‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 15 sur 105 · ALS · texte numérisé non relu

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celles qui nous paraîtront leâ plus intéres* santés. Il y en a beaucoup qui nous initient à SBS Toyages, et qui nous révèlent quelques circonstances du schisme , avec les noms et qualités de ceux qui en étaient les fauteurs ; d'autres concernant les affaires particulières à une province ecclésiastique, comme sont, par exemple, celles qui ont trait à ce qui s est passé dans la métropole de Reims , sous larchevèque Henri ; (Tautres enûn res/irdaient les besoins de l'Eglise universelle.

Au roi des Indeê. — Gomme il était à Ripaste, vers la fin de septembre 1177, il écrivit au roi des Indes, vulgairement appelé le prêtre Jean, une lettre, dans laquelle il lui disait : « Depuis longtemps le bruit public et les rapports de plusieurs personnes di-

{;nes de foi nous ont appris que, faisant proession de la religion chrétienne, vous vous appliquez continuellement à des œuvres de pieté et à tout ce qui peut vous rendre agréable à Dieu. Mais notre fils bien-aimé, le médedn Philippe, qui s'est souvent entretenu de vos dispositions avec les grands de votre royaume, nous a dit que vous souhaiteriez être instruit de la doctrine catho* lique et apostolique, et n'avoir d*autre foi que celle du saint-siége. Il a ajouté que vous souhaiteriez ardemment avoir à Rome une église ou tout au moins un autel dans l'église de Saint-Pierre et du Saint-Sépulcre, où des hommes sages et prudents de votre royaume pussent demeurer et s'instruire à fonds dans la vraie croyance catholique, afin de vous en instruire plus tard, vous et vos peuples. Désirant donc, comme nous y sommes obligés par les devoirs de notre ministère, vous retirer des erreurs dans lesquelles vous êtes à l'égard de la foi chrétienne, nous vous envoyons le même médecin, homme habile et discret, bien instruit des articles de cette foi, sur lesquels vous ne paraissez pas d'accord avec nous, afin que vous puissiez sans crainte recevoir de lui des instructions qui vous éclaireront sur vos erreurs. C'est pourquoi nous vous prions de l'accueillir favorablement, d'écouter ce qu'il vous dira de notre part, et d'envoyer vers nous avec lui, des personnes graves chargées de lettres, empreintes de votre sceau, qui nous initient parfaitement à vos intentions. » Suivant quelques historiens anoiais qui rapportent cette lettre, ce roi des Indes régnait à l'extrémité de l'Orient, était chrétien de croyance, mais de la communion do Nestorius.

Aux évéques de Suède. — Il régnait plusieurs abus criants dans le royaume de Suède. Les laïques pour de l'argent disposaient à leur gré des églises, sans consulter les évéques ; d'où il arrivait que toutes sortes de prêtres vagabonds remplissaient les fonctions sacerdotales, sans examen et avec le seul agrément de l'autorité séculière. On obligeait les clercs à plaider devant les tribunaux séculiers, et on les jugeait d'après les lois civiles ; on les soumettait même aux épreuves du fer chaud et du duel» et on les

frappait ou on les tuait impunément. Des femmes corrompues faisaient périr les enfiants qui naissaient de leurs débauches ; il s'en trouvait quelquefois d*étouffés dans le lit de leurs parents ; on commettait des incestes et tous les crimes d'impudicité. Des prêtres employaient à la messe de la lie de vin, et se contentaient de miettes de pain trempées dans le calice. Des laïques, quoique chrétiens, se mariaient cianoestinemeot et sans la bénédiction du prêtre, ce qui occasionnait souvent des divorces et faisait passer le concubinage en habitude. Le pape en écrivit à l'archevêque d*Upsal et à ses suffragants; et, sachant que la plupaK de ces abus venaient d'ignorance , il rapporta sur tous ces cas des autorités de l'Ecriture, des décrétales et des Pères. Il prescrit aux mères qui auront fait périr leurs enfants, en les étouffant par inadvertance, trois ans de pénitence, si ces enfants étaient baptisés, et cinq s'ils ne l'étaient pas. Quant aux autres abominations, il veut que l'on envoie les coupables à Rome visiter les tombeaux des apôtres, afin que les fatigues du voyage leur servent à fléchir la iustice de Dieu. Il défend les mariages jusqu au sixième degré de consanguinité, en ordonnant toutefois de ne pas séparer ceux qui jusque-là s'épient mariés dans le quatrième ou le cinquième. A l'égard du sacrifice de l'autel, il défend de l'offrir autrement que Jésus-Christ Ta institué, et qu'il est offert dans l'Ëglise romaine, c'est-à-dire avec du pain seul et du vin mé* langé d'un peu d'eau. Dans une autre lettre, le pape Alexandre communique aux autres prélats une plainte que l'on avait adressée au saint-siége, contre les Finlandais. Quand ces peuples se trouvaient pressés par les armées de leurs ennemis, ils promettaient d'embrasser la religion chrétienne, et demandaient avec empressement des missionnaires pour les instruire ; mais à peine l'armée était-elle retirée., qu'ils maltraitaient les missionnaires et renonçaient à la foi. Le pape exhorte donc le cher et les évéques à ne pas laisser plus longtemps le christianisme exposé à une pareille dérision, à se faire livrer les places des Finlandais, et à prendre si bien leurs mesures, que ces peuples ne puissent plus les tromper; mais qu'ils soient contraints de garder ta foi chrétienne, quand une fois ils l'auront embrassée.

Sur la conversion de rfs^onte.— Foulques, moine de Moustier-la-Gelle, au diocèse de Troyes, venait d^être consacré évêque d'Estonie, province située sur la mer Baltique. Avant de se rendre à sa mission, il aUa trouver le pape Alexandre, à Tusculum , pour avoir de lui des lettres qui l'accréditassent dans le ministère qu'Ësquil, archevêque de Lunden et primat de Suède, lui avait confié. Dans une lettre adressée à tous les évéques de Danemarck, le pape Alexandre les exhorte à soulager Tindigénce de l'évêque Foulques et à le mettre en état de pouvoir soutenir ses travaux pour la conversion de l'fistonie. Par une autre lettre aux roia ^

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&QX prinoes de Danemark^ de Norwége et do Gothie, il les excite à réprimer, par la force des armes» la férooité des Estoniens vi i\es autres païens de ces contrées» oui ite cessaient de molester les chrétiens et les autres serviteurs de Dieu, et k cet effet le fwipe leur accorde l'indulgence d'une année, comme aux pèlerins qui visitent le saint sépulcre, et il assure à ceux qui mourront dans les combats* après avoir reçu la pénitence, la rémission de leurs péchés. Il parait, fiar cette lettre, que les églises duNord étaient Irès^ttachées à l'Eglise romaine, et qu'elles fi'avaient pris aucune part au srhisme. Alexandre écrivit encore à Tarchevoque de Drontheitti, en Norwéçe, d'a^ oindre k. Foulques, évèque d'Estonie, le moine NicolaSf originaire de cette prorince, homme suge ei prudent, afin de l'aider dans la conversion de ces peuples.

Atf cisrdinal Pierref légat en France. — Il y a plusieurs lettres du pape Alexandre III à Pierre, cardinal du titre de Saint-Chrysogone* légat en France. Dans la première, qui est de 1176, il lui ordonne de presser l'exécutioD du mariage entre Richard, second fils du roi d'Angleterre, et la fille du roi de France, la princesse Alix, qu'il retenait dans ses Etats, et de lui enjoinare de l'épouser ou de la restituer à son père dans l'es- Kce de quarante jours, sous peine de voir Qcer l'interdit sur toutes les terres de son obéissance, avec ordre aux archevêques de Canforbérv» de Bordeaux, et à l'évéque de PoitierSi de le faire observer. Dans une autre, il ordonne de déclarer publiquement etcoflinauniés ceux qui avaient tué l'évéque do Cambrai. Par une troisième, il Je charge de renvoyer à Rome, ou de rapporter lui- «èoie, ou 'enfin de mettre en dépôt entre les mains de l'abbé de Saint-Germain des Prés, i'arçHiterie qua le défunt évéque de Porto avait déposée d&as l'église de Saint-Martial de Limoges. Dans une quatrième lettre, il loi douBe commission aexhorter le roi de France ei d'autres prinoes à se croiser, pour aider MaMlel Comiiène, empereur de ConstaDtiDople« à détruire les Turcs et à propager la gloire du nxuù chrétien. ^ On voit, par d'autres lettres» que l'empereur Manuel Comoène avait reconnu Alexandre III pour

