‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 17 sur 105 · ALT · texte numérisé non relu

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Poêioral de saint Grégoire dont nous avons parié, il traduisit aussi ses Dialogues^ aidé par Véréfride, évôaue de Vorsciiestre ; la Consolation de la Philosophie de Boëce, et une partie des Psaumes de David. Asser de Ménève, éyéçiue de Schiburn, qui vécut à sa cour et qui fut un de ses matires dans les seiences, a écrit son histoire, à laquelle nous avons emprunté la plupart des détails de cette biographie. Nous la terminerons par un trait emprunté au même auteur, et qui achèvera de caractériser notre héros. La manière dont il partageait son temps lui donnait les moyens de vaquer à tout, aux affaires, à l'étude et à la prière. Il divisa les vingt-quatre heures du jour en trois parties égales, Tune pour les exercices de piété, l'autre pour le sommeil, la lecture et la récréation, et la troisième pour les soins de son royaume. Comme il n'y avait point encore d*horloges, il fit faire six cierges qui duraient chacun quatre heures, et ses cha* pelains l'avertissaient tour èi tour, lorsqu'il

Ïen avait un de consumé. A la fleur de son ge et au plus haut point de sa gloire, il avait fait vœu de garder fidèlement cette di« stribution de temps, et il n'y manqua jamais. Ce grand roi mourut Tan 900, regretté comme un père et comme un héros par son peuple, dont il avait été le législateur et le défenseur. Alfred réunissait les qualités qui caractérisent le saint, le guerrier, l'homme d'Etat, n est nommé parmi les saints, sous le 36 d'octobre, dans deux calendriers saxons; et sous le 28 du même mois, dans le Martyrologe anglais de Wilson.

Les lois du roi Alfred pour la réformation des mœurs et le châtiment des crimes se lisent dans la collection des conciles, où elles sont divisées, en trois parties : celles de la première sont tirées de l'Ecriture sainte; celles de la seconde, des lois des Saxons; et la troisième est le résumé des décisions d'un concile ou assemblée générale de la Nation, où les Anglais et les Danois convinrent entre eux de la paix. Presque toutes les peines imposées par ces lois sont pécuniaires. Le droit d'asile pour les églises y est établi. Il y est dit que si l'on prête de l'argent h un religieux, sans la permission de son supérieur, et que l'argent vienne à être perdu, la perte sera pour le créancier. Il paraît que, les jours de fêtes, les esclaves n'étaient point dispensés des œuvres serviles qui étaient de leur office. On abandonnait à leur profit tout ce qu'ils faisaient aux jeûnes des Quatre-Temps. On chômait les douze jours d'après la lête de Noël, le jour du dimanche, sept jours avant Pâques et autant après , la fête de saint Pierre et saint Paul , celle de saint Grégoire, la semaine entière de la Nativité de la sainte Vierge, et la fête de tous les Saints. Si quelqu'un était convaincu d avoir négocié le dimanche, on le condamnait è pérore la somme entière. Un homme libre surpris à travailler un jour de fête perdait sa liberté. On observait aussi (le suspendre l'exécution des criminels aux ^ours de fûtes et aux dimanches^

Quoique, dans la notioe biographique, nous nous soyons appliqués à (fonner une idée de ses cêuvres, en résumant son caractère par la nature des travaux qu'il a accoaiplis , cependant, avant de finir, nous ne pou« vous résister au plaisir de citer un passage de la préface du Pastoral de saint Grégoire. L'auteur s'adresse à l'évéque de Londres, à qui il avait envoyé sa traduction. « La na* tion anglaise, lui dit-il, avait autrefois, tant

f)armi les ecclésiastiques que parmi les sécu* iers, des hommes si instruits et si curieux d'instruire les autres, que les étrangers venaient chez nous pour se former dans les sciences ; mais quand j'ai eommencé è régner, c'est à peine si en deçà de l'Humbre, on trouvait quelques Anglais qui entendissent leurs prières les plus communes ; et je ne me souviens pas d'en avoir vu un seul au midi de la Tamise. Aujourd'hui, grâce à Dieu, il y a en place des personnes capables d'enseigner; ne soyez donc pas moins libéral de la science de Dieu qui vous a été donnée, que des biens de la fortune que vous tenez des hasards de la naissance et des faveurs de votre position. » Nous tenions à citer ce passage, parce qu'il confirme tout ce que avons dit du roi Alfred, en le présentant comme le défenseur de la religion et le restaurateur des lettres. Terminons par cette citation d'Henri Spelman, qui, transporté d'un vif enthousiasme, le peint ainsi, dans sa Collection des coneiles t Angleterre : « O Alfred, la merveille et l'étonnement de tous les siècles I Si nous réfléchissons sur sa religion et sa piété, nous croirons qu'il a toijgours vécu dans un cloître; si nous pensons à ses exploits guerriers, nous jugerons qu'il n'a jamais quitté les camps; si nous nous rappelons son savoir et ses écrits, nous estimerons gu'il a passé toute sa vie dans une école; si nous faisons attention à la sagesse de son gouvernement et aux lois qu'il a promulguées, nous resterons convaincus que l'étude de la politique a absorbé tous ses instants. »

ALFRIC (saint). — On ne sait ni l'époque ni le lieu de la naissance de saint Alfnc; on sait seulement qu'il appartenait à une famille distinguée par sa noblesse et qu'il embrassa la vie monastique dans le monastère d'Abbendon. L'opinion commune est qu'il en fut abbé, mais le décret de son élection à l'évêclié de Wilton lui donne seulement la qualification de moine. Il succéda sur ce Sîéçe épiscopal à Sirice, qui, en 989, fut fait archevêque de Cantorbéry; et en 996 il passa lui-môme à ce premier siège de TEglise d'Angleterre, et l'occupa dix ans. Il fit le vovage de Rome à pied pour demander le Païlium au pape. Presque toutes les années de son épiscopat sont datées de ses bienfaits et de ceux du roi Athelred en faveur des églises et des monastères. Ceprince témoigne dans un de ses diplômes que c'est à la saçcsse et à la vijjilance pastorale d'Alfric qu il doit d'avoir appris h observer les commandements de Dieu. Le pieux archevêque mourut le 28 août 1006. Son corps^

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MGTIQMNàIRE de PÀTROLOGte.

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d abord inhumé dans le monastère d'Abbendon, fiil rapporté à Caatorbérj, où il est honoré comme un saint.

Il se rendit non moins oélàbse par son sav<ûr que par ses vertus. Un auteur du temps ait qu*U dépassait de beaucoup les bornes ordinaires ; mais il n'est point aisé (le distinguer ses oufrages de ceux attribués à un autre Alfric» qui d'abbé de Malraeshurv devint ardievèque d'York» et mourut en i051 . Nous ne rendrons donc compte que iie quelquçs^uns qui lui appartiennent sans C'» noste. Pe ce nombre est la lettre à Vultin. II [tarait que saint Alfric n'était encore que sini{ile moine lorsqu'il l'écrivit. Elle est eu anglais et en forme de discours que l'évoque adresse à son clergé, dont les mœurs étaient si corrompues, que c'est èi peine s'il avait lo oûurage d y apporter remède. Alfric V suppléa par ce discours qu'il adressa à I évéque réformateur. Comme il ne s'agis*sait que de réprimer les excès des prêtres, des diacres et des autres ministres inférieurs, il supprime ce qui est dit du devoir des évùques dans les canons de Nicée et des autres conciles, supposant que Vul&n ne devait pas ignorer que sa dignité lui impo* sait robligation de servir par ses bonnes moHirs de modèle à son clergé. Cette lettre est divisée en vingt-cinq articles qui ne coniiennent rien que l'on ne retrouve dans les anciens canons. Quoiaue Alfric recon* naisse qu'il s'est tenu dans l'Eglise un grand nombre de conciles, où l'on a établi la foi contre les hérétiques, il ne parle cependant que des quatre premiers, pour lesquels il témoigne autant de vénération que pour les quatre Evangiles.

UoméUes. — On trouve dans les bibliothèques d'Angleterre une quantité d'homé* lies sous le nom d' Alfric, la plupart en langue saxonne. On en avait choisi vingtquatro pour être lues publiquement au peuple , quand l'évèaue ou le prêtre le jugeait à propos. Les aouze premières traitent divers points d'histoire ou de morale ; les autres sont sur les principales fêtes de Tannée. Celle du jour de Pâques est tirée en bTaude partie du traité de Ratramme intitulé : Du C9rp$ eê du êon^ du Stigneur. Il est donc h présumer qu'Aliric partageait ses sentiments sur la présence réelle. Voici ses liaroles : c Pourquoi la sainte eucharistie est-elle appelée le corps et le sang do Jésus- Christ, si elle ne l'est véritablement? Il est vrai que le pain et le vin consacrés par le prêtre montrent extérieurement aux sens une chose autre que celle qui paraît intérieurement aux veux de l'âme par la foi. Ëitérieurement c est du pain et du vin tant [«r l'espèce que par la saveur; et cependant, après la consécration, par un mvstèreou sacrement spirituel, sous les emblèmes du i^ain et du vin, se trouvent le corps et le sang de Jteus^hrist.» Il dit la même chose dans un autre discours. « Le Seigneur, qui avant sa passion consacra l'eucharistie, en affiruiaut que le pain était son corps et le vin Xérilabl^ment sou sang, consacre encore lui*

même tous les jours par les mains du prê*« tre le pain en son corps et le vin en son sanç, par un mvstère spirituel, comme nous le lisons dans les livres. Mais ce pain vivifiant n'est aucunement le même corps dans lequel Jésus-Christ a souffert, ni le vin sacréle môme sang du Sauveur qui fut répandu sur la croix ; mais s'il ne l'est point quant à la matière de la chose, il l'est quant à sa spiritualité. » — Ces deux passages objectés avec confiance par les ennemis de la transsubstantiation, sont loin de leur êtro favorables. Si Alfric ne l'avait pas reconnue, aurait-il dit qu'a^)rès la consécration le pain et le via sont véntablement le corps et le sang de Jésus- Christ? Est-ce ainsi que s'exprimerait un homme qui serait persuadé que le corps et le sang du Seigneur n'existent gue virêuel^ lement dans 1 eucharistie? En cgoutant que le corps et le sang y sont par un sacrement spirituel, cet évoque veut-il dire autre chose, smon qu'ils imitent dans ce sacrement une manière d'exister spirituelle et ineffable, imperceptible aux sens humains? Quand il dit que ce n'est pas le même corps qui a souffert, ni le même sang qui a été ré-

{»andu, cela ne doit s'entendre que de a manière d'exister de ce corps. Il n'est ni visible, ni palpable dans l'eucharistie ; ses membres ny remplissent plus les mêmes fonctions que sur la terre et sur la croix. Il est dans l'eucharistie d'une manière spirituelle et invisible; mais c'est substantiellement le même corps qui était sur la terre et qui est dans le ciel, quoiqu'il s'y trouve a'une façon bien différente. — Nous avons choisi à dessein ces deux citations , parce qu'elles nous ont ménagé l'occasion de faire une réponse aux mêmes difficultés, aue nous avons lues, il y a quelques années déjà, dans un volume de YEncyclopédie univer- $elle^ aux articles Eocharistie et Transsubstantiation.

On cite un grand nombre d'autres ouvrages, sous le nom de saint Alfric, mais on ne saura jamais à quoi s'en tenir, tant qu'on n'aura pas trouvé moyeu de les distinguer de ceux de l'archevêque d'York; ce qui ne se peut qu'avec le secours des manuscrits d'Angle terre.

ALFRID , évéque de Munster et un des successeurs de saint Lutger sur ce siège , écrivit sa Vie et la dédia aux moines du monastère de Saint-Sauveur, qui l'avaient prié de l'écrire. Elle est divisée en deux livres, dans les éditions de Bollandus, dom Mabillon et Leibnitz , et elle en a trois dans quelques autres. Ce dernier est un recueil des miracles opérés au tombeau du saint évéque. Il y est parlé d'un jeune homme, nommé Adam, mis en pénitence publique pour avoir tué son frère Henri , dans une

?uerelle qu'ils avaient eue ensemble. Jouas, vêque d'Orléans, rendit contre lui une sentence portant qu'il serait fouetté de verges; qu'après avoir passé un an en prison, if serait envoyé eu exil , et qu'il s'v rendrait pieds nus, sans porter de linge, le corps et

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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGIE.

