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de son abbé et de sa communauté» il conti- ' uua la relation d*Adrovald et d'Adhéler, sur les miracles opérés depuis la translation de ces reliques dans le monastère de Fleury. L'inscription porte qu*il écrivit cet ouvrage en 1005. On y trouve quelques traits intéressants pour rhistoire de France. Les miracles qu*il rapporte furent opérés depuis le règne du roi Eudes, jusqu'à celui de Robert le Pieux. Mais il ne se borne pas à ceux arrivés à Fleury , il en rapporte aussi d'ailleurs; ce quil ne fait cependant qu'avec cfaoix, et en confessant que la discrétion lui en avait fait passer plusieurs sous silence. Ces deux livres sont imprimés au sixième tome des Actes de l'ordre de Saint- Beoott.
Vie de saint Abban. — Quelque temps après la mort de saint Abbon, Hervé, trésoner de Saint-Martin de Tours, et qui avait été disciple du saint abbé, pria Aimoin d'en écrire la Vie. Aimoin avait été témoin de son martyre et pouvait mieux que personne la raconter. 11 le ût, et par une lettre particulière dédia son ouvrage à Hervé. 11 prouve, dans la préface, que la mort d'Abbon a été un véritable martyre, puisqu'il l'a soufferte pour la vérité. 11 est vrai qu'il n'a pas répandu son sang, en détournant les peuples du culte des idoles, mais il l'a répandu en travaillant à les délivrer de la servitude du vice et du péché.. Si l'on objecte qu'il n'a pas été tourmenté longtemps, cela ne peut porter préjudice à sa gloire ; plusieurs martyrs ont mérité le royaume du ciel pour une simple sentence de mort prononcée contre eux. Peut-être dira-t-on encore qu'Abbon n'a fait aucun miracle dans sa vie ; mais qu'on lise l'histoire des premiers docteurs de TEficlise, saint Jérôme et saint Augustin , on n y trouvera aucun signe miraculeux, mais une grande pureté de vie et Téloquence d'une doctrine salutaire.
fies des abbés de Fleury. — Bans la Vie de saint Abbon, Aimoin cite un livre où il avait consigné celle des abbés de Fleury ses prédécesseurs. Cet ouvragé est perdu. Il laut en dire autant du Recueil des miracles opérés en Neustrie par l'intercession de saint Benoit. ^^ C'est tout ce oue nous savons des ouvrages d' Aimoin de Fleury, que l'on a souvent confondu avec un autre religieux du même nom, moine de Saint-Germain des Prés à Paris. Ils sont écrits avec une pureté et une élégance qui contrastent avec son siècle. On lui reproche de n'avoir pas mis assez de gravité dans le récit des circonstances de la mort de saint Abbon, et inspiré assez dliorreur pour les séditieux qui l'avaient causée. Cependant cet ouvrage restera comme un des plus intéressants parmi les écrits d'Aimoio , à c^use des pièces originales
Îu'il contient, et surtout k cause de certains lits particuliers qui se trouvent liés aux divers événements de l'histoire générale.
AIMON, évèque de Valence, n'est connu dans l'histoire que par l'excommunication qu'il porta contre un certain Aicard, usurpateur des biens de cette Eglise. Avant d'en
DlCTIOTIlf. DE PaTROLOOIB. h
venir à cette censure, il prit tous les moyens que la prudence lui suggéra, pour l'ençager à une restitution. Aicard s'obstinant, Aimon consulta plusieurs évèques sur la résolution où il était de l'excommunier. Tous approuvèrent ce parti. L'évoque procéda donc contre Aicard, l'excommunia et notifia son excommunication à la ville d'Arles, qui était regardée alors comme la capitale de cette partie de la Gaule qu'on appelle la Provence. Elle obéissait à Conrad, roi de la Boureogne Transjurane. Aimon, qui était son chancelier, ne fit rien sans l'aveu de ce prince. A l'égard de la dénonciation, il l'adressa à la ville d'Arles, en coqurant le Souverneur et les habitants de ne point s'en essaisir avant de l'avoir fait connaître à tous, et de la laisser déposée sur l'autel de saint Etienne, jusqu'à ce qu'elle eût été lue et entendue de toute la ville, et qu' Aicard et ses complices fussent revenus a résipiscence. L'évéque de Valence ne s'était pas contenté d'excommunier Aicard, il avait frappé de la même censure tous ceux qui avaient participé à son usurpation. Il emprunta à l'Ancien et au Nouveau Testament toutes les formules de malédictions, pour les fulminer contre eux : « Qu'ils périssent au plus tu, dit-il, par le glaive du Seisneur I Qu ils soient conduits dans le lieu infernal, et que leur lampe s'éteigne à jamais, s'ils ne se corrigent et ne font pénitence.» Parmi les évoques consultés, se trouvait Guy II , évoque du Puy. Comme il ne fut ordonné S l'en 976 ou 977, on ne peut mettre plus t l'excommunication portée par Aimon. Il paraît, par là, qu'il fut longtemps évèque de valence, puisqu'il en occupait le siège dès l'an 9^3.
AJO, moine anglais, fit profession de la règle de saint Benoît dans le monasière de Croiland, rétabli en 9hS par l'abbé Turquetul, neveu du roi Edouard le Vieux. Il s'y appliqua à l'étude du droit, puis à écrire Tnistoire de son monastère. Ce fut Turquetul qui l'onçagea à ce travail. Ajo commença son récit à l'an 700, époque de la fondation de cette abbaye, et Je conduisit jusqu'en 974, c'est-à-dire jusqu'au règne dTBdgard , dont il était aimé; ce qui faisait une suite d'histoire d'environ 274 ans. Ingulfe, abbé de Croiland, l'a insérée toute entière dans celle qu'il écrivit au commencement du xii* siècle, et que l'on retrouve dans le recueil des écrivains anglais, imprimé à Oxford en 1684. Ajo mourut dans un âge avancé, quelques mois avant Turquetul, dont les historiens fixent la mort au il de juillet de l'année 975.
ALAIN DES ILES, originaire de la Flandre française, fit d'abord profession de la vie monastique dans l'abbaye de Clairvaux, devint ensuite un des premiers abbés de Rivaur, au diocèse de Troyes, et fut enfin nommé à l'évèché d'Auxerre, en 1151. Il le
Souverna pendant seize ans, mais les fatigues e l'épiscopat le forcèrent d^ renoncer. Il se démit en 1167, et se retira à Clairvaux, où il mourut en 1183. 11 nous reste ^de lui
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uu Abrégé de la vie de $aifU Bernard^ que
doin Mabillon a publié en tète de sou édition des œuvres du saint docteur.
ALAIN, moine de Farfe , dans le viii* siècle, était originaire d*Aquitaine, d*où il passa en Italie, vers Tan 75i, et embrassa la vie monastique dans Tabbaye que nous venons de nommer. Après y avoir pratiqué, pendant quelques années, les exercices de la vie régulière, il se retira sur une montagne voisine, où il se lit une occupation de transcrire de bons livres. Guandelbert, abbé de Farfe, ayant quitté le gouvernement de sou monastère, Alain fut contraint par ses frères de s'en charger, en T61, ce âu'il fit avec édification jusciu'au 2 de mars de Tannée T70, jour auquel il mourut. Il reste de lui un Homiliaire où il a recueilli et classé dans un certain ordre tout ce qu'il y a de plus curieux et de ^)lus instructif dans TEcriture sainte, les sainls Pères et les auteurs ecclésiastiaues, et il en a formé une suite de discours édifiants pour les principales fôtes de Tannée. Ces discours étaient disposés suivant Tordre du caleuilrier, pour être lus à chacune des solennités, en commençant par la veille de Noël. Le (iiscours du jour traitait du mystère de Tlncarnation , et les autres des mystères dont les solennités que Ton célébrait rappelaient les souvenirs. Celui qui était pour le commencement du Carême, parlait de la patience, du pardon des injures, et d'autres matières analogues à la dévotion de ce saint temps. Il y a aussi dans cet Homiliaire des discours en Thon- Deur des Apôtres et dos martyrs. C'est du moins ce qu'Alain dit dans sa préface , la seule pièce que dom Beniard Pez, bibliothécaire de Tabbaye deMelck,ait jugé à propos de nous conserver, cjuoiqu'il eût toutes les autres entre les mains. On peut Toir cette préface dans le VP volume de son Thésaurus anecdotorum.
ALBÉRIC, moine du Mont-Cassin e( cardinal-diacre de TËglise romaine, du titre .des Quatre-Gouroonés, composa TApologie du
eipe Grégoire VU, contre les accusations de enri lY, roi de Germanie, et un Traité du corps et du sang du Seigneur, contre Bérenger. il réfuta ses erreurs avpc tant de force au concile de Rome, en 1079, qu'il le convainquit et l'obligea à se rétracter. On remarque qu'Albéric ne mit qu'une semaine à la composition de ce traité; mais avant de Tentreprendre, iJ avait disputé long temps avec Bérenger sans pouvoir le réduire. Il se servit surtout, |)0ur convaincre son adversaire, du témoignage des Pères de TEçlise. Albéric écrivit aussi la Vie de sainte scholastique, celle de saint Dominique, Tbi«toire du martyre de saint Modeste et de saint Cesaire; un livre de l'Astronomie, un de la Dialectique; une homélie sur sainte Scholastique, des hymnes et des proses pour les ffttes de PAques, de TAssomption, de saint Nicolas et de saint Pierre; des proses sur le jour du jugement, sur les peines de Tenfer sur les joies du paradis; un livre de la Vir-
ginité de Marie; un traité sur ta Mnsiquii
en forme de dialogue, et quelques autres opuscules. Ses lettres à Pierre Damien, évoque d'Ostie, étaient en grand nombre. Ce prélat lui en écrivit aussi pour répondre aux questions qu'il lui proposait. On retrouve plusieurs de ses écrits dans les œuvres de Pierre Diacre, dans la Chronique du Mont- Cassin et dans le recueil des Bollandistes. Il mourut à Rome, en 1088, et fut enterré auprès de l'église des Quatre-Couronnés, qui était son titre.
ALBÉRIC de Reims, fléau des Nominaux, et Tun des plus beaux génies de son siècle, fut d'abord élève de Téc^le de Reiras, d'où il passa successivement à celles d'Anselme deLaon et de Guillame de Champeaux. Au sortir de cette dernière, il donna pendant quelque temps des leçons publiques sur le mont Sainte^leneviève, à Paris, ou il compta Jean de Salisbury parmi ses disciples, comme Tattestent les écrits de ce dernier. Appelé plus tard à diriger Técolc de Reims, les étudiants s'y rendirent en si grande foUle qvtUs seiublaient surpasser le nombre des citoyens. Hugues II, depuis obbé de Marchienne, s'y rendit de Tournay, suivi de plusieurs de ses compatriotes. Le célèbre Gauthier de Mortagne, qui devint plus tard évèque, se fit inscrire aussi au nombre de ses disciples. Albério réunissait aIo£S en sa personne la dignité d'archidiacre avec; celle d*écolâtre. 11 avait de l'éloquence, un grand fond de savoir, parlait avec grâce et s'appliquait à faire observer parmi ses élèves la pus exacte discipline. Mais il était ditfus dans ses leçons, se déconcertait facilement, et manquait pres-
3ue toujours d'à-propos pour répondre aux ilQcultés qui lui étaient proposées.
Ce défaut en découvrit un autre dans le célèbre professeur, et qui prouve que les plus grands hommes ne sont pas touiours à couvert des faiblesses de Thumanite. Gauthier de Morlagne, qui avait beaucoup de pénétration et de subtilité, s'étant aperçu de l'embarras qu'éprouvait Albéric à résoudre les questions difficiles, affectait de lui en faire sans cesse. Le maître, irrité de ce procédé, prit Gauthier en telle aversion, qu'il fut obligé de quitter son école. Au bout de quelque temps , Albéric l'abandonna aussi et se retira h Liège, dont il fut chanoine, puis archevêque de Bourges, en 1136. Il mourut Tan 11^1, avec la réputation d'un vertueux et savant prélat.
A peine sïl nous reste quelques vestiges de ses écrits. La seule pièce que nous puissions lui revendiquer avec assurance est une réponse à deux lettres que Gauthier de Mortagne lui avait écrites, pour combattre son opinion, que les seules promesses suf- Osaient pour opérer le mariage. Cette réponse, insérée par dom Marlenne au l" tome de sa grande collection, n'indiqoe à la vérité que par son initiale le nom de l'auteur; mais Albéric est clairement désigné dans les deux lettres de Gauthier, qui, après Tavoir appelé son maître etson ami,aioute çnjo?^^ opinion avait été soutenue dans l^glisc.
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DtCnOMNAIRE DE PATROLOGIE.
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Quant ant solutions que donne Albéric aux dilTicuUés de son ancien disciple, elles ne sont rien moins que satisfaisantes. Les passages des Pères qu'il produit en sa faveur ne prouvent qu'une chose, c'est-à-dire, que ce n>st point la conjonction charnelle, mais le consentement des parties qui fait le mariage. 11 ne répond pas à la principale difficulté, savoir que dans son opinion il n'y aurait aucune différence entre les promesses )>our Tavenir et l'engagement du présent. Albéric fui encore vivement pressé par Gauthier pour avoir dit que Jésus-Christ n'avait pas craint la mort; nous avons sa l(?ttre écrite à ce sujet, mais la répouse du premier n existe plus.
