord l'é-

f;tise de Lorches et celle de Saltzbourg, en eur partageant le droit de métropole. Agapet mourut, en 956, honoré pour ses vertus, et regretté surtout pour sa charité et sa bienfaisance.

Nous ^vons deux lettrea d'Agapot : l'une

Îdresséç à Gérard» archevêque de Lorches» propos du différend aont nous avons parlé. L Eglise de Lorches avait toujours été métropoUlaino des deux Pannonies, jusqu'aux incursions des Huns, qui la ruinèrent et obligèrent l'archevêque a transférer son siège ; et c'est à dater de ce moment qu'Arnon avait été établi archevêque de Saltzbourg. Sitôt que ia paix fut rendue au pays, Agapet jugea que chacun des deux prélats devait conser* ver sa dignité,de sorte que l'archevêque de Saltzbourg eut juridiction sur la Pannonia orientale, et cslui de Lorches sur la Panno^ nie occidentale, avec le pays des Moraves» des Sclaves et des Avares, convertis ou h convertir* Comme ce jugement était favorable à Gérard» archevêque de Lorches, le pape Agapet lui en écrivit pour l'informer ou'il l'intronisait de nouveau sur le siège arcnlé-pisoopal de cette ville, qu'il rétablissait dans son ancien droit de métropole, en lui conti-* nuant à lui et à ses successeurs l'usage du palliumt qu'il tenait du pape Léon, d heureuse mémoire. Agapet rapporte ensuite la teneur du règlement qu!il avait rédigé à ce sujet, et ajoute que siSérolde, arobevAque

de Saltaboorg, refuse de s'y souiMltrty il perdra sa juridiction.

La seconde lettre est adressée k A jmardt abbé de Gluny, et datée du mois de mars MO. Le pape j confirme la donation que le due Guillaume avait faite de ses biens à cette abbaye. Il ia déclare exempte du domaine des rois, des princes, des ducs, des évéques et de toutes autres personnes^ même des parents du fondateur, et accorde aux religieux le droit de se choisir un abbé sans l'agrément d'aucun prince. Il les remet en possession des dtmes qu'on leur avait Atées, et veut que ce que l'aboé Bernon avait fait pour rétablissement des chapelles dépendantes de Cluny, demeure ferme et maintenu. Il entre dans le détail des biens appartenant k l'abbaye, et en confirme l'usage et la possession.

AGAPET, diacre de la grande Edise de Constantinople, vivait vers l'an 527 de Jésus- Christ. Il adressa k l'empereuf Justinien, lorsqu'il monta sur le trône, un ouvrage en 72 cnapitres intitulé : Charta regia^ et contenant des conseils surles devoirs d'un prince chrétien. Cet ouvrage fut très-estimé etdoniia k l'auteur une place parrpi les meilleurs écrivains de son époque. 11 a été imprimé plusieurs fois ; mais l'édition la plus correcte est celle que Banduri en Si donnée dans le Recueil intitulé : Imperium otientiilef k Paris, 1711. Louis XIII,dans sa jeunesse, Ta val t traduit du latin en français.

Agapet représente k Justinien que, Dieii l'ayant élevé k la plus sublime dignité de la terre, il doit l'houorer avec plus de zèle que le reste des hommes ; qu'étant chargé du

Souvernail, il doit veiller k ce que le vaisseau e la République ne soit pas bnsâ par les flots de l'iniquité; qu'ainsi, il doit vouloir et agir de manière k plaire k celui de qui il a reçu la puissance; que pour rendre Dieu attentif k 9e$ demandes, il doit Têtre lui-même k celles de ses peuples. Lorsqu'un particulier pèche, le mal en retombe sur lui seul ; mais toute la Républiquese ressent despéchésduprince. U Texhorte k rejeter les discours des flatteurs, k accueillir les bons conseils, k faire provision de constance pour toutes les fortunes, et k traiter avec une justice égale le riche et le pauvre. Pour gouverner dignement, il faut qu'il se rende redoutable k ses ennemis par sa vertu^ et aimable k ses sujets par des sentiments d'humanité. N ayant personne en ce monde qui puisse le contraindre k l'observation des lois, c'est k lui de s'en faire une obligation. 11 l'engage k fuir ia so<^ eiété des méchants, dont la iréquentation le met dans la nécessité d'apprendre le mal et de le tolérer ; k ne confier radministratiou des afi^aires qu'k des hommes de probité reconnue, comme devant rendre compte k Dieu des malversations de ses ministres, et k ne se regarder comme bien affermi sur le trône que lorsquHl Kura trouvé le secret de commander a des hommes qui lui obéiront volontiers. Il veut qu'il s occupe des moyens d<a plaire k Dieu, de qui il a reçu son seeptre»