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)es bras ceints de cercles de fer, et astreint à un jeûne rigoureux. On la retrouve dans Bollandus, au 3 de mars. Alfrid occupa le siège de Munster pendant dix ans, et mourut en 849.

ALGER ou Algbrus , pieux et sarant prêtre de TEglise de Liéçe, fut d'abord doyen de la collégiale de Saint-Barthélerai, directeur de l'école, et chanoine de la cathédrale de la même ville. L'amour de l'élude, et plus encore son goût pour la retraite lui firent refuser les offres avantageuses de plusieurs évoques d'Allemagne, qui sur sa grande ré-

Sutation cherchèrent à l'attirer auprès d'eux, lais, plus touché de son salut que des biens qu'oniui proposait,il alla s'enfermer àCluny, pour y vivre dans la retraite et dans l'observance exacte de la règle de saint Bernard. Pierre le Vénérable en était alors abbé. Ecrivant à Albéron, évèque de Liège, il fait l'éloge d'Alger et de ses écrits. 11 le compte pour le troisième des scoliastes de Liège qui s'étaient retirés dans son monastère. On conservait, dans les archives de cette abbaye, l'acte de donation que lui fit Alger au jour de sa profession monastiaue. On ne sait pas bien Tannée de sa mort. Le P. Pagi la met en 1152, et rien n'empêche qu'on s'en tienne à cette époque.

Traité de VEucharistie, — L'ouvrage qui lui a donné le plus de réputation est celui qu'il a compose sur l'eucnaristie. Pierre le Vénérable le préfère aux écrits de Lanfranc et de Guitmond d'Averse sur la même matière ; mais sans refuser pourtant à ces écrivains les éloges qu'ils méritaient. Néanmoins on rencontre çà et là dans le traité quelques expressions peu correctes que nous relèverons dans l'analyse. Alger rapporte dans le prologue les diverses erreurs répandues de son temps sur cet auguste mystère. Les uns, ditil , croient que le pain et le vin ne sont pas plus chances dans l'eucharistie, que l'eau et rhuile au chrême ne sont changés dans le baptême, de sorte qu'ils ne sont que la figure du corps et du sang de Jésus-Christ. D autres prétendent que Jésus -Christ est dans le pain, comme te Verbe était dans la chair par l'incarnation ; c'est ce qu'on appelle l'erreur de Vimpanalion. Il y en a qui pensent que l'indignité du prêtre est un obstacle à la transsubstantiation ; d'autres que le changement se fait par la consécration, mais

3ue le corps de Jésus-Christ ne demeure pas ans ce sacrement pour ceux qui le reçoivent indignement. Enfin, la dernière erreur est de ceux qui croient qu'après la communion, le corps de Jésus-Christ est sujet aux suites des aliments ordinaires. La méthode qu'Alger se prescrit pour détruire toutes ces erreurs est de ne s'appuyer que sur l'autorité de l'Ecriture et des Pères. Il avertit ses lecteurs que si le mystère de l'eucharistie est incompréhensible, il n'est pas pour cela incroyable, parce que l'étendue de nos connaissances n est nullement la mesure du pouvoir de Dieu. Sou traité est divisé en trois livres.

Le premier est consacré à prouver la vérité du corps de Jésus-Christ dans l'eucharistie. Dieu s'est fait homme, afin que, incompréhensible de sa nature, il se itt connaître à nous par la nôtre ; il s'est fait notre chef par son incarnation et par sa mort, afin que nous devinssions ses membres. Par l'eucharistie, il fait plus, il s'unit à nous et nous incorpore pour ainsi dire k lui-même. Alger donne toutes les définitions de l'eucharistie, puis il distingue le sacrement et la chose du sacrement. Le sacrement est la forme , la figure, tout ce qui est visible dans le pain et le vin ; mais la substance invisible , couverte de ce sacrement , celle en qui la substance du pain et du vin est changée, est véritablement et à proprement parler le corps de Jésus-Christ. Il démontre contre les impanateurs que ce changement n'a aucun rapport avec celui qui s'est fait dans rincaroation. Dans ce mystère, c'est un Dieu fait chair, sans être changé en chair, et la chair reste ; dans l'eucharistie , le pain et le vin cessent de subsister ; ils ont été changés au corps et au sang de Jésus-Christ. Ce n'est pas la forme, mais la substance du pain qui est changée ; la forme demeure, afin de donner lieu au mérite de la foi. Il donne pour certain que le corps de Jésus-Christ tel que nous le recevons, est absolument et substantiellement le même corps qu'il donna à ses disciples ;