ALBÉRON, fils d'Arnou, comte de Chini, avait été <r*levé dans le clergé de Verdun, et était parvenu par son mérite à la dignité d'archidiacre, qu'il remplissait avec éJiticalion. Crsion, évéque de celte ville, ayant déposé sa démission, h Liège, entre les mainsde lempereur Lothaire et du pape Innocent II, AlbéroQ fut élu pour lui succéder, à la grande satisfaction du prince et du souverain poniife. Au voyage que le saint-père fit de Liège à Paris, le nouvel élu se rendit dans celle dernière ville pour y recevoir de ses mains Tonction du sacerdoce et la consécration épiscopale, aux f(>les de Pâques de l'an 1131. De retour à Verdun, le prélat employa tous ses soins à délivrer cette ville (le la tyrannie du comte de Bar. II y réussit par uns(ratagème,aprèsavoirinutilementépuisé toutes tes voiesde la conciliation. La paix rendue à son Eglise, il y rétablit le bon ordre el lui rendit son ancienne splendeur. II bâtit une nouvelle cathédrale à la place de celle que Tusurpateur avait ruinée; et, loin de charger son peuple dans Texécutioa d*uDe telle entreprise, il lui donna une preuve éclatante de son désintéressement, eu faisant changer la monnaie qui avait ^té odieusement altérée pendant les troubles. Les travaux de sa cathédrale se trouvant terminés, en lltô, le nouveau temple fut béni par le pape Eugène III, qu'Albéron avait amené ou concile de Reims à Verdun, pour cette cérémonie. Ensuite il accompagna le souverain pontife jusqu'à Trêves, d où il fut député par un concile qui s'y tint alors pour aller examiner les merveilles qu'on publiait de sainte Uildegarde, religieuse de Saint-Hupert, au diocèse de Mayence. Do retour en Sun diocèse, il y fut témoin d'une guerre furieuse entre les Verdunais et les habitants du pays de Metz. Elle finit en 1152, par la iBéuiation de saint Bernard. Albéron gouverna son diocèse pendant quelques années encore, maisie fardeau delépiscopat lui semblant plus lourd à mesure quil avançait en âge, ilrésolui de se démettre, il assembla son peuple, lui fit ses adieux en termes trèstonchants, lui indiqua son successeur, et se retira dans l'abbaye de Saint-Paul, ha-« bitée par des Prémonlrés, au milieu desquels il termina saintement ses jours, en 1158» environ deux ans après son abdication.
Le temps ne nous a conservé des écritsd'Al-
béron qu^une lettre et deux chartes, insérées dans le Cours complet de Patrologie de M. rabbé Migne. La lettre est adressée au papts Innocent II, pour lui rendre compte des motifs qui l'avaient porté à mettre des Prémontrés à la place des Bénédictins, dans l'abbaye de Saint-Paul, près des murs de Verdun. L'auteur y dit que Vecfrid, l'un de ses Srédécesseurs, avant substitué, vers l'an %0, es moines aux clercs qui desservaient originairement cette église, ceux-là s'étaient comportés d'une -manière Irès-édifiante, pendant un grand nombre d'années; mais qu'enfin dans ces derniers tem[)s ils avaient tellement dégénéré, qu'ils étaient devenus l'opprobre de son diocèse. Pour satisfaire au devoir de sa conscience, il avait été trouver leur abbé Manassès, accompagné de plusieurs abbés et personnes religieuses. Il lui avait remontk*é le scandale que sa conduite et celle de ses moines excitaient, et en avait tiré Une promesse de mieux vivre à l'avenir; mais, au mépris de cette promesse, les désordres ayant continué, il avait été contraint de déposer l'abbé, de le renfermer à S:unt- Vanne et de disperser les moines en différentes abbayes; ensuite, après avoir offert le monastère vacant à différents moines, mômeà ceux de Cluny,qui, comme les autres, avaient refusé do venir le repeupler, il n'avait pas cru pouvoir mieux faire que d'y établir (les Préniontrés. Au reste, par cette disposition, il n'avait fait que restituer dans son premier état un monastère fondé primitivement pour des clercs.
Cette assertion d'Albéron, qui affirme avoir appelé des moines de Cluny pour remplacer ceux de Saint-Paul, est foi^mellement contredite par Pierre le Vénérable, dans une lettre adressée au cardinal Mathieu d'Albane, où il se plaint vivement qu'on ait fait à l'ordre religieux l'injure de lui enlever un de ses monastères. Mais cette lettre, qu'on peut lire dans la collection du pieux abbé de Cluny, ne produisit aucun effet. Le f)ape confirma l'introduction des Prémontrés à Sainl-Paul, où ils se sont maintenus avec édification jusqu'aux jours de la suppression des ordres religieux en France.
Les deux chartes d'Albéron ont pour objet, l'une, l'introduction des Prémontrés dans 'abbaye de Saint-Paul, en 1151; l'autre, la fondation de l'abbaye de Chanteloup pour des moines de Cîieaux. On les trouve Pune et l'antre parmi les pièces qui servent de preuve au tome II de VHistoire de Lorraine par dom Calmet, el dans le Coun complet de Patrologie (to M. l'abbé Migne, Paris,
ALBERON ou Adalbbbou, qui de primicier de Metz se fit moine de Prum, août il devint ensuite abbé, et fut enfin élu arche* véque de Trêves, à la mort de Lieutfroid de Hesse, vivait dans la première moitié du xu* siècle. L'histoire nous a conservé peu de souvenirs de sa vie, et il ne nous reste de lui que quelques fragments d'écrits rcproduits dans le Coun complet de Patrologie de M. l'abbé Migne.
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ALBERT, moine de Saint-Symphoricn de Metz, florissait sur la fin du x* siècle et s'était rendu habile dans les arts libéraux et Tintelligence des saintes Ecritures. Il écrivit rhistoire de ce qui s'était passé de son temps, et son ouvrage se trouve dans le recueil de M. Eccard , imprimé à Leipsick en 1723. La plupart des événements qu'il raconte ont trait a l'histoire profane. Cependant il y dit quelque chose aes évoques de Metz et d'Dtrecht. Un clerc avait quitté sa
Profession pour se faire juif et avait répandu, cette occasion, plusieurs blaspnèmes contre la religion chrétienne. Albert réfute solidement les vains raisonnements dont ce clerc appuyait son apostasie, et allègue contre lui les passages ae l'Ecriture les plus précis, pour l'établissement du christianisme sur la ruine de la Synagogue. 11 dédia son histoire à Bouchard, evêque de Worms, qui l'en remercia par une lettre
ALBERT, trésorier de l'éelise d'Acqs, au-
{'ourd'hui Dat, est auteur aune Histoire de 'expédition de Jérusalem. Il l'écrivit sur la relation de ceux qui avaient accompagné Godefroi de Bouillon dans la croisade. Ce fut pour lui une consolation de mettre par écrit d/9s événements si merveilleux, auxquels il aurait eu volontiers sa part, s'il n'en eût été empêché par des raisons d'obéissance ; car il brûlait du désir de visiter la terre sainte, et de faire ses prières sur le tombeau môme de Jésus^hrist. Son ouvrage est divisé en douze livres, qui contiennent ce qui s'est passé parmi les croisés depuis l'an 1095 jusqu'en llSl. Cette chronique entre dans un grand détail et parait trèsexacte. L'auteur raconte, dans le sixième livre, qu'après l'entrée des croisés dans Jérusalem, un chrétien gui y demeurait auparavant avec les Sarrasins donna avis à Godefroi de Bouillon, proclamé roi, que, pendant le siése de cette ville, il avait caché une croix a'or, d'une demi-aune de longueur, au milieu de laquelle se trouvait enchAssé un morceau de la vraie croix, dans la crainte que les infidèles ne lui enlevassent cette précieuse relique pour la profaner. Cette nouvelle causa une grande joie parmi les croisés ; et au jour du vendredi saint on se rendit processionnellement au lieu où cette croix avait été déposée, et on la ra[>porta avec crainte et révérence dans l'église du Saint- Sépulcre. Bongars a reproduit cette chroniaue, sous le nom d'Awert, dans son recueil es Gesta Dei per Franeos.
ALBUIN.— Sandérus, dans sa Bibliothiaue des manuscrits 9 fait mention d'un reclus nommé Albuin, et de plusieurs de ses ouvrages, dont un était adressé à Héribert , ordonné archevéaue de Cologne en 999. On imprima, vers le milieu du dernier siècle, l'épitre dédicatoire avec quelques lignes de la préface ; mais l'ouvrage entier n'a jamais été rendu public. Ce n est du reste qu'un recueil de passages choisis dans l'Ecriture et dans les écrits des saints Pères, sur la pratique des principales vertus chrétiennes,
en commençant par la charité. II est probable que c'est ce même traité que l'on trouve dans plusieurs bibliothèques, reproduit tantôt sous le titre De toutes les vertuSf et tantôt, sous celui de Recueil d'étincelles ou de sentences. La différence des préfaces a pu seule, à cet égard, mettre en défaut l'érudition des commentateurs. Albuin, dans l'inscription de son livre, prend le titre de prêtre, ce qu'il ne fait pas dans son épître dédicatoire.
ALCHER , cultiva les lettres et la piété dans l'abbaye de Clairvaux, sous le gouvernement de saint Bernard et de ses successeurs. Il était versé non-seulement dans les lettres divines, mais aussi dans les sciences humaines. Il parait qu'il avait étudié la médecine, puisqu'un autre moine de Clairvaux, nommé Isaac, lui dit dans une lettre : <« Si vous jugez à propos de m'écrire sur la structure du corps humain, peut-être vous feraije une réponse dans laquelle je vous montrerai comment l'âme reçoit de son plein gré cet instrument de son action et de son plaisir ; comment ensuite elle le conserve avec soin; comment elle le quitte toiqours avec regret; comment eHe désire avec empressement de le reprendre après qu'elle l'a quitté malgré elle ; comment enfin elle se réjouira
3uand elle l'aura repris pour ne .plus le perre. » Alcher était en doute sur ces trois [)oints, parce au'il ne pouvait comprendre e mystère réellement incompréhensible de l'union de l'&me et du corps. Bien éloigné toutefois de confondre les deux substances qui composent la nature humaine, il fit un traité dans lequel il s'appliquait à faire ressortir leur distinction. Cet ouvrage est le second des quatre livres De l'âme imprimés parmi les œuvres de Hugues de Saint-Victor, et le même que le livre De l'esprit et de l'àmcf dans l'Appendice au tome Vi de saint Augustin. Erasme, parlant de ce livre, dit que l'auteur y montre beaucoup de lecture, mais qu'il n'entend point l'art de lier un discours, en sorte que son érudition ressemble à du sable sans chaux. La critique d'André Rivet est un peu moins sévère. « Quoique ce livre, dit-il, soit incontestablement étranger à saint Augustin, il mérite néanmoins d'être lu, et l'on y trouve bien des choses propres à satisfaire la curiosité des lecteurs. » Pour dire à notre tour notre avis sur ce livre, nous Je regardons comme un assez bon précis de ce que les anciens ont écrit de mieux sur la nature de l'ftme, sa différence d'avec le corps, l'immortalité de son être, et la noblesse de sa destinée. Les éditeurs de saint Augustin , tout en attribuant cet ouvrage à notre auteur, l'ont partagé en soixante-six chapitres, et ont eu soin, ce qui est un travail énorme, de marauer par des notes marginales les auteurs dont Alcher avait emprunté les expressions.
Le traité de l'amour de Dieu {De diligendo Deo) est divisé en dix-huit chapitres dans la nouvelle édition de saint Aufl[ustin. Sa conformité avec le précédent l'a fait gêné-* ralement at)ribuer a Alcher. Au jugement d'Erasme et des théologiens de Louvain»
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uue piété lumineuse et affective est le caractère dominant de cet ouvrage. Le style en est bien différent de celui de saint Augustin ; et saint Anselme, Hugues de Saint-Victor et saint Bernard, qu'on y voit cités comme des écrivains récents, témoignent que l'auteur vivait au xn* siècle. Ce qu'il y a de certain, c'est mie l'auteur était un nomme du cloître, car u remercie Dieu de l'avoir retiré du monde et de ses dangers. Les mêmes éditeurs inclinent à mettre encore parmi les productions d'Alcher tous les autres écrits qu'ils ont rassemblés dans l'Appendice du TI* tome de saint Augustin, savon* : le SoUloque de Fàme avec IHeu , le livre des Méditations^ l'opuscule de la Contrition du cœur^ elle Manuel formé en partie des méditations de saint Anselme, et en partie du iv' livre de l'âme. Le fondement sur lequel s'appuient les critioues pour . attribuer ces livres à Alcber, c est la grande ressemblance qu'ils ont avec ceux qui ne lui sont plus contestés. Cependaint il y a une difficulté pour le SoIt« hque^ c'est que le trente-deuxième chapitre est le même, à quelques mots près» que tout le premier chapitre du quatrième concile de Latran, tenu en 1215, sous le pape Innocent lll. Le concile aurait-il copié cet endroit, ou serait-il l'original? C'est une question que nous laissons à résoudre à des érudits plus habiles.