àOk

ncnomàïK bb patrolool^

AAi

persuadé 41» oelui qui «si protégé dd Dieu sunuoote «ûëment «es enaemis et met ses sujets k couvert de leurs insultes. Il doit imiter Diett dans ses largesses, et donner libé^ ralement à eeux qui sont daas le besoin ; i] doit oublier les iiyures et les pardonner, dans la pensée gu'il a besoin que Dieu lui pardonne seê fautes de tous les jours ; car si les ttarllculiers sont dignes de supplices pour leurs mauvaises actions, c*est une faute im*

E^rdonoable dans un prince de ne pas Bième ire le bien. Eatin, il lui soubaiie de s'amasser par Ms bonnes œuvres une abondance de richesses dans le ciel 1 parce cfue la mort,

3ui ne respecte rien, après l'avoir dépouillé e toute la splendeur des dignités monaaines, le présentera (Miuvre et nu devant le tribunal de Dieu, k qui il devra rendre compte de toutes SM aoiiôns.

AGATHON (^aint), naquit i Palerme,dÀns la Sicile. 11 entra d'abord dans l'ordre de SaîMt-Benolt, fet se rendit principal etnent recommandablé par une hutnilitë profonde, une douceur adtDirable de caractère et une rare inclltiation à faire le bien. L'exactitude et le désintéressement a? ec lesquels, pendant plu!$ieurs années, il remplit la place de trésorier de l'Eglise romaine, le firent Juger digne de dtieeéder à Domnus sur la chaire de saint Pierre. BIu pape et consacré le 26 juin §78, le premier usage qu'il fit de son autorité fût d'abollf le tribut que les empereurs exigeaient des papes au moinent de leur éiectiofi. Son pontificat est surtout remar-

Suable pat* la condamnation des Monothé-^ tes, gui forent jugéâ Tannée suivante, dans le sixième concile général tenu à Constantinonlt*. Le aalhl pontifte y présida pdr ses lé-

Ets, ftt rempfereur Constantin Pogonat, par I soins duquel les évoques s'étaient rassemblés, assista a toutes les séances, et' prit part I toutes les déhbéfations. Quelques jours auparavant, ce prince avait reçu par la tnain des légats une lettre du pape Agathon, oui contenait une explication dé la Toi de l'E^ glise sur la Trinité et l'Incarnation, et principalement danâ ce dernier mystère, sur la questioti dès deux vôlobtés, dptit il établit 1 existence et la distinction par plusieurs passages de l'Ecriture expliqués pat* les saints Pères. On peut dire que cette lettre est le monothélisme réfuté par la constante tradition de ITçlise it)maind. « L'tinivefs catholique, lui dit-il, reconnaît cette Eglise pour la mère et la maîtresse de toutes les autres. Sa primauté vient de saint Pierre, le prince des «i^tfes, auqtiel lésus-Christ confia la conduite de tout son troupeau, avec promesse que sa foi ne faillirait jamais. »

Le prince remit cette lettre aux Pères du concile ; ils U reçurent avec respect, et dé* clarèreiil unanimement que Pierre avait parlé par la bouché d'Agathon. Après la clôture du concile, les légats revinrent à Rome chargés des bienfaits de l'empereur etde témoignages d*estiuie pour Agathon. Ce saint pape procura le rétablissement de saint Wilfrid sur le siège d'Tork, el combla de bienfaits le clei^é

et les églises de Rome. Il mourut en 682, après av«ir siégé deux ans et demi. Le grand nombre de miracles qui s'opérèrent sur sou tombeau lui méritèrent, suivant Anastase, le surnom de Thaumaturgie. Il est honoré par les Grecs et les Latins, qui célMirent sa mémoire le 10 janivieri

