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qu9 Vérùqne devait fhire dire pour son di^rgé, le clergé pour son évéque, et tous lb% nieoibre^ du clergé les uns pour les autres, soit de leur vivant , soit après leur mort. Le nombre de ces messes est flxé à douze pour les vivants et autant pour les morts, dont les noms devaient être inscrits au synode. Ce Règlement est suivi, dans les Actes de la Vie de saint Aldric, de plusieurs formules de messes, qui apparemment furent composées à la suite dp cette assemblée. Les unes sont pour les vivants, les autres pour les morts, et toutes ont des préfaces parti* culièies. Il paraît qu'à, cette époque on récitait encore pendant le canon les noms de tous ceux qui étaient inscrits dans les diptyques. Les disciples de saint Aldric ont inséré dans ses Actes quantité de monuments ou chartes accordées par Louis le Débonnaire, en faveur de ce saint prélat, ou des monastères ei des églises qu'il avait établis ou restaurés. ALEXANDRE II, élu pape en 1061 , s'appelait Anselme de Radage ou de Baggio, et était issu d'une ancienne et noble famille du Milamtis. Il montra de bonne heure des talents et des vertus, et fut honoré de deux légations par Etienne IK et Nicolas II, Tune dans le Milanais, et l'autre en Allemagne. Il devint ensuite évèque de Lucques, puis, à la mort du pape Nicolas II, il f\it choisi pour gouverner rEglise à sa place, et consacré la 80 de septembre, après trois mois de vacance du saint^siége. Comme cette élection s'était faite sans le consentement du roi Henri et de l'impératrice Agnès, sa mère, Guibert de Parme, chancelier d'Italie, excita les évéques lom^>ards à ne point reconnaître Alexandre, et à se choisir nn pape qui leur fût dévoué, o'est^dire qui eût de la condescendance pour leurs faiblesses, la plupart, dit Fleury, étant simoniaques et concubmaires. Us suivirent ce conseil et passèrent les monts, portant une couronne d'or pour le jeune Henri, avec l'offre de la dignité de patrice. Cette démarche les fit accueillir de Timpératrice-mère. Offensée qu'on eût procédé a l'élection d'un pape sans son consentement, elle la regarda comme non avenue, et, de l'avis de son conseil, elle fit élire évèque de Parme Cadalous, qui prit le nom d'Honorius II, et fat sacre, le 28 octobre, par les évéques de Yerceil et de Plaisance, l'un et l'autre conoubinaires publics. Cadaloiis Juimème, concubinaire et simoniaque, avait été excommunié dans trois conciles diffé- ''cnts. Cependant, fort de son élection, cet lutipape voulut en appeler aux armes |)our la soutenir. II se présenta à Timproviste devant Rome, le li> avril 1062. Ses troupes remportèrent d'abord qiuelque avantage, mais Godefroy, duc de Toscane, étant accouru au secours des Romains , Cadaloiis fut pris et obtint, avec beaucoup de peine, la per* mission de retourner à Parme. Il no renonça pour cela ni à son entreprise ni à ses prétentions sur la papauté. Déposé, en présence du roi, dans un concile assemblé à Osbor en Saxe, par les soins d'Annau, ait^hevèque de Colognei condamné de nouveau eonino si-
moniaque par le concile de Mantoud, il voulut joindre la ruse à la force. Ayant appris le départ de Tarohevôque de Cologne, if rentra secrètement dans Rome, se glissa dans la cité Léonina, où, à force de soldats et d'argent, il parvint à s'emparer de Saint- Pierre. Le peuple y accourut en foule, et les soldats de Cadaloiis furent tellement épouvantés, qu'ils se dispersèrent et coururent se cacher. Contraint d'en sortir lui-même» Cadaloiis se réfugia dans le ch&teau Saint- Ange , où il se maintint assiégé pendant deux ans, au bout desquels il s'échappa déguisé en pèlerin, après s'être racheté a prix d'argent des mains du gouverneur. Cet intrus ne survécut pas longtemps k cette catastrophe; il mourut dans la même année, après avoir demandé et obtenu le pardon d Alexandre. Devenu paisible possesseur de son siège, ce pieux pontiib s'appliqua à terminer plusieurs disputes sur des matières ecclésiastiques, entre autres celle qui concernait les degrés de parenté dans la prohi bition des mariages, et que l'on nommait l'hérésie des incestueux. Il tint à cet effet dieux conciles, vers l'an 1065. Avec le secours de Godefroy, duc de Toscane, il délivra l'Eglise romaine des incursions des Normands. Guillaume, duc de Normandie, s'étant mis en devoir de maintenir ses droits à la couronne d'Angleterre, après la mort du roi Edouard, Alexandre lui aonna un étendard comme saint Pierre.
donna au pape retenaara a narom , qu avait vaincu. Il y ajouta de grandes sommes en or et en argent pour le denier de saint Pierre; et cette union fut encore cimentée par les soins que le pape se donna pour assurer la primalie à 1 archevêché de Cantorbéry, occupé alors par Lanfranc. Il accorda à Vradislas, duc de Rohême, l'usage de la mitre, privilège dont n'avait joui jusque-là aucun prince laïque. Sur l'avis de Pierre Damien, son légat au concile de Mavenee, il refusa au roi Henri la permission de répudier fierthe, fille du marquis d'Italie, qu'il avait épousée depuis peu. On verra dans l'analyse de ses lettres les autres circonstances de son pontificat, qui fut de onze ans, six mois et vingt-deux jours. Il mourut à Rome, le 21 avril 1073, et fut universellement regretté. Ceux qui mettent sa mort au 1*' mai la confondent avec le jour de sa sépulture. Il est resté de lui quarante-cinq lettres, toutes relatives à des points de discipline et de morale religieuse.
Aux MUlanais, — Sa lettre à ses compatriotes est une exhortation l la pratique des vertus chrétiennes. Il avait surtout a cœur la chasteté des clercs, et souhaitait ardemment de voir l'incontinence bannie du clergé sous son pontificat.
A Harold, roi de Norwégê. — Cette lettre prouve l'influence religieuse qu'exerçait alors, pour le bien de Thumanité, le pontife romain, aussi bien dans les glaces du Nord que dans les sables brûlants du Midi : « Comme vous êtes eacore peu instruit daos
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teCTUMMUlRE DE PATROLOGK.
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la fof et la sainte discipline, c'est à nous, lui dit-il, qui ayons la charge de toute rEçlise, de TOUS éclairer par de fi'équents avertisse** ments; mais la distance des lieux nous empêchant de le faire par nous-mème, nous en avons chargé Adalbert» archevêque de Brème» notre vicaire et notre légat. 11 s*est plaint à nous que les évèques de votre province, ou ne sont point sacrés, ou qu'ils vont se faire sacreft pour de l'argent» en Angleterre et en France. C'est pourquoi, par l'autorité de saint Pierre et de samt Paul» nous vous admonestons» vous et vos évèques» de rendre. à notre lé^t la même obéissance que vous devez au aaint-^iége. »
Lettre synodale à tous les éviques. — En 1063» Alexandre tint un concile à Rome, assisté de plus de cent évèques. Quelques moines y accusèrent publiquement d'hérésie et de simonie Pierre, évoque de Florence, H s'offrirent de prouver l'une et l'autre par l'épreuve du feu. Le pape rejeta leur proposition» et se contenta de renouveler les anciens canons» faits contre les simoniaques dans le concile de Rome, tenu, en 1059» sous le pontificat de son prédécesseur. Il en ajouta quelques autres, et les adressa par une lettre circulaire à tous les évèques. Us sont au nombre de douze, dont voici les principaux. — Le premier veut ^u'on dépose sans miséricorde tous ceux qui ont été ordonnés par simonie. Le second permet par indulgence» à ceux qui ont reçu les ordres d'un évèque simoniaque, de continuer leurs fonctions. H est défendu, par le troisième» dentendre la messe d'un prêtre qu'on sait avoir une concubine, et à tout prêtre et k tout diacre d'en avoir, sous peine d'être in* terditsde leurs fonctions. Le quatrième porte que les prêtres et les diacres ordonnés pour Hoe église auront une demeure commune dans le voisinage de cette église. On croit reconnaître dans ce canon l'origine des chanoines réguliers. Le septième défend à un prêtre de tenir deux églises à la fois. Le dixième prive de la communion un laïque
Si entretiendra une concubine avec sa urne. Enfin, le douzième défend d'élever UD laîaue à aucun degré du saint ministère, qu'il n ait auparavant changé d'habit et vécu saintement parmi les clercs.
 Gervais f archevêque de Reims. — On trouve dans la collection des conciles quatorze lettres du même pape à Gervais, archevêque de Reims. Presque toutes ont trait à la répression de la simonie, ou à des contestations entre des évèques, des
leurs suffragants, pour examiner la cause du divorce entre le comte Radulfe et sa femme, et ordonnera ce sujet ce qu'ils croiraient convenable, se réservant de confirmer leur sentence. La dernière lettre à Ger* vais est à l'occasion des reliques de saint Henné que l'évêque de ChAlons-sur-Marne avait eoievées de l'église dédiée sous l'in*»
vocation de ce saint. Le pape ordonna de
les y rapporter.
Constitutions pour FEgliso de Milan. '^ A Milan, la simonie et l'incontinence étaient les vices dominants du clergé. Le diacre Arialde, touché de ces désordres, les combattait avec zèle, secondé par Herlambaud son ami. Guy, archevêque de cette ville» le fit arrêter, et dans la crainte qu'il ne s'échap-
EAt, le fit massacrer par deux clercs coupa-* les des mêmes crimes que Tarchevêque.
Le martyr d*Aria1de arriva le 37 juin 1066. L'année suivante, le pape Alexandre, voulant essayer de remédier qux maux de cette Eglise, envoya à Milan deux légats, Mainard, cardinal-évêque de Sainte-Rufine, et Jean» prêtre-cardinal. Ils y firent plusieurs règle* ments portant des peines contre les clercs simoniaques et concubinaires» et enjoignant aux seigneurs laïques de venir en aide à l'autorité religieuse, pour appréhender les coupables qu'ils découvriraient sur leurs ter* res» et les déférer aux tribunaux ecclésiastiques. On défend aux laïques de faire aucune violence à un clerc même coupable , soit dans sa personne, soit dans ses biens» h l'exception toutefois de son bénéfice ecclésiastique. La date de ce règlement est du 1" août 1067. Pour lui donner plus de vigueur, les deux légats ordonnèrent une amende pécuniaire contre les contrevenants : cent livres de deniers si c'est l'archevêque, vingt livres pour les capitaines» dix pour un vassal et cinq pour un négociant, le tout au profit de l'Eglise métropolitaine.
Au» évèques de Danemark. — En Danemark, l'évêque de Fari, nommé Edbert, s'étant rendu coupable d'un grand nombre de crimes, Adalbert archevêque de Brème et légat du pape, le cita à son tribunal. Edbert fut trois ans sans vouloir y comparai* tre. L'archevêaue s'en plairait à Alexandre II, qui en écrivit à tous les évèques du rovaume, pour les engager à faire rentrer Edbert dans l'obéissance qu'il devait au légat. Ce fut apparemment en conséquence de cette lettre qu'Aaalbert convoqua» en 1072, un concile à Schleswig avec le se* cours du roi.
A Landulphê. — Un nommé Landulphe s'étant fait moine, après avoir extorqué par menaces le consentement de sa femme, avait depuis ouitté son monastère pour retourner auprès crelle. Inquiet s'il lui était permis de vivre avec elle comme auparavant, il consulta le pape Alexandre, qui lui répondit Sue, n'ayant pu s'engager oans un menas- ^re sans le consentement de sa femme, et sans qu'elle-même prit de son côté la résolution de s'enfermer dans un cloître, c'était à lui et à elle de s'examiner sur ce point. Jusaue-IA il ne trouvait pas qu'il y eût lieu de 1 obliger à s'en séparer.
Au clergé de Naples. — • Il s'était élevé une dispute en Italie, au sujet des degrés de pa* rente dans lesquels il était déi^ndu de coutracter mariaçe. Toute la différence dos opinions venait de ce que les uns coroptaicnt les degrés do parenté selon les lois oivUes^
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et les autres suivant les canous. Or deux degrés suivant les lois ne faisant qu'un seul degré canonioue, il en résultait que les frères, qui d'après les lois, sont au second degré, ne soDt qu'au premier d'après les canons. Alexandre fit examiner cette difficulté dans un concile qu'il assembla à Rome, en 1065. Il y fut décidé que Ton compterait les degrés de parenté suivant l'ancien usage de TEglise, quand il s'agirait de mariage ; c'est-à-dire qu'on ne pourrait en contracter entre parents qu'après le septième degré, parce que i)assé cette génération, les canons ne reconnaissent plus de parenté. La lettre d*Alexandre au clergé de Naples est conforme à ce décret. Il l'autorise par une lettre de saint Grégoire à saint Augustin, apôtre d'Angleterre. Il cite la même lettre dans celle qu'il écrivit aux clercs et aux juges d'Italie ; mais comme quelques-uns prétendaient que saint Grégoire y permet les mariages aux troisième et quatrième degrés, Alexandre en rapporta une autre du même pape à Félix de Messine, où il est dit que saint Grégoire en avait usé ainsi par indulgence pour les Anglais.
A Lanpranc. — Ayant appris aue quelques clercs séculiers, soutenus parla puissance laïque, voulaient chasser les moines de l'église de Saint-Sauveur à Cantorbéry, pour y mettre des clercs , et faire le même changement dans toutes les cathédrales d'Angleterre, il en écrivit à Lanfranc, alors archevêque de Cantorbérj. Il défend sous peine d'anathèmede faire aucun changement dans ces églises, puisque les moines y avaient été établis par ordre de saint Grégoire, et quelepapeBoniface Y avaitconfirmé cet établissement. Les moines ont continuéde desservir les cathédrales d'Angleterre jusqu'au schisme d*Henri VIQ.
A Odric abbé de Vendôme. — Cette lettre contient un privilège qui déclare Tabbaye de Vendôme immédiatement soumise au saint-siége, avec la clause d'y recevoir les légats apostoliques et de subvenir à tous les besoins de leur séjour, suivant les moyens du monastère. 11 accorde aussi aux mornes de Vendôme la faculté de se choisir un abbé entre eux, et en cas qu'ils n'en trouveraient point qui leur parût digne de leur choix, d en prendre un à Cluny ou à Marmoutiers. Il ajoute gue l'élu ira luimême èi Rome pour se faire bénir, mais que pourtant si ce voyage lui devenait trop onéreux, il pourrait recevoir la bénédiction abbatiale ae tout évèque catholique, ce gui n'exemptera pas les moines de l'obligation d'envoyer èi Rome le décret d'élection, afin
Îu'on y puisse juger si elle a été faite selon ieu et la règle de saint Benoit. Il parait par la suite de ce privilège qu'il avait été accordé du consentement de l'évoque de Chartres, dans le diocèse duquel l'abbaye de Vendôme se trouvait située
A Huguesy abbéde Cluny. — A la requête de l'abbé Hugues, Alexandre confirma toutes les donations faites au monastère de Cluny, l'exempta de toute juridrction épiscopale,
avec pouvoir à l'abbé d'envoyer ses moines à quel évêque il lui plairait pour l'ordination; enfin il leur accorda de ne pouvoir être excommuniés ni interdits que par le jugement du saint-siége.
Autres lettres. — Une lettre à Gébéhard, archevêque de Salzbourg, lui permet d'ériger un évêché dans la partie de son diocèse qui lui paraîtrait avoir besoin de cette institution ; une seconde autorise Altman , évêaue de Passau, à établir une comuoauté de cnanoines réguliers dans le faubourg de sa ville épiscopale, pour la desserte de l'église fondée par l'impératrice Agnès ; et une troisième, enfin, adressiée à Jean, évèque d'Avraoches. Il s'agissait de transférer cet évêque de son siège à celui de Rouen. Guillaume, roi d'Angleterre, souhaitait cette translation et l'avait fait demander à Rome par l'évêque de Sion et par Tabbé Lanfranc. Alexandre accorda cette çr&ce en considéra- .tiou' de ceux qui la sollicitaient, et surtout de l'avantage qui devait en résulter pour l'église de Rouen.
