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DlCTiÔNNAlRÈ DE PAÎftOLOGlË.
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sant le Seigneur* |1 .ajoute % ces exemples ceux du grand (>réire Éléazar, que toutes les te^ttative» d'Antiochus ne purent rendre infi'ièle, el des sept fils des Macbabées, que leur mère elle-même encouragea à supporter toutee les souffrances jusqu au martyre, et le martyre jusqu'à la mort. Il prend occasion de là pour donner des conseils aux pères el aui mères sur réducaf ion des enfints que la Providence leur confie. Il oppose Texemple de la mère des Machabées, qui aima ses sept fils jusqu'à les sacrifier au Seigoeur, à Texemple de Rébecca, qui, par les suites 4e sa prédilection irréfiéchie pour Jaeob, produisit^entreluiet son frère Esaii, une bainer une division, une guerre qui dura presque autant que leur vie, puisque ce ne lut que dans leur vieillesse, après le retour du saint patriarche de la maison de Laban, que s'accomplit la réconciliation. Cependant cette substitution frauduleuse, de la part d'une mère, n'empêcha pas pieu, qui iait tout servir à ses desseins, de choisir 1 enfant de la bénédiction pour en faire un des ancêtres de son Christ.
De Joêtpk^ en 387. — Après avoir montré, comme il le dit lui-même, le modèle d'une obéissance pleine de zèle et de foi dans Abraham ; celui d'une pureté d'esprit simple et sincère dans Isaac> et celui d'une grande force de courage et d'une patience admirable dans Jacob, il propose enfin Joseph coflHBe le modèle de la cliasteté, et il attribue à cette vertu l'amour de préférence que Jacob lui témoignait. Il prend encore occasion de là pour revenir sur ses conseils aux pères et mères, sur l'égalité qui doit présider au partage de leur amour entre tous leurs enfants. — Ensuite il explique mysti«> quement ce qui est dit de Joseph vendu par ses frères, du sang dans lequel ils trempèrent sa robe« des vingt pièces d'argent au prix desquelles il fut vendu, de sa servitude en Egypte et des autres circonstances de sa vie, qui en firent comme remblèmu anticipé de la passion du Sauveur. — Il décrit, avec tous les ornements de son éloquence, la résistance de Joseph aux séductiorhs de la femme de Putipliar, dont il représente les ruses et les artifices avec les plus vives cou^ leurs et les traits les plus saisissants. — Enfin, en parlant des autres enfants de Jacob, il comiiere le haine qu ils portaient à Joseph, à la haine dont les Juifs poursuivaient Jésus-Christ, et/ quoique cette figure soit toute mystérieuse, il prouve que le symbole en est des plus significatifs et des plus complets.
Dtt fa bénédiction des patriarches^ en 387. — Ce livre n>st que la suite des précédents, et forme, i>rineipalement« comme une seconde partie au livre de Josebh. Il exalte la bénédiction que les pères aorinent à leurs enfants, et il montre cfue ceux qui la reçoivent sont bénis, taudis que ceux qui s'attirent ici-bas Ja malédiction de leur père sont
maudits dans le temps et dans réternité.
C*e$t une gràoé que ^ Bien a attachée aux
mains des parents, afin d'exciter les fils à
s'acquitter envers eux des devoirs que îour imposent la reconnaissance et la piété. II fait ressortir de là quelque chose, comme un traité complet, sur les obli^tions des fils envers les auteurs de leurs jours, r- Après ce prélude, il çnlre dans le détail des bénédictions que Jacob, sur le point de mourir, donne à ses enfants,et il b s explique toutes dans un sens mystique. Ainsi, la bénédiction de Ruben, le premier-né de ses fils, auquel il reproche ^a dureté, semble moins une bénédiction qu'une prophétie, anuonçani la dureté des Juifs et leur acharbement à persécuter le Sauveur, ve la iribu de Siméon sont les scribes^ et de celle de Lévi les prêtres et les lévites» qui tinrent conseil entre eux sur les moyens de surprendre Jésus dans ses p^rolesi et qui se surpassèrent en méchanceté au moment de sa passion et de sa mort. La bénédiction ae Juda est une vraie parole de sdlut, puisqu'elle contient la promesse du Sauveur qui doit ùaitre de la postérité de ce patriarche, et sortir de la tribu de Juda. Zabulon habitera les bords de la mer ; les navires arriveront jusqu'à lui» et ses vaisseaux s'étendront jusqu'aux plages de Tyr et de Sidon; et cependant, calme au milieu des tempêtes, il verra le naufrage des. autres sans en être ébranlé, parce que leurs périls ne sauraient l'atteindre ; comme les Juifs et les hérétiques, qui soient, tous les jours, leur nacelle fragile se briser contre le rocher de l'Eglise, parce qu'ils ont renié le pilote divin qui seul pouvait les conduire au port, Issachar, courbé sous le joug du travail» nous représente lé Christ courbé soua le poids de sa croix ; il est le modèle du laboureur, et il verra la terre se fertiliser sous ses efforts, parce qu'il saura y semer de bon grain et donner une racine profonde aux arbres (|ui lui rapporteront des fruits. La bénédiction de Dan est une profphétie des temps futurs. Ces paroles : Il jugera son peuple : semblable à un serpent dans ié Èentier qui mordra le pied du chevalf afin que celui qui le monie tombe à la renverse ; ces paroIeÀ marquent que l'AnteohiMst sortira de U tribu de ce nom. La bénédiction de Gad est la figure de la tentation gue les scribes et les pharisiens firent subir au buveur à propos du tribut à payer à César : // sera tentée dit le saint patriarche, mats il renverra la tentation aux pieds de ses tentateurs, . La bénédiction d'Aser est une promesse de l'eucharistie. Le pain d'Aser qui sera excellent ei danê lequel les rois trouveront leurs délices^ n'est autre chose que ce pain de pur froment que le prêtre consacre tous les jours, et qui devient ainsi la nourriture des saints, le rémission des péchés et le préