‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 16 sur 105 · LE · texte numérisé non relu

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non engendré, qui n'a aucun {)rincipe de son être; qui est Immuable, inaltérabley toi:gours le même, incapable de progrès ou de diminution, qui a donné la Loi, les Prophètes et les Evangiles ; qui est le Seigneur des patriarches, des apôtres et de tous les saints ; et en un seul Seigneur, Jésus- Christ, le Fils de Bien, engendré, non du néant, mais du Père ; non à la manière des corps, par retranchement et par écoulement, comme le veulent Sabellius et Valenlin, mais d'une manière ineffable et inénarrable, comme il est dit : Oui racontera jamais sa génération ? et comme il le dit lui-môme : Personne ne connaît qui est le Père quej le Fils, et personne ne connaît qui est le Fils, que le Père, — Nous confessons encore un seul Saint- Esprit, qui a également sanctifié les saints de l'Ancien Testament, et les docteurs divins de la loi nouvelle : une seule Eglise catholique et apostolique, toujours invincible, quoique tout le monde conspire à lui faire la guerre : toujours victorieuse des attaques de l'hérésie, par la confiance que nous donne le père de famille, dans ce passage de l'Evangile : Prenez courage j fai vaincu le monde. —Après cela, nous reconnaissons la résurrection des morts dont Jésus-Christ est le premier né, ayant pris de Marie, la .mère de Dieu, un corps réel et non pas seulement apparent. Sur la fin des siècles, il a habité avec le genre humain pour détruire le péché ; il a été crucifié, il est mort, sans aucun pr^udice pour sa divinité, et après sa résurrection il est monté au ciel, ou il est assis à la droite de la divine majesté. Voilà ce que nous enseignons, ce que nous prêchons ; voilà les dogmes apostoliques de l'Eglise, pour lesquels nous sommes prêts à souffrir la mort, sans appréhender les menaces de ceux qui usent de violence pour nous les &dre abjurer. Arius, Achillas, et les autres qui combattent avec lui ces vérités oat été chassés de TEglise, suivant cette parole de saint Paul : Si quelqu'un tous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçUf qu'il soit anatheme I Donc, qu*aucun de vous ne reçoive ces hommes, que nos frères ont excommuniés; que personne n'écoule leurs discours, ni ne lise leurs écrits, ce sont des imposteurs qui ne disent

J'amais la vérité. Condamnez-les avec nous, i l'exempte de nos confrères, qui ont souscrit au mémoire que je vous envoie, avec leurs lettres, par mon fils le diacre Apion. Il y en a de toute TEg^^pte et de la Thébaïde, de la Libye et de la Pentapole, de Syrie, de Lycie, de Pampliilie d'Asie, de Cap|)adoce et des provinces circonvoisines. Je m attends à recevoir de vous des lettres semblables ; car après plusieurs autres remèdes, j'ai cru que cet accord unanime de tous les évoques achèverait deguérirceux qu'ils ont trompés.» — Cette lettre de saint Alexandre à l'évoque de Constantinople passe ajuste titre pour un traité de théologie complet. En effet, la divinité du Verbe, sa génération antérieure à tous les siècles, sa filiation éternelle du Père y sont démontrées avec une évidence

?ui exclut toute objection. Saint Alexandre tait un.zélé défenseur des dogmes apostoliques, mais en même temps un espriji calme et paisible ; son style est clair et lumineux comme la foi ; doux et paisible comme la charité. On voit qu'il n'a pressé qu'à regret la condamnation d' Arius, après avoir épuisé en sa faveur tous les moyens de conciliation qui pouvaient encore le ramener an culte do la vérité.

ALEXANDRE d'Hiéraple, l'un des plus obstinés partisans de Nestorius, se rendit au concile d'Ephèse en compagnie de Jean d'Antioche. Mais celui-ci sétant arrêté à quelque distance de la ville, Alexandre le prévint et y arriva avec un autre évêaue du même nom, le 20 juin de l'année &31. Il l'intrigua beaucoup pour retarder l'ouverture du concile jusqu'à l'arrivée de Jean d'Antioche ; il signa même un acte tjar lequel plusieurs évêques le demandaient ; mais, voyant qu'on ne tenait aucun compte de ses remontrances, il s'en plaignit et s unit à Jean dans toutes les procédures qui se firent contre le concile lui-môme, et en particulier contre saint Cyrille et Memnon. Il signa aussi la relation que Nestorius adressa à l'empereur pour se plaindre du concile. Son union avec Jean d'Antioche le fit comprendre dans la sentence que le concile prononça contre cet évêque et ses complices ; et comme les autres il fut retranché de la communion catholique. Comme il honorait singulièrement Acace de Bérée, il lui écrivit pour lui apprendre la déposition de saint Cyrille, et lui adressa en même temps un passage d'Acace de Mélitine qui lui semblait attaquer la divinité de Jésus-Christ, mais qui, en effet, était susceptible d'un sens tout contraire. Son amitié pour Nestorius en fit un ennemi acharné de saint Cyrille, avec lequel il ne voulut jamais souscrire à aucune capitulation. 11 poussa si loin la haine de ce patriarche, qu'il renonça à la communion de Jean d'Antioche, de Théodoret et des autres évêques orientaux qui s'étaient réunis à lui pour le bien de la paix. Menacé d'être dépossédé de son siéçe, il en appela au pontife do Rome, qui rejeta son appel ; et comme il continuait de déblatérer contre saint Cyrille et là maternité divine de la sainte Vierge, un édit de l'empereur le relé-* gua aux mines de Famothin, en Egypte, où 11 mourut dans son inflexibilité.

Il nous reste de lui vingt-trois lettres, qui toutes ont trait à Thistoire du nestorianisme et à la sentence de condamnation que le concile d'Ephèse prononça contre Nesiorius et ses partisans. Nous ailons en citer quelques passages qui nous démontreront jusqu'à l'évidence 1 entêtement que mit Aiexanare à persévérer dans ses erreurs. Dans une réponse qu'il fit à Acace, qui lui avait envoyé une lettre de saint Cyrille, il dit qu'il y avait déjà quarante ans qu'il pleurait ses péchc'^s dans les mortifications d'une vie pénitente, mais qu'il avait aimé la vraie foi dès le premiei'jour, et qu'il l'aimerait jusqu'à la moit. En envoyant cette lettre à An-*

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DiCTNfRRÂIRE DE PATROLOGIE.

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dré de fiofinosate, ainsi ane quelques autres pièces qu*il avait rcçu^, il protesta qu'il penlrait son évéché et qu'il se couperait la main droite plutôt que de reconnaître Cjriile pour catholique, tant qu*il parlerait comme il faisait, et qu'il ne confesserait pas clairement aue Jésus -Christ est Dieu et homme ; qu il a souffert selon Thumanité, et au*il est ressuscité par la vertu du Verbe de Dieu. Il dit en peu de roots ce qui s'était passé dans le concile d'Antioche. Dans une autre leitre, il lui proteste avec serment que s'il ne peut s'unir dans les mystères avec Cyrille, ce n'est m par aoimosité, ni par esprit de centention, ni par haine, ni par amitié pour personne, mais qu'il n'a devant les yeux qae Dieu et Jean. ~ Après la réunion de Jean d'Antioche avec saint Cyrille, il se plaignit amèrement de sa conduite à André de âonosate, et l'assura qu^il n'aurait point de paît avec ceux qui avaient embrassé cette \mt^ soit qu'on lui proposât l'exil, la mort, le précipice» le feu ou les bètes. « Dieu me donnera, dit-il, la force de tout souffrir plutôt que de communiquer avec eux. » A ThéMoret, il disait aussi sur le même sujet: < le ne consentirai point aux propositions que Paul d'Bmèse a faites et que l'Ëgyptien Cyrille a reçues, quand on me condamnerait à mille morts et que le monde en lier y souscrirait. > Il insiste surtout sur le nom de Mère de Dieu gue saint Cyrille voulait qu'on donnât à la sainte Vierge, et dit qu'il ne consent à l'admettre qu'à la condition d'y a}ou* ter celui de Mère de Christ. Après le concile de Zeugma, où André de Samosate et Théodoret se réunirent à la communion de saint Cyrille, il écrivit à André : « Je ne communique plus avec vous ni avec Cyrille : Vous av^ fiiit ce gui est en vous •; vous aVez cher- QÏXé Ja brebis égarée, elle ne veut pas être trouvée. Tenez-vous désormais en repos; nous noos verrons les uns et les autres devant le tribunal de Dieu. » Quand Théodoret, à la prière de quelques saints solitaires, se fut réuni à Jean d'Antioche, il écrivit à Alexandre pour lui en exposer les motifs et les raisons ; Alexandre lui répondit : « le suis affligé de l'empressement des saints moines contre nous ; mais qtiand ils ressusciteraient tout ce qu'il y a de morts depuis le commeticement du monde, je les prie de se tetiir en repos et de prier pour nous. S'ils Dons condamnent, que Dieu leur pardonne. Ils ne sont pas de plus grande autorité que les apôtres, ou les anges du ciel que Jésus- Christ anatbématisa par la bouche de saint Faut, s'ils prêchent au delà de son Evangile. Si vous les voyez, assurez-les que, quand même Jean d'Antioche me donnerait tout le royaume des oieux, je ne communiquerai pas avec lui qu'auparavant l'on ait réfonné ce qui a causé le naufrage de la foi. Dieu soit loué t Ib ont pour eux les conciles, les sièges, l66 royaumes , les juges ; et nous, noos avons Dieu et la pureté de sa foi. )» Théodoret, ne voulant rien négliger pour retirer ce vieillard de ses erreurs lui écrivit, crmp sur coup, plttsicws letlt'08 quri in pressaient de