Indépendamment de cette lettre à Constantin, nous avons eticore sous le nom du pape Agathon une lettre adressée k Ethelrède, roi des Mercîens, à Théodore, archevêque de Cantorbéry, k Sexulfe, abbé et élu évèque, et k tous les abbés d'Angleterre, dans laquelle il établit l'abbé de Péterborough,son légat dans tout le royaume, avec pouvoirs d'absoudre ceux qui avaient fait vœu d'aller k Rome kux tombeaux des apAtres, en déclarant qu'il suflisait de visiter l'église de ce monastère pour obtenir les tnèmes indulgences. Mais cette nièce est si mal concertée, qu'elle se trahit d'elle-même, et qu'on s'aperçoit, k la première vue, qu'elle a été fabriquée tout exprès pour augmenter les biens et conserver les droits prétendus de l'abbaye de Péterborough* II serait sans exemple qu'un pape eût écrit une lettre commune k un roi, k un archevêque et k tous les abbés d'un rovaume, sans que cette lettre contint un seul mot k l'adresse de ce roi dont elle portait l'inseription.

AGATHON, diacre, conservateur des Chartes ide la grande église de Constantinople, protonotaire et second chancelier du conseil patriarcal, avait assisté au sixième concile (Bcuméiiique. Dans un épilogue, «goûté de sa main k la lettre synodique que le patriarche Jean avait adressée au pape Constantin, il marque positivement qu'il avait écrit de suite toud les actes de ce concile, de concert avec Paul, qui Ait depuis patriarche de la même Eglise. Il mit au net en lettres ecclésiastiques tous les volumes de ces actes, qui furent scellés et déposés dans les archives du palais iini>érial, pour y être gardés sûrement, avec k déflnition de foi du même concile. Il écrivit de môme les copies souscrites de cette définition de foi qui furent adressées aux cinq sièges patriarcaux, par ordre de l'empereur Constantin, qui le voulut ainsi, afin que le dépôt de la foi fût k couvert de toute^ tentative d'altération où de falsification. Il raconte ensuite comment^ après avoir fait brûler l'exemplaire du sixième concile, Philippique fut déposé, et Anastase couronné emper(>ur k sa place 1 comment l'image du concile fut rétablie, et comment le natriarche Jean écrivit au pape Constantin. On peut juger, par ce récit, du soin avec lequel les actes du sixième concile furent écrits et conservés. L'histoire ne nous apprend plus aucune particularité du diacre Agathon^

AGIUS ou Agio, fut tiré du monastère de Vabres, dont il était abbé, pour être placé sur le siège épiscopal de Narbonne, Vertf le mois deiuin de l'an 912, quelque temps après la mort a Arnuste. Quoique son élection eût été faite selon les règles de l'Eglise, elle ne laissa pas d'être traversée par uérald, qui« k

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MCTIÛMNAIRE DE PATROLOGIE.

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l'aide d-Amélius, évèque d'Uzès, son oncle» et de Rostaing» archevêque d'Arles, vint à bout de s'emparer de Tévèché. Les violences et lesfourbenes de l'intrus ayant été connues à Rome, le pape Jean X l'excommunia et maintint l'élection d'Agius par une lettre qu'il écrivit aux évoques de la Gaule Narbon* naise. Par la même lettre, il accorda l'usage du pallium à Agius, qui depuis continua de jouir paisiblement de son siège. 11 est nommé parmi les évéques qui assistèrent, en 915, au concile de Cnâlons-sur-Saône. En 922, il obtint du roi Charles l'union de deux abbayes à son église, l'une de Saint-Laurent dans le territoire de Narbonne, l'autre de Saint-Etienne à Ranioles dans le comté de Résalu. Il obtint encore du pape Jean X qu'il s'intéresserait pour faire rendre à l'église de Narbonne les biens çiu'on lui avait enlevés : Agius lui avait écrit» à ce sujet, conjointement avec Austérius, archevêque de Lyon, dont l'église se trouvait dans le môme cas. Il mourut sur la un de l'an 926, ou au commencement de 927.

Ecrite â^Agiuê. — Il nous reste de lui un assez long fragment de lettre, qu'il avait écrite sur l'origine de l'abbaye de Vabres en Rouergue, érigée en évèché au commence^ ment du xiv* siècle. Il y avait à Palmat, dans le Périgord, une communauté de serviteurs de Dieu, oui pratiquaient exactement la règle de Saint-Benoit, sous la conduite de l'abbé Adalgase, ne possédant rien en particulier, persuadés que dans la vie religieuse on ne doit avoir ni bien propre, ni propre volonté. 11 n'en était pas de môme dans les autres monastères au pays, où le prétexte des guerres et des autres calamités du temps,