A Lanfranc^ léqat en Angleterre. — Quoi-
3ue la primatie de l'Ëglise d'Angleterre fût epuis longtemps attachée au siège de Cantorbéry, l'archevêque d'York ne laissa pas d'y prétendre et de vouloir l'enlever à 1 archevêque de Cantorbérv qui en était en possession depuis rétablissement du christianisme dans ce royaume. Alexandre II renvoya la décision de cette difficulté h Lanfranc, son légat, qui, l'ayant examinée en Srésence des abbés et des moines, assistés u conseil des évêques, arrêta qu'en ce qui regarde la religion, l'archevêque d'York serait soumis à celui .de Cantorbéry, comme £ rimât de toute l'Angleterre. Guillaume de [alesbury rapporte cet événement à l'an 1072. Un des derniers actes du pontificat d'Alexandre II, qui fut consacré tout entier au bon ordre et au maintien de la discipline» fut de rétablir la vie commune parmi les chanoines de Saint-Jean de Latran. D*une pureté de mœurs irréprochable, sa vie fut exempte de tout soupçon. Il était plein de savoir et d'éloquence, d'une vivacité d'esprit extraordinaire et constamment appliqué à veiller aux besoms de son Eglise, qui étaient les besoins de la chrétienté tout entière.
ALEXANDRE III, était de Sienne, et se nommait Roland Rainuce. D'abord chanoine de Pise, il fut appelé à Rome par le pape Eugène, gui le combla de distinctions et le fit chancelier. Elu pape le 7 septembre 1159, après la mort d'Adrien lY, son élection fut troubliSe par des violences inconnues jusqu'alors. De vingt-cinq cardinaux qui y con • coururent, trois lui refusèrent leurs suffrages et choisirent Octavien, l'un d'entre eux« sous le nom de Yictor lU. Cet Octavien était cardinal du titre de Sainte*Cécile ; les deux autres étaient Jean de Marsan, du titre de Saint-Martin, et, Guy de Crème, du titre de Saint-Calixte. Alexandre était d^à revêtu de la chape écarlate, lorsque Yictor
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la lui arracha ; uq des sénateurs présents s'en saisit, mais Victor, aidé de son chape* lain, s*en empara de nouveau, et voulant sVn revêtir avec précipitation, dit Fleury, il la mit à contre-sens ; ce qui fit dire qu il avait été élu à rebours. Cette scène indécente et ridicule obligea Alexandre et ses amis de se retirer dans la forteresse de Saint- Pierre, d'où les soldats de Victor les firent transporter dans une prison étroite située an delà du Tibre ; mais ils en furent délivrés au bout de trois jours par le peuple, qui avait à sa tète Hector Frangipane et plusieurs autres patriciens. Cet événement fut accompagné d'une joie universelle. Alexandre, conduit à quelques milles de Rome, dans un lieu nommé Sancta Nymphuy y fut sacré par les évèques d'Ostie, de Sabine et de Porto, assistés de cinq autres évoques ; tous les cardinaux de son parti, un grand nombre de prêtres et d'abnés, et les Romains en foule assistèrent à cette cérémonie. Victor, de son côté, trouva avec peine, et après plus d'un mois de recherches, trois évèques qui consentirent à coopérer à son sacre. Les deux adversaires écrivirent, chacun de leur côté, à Frédéric Barberousse pour avoir son approbation. Ce prince les manda Tun et l'autre au concile de Pavie, ou plutôt au conciliabule qu'il réunit à Pavie, en 1150. Alexandre, condamné par contumace et déposé,'s'eD vengea en excommuniant Frédéric, dans une assemblée d'évèques et de cardinaux tenue à Anagni, et déclara ses sujets déliés du serment de fidélité. Persécuté avec acharnement par l'empereur et par l'antipape, il se réfugia en France, où régnait Louis le leune alors en guerre avec Henri III, roi d'Angleterre et duc de Normandie. Arnould, évèque de Lisieux, conçut le projet de faire reconnaître le pape parles deux monarques, be qui s'exécuta d'abord dans deux assemblées tenues en France et en Angleterre, et enfin dans un concile général tenu à Toulouse, après la conclusion de la paix entre les deux couronnes. Alexandre se fit également reconnaître en Palestine par la