ALCUIN, dont le nom saxon s'écrivait Alcwih, fut un des écrivains les plus célèbres du vui* siècle. Il naquit vers l'an 735, dans la province d'York, d une famille noble d'Angleterre. Il fut élevé par le vénérable Bède et par Ecbert, archevègue d'York, dont il fut binliothécaire, et devint abbé de Gantorbérj. Sa réputation traversa les mers; Cbarlemagne, qui avait eu occasion de le voir à Parme, rengagea à venir en France; el, pour l'y fixer, il lui donna les abbayes de Ferrières en Gfttinais, de Saint-Loup à Troyes, et le petit monastère de Saint-Josse. Voulant le fixer auprès de sa personne, il le lit son aumônier, et prit de lui des leçons do rhétorique , de dialectique et des autres arts libéraux. C'est de cette époque 780 qu'il faut dater l'établissement de l'école nommée Palatine, parce qu'elle se tenait dans le palais même, où, sous la direction d'Alcuin, les plus habiles instituteurs du temps formaient l'élite de la jeunesse de l'empire. Celle école fleurit sous ses successeurs, et rUniversité de Paris s'y rattache par une succession de maîtres non interrompue. A celte école, Alcuin joignit une bibliothèque et une sorte d'académie, dont Charlemaçne U6 dédaigna pas de faire partie, et dont ciiaque membre emprunta le nom d'un personnage de l'antiquité. Cbarlemagne y prit celui de David, et Alcuin celui de Flaccus Albinos. Il repassa en Angleterre, ojt il fit un séjour de trois ans ; mais en 792 il revint en France pour n'en plus sortir. Ce fut alors qu'il fonda, sous les auspices du prince, plusieurs écoles florissantes, à Aix-la-Chapelle, à Paiis et ailleurs. Bientôt il joignit au titre de restaurateur des études celui de défen^
seur de la foi contre Elipand et Félix, évoque d'.Ui^el, qui renouvelaient en Espagne les erreurs du nestorianisme.
A la mort d'Ithier, abbé de Saint-Martin de Tours, Cbarlemagne donna cette abbaye à Alcuin, qui en prit le gouvernement vers l'an 796. Ce don royal le rendit puissamment riche , et c'est sans doute au çrand nombre de serfs des monastères dont il était le chef qu'Elipand de Tolède fait allusion lorsqu'il lui reproche d'avoir vingt mille esclaves; mais 1 éclat de ces richesses n'éblouit ni ne corrompit Alcuin. Après avoir servi utilement son prince dans les négociations, et l'avoir accompagné au concile de Francfort, en 79j^, il ne cessa de demander sa retraite, sans pouvoir l'obtenir ; lorsqu'en 799 Cbarlemagne l'invita à le suivre a Rome , il s'en excusa sur son grand Age et ses infirmités. En 801, au retour du monarque, il ne reparut à la cour que pour le féliciter sur la couronne impériale que ce prince rapportait de Rome, et sollicita son congé avec de nou* velles instances. L'ayant enfin obtenu, il se retira dans son abbaye de Saint-Martin de Tours, et ouvrit une école où sa réputation attira un grand concours d'auditeurs. Quoique éloigné de la cour, il y conserva toute la [considération dont il avait joui, entretint une correspondance suivie avec l'empereur et les princesses, et n'usa de son créait que pour se dépouiller de ses bénéfices. Délivré alors de tout soin temporel . il se livra entièrement à la prière et à 1 étude, et fit de samain une copie correcte de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ce fut dans ces pieux exercices qu'il mourut le 19 mai 804, Agé de près de soixante-dix ans. 11 avait, par humilité, voulu rester diacre toute sa vie. U fut enterré, nou dans l'église de Saint-Paul à Cormerv, comme plusieurs écrivains l'ont prétendu, mais dans l'église de Sîsdnt-Martin de Tours, où l'on grava sur une plaque de cuivre l'épitaphe qu'il s'était composée lui-même. La pureté de ses mœurs, et son zèle pour la défense de la foi catholique lui méritèrent de son vivant la réputation de saint; l'Eglise l'a mis après sa mort au nombre de ses bienheureux. FJodoard, auteur de la Chroniquei de Saint-Martin de Tours, a écrit sa Vie, et son disciple Rhaban , archevêque de May ence » lui a donné une place dans son Martyrologe. L'édition la plus complète de ses œuvres est celle renouvelée des Bénédictins, et publiée à Paris, en 1851, par les soins de M. l'abbé Migne. Elle est divisée en huit parties. La première cpntient ses lettres, la seconde ses œuvres exégétiques, la troisième ses œuvres dogmatiques, la quatrième ses œuvres liturgiques et morales, la cinquième ses œuvres hagiographiques , la sixième ses poésies , la septième ses œuvres didactiques, la huitième les œuvres douteuses et supposées.
Commentaire iur la Genèse, — Le prêtre Sigulfe, disciple d'Alcuin et le compasuon de tous ses voyages, lui avait demande des éclaircissements sur plusieurs endroits de la Genèse. Alcuin les lui donna dans un commentaire écrit par demandes et par ré-»
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poDses, et qui comprend, en tout, 281 articles, c'est*-à-dire, autant que Sigulfe lui avait adresse de questions. Il composa cet écrit étant k la suite du roi Charles, et le tracas des affaires publiques, avec les embarras inséparables des voyages, le forcèrent d'y mettre beaucoup de précipitation. C'est ce
au'il témoigne lui-même dans la préface, où s'adresse à Siguifts comme pour lui faire Lonneur d'un ouvrage dont il a fourni le sujet. Il remarque en même temps qu'il n'expliquera que les passages historiques de la Genèse, ne se trouvant pas assez de loisirs,
1)our commenter d'autres endroits du même ivre, qu'il regardait comme très-diiHciles à entendre. Voici quelques-unes de ces questions avec leur réponse :
Pourquoi Adam ayant été établi le maître du monde, a-t-il reçu une loi de Dieu? — C'était afin qu'il ne pensât point à s'élever au-dessus de son domaine sur les créatures, et qu'en observant le commandement qui lui avait été fait, il connût qu*il était soumis à son Créateur. — Pourquoi Enoch demeuret-il si longtemps sans mourir ? — C'est afin de faire connaître aux hommes qu'ils auraient pu tous ne pas mourir, s'ils n'avaient péché. Les autres questions sont dans le môme genre, et Alcuin y répond avec la môme précision. Il s'étend seulement sur la dernière, qui traite des bénédictions que le patriarche Jacob donna à ses enfants avant de mourir. Il les explique dans leur sens historique et allégorique. Dans le premier, qui est le sens littéral, ces bénédictions s'entendaient de la terre promise qui devait ôtre partagée entre les douze enfants de Jacob. Mais dans le second, qui est le sens allégorique et moral, ces bénédictions s'appliquent à Jésus-Christ et à son Eglise.
On a joint à ces questions un petit traité sur ces paroles de la Genèse : Faisons Vhomme a notre image et à notre ressem^ blance. Cet ouvrage, successivement attribué et à saint Augustin et à saint Ambroise, a été restitué à Alcuin par tous les critiques. L'auteur s'applique à y faire ressortir toutes les ressemblances de 1 homme avec Dieu. Comme Dieu est un et tout entier partout, •t qu'il communique à toutes les choses qu'il
fouverne la vie et le mouvement ; de môme Ame est tout entière dans toutes les parties du corps ; elle les vivifie, les meut et les gouverne. Quoique la nature de Dieu soit une, il y a cependant trois personnes en Dieu, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit; eh bien, quoique d'une nature unique, l'Ame possède trois facultés distinctes, l'entendement, la mémoire et la volonté. De môme que le Fils est engendré du Père, et que le Saint-Esprit procède de l'un et de l'autre ; ainsi la volonté est engendrée de l'entendement, et la mémoire procède de l'entendement et de la volonté. Le Père est Dieu , le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu, et néanmoins ce ne sont pas (ruis dieux, mais un seul Dieu en trois personnes. L'âme est enteudement, elle est volonté, elle est méuioire^ et toutefois ce ne sont pas trois
Ames dans un môme corps, mais une seule Ame avec trois facultés. C est ainsi qu'Alcuin fait ressortir dans l'homme l'image de Dieu. Quant à la ressemt)lanre, il l'explique d*une manière morale, en disant que comme Dieu est charité, qu'il est bon, juste, patient, miséricordieux, ainsi Thomme a été créé pour posséder la charité, et avec elle toutes les vertus qui en découlent.
Explication des psaumes. — Les éditeurs ont réuni, sous ce titre général, trois opuscules qu'Alcuin composa sur les Psaumes.
Le premier est une explication morale iï(^s sept psaumes de la pénitence; le second, du psaume 118, et le troisième des psaumes appelés Graduels» Alcuin les composa à la prièrede son frère Arnon, à qui il les adressa,
f>ar une épître dédicatoire. Il déclare qu'il es a écrits sur les explications que les anciens interprètes ont données des m(>mes psaumes, il fait remarquer que les psaumes que nous appelons pénitentiaux ont été fixés par les Pères au nombre de sept ; et que le 118' était en si grande vénération dans TEglise, que l'ancienne coutume était de le chanter aux heures canoniales. Il recommande à Arnon d'enga:^er les membres de son clergé ài approfondir le sens dos p<^aumes, afin que dans la psalmodie l'esprit accornpagnAt la voix, et que, selon le conseil de l'Apôtre, ils pussent chanter les louanges do Dieu avec cœur et intelligence. Il finit son travail par un poëme en dix-sept vers hexamètres, où il conjure cet évoque de se souvenir de lui au saint autel, et de prier pour la rémission de ses péchés.
De Vusage des psaumes. — Ce traité est divisé en deux parties. A la tôte de la première, Alcuin met deux vers élégiaques, dans lesquels il se reconnaît auteur de tout l'ouvrage. 11 remarque ensuite que le don de prophétie n'est pas un don habituel et inhérent à celui que Dieu en a favorisé, mais une grâce actuelle, et qui n'agit sur l'âme du prophète que dans les moments de l'inspiration. Il fait voir qu'en approfondissant les psaumes, on y trouve non-seulement les pnncipaux mystères de la religiou bien établis, mais aussi des secours pour tous les besoins de l'âme. L'innocence et le repentir, l'amour et la reconnaissance, la tristesse et la joie, le calme et les combats, tous les sentiments de l'âme, toutes les dispositions du cœur, y trouvent toutes les formules de prières et d'actions de grâces qui les aident à exprimer leurs vœux et à les faire monter vers le ciel. Alcuin marque, en détail, les passages des psaumes qui peuvent servir dans ces différents besoins spirituels, et y joint des oraisons qu'il avait composées lui-môme , en empruntant au Psalmisteles paroles et les sentiments exprimés dans son cantique. — Il suit la môme méthode dans la seconde partie, où Ton trouve des prières sur toutes sortes de sujets, il y donne aussi différentes formules pour la confession des péchés, et l'on peut dire qu'il est rare de trouver des examens de conscience plua détaillés. Nous ne meo«
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MCTIONNAIRE DE PATROLOGIfiL
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(iooneroDs qu'une seule de ces formules, dans laquelle, après avoir fait faire au pénitent une confession de foi sur les mystères de la Trinité et de l'IncarnatioD, il ajoute, en s'adressant à Jésus-Christ : « Je crois que vous avez été adoré des mnges, baptisé par saint Jean dans le Jourdain, présenté au temple, trahi par Judas, flagellé, couronné d'épines, attacné à la croix, enseveli; qu'après être ressuscité» vous avez bu et mangé pendant quarante iours avec vos disciples, et que le quarantième vous êtes monté au ciel. » II indique encore des prières et des oraisons nour toutes les heures de TolIIce, et spécialement pour Compiles. Celle de Prime est la même que nous récitons encore aujourd'hui.
Bréviaire. — Alcuin fit une espèce dn Bréviaire dans lequel il marqua, en détail, les psaumes que l'on devait dire chaque jour de la semaine, en commençant par le dimanrhe. 11 y joignit des hymnes, des oraisons, des litanies. Le nomIJre des psaumes est phis grand le dimanche, et pour les autres Jours de la semaine ce nombre n'est pas é^al. L*ofllce du dimanche finit par une litanie qui est en partie la même que nous récitons encore aujourd'hui. Il n'en met point après l'office de chaque férié, mais après celui du samedi il en indique une fort longue et qu'il distribue en sii parties, pour tous les jours, à partir du lundi. Les hymnea qui font partie de ce Bréviaire sont attribuées h saint Ambroise, à Prudence, à Sedulius, à Porlunat et à Eugène de Tolède. C'est à Fortunat qu'il fait honneur du Pange^ lingtM^
floriosiy mais on le croit nlutOt de Mamert laudien. La distribution de Tofîice est suivie d'un recueil d'oraisons, publiées sous le nom de plusieurs Pères, quoiqu'on ne les trouve point dans leurs écrits ; Alcuin pourrait en avoir extrait la matière et les sentiluents. Du reste, au commeocemeni comme à la fin de cette compilation, il est évident qu'il manque quelque chose, ce qui Tempéche d'être complète»
Commentaire sur r EccUsiash. — Trois disciples d'AIcuin, Onias, Candide et Nathana 1, venaient de se voir ravis à sa discipline pour être élevés, le premier à Tépiscopat, le second à la prêlriseï et le troisième au diaconat. Craignant que cette promotion ne devint pour eux une oceasion de s'attacher aux biens et aux honneurs du siècle, il composa, à leur usage, un commentaire sur le livre de l'Ecclésiaste , Commentaire tiré moins de son propre fonds que des explications des anciens Pères de r£glise, et princioalement de saint Jérôme. C'est ce qu'il déclare dans l'épitre dédicatoire qu'il leur iUresse. U leur recommande aussi de se considérer moins comme les propriétaires
Jue comme les dispensateurs des richesses ont ils avaient le maniement. U leur conseille de s'en faire des amis auprès de Dieu, eu en distribuant le superflu aux pauvres. Il leur cite cet endroit des Proverbes, xtn, 8: ^«< rieheseee de Vhomme sont la rançon de
5M éme; cet autre de rfirangile : Faites-
votés des trésors dans le ciely où les, vers et la rouille ne les mangent point; et cette promesse du Sauveur a ceux qui «luront accompli les devoirs de la charité envers les. pauvres : YeneZy les bénis de mon Pêrc^ posséder le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. Il remarque, d'après les Hébreux, que le livro de l'Ecclésiaste aurait été rejuté, comme bien d'autres de Salomon, dont les titres ne sont pas môme connus, s'il n'avait déclaré, à la fv^i^ que le bonheur de l'homme consistait à aimer Dieu et à observer ses commandements. Ce Commentaire est suivi d'un poëme pour en recommander la lecture, et de la prière que Salomon fit à Dieu dans la dédicace du temple de Jérusalem, telle qu'on la trouve au troisième livre des Rois.
Commentaire sur VEvanqile de saint Jean. — Après la mort de Charhmagne, Gisia et Riclrude, l'une fille et l'autre épouse de ce prince, s'étaient retirées dans un monastère qu'on croit être celui d'Argenteuil ou de Chelles, aux environs de Paris. Le désir de se perfectionner dans l'intelligence de l'Ecriture sainte, qu'Alcuin leur avait souvent expliquée, les porta à lui écrire à Tours, pour lui démander un Commentaire sur l'Evandle de saint Jean.
Elles lui rappelaient le soin que saint Jérâme prenait autrefois d'instruire les dames romaines, en leur envoyant, malgré la distance, l'explication des prophéties de l'Ancien Testament. La distance est moins longue de Tours à Paris, et le trajet de la Loire moins dangereux que celui de la mer de Toscane. Alcuin, pour les satisfaire, commenta l'Evangile de saint Jean, et divisa son travail en sept livres. Dans la première préface, il remarque que, suivant la tradition, saint Jean n'avait écrit son Evangile que sur la (in de ses jours, comme il se trouvait relégué dans 1 lie de Patmos. Il récrivit aux instances des évéques d'Asie et de Elusieurs autres Églises, pour Topposer aux érésies que Marcion, Cérintbe, Ebion ^ {plusieurs autres avaient introauites dans 'Eglise pendant son absence. Comme ils soutenaient que Jésus-Christ n'existait point avant Marie, saint Jean s'appliqua à établir l'éternité du Christ, dont les autres évangélistes oavaient pas suffisamment parlé. Alcuin se servit, pour composer son Commentaire, des écrits des Pères qui avaient expliqué cet Evangile, soit dans des traités» soit dans des homélies, soit même nar fraçr ments détachés, se contentant déclaircir quelquefois un passage contesté. Il profita surtout des traités de saint Augustin, des livres de saint Ambroise, des homélies de saint Grégoire le Grand et du vénérable Bède, prenant tour à tour le sens des paroles et les paroles elles-mêmes. 11 ajoute* dans sa seconde préface, que si Dieu lui accorde la santé et le loisir, il espère un jour pouvoir expliquer les trois autres Evangiles. Il demande aux saintes femmes à qui son Commentaire est adressé, le secours de leurs prières» et les engage à employer sainte-
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ment le temps du carême k se préparer à la célébration de la Pftque.
Poëme sur la £î6(e.— Après qu'Alcuin eut revu et corrigé les livres de la Bible, il mit quelques petites épigrammes au dos des exemplaires sur lesquels il avait travaillé. Baronius fait mention d'un de ces eiem-
Slaires qu'il a vu dans une bibliothèque de ome» et qui avait beaucoup servi a ceux ^ui, de son temps, furent chargés de corriger la Yulgate. On voit, par ces épigrammes, âu'aux VIII* et ix* siècles on donnait à la ible les titres de Pandectes^ de Bibliothèque. Il s'y nomme lui-même avec le roi Charles, par l'ordre duquel il avait travaillé à la révision du texte des livres saints.
Des œuvres dogmatiques d'Alcuin, — Alcuin, retiré dans son monastère de Saint* Martin de Tours , crut ne pouvoir mieux emplover les loisirs dont il jouissait ou'à seconder le zèle de Charlemagne, en l'aidant à répandre les lumières de la foi dans tout l'empire ; car ce prince était dès lors élevé à la dignité impénale. 11 le dit lui-même 6x<-
Ï)ressément, dans Tépître dédicatoire qu'il ui adresse en lui envoyant ses trois livres de la Trinité. Ce fut de lui-même qu'il entreprit cet ouvrage, non pour instruire l'empereur sur la vérité de ce mystère, il en savait tout ce que la foi catholique nous oblige de croire, mais pour combattre ceux qui, niant la nécessite et même l'utilité de la dialectique, le blAmaient d'en avoir appris les règles à Charlemagne. Il s'appuie de 1 autorité de saint Augustin, qui, dans las livres de la Trinité, enseigne qu'on ne peut résoudre des questions si profondes qu'en recourant aux subtilités des catégories.
Traité de la Trinité. — Alcuin ne s'arrête pas tellement au mystère dont il traite, qu'il ne propose et ne résolve encore plusieurs questions sur l'incarnation du Verbe. Voici le précis de cet ouvrage. Les philosophes ont placé la béatitude dans ce oui flatte les
{>assions humaines, dans les voluptés, dans es honneurs, dans les richesses temporelles; mais l'Ecriture tout entière ne nous en présente point d'autre que celle dont nous sommes appelés à jouir dans l'éternité. Or personne ne peut parvenir à ce bonheur q^e par la foi catholique animée de la chanté, c'est-à-dire, de 1 amour de Dieu aimé B[>ur lui-même, et du prochain aimé pour ieu. L'Apôtre enseigne en termes exprès la nécessité de cette foi. Elle consiste à croire qu'il y a un Dieu en trois personnes, qui ne sont pas trois dieux, mais un seul, parce que leur nature est une et la même. Quoique personnellement le Père soit autre
Ïae le Fils, et le Fils autre que le Saintsprit, cependant ils n'ont qu une nature. D'où vientque Dieu, voulant former l'homme, dit : Faisons-le à notre image; terme singulier qrui marque' l'unité de nature, à la ressemblance de laquelle l'homme a été formé. C'est pourquoi il faut savoir qu'il y a des ^ choses qu'on dit de Dieu substantivement ^ comme lorsqu'on dit : Dieu est grand ; et qu'il y en a d'autres qui ne se disent que
relativement f comme lorsque nous nommons les personnes ; car il y a relation du Père au Fils, du Fils au Père, et du Saint-Esprit à tous les deux. Ce sont ces relations qui constituent la distinction entre les personnes de la Trinité et oui empêchent qu'on ne les confonde entre elles. Il résulte de cette unité de substance dans la Trinité que les trois personnes sont égales en attributs et en perfections. Eu Dieu on n'admet point d'accident, parce qu'il est immuable et étemel. Tout est commun, dans la Trinité, à toutes les personnes, en ce qui regarde les attributs essentiels à la substance qui leur est commune. C'est la même nature, la même essence pour le Père, le Fils et le Saint-Esprit; mais chacune de ces trois personnes a quelque chose qui lui est propre. Ainsi le Père ne tire pas l'orisine de son Fils, le Fils est le seul engendre du Père, et le Saint-Esprit, qui est le produit de l'un et de l'autre, procède du Père et du Fils.
On ne peut pas dire que la substance du Fils soit semblable à celle du Père, il faut dire qu'elle est la même, et que les trois
f)ersonnes n'ont qu'une substance ; ce çui ait que le Père n'est pas avant le Fils, ni le Fils après le Père, comme le soutenaient les ariens. Il n'en est pas de même des hommes. Encore qu'Abraham et Isaac soient d'une même substance, selon l'humanité, Abraham a sufr son fils une priorité de temps que rien ne peut lui êter, parce que l'homme n'agit et ne procrée que dans le temps. Mais Dieu étant de toute éternité, comme il a toujours été Dieu, il a touiours été Père, ayant un Fils qu'il a engendré ésal à lui et de sa propre nature. Il faut en dire autant du Saint-Esprit, eonsubstantiel au Père et au Fils, et non pas seulement semblable en subs-* tance^ comme l'ont affirmé autrefois certains hérétiques. Toutes les créatures tiennent leur être de Dieu, qui les gouverne par sa toute-puissance , comme il remplit toute la création par son immensité. Dieu habite en lui-même, et tous les êtres créés n'ont de vie et de mouvement qu'en Dieu. Un philosophe demandait un jour à un chrétien où était Dieu ? Le chrétien lui répondit : Ditesmoi vous-même où il n'est pas? En effet, la Divinité est partout , et tout entière partout. Elle est tout entière dans les méchants par son immensité, et par sa toutepuissance elle les fait vivre ; mais elle est plus particulièrement dans les justes, parce qu'à la vie du corps elle ajoute la grftce aui les fait vivre pour le salut. Les uns et les autres ont le libre arbitre ; mais dans les bons Dieu y aioute sa grâce, afin qu'elle dirige la volonté. S'il n'y avait point de grâce de Dieu, comment le monde serait-il sauvé? et s'il n'y avait point de libre arbitre, comment serait-il jugé? Nous ne connaissons aue deux sortes d'êtres, celui qui n'a point e commencement, c'est Dieu ; et celui qui a commencé , c'est la créature. Or Dieu»
[>our racheter l'homme, s'est fait homme ui-même en prenant chair dans le sein d'une vierge; mais de l'union de la di«
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TÎnité arec rhumanité, il n'en résulte aucun changement, ni dans l'une ni dans Tautre de ces deux' natures. Le même est cofunAbstcmiiel à son Père, dans la forme de Dieu, et tonsub^tantiel à sa mère dans la forme d'esclave, par laquelle il est homme parfait, puisqu'il a une ftme et un corf)s. La pureté de la foi ne permet pas de croire que l'âme de Jésus-Cbnst n'ait pas eu une pleine connaissance de sa divinité, avec laquelle nous croyons qu'elle ne faisait qu'une seule personne. II est dit dans le Symbole que Jësus- Christ a été conçu du Saint-Esprit et est né de la vierge Marie ; c'est une grande preuve que l'union personnelle de l'humanité avec la Divinité ne peut être que l'effet de la grAce; car, puisque cette union date du commencement, on peut conclure que l'humanité n'avait rien fait pour la mériter. — Quelqu'un dira peut-être : Si Jésus-Christ a été conçu du Saint-Esprit , comment n'est-il pas appelé son fils ? — Parce qu'il en résulterait qu'il y aurait deux pères dans la Trinité, l'un de la Divinité, Vautre de rhumanité, ce que personne n^oserait dire, puis- ÎQie Jésus-Christ, comme homme et comme ieu, ne forme qu'une seule personne.
11 explique ensuite, fort au long, le mystère de l'incarnation, distinguant avec soin la nature humaine, selon laquelle Jésus- Christ est inférieur à son Père, et la nature divine^ par laquelle il lui est égal et eoiterneL U montre Que Dieu est en Jésus-Christ d'une manière nien différente que dans les saints ; car Jésus-Christ est le Verbe même de Dieu fait homme, tandis que Dieu n'est dans les saints que par sa grâce. Il conclut delà, contre Félix et Elipand, gue Jésus- Christ n'est point fils adoptif, mais fils propre et Yéritable de Dieu, et un seul Dieu avec le Père et le Saint-Esprit, et qu'en lui il n'y a de distinction réelle qu'une distinction de natures, parce qu'il y a deux natures réunies en une seule personne. D'où il r^ulte que Marie est vraiment mère de Dîeu, parce qu'elle est mère du Christ, et qu'il nV a qu'un seul Christ, qui est Dieu et homme tout ensemble. Il montre que c'est à Jdsua^Ihrist comme homme que le pouvoir a été donné de juger les vivants et les morts. Il parle de ce jugement général, de la différence qu'il y aura entre la résurrection des justes et la résurrection des méchilnts, et dans la sentence qui prononcera, pour les uns des récompenses, et pour les autres des châtiments éternels. — Ce traité est suivi de yingt-huit questions sur la Trinité, ayec leurs réponses, adressées à un moine nommé Frédégise, et qu'Alcuin appelle son cher fils. Elles sont toutes résolues d'après les principes établis dans le traité dont nous venons de donner l'analyse.