hâter son retour à l'union catholique : « Je crois que vous n'avez rien omis, lui répondit-il pour le salut de ma malheureuse âme ; vous avez mèmç fait plus que le pasteur de l'Evangile, qui n'a cherché quHme fois la brebis égarée. Restez-donc en repos et cessez à l'avenir de vous fatiguer, et nous aussi. Je ne veux pas suivre un nomme aussi changeant que vous ; et je vous coi^jure par la sainte Trinité de me laisser tranquille. »

Tous les autres efforts de Théodoret pour gagner Alexandre fUrent inutiles. Il se fit une loi de fuir la vue, Tentrelien, et jusqu'au souvenir môme de ceux qui pouvaient se croire autorisés à lui parler de cette affîiire. Il les considérait comme des gens qui étaient retournés de coeur en Egypte et qui ne cherchaient tous qu'à le tenter et à rabattre. C'est ce qu*û dit dans une lettre à Mélèce de Mopsueste. 11 cessa aussitôt tout commerce de lettres, môme avec les amis les plus intimes, et il persévéra dans sa résolution jusqu'à la mort.

ALEXANDRE (saint), évèqud de Jérusalem, eut pour premier maître dans l'étude des lettres saintes le célèbre Pantène, qu'il appelait son seigneur et son père. 11 se mit ensuite sous la direction de saint Clément, qui lui avait succédé dans l'école des Catéchèses d'Alexandrie, et il se lia avec lui d'une amitié intime. Ce fut pendant son séjour en cette ville qu'il fit connaissance avec Origène, disciple comme lui de ces deux ^ands hommes. Ayant été élu évéque d'une ville de la Cappadoce que l'on croit être Flaviade, il s'y rendit illustre par le courage généreux qu il déoloya dans la persécution de Sévère, et par la confession publique qu'il fit du nom et de la gloire de Jésus-Ohrist. Cependant, il ne lui fut pas donné alors de la sceller de son sang, mais il passa plusieurs années en prison, et il y était encore, en 211, au commencement ou règne de Caracalla, lorsque Asclépiade fut Ait évéque d'Antioche, après la mort de saint Sérapion.

Ce fut à cette occasion qu'il écrivit à l'Eglise d'Antioche pour la féliciter du choix qu'elle venait de faire de saint Asclépiade,

3ui comme lui avait confessé Jésus-Christ ans la persécution. Cette lettre fut portée par saint Clément d'Alexandrie, qui gouvernait son EgHse pendant son absence. Elle était conçue en ces termes : « Alexandre, serviteur de Dieu et prisonnier de Jésus- Christ, à la sainte Eglise d'Antioche, salut en Notre-Seigneur. Quand j'ai appris qu'Asclépiade , digne par sa foi des plus hautes fonctions du saint ministère, venait d'être élevé par la divine Providence au gouvernement de votre E^iise, le. Seigneur a adouci les fers dont j'élais chargé dans ma prison et me les a rendus légers. » Sur la fin iJ disait : « Je vous envoie cette lettre par le bienheureux prêtre Clément, homme d'une vertu éprouvée, que la providence de Dieu a placé dtins nos contrées pour affermir l'Eglise de Jésus-Christ. » L'année suivante, A4exandre étant sorti de prison , reçut de

