‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 20 sur 105 · AL · texte numérisé non relu

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puis enfin archevêque de Salerne, fut un des hommes qui s 'illustrèrent le plus, au XI* siècle» par la publication d'ouvrages utiles à l*Eglise et à la société. Il était ]revétu de la dignité épiscopale dès Tan 1057, et assista au concile de Rome » sous le pape Nicolas II I en 1059. Il était philosophe» théologien, orateur et poëte, possédant parfaitement le sens des divines- Ecritures et les doçmes de la religion chrétienne. On a de lui les Actes du martyre de sainte Christine , et deux hymnes à sa louange ; un poème en l'honneur de saint Benolt« adressé a Pandulphe» évêque de Marsi; des hymnes sur sainte Sabine ; l'Eloge, en vers, des moines du Mont-Cassin avec l'Histoire de ce monastère; des Hymnes sur saint Maur, saint Matthieu, saint Fortunat, saint Nicolas ; un poëme, en vers héroïques» sur le martyre des douze frères de Bénévent; un sur l'église de Saint-Jean-Baptiste au Mont-€assin, et •quantités d'épitaphes pour des personnes recommandâmes par leur vertu ; un Discours sur le chapitre ix* de saint Matthieu ; un livre sur le mystère de l'Incarnation, un de l'union de l'ftme-avec le corps et un des quatre humeurs dont le corps humain est composé. La plupart de ces opuscules se trouvent dans le xll* tome des Annales de Baronius ; les autres n'ont pas encore été imprimés, et on dit môme qu'ils ont dis-

Kru de la bibliothèque du Mont-Cassin.

phane mourut en odeur de sainteté en

Il y eut un autre Alphane qui occupa le siège archiépiscopal de Salerne jusqu'en 1121. La Chronique de Bénévent, pumliée par Antoine Caraccioli, le fait auteur de plusieurs poèmes qui appartiennent évidemment à son prédécesseur ; mais les plus savants critiques reconnaissent qu'on lui doit au moins l'Epitaphe de Pierre Léon, trisaïeul de l'empereur Rodolphe r% et celle de Bernard , évéque de Préneste, rapportées toutes les deux par Baronius et Lambecius» aux années 1107 et 1111.

ALULPHE, qui vivait dans le xii* siècle, était moine de Saint-Martin de Tournay. A l'exemple de Paterius, il fit des extraits des ouvrages de saint Grégoire, pour en former un Commentaire sur 1 Ancien et le Nouveau Testament. II en composa trois recueils différents, auxquels il en sgouta un quatrième, 3ui ne contenait que des sentences tirées es mêmes ouvrages, et qui, au rapport d'Hérimane, moine du môme monastère, était très-utile. Il donna à ces quatre recueils le . titre de Grégorial. Dom Ceillier assure que, de son temps, ils existaient encore, écrits de la propre main de l'auteur, dans l'abbaye de Saint-Martin de Tournay. On n'en a publié que le troisième, qui est une explication des quatre Evangiles, des Actes des apôtres, des Epitres de saint Paul, de celles oue nous appelons Catholiques et de l'Apocalypse de saint Jean. Les deux autres regardaient les livres de l'Ancien Testament Il terminait le quatrième par deux

vers hexamètres, où il implorait les prières du saint docteur pour obtenir la paix et le 'repos de l'autre vie. Il ne s'en tient pas toujours aux termes de son modèle ; souvent il se contente d'en prendre le sens» et ajoute aussi ses explications.

ALYAR, était natif de Cordoue» et passait de son temps pour le plus grand docteur de l'Eglise d'Espagne. Il fait assez connaître lui-même qu'il était prêtre» ou au moins revêtu de (quelque dignité ecclésiastique qui le mettait au-dessus des diacres, puisqu'il écrit qu'en une certaine occasion il ordonna à un aiacre de son Eglise de lire une lettre de saint Epiphane où il était question des erreurs d'Origène et .de l'ordination d'un prêtre du monastère de^Jérusalem. Il était ami de saint Euloge» qui lui adressait ses ouvrages pour les soumettre à sa critique et à sa correction. On ne sait point au «ajuste l'année de sa mort, mais on ne peut douter qu'il n'ait survécu au moins d'un an à ce glorieux martyr de Cordoue, puisque, dans une hvmne composée à sa louange, il parle de la fête instituée dans l'Eglise de Coraoue, au jour anniversaire de son martyre. Ainsi on ne peut donc placer la mort d'Alvar avant le 11 mars de l'an 860, et peut-être n'arriva-t-elle que plusieurs mois après. Alvar avait composé plusieurs écrits ; quelques-uns se sont conservés, les autres sont perdus.

Lettre à saint Euloge^,, — Euloge, qui déférait en tout aux avis d'Alvar, et qui n'entreprenait presque rien sans avoir pris son conseil, lui avait adressé trois lettres : la première, pour l'instruire de sa captivité» qu'il n'avait encourue que pour avoir exhorté les chrétiens au martvre par ses instructions. Mais, dit-il, bien loin de s'en repentir, comme les ennemis de la foi l'espéraient, il venait de composer une instruction nouvelle pour deux vierges nommées Flore et Marie. Il prie Alvar de l'examiner et d'en polir le style avant de la leur envoyer. La seconde est pour l'informer du martyre de ces deux saintes filles et lui rendre compte de il'interrogatoire qu'elles avaient eu à subir avant la sentence de mort. Il avait apf>ris ces détails de la bouche même de Flore, orsqu'on la renvoya du tribunal à la prison. La troisième lettre accompagnait le premier livre du Mémorial des saints qu'il envoyait à Alvar. Comme il souhaitait vivement que cet ouvrage passât à la postérité, Euloge lui demandait en grAce d en corriger le style, en consentant à y «jouter par sa signature le poids et l'autorité de son nom

Alvar ne répondit qu'à la dernière de ces trois lettres, et sa réponse fut toute d'éloges et de remerclments. 11 trouvait réunis, dans les trois livres du Mémorial des saints^ et le style des apôtres, et l'éloquence des orateurs, et la narration des meilleurs histonriens de la Grèce et de Rome, et ne soufiîrait qu'avec peine que le saint eût soumis à son jugement et à sa censure un écrit qui D*a«

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▼ait pu être composé que par inspiration divine, et qui ne pouvait lamais être mis trop tôt entre les mains des peuples. — Sans doute c'était flatter saint Ëuloge, aux dépens de la vérité, que de comparer sa manière d*écrire à celle de Cicéron, de Tite- Live et de Démosthènes ; il leur était à tous de beaucoup inférieur, et pour le stjie, et pour la pureté du langage. Il écrivait dans un siècle où la bonne latinité était entièrement corrompue en Espagne, par le mélange des Arabes et des autres peuples barbares. Aus5i peut-on l'accuser avec justice d'avoir souvent confondu les senres, négligé les nombres, interverti l'orare des cas, en un mot péché contre les règles les plus simples de la grammaire et de la syntaxe ; mais ce qu'on ne peut refuser à ses écrits, c'est une onction qui n'est pas commune'; on y sent" respirer partout une Ame pleine de 2èle pouu" la foi, un cœur noble, généreux et avide du martyre. Il n'est donc pas surprenant qu'Alvar ne l'ait jugé que sur ces qualités, d'autant plus que, vivant dans le même siècle, il n'était pas entièrement à l'abri de ses défauts. La réponse qu'il adressa à Euloge n'est pas exempte de quelques taches, et il arriva plus d'une fois qu'en voulant s'élever jusqu'au 'sublime, son style ne réussit à atteindre que l'affeotalion. ^

Réponse à Aurile. — Alvar fut consulté aussi par un chrétien fervent nommé Aurèle, qui de concert avec sa femme, bien loin de fuir la persécution , convoitait au contraire avec ardeur la couronne qu'elle lui présentait ; mais toutefois, avant de la poursuivre ostensiblement, il désirait avoir son avis sur le zèle qu'il éprouvait pour le martyre. Alvar lui conseilla de se consulter longtemps lui-même sur les tourments qu'il aurait à souffrir; d'examiner s'il rechercnait plus le mérite du martyre devant Dieu que la gloire qui lui en reviendrait devant les hommes ; mais, après cet examen sérieux, d'obéir à la réponse de sa conscience.