Sue la foi de l'Eglise universelle, depuis son tablissement, est que c'est la vraie chair du Sauveur que l'on immole sur l'autel ; et que, malgré que Jésus-Christ se soit sépare de nous en sa forme humaine, lorsqu'il est monté au -ciel, il ne laisse pas de demeurer substantiellement avec nous dans le sacrement de son corps et de son sang. Au reste» quoique ce soit le môme Christ qui a été offert sur la croix, qui s'offre encore tous les jours sur l'autel ; cependant ce sacrifice ne s'accomplit pas de la même manière. Sur la croix, Jésus-Christ a été réellement mis à mort pour nous ; sur l'autel, il n'est immolé que mystiquement et en mémoire de sa jpassion. Et cependant c'est le même sacrifice ; s'il en était autrement, il serait superflu, celui de la croix ayant été suffisant pour nous communiquer la vie éternelle. Alger rapporte ici la profession de foi par iaquefie Bérenger condamne son erreur, et reconnaît qu'après la consécration le pain et le vin sont le vrai corps et le vrai sang de Jésus- Christ. Il confirme cette doctrine par l'autorité de saint Augustin, et il allègue un passage de ce Père où il est dit que les mœurs bonnes ou mauvaises du ministre ne nuisent point à l'efficacité de la consécration; pas plus que la différence de mœurs n'empêche ceux qui communient de recevoir réellement le corps et le sang du Seigneur. Il prescrit les moyens de le recevoir dignement , et il montre que les impudiques, plus aue les autres pécheurs, doivent redouter e s'en approcher, parce qu'il est l'Agneau de Dieu, le Fils de la Vierge, et qu'il est rare que l'impudicité soii accompagnée d'une véritable pénitence*

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DICnONNAIftE DE PATHOLOGIE.

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Dès le commencement du second livre, Alger combat Topinion de ceux qu'on appelait stercoranisteSf parce qu'ils croyaient que Teucharistie subissait le sort des aliments ordinaires. Deux anonymes du ix* siècle, traitant cette question, dirent nettement qu'ils ne pouvaient s'imaginer qu'un si grand mvstère lût exposé à des suites si honteuses ; Alger épousa ce sentiment et l'expliqua avec plus d^etendue» en soutenant qu'aucune partie de Feucharistie ne souffre ni corruption ni altération, ces accidents ne tombant que sur les espèces et non sur la substance du sacrement. H convient néanmoins que les espèces du pain et du vin ne pouvant être étemelles, il est nécessaire Qu'elles aient une fin ; mais il veut que cette défectibilité ne soit accompagnée d'aucune tache de la corruption ; et au besoin il a recours , pour les garantir, au ministère des anges. Tout ce discours d'Alger n'a pour but que de sauver le respect dû au sacrement de l'autel. Il est d*accord là-dessus avec saint Jean Damascène, le théologien le plus accrédité de l'Eglise grecque. Guitmond d'Averse avait soutenu aussi la même opinion ; on ne peut donc Taccuser de nouveauté , quoique, dans les siècles suivants, les théologiens n'aient pas fait difSculté de dire que les espèces sacramentelles sont sujettes à la corruption. On demandait pourquoi Dieu , qui est invisible et qui veut être adoré en esprit et en vérité, a ordonné à son Eglise un sacrifice visible ? Alger répond que c'est afin de nous exciter plus vivement au souvenir de ses grAces, et que l'homme étant composé de corps et d'ime, il était juste qu'il offrit à Dieu des sacrifices corporels et spirituels. Cette réponse est tirée de saint Augustin, au x* livre de la Cité de Dieu. — On demandait encore pourquoi l'eucharistie n'est pas composée du seul sacrement, ou de l'immolation du corps et du sang de Jésus-Christ sans sacrement 7 — Alger repond que si l'eucharistie n'était qu'un simple sacrement, elle ne différerait pas des sacrifices de l'ancienne loi, qui n'étaient que des figures, tandis que dans son corps et dans son san^, Jésus-Christ a donné a son Eglise la venté, renouvelant tous les jours sur Tautel la rédemption qu'il avait opérée une seule fois sur la croix. Il n'a pas voulu se donner à nous sans sacrement, parce que s'il se fût donné à découvert et sans voile, personne n'eût osé en approcher. Quelque forme qu'il eût adoptée, soit celle qu il avait avant sa mort, soit celle qu'il prit après sa résurrection. D'ailleurs, il convenait crue son corps et son sanç dans l'eucharistie lussent couverts d'un voile , autant pour exciter la foi des chrétiens c[ue pour enlever aux païens tout prétexte à d'inf&mes accusations.— Pourquoi, demandait-on encore , Dieu exige-t-il tant de foi dans ce sacrement? Cest, dit Alger, qu'Adam s'étant perdu [Jour avoir ajouté trop de foi aux paroles du démon qui lui conseillait de manger du fruit défendu, il faut que nous nous sauvions en croyant à la parole de Dieu qui nous ordonne de manager le corps et le sang de Jésus-Christ. Il ré-

