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Ih la mMrie^rde eê de la/mltcr»— Ce traité est divisé en trois parties. La preœière traite de la miséricorde prescrite par les canons enrers les pécheur», itiger examine de quelle manûrd on doit en user et jusqu'à ouel teiii|)6 \ la seconde traite de la justiee : 1 auteur T foit voir comment et en quel ordre elle doit se refidre dans TEgiise, pour le maintien de le discipline; la troisième traite des hérésies de son temps, et Alger montre en quoi leur doctrine aiffère de celle de rEglise catholique, et en quoi elles dilfèrent même entre elles. C'est un recueil de passages tirés des livres des saints Pères, des canons et des décrétales des papes, accompagnés de courtes réflexions de l'auteur, qui sont presque toujours justes. Alger s^élève fortement contre la simonie; et, distinguant entre la puissance royale et la puissance pontificale, il dit que, comme les prêtres doivent être soumis aux rois en ce qui touche aux choses terrestres; ainsi les rois doivent être bien plus complètement soumis aux pontifes dans les choses de la religion et de la foi. Il établit les prérogatives du siège apostolique sur toutes les Eglises, son droit déjuger leurs causes par appel, de condamner seul les hérétiques, et d'absoudre ceux qui auraient été condamnés injustement dans quekiue concile.
Du libre arbitre. —Ce traité pour le temps est un petit chef-d*osuvre de précision et de netteté sur les matières les plus difficiles de la théôlegîe, et qui contieni plus de choses ctnë beaucoup d'm-folios scolastiques. Il est (avisé en cinq chapitres» et voici en résumé ce ({u'il contient. Adam, avant son péché, était tellement libre ^u'il ne pouvait être contraint ni pour le bien ni pour le mal. Il pouvait tomber de lui-même dans le péché, et ne pouvait se soutenir dans Télat de sa création qu'avec la grâce de Dieu. Abusé par trop de confiance dans ses propres forces, il consentit librement aux mauvais conseils du démon. Par sa chute, tous ses descendants en sont devenus les esclaves, et ils Tont été jusqu'à ce que le Seigneur nous eût rétablis dans notre premier degré de liberté. La prédestination des bons à la vie et des méchants à la mort éternelle ne nuit en rien à notre libre arbitre. Dieu a prévu que par sa grâce nous serions vertueux, ou que de nousmêmes nniis serions pervers. Quel inconvénient y a-t-il que, selon les divers mérites qu'il a prévus, il ait prédestiné les uns à la gloire et les autres aux supplices ? Sa prévision éternelle n'impose aucune nécessité aux bons ni aux méchants. Aussi l'on ne peut douter que par nos mérites et par nos prières, nous ne puissions obtenir une place parmi I«s prédestinés, perce que Dieu, en
i>rédestinant les bons, les prédestine de àçon à ce qu'ils obtiennent eux-mêmes cette préd«stins(tioit. Mâisilraut remarquer, qu'encore que notre libre arbitre soit exempt de contrainte extérieure, il peut bien de luimême vouloir le mal; mais il ne peut vouloir le bien que par une inspiration de la grâce de Dieu. Alger, dans ce traité, ne pro-
cède que par raisonnement, et n'allègue aucune autorité des Pères de TEglise m même de TEcriture qui ait un rapport direct à sa matière.
Alger avait composé beaucoup^ d'autres ouvrages et même des poèmes qui ne sont pas venus jusçju'è nous. On regrette surtout ses Lettrée à diverses personnes et à diverses églises, qui avaient pour objet des sujets très-importants, et son Histoire de F Eglise de Liége^ dans laquelle il s'était appliqué à réunir tous les documents qu'il avait pu se procurer sur son antiquité et se» privilèges, afin qu'k l'avenir quel({ues élèves inquiets et amateurs de nouveautés ne s'avisassent pas de contester i^es anciennes prérogatives.
ALINARD ou H^LTifuiDy archevêque de Lyon dans le xi* siècle, tirait son origine de la Bourgogne, où il naquitd'nne famille noble et distinguée. Son père était de Langres et sa mère d'Autun. Cette dernière ville fut probablement le lieu de sa naissance, puisque Vautier, qui en était évêque, le leva des fonts du baptême et prit soin de son éducation. Il fut mis ensuite sous la discipline de Brunon, évêque de Langres, qui Tadrnit dans le clergé de sa cathédrale. Mais Alinard renonça à la dignité qu'il occupait dans ce chapitre, pour se rendre à Saiotr-Bénigne de Dijon, où il se fit moine, sous la direction de l'abbé Guillaume. Ses parents le firent enlever de force, et promener par dérision; avec les habits de son ordre, afin que Thuroiliation qu'il en recevrait le fit changer de résolution. Alinard se raffermit au contraire dans ses premiers desseins, et devint successivement prieur, puis abbé de Saint-Bénigne, après la mort de Guillaume, arrivée en 1031. Sa sagesse et sa sainteté lui méri^ tèrent l'estime des rois Robert et Benri 1'% et des empereurs Conrad et Henri Ili, et lorsque le siège archiépiscopal de Lyon vint à vaquer, le clergé et le peuple de cette ville demandèrent Alinard pour leur archevêque. Le pieux et modeste abbé n'accepta cette éminente dignité que sur l'ordre qui lui en fut donné (>ar le pape Grégoire VI« en lOï^G. L'année suivante, if accompagila rempei;eur Henri, dans un voyage que ce prince fit à Rome pour y recevoir la couronne de l'empire, et, par son atfabilité et son éloquence, il plut extrêmement aui Romains, qui le souhaitèrent pour pape après la mort de Clément II; il se tint caché jusqu'après l'élection de Léon JX. Alinard accompagna le nouveau pontife, en France, à Rome^ au Mont-Cassin, assista k plusieurs conciles, entre autres à celui qui fut tenu contre les erreurs de Bérenger, et fut employé dans les négociations qui précédèrent fa paix entre les Normands et les habitants de l'Italie inférieure. Au. moment d'entreprendre un voyage en Alleiiiagne« le pape le pria de prendre part, jusqu a son retour, à l'administration des aifatresde l'Eglise. C*est dans ces ei:rconstaRces qu'Alinard mourut em^ poisonné, à ce qu'on a cru, par un mauvais évêque qui, ayant été dépose, était venu en cour de Rome solliciter son rétablissement*
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DÎCTiOSNAtRË DE PATROLOGtE.