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Dieu, dans un songe, l'ordre d'aller visiter Jémsalem et les saints lieux. Ce fut pendant ce voyage gue Narcisse, évêque de cette ville, le choisit pour son coadjuteur dans le gouvernemeot de son diocèse. C'est le premier exemple d'un évoque transféré a*un siège à un autre et donné pour coadjuteur à uii évoque vivant ; mais il faut observer que cette exception aux règles canoniques était fondée sur l'exlrôme vieillesse de Narcisse, et qu'elle eut lieu dans un concile des évêques de Palestine convoqués à ce sujet. Ils occupaient ensemble le sié^e de Jérusalem, lorsque saint Alexandre écrivit aux antinoïtes : « Je vous salue de la part de Narcisse, qui a tenu ici avant moi la place d'évéque, et qui, âgé de plus de cent seize ans, me reste uni par les prières. Nous vous conjurons ensemble de conserver entre vous une paix et une union inaltérables. »

Cependant les- travaux de son épisconat ne lui firent point négliger le culte des sciences. 11 s'appliqua à former à Jérusalem une bibliothèque nombreuse, dans laquelle il recueillit les lettres et les écrits des plus grands hommes de son siècle. Cette bibliothèque subsistait encore du temps d'Ëusèbe de Césarée, à qui elle fournit de grandes ressources pour la composition de sou His^ toire eeclésiastigue. Saint Alexandre, qui avait été le condisciple d'Origène, fut aussi son défenseur. 11 1 autorisa à prêcher lorsqu'il n'était encore que simple laïque, lui imposa les mains pour l'élever au sacerdoce, et le soutint dans les persécutions qu'il eut à essuyer de la part de Démétrius, son évèque. Ils furent môme si unis ensemble, qu'ils ne pouvaient* presque plus se séparer. Ce saint évoque, qui avait déjà confessé la foi en 20b, et était resté sept ans dans les fers, fut arrêté une seconde lois sous la persécution . de l'empereur Dèce, et mourut de misère ^ en prison, à Césarée, en 251. Indépendamment des deux lettres dont nous avons parlé, il nous reste quelques fragments de plusieurs autres, qui nous ont été conservés par Eusèbe: une à Démétrius en faveur d'Origène, une à Origène lui-même, et quelques autres à divers particuliers. On voit par sa lettre à l'Ëglise d'Antioche, et par celle qu'il écrivit aux antinoites, combien il avait de zèle pour Thonneur et la paix des Eglises. Origène loue son extrême douceur, qui se révélait dans toutes les instructions qu'il adressait à- son peuple. Quoique saint Jérôme ne lui attribue pas d'autres écrits

3ue des lettres, il n'a pas laissé cependant e le mettre au nombre des écrivains ecclésiastiques.

ALEXANDRE, moine grec de l'île de Chypre, dont la naissance n'est pas bien connue, est placé communément parmi les écrivains qui vivaient au xii' siècle. Nous avons de lui un Discours sur l'apôtre saint Barnabe et sur l'invention de ses reliques, imprimé, en grec et en latin, dans le tome 11* de la collection des Bollandistes au 11 du mois de Juin. 11 suppose dans un endroit que saint Paul se rendit à Jérusalem aussitôt après saxon* -

version; cependar^t cet apôtre assure luimême, dans son Èpitre aux Galates^ qu'il n'y alla que trois ans plus tard pour voir saint Pierre. Le Inoine Alexandre a encore composé un Discours historique sur l'invention de la sainte croix, que le P. Combefis a fait imprimer, dans le tome VI* de la Biblio^ ihèque des prédicateurs. Il s'y montre trèsignorant dans l'histoire de l'Église. Nous en citerons auelques exemples. H dit que les Pères du Concile de Nicée séparèrent de leur communion tous ceux qui demeurèrent attachés à l'opinion d'Arius et d'Eusèbe de Nicomédie, les condamnèrent à l'exil et mirent d'autres évoques à leur place ; or il est certain que les prélats qui favorisaient le parti des Ariens souscrivirent, quoique frauduleusement pour la plupart, à la formule de Nicée; et 1 on ne voit nulle part que le concile ait excommunié ou exilé ceux qui avaient accepté son symbole. Il avança encore que Macaire, évèque de Jérusalem, alla au-devant de l'impératnce Hélène avec tous ses comprovinciaux, comme si cet évêque eût été dès lors métropolitain ou patriarche, dignité à laquelle les évoques de Jérusalem ne furent élevés que longtemps après. Enfin Alexandre se trompe dans la chronologie des empereurs et des évoques de Jérusalem ; c'est pourquoi les Bollandistes n'ont fait aucun cas de cette homélie, qui ne se trouve que dans la Bibliothèque des prédicateurs du P. Combefis.