DlCTlOMN. DB PaTAOLOOIB. I«

sont encore plusieurs autres questions , entre autres, celles des deux consécrations, qui se font séparément à l'imitation de Jésus- Christ, et celle du pain qui doit servir de matière au sacrement. Après avoir combiné les raisons des Grecs et des Latins sur l'usage du pain azyme et du pain fermenté ^ il dit»

Su'encore qu'on se puisse servir de l'un ou e l'autre , il est mieux de faire usage dans le sacrifice de pain azyme dont l'Eglise latine s'est servie dès le commencement.

Dans le troisième livre , Alger examine si les prêtres qui sont hors de 1 unité , comme les hérétiques, les schismatiques , consacrent véritablement l'eucharistie. Il rapporte quelques passages de saint Augustin, de saint Jérôme, du pape Pelage et de quelques autres anciens , qui semblent dire aue hors de l'Eglise il n'y a point de véritable sacrifice ; mais ayant posé pour principe (|ue la validité des sacrements ne dépend ni de la foi ni de la piété du ministre , il en conclut que, comme les schismatiques et les hérétiques peuvent baptiser vaudement , ils peuvent aussi consacrer l'eucharistie. Il apporte en preuve les passages de saint Augustin où ce Père dit que les sacrements des hérétiques et des schismatiques sont de l'Eglise et se font dans l'Eglise, pourvu qu'ils les administrent et les consacrent suivant les rites de l'Eglise catholique. Alçer répond aux passages des Pères qui paraissent contraires a son sentiment, et dit qu'on doit les entendre non des sacrements en eux-mêmes, dont ils n'attaquent pas la validité, mais de l'abus

Sue ces ministres en font, et de l'inutilité e ces sacrements à leur égard, puisqu'au lieu d'en tirer avantage, ils les font tourner à leur perte et à leur damnation. — En examinant si les sacrements sont valides lorsque, soit par malice, soit par négligence, on ajoute ou 1 on change quelque chose aux paroles sacramentelles , il dit que , pourvu que l'on prononce les paroles essentielles et dans la forme ordinaire , le sacrement a son effet , eût-on, par oubli ou par ignorance, omis ou changé quelque chose dans les paroles du sacrement. En général, cependant, il défend d'introduire dans la célébration des mystères les nouveautés des sectes et des hérésies , et veut qu'on s'en tienne exactement à ce qui a été institué par Jésus-Christ.

Nous avons dit plus haut que Pierre le Vénérable préférait le traité d'Alger sur l'eucharistie aux écrits de Lanfranc et de Guitmond d'Averse sur le même sujet. Ses paroles sont assez remarquables pour que nous croyions devoir les rapporter. « Lanfranc, dit-il, a bien écrit sur l'eucharistie ; il a traité son sujet pleinement et parfaitement ; Guitmond la traité encore avec une plus grande plénitude de perfection; mais Alger les a surpassés tous les deux. » Erasme, parlant de cet excellent ouvraseï à un évêque, disait: « Je n'ai jamais doute de la vérité du corps et du sang de Jésus-Christ ; mais j'avoue que la lecture de ce livre , également docte et pieux, m'a fortifié dans cette croyance et en a augmenté le respect dans mon cœur. »

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