Îiermettaient aux religieux de posséder de eur chef quelque argent ou quelque bien. Les incursions des Marcomans, c est ainsi qu'on appelait alors les Normands, obligèrent Adalgase à quitter Palmat avec ses reli- E'eux. Raimond, comte de Toulouse, et Barise sa femme, lui offrirent une retraite et fondèrent pour lui et pour sa communauté le monastère de Vabres. La charte de fondation porte que les religieux auront la liberté de se choisir un abbe suivant la règle. Ce

T envoya plusieurs enfants nobles, pour y être élevés dans la discipline régulière. Nous avons encore une autre lettre d'Agius, adressée à deux de ses suffragants, Agambert et Alfonse, pour les prier de solliciter à la cour, où ils se rendaient, un diplôme en faveur de son édise. Ces deux pièces sont bien écrites pour leur épooue/, le style est clair, facile, et sans aucun des embarras et des ambiguïtés qui étaient les défauts, particuliers de son temps.

A6NELL0 , occupa le siése épiscopal de Ravenne, dc{)uis l'année 558 jusqu'en 566. n combattit l'erreur des ariens, comme nous l'atteste une lettre qu'il écrivit à Arménius, et qu'on retrouve dans la Biblio-

thèque des Pères. Théodulphe, évèque d'Or-léans, en fait mention dans son Traité du Saint-Esprit^ et Enée, évèque de Paris , la cite dans son Traité contre les Grecs ; M. l'abbé Migne l'a reproduite tout entière dans le tome LVIII ae sa Patrologie.

La sollicitude qu'il éprouvait pour la foi catholigue continuellement attaquée, jetait Arméniusdans une perturbation continuelle. Il craignait, pour lui-môme, que le dépôt ne s'en altérât dans son cœur. C'est pourquoi Agnello s'empresse de lui écrire : « Le premier devoir , lui dit-il, c'est de croire que Dieu est parce auHl est ; maintenant, qu'est-ce que Dieu ? cela ne nous regarde pas ; il n'y a que l'in^i^nsé qui dise (fans son cœur : // n'y a point de Dieu ; le sage, au contraire, dit à qui veut l'entendre : Je crois en Dieu. Donc, si quelqu'un vous demande : Mais quel est le Dieu auquel vous croyez ? répondez-lui avec cette parole du Deutéronome : Videte^ videte quia ego sum Deus^ et non est alius prœter me. Aussi, quand Moïse lui demandait sous quel nom il fallait l'annoncer au peuple d'Israël, ne recevait-il que cette réponse : Ego sum qui sum; et dicas eis ad quos te mitto : qui est misit me ad vos, parce que Dieu est toujours le même et ne change jamais ; il n'est pas seulement le Dieu d'hier, mais il est le Dieu d'aujourd'hui ; le passé et Tavenir lui appartiennent également ; il fut toujours Dieu et Père, et il n'a jamais cessé d'être le Père de celui qui n'a jamais cessé d'être son Fils. Il n'eût pu commencer d*être Père qu'à la condition de souffrir violence pour devenir ce qu'il n'était pas.

« Mais on objectera, dit le saint auteur : Ce n'est pas par force mais par volonté qu'il a engendré son Fils ; s'il ne l'eût pas voulu, il ne l'eût pas engendré. — A cela, il n'y a que cette question à faire : Quand le Père voulut engendrer son Fils, possédait-il par lui-même la puissance générative, et pouvait-il concevoir l'idée de s'en servir ? Quelle que soit la réponse, affirmative ou négative, (vest une victoire que vous remportez, ou bien vous forcez vos ennemis à s'en tirer par un blasphème. Car, dit l'Apôtre, Filius Dei Patris virlus est et sapientia. Donc c'est blasphémer deux fois que de contester à Dieu le pouvoir et la volonté d'engendrer. »

Battu sur ces deux points, Arius se retranche dans un autre; il demande au catholique : Mais est-ce réellement ou d'une manière fictive qu'il a engendré? — C'est réellement , répond le catholique. — Donc , ajoute l'hérétique, si cette génération est réelle, celui qui en fut l'obiet ne devait pas exister avant qu'elle ne s accomplît ? — A cette difficulté on peut opposer cette réponse ; on trouve, même dans la nature humaine, malgré son impuissance, des cas où le générateur et l'engendré n'ont qu'un seul et même commencement. Par exemple, c'est la voix de l'homme qui produit la parole* et l'on peut dire que la parole est Qlle de la voix ; en résulte-t-il qu'elle lui soit inférieure ? s'ensuit - il même que l'une