Cpe légitime, énv le témoignage seul du roi »uis VII I et que le respect que cet empereur portait au ptipe allait jusqu'à lui faire désirer d'avoir une part dans ses prières. On est donc autorisé h pebser que Manuel Comnène ee croyait dans la communion de l'Eglise romaine; du reste, on sait qu'il avait dessein de réunir les deux Eglises, comme eiios Tairaieat été primitivement, afin qu'il fi y eût plus qu'un seul peuple sous un même clieC, i|u'un seul troupeau sous un même pastiiur.

Au roiLêmiê F//.— L'empereur Frédéric, peftsaDt aux maux que le schisme causait, convint avec Lo«is, roi de France, d'une assemUée sur la Saône, pour le Jour de la DécoIlaCion de suint Jean - Baptiste , 116S, atin d'aviser aux moyens de Téteindre. Ju-

geant que la présence du duc Matthieu de Lorraine pourrait être nécessaire, il l'invita h Se trouver à Besançon quatre jours avant ce terme. Mais Alexandre III écrivit à Hugues» évéque de Soissons, de détourner le roi de France d'assister à cette conférence, dans la prévision qu'elle serait préjudiciable au bien de l'Eglise. Le pape écrivit aussi à ce prince une lettre où. il relève son attachement et celui des rois de France, ses prédécesseurs, à TEglise romaine; les services qu'elle en avait reçus dans tous ses besoins, et l'amour de prédilection que le saint-sîége témoignait pour sa personne. Il lui donna avis, par une autre lettre, du retour de Vem-

f>ereur Frédéric àTobéissance et à l'unité de 'Eglise. Il manda la même nouvelle à Guillaume, archevêque de Sens, et à ses suffragants. Parmi beaucoup d'autres lettres adressées au roi Louis, il en est une dnns laquelle il lui explique dans un sens tout spirituel toutes les parties de la rose d'or qu*il lui envoyait.

A ttenri, archeffime de Reims. — Le pape Alexandre écrivit a Henri, archevêque de Reims, pour l'et^gager à assister , autant qu'il le pourrait, les croisés qui souffraient beaucoup dans leur expédition, et pour déterminer le roi Lou>s VII à régler, aans une assemblée du clergé de son royaume, un subside pour fournir à leurs besoins. Par une autre lettre, il chargea le même archevêque d'empêcher le mariage de la fille du roi Loifis avec le fils de l'empereur Frtdéric^ disant que cette alliance avec le persécuteur de l'Eglise pourrait lui être pernicieuse et créer des dangers pour son Etal. H ajoutait que si le roi voulait accorder la main de sa fille à l'empereur de Constantinople, il travaillerait lui-mêtae à faire conclure ce ïnariage, qui ne pourrait que lui être honorable et avantageux. Croyant qu'il était important pour le bien et Thonnear du royaume de France, que le roi Louis le Jeune fit couronner et sacrer Philippe, son fils, le pape Alexandre chargea l'archevêque Henri try engager ce monarque. H lui propose l'exemple de l'empereur de Constantinople, qui, pour prévenir les troubles qui pourraient agiter l'empire après sa mort, venait de faire couronner son fils, quoique à peine âgé de trois ans, en exigeant pour lui le serment de fidélité die la part de tons ses sujets. Cependant le roi Louis ne fit foire cette cérémonie que quelques années après, c'est-^* dire en 1179. il cnarse ailleurs le mâme archevêque d'exhorterle roi de France è Hétfeblir la paix entre l'Eglise et l'empire^ et à se reconcilier avec le roi d'Angleterre ; il le

1)rie de travailler lui-même à cette réconoiiation, et à celle du roi d'Angleterre avec ses enfants. L'archevêque de Reims^ ne sachant s'il pouvait, sans blesser sa conscience ou les droits et la dignitfi de son figlise, accepter l'hommage de l'évéque de Liège, qui était schismatique, cotisulta le pape Alexandre, qui lui répondit de ne point communiquer avec cet intrus, qu'il ne se fût auparavant réuni à rs^lise catholique. Pour-

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tant, siy OB refusant son hommaçe, les droits et la dignité de l'église de Reims devaient «n souffrir quelques atteintes, il laissait à sa prudence à décider ce qu*il y aurait de mieux à faire. Toutefois il l'avertit d'user tellement des biens temporels, qu'ils ne lui fassent point perdre de vue les biens de l'éternité.