De la proceaion du Saint-^Esprit. — La Question de la procession du Saint-Esprit nit aratée, pour la première fois, dans le concile de Gentilly, en 767; elle fut renouvelée, en 809, dans celui d'Aix-la-Chapelle, et, la même année, dans une conférence te^ iiae à Kome^ ^n présence du pape Léon I1I|
i[ laquelle assistèrent, par ordre de Charlemagne, plusieurs prélats de France, et entre autres Smaragde, abbé de Saint-Michel, dans le diocèse de Verdun, qui rédigea par écrit les actes de cette conférence. Les Français avaient donné occasion à cette dispute en «goûtant au concile de Constantinople la particule Filioque. De le, scission entre les Grecs et les Latins. Le pape Léon approuva la doctrine des Français; mais, dans un but de conciliation, il défendit l'addition de cette particule au Symbole. Cet avis ne fut point suivi, et Charlemagne donna lui-môme commission à l'abbé Smaragde de publier un traité sur ce sujet. Plusieurs savants l'imitèrent, et entre autres Alcuin, qui se trouvait toujours prêt lorsqu'il s'agissait de discuter auelques points de doctrine qui offraient des ifficultés.
Son ouvrage est divisé en trois parties. Dans la première, il fait voir que le Saint- Esprit procède du Père et du Fils ; dans la seconde, qu'il est l'esprit du Père et du Fils ; et, dans la troisième, qu'il est envoyé par le Père et par le Fils. Sa méthode de raisonnement, dans chacune de ces parties, est de prouver d'abord par les textes de l'Ecriture, auxquels il ajoute ensuite les témoignages des papes, les passages des Pères grecs et latins, et les décisions des conciles
Généraux. Les Pères qu'il cite sont : saint léon pape, saint Grégoire de Nazianze, saint Jérôme, saint Augustin, saint Célestin pape, saint Grégoire le Grand, saint Ambroise, saint Athanase, saint Isidore de Séville, Gennade, prêtre de Marseille, saint Fuigence, Paschase diacre, et Boëce, ce qui prouve l'antiquité de l'ouvrage, puisqu'il n'y en a aucun parmi ces écrivains qui ne soit antérieur au viu* siècle.
Sept livres contre Félix éCUrgel — Félix d'Urgel, de concert avec son disciple Elipand, continuait à répandre en Espagne et dans les Asturies cette erreur dont nous avons déjà parlé, et qui né reconnaissait, en Jésus -Christ comme homme que le fils adoptif de Dieu. A la tête de ceux qui prirent la défense de la vérité, se trouve Alcuin, qui en écrivit lui-même à l'évoque Félix, dont il reçut une réponse pleine de fiel et d'amertume. Voyant qu'au heu 4e rétracter ses erreurs, il employait au contraire toutes les subtilités du sophisme pour les soutenir, Alcuin résolut d'en écrire une réfutation complète, qu'il divisa en sept livres.
Dans le premier, il presse Félix par trois arguments irréfutables : par l'autorité de
grande
de mettre sa confiance dans son propre sens, au mépris des saints Pères et de toute l'Eglise catholique. La perte de tous les hérétiques ne vient-elle pas de ce gu'ils sont plus attachés à leur propre sentiment qu'à fa vérité? Jamais l'Eglise, depuis la prédication des apôtres jusqu'à nos jours, n'a donné
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MCTlONNAmE DE PATROLOGflB.
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à Jésûs^Christ le nom de ûls adoptif. Ce nom ne se trouve ni dans les Evangiles, ni daos FAncien Testament, ni dans les écrits des apôtres, dans aucun symbole, dans aucun concile, dans aucun ouvrage des saints Pères. Gomment les inventeurs d*un pareil titre ne craignent-ils pas Tanathème aue saint Paul adressait aui anges mêmes, s ils annonçaient une doctrine dilférenle de celle qu'il avait préchée ? Ils sont en petit nombrei resserrés dans un coin de TËurope ; du moment donc qu*ils ne trouvent point leur doctrine établie par tonte la terre, ils doivent se considérer comme hérétiques. » 11 porte ensuite le défi h Félix de citer une nation, une ville, une Église, qui donne à Jésus-Christ le titre de iils adoptif, et il fait ce raisonnement : « Ou Dieu a pu se créer un fils de la chair de la vierge, ou il ne l'a pu. Si cela excède son pouvoir, il n'est plus tout-puissant ; s'il Ta pu, sans le vouloir, c'est a vous à rendre raison pourquoi il ne Ta pas vbulu. »
Félix disait : Un nouvel homme doit avoir im nom nouveau. — « Qui vous a appris ce nouveau nom? lui demandait Alcuin. Dieu vous a-t-il parlé dans un tourbillon, comme à Job; ou sur les Pyrénées, comme à Moïse sur le mont Sin/i? Peut-être, avec le prophète Isaïe, avez-vous vu le Seigneur assis sur son trône» vous envoyant un de ses séraphins avec un charbon' ardent, pour purifier vos lèvres, afin qu'elles pussent prononcer des noms inconnus à tous les siècles passés. » Il rapporte tous les noms par les-
2uels l'Ancien Testament a désigné Jésushrîst ; iî les rapproche de plusieurs [jassages des Evangiles , oCi il est positivement appelé le Fils de Dieu, et il confirme cette doctrine par des citations de saint Augustin, de saint Jérôme et de saint Procle de Gonstaminopre. Il demande à Félix si ces paroles du Père, qui furent entendues pendant le baptême de Jésus-Christ : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, se rapportent à une seule, ou k deux personnes en Jésus-Christ? Si c'est h une seule, donc cette personne est le Fils bien-aimé, quoiqu'en deux natures ; si elles se rapjrortent à la Divinité seule, donc c'est U Divinité qui a été baptisée et non l'humanité, puisque la voix du Père se fit entendre sur celui qui était baptisé.
Félix disait encore qa'un môme homme fie pouvait avoir deux pères naturels, et que Jésus-Christ ne pouvait être fils de Dieu comme il était fils de David. — Je réponds a cela, reprenait Alcuin, qu'un père ne peut avoir deux fils en la même personne, un naturel et l'autre adoptif. Et, pour montrer
Ïu'avec ses deux natures Jésus-Christ peut Ire vériUbtement fils de Dieu, il rappelle que, bien que Vkme d'un homme ne soit pas sortie du père comme son corps, il ne laisse pas d'être tout entier le propre fils de celui qui a produit son corps. Il rapporte aussi un grand nombre de passages des Pères, pour prouver que Jésus-Christ est vrai Dieu ; mais en y ajoutant ceux d'Origène et oe CassieAy qui n'oni pas toiiyours bien saisi
le vrai sens des Ecritures, il . avertit qu*il n'emprunte que ceux dont la doctrine est conforme à celle des autres docteurs, et qu'en cela il imite saint Jérôme, qui a pris plusieurs choses dans Origène; et saint Paul, qui, dans sesEpîtres, cite des passages tires des livres d»'S païens. A ce nassagt. de saint Paul que Dieu était dans le Christ se réconciliant le inonde^ et que Félix objectait contre la divinité de Jésus-Christ, Alcuin répond par ce passage de saint Jean (xiv, 26), où Jésus-Christ dit lui-même : Je suis dans mon Père, et mon Père est en moi, Félix observait encore qu'il est dit de Jésus-Christ : Nous Vavons pour avocat auprès du Père, Alcuin réplique, qu'en eifet le Seigneur intercède pour nous, comme il est écrit que le Saint-Esprit prie avec des gémissements inénarrables. Ce sont des expressions figurées, dont le vrai sens est que le Fils et le Saint-Esprit nous portent à prier, en nous accordant la grâce cie la prière. Enfin, Alcuin fait remarquer que la plupart des passages des Pères, rapportés par Félix, sont des passages tronqués, corrompus, et, quelqueibis même, faussement attribués à leurs auteurs, dont ils dénaturent complètement la doctrine. Il lui reproche d'avoir opposé la liturgie d'Espagne à la liturgie romaine. « Pour nous, lui dit-il, nous avons pour maxime de rejeter tout ce qui ne s'aocorde pas avec la foi de l'Eglise universelle. »
Livres contre Elipand. — Alcuin f voyant qu'Elipand s'obstinait dims son erreur, écrivit pour le réfuter. Son ouvrage est divisé en Quatre livres : les deux premiers sont employés à combattre une lettre pul>liée par eet évê(^ue, et les deux antres k la défense de la foi catholique. Sachant que Charleroagne envoyait en Espagne Leidrade , arcbe^ vêque de Narbonne, Nefrid, archevêque de Lyon , et Benoit, abbé d'Aniane , il leur remit son écrit , afin (ju'ils pussent le lire et l'examiner en chemin , avant qu*il le rendit public. Après s'être plaibt de la manière dure et indécente dont filipand l'avait traité, il examine en peu de mots comment son er^ reur avait été condamné» par les évèque» rassemblées à Ratisboone, en présence du roi Charles et de Félix d'Urgel, et eomment le pape Adrien avait confirmé cette condamna-' tion. 11 lui oppose la soumission de Félix à cette sentenccr soumission entravée d'abord par plusieurs tergiversations de son fait , mais conQrmée enfin, au concile d'Aix-la- Chapelle, par une confession de la vraie foi et un retour complet à la doctrine de l'E^
Î;lise catholique. Alcuin prend occasion de a démarche de Félix pour exhorter Elipand à suivre son exemple en toute humilité. Pois, lui rappelant cette parole de saint Paul, qu'ti n'appartient qu'à eeuœ qmi $oni envoyés de préckeTf il lui demande au nom de qui il a été envoyé prêcher que JésuS'- Christ n est que le fils adoptif ue Bieu ? il lui rappelle que saint Paul lui-même dit nettement que Jésus-Christ est Dieu sur toutes choses, ce qui , à la lettre, signifie qu'il
eat Dieu par nature et non par adoption. 11
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dighonnaire de patrologie.
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allègue encore le témoignage que le Père rendit à Jésus-Cbrist dans son baptême , et d*autres passages de VEcriture qui prouvent jusqu*à révideiice qu^il est le vrai Fils de Dieu. U rt^pond, dans le second livre , aux te\te8 sacrés qn'Elipand objectait , pour prouver Tadoption en Jésus^hrist , et il montre que ces teites devaient s'entendre de la nature humaine , à laquelle )i' Fils de Dieu s*est personnellement uni ; mais qu'on ne pouvait en conclure, ni qu'il y eût dieux >er>oaoes en Jé^us-Christ , comme le vouât NestoriuSy ni que Jésus-Christ fût tils adiiptif de Dieu. Il fait voir ensuite qu'Ëlijand avait tronqué, ou prisa conlre-sens, plusieurs passades des Pères , nommément de saint Ambroise , de saint Augustin et de saint Léon, il revient sur une question qu'il avait déjà traitée dans son ouvrage précédent , savoir , la conlri-^diclion entre la liture espagnole et la liturgie romaine. — Dans s deux livres suivants , Alcuin traite du mjslère de rincarnation, et montre par un grand nombre de citations de l'Ecriture, qu'il y a eo Jésus-Christ deux natures unies en une seule personne ; qu'il est partout appelé Fils unique de Dieu, et nulle part fils adoptif; enfin, que c'est le mèine qui est Fils de Dieu et tils de l'homme. U prouve la même vérité par les témoignages des Pères. 11 allègue encore la définition de foi du concile d'Ephèse contre Thérésie do Nestorius, et le traité du pape Virgile intitulé : Des deux natures tm Jésuê-^hrist ; puis il finit par celui du rhéteur Viclorin, où après nous avoir dit que Dieu nous a prédestinés nour être ses enfants adoptifs en Jésus - Christ , il uoQte : m Ne dira-t-on pas aussi que Jésus- Christ est fils de Dieu par adoption? Non, jusqu'ici personne n'a osé le dire : Jésus- Cbnst est fils par nature; c'est nous qui sommes fils par adoption. »
Traité des vertus et des vices. — Alcuin composa ce traité^ à la prière du comte Widou ou Guy , (}Qi , engagé dans le tumulte des armes, lui avait demandé des avis pour se diriger dans les exercices de sa profession de manière à ne point perdre de vue la recherche des biens à venir. Alcuin présente son livre à ce seigneur , non comme une pièce d'éloquence , mais comme un témoigiiage de son affection et du zèle qu'il 3vait pour son salut. 11 est divisé en trentesîx chapitres, dont les vingt premiers traiteut des vertus et de la manière de les mettre en pratique. Les quatorze suivants , à i'eiceptioo de celui où il est parlé de la persévérance dans les bonnes œuvres , traitent ùes péchés et des vices capitaux, entre les-
Saels, à l'exemple des Grecs et des Latins , met la vaine gloire. 11 parle dans le trenteeinqui^e des quatre vertus cardinales , et e trente-sixième est un épilogue où il fait i^Urer un passage du livre de l'Ecclésiastique tn l'attribuant a Salomon. C'est de ce traité ue sont tirés plusieurs discours, insérés ('puis dans l'appendice de saint Augustin. Alcuin le commence par la détinitio-i do la vraie sagesse, qu'il fait consister dans lob-
servation des commandements de Dieu, tant de ceux qui ordonnent le bien que de ceux qui interdisent le mal. En effet , comme il ne suffit pas de ne point faire le mal , si on ne fait encore le bien, ce n'est pas assez non plus de faire le bien , si l'on n'évite aussi le mal. Il en est de même de la foi et des œuvres. La foi sans les œuvres est inutile, les œuvres sans la foi ne sauraient profiter à celui qui les accomplit. Souffrez le martyre , méprisez le monde , donnez l'aumône avec profusion ; si votre foi n'est accompagnée de la charité, vous ne retirez aucun avantage de vos bonnes œuvres. Et il en sera de même encore si vous les accomplissez sans esnérance. Quelque grands que soient nos ]r>écnés, nous ne di^vons jamais désespérer de la bonté de Dieu , qui nous les pardonnera, mais à la condition de les expier far le repentir, et non d'y persévérer , dans espérance du pardon. Si Dieu est indulgent envers ceux qui se corrigent en demandant miséricorde, il punit avec justice les pécheurs impénitents, qui s'obstinent à pei^ sévérer dans leurs péchés. La foi s'alimente par la lecture des livres saints ; Tespérance entretient ïdme dans la paix de Dieu, et la charité fait germer la patience , vertu essen» tielle au chrétien, et nécessaire dans toutes les circonstances de la vie. Du reste, on peut dire que, par la patience, la charité fait aattre toutes les autres vertus : la pénitence, k mortification , rhumililé, la crainte du Seigiicur ; et , par contre-coup, brise et détruit tous les vices ; l'orgueil, la cupidité, l'envie, la luxure, la colère et la paresse. — £n traitant des vices et des vertus , il Sait observer que, dans la vie d'un chrétien , c'est moins le commencement de la bonne œuvre que Ton cherche, gue la fin , c'est-à-dire la persévérance, qui seule sera récompensée. Judas fut d'abord apôtf'e, et il finit en trahissant sou Dieu. Saul, au contraire, commença par être persécuteur , et il finit avee le titre mérité a Apôtre des nations. Ce n'est donc pas celui qui commence bien, mais celui qui finit bien qui sera sauvé. U encourage le eomte Widon à persévérer dans la carrière qu'il avait embrassée. L'état séculier et la profession des armes ne sont point des obstacles à la conquête du royaume des cieux* Dieu a promis également sa félicité à tous les honw mes, il en accordera doncla possession à tout Age,^ à tout sexe, à toute personne, sans autre distinction que celle du mérite et de la vertu.