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soit rainée de l'autre? Nullement , l'une et l'autre naissent en même temps. Pourquoi n'en serait-il pas de môme on Dieu ? tx puis<}ue le Père est éternel, pourquoi la génération du Fils ne serait-elle pas éternelle, et éternelle, au môme titre, la productiou de l'Esprit-Saint par le Père et par le Fils? Car, à la parole ajoutez son efficacité, et TOUS obtiendrez une troisième modifica- Xioo de la voii, et vous aurez complété la démonstration de la Trinité. »

Cette lettre, qui nous a paru remarquable et dont nous avons prolongé à dessein les citations, se termine par cette question dont rhérésie voulait encore faire une difficulté i savoir, si en se faisant homme et en venant au monde, le Fils s'était séparé de son Père. < Pas plus, répondit-il, que la parole qui sort de ma bouche pour entrer dans l'oreille d'un autre, et de l'oreille descendre dans son cœur, ne cesse de rester présente dans mon cœur. » Les ariens ajoutaient encore : Mais si la divinité est indivisible . entre les personnes de la Trinité, et si le Père est inséparable du Fils, n'en résulte-t-ii pas qu'il a assisté à sa passion et qu'il a enduré avec lui son supplice et ses souffrances? — « Non, répond le saint évoque, la divinité, qui la première a reçu les coups dans la passion du Christ , n en est pas pour cela restée moins impassible. Parce que la lumière du soleil se reflète sur un arbre, au moment où cet arbre est coupé, en résultet-ilf quoiqu'elle reçoive la première le coup de cognée, qu'elle en subisse quelque retranchement ? Non, elle reste entière et impassible, et cependant l'arbre tombe, le tronc séparé de ses racines. Or, s'il en est ainsi de la lumière, qui n'est qu'une créature , à plus forte raison il doit en être de môme de Dieu, qui est la vraie lumière ; le Créateur tout-puissant a dû assister impassible à la passion de Jésus-Christ. »

AGNELLO (André), de Ravenne, historien du IV* siècle , ^ a .fait l'histoire des évoques et archevêques de sa ville natale. Elle est écrite avec peu d'exactitude; et Fauteur s'y est laissé entraîner à la haine que lui inspirait pour les papes le schisme qui divisait alors les Eglises de Ravenne et de Rome, et en particulier la mort de son aïeul ou bisaïeul, qui, ayant conspiré contre Paul r% fut enfermé à Rome, et y mourut en prison. Le P. Rianchini, bénédictin, publia, en 1708, et enrichit de notes savantes cet ouvrage, qu'il tira de la bibliothèque de la maison d'Esté, et dont le titre est : AgnellU ovt est Andre<i8j abbatis Sanctœ Mariœ ad btachemasf liber potUificaliSf seu Yitœ pontificum Ra/vennalum^ etc. , 2 vol. in-4^ — Muratori Ta réimprimé dans son recueil 5crtplare$ rerum ïtalicarum. Malgré les défauts de cette histoire, elle est précieuse, tant par un grand nombre de faits qui ne se trouvent point ailleurs, que par les pièces et les dissertations qui l'accompagnant. Besiderio Sprati, dans un petit commentaire publié en 1460, sur la grandeur, la ruine et ta restauration de Ravenne ; après lui, Vossius,

dans ses HisiorieM laiins , et Moréri ont confondu cet Agnello (André), d'abord abbé ou recteur du monastère de Sainte-Marie ad Blachernas, et ensuite chanoine de Ravenne, avec l'archevôque Agnello, qui vécut au vr siècle. C'est peut-ôtre de ce dernier qu'est une lettre que cite Moréri, et qui se trouve dans la Bibliothèque des Pères^ sous ce titre : De ratione fidei ad Armenium.