Vie de saint Euloge. — Si le style de ses lettres pèche quelquefois par trop de recherche et d'affectation, en revanche il est plus simple et plus naturel dans l'Histoire de saint Euloge. Surius et BoUandus ont rapporté cette Vie à la date du 11 mars. On la trouve aussi en tète de ses ouvrages dans l'édition de Complut ; elle y est suivie d'une Epitaphe qu'Alvar fit mettre sur son tombeau, d'une prière par laquelle il implore son secours, en le faisant souvenir de leur ancienne amitié et d'une hvmne en son honneur que l'on devait coanter tous les ans, au jour anniversaire de sa fête. Personne ne conteste cette hymne à Alvar, et elle porte son nom dans plusieurs manuscrits. A la Vie de saint Euloge, Alvar joignit celle d'une de ses compagnes de prison et de martyre, sainte Léocritie, qui fut décapitée quatre jours après lui. 11 rapporte que le corps de cette sainte fille, ayant été jeté dans le fleuve Bétis, il en fut tiré providentiellement et enterré à Saint^ienest de

Testios. Ambroise Morales qui a recueilli ses ouvrages, attribue également à Alvar deux autres écrits ; l'un intitulé Livre des étincellesj composé des sentences des Pères, sur les vertus et les vices, et distribué par lieux communs. Il a été imprimé à BAle, sans nom d'auteur. L'autre porte le titre de Catalogue lumineux de ceux qui avaient été mis à mort pour la foi de Jésus-Christ. L'auteur n'a probablement prétendu réunir que les noms de ceux qui ont souffert le martyre à Cordoue, car c'est en cette ville que ce Catalogue fut dressé en 85^ ; on ne l'a pas encore rendu public. — Du reste, nous aurons occasion de revenir sur les écrits d'Alvar quand nous aurons à parler de la Vie de saint Euloge et de ses œuvres.

ALWALON, n'est connu que par une lettre adressée à un évêque, dont le nom n'est désigné que par un L. Cet évoque y est appelé souverain pontife^ titre qui se donnait quelquefois à d'autres qu'aux papes , comme on le voit par la Vie de saint Gérard , évoque de Touf, où Brunon , archevêque de Cologne, est qualifié de summus pontifex. Alwalon priait cet évêque anonyme de le faire absoudre de l'excommunication qu'il avait encourue. Sa demande lui fut accordée à de certaines conditions , que l'évoque notifia à l'abbé Hildric, que l'on croit avoir été abbé de Saint-Germain d'Auxerre.

ALYPIUS, curé de l'église des Saints-Apôtres, à Constantinople, témoigna de son zèle pour la fol h la naissance de l'hérésie de Nestorius. Nous avons de lui une Lettre adressée à saint Cyrille , et qu'il lui fit remettre à Ephèse par le diacre Candidien. Alypius félicite ce saint évêque sur sa constance à défendre la vérité , et sur le succès avec lequel il avait ramené à son culte la plus grande partie de ceux qui s'en étaient éloignés. C'est lui qui a fermé la gueule du dragon et terrassé 1 idole de Bel. Il lui attribue la foi d'Elie, le zèle de Pbinées, les vertus de Théophile, son oncle , et la gloire du martyre. En effet, i) l'avait méritée par des combats semblables à ceux que le grand Athanase soutint autrefois pour établir la consubslantialité du Verbe contre Arius.

Alypius eut part aussi à la requête pleine de force et de générosité que le clergé de Constantinople adressa h l'empereur Théodose , pour la liberté de saint Cyrille el la condamnation de Nestorius.

AMALAIBE (Fortunatos), d'abord moine de Madelac , fut fait archevêque de Trêves en 810, et rétablit , l'année suivante, la religion chrétienne dans la partie de la Saxe située au delà de l'-Ebre. C^est lui qui consacra la première église de Hambourg. En 813, il fut envoyé avec Pierre, abbé de Nonantulle , en ambassade à Constantinople , pour ratifier la paix que Charlemagne avait conclue avec l'empereur Michel Curopalate. L'année suivante, au retour de son voyage, il mourut dans son diocèse. On montrait encore, avant la révolution de 1798, dans la bibliothèque de l'église cathédrale de Trè-

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i)ICTIONNAiaE W PATRQLOq^

v<)s, un uAâuu$crit lioot Aioalaire fit présent à rabbaye de Saint-Euchaire, coonue depuis MUS le nom de Saint-Mathias » et , sur ce manuscrit» une inscription signée de la main même à^ cet évéque, où il défend à qui que ce soit, riche ou pauvre, savant ou ignorant, de l'enleveer h cette abbaye.

Nous avons d'imalàire un Trc^ilé du baptême^ imprimé parmi les OËuvres et sous le nom d'Alcuin. C'est une réponse à la lettre circulaire par laquelle Charlemagne avait consulté les métropolitains de ses Ëtats sur ce sacrement. Sn effet, Amalaire marque dès le commencement qu'il n'a fait cette réponse que pour ne pa$ désobéir aux ordres de ce prince, qu il appelle très-chrélien; mais que, ne se sentant pas assez de capacité pour résoudre par lui-môme toutes les difficultés proposées , il en avait cherché la solution dans les écrits des saints Pères. — Par suite de la désobéissance d'Adam , les hommes étant sous le joug du péché dès le moment de leur naissance , ils ne peuvent être délivrés que piar une seconde naissance qui se fait dans le baptême. Pour y être admis, il est donc nécessaire de savoir ce que l'on est auparavant , et ce que Ton devient par hi grâce de ce sacrement. Celui à qui 1 on donne cette instruction est appelé catéchumène, ou bien auditeur, parce qu'on lui af>prend ce qu'il doit croire et ce qu'il doit pratiquer, puisque la foi sans les œuvres f*st impuissante à lui procurer lo salut. Amalaire renvoie sur cet article au livre de saint Au-

Sfustin, intitulé : De i» maniire d» catéchiser es ignorants. Sur les questions suivanlea , il renvoie à l'Ordre romain. Il y avait d'ordinaire sept scrutins ou examens, dans lesquels on instruisait le catéchumène. Qn lui apprenait k faire le si^ne de la croix sur son front, à réciter l'Oraison dominicale et le Symbole que les apôtres composèrent entre eux avant de se disperser pour annoocer l'Evangile par toute la terre. Amalaire explique cette Oraison , le Symbole et toutes les cérémonies du scrutin , les exorcismes et les insufklations qui ont pour but de chasser )e démon. Le se! bénit, que l'on met dans la bouche du catéchumène, est pour le faire souvenir que ses paroles doivent être assaisonnées du sel de la sagesse. Amalaire n'omet aucune des cérémonies qui précé4ent, Ïui accompagnent , qui suivent le baptême, s'explique sur le baptême des enfants qui n'ont pas encore l'usage de raison , et il ne doute point qu'ils ne reçoivent tout l'effet de ce sacrement.

A la suite de ce Traité du baptême^ Amalairp met sa confession de foi , en insistant particulièrement sur les mystères de la Trinité et de rincaniation. 11 i^oute , pour répondre à la lettre de l'empereur Charles , qui souhaitait de savoir comment les archevêques et leurs suffragants instruisaient les peuples ; il scoute que, ne sachant si par sufiragaut il fallait entendre les prêtres , les abbés et les diacres , ou bien les évêques dépendant deTéglise métropolitaine, il n'avait osé interroger ces derniers ; mais qu'il

avait souvent averti les autres d*instruirQ le peuple de Dieu, et leur en avait enseigné la manière. — Amalaire avait également rédigé par écrit la relation de soa ambassade à Constantinople; mais ce livre, qui subsistait encore dans le x\' §iècle, n'est pas arrivé jusqu'à nous.

AMALAIRE (SthphoscI, qui ftit fueoessivement diacre , puis prêtre de TEglise de Metz, à laquelle il appartenait par droit de naissance , ensuite abbé de Hornbac , au même diocèse, avait étudié sous Alcuin, et eut ensuite , sous Louis le Débonnaire, la direction des écolesdu Palais. Chorévêque du diocèse de Lyon, puis de celui de Metz, on prétend même qu'il fut revêtu de la dignité episcopale , mais ce point d'histoire parait d'autant moins prouvé , que le siège qu'on lui donne était occupé par Agobard , archevêque de Lyon , de son temps. 11 assista en 8*25 au concile de Paris, qui le députa en cour pour y porter, avec Halitgaire , Tou- Trage de cette assemblée sur le culte des images. Quelques auteurs lui attribuent l'ouvrage qui parut, en M7, en faveur du sentiment d'Hinemar de Reims , sur la prédestination; mais il parait très-vraisembhible qu'Amalaire était mort depuis au moins dix ans quand cet ouvrage parut. Il passait pour le plus savant homme de son siècle dans la liturgie, et la lecture de ses ouvrages est bien propre à lui confirmer cette réputation. On a de lui plusieurs écrits dont le principal est, sans contredit, son traité des Offices ecclésiastiques. Nous allons dire un mot de chacun, pour essayer d'en donner une idée h nos lecteurs.