ALEXANDRE, abbé de Télési dans le royaume de Naples, mit par écrit les exploits mémorables du roi Roger, fils de Roger, comte de Sicile. Il dédia son ouvrage à ce

E rince, par une épilre qui e$i moins un éloge son adresse qu une instruction sur ses devoirs. Alexandre éprouva d'abord quelques scrupules à travailler sur une matière de cette nature, qui l'obligeait à faire des récits de sang et de carnage; mais il se rassura, en pensant que la peinture de la guerre et de ses désordres apprendrait peut-être aux princes à la détester et à cultiver la paix. Son Histoire, reproduite par Muratori, est divisée eu quatre livres, dont le dernier semble avoir été achevé en 1136. On lit, au 28* chapitre du troisième livre, que le roi Roger, en visitant les forteresses de ses Etats, vint au monastère de Télési» où, après avoir fait ses prières, au pied du maître-autel, Tabbé et les religieux lui donnèrent, en plein chapitre, des lettres de fraternité, comme ils en avaient donné auparavant au comte Roger son père. L'abbé Alexandre commence son Histoire à la mort de Guillaume, duc de la Fouille, arrivée, en 1127, et la finit, en 1135. Quoiqu'il ne s'applique pas à marquer la date des événements, il les raconte cependant de façon èi leur donner de l'autorité.

ALEXANDRE, chanoine de la cathédrale de Liège, au xii* siècle, entreprit l'Histoire des évêques de cette église, à la sollicitation de la vénérable Ide, abbesse de Sainte-Cécile de Cologne, qui avait été sa marraine. Le dessein de cette abbesse était moins d'à*

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DICTIONNAIRE W PATR(NLOGIE.

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Toir une histoire suivie des évoques de Liège que celle de saint Ebergise, évoque de Tongresy dont on possédait les reliques à Cola* gne, et celle de Wason, l'un de ses succès* sours, mort en l(AS. Alexandre divisa son ouvraîge eo deux parties : dans la première, il donna, en l'abrégeant du travail de l'abbé Hériger, l^bistoire des- vingt-sept premiers évèqaes de Liège, jusqu'à l'èpiscopat de saint Remacle. 11 commence la seconde à saint Théodard, et la finit à Wason, dont il donne une histoire beaucoup plus détaillée que celle d'aucun de ses prédécesseurs, il se conformait en cela aux désirs manifestés parla pieuse abbesse, à qui il dédia son ouvrage aussitôt qu'il fut terminé. Anselme nous a conservé un fragment de l'épltre dédicatoire ; et c'est tout ce que nous savons de récrit d'Alexandre. {Voy. Ansblmb, chan. de Liège.)

AUExANDRE, d'abord moine du Bec, et ensuite de Cantorbéry, vivait dans ce monastère» sous l'èpiscopat de saint Anselme. Wiou et Possevm lui attribuent un recueil de sentences tirées des discours que le saint archevêque adressait de vive voix aux religieux et au peuple. Si ce recueil est le même que celui qui se trouve dans l'appendice ajouté aux œuvres de notre saint , on peut dire que la dernière partie est tirée, mot pour mot, de la dernière de ses homélies 5ur VEpUre aux Hébreux.