Des sacrements, — Le livre qui porte ce titre n'est rien autre chose qu'un recueil de collectes , de secrètes , de préfaces , de postcommunions, pour trente-deux messes différentes. La messe du dimanche est en l'hon»neur de la sainte Trinité , avec la collecte et la préface que nous récitons encore aujourd'hui ; celle du lundi est pour la rémission des péchés ; du mardi, pour implorer le suf«frage des saints anges ; du mercredi, pour invoquer la divine sagesse; du jeudi, pour obleuir la charité : du vendredi, en 1 nonueur de la sainte croix, et du samedi ^ à la
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sainte Vierge. Les autres sont en général pour un ou plusieurs apôtres , pour un ou plusieurs martyrs ; saint Augustin est le seul
Îui ait une messe particulière, et il en est une» Quotidienne f en rhonneur de tous les saints.
A la suite de ces œuvres dogmatiques, nous nous contenterons de mentionner quelques livres faussement attribués à Alcuin ; la supposition est tellement évidente , qu'il serait mutile de perdre du temps à la démontrer. Le premier de ces livres est celui qui a pour titre : Des offices divins. Au rapport dii savant critique dom Mabillon, ce livre n'est qu'une compilation tirée des écrits de divers auteurs, dont plusieurs môme sont de beaucoup postérieurs au siècle du célèbre aumônier de Charlemagne. Le chapitre W* est un traité de Rémi d'Auxerre sur la messe, et dans le 18* chapitre, on lit une lettre d'Hilpéric, moine de Saint-Gai , dans le xi* siècle. Outre cela, on rencontre dans cet ouvrage des fautes de chronolo^e, de linguistique et d'étymologie si grossières , que ce serait faire injure à Alcuin que de le lui attribuer.
Le second des ouvrages supposés est un recueil de trois homélies , si disparates de style, qu'elles annoncent évidemment trois auteurs différents, sans qu'aucune puisse fitre attribuée à Alcuin. La première est sur ces paroles de la Sagesse : Lorsque tout reposait dans un paisible somrneil ; la seconde explique le commencement de l'Evangile selon saint Matthieu : Le livre de la génération de Jésus-Christ^ et la troisième est en l'honneur de tous les saints. On trouve celle-ci parmi Des homélies de saint Augustin et du vénérable Bède ; on ne sait à qui attribuer les deux autres, mais on peut affirmer qu'aucune ne répond au génie d'Alcuin.
Enfin, Duchêne, sur l'autorité de deux manuscrits, l'un de M. de Trou et l'autre de la Bibliothèque du Roi, a publié, sous le nom d'Alcuin, une vie de l'Antéchrist ; mais on ne doute plus aujourd'hui qu'elle ne soit d'Adson, abbé de Montier-en-Der, à la fin du X* siècle. Ce livre fut écrit à la prière de la reine Gerberge, femme de Louis d'Outremer, comme on le voit par une lettre que l'auteur lui-même adresse à cette princesse.
Traité sur les sept arts libéraux. — Nous remettons à la troisième partie des œuvres de notre auteur ce traité et quelques autres, parce au'ils nous semblent appartenir beaucoup plus naturellement à la science et à la littérature qu'au dogme et à la théologie. 11 ne nous reste de ce livre que ce qui regarde la grammaire et la rhétorique. La préface même qui se trouve en tète n'est pas d'Alcuin , mais de Cassiodore , dans son traité sur le même sujet. Alcuin composa un autre traité sur la grammaire en forme de dialogue entre un Français et un Saxon ; un autre sur la rhétorique et les vertus , aussi en forme de dialogue qu'il établit entre lui et le roi Charlemagne; et un troisième sur la dialectiaue, où il observe la mômo forme dialoguee , avec les mêmes .interlocuteurs que dans le précédent. Nous passons légèrement
sur ces sortes d'ouvrages, parce qu'ils intéressent peu notre dessein.
Vie de saint Martin. — Cet ouvrage est composé de deux petits discours, dont le premier contient la vie de saint Martin, évoque de Tours et patron de son abbave, et l'autre les circonstances de sa mort. L un et l'autre sont tirés de Sulpice Sévère, sur lequel Alcuin ne fait qu'amplifier, selon la remarque de saint Odilon, aobé de Cluny» en mettant dans un plus grand jour cer* taines parties de la vie du saint évèque que Sévère Sulpice avait rapportées aved plus de précision.
Vie de saint Vast. — Un anonyme avait écrit la Vie de saint Vast, évoque d'Arras. Soit qu'elle fût peu correcte en elle-même, soit qu'avec le temps il s'y fût glissé plusieurs erreurs, l'abbé Randon engagea Alcuin à la corriger. Cétait en 796, environ cent trente ans après la mort du saint évèque. Alcuin, qui ne pouvait rien refuser à
I abbé Randon, fit ce qu'il lui demandait ; mais, en retouchant la vie de saint Vast , il y fit tant de changements, qu'on ne reconnut plus l'original. Nous avons deux lettres oii il parle de cette Vie : une première à Randon, et une seconde à cet abbé et à ses religieux. La Vie de saint Vast par Alcuin se trouve dans Bollandus au 6 de février. Elle est divisée en cinq chapitres, dont le dernier rapporte Thistoire de la translation de ses reliques par saint Aubert. Bollandus y a joint un discours d'Alcuin, adressé aux moines de Saint- Vast, pour les engager à imiter les vertus qu'il avait rapportées dans sa Vie.
II y joint encore deux vers à l'abbé Randon, en le priant de ne noint mesurer ses présents selon leur valeur intrinsèaue, mais sur l'affection qu'il lui portait; et i'Epitaphe de saint Vast, en dix vers élégiaques, aussi composée par Alcuin.
Yte de saint Riquier. — Alcuin se trouvant à Centule, h la suite de Charlemagne, Angilbert, qui en était abbé, le pria de rédiger, dans un style plus châtié et plus poli, une ancienne Vie de saint Riq[uier. Outre cette ancienne Vie, on lui fournit encore un livre des miracles de saint Riquier. Quoique le style n'en fût pas meilleur que celui de la Vie du saint, Alcuin ne crut pas devoir le corriger ; il lui laissa sa simplicité primitive, qui le faisait entendre et goûter du peuple ; mais il corrigea la Vie même et la dédia à Charlemagne, à qui il donna le titre d'Auguste, ce qui autorise à croire qu'il ne travailla à cet ouvrage qu'après Tan 800. Cette Vie se retrouve dans le recueil des Œuvres d'Alcuin, mais le livre des miracles ne subsiste plus.
Vie de saint Willibrode. — Quoique le vénérable Bède, dans son Histoire ecclésiastique d'Analeterre^ eût parlé assez au long de saint Willibrode, évêque d'Utrecht, cependant il était loin d'avoir rapporté toutes les circonstances de sa vie. Beornred , abbé d'Ëpternac, et parent de ce saint, pria Alcuin de transmettre ses vertus k la postérité. Nous n'avons plus la lettre qu'il lui écrivit à cq
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sujet, iiiais il paratt qu'elle fut assez près- saute, puisque Alcuin écrivit l'ouvrage qui lui était demandé. — Il dit lui-môme qu'il a divisé la Vie du saint en deux livres, l'un eu prose et Tautre en vers : le premier j)Our être lu publiquement dans l'église, le jour de la fête du saint; le second pour n'ôtro lu ^e des savants, dans le cabinet. Au livre en prose il ijjoutaune homélie, qu'il souhaite être digne des» vertus du saint abbé ; au livre en vers, il joignit une élégie sur saint Wilgise, père de saint Willibrode, dont le corps reposait dans une cellule de la province de Northunibre, dans le duché d'York.
Lettres d^ Alcuin. —- Les lettres se trouvent disséminées dans tout le corps de ses œuvres. Alcuin les écrivait suivant ses préoccupations du moment, et on peut leur appliquer la division que nous avons employée en analysant ses livres.
Lettre A Dàphnin. -— Cette lettre est une amplification mystioue du Cantique des can* tiques, et principalement de ces paroles : Ilya êoixante reines et quatre-vingts concubines ou femmes du second rang. Alcuin, par les reines, entend les pasteurs de l'Eglise, qui, par amour pour Jésus-Christ son époux, travaillent à lui donner une nombreuse postérité, et par leurs instructions et par l'administration des sacrements; par les concubines, il entend ceux qui cherchent dans les travaux de l'épiscopat, non à gagner le ciel^ mais k s*enricnir sur la terre.
Lettre à Charlemagne. — Le roi Charles avait chargé iCandide, disciple d' Alcuin, de lui demander quelle différence il y avait, entre ces mots , œtemum et sempitemum, immortale et perpetuumj sœculum^ œvum et tempus. Alcuin, dans sa réponse, marque les différents sens de ces termes. Suivant lui , Œiemum et sempitemum ont la même signification; ils marquent ce qui est éternel; la seule différence, c'est qu'on a ajouté l'adverbe semper au mot œtemum. Le terme perpetuum indique ce qui reste toujours et oe change jamais. La différence entre éternel H immortel consiste, en ce que tout ce qui est immortel n'est pas éternel, tandis gue tout ce qui est éternel est immortel. Ainsi Tâme humaine n'est pas étemelle, puisqu'elle a eu un commencement, et cependant elle est immortelle, puisqu'elle ne doit jamais fiuir. Quant aux termes œvum et tempus^ ils diffèrent, en ce que le premier, que l'on rend ' eu français par stècle ou perpétuité^ est stable, et que le second, ou le temps^ est sujet au changement. Il ne met aucune différence entre sœculum et tempus; seulement il remarque que sœculum est quelquefois pris dans l'Ecriture dans le sens d'éternité.
Lettre à Elipand. — Cette lettre parait avoir été écrite avant le concile de Francfort, en 79b, puisque Alcuin ne dit pas un mot de cette assemblée. Comme Elipand était un V vieillard respectable, et par la dignité de son siése, qui était le premier de l'Espagne, . et par fa réputation de sainteté qu'il s'était \ acquise parmi les autres évèques, il le traite ! avec beaucoup d'honneur et de distinction,''^
employant les termes les plus mesurés et les
f trières les plus humbles pour le retirer de 'erreur. — Il lui représente qu'en parlant de Jésus-Christ, on ne doit point employer d'autres noms que ceux qui sont autorisés "par l'Evangile ou par la tradition apostoli-
2ue ; que jusque-la, celui de Fils adoptif a té inconnu, et que les raisons, dont l'évêque Félix s'était appuyé pour faire valoir ce terme, étant insulfisaotes, il devait lui-même s'en abstenir. Alcuin répète la plupart des arguments allégués contre Félix, et conjure Elipand, parle sang précieux de Jésus-Christ et par le terrible jugement du dernier jour, de communiquer sa lettre aux autres évèques d'Espagne.
Lettre au prêtre Odvin. — Alcuin avait eu sous sa discipline, pendant plusieurs années, un nommé Odvin, qui y fit tant de progrès, qu'il fut jugé digne du sacerdoce. Son 'maître, voulant le mettre eu état d'en remplit les fonctions avec décence, lui écrivit une lettre, dans laquelle il lui explique avec détail toutes les cérémonies qui se pratiauent. dans l'administration du baptême. Il 1 avertit qu'il n'est pas permis d'en omettre aucune, parce qu'elles ont été étad^lies par les saints Pères. Ces cérémonies sont les mêmes que nous pratiquons encore aujourd'hui, à la réserve des trois immersions qui ont été supprimées. On y donnait aussi aux nouveaux baptisés les sacrements de confirmation et d'eucharistie, ce que nous ne faisons plus.