Règle pour les chanoines. — l«e premier des écrits d'Amalaire, par ordre de date, est la règle qu'il composa pour des chanoines. L'empereur Louis en fil envoyer un exemplaire à toutes les églises cathédrales de son empire, avec ordre de l'observer, suivant la prescription arrêtée dans le concile ,d'Aixla-Chapelle. Ce prince écrivit à ce si^jet à tous les métropolitains. II nous reste encore trois de ces circulaires adressées , l'une à Magnus, de Sens, l'autre à Sicarius, de Bordeaux, et la troisième à Arnon, de Salzbourg. Cette règle fut observée, jusqu'au xi* siècle, dans la plupart des églises cathédrales et collégiales de France. Elle est divisée en 145 articles, mais il n'y a que les 113 premiers qui soient réellement d'Amalaire; en core ne sont-ce que des extraits des Pères et des conciles sur les devoirs des évêques et des clercs. Ces extraits finissent par les deux sermons que saint Augustin a faits sur la vie commune. Les autres articles, h partir du li% sont tirés textuellement du concile d'Aix-la-Chapelle, en 818, ce qui, joint à l'approbation donnée pf^^ ce concile, la fit passer sous son nom. Cette règle, avec une autre pour les religieuses chanoinesses, ne peut pas être contestée à Amalaire, qui les composa avec le secours des livres que l'empereur lui fit fournir de la bibliothèque du palais.

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Des Offices ecclésiastiques. — Ce traité est dirisé en quatre lirres. On Ta quelquefois attriboé à Amalaire, archeyèquo de Trères , mais on est revenu de cette erreur , et on eonyient unanimement qu'il est d'Amalairey diacre on prêtre de Metz, sous le nom duquel il est cité par Adhémar. il le dédia en 820 k Tempereur Louis le Débonnaire, qui l'envoya examiner à Rome, en 827. Anîalaire profita des 1umîères*du saint-siége pour corriger son ouvrage, dont il publia luimême une seconde édition à son retour.

Le premier livre traite des fêtes mobiles de tonte Vannée, en commençant au dimanche de la Septuagésime. Il marque en détail les introîts, les épîlres et les évangiles de toutes les messes; ce sont les mêmes que nous disons encore. On avait coutume, depuis le jour de Pâques jusqu'au mercredi de la Quin-

Sua^ime , de célébrer la messe k Theure e Tierce . mais à partir de ce jour , qui inaugurait le carême, et pendant toute la durée du jeûne, on ne la célébrait qu*à l'heure de None. Il fait remarauer qu'on ajoutait une leçon tirée d'Ézéchîel , et un répons k la messe du mercredi de la quatrième semaine de carême, parce que c'était en ce jour-lk que les prêtres touchaient de leurs doigts les oreilles et les narines des catéchumènes, ou'îls leur expliquaient le eommencement des quatre Evangiles, et leur distribuaient rOraison dominicale et le Sjmbole pour les réciter le samedi saint. Il explique la cérémonie des rameaux et les offices des autres jours de la semaine sainte, qui se célébraient comme nous le faisons encore aujourd'hui ; seulement, au vendredi saint, le prêtre comrauBiait le peuple après s'être communié lui-même, avec l^ostie consacrée la veille. On ne disait point de messe le samedi saint, elle était réservée k la nuit suivante , k laquelle tout l'office du jour était renvojé. Saint Jérême rapporte comme une tradition ttI)ostol{que, que la veille de Pâques il n*était pas permis de congédier le peuple avant minuit. Xe même jour, Tarcbidiacre de Rome faisait les amus Dei de eire mêlée d'huile, que le pape i>énissatt, et que l'on distribuait au peuple, k l'octave de Mques, pour les brûler et en parfumer leurs maisons, en souvenir de leur communion. Il parait qu'on faisait un même usage du cierge pascal , après qu'il avait été béni par le diacre, et qu'il avait aervi pendant la semaine de Pâques. La for^ mule de cette bénédiction était 1 f!xuUet que nous chantons encore dans la même cérémonie. Hle était suivie des leçons que nous appelons prophéties , et du baptême des catéchumènes. La veille de Pâques , on l'administrait la nuit, au Heu que la veille de la Pentecôte on baptisait k None, c'est-k-dire k trois heures après midi. Nous ne rapporterons point ce qu'il dit des autres cérémonies du baptême, des onctions qu'on hisait aux catéchumènes, et de l'habit blanc dont on revêtait le baplisé ; nous remarquerons seulement que pendant la semaine de Pâaues, or conduisait tous les jours k l'église les née |A jtes précédés du cierge pascal » et que ,

depuis ce jour jusqu'k la Septuagésime, on chantait les dimanches et les Ifttes AlMwim k la fin des répons. On jeûnait les trois jours qui précédaient la fête de TAseenaion^ et eea jours étaient employés à faire dês iwières

Imbliquesetdes processions; maison France, a coutume de jeûner ne subsistait d^k nias du temps d'Amalaîre. Il décrit l'office cta la veille et du jour de la Pentecôte, et finît son premier livre par une remarque sur la messe des saints Innocenta , qui se célébrait sans Gloria in exeeisis^ ni Aihluia^ pour ne point mêler des chants de joie aux gémissemenla et aux lamentations des mères qui pieu* raient leurs enfants massacrés par Hérode. 11 remarqua encore gu'on cessait de se don ner le baiser de paix depuis Je jeudi de la cène du Seigneur jusqu'au jour de Pâques , afin de ne pas participer au baiser de ludaa, ni k la trahison des Juifs.

Le second livre traite du jeûne des Quatre- Temps, des leçons que l'on diten ces îoura, des différents ministères de l'Eglise, depuis les clercs jusqu'aux évèques, et des divers ornements qu'ils doivent employer dans l'exercice de leurs fonctions. Autrefois, dans TËglise romaine, on lisait six leçons en grec et en latin , au jour de Tordioation » c'estk-dire, le samedi des Qoatre-Tempa. Il remarque que de son temps cet usaçe s'observait encore k Conatantinople , et il en donne Kur raison que cette lecture dans les deux igues marquait l'union qui existait entre les deux Eglises. Il donne plusieurs définitions du nom de clercs; if décrit la forme de la tonsure, et il remarque que saint Paul ne comprenait que les prêtres et les diacres au nombre des ministres de l'Eglise , parce qu'ils sont les seuls absolument nécessaires; mais il fait oi>server en même temps que l'Apôtre était bien éloigné d'en exclure les évoques, qui ont reçu la plénitude du sacer^ doce. Dans la suite <îes temps, l'Eglise s'étant augmentée , le service ecclésiastique s'est aussi multiplié. De ik l'origine des sous-diacres et des autres ministres inférieurs. Amalaire marque les offices de chacun et les rites de leur ordination , k peu près comme nous les retrouvons encore dans le Pontifical. Il dit que les archevêques portent le pat» iium par clessus tous leurs ornements, comme autrefois le grand prêtre, chez les Jkiifs, portait seul une lame d'or sur son front ; le pallium sert k distinguer les archevêques des évoques.

Le troisième livre est consacré k expliquer l'ordinaire de la messe, et toutes les prières et toutes les cérémonies qui étaient en usage dans les messes solennelles. On app'*idit les fidèles k l'Eglise par le son d'une cloche ; c'était aux prêtres k la sonner, et il n'y avait rien de basdans cet office, puisqu'en l'exerçant, ils nefaisaient qu'imiter les enfants d'Aaron. On donnait aux Elises le nom de basilique, parce qu'elles servaient au culte du Dieu roi. Amalaire entre dans tin grand détail de tout ce qui se faisait pendant la liturgie; il explique le canon de la messe, et remarque que ces paroles : Dies^

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que nostroi {n tua pace disponas y ont été ajoutées par saint Grégoire. Voici comment il s'exprime sur le mystère de la transsubstantiation y « Nous croyons aue la nature simple du pain et du vin mêlé d eau se change ici en unenature raisonnable, celle du corps et du sang de Jésus-Gbrist. » Il joint le terme de raisonnable k celui de nature , par allusion à ces paroles du canon de la messe : Oblationem rationabilem^ qu'il venait d'expliquer. « O grande et admirable foi de TEglise sainte, reprend-il, qui voit de ses yeux ce que les mortels ne voient point , parce que cette foi leur manque 1 Elle voit ce qu'elle doit croire, quoiqu'elle ne voie point encore ce qu'il est en sa forme. Elle croit