AGORARD, né dans la Gaule Reigique, au iiocèse de Trêves, à la fin du vin* siècle, fut ami de Leidrade, archevêque de Lyon, gui le choisit non-seulement pour son coadiuteur, mais encore pour son successeur, et le fit môme ordonner par trois évoques. Leidrade avait agi contre les canons, en se choisissant lui-môme un successeur. Cetta ordination irrégulière fit grand bruit parmi les évoques de France ; mais elle fut ratifiée ouplutôt rectifiée par un concile de May ence, qui remédia à cette irrégularité. Açobard» possesseur légitime de son siège, se joignit, en 818, h ceux qui combattirent la nouvelle hérésie de Félix d*Urge1. Il ne témoigna pas moins de zèle contre les superstitions des Juifs et contre divers abus qui s'étaient

f lissés dans son diocèse. Il assista, en 822, l'assemblée d'Attigny, et il s'éleva fortement contre l'usurpation des biens de l'E- Slise par les laïques. Il fut aussi du nombre es évoques qui se réunirent à Paris, en 825, pour la défense du culte des images ; et il présida au concile qui se tint à Lyon» en 829, par ordre de Louis le Débonnaire. Agobard était un de ces hommes impétueux, qui vont au bien sans ménagement et sans tolérance, et qu'il est facile d'égarer. Il se joignit aux évoques, aux abbés et à tous les seigneurs mécontents qui prirent part à la révolte des enfants de Louis le Débonnaire, et parut, avec Ebbon, à la tète de l'assemblée qui le déposa à Compiègne, en 833, et proclama Lothaire, son fils, empereur à sa place. Il se fit distinguer par ses écrits à ce sujet ; et on croit môme qu'il fut le rédacteur du bref que le pape urégoire IV publia contre ce priuce. Mais il reconnut son erj reur, et après avoir été déposé, en 835, parle concile de Thionville, il fut rétabli et mourut, le 6 juin 8U), en Saintonge, où il était allé pour des affaires publiques. On a dit d'Agobard, « qu'il était né dans le siècle d'or de Charlemagne ; qu'il avait brillé dans le siècle d'argent de Louis le Débonnaire, et qu'il était mort dans le siècle de fer des enfants de cet empereur. » Nous remarquons cependant qu'il est mort sous le règne de Louis le Débonnaire, puisqu'il le précéda de quatorze jours dans le tombeau.

Agobard était un très-savant personnage, et fut lié avec Adalard et plusieurs autres hommes illustres de son temps. Une note marginale, çiue l'on croit écrite par Florus, un de ses diacres, sur un manuscrit du Martyrologe de Rède, l'appelle un évoque de sainte mémoire. Il est nonoré, à Lyon, d'un culte public, ainsi qu'en Saintonge, où il est appelé saint Aguebaud. Il a laissé uu grand nombre d'écrits, dont nous allons exposer

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AfiO

DICTIONNAnK »K PATROUHWKi

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!• résumé sommaire. Les trois prÎH&iers ctu'il composa^ et les trois plus oélèbresi sont ceux q^u'il publia contre Félix d'Urgely eoDtfO les Juifs et contre la loi Gombelte.

Contre tilUo dTrg$l — Ce traité , dédié à l'empereur Louis le Débonnaire, n'est presque qu'un recueil des passages des Pères» et entre autres de saint Hilaire de PoitierSf de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Cyrille d'Alexandrie , de Vigile de Tapse^ de saint Avit de Vienne, du pape Symmaque, de saint Grégoire le Grand et de Fidentius. Il rapporte tous ces passages pour montrer que,suiTant la doctrine de l'Eglise catho*hque, il n'y a pas deux fils de Dieu, l'un par nature et l'autre par adoption ; ni deux Christs, mais un seul Fils de Dieu et un seul Christ , à la personne duquel la nature diyine et la nature humaine se trouvent h^^ postatiquement unies. Ce traité parait avoir été publié vers l'an 818.

Conirt le$ juifi. ^ Nous réunissons ici, sous le même titre, tous lés écrits qu'Agobard publia contre les superstitions judaï* ques. Le premier est en forme de remon-

(rance adressée à l'empereur Louis le Dé-* )onnaire. U se plaint que les juifs étaient Tenus lui apporter une lettre de sa part, et qu'ils en avaient également remis une autre au vicomte de Lyoui portant ordre de leur prêter secours contre 1 archevêque. « Quoi~ u'elles fussent revêtues de votre nom et e votre sceau, dil-il| je n'ai pas cru que

Îies lettrea émanassent de yous \ mais les uifs s'en faisaient un droit d'insolence Jusqu'à me menacer des commissaires qu'ils avaient obtenus pour les venger des chré'^ tiens. Evrard, le çonservateurde leurs droits, Oerric et Frédéric, sont venus, tour à tour, porteurs d'une commission et d'un prétendu eapttulaire contre moi. Plusieurs chrétiens ont fui, d'autres ont été arrêtés, tous étaient dans la consternation. » Agobard donne poMr raisoQ de cette persécution la défense

Sa*il avait faite de vendre aux Juifs des esaves chrétiens , et de souffrir qu'ils en fissent enlever, pour aller les vendre en Espagne ; les peines qii'il avait fulminées contre peux qui observeraient avec eux le sabbat, comme le iaisaienl quelques femmes, qui

travailleraient le dimanche, qui mangeraient L leur table, et qui achèteraient d'eux de la phair ou du vin, par la raison qu'ils ne vendaient aux chrétiens que ce qu ils croyaient immonde. Il parle ensuite des attentions

au'qn prétait à l'empereur ()0ur les juifs^ et e l'appui que leur donnaient les premiers de sa cour ; de la permission qu'ils avaient de bfttir de nouvelles synagogues. Il se plaint surtout de la défense que les commissaires avaient faite de tenir des marchés le samedi , aQn qlie les Juifs nç fussent pas empêchés de célébrer le sabbat, quoique cet 4>rdre génat les chrétiens dans Ja célénration du dimanche.

Lettre contre les juifà, — Cet ouvrage avait été concerté avec quelques évêques, qui «lovaient le présenter a touis le Débonnaire.

L'ioscripl^ion, en effet, jporle les nome d' A* gobard, de Lyon, de Bernard, évêque da Vienne et de Eaor ou Eaof, qu'on croit être le même que Favon,évêque de Châlon»sur-Saône» Ces prélats rapportent divers passages de saint Hilaire, de saint Ambroise et de plusieurs autres Pères, sur la nécessité d'empêcher toute communication entre les chrétiens et les juifs. Ils font surtout remarquer avec quel zèle saint Ambroise s'opposa à la construction d'une nouvelle synagogue, malgré la permission de l'empereur, lis citent l'édit du roi Childebert qui défendait aux juifs de se promener dans les places publiques, depuis le jeudi saint jusqu'au jour de Pâques, afin que leur présence ne fût pas une insulte a la douleur des chrétiens. Suivent plusieurs canons des conciles qui dj&fendent tout commerce avec les juifs. Ces évêques décrivant ensuite les erreurs grossières qui régnaient alors parmi la nation juive, qui avait fait de Dieu un être corporel, et de la loi mosaïque une loi antérieure à toute création , et ils montrent que les apôtres, après avoir cominu-' nique avec eux, dans le commencement, ont rompu bien vite tout commerce ; au noint que saint Paul, prêchant dans la ville de Pbilippes, ne voulut, point entrer dans la maison de Lydie qu'auparavant elle n'eût confessé Jésus-Christ et reçu le baptême avec toute sa famille. Ils finissent leurs remontrances, en rapportant les malédictions prononcées dans les prophètes et dans l'E* vangile i^intre les juifs iniidèles.

Consultation contre les juifs, — Lés me-* nées des juifs préocciipaient tellement Ago-^ bard, qu'il adressai à leur sujet, une consul* iation à trois oificiers de Ta cour, savoir : Adplard, abbé de Corbie, Vala, son frère, ft Hélisachard, abbé de Saint-Maximin de ïrèves. Les juifs achetaient des esclaves païens qu'ils nourrissaient chez eux. Ces esclaves, eu apprenant la langue du pays, ne laissaient pas d'entendre parler de la loî et d'assister à la célébration des solennités chrétiennes. Quelques*-uns, touchés de ce

au'ils voyaient et de ce qu'ils entendaient, ejnandaient le baptême. Devons-nous les refuser, demandait Agobard aux trois abbés qu'il consultait ? Leà apôtres, disdit41, n'ont jamais attendu le consentement des maîtres pour baptiser les esclaves, parce que les uns et les autres relèvent du même Dieu, au même titre d^enf^mts. Cependant Agobard trouvait un inconvénient a ce baptême dans les lois françaises qui interdisaient aux juifs le droit de poss^er des esclaves chrétiens. Cet inconvénient se trouvait^il levé en restituant aux maîtres le pri.x de leur rançon? On ne sait quelle fut la réponse à cette consultation; mais il ^st certain que les juifs obtinrent de Louis le Débonnaire un ordre portant défense de baptiser leurs esclaves sans leur consentement. On croit

3ue cet ordre fut obtenu par cet Evrard ont nous avons d^à parlé, et qui pienait les intérêts des juifs, au préjudice des chrétiens. Lettres à tiilduint à Yala ce à Nebride. -«

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