A Charlemagne. — Alcuin, occupé dans l'école de Tours à enseigner à ses aisciples l'Ecriture sainte, la grammaire, l'astronomie, et les autres sciences, trouvait qu'il manquait desUivres nécessaires pour les former dans ce qu'il appelait l'érudition scolastique. Mais se souvenant qu'il avait possédé autrefois de ces sortes de livres en Angleterre, il pria le roi Charles de trouver bon qu'il envoyât en ce pays quelqu'un chargé de les rapporter en France.
Dans une autre lettre au même, il distingue trois degrés de l'autorité souveraine, savoir : le pape, l'empereur, le roi. Le pape Léon III occupait alors le saint-siége, mais ses ennemis avaient fait tous leurs efforts pour l'en chasser ; ils lui avaient crevé les yeux et coupé la langue. En Orient, l'impératrice Irène, mère du jeune Constantin, voulant régner seule, avait fait crever les yeux à son fils, avec une violence telle (ju'il en mourut. Alcuin dit que ce jeune pnnce occupait la dignité impériale et la puissance séculière dans la seconde Rome, c'est-à-dire à Constantinople. Il relève beaucoup la dignité royale dans la personne du roi Charles, parce qu'en effet il surpassait tous les souverains de son siècle en puissance, en savoir, en sagesse. Il dit que le salut des Eglises était entre ses mains, qu'il était le vendeur des crimes, le guide de ceux qui s*étaient égarés, le consolateur des affligés, Tappui et le rémunérateur des bons; c'est pourquoi, il l'exhorte à prendre soin du chef de l'Eglise, qui venait d'être si maltraité. Charles»
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DICTIONNAIRE US PATROLOGSEL
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en effet, fut sensible à cette prière : il passa en Italie et rétablit Léon 111 sur le saiut-
siége. , . , .
Au papt Léon. ~ Cette lettre est des plus humbfes. 11 y déclare qu'il a toujours aimé les princes et les pasteurs de la sainte Eglise romaine, dans le désir d'être mis, par leur intercession, au nombre des brebis dont Jésus-Christ lui-môme confia le soin à saint Pierre. Il appelle le pape Léon, vicaire des apôtres, héritier des Pères, prince de TEglise, le nourricier de Tunique colombe immaculée, et se jette en esprit à ses pieds, pour lui demander d'être délivré des liens de ses péchés, par la puissance de Tautorité apostolique. Angilbert, abbé de Centule, porteur de cette lettre, était chargé de demander de sa part quelques grâces au pape.
Poénen d'Alcuin. — André Duc'iesne, dans «a collection des poèmes d'Alcuin, en compte jusqu'à 272, mais il y en a plusieurs qui ne sont pas de lui. Angilbert, abbé de Ceatulo, le vénérable Bède et Charlemagne lui-même, en ont composé un certain nombre. Pour ceux qu'on doit attribuer à Alcuin et que Duchesne a réunis dans son recueil, ils sont prescrae tous sur des sujets de piété. 11 y ea a en l'honneur de Jésus-Christ, de la sainte vierge, àes apôtres, de la croix, des anges et des saints, d'autres à la louange de Charlemagne et de la reine Hildegarde, et auelques-uns sur le rétablissement des églises et des monastères. La poésie d' Alcuin est comme le reste de ses œuvres, elle se restent de son siècle, qui, au rapport de Fabrieius , était l'époque de la moyenne et basse latinité.
Confesêi^n de foi d'Alcum. — La Confession de foi que le P. Chiûlet (U imprimer, en 1656, sous le nom d' Alcuin, souleva parmi les savants une grande, contestation. Trois ans après sa publication, l'auteur de roflice du Sainit*3aerQment« en inséra quelques passages dMS son livre, mais en même temps il exprima des aoutes sur son authenticité. Le ministre Daillé poussa la chose plus loin encore, et soutint qu' Alcuin n'en était pâs l'auteur. Mais dom Mabillon, dans une dissertation imprimée dans le premier tome de ses Analectes, prouva la génuité de cet ouvrage, et appuya par de nouvelles preuves le sentiment de ceux qui Tattribuaient au pieux aumônier de Charlemagne. Les preuves de dom Mabillon nous paraissent sans réplique. La première est tirée de Tantiquité du manuscrit sur lequel le P. ChiUIet a donné cet ouvrage. Tous les caractères sont du temps de Charlemagne, ou à peu près. Cette preuve est démonstrative, mais efie ne l'est que pour ceux qui sont connaisseurs en ce genre, et qui ont examiné par euxHmômes Tes caractères du manuscrit ,
g[>ur juger sainement de son antiquité, 'est pourquoi ce critique Tattesle, nonseulement pour l'avoir vu lui-même, mais encore sur le témoignage de plusieurs savants qui ont parcouru le manuscrit, et en ont porté un jugement semblable au sien, U tire une seconde preuve du titre même
de cet ouvragOi qui porte écrit en toutes lettres : Albini confessio fidei. Ce titre était écrit originairement en lettres rouges, mais l'encre qu'on a passée sur ces anciens caractères, n'enlève rien à la valeur de 1 inscription. Enfin, il démontre, par plusieurs façons de parler de cette Confession de foi, que l'auteur écrivait avant le siècle des scolastiques. Ainsi, lorsqu'il dit , dans le second chapitre de la première partie : Je prie le Père par le Fi7«, je prie le Fils par le Père^ et je prie le Saint-Esprit par le Père et le Fils; ces expressions ne répondent nullement à l'exactitude théologque, avec laquelle les scolastiques parlaient de nos mystères. Il en est de même de Vomousios des Grecs, qu'il traduit parle terme de coessentiel^ et que les scolastiques n'avaient pas manqué de traduire par le mot consacré depuis de consubstantieL Dom Mabillon apporte encore plusieurs autres raisons tirées de l'œuvre môme en litige, et qui toutes combattent aussi victorieusement en faveur de son sentiment. En effet, le caractère connu de l'auteur, sa position particulière à la cour de Charlemagne , des rapprochements de pensées et une grande similitude de style ne sauraient plus aujourd'hui laisser subsister aucun doute.
La Confession de foi d'Alcuin est divisée en c^uatre livres. U traite dans le premier de 1 unité do Dieu en trois personnes; dans le second, de l'incarnation du Verbe, en montrant que le Fils de Dieu, Jésus-Christ, est un et le même dans les deux naCureSy Dieu-Homme et Homme-Dieu. Enfin, dans le troisième, il revient sur l'unité de Dieu en trois' personnes, mais il y expose aussi sa foi sur plusieurs autres dogmes de la religion. II enseigne en particulier, que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, (jue la sainte Vierge est vraiment mère de Dieu, que l'âme créée par Dieu est immortelle ; et il anathématise ceux qui soutiennent que les Ames ont péché avant leur union avec le corps, ou qu'elles ont demeuré dans le siè-* de avant cette union. Mais il avoue qu'il ne sait ni quand ni comment elles ont été fiites, ni quelle e^t leur origine; seulement il ajoute que, par le péché d'Adam, tous les hommes sont devenus prévaricateurs. Il cite les oraisons que rEglise fait le vendredi saint pour la conversion des pécheurs et des juifs. Il s'explique clairement sur le culte des reliques, condamne ceux qui disent les commandements de Dieu impossibles, ou qui ne mettent aucune différence entre les mérites des saints; enfln il reçoit avec respect les écrits des Pères, les décrets des conciles et les décrélales des papes. Il combat, dans le même livre, les hérétiques gui ont erré sur la Trinité et l'incarnation; il donne l'explication du Symbole; il déteste les abus do la simonie et déplore le peu de conscience que Ton mettait, de son temps, d'ins le choix des ministres des autels. Le quatrième livre a pour titre : Du corps et du sang du Sei^ gneur. Alcuin y établit, en plus d'un endroit, la foi de l'Eglise sur la présence réelle et la
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DICllOMNAmË DE PATROLOaiE.
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transsubsiantiation. Après aToir cité un passage (les Dialogues de saint Grégoire sur l'eincacité des paroles de la consécration, il ajoute que Teucharistie est consacrée, et codlinuera d'être consacrée» par la vertu des paroles de Jésus-Cbrist, et qu'encore que les prêtres soient les ministres de ce sacrement, tu offrant à Tautel le pain et le vin, néan~ QK>ius« c*e5t Jésus-Christ qui opère, et, par la majesté de sa divine puissance, par la vertu de son Esprit consolateur, et par la béDédiction d'en haut, forme son corps et son sang. Ce corps est divisé par parties, et cependant il est tout entier dans chacune ; il est oaaogé par tout le peuple, et cependant il ne diminue point ; il est tout entier dans le ciel et tout entier dans le cœur des âdèl«a. II donne des preuves, pour montrer qu'on ne doit point douter de la vérité d'un si grand mystère. Il explique par une raison mjsliaue le mélange de l'eau avec le vin dans le calice ; et il finit par une longue prière à Dieu» h qui il demande la grâce de pratiquer la vertu et de fuir le vice ; reconnaissant avec huinllilé que depuis qu'il, avait pris l'habit monastique, il était tombé dans plusieurs fautes. Un écrivain protestant, Basnage, n'a pu se dispenser de reconnattre que la traossubstantiation était positivement enseignée dans cette Confession, et son témoignage ne laissa pas d'avoir une certaine force sur ses coreligionnaires. Au 2&* chapitre du second livre, l'auteur semble approuver qu'un moribond se confesse à ceui qui sont présents, ne fùssent-ils que simpies laïques; évidemment ce passage ne doit point s'entendre de la confession sacramentelle qui ne se peut faire qu'aux prêtres, mais seulement d'un acte d'humilité, qui, accoBipagué du désir d^ se confesser à un prêtre, peut en quelque sorte suppléer au sacrement, parce que Dieu ne méprise point un cœur contrit et humilié. On doit eQC4)re expliquer favorablement ce qu'il dit au 7* chapitre du quatrième livre, que le sacrifice n'est corps et sang de Jésus-Christ que pour les justes et non pour les pécheurs. L auteur ici ne veut dire autre chose, sinon que le corps et le sang de Jésus-Christ ne produisent leur effet surnaturel, qui est de yivifier et de nourrir TAme, que dans les justes qui les reçoivent; de sorte qu'encore qu il soit réellement dans les méchants, il n'y est |>as néanmoins comme cette nourriture divine qui donna la vie à ceux qui la mangent^
Livre du Comte. — Le livre qui porte ce titre a seulement été corrigé et remis en meilleur ordre par Alcuin. Ce n'était qu'un Wiounaire qui indiquait les Epitres et les évangiles pour chaque fête et chaque férié de Tannée. On lisait, dans un manuscrit de lEglise de Chartres, que ce fut Charlemagi^e qui engagea Alcuin dans ce travail.
Bomiliaire. — On peut en dire autant de son Homiliaire. Si l'on en croit l'auteur de s« Vie, ce fut par ordre du même prince qu'il le composa; cet Uomiliaire était en <lettx . volumes. Peut-être ne fit-il qu'aug*
monter ou corriger celui de Paul IHaere, qui élait aussi en deux volumes ; car si l'on veut à toute force le faire auteur d'un ou* vrage de ce genre, nous n'en voyons pas d'autre à lui attribuer.
DES OUVRAGES D'ALCCIfl QUI SONT PERDUS.
L'auteur de la Vie d' Alcuin, qui lai était presque contemporain, compte au nombre de ses écrits uu Commentaire sur quatre Epitres de saint Paul, savoir : les Epitres aux Ephésiens, à Tite, à Philémon et aux Hébreux. Vincent de Beau vais lui attribue des explications sur les Proverbes et le Cantique des cantiques. I>om Montfauçon, dans sa Nouvelle Bibliothèque de$ mamueerits^ eu cite im qui contient des Commentaires d' Alcuin sur rEcclésiaste, sur Jéréoûe et les Lamentations , et un autre intitulé : Petite» Glose» $ur VEmngile 4s saint Jean ; et Fabricius lui prête un opuscule intitulé : Gé^ néalogie de Jésus-Christ, Tous ces ouvrages ont été reproduits par M. l'abbé Migne dans son Cours compUi de Patrologie.
On cite encore sous le nom d' Alcuin plusieurs Homélies, également mentionnées par les critiques ; un poëme sur les patriarches de l'Ancien Testament ; un traité qui a pour titre : Récapitulation de la foi eatholique^ par demandes ot par réponses, et un autre intitulé : V Aurore. Aucun de ces ouvrages n'est arrivé jusqu'à nous. Nous ne savons pas si l'opuscule intitulé : De VutUUé de l'dme est différent de celui adressé à la vierge Eulalie sous le titre : De la raison (b l'dfne; mais on ne peut douter qu'outre les sent livres contre Félix d'Urgel, Alcuin ne lait combattu par un autre ouvrage auquel il donne ]% titre de Lettre de charité^ parce qu'il y exhor* tait cet éyêque à renoncer à ses erreurs. Enfin, entre autres livres, on attribue encore à Alcuin une Vie de Charlemagne. Elle était en prose et en vecs,. comme l'atteste un manuscrit de la bibliothèque de M. de Thou, et Eginhard, qui a écrit l'histoire du même princev j renvoie pour réparer les omissions qui auraient pu se glisser dans la âenne. Nous arrêtons ici cette nomeiiclaUire, que nous pourrions allonger encore d'un grand nombre d'écrits, sans produire aucune preuve qu'il en soit l'auteur.