3ue le sacnRce présent est porté par la main es anges devant la face du Seigneur, et qu'il doit cependant être mangé par la bouche de l'homme ; car elle croit que c'est le corps et le sang de Jésus-Christ, et que les Ames de ceux qui le mangent sont par cela même remplies de bénédictions célestes. » Des témoignages si formels de la foi d'Amalaire sur la transsubstantiation auraient dû le mettre à l'abri de tout soupçon d'erreur , et lui faire Pardonner quelaues expressions impropres, hasardées dans rexplication de ce mvstère. N'est-ce pas admettre la présence réelle que d'affirmer que l'Eglise fait réciter à haute voix l'Oraison Dominicale , au canon de la messe, afin que cette prière nous purifie de nos péchés avant la participation du corps et du sang de Notre-Seigneur, de peur que nous ne mangions indignement le corps et le sang de Jésus-Christ? Amalaire remarque que les diacres, avant de participer à ce sacrement, lavaient leurs mains, et que chaque fidèle doit en faire de même avant la communion ; il observe aussi que la dernière oraison qui se dit aux messes du carême, après la postcommunion, et qui commence par ces mots : Humiliate capita vesrtra Deo , est une bénédiction pour ceux qui n'ont pas communié. De son temps on célébrait trois messes le jour de la saint Jean- Baptiste, et, comme aujourd'hui, aux messes des morts on supprimait le Gloria in excelsiSf V Alléluia , et le baiser de paix. Le quatrième livre est consacré à mar-

3uer toutes les heures canoniales du jour et e la nuit, et les prières assignées à chacune pour tous les jours de la semaine. On y trouve les offices des Matines du dimanche, depuis Ja Septuagésime jusqu'à Pâques, et les particularités des quatorze JAurs que l'on compte depuis le dimanche de la' Passion jusou'à celui delà Résurrection.— Amalaire répète quelque chose de ce qu'il avait déjà dit sur certames fêtes ou cérémonies de l'année, et rapporte, au sujet des Grandes Litanies ou Rotations, ce qu'on en lit dans les écrits de samt Grégoire le Grand. 11 parle encore des octaves des principales fêtes de l'année et de l'office de l'A vent; .des obsèques et des offices des morts que l'on faisait aux troisième, septième et trentième jours. 11 dit qu'en certains endroits on priait pour les morts, en tout temps, aux offices du ma-

tin et du soir, excepté aux jours de la Pentecôte et autres grandes solennités; qu'il y avait des Ubux où Ton célébrait, cnaque jour, une messe pour le repos de leur Ame, et quelques-uns même où l'on chantait ua office composé de neuf psaumes, de neuf leçons et d'autant de répons, au commencement de chaque mois. — Tel est le résumé succinct de cet ouvrage, dont le but est de rendre raison des prières et des cérémonies qui composent l'office divin. Le livre est utile et curieux ; n^ais il vaudrait tout autant si l'auteur s'était moins arrêté à rechercher les sens mystiques. — Agobard et Florus, l'un archevêque et l'autre diacre de Lyon l'attaquèrent vivement. Quelques expressions nouvelles sur l'eucharistie fournirent matière à l'accusation qu'ils lui intentèrent au concile de Thionville, qui donna gain de cause à l'auteur, et au concile de Quercy , qui jugea l'ouvrage dangereux. Quoiqu'il en soit, cette sentence ne diminua en rien l'estime dont il jouissait.

Antiphonier. — Le but d'Amalaire, dans cet ouvrage, est de concilier le rite romain avec le rite gallican. Ce n'est qu'une compilation des Antiphoniers de Rome et de France, dont il nt un tout, en les corrigeant les uns sur les autres; mais afin que l'on connût, et l'exactitude de son travail, et les sources où il avait puisé, il imagina de mettre à la marge un R, pour indiquer qu'il suivait l'Antiphonier romain, et un M, quand il ne faisait que copier celui de l'Eglise de Metz. Dans les endroits où il s'écartait de ces deux Antiphoniers, il mit en marge un I et un C, comme pour prier qu'on usât envers lui d'indulgence et de charité. Il fut aidé dans son travail par un prêtre savant et studieux, nommé Elisagor, qui fut depuis chancelier de l'empereur Louis et abbé deSaint- Haximin de Trêves et de Centule. Amalaire, craignant qu'on ne lui reprochât de mêler, dans un même ouvrage, les usages des diverses Eglises, prévint cette objection, en rapportant dans sa préface la réponse du pape saint Grégoire à saint Augustin, apôtre d'Angleterre, quand il lui permit de prendre tout ce qu'il trouverait de mieux, soit dans les coutumes de l'Eglise romaine, soit dans celles des Eglises de France ou de toute autre Eglise, pour l'édification de celle d'Angleterre, parce que encore que la foi soit une partout, les usages ne sont pas partout les mêmes. L'Antiphonier d'Amalaire est composé de quatre-vingts chapitres, dans lesquels il marque en détail les antiennes et les répons de toutes les fêtes de l'année. Le treizième traite en particulier des sept antiennes qui se disent dans les sept derniers jours de l'avent et qui commencent par un O. Amalaire en explique le sens, et suit cette méthode dans tout le reste de l'ouvrage.

Sur l'office de la messe, — Mous avons encore, sans le titre d' Egloaue^ un traité sur l'office de la messe. Amalaire s'attache particulièrement à décrire l'ordre que l'on suivait à Rome dans la célébration des saints mystères. U distribue l'office de la messe en

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quinze parties» et donne % chacune une ex-

ftlication qui n'est rien moins que littérale. 1 dit, par exemple, que tout ce qui se passe dans cet office, jusqu à la lecture de TEvangile exclusivement, regarde le premier avènement de Jésus-Christ jusqu au temps où il se rendit à Jérusalem pour j souffrir la mort; que Tépltre appartient-à la prédication de saint Jean, etc.. iLes autres explications sont dans le même goût. Ainsi l'avantage de ce livre, comme de tous les autres du même auteur, consiste dans l'assurance qu'il nous donne que les prières et les cérémonies de la messe et des autres offices, tels qu'on les célébrait de son temps, sont les mêmes qui se trouvent marquées, soit dans le Sacramentaire de saint Grégoire, soit dans l'Ordre romain ; de sorte que son témoignage nous suffit pour justifier l'antiçiuité de notre liturgie. La messe qu'il décrit dans son Eglogue est la messe pontificale.

Leiires d^Amalaire. — Il nous reste quelques lettres qui nous sont parvenues sous le nom d'A malaire. D'abord, une à Jérémie, archevêque de Sens, et une autre à Jonas, évéque a 'Orléans; la première, pour savoir comment on devait prononcer le nom de Jésus ; la seconde, pour fixer la véritable abréviation de ce nom divin. En France, la plupart prononçaient Gisus; mais après un voyage de Charlemagne à Rome, la prononciation de Jésus devint universelle; seulement Amalaire pensait que ce mot exigeait une aspiration et devait s écrire ainsi : Jnesu. — Il y avait deux manières aussi d'abréger le même nom. Les uns l'écrivaient JHC et les autres JHS; Jonas répondit que, comme on abrège le nom de Christ par ces deux lettres X et R, on devait abréger celui de Jésuspar celles-ci JHS. — La lettre à Rantgaire, évè- (jue de Noyon, touche à une question plus importante. Ce pontife avait demandé à Amalaire comment il entendait ces paroles dont Jésus-Christ se servit pour l'institution de l'eucharistie : Ceci est le calice de mon sang^ du nouveau et étemel Testament, le mystère de la foi. Amalaire répondit qull y avait eu aussi un calice de l'Ancien Testament, et qu'il en est parlé dans le xxiv* chapitre de 1 Exode. Suivant lui, c'est le calice que le Seigneur a consommé dans la cène, et il s*appuie sur ce passage où saint Luc dit, après avoir parlé du môme mystère : Désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne^ jusqu à ce que le règne de Dieu soit arrivé: Le calice de l'Ancien Testament regorgeait du sang des animaux sans raison, et n'était que la figure du sang de Jésus-Christ. C'est Jésus-Christ lui-même qui nous a donné le calice dans lequel nous buvons son sane, lorsqu'il ajoute, après la Cène : Cest ici le calice de mon sang, du nouveau et éternel TeS' tament , lequel sera révandu pour vous et pour plusieurs^ pour la rémission des péchés. Amalaire pouvait-il marquer, en termes plus clairs et plus précis la présence réelle, qu'en disant que nous buvons dans le caÛce le vrai sang de Jésus-Christ, le m^me qui est sorti de son côté ?

Lettre sur le carême. — La dernière lettre attribuée à Amalaire est intitulée : De Vob^ servation du carême. On n'y voit aucune forme de lettre, et elle n'est adressée à personne; le commencement même fait voir qu'elle est la suite de quelque traité de morale et de discipline. Amalaire y reprend un abus assez commun touchan t l'heure de rompre le jeûne en carême. Plusieurs s'imaginaient qu'on pouvait le rompre aussitôt qu'on avait entendu sonner l'heure de None. Ceuxlà, dit-il, ne sont pas censés jeûner, qui mangent avant la célébration de l'office. 11 faut aller à la messe, et lorsqu'on l'a entendue, qu'on a assisté à l'office du soir et fait l'aumône, on peut prendre son repas. Si quelqu'un, par un légitime empêchement, ne peut venir à la messe, il ne lui est permis de rompre son jeûne qu'à l'heure où finit l'office du soir, et après avoir fait sa prière. Tous les fidèles, excepté ceux qui sont excommuniés, doivent recevoir les sacrements du corps et du sang de Jésus-Christ tous les Dimanches, le jeudi de la Cène, le samedi saint, le jour de la Résurrection et tous les jours de la semaine de PAques. 11 faut donc avertir le peuple de ne pas s'approcher indifféremment du corps et du sang du Seigneur, mais aussi de ne pas s'en abstenir trop longtemps; de s'y préparer par la continence, pBT l'aumône, parla prière, par la pénitence qui rachète les fautes, et par la pratiaue de toutes les vertus qui achèvent de puriner les Ames.

Tels sont, en résumé, les écrits d'Amalaire Symphose, écrits auxquels la critique n'a rien enlevé, ni de leur orthodoxie, ni de l'estime que l'Eglise leur accorde depuis le IX* siècle. On les retrouve dans le Cours com-^ plet de PatrologiCj où M. l'abbé Migne a réuni tous les ouvrages des Pères et des écrivains ecclésiastiques. Amalaire mourut, en S37, à Saint-Arnoult de Metz, où l'on voyait son tombeau et où il était honoré comme saint.

AMAND (saint), naquit, non loin des plages de l'Océan armoricain, au pays d'Herbauges, qui faisait alors partie du royaume d'Aquitaine, de parents également distingués'par leur naissance et par leur Vertu. Après avoir consacré les premières années de son enfance à l'étude des belles lettres, il quitta la maison paternelle, se retira dans une lie, que l'on croit être aujourd'hui Tile d'Oye, et prit l'habit religieux dans un monastère situé à quarante mille des côtes de la France. Au bout de quelques mois de profession, il obtint de son supérieur la permission de voyager pour la cause de l'Evangile. Il fut un de ces hommes apostoliques qui portèrent les lumières de la fol dans ces parties de nos

{provinces qui étaient encore plongées dans es ténèbres de l'idoUtrie. Après avoir parcouru successivement toutes les provinces de la France, semant le bon grain de la parole et faisant germer partout des chrétiens sur ses pas, il se rendit à Rome, où il reçut le titre d'évôque régionnaire, revint par It Belgique, fonda deux monastères à Gand :)i

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un troisi^^ )i ]:..noDe, qui porte eocore aujourd'hui soii nom, puis traversa le Danube et alla fixer son siège à Utrecht, qu'il gouverua pendant quelques années en qualité d'évôque. )| fit le plus grand honneur à son épiscopat tant par sas prédications que par son ?èle h étendre l'ordre monastique. Son mérite était si généralement reconnu, que le pape saint Martin le choisit entre tous les autres prélats de l*£;$Usc gallicane, pour lui adresser leç 4<^tcs de son concile, contre les monothélites, atin qu'il les communiquât ^ ses confrère^ dans Tépiscopal. Il en reçut également des livres qui r<ndèrent à développer les bonnes éludes dans les monastères qu il avait fondés, S:i vie fut constamment parlagée entre les soins de ces monastères et les travaux de la prédication. Dieu honora ses dernières années du don des miracles, et il mourut en 679.

On a de lui une Charte par laquelle il fait don à Tabbé André d*un terrain pour y bâtir un monastère. Cet acte est daté de Laoo, le 18 des calendes de septembre, la cinquième année du règne de Cliildéric, et écrit tout entier de la main du diacre Rado-r bert, à la prière du saint donateur.

Quelques années avant sa mort, Baudemond, prêtre et moine d'Elnone, qui devint plus tard Thistorien de sa vie, fut choisi par saint Amand pour écrire le testament par lequel il demandait à être enterré au milieu de ses frères, dans sou monastère d'EInone. Il en existe encore un ancien exemplaire, en tête duquel est une gravure où sont représentés les témoins qui le souscrivirent. Ces deux pièces ont été reproduites, dans 1q tome LXXXVII* du Cours complet de Patro- Jayte publié par M. Tabbé Migne, Paris, 1851, et elles sont suivies de deux Hymnes en l'honneur du saint apftlre.

AMANO, surnommé de Castello, d*abord chanoine de Téglise de Tournay, ensuite moine de Tabbaye de Saint-Martin, dans la mémci vil|^, (Ionisait vers Tannée U13 et les suivantes. Devenu prieur d'Anchin, il ne (it

Ju'y passer, et lut enfin nommé abbé de iarçhienne, dont il ûl restaurer Tabbaye ; car^ d'après le témoignage d'Hérimann, \\ la trouva aussi dépourvue d'édifices et de richesse^ que d'esprit religieux; ce que Jean Beuzehn, dans sa Galloflaniria. atteste par une foule de documents tirés de l'histoire de cette époque. Dans le temps qu'il était encore prieur d'Anchin, il écrivit en forme de lettre, l^a vie et la viiort du vénérable Odout évé^\^e de Cambrai, ouvrage dont le double manuscrit s'est longtemps conservé dans la bibliothèque de ce monastère et dans celle de Saint-Aiartin de Tournay. Arnold Baissius l'a publié pour la première lois dans sa Belgique chrétienne, en 163i. Gérard Yossius fait menliqn de cet écrit dans le iV livre de ses Uistorien$ latins. Comme le véliérable évoque de Cambrai mourut dans c >t . exil d'Anchin le 13 des calendes de juili let 1119 ou 1120, on se croit fondé à co ntlure qu'Amaad de CastQllo écrivit sa lettre

S eu de temps aprè^ et que par conséquent vivait à la même époque. Son ouvrage est reproduit dans le Cours complet de Patro^ logiez

AiîAUBI, naquit à Nééle, ai^ diocèse do Noyon, vers le milieu du %.}}' siècle. Il est un de ceux qui, ayant passé en Orient à la faveur des croisades, y remplirent les premières dignités ecclésiastiques. Il fut le septième patriarche latin que la France donna à l'Eglise de Jérusalem. Ses écrits ont été reproduits dans le Cours con^lel dePalrolo^ gie de M. Tabbé Migne.

AMBLARD, moine de Fleury, et ensuite abbé de Solignac, à la prière du roi Robert, et d'Hervé, trésorier de Saint-Martin de Tours, fit copier la Vie de saint Eloi, dont les exemplaires étaient devenue fbrl rares. Il vérifia lui-même cette copie, et l'adressa à Hervé, avec une lettre dans laquelle il lui rend compte de son exactitude, et le prie de la faire passer au roi Robert. Dom Mabillon a fait imprimer la lettre d'Amblard au livre LU de ses Annales. Amblard vivait dans le X* siècle, mais on ne peut préciser ni sa naissance, ni sa mort.

AMBROISE (saint), naquit vers Fan SiO.