ALEXIS (Aristènb), économe de la grande église de Gonstantinopie , composa, vers l'an 1160, des Scholies sur la Synapse des canons. Guillaume Beveregius les a lait imprimer, en grec et en latin, dans ses Pan* dectes, à Oxford, 1672. Cette Synapse ellemême, que quelques savants font remonter à une époque bien antérieure, a été publiée sous son nom par Christophe Justal, dans le U' tome de la Bibliothiaue cananique^ Paris, 1661. L'auteur, quel qu'il soit, a suivi l'ordre du code de l'Eglise universelle, mettant au commencement de sa collection les canons des apôtres, et à la un ceux des conciles de Sardique, de Carthage, de Trulle, et des trois épitres canoniques de saint Basile. Arislène, consulté par le concile tenu à Constantinople en 1166, au sujet de Nicéphore, patriarche de Jérusalem, produisit contre lui le 37' canon du concile de Trulle. Il parait que ce patriarche n'était pas présent; du moins son nom ne figure pas parmi les érêques qui souscrivirent aux décrets de ce concile ; mais il v est fait mention de Nicéphore de la nouvelle Césarée et de Nicéphore de Rhodes. Le patriarche Nicéphore assiste à un autre conçue qui se tint à Constautinople, la 23' année du règne de Manuel Cornnène.

ALFRED, surnommé lb Grand, avec bien plus de justice aue tant d'autres monarques, succéda, dans le royaume d'Angleterre, à son frère Ethelred, en 871. Il était le sixième roi de la djrnastie Saxonne, et le plus jeune des cinq fils du roi Ethelwof. Après avoir, à force d'habileté et de courage, reconcj^uis son royaume sur les Danois qui l'avaient

usurpé, il le noliça, fit des lois, établit un jury et divisa 1 Angleterre en comtés, à chacun desquels il assigna plusieurs centaines de familles. 11 encouragea le commerce, pro^ tégea les négociants, leur fournit des vaisseaux et fit succéder la politesse et les arts à la barbarie qui avait désolé ses États. L'Angleterre lui doit l'Dniversité d'Oxford. 11 fit venir des livres de Rome pour former sa bibliothèque, et s'annonça partout coname le restaurateur des lettres et des sciences. ' Les prêtres anglais de son temps savaient peu de latin; il l'apprit le premier et le fit apprendre. Il fit traduire en langue du pays les livres dont l'intelligence est nécessaire à tout le monde, obligea les jeunes gens, surtout ceux qui étaient nés libres et qui avaient de quoi subsister, à apprendre à lire, pour profiter au moins de ce qui était écrit en anglais; et il était d'avis qu'on enseignât le latin à ceux qu'on voulait faire arriver aux dignités de l'Eglise ou aux charges du royaume. On peut le compter au nombre des rois auteurs. 11 envoya un exemplaire de sa traduction du Pastaral de saint Grégoire à chaque siège épiscopal de l'Angleterre, avec une écritoire de cinquante marcs, défendant à qui que ce fût de séparer l'écritoire du livre, ni d'enlever le livre de l'Eglise, si ce n'est pour en tirer des copies. Excellent histonen , il travaillait h orner l'esprit de ses sujets et à exciter leur émulation par des ouvrages d'histoire nationale ou étrangère, que tantôt il composait lui-même, et tantôt il traduisait du latin. 11 eut même recours à la poésie pour les enflammer davantage; et, en lisant quelqruesunes de ses productions historiques qu on a eu le bonheur de conserver, on regrette d'autant plus vivement la perte de ses poèmes, qu'ils sont cités dans les anciennes chroniques comme les meilleurs deson temps. Roi citoyen, il avait pour axiome favori, et il le consigna dans son testament, que les Anglais devaient être aussi libres que leurs pensées. Roi philosophe, il voulait que l'instruction fût un bien commun à tous ses sujets, en punissant par des amendes les parents oui n'envoyaient pas leurs enfants aux écoles publiques ; et il proclamait en même temps dans ses lois que « la raison et l'intelligence étant les signes privilégiés de Tespèce humaine, c'était la dégrader et se révolter contre le Créateur, gue d'ôter à sa plus noble créature l'exercice des facultés par lesquelles il a distingué l'homme de la bête. » Enfin , roi reHgieux, il fonda toutes les bases et de l'instruction et de la législation sur le christianisme, sur le respect pour les ministres comme pour les préceptes de l'Evangile, pour la hiérarchie comme pour le caractère de l'apostolat, depuis le chef suprême jusqu'au dernier des pasteurs. Les écrits qu'on a eu le bonheur de conserver d'Alfred le Grand, sont : un recueil de Lois des différents peuples: les Lois des Saxons occidtmlaux: un Traité contre les mauvais juges; des Sentences des sages ; des Paraboles ; les Différentes fortunes des rais. Outre le

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