puissance des croisés. Ce fut en France que le pape Alexandre connut Thomas Becquet, archevêque de Cantorbéry, dont le meurtre excita tant de trouble et d'indignation. La canonisation du saint martyr et l'ai^solution d'Henri II, furent l'ouvrage d'Alexandre. Cependant, Victor, après avoir obtenu quelques partisans en Italie, mourut à Lucques, où le clergé refusa de l'enterrer, comme schismatique et comme intrus. Frédéric ne lui fit pas moins donner pour successeur Guy de Crème, qui prit le nom de Pascal III. Le nouvel antipape n'exista pas longtemps, et fut remplacé par Jean, abbé de Sturme, que l'on nomma Calixte III. Après son abjuration, qui suivit son élection de ]^rè$, quelques schismatiques élurent Lando ^itino, de la famille des Frangipanes, qu'ils nommèrent Innocent III; mais son règne fut si court et sa puissance fut si nulle, que la plupart des historiens ont dédaigné de s'occaper de lui. Alexandre, délivré de ses
compétiteurs, était retourné en Italie où le vœu général l'avait rappelé. Il lui restait encore à vaincre l'inimitié de Frédéric; mais cet empereur, qui avait conçu le pro-
i'et de la monarchie universelle, voyant le >onheur de ses armes troublé par la révolte de la Lombardie et par la perte de la bataille navale de Lignano, fit lui-même proposer la paix au pontife. On se donna rendez-vous à Venise, où l'empereur baisa les pieds de celui contre lequel il s'était armé. Quelgues historiens ont raconté de cette réunion des détails injurieux pour la mémoire des deux souverains. Rien de plus faux, par exemple, ou de plus oppose au caractère du pontife, que la fable qui rapporte qu'il mit le pied sur la gorge de l'empereur en disant : Super aspidem et basiliscum an^ulabis. Les plus grands ennemis du saint-siége avouent que c'est un conte des • titué de toute vraisemblance, et qu'il ne se passa rien alors que ce qui s'est toujours pratiqué depuis, dans de pareilles entrevues. Alexandre rentra avec gloire dans la capitale du monde chrétien; son premier soin fut de remédier aux maux causés par un long schisme. Il assembla le troisième concile de Latran. Ce concile, où assistèrent tous les députés d'Occident, et où l'Eglise d'Orient fut aussi représentée, s'occupa de réformes nécessaires dans toutes les parties. Alexandre étendit ses soins partout où il y avait des erreurs à combattre et des maux a guérir. Le mauvais état de la Palestine l'en-
?;agea à publier une nouvelle croisade, qui ùt acceptée par Philippe-Auguste et par Henri II, roi d'Angleterre. Alexandre se montra inspiré par ees grandes vues qui honorent la politique et font aimer la relig[ion. Ce fut lui, dit le président Hénault, qui au nom du troisième concile de Latran, déclara
Sue tous les chrétiens devaient être exempts e la servitude, ou plutôt de l'esclavage, parce que, suivant' Fleury, il ne peut être
auestion ici que de l'ancien état politique ; a été le premier pape qui s'est réservé la canonisation des saints ; règlement profon* dément sage et nécessaire, non-seulement
{^our rendre la canonisation respectable et a faire accepter, mais surtout pour remédier aux abus et à la légèreté avec laquelle la plupart des métropolitains procédaient à un jugement de cette importance. Alexandre m mourut le 31 août 1181, à Citta.di Castello, après vingt-deux ans d'un pontificat pénible et glorieux. Il montra une grande fermeté dans ses malheurs, de la modération dans la prospérité, des lumières dans l'administration, une douceur évangélique, et, quelquefois une juste et sage sévérité envers ses ennemis. On a beaucoup parlé de son savoir et de son éloquence, mais on ne dit point qu'il ait laissé d'autres écrits que des lettres.
Elles sont en très-grand nombre et elles ont été recueillies par plusieurs écrivains. Nous ne nous arrêterons point à énumérer toutes les collections qu'on en a faites, et nous ne rendrons compte seulement que de
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