Voilà, sur une collection de plus de 500 lettres écrites par le pape Alexandre, celles

aue nous avons cru devoir choisir pour onner une idée de son zèle et de son ta- Jent. Quoiqu'en petit nombre, elles suffiront pour montrer que les troubles de l'Eglise de Rome et les difficultés particulières qu'il «ut à surmonter pour reconquérir son siège, usurpé jusqu'à quatre fois, ne l'empêchèrent

})oiut de s'occuper activement des besoins de 'Eglise universelle.

ALEXANDRE, patriarche d'Alexandrie, .succéda, en 313, à saint Achillas. Arius, qui avait eu des prétentions sur ce siège, devint furieux de la préférence donnée à Alexandre, et ne pouvant l'attaquer dans ses mœurs, il le calomnia sur sa doctrine, en enseignant lui-même une doctrine nouvelle et toute contraire. Le saint évèque, touché des progrès de l'erreur, n'y opposa d'abord que des voies de douceur, d exhortation et de persuasion, dans l'espoir de le ramener par sdi modération, qui lui attira même le blâme de quelques catholiques zélés ; mais n'ayant pu rien gagner sur son esprit, il le cita devant une assemblée du clergé d'Alexandrie, «et, sur le refus de Thérésiarque de renoncer à ses erreurs, il l'excommunia avec ses sectateurs. Cette sentence fut confirmée, en 320, dans le concile d'Alexandrie, par près de cent évoques, dont il ratifia le jugement par une lettre circulaire au pape saint Silvestre et à tous les prélats catholiques. Le célèbre Osius, chargé par l'empereur Constantin d'aller prendre des informations sur les lieux, approuva sa conduite. Saint Alexandre assista au concile général de Nicée, où il se fit accompagner par saint Athaoase, qui n'était encore que diacre, et il mourut le 26 février 326, après l'avoir désigné pour <son successeur.

Son amour pour l'Eglise ne se borna point è s'opposer de vive voix à ceux qui en corrompaient la doctrine, il fit encore tous ses efforts pour ramener à la foi ceux qui avaient été assez simples pour se laisser séduire par i'esprit de mensonge. 11 composa, dans ce but, un mémoire qivil appelle Tome, et dont le dessein était de montrer la vérité autorisée par le consentement universel de tous ies peuples. 11 l'envoya dans toutes les provinces d'Orient, pour le faire signer des évoques ; et il était déjà revêtu d'un çrand Domnre de ces signatures lorsqu'il écnvit à saint Alexandre de Constantinople. Comme tous ces évêques, en lui envoyant leurs si-

S natures, lui adressaient des lettres pleines 'indignation contre ces nouveaux ennemis de la loi, il eut erand soin de les recueillir, comme autant d approbations données à la

justice de sa cause. Arius , de son cêté, en faisait autant des lettres que les évêques de son parti lui écrivaient pour sa défense. Outre ce mémoire, saint Alexandre écrivit plusieurs lettres, auxquelles saint Épiphane donne le titre de CirciUaireê , et que l'on conservait encore de son temps jusqu'au nombre de soixante-dix.

De toutes les lettres que le saint patriarche écrivit pour la défense de la divinité du Verbe, il n en reste que deux : une générale, adressée à tous les évêques de TÉ- §lise catholique^et la seconde à saint Alexanre de Constantinople. — Il commence la première en exposant les raisons qui l'avaient porté à récrire. D'un côté la loi de l'union épiscopale, qui oblige tous les évoques à s'intéresser à ce qui se passe dans chaque partie de l'Église, ne lui permettait pas de leur cacher les maux causés par l'hérésie d' Arius; d'un autre côté, il était nécessaire de leur faire connaître, non-seulement ceux qui avaient été excommuniés avec cet hérésiarque, mais encore ceux qui prenaient son parti, et nommément Eusebe de Nicomédie, qui écrivait* partout en sa faveur. Il expose ensuite en ces termes le système de la nouvelle hérésie. <x ils disent, contre l'autorité de l'Écriture : Dieu n'a pas toujours été père; il a été un temps où il ne l'était point. Le Verbe de Dieu n'a pas toujours été, il a été fait de rien ; ce Fils est une créature et un ouvrage. Il n'est point semblable au Père en substance, ni son Verbe véritable, ni sa vraie sagesse, ayant été fait lui même par le Verbe propre de Dieu et par la sagesse qui est en Dieu, et par laquelle il a tout fait. C'est pourquoi il est changeant et altérable de sa nature, comme toutes les créatures raisonnables. Il est étranger, différent, séparé de la substance de Dieu. Le Père est ineffable pour le Fils,

Îui ne le connaît pas parfaitement ; car le ils ne connaît pas môme sa propre substance. Il a été lait pour nous, afin d'être comme l'instrument par lequel Dieu nous a créés ; il n'aurait noint été si Dieu n'avait voulu nous faire. On leur a demandé si le Verbe de Dieu peut changer, comme a fait le démon, et ils n ont pas eu horreur de répondre : Oui, il le peut, parce qu'il est aune nature changeante, puisqu'il a pu être engendré et créé. Comme Arius et ses sectateurs soutenaient tout cela avec impudence, nous les avons anathématisés. Car qui jamais a rien ouï de semblable ?... Qui peut entendre dire à saint Jean : Au commencemeni était le Yerhe^ sans condamner ceux qui disent : Il a été un temps oi^ le Verbe n'était J>oint?Qui peut lire dans l'Evangile, en par ant du Fils unique : Tout o éii fait par luif sans détester ceux qui disent que le Fils est une créature ? Comment peut-il être dissemblable à ce Père en substance, puisqu'il dit : Celui qui me voit f voit au$H mon Pire I Comment peut-il être sujet au changement, lui qui dit : Mon Père et mot, nouine iommes qu'un î Quant à ce blasphème, que le Fils ne connaît pas parfaiteo^ent le Père, il renverse

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celte parole du Seigneur : Comme le Pire me connaitf je connais le Père. Car si le Père connaît parfaitement le Fils, et qu'il ne soit pas permis de parler autrement, il est évident que le Fils connaît aussi parfaitement le Père. C'est ainsi que nous les avons souvent réfutés par les divines Ecritures. Après les avoir entendus nous - mêmes débiter leurs impiétés, nous les avons anathématisés et déclarés étrangers à la foi et à TE- ^ise catholiques, et nous en avons donné avis à votre piété, nos chers et vénérables confrères, afin que si quelqu'un d'entre eux a laudace de se pr-ésenter à vous, vous ne le receviez point ; car il nous convient, à nous qui sommes chrétiens, d'éviter comme des ennemis de Dieu et des corrupteurs des Ames, ceux qui tiennent des discours et qui professent des sentiments contraires à la parole de Jésus-Christ. Il est bon même de ne r; les saluer, dans la crainte de particii)er leurs crimes. » On voit ici que saint Alexandre recevait comme authentique la seconde Épltre de saint Jean. Avant d'envoyer cette lettre, il convoqua à Alexandrie les prêtres et les diacres de cette ville et de la Maréotte, et leur parla ainsi : « Quoique vous avez déjà souscrit aux lettres que j'ai envoyées aux sectateurs d'Arius... et que vous ayez déclaré la droiture de vos sentiments, conformes en tout à la doctrine de l'Eglise catholique ; cependant, puisque j'ai exposé à tous nos confrères mes sentiments sur la doctrine des ariens, j'ai voulu vous bire connaître ce (jue j'écris maintenant, afin que vous témoigniez 7 consentir, appuyant de votre suffrage la déposition d'Anus, de Piste et de leurs adhérents. Il esta propos que vous sachiez ce que nous écrivons, et que chacun de vous l'ait dans le cœur, comme s'il l'avait écrit lui-même. » Trente-six prêtres et quarante-quatre diacres souscrivirent à la lettre de saint Alexandre. Le premier des prêtres est Colluthe, différent apparemment de celui c[ui donna son nom a la secte des colluthiens; parmi les diacres, il y a deux Athanase , dont l'un, sans doute, fut son successeur sur le siège patriarchal d'Alexandrie.

A saini Alexandre de Constaniinople, — La lettre au saint évêque de Constantinople nous a été conservée par Théodoret. Le sujet est à peu près le même que celui de la précédente. Il prie l'évoque de Byzance et tous les autres évêques de la Thrace, de ne recevoir ni les personnes, ni les lettres des ariens, de signer la confession de foi qu'il leur envovait, et de joindre leur suscription \ celles d un grand nombre d'autres dont il leur adressait les lettres avec la sienne. Il dévoile d'abord l'origine de l'hérésie arienne, qui fut l'avarice et 1 ambition, et les met au courant de la conspiration qu'Arius et Achillas avaient tramée contre FEgiise. Il ajoute qu'il a été obligé de les retrancher de la communion catholique, et de les chasser de TEglise, qui feit profession d'adorer la divinité de Jésus-Christ. Saint Alexandre met ensuite la doctrine de l'Eglise en opposition

avec celle des hérétiques. Pour montrer que le Verbe ne doit pas être mis au nombre des choses tirées du néant, il examine ces paroles qui commencent l'Evangile de saint Jean: Au commencement était le Verbe ^ et le Verbe était en Dieu^ et le Verbe était Dieu. Il était au commencement. Toutes choses ont été faites par lui et rien de ce oui a été fait n'a été fait sans lui. « Or, dit-il, si toutes choses ont été faites par lui, comment celui qui a donné l'être à toutes les créatures peut-il n'avoir pas toujours été? Car la raison ne peut comprendre que l'ouvrier soit de même nature que l'ouvrage. U est impossible d'être au commencement et d'avoir commencé d'être ; au lieu qu'on ne voit aucune distance entre le Père et le Fils, pas même concevable par la pensée. Saint Jean , considérant donc de loin que le Verbe était au-dessus de l'idée des créatures, n'a point voulu parler de sa génération, n'osant employer les mêmes mots pour nommer le Créateur et la créature ; non que le Verbe ne soit engendré, il n'y a que le Père qui ne le soit point, mais parce aue la production ineffable du Fils unique ae Dieu surpasse la pensée des évangélistes, peut-être même celle des anges. » U applique ici ces paroles tirées des Epîtres de saint Paul, où, en parlant du Fils, le grand Apôtre affirme : Qu t7 est né avant toute créature; que Dieu Va établi héritier de touty et qu't'I a fait par lui les siècles mémes^

![ue tout a été créé par lui dans le ciel et sur a terrcy les choses visibles et invisibles^ les principautés^ les puissances^ les trônes et les dominations ; enfin qu'il est avant toutes cho^ ses. Il cite encore ce passage, où saint Paul, en parlant du Verbe déclare sa filiation véritable, propre, naturelle : // n'a pas épargné son propre Fils^ mais il Va livré à la mort pour nous tous. Il rapporte aussi ce passage de l'Evangile : Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui fai mis toutes mes complaisances ; et ces deux des psaumes : Le Seigneur m'a dit : Vous êtes mon FilSf et je vous ai engendré de mon sein dès avant Vaurore : Tout cela pour montrer qu'il est Fils véritablement et par nature.

Il témoigne ensuite qu'il se trouvait en état de produire beaucoup d'autres preuves de cette vérité, mais qu'il aimait mieux s'en abstenir, n'ayant à parler qu'à des personnes gui partageaient ses sentiments et étaient instruites de Dieu même. Il ajoute cpi'ils ne pouvaient pas ignorer que la doctrine d'Arius ne fût celle d'Ebion et d'Artémas, et Qu'elle n'eût du rapport avec celle do Paul e Samosate, chasse de l'Eglise par un concile et par le jugement de tous les évêques du monde. Puis, revenant à Arîus et à ses sectateurs, son zèle s'anime particulièrement contre le mépris qu'ils faisaient de la tradition de l'Eglise, et la gloire qu'ils se donnaient d'être eux-mêmes les auteurs de leur doctrine. Ensuite, pour répondre aux calomnies Sru'ils publiaient contre lui, il fait une proession de foi, dont nous reproduisons ici les principaux passages : « Nous croyons , avec l'Eguse catholique, en un seul Père,

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