Son père, qui se nommait Ambroise luimême, et qui comptait ides consuls parmi ses ancêtres, était préfet du prétoire, une des premières diçnités de Vempire; et comme préfet particulier des Gaules, il résidait à Arles, a Lyon ou à Trêves, mais plus souvent dans cette dernière ville, ce qui portée croire qu'Ambroise y vint au monde. Les présages qui avaient signalé la naissance de Platon se renouvelèrent autour de son berceau, et, l'on peut dire que jamais docteur de l'Eglise ne s'approcha autant du Çrand philosophe de l'antiquité, par la douceur du style et le charme particulier du discours. On raconte qu'un essaim d'abeilles couvrit son visage, pendant qu'il dormait dans la cour du prétoire, et qu'après avoir pénétré jusque dans la bouche de Tênfint, elles voltigèrent quelque temps autour de lui, et disparurent dans les airs. Sa famille crut dès lors qu'il était appelé h quelque chose de grand. On dit encore qu étant à Rome, où sa mère et sa sœur s'étaient retirées après la mort de leur père, il leur présenta, un jour, sa main à baiser, en disant qu'il deviendrait évoque. L'éducation d'Ambroise fut celle qu'on donne aux enfants de son rang, et elle justifia toutes les espérances qu'avaient fait naître ses premières années. Les maîtres les plus habiles lui enseignèrent les sciences, et il futforméàla vertu par les leçons, et surtout par les exemples touchants de sa mère et de sa sœur, 3ainle Marcelline, qui avait reçu des mains du pape Libère le voile des vierges. Sps études terminées, Ambroise quitta Rome et vint îi Milan avec son frère Satyre. Ils suivirent tous deux la carrière du barreau, et Amproise y débuta avec tant de succès, que Petronius Probus, préfet d'Italie, le mit au nombre de ses assesseurSj^ et rétablit, peu

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49 temM mkh |0UT9nxôur dQ9 province^ consulaires de la Ugurie, dont Milaa était la (aétro()oIe. L'wper eurValenliaien çopQrma ce choix» en y ajoutant la dignité au consulat. C*esl alors qu'au départ d'An^broise pour prendre possession de son gouvernement, le préfet Probus lui dit : AUez^ etagisicz, nofi en.juge^ maw en évfque. Ce vertueux magistrat avait vu avec peinela ^éyérilé dont usaient la plupart des gouverneurs» à rèxemple de Valenlinien. Ambroise retint d'autant plus aisément ceUe belle leçoui qu'elle convenait mieux à la bonté de son caractère^ Sa douceur lui gagna les peuples, et la sagesse qu*il fit paraître dans son administration lui acquit tellement leur estime, qu'ils pensèrent à faire de leur gouverneur leur evêque. Auxence, que les ariens avaient placé sur }e siège de Milan, après en avoir eloi jué saint Denis, venait dé mourir : les évéques de la province s'étaient assemblés et délibéraient sur le choix d^uq successeur. Les catholiques et les ariens demandaient, les uns et les autres, un évoque de leur crojance; une sédition violente s'était élevée; on était sur le point d*en venir aux mains» lorsque Ambroi§e ^e rcpdit à l'Eglise

Jour faire cesser le tumulte; son éloquence mut tous les cœurs. On dit qu'un enfant s'étant écrié : Ambroise évéquel \xn cri unanime se fit entendre, et que tous, ariens et catholiques, le demandèrent pour pasteur^ Ambroise, étonné et interdit, sort de l'église et ne songe qu^aux moyens d'éloigner de lui le fardeau redoutable qu'on veuflui imposer. 11 ne néglige rien pour s'en faire (déclarer indigne ; mais, voyant qu'il q'y avait plus de résistance possible, il se soumit et accepta la charge de p4s(eur, U n'était encore que catéchumène, mais son élection ayant passe pnur miraculeuse, ox\ lé îlispensa des re^^les ordinaires ; il fut baptisé par un évèque catholique, le 30 de novembre de l'an ^k; il reçut tous les ordres, dans le cours d'une semainç, çt (ut consacré évoque, huit jours après son baptême, le 7 de décembre, jour auquel les Grecs et les Latins célèbrent encore ^qjqurd'hui l'anniversaire de son ordination'

Ambroise, élevé ^l^épiscopat d'une mani^rt) aussi extraordinaire, ne tarda pas i r^pandr§ au loiu Téclal des plus sublimes ve^t^s• Saint Basile, du fond de l'Qrient, s'estimait heureux de correspondre avec lui, et les deux jeunes empereurs Gratien et Valentinien le regardaient comme leur père ; Justine elle-même, malgré son attachement k 1 arja^ Disme, révérait Ambroise, et eut souvent recours à lui dans des conjonctures difliciles ; mais, méconnaissant, plus tard* le^ services dont elle lui était redevable, elle profita de la paix qu'il avait rendue à l'empire, par son traité avec le tyran Maxime, pour lui susciter mille traverses, en exigeant de lui qu'il permit aux ariens d'avoir une église à Mil^n. il eut à lutter, pendant plusieurs années contre l'audace et l'intrigue des sectaires, contre les menaces et les persécutions de Wut genre i mais le cieli tQvjyoura favorable

aux pieux desseins de cet intrépide défendeur de la foi, lui accorda enûn un triomphe 3U0 promettait sa fermeté et que faisaient ésirer ses vertus. Dès lors Amoroise ne fut f)lus inquiété au sujet de l'arianisme ; il proila du repos dont il jouissait pour travailler h plusieurs ouvrages utiles. Il ramona h la fol catholique un grand nombre d'ariens et

fiusicurs autres hérétiques, et il enfanta h ésus-Christ le célèbre Augusiin, qui de- (mis fut une des plus grandes lumières de 'Eglise. L'animositô de l'impératrice Justine le força souvent, pour échapper à la perséculiofj, de se retirer dans son église comme dans un lieu d'asile : les fidèles de Milan avaient coutume de 1 y suivre, et il passait la nuit à les exhorter et è prier avec eux. Ce fut |i cette occasion qu'il établit Tusage de chanter les hyumes et les psâumes sur un mode rhythmé qu'il emprunta aux Eglises d'Ûrient. Ce fut au^si dans ce tempslà que Dieu, pour le consoler dp ^^^ épreuves, lui révéla le lieu oui étaient ensevelis les corps des saints mart vrs Gervaîs et Prêtais, dont la tre^nslation fut une fête publique qui fit oublier à la ville de Milan tous les maux de la persécution.

Cependant la paix conclue avec Maxime n'était qu'une trêve : ce tyran menaçait de

fiouveau l'Italie, et Ambroise, députe vers ui par l'impératrice Justine, ne put» pour cette foi$, garantir cette contrée da son invasion, 'Théodose, successeur de Valens, après plusieurs victoires remportées sur Maxime, qui fut tué en 388, rétablit Valenlinien dans ses Etats et dans ceux que Gratien avait occupés. U vint k Mibo» et fut reçu par Tévèque et parle peuple comme un libérateur. Mais deux ans s'étaient à peine écoulés, depuis ces heureux événemenls, que le cœur du saint pontife fut déchiré par la nouvelle du massacre de Thessalooique, ordonné par Théodose. Ambroise, qui avait obtenu autrefois la grAœ des habitants de cette ville, apprenant la manière terrible dont ils venaient d'expier cette seconde sédition, fut accablé de la plus profonde douleur. Dans son premier chagrin, il s'abstient d'écrire à Théodose, qui avait quitté Milan quelques jours avant d'ordonner le massacre. Il sort lui-môme de la ville, souffrant et malade, et va se livrer, dans )e silence de la campagne, au regret de n'avoir pu empêcher Vexccution de cet ordre barbare. Enfin, au bout de quelques jours, il écrit k l'empereur une letttre touchante, où il lui représente l'énormité de son crime, et lui dit que le péché ne s'efface que par les larmes. Tout le monde connaît la fermeté de saint Ambroise ; personne n'ignore la pénitence de Théodose; et 'depuis quinze siècles, l'univers catholique tout entier ne sait ce qu'il doit admirer le plus, ou du repentir au monarque, ou du courage du pontirc. Théodose, réconcilié avec l'Ei^lise après huit mois cje pénitence, fut toiiùtjurs, depuis, l'ami de saint Ambroise, qu'il eut pour panégyniste après sa tiioii. Cependant le zèle de la foi, les fatigues de l'épisGOjpAty les 4ouleura de la perséeutioni

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avaient ayancé pour lui TAge de la yieille.«se: il tomba malade vers le mois de* février de Tannée 397 ; son troupeau, alarmé pour ses jours, renvojraconjurerd'en demander àDieu la prolongation. On regardait l'Italie comme menacée d'une ruine totale par la mort d'un évêque respecté des barbares eux-mêmes, chéri du peuple, des jprinces et des empereurs, et dont l'autorité imposait aux méchants, et étendait le règne de la vertu. Le vendredi saint, troisième jour d'avril, le saint évèque, malgré les fatigues d*une maladie longue et rigoureuse, demeura en prières depuis cinq heures du soir jusqu'après minuit, heure à laquelle il expira, âgé d'environ cinquante-sept ans, après avoir pccupé Eendant vingt-trois années le siège de Milan, on corps fut porté dans la grande église de cette ville, que l'on nomma aepuis Basilique Ambrosienne. Il s'était montré toute sa vie doux, compatissant, affable, sensible à l'amitié, modeste, ennemi du faste et de la Î;randeur, et n'usant de son crédit que pour 'avantage des autres ; et cependant, comme nous l'avons vu, capable de porter la fermeté et le courage de sa foi, jusqu'au dé* vouement, jusqu'au sacriOce, et, au besoin, jusqu'au martyre. Ses écrits, dont nous allons donner 1 analyse, portent l'empreinte de son caractère ; il y règne beaucoup de douceur et d'onction , mais de temps en temps aussi, et suivant les suiets, beaucoup de force et une grande majesté. La meilleure édition de ses QËuvres est celle publiée par les soins de M. l'abbé Migno, aux Ateliers catholiques de Montrouge; elle comprend, en k volumes in-i**, tous les écrits connus du saint docteur.

ÉCRITS DB SAINT AUBROISB. — 1'* ClaSSe,

Hexaméron^ en 389. — Les écrits de saint Ambroise se divisent en deux classes principales : les uns ont rapport à l'Ecriture sainte, les autres traitent de différentes matières de dogme, de morale et de discipline. A la tète des œuvres de la première classe, il faut placer l'Hexaméron, c'est-à-dire le traité de la création des six jours, quoique pourtant le saint docteur ne l'ait écrit que dans les dernières années de sa vie. Il fut distribué d'abord en neuf discours, qu'à l'exemple de saint Basile ilréduisit lui-même à six, correspondant aux six jours de la création dont ils expliquaient l'histoire. Le but dé cet ouvrage est de réfuter, après les avoir exposées, les opinions diverses des philosophes païens , sur la naissance du monde, sa durée, son unité, et de montrer qu'on doit s'en rapporter au système de Moïse, comme au système le plus rationnel, c'est-à-dire que 1 univers est l'œuvre de Dieu qui a tout créé par son Verbe. Ses idées sur la création sont fraîches, ingénieuses, vivaces et colorées, comme cette création elle-même qui s'émeut et palpite, pour la

{tremière fois, sous les yeux de son créateur. 1 en Gxe l'époque au printemps, et il appuie son opinion sur ce passaçe du chapitre xii de l'Exode : Memis uU vobis prindpium meti-

sium^primus eritin mensibus anni. Les ténèbres qui couvraient la surface de l'abtme lui fournissent l'occasion de parler de la nature du mal, et de prouver qu'il n'y a d'autre mal, dans le monde, que le péché. Cette pa< rôle Fiat luxj dans laquelle il découvre un commandement, lui sert à démontrer aue la volonté de Dieu est la cause et la règle de toutes choses créées, et cette règle lui sert d'argument, pour expliquer la création tout entière.

Du Paradis, en 375. — Le livre du Paradis fut écrit peu de temps après la promotion merveilleuse d' Ambroise à l'épiscopat. Saint Augustin cite ce livre et en rapporte plusieurs passages, dans les écrits qu'il a publiés contre Julien lepélagien. Le but que le saint auteur se proposa aans cet ouvrage fut de prémunir les simples contre les artitices dont les hérétiques se servaient pour les engager dans l'erreur par de fausses interprétations des divines Ecritures. Il examine, dans ce livre, auel est l'auteur du paradis, ce que c'est que te paradis, et où est le paradis; quel fut l'entretien que le serpent eut avec Eve, et quelles ruses il employa pour la séduire. Il traite toutes ces questions, plus ingénieuses qu'utiles, avec beaucoup d'élégance et une grande habileté, en s'attachant moins au sens littéral qu'au sens allégoriaue et spirituel. Par le paradis il entend 1 àme, par l'arbre de vie il entend la sagesse et la science de la vertu. Pourtant il ne laisse pas de reconnaître que, pris à la lettre, le mot de paradis indique un lieu matériel où Dieu plaça l'homme aussitôt après sa création. Il explique du démon, notre ennemi, ce qui est dit du serpent, sans cependant désapprouver ceux qui prenaient dans un sens figuré tout ce qui se passa entre lui et la première femme , en attrmuant la chute de qos premiers parents à une faute de volupté. Il remarque que l'homme fut créé avant d'être mis dans le paradis, au lieu que la femme fut créée dans le paradis même, pendant le sommeil d'Adam. 11 'résout plusieurs objections soulevées par les hérétiques, contre l'arbre de vie et la défense do manger de son fruit sous peine de mort ; il établit, contre les manichéens, l'unité d'un Dieu créateur et d'un premier principe. 11 démontre jusqu'à l'évidence qu'un Dieu a pu permettre que l'homme fût tenté, et même qu'il succombât à la tentation, puisque sa faute n'était pas sans remède, et qu'il pouvait, par la pénitence et les mérites du Sauveur, recouvrer une grâce plus abondante que celle dont il était déchu par son péché.

Sur Cain et sur Abel^ en 375. — Le commencement de ces deux livres témoigne que saint Ambroise les composa aussitôt après le précédent, puisque plusieurs anciens manuscrits les ont reproduits, pendant longtemps, sous le titre de ir livre du Paradis. Le saint docteur y traite de la naissance, de la vie, des mœurs, et surtout des sacrifices de Gain et d'Abel. Il montre que ces deux premiers-nés d'entre les humains étaient la

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DICHOMNAIRE DE PATHOLOGIE.

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iîgure de lieux partis opposés, de deax peuples ennemis, les bons et les méchants, les juifs et les gentils, les hérétiques et les cnrétiens. Ce livre est beaucoup plus allégorique que littéral ; cependant on ne laisse pas d*7 rencontrer plusieurs moralités pleines d*un grand sens, de belles instructions, des maximes solides et des descriptions vives et pathétiques du vice, et particulièrement de l'avarice, de l'ivrognerie et do la volupté. Suivant le saint évoque de Milan, les sacriGces de Gain avaient deux défauts qui les empêchaient d'être agréables à Dieu: le premier, c'est qu'il tarda trop à les lui offrir ; le second, c'est qu'il négligea de lui présenter les prémices des fruits qu'avait produits la terre fécondée par la rosée du ciel et le travail de ses mains ; tandis qu'Abel, au contraire, offrait à Dieu les prémices de ses troupeaux, et les offrait avec un oœur pur, anient, et heureux de les voir acceptés.

De V Arche de Noé^ en 379. — Le livre de l'Arche de Noé comprend l'histoire du déluge, et la vie du saint patriarche qui, après ce srand cataclysme, devint le reproducteur derhumanité. Le saint docteur explique chaque partie de ce drame, ou plutôt de ce bouleversement universel, tantôt en suivant le sens littéral, tantôt en suivant le sens allégorioue et spirituel, et toujours, avec autant d éloquence et de noblesse que de jugement et d'exactitude. Les figures qu'il emploie sont justes, les allégories intéressantes» et les pensées vives et élevées. Il j a peu d*ouvrages de saint Ambroise qui soient mieux travaillés que celui-ci ; c est dommage que nous ne le possédions pas tout entier, et qu'il présente tant de lacunes. Le saint docteur l'écrivit dans un temps de calamités et de misères : l'Eglise était agitée par plusieurs tempêtes ; à la persécution de Valens avait succédé l'invasion des barbares, et il est probable que plusieurs pièces de ces manuscrits se seront trouvées ainsi perdues, au milieu do tous ces orages.

Sur Abraham, en 387. — Le travail que nous avons sur Abraham ne fondait, dans le principe, que deux parties d'un même ouvrage, mais ces deux parties différaient si fort entre elles, que dans la suite on en a .fait deux livres. — Le premier décrit lesac- 'tîons et les vertus du saint patriarche, et le présente aux philosophes comme le modèle du sage dans sa foi, dans sa soumission, dans son sacrifice ; parce qu'encore que l'immolation n^ait pas été consommée, le consentement de la volonté a été complet. Il exalte en même temps les vertus de Sara, et la propose à toutes les femmes comme le modèle aes épouses et des mères chrétiennes. — Le second livre, moins intéressant que le premier, répète les actions d'Abraham pour en tirer un sens plus spirituel, en les appliquant h la vie intérieure et aux différents moyens par lesquels l'homme tombé peut encore se relever de sa chute et arriver à la plus belle perfection. — Une remarque générale h faire sur les livres des pa-

triarches et sur la plupart des autres ouvrages de saint Ambroise portant le même titre, c'est qu'ils ont tous été composés des sermons que le pieux évêque adressait à son peuple ; ce qui explique un peu, je ne dirai pas la diffusion, parce que les pensées y sont toujours suivies et magnifiquement exprimées, mais le manque d'ordre et de méthode inséparable de ces sortes d'ouvrages.

Sur IsaaCj en 387. — Au livre d'Abraham succède naturellement le livre d'lsaac,comme l'effet ressort de la cause, comme le fils succède à son père. Du reste, ces deux livres sont du même â^e, et ont été écrits en même temps, c'est-à-dire qu'ils ont été recueillis des sermons du saint docteur, dont la vie de ces patriarches formait le texte, la morale et l'application. A.roccasion du mariage d'Isaac avecRébecca, Ambroise traite de l'union du Verbe avec l'âme, et il distingue quatre degrés par lesquels l'âme doit monter pour arriver à la perfection de cette union. — Le premier consiste à fuir toutes les voluptés et tous les plaisirs du siècle, à Texempte de Rébecca, qui fuit les lieux habités, cherche les solitudes, et rencontre, à la fontaine du désert, l'époux que Dieu lui avait destiné. En effet, c'est en le poursuivant avec une sainte ardeur, à travers le désert et les solitudes, que l'âme rencontre le Seigneur, le principe oe toute connaissance, la source de toute vérité, suivant cette parole du prophète : Sitivi ad Deum fontem tivum, — Le second degré pour arriver à cette union ineffable de l'âme avec le Verbe, c'est donc de désirer le baiser de l'époux, en s'appliquant à le mériter, à fbrce de prières et d'amour. — Le troisième degré, c est de recevoir ce baiser tout spirituel par lequel l'âme s'attache au Verbe, et qui opère en elle comme une sainte transfusion de l'es-

f)rit divin. — Enfin, le dernier degré pour 'âme, et celui qui complète son union intime avec l'objet de son amour, c'est d'être introduite dans la tente de l'époux, d'y obtenir une place d'honneur à ses côtés, et de la conserver toujours par la persévérance dans l'amour et la charité. Ce qui lui donne occasion de pi'oclamer, en finissant, la sublimité de l'âme et la perfection de la charité.

Du bien de la mort^ en 387. — Dans quelques anciens manuscrits, ce livre est intitulé : Livre troisième des patriarches: apparemment parce qu'il reproduit, en les développant, les dernièrespensées qui terminent le livre précédent ;mais le titre que nous lui donnons, cité plusieurs fois par saint Augustin, est celui que l'usage a fait prévaloir. — Le saint docteur y distingue d'abord trois sortes de mort : la mort du péché, qui tue l'âme, suivant cette expression d'Ezéchiel, ch. xviii, V. k : Anima quœ peccaverit mortetur ; ensuite, la mort mystique dont parle saint Paul ( Rom. ch. vi, v. k j, par laquelle, avec Jésus-Christ on meurt au péché, pour partager le bonheur de sa résurrection et ne revivre qu'en Dieu; enfin, la mort uatureVe,

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qui termine la vie par la séparation de Tânie et du corps. — La première, malheur immense, puisqu'elle entraine la perle de Dieu et la privation des jouissances de Téternité ; la seconde, bien infmi, puisque dès cette vie, par la charité, elle fait descendre toutes les félicités du ciel dans nos cœurs ; la troisième, pour plusieurs, tient le milieu entre les deux autres ; elle est aimée des bons, qui la souhaitent comme une déliyrance et un bonheur, mais elle est délestée des méchants, qui la redoutent comme une peine, une punition, une vengeance. Saint Ambroise prend le parti des justes contre les pécheurs, et soutient qu'il ne nous est pas avantageux de vivre longtemps. Pour preuve, il apporte les gémissements des saints : Desiderium habens dissolvi et esse cum Christo; les inquiétudes, les misères* les souffrances du corps, rasservissemerjt aux besoins de la vie, qui énervent la vigueur de l'âme; les péchés que l'on commet tous les jours, les dangers d'eti augmenter le nombre, et les tentations continuelles qui font de la vie comme une guerre intestine et un combat de loiis les instants. « La mort, dit-il, nous affranchit de toutes ces misères; elle sépare en nous ce qui était en guerre ; elle rétablit le calme après là tempête; elle n'empire pas notre état, mais elle le transforme, pour le perfectionner et le rendre heureux. » Il lui est facile de démontrer ensuite que la mort n'a rien de terrible par elle-même, mais seulement par ropinion qu'on en a. « Or la crainte, ajoute-l-ii, n'est

Sue dans l'opinion, et Topinion ne vient que e la faiblesse de notre nature : elle est donc contraire à la vérité. » — « Si la mort est un mal, poursuit-il, comment les jeunes gens ne craignenf-ils pas de devenir vieux, puis-

9ue la vieillesse les conduit à un fige voisin e la mort? A la mort) Tâme est délivrée et le corps se corrompt; celle qui est délivrée se réjouit de sa délivrance, et celui qui se corrom^^t ne sent point sa corru[)tion. »

De la fuile du siicle^ en 387, — Le litre de ce livre annonce de lui-môme son otyet et son but. 11 est rempli de belles et solides instructions sur la vanité du monde, sur les dangers de ses charmes, sur la fragilité de notre nature, et sur ce mauvais penchant qui nous entraîne sans cesse vers toutes les voluptés. Or l'homme ne peut fuir le siècle sans le secours de Dieu, et cependant cette fuite lui est nécessaire, utile ^ glorieuse. Qu'est-ce que fuir le siècle, sinon imiter Moïse, qui a fui devant Pharaon ; Jacob, qui, a la prière de sa mère, a fui devant Esaii ; l)avid, qui a fui devant Saiil, et Jésus-Christ lui-même, qui a fui devant les Juifs qui èherchaient à le faire mourir avant 1 heure marquée par son Père- —Pourquoi devonstious fuir le siècle î Parce aue dans le siècle tout est vide, fantôme, néant ; parce qu'il n'jraquedes ombres et point de soleil, de h fumée et point delumiere, des simulacres ^t point de réalité. C^Qst pourquoi, comme Moïse, sî hôu4 voilions ^^^^ le Dieu d'Abraham, a*lsaac el de Jacob, et contetapler les

merveilles de sa présence, nous avons besoin dé quitter nos sandales, de dénouer noscein* tures, de nous dépouiller des vêtements de l'iniquité, et de iuir le monde, enfin, pour

I)Ouvoir posséder Dieu. Mais comment fuir e siècle 1 Au plus tôt, satis regret, sans hésitation, sans môme détourner la tête pour lui dire un dernier adieu ; de peur que le sacrifice de ce dernier adieu ne vous retienne dans ses filets : relocUer ne comprehenâatur.

— Où donc fhir, alors? Où l'on est assuré de trouver le Seigneur ; Quo comprehendam Dominum. Or, par la grâce d'une bonne vie, on est assuré ue trouver Dieu partout. In bona vita^ aratia Domini comprehendiiur. — En effet, fuir le siècle, ce n'est pas^s'en séparer corporeilement, mais c'est oublier son corps, pour tourner son &me vers Dieu, par les pensées de la foi, par les aspirations de l'espérance, par tous les élans de la charité.

De Jacob et de la vie bienheureuse, eh 387.

— L'année 387 fui une des années les plus fécondes dans la vie du saint docteur, puisque c'est à cette date encore qu'il faut assigner la publication des deux nvres de Jacob et de la vie bienheureuse. — Le premier de ces livres ne traite pas précisément des matières que le titre annonce, mais il s'applique à donner des leçons de piété aux nouveaux chrétiens, pour leur apprendre à acquérir la sainteté et la perfection^ à laquelle lis s'étaient engagés dans le baptême. Il leur recommande la docilité de PespriU là prudence dans les paroles et la rectitude dans les jugements ; car, encore que^ la raison dépourvue de la Rt*âce ne puisse pas extirper en nous toutes les concupiscences, elle peut au moins en régler les saillies et en modérer les excès. C'est pourquoi il conseille tous les genres de tempérance, et surtout celle qui consiste à réprimer la colère, qui est la passion la plus opposée à la chas nié, qui est Dieu ; celle qui humilie le plus l'orgueil, c'est-à-dire, le péché des démons, celui qui a fait entrer la mort dans le monde, à la suite du péché. — Mais, après avoir signalé toutes ces passions, qui font le malheur de la vie, le saint docteur montre en quoi consiste le bonheur du sage. Le vrai sage, celui qui a trouvé Dieu et qui le possède, possède en lui tous les bonheurs.

Quoiqu il sente, comme les autres hommes, les pertes, les alBlictions, la captivité, les douleurs, la maladie, la mort, il n'en est point ébranlé; sa vertu le met au-dessus de tout, parce que la jouissance et la possession Qc Dieu le dédommagent de tout. ~ Le saint évêque confirme, dans le second livre, les maximes générales établies dans le premier, et il les appuie de l'exemple du patriarche Jacob, montrant ainsi, par les diverses actions de sa vie, que les afflictions, les traverses, l'exil môme, ne l'ont pas empêché d'être heureuxl de rencontrer les anges sur son chemin, de lutter avec Dieu sous la figure de son messager ; et, quoiqu^aveu^ gle^ de prolonger ses Jours jusqu'à une vieillesse heureuse, et de mourir en bénii

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