Dominé par le désir de iaire refleurir dans les Gaules les beaux siècles d'Athènes et de Home, Alcuin fonda un grand nombre d'é** coles, et cultiva lui-même les beaux-arts pour les enseigner aux élèves qui s'y ren<daient en foule. Grammairien, rhéteur, astronome, poëte, philosophe, théologien, Alcuin savait le latin, le grec, l'hébreu, et réunissait toutes les connaissances de soa temps ; mais on s'aperçoit sans peine qu'il avait une science plus étendue que profonde» Ses écrits se ressentent du goût de son siècle, et ils sont loin de justifier aujourd'hui l'estime de ses contemporains, qui l'appe-* laient le sanctuaire des arts libéiaux : ^rtium tiberalitêm saerarium; mais il est }usl» aussi d'insister sur les services qu'il a ren»* dus aux lettres» dans la nuit profonde dont
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les ténèbres couvraient alors l'Europe tout entière. Les plus intéressants de ses ouvrages sont ceux qu'il écrivit pour la défense de la foi. Il l'établit sur des bases solides, et pousse vivement ses ennemis, qu'il combat toijyours avec bonheur, quand il emploie contre eux les paroles de 1 Ecriture et des Pères. Mais il réussit moins quand il a recours aux armes de la dialectique humaine ; ses raisonnements allongés manquent quelquefois de nerf et de justesse, et il est souvent obscur jusqu'à devenir insaisissable et incompréhensible. 11 est plus clair et plus net dans ses traités de morale, et en i)articulierdans celui des vertus et des vices, dont la lecture ne peut être que d'une grande utilité. Ses Commentaires n'ont rien d'original, ce sont des extraits des anciens interprètes, auxaûels il a emprunté ce qu'ils avaient de plus remarquable dans leurs explications des saintes Ecritures. Sa poésie manque de verve et de couleur ; la plupart de ses vers ne diffèrent de la prose que par le rhythme, et encore tombe-t-il assez souvent dans des fautes contre la prosodie. Après ses livres dogmatiques, ce qu'on lit avec le plus de plaisir, ce sont ses lettres; soit parce qu'on y rencontre partout des détails intéressants ayant trait aux faits les plus curieux de l'histoire et de la discipline ecclésiastique, soit à cause de la douceur et de la modestie qu'il y fait paraître à toutes les pages. Mais à part ces observations critiques que nous ne consignons ici qu'à regret, on peut dire que sur tous les points de la religion sa doctrine est d'une pureté et d'une orthodoxie irréprochables. Il ne laissa jamais passer une occasion de marquer son zèle pour la foi, en la défendant contre les attaques de ses ennemis.
ALDELBALD, moine de Cluny, mit des prologues à chacun des livres de la Vie de saint Maïeul,* écrite par Syrus. Pour embellir cette Vie et en rendre la lecture plus attrayante, il la sema de vers, qui n'ajoutent rien aux faits rapportés par le premier auteur, si ce n'est qu'au commencement du premier livre il parle des ravages que les sarrasins commirent dans l'île de Lérins, circonstance absolument étrangère à la vie de saint Maïeul. Dom Mabiilon Ta détachée de la Vie de ce saint, et l'a placée ensuite comme appendice à la Vie de saint Porcaire, abbé de Lérins, sous qui arriva l'invasion des Sarrasins. Sj^rus publia son ouvrage avant le premier jour de l'an 10&9, ce qui assigne le travail d'Aldelbald à la seconde partie du xi* siècle.
ALDRIC (saint), évêque de Sens. — Aldric, que l'Eglise compte au rang de ses saints, naquit, en l'an 775, d'une famille noble du GAtmais. Dès sa première jeunesse, il fut placé dans le monastère de Ferrières, où, après s'être formé à la vertu et aux sciences sous l'abbé Sigulfe, il fut ordonné diacre en 818, et prêtre en 820, par Jérémie, archevêque de Sens, qui l'avait appelé auprès de lui. La même année, l'empereur Louis le Séboonaire l'ayant appelé à sa cour, fut si
content de la manière brillante dont Aldric avait réfuté certains incrédules qui combattaient la foi chrétienne, qu'il lui confia le soin de l'école du palais, et lui donna en— trée dans son conseil. Il devint dans la suite chancelier de Pépin, roi d'Aquitaine. Sigulfe étant mort, en 821, Aldric quitta la cour
Eour aller prendre le gouvernement de l'abaye de Ferrières. Il en fut tiré du commencement de l'an 829 pour remplir le siège archiépiscopal de Sens, deve.u vacant par la mort de Jérémie, arrivée- l'année précédente. Louis le Débonnaire, qui pensait à rassembler un concile nombreux à Paris, voulut que l'archevêque de Sens s'v trou vêt. Ce concile, en effet, fut composé des quatre
Srovinces de Reims, de Sens, de Tours et e Rouen. Aldric y fut chargé, avec Ebbon de Reims, de travailler è la réforme de Tabbaye de Saint-Denis. Il fut du nombre des évêques qui, en 83i, invalidèrent, à Thionville, tout ce qui avait été fait par les évê-
2ues révoltés contre l'empereur Louis. Enn, comme il pensait à quitter son évêché pour aller finir ses jours à Ferrières, il fui attaqué de la maladie dont il mourut le 10 octobre 836.
La première année de son épiscopat, il écrivit une lettre à Frothaire, évêque de Toul, pour le prier de lui obtenir de Dieu la çràce de gouverner sagement le troupeau
2U1 venait de lui être confié. Cette lettre a té reproduite parmi celles de Frothaire dans le Quatrième volume des Actes de l'ordre de Saint-Benoît, avec un privilège que saint Aldric accorda au monastère de Saint- Remi de Sens, après qu'il l'eut transféré d'un faubourg de cette viUe à Varcilles. Ces deux pièces se trouvent également dans la coUec-^ tion complète des Pères et des écrivains ecclésiastiques, publiée par M. l'abbé Migne, à Montrouge, en 1850.
Privilège de saint Aldric, — Pour donner plus de poids au privilège que saint Aldric voulait accorder aux moines de Saint-Remi, il le fit approuver et souscrire dans une as semblée de vingt-huit évêques et de trois abbés. Il marque, dans le préambule, qu'ils étaient tous des Etats de l'empereur Lothaire ; ce qui fait voir qu'il donna ce privilège, en 8i33, après que ce prince eut détrôné Louis le Débonnaire. Le monastère de Saint-Remi avait été le théAtre de divisions qui avaient presque ressemblé à des guerres, et, soit négligence des moines, soit misère et pénurie de la communauté, on ne pouvait presque plus y accomplir les exercices de la règle de saint Benoît. C'est ce qui porta Aldric, de l'avis de son chapitre et des notables de la ville de Sens, à transférer ce monastère dans un lieu pius sain nommé Varcilles, à la condition que les religieux n'y dépasseraient pas le nombre de trente, jusqu'à ce que les revenus fussent augmentés. Il recommanda aux évêques de Sens, ses successeurs , de faire ordonner pour abbé de ce monastère celui que la communauté aurait choisi, à la condition qu'il serait de mœurs pures et de foi éprouvée^
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tMGTIOMNÀlRE DE PATROLOGIE.
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Il roulait, en cas que le monastère ne pût foarnir un religieux digne d*en être abbéy au*on en prit un dans quelque autre monastère de la province de Sens, mais avec Tagrément aes abbés voisins et de Févêque diocésain. II leur recommanda encore de ne point exiger de trop lourdes redevances des moines de Saint-Bemi, mais de se contenter de recevoir d'eux, chaque année, un cheval et un bouclier avec une lance ; à moins que Tobligation d'aller à quelque expédition publique les mît dans la nécessité d'exiger davantage. Saiat Aldric fit aussi transporter à yarcilies les reliques des saints, désormais négligées dans le monastère de Sens, jusqu'à De plus avoir de visiteurs ni de lampes allumées devant leurs autels.
ALDRIC (saint), évoque du Mans. — Aldric, fils d'un gentilhomme saxon et de G érilde de Bavière, tous deux issus du sang ru^aU mais sujets de l'empire français, naquit vers l'an 800, et passa ses premières auuées à la cour de Cnarlemagne, où son père le mena dès l'ftge de douze ans. La douceur de ses mœurs le rendit aj^réable au roi et à tous les grands. Il donnait le jour au service de son prince, et la nuit à la prière et aux exercices de piété. Sa vocation pour Tétat ecclésiastique le tit renoncer aux cnarges imoortantes que Louis le Débonnaire voulut lui conférer. Il quitta la cour d'Aixla-Chapelle, et se rendit à Metz, où il entra dans le clei^é, aux grands applaudissements de rëvéque et de la ville tout entière. Il apprit le chant romain, la grammaire et les autres sciences ecclésiastiques. Après avoir passé par tous les degrés de la cléricature, il fut appelé au sacerdoce par le choix du clergé et du peuple. Ses prédications gagnèrent à Dieu et a l'Eglise un grand nombre de penonnes, et Drogon, qui l'avait ordonné, l'établit grand chantre, puis lui confia le soin des écoles, et enfin, pour le récompenser des services qu'il avait rendus, il le nomma primicier, aignité qui lui conférait le droit d'inspection sur tout le clergé de la ville et du diocèse, même sur les monastères. Au bruit de sa réputation, l'empereur Louis le fit revenir à la cour, et le prit pour son confesseur. Quatre mois plus tara, le siège du Mans étant venu à vaquer, Landran, archevêque de Tours et métropolitain de la province, Roricon, comte du Mans, tous les nobles du diocèse, avec les palatins, le clergé et le peuple, l'élurent pour leur évêque. L'empereur ayant agréé cette élection, Aldric fut consacré par Landran dans l'église métropolitaine détours, le 22 décembre 8^; il était alors âgé d'environ trente-deux ans, et il y resta paisiblement jusqu'à la mort de Louis le Débonnaire. Lothaire l'en chassa, et il n'y fut rétabli qu'après que ce prince eut été yaincu par Charles II, en 841. Aldric employa le repos dont il jouit depuis à rétabiir la discipline parmi le cierge de son diocèse ; il le gouverna avec beaucoup de sagesse et l'édifia par ses vertus; il assista à plusieurs conciles : à celui d'Aix-la-Chapelle, eu 896 ; à celui de Paris, en 849 ; et il se se<\
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rait rendu, en 853, à celui de Gompiègnet s'il n'en eût été empêché par la parai jrsie qui le conduisit au tombeau, le 9 de janvier 856, après vingt-trois ans d'épiscopat.
Ecrits de saint Aldric. — Les capitulaires du concile de Soissons, tenu sous Charles le Chauve, en 853, parlent de la lettre qu'il écrivit aux évêques du concile de Compiègne. On y voit qu'après avoir donné les raisons qui l'empêchaient de sortir de son diocèse, il priait ces évêques de l'aider de leurs prières pendant sa vie et après sa mort. Touchés de sa situation, les Pères du concile lui envoyèrent Amalric, son métropolitain, pour le consoler et pourvoir aux be* soins de son Eglise. La lettre d' Aldric n'est pas venue jusqu'à nous.
Il avait foit un recueil de canons tirés des conciles, des décrétales des papes, des capitulaires des empereurs chrétiens, savoir de Pépin, de Charlemagne et de Louis le Débonnaire, pour servir de règle au clergé ; et il avait mis à la tête de ce recueil des préfaces qui rendaient compte de l'ouvrage tout entier. On regrette la perte \le ce précieux monument, connu sous le nom de Capitulaires d' Aldric ; le ix* siècle n'avait rien produit d'aussi savant ni d'aussi judicieux dans ce genre.
Il ne nous reste de ce saint évêque que trois Testaments et quelques règlements de discipline publiés par Baiuze. Ses deux premiers Testaments sont datés du jour de Piques de l'an 837, c'est-à-dire du 1" avril. Il y dispose de certaines redevances en faveur de diverses Eglises de son diocèse, afin de les mettre en état de recevoir les processions de la ville et de la campagne qui s'^ rendraient cinq fois l'année, au jour marque. Une de ces processions devait se faire au jour anniversaire de son ordination. Le troisième testament n'a ni date ni suscription ; seulement il y est fait mention expresse qu'il fut écrit de l'agrément de l'empereur Louis, et avec le consentement de l'archevê-
2ue métropolitain de Tours et des autres vêques de la province. C'est une donation d'une partie de ses biens aux églises et aux monastères de son diocèse , ainsi qu'aux
[>auvres et à quelques autres de ses amis. Il eur recommande de prier pour lui après sa mort, et de chanter des vigiles et des messes le jour de son anniversaipe, pour la rémission de ses péchés.
On a de lui un Règlement pour le luminaire de son église cathédrale, variant suivant les solennités. On ne devait allumer,, dans les jours ordinaires, que trois lampes et un cierge, depuis le soir jusqu'au matin^ excepté pendant les nocturnes, où on allu-mait dix lampes et cinq cierges. Mais, aux jours de grandes solennités, il y avait quatre-vingt-dix lampes et dix ciei^es.
Au mois de mai de l'année 840, il tint, dans sa ville épiscopale, un synode, auquel il convoqua les prêtres, les diacres et les moines. Après le discours d'ouverture, il se concerta avec eux pour établir et régler, par diSérents statuts, les messes et les prières
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