AIM
DICnONNAlRE DE PATROLOGIE.
ÂIM
mumeat où elles louchèrent la terre de Frauce et furent déposées à Béziers dans un oratoire dédié à la sainte Vierge ; le second rapporte les miracles opérés tant à Béziers que sur la route decette ville à Auxerre, et enfin le troisième relate ceux qui se firent depuis Auxerre jusqu*à Esmont, monastère dépendant de l'abbaye de Saint-Germain, et où la plupart des moines s'étaient retirés à cause de l'incursion des Normands. — Aimoin remarque que l'empereur Charles le Chauve éprouva tant de joie de posséder ce trésor dans ses Etats, qu il envoya à Cordoue pour s'informer du fait et du genre de leur martyre.
Miracles de saint Germain. — Dès avant le. milieu du ix* siècle , par ordre d'Ebroïn, leur abbé, deux moines de Saint-Germain avaient recueilli les miracles de ce saint évèque de Paris; mais leur relation n'avait jamais été publiée. L'abbé Gauzelin, voulant en quelque sorte les tirer de l'obscurité, chargea Aimoin de réunir ces deux recueils en un seul, après enavoir retouché le style, corrigé les défauts, retranché les superÛuités. Aimoin obéit, et divisa son ouvrage en deux livres. Dans une lettre qui sert de préface, et adressée aux personnes de piété qui le liront, il rend compte des motifs qui l'ont engagé à le composer, et des mémoires dont il s'est servi pour retrouver les faits et en établir la nomenclature. On trouve dans cet écrit plusieurs faits intéressants pour l'histoire de France.
On a attribuiS à Aimoin l'histoire de la translation des reliques de saint Savin, martyr. Dom Martenne l'a même donnée, sous son nom, dans le tome sixième de sa grande collection de manuscrits ; mais la netteté et la simplicité de style sont tout à fait en dehors des habitudes de cet auteur. Aimoin a mis dans tous ses écrits de l'onction, de la piété, de la politesse ; mais en général son style est obscur, étudié, prétentieux.
AIMOIN, moine de Saint -Benoit, naquit à Villefrauche, en Périgord, vers le milieu du X* siècle. Elevé à Fleury dès ses premières années, il y fit profession de la vie monastique, sous l'abbé Amalbert, en 979. Il eut pour maître dans ses études le célèbre Abbon, depuisabbéde ce monastère. Ses progrès furent si rapides qu'au rapport de Trilhème il excellait également dans toutes les sciences. Il n'avança pas moins dans la vertu ; et on s'en aperçoit en lisant ses écrits, qui respirent tous une piété aussi tendre que solide. Il fit, au mois d'octobre de l'an 100^, le voyage de la Réole avec Abbon, qui fut massacré sous ses yeux. En Toyant couler son sang avec abondance, il devint p&le et tremblant ; mais Abbon, au contraire, conservant toute la sérénité de son visage, lui dit : « Que feriez-vous donc si vous étiez blessé vous-même ? n Aimoin revint à Fleury, où il s'occupa de plusieurs ouvrages très-utiles pour la postérité. On fixe l'époque de sa mort à peu près à l'an
Histoire des Français» — Le plus impor-
tant de ses. ouvrages est son Histoire des Français, qu'il dédia à son matire Abbon, à la prfère duquel il l'entreprit. Voulant exercer ses talents qui lui étaient connus, Abbon lui ordonna de réduire en un corps d'histoire tout ce qu'il pourrait trouver dans les écrivains, sur la nation des Francs et les rois qui les ont gouvernés, et de reproduire le tout dans une latinité plus pure et un style plus chAtié que ne l'avaient fait ces divers historiens. Aimoin obéit, et, profitant de ce que Jules César, Pline et Orose avaient écrit sur cette matière, il entreprit l'^istoire des Francs depuis leur origine iusqu'au règne de Pépin *e Bref, père de Charlemagne. Il divisa 1 ouvrage en quatre livres ; traita dans le premier, de cinq rois de la nation ; de six dans le deuxième ; de sept dans le troisième; de huit et même plus dans le quatrième. Pour éviter la confusion que la ressemblance des noms jette toujours dans une histoire, il mit la généalogie des rois dans un plus grand jour. Enfin, il fit précéder son Histoire d'une notice de la Germanie et des Gaules où s'étaient passés les événements dont il devait rendre compte. Tel est le plan de l'ouvrage. Quoique Aimoin ne dise rien dans sa préface, ni de saint Grégoire de Tours, ni de Frédégaire, ni des autres continuateurs de l'histoire des Francs, il est impossible qu'il ne les ait pas consultés, puisgue c*étaient les seules sources où il pouvait puiser pour remplir le dessein de son livre. Soit qu'il en ait copié les fautes, soit qu'il en ait commis de nouvelles, il lui est arrivé ce qu'il avait prévu. Son ouvrage a trouvé des. censeurs qui l'ont rendu responsable même des oublis des copistes. Pasquier, dans ses Recherches sur la France; Le Coint^, dans ses Annales; Pierre Pithou, dans ses Mémoires des comtes de Champagne, et l'abbé Le Bœuf dans ses Dissertations , ne l'ont point épargné. N'eût-il pas été plus juste de rejeter au moins une partie de la faute sur son continuateur ? Car, soitqu*une partie de son œuvre ait été perdue, soit que l'auteur ne l'ait jamais achevée, ce qui nous en reste ne va que jusqu'à la 16* année du règne de Clovis II. La suite est de quelque moine de Saint-Germain des Prés. Cette Histoire manque d'ordre et d'exactitude. Les événements n'y sont pour ainsi dire qu'indiqués, et quelqiiefois même en contradiction les uns avec les autres. Cependant le style en est plus élégant et plus pur que celui des auteurs du même siècle.
Histoire de la translation de saint Benoit. — Aimoin composa, sur la translation des reliques de saint Benoît, un poëme dont les vers ne sont gue la reproduction de ce qu'Adalbert avait écrit en prose sur le môme sujet. Il prononça aussi un discours en l'honneur du même saint, dans lequel il ne fit que répéter ce que plusieurs écrivains en avaient dit avant lui, afin que ceux qui ne possédaient pas leurs écrits, connussent au moins ce au'on y trouvait à la louange de ce patriarcne. Puis enfin, aux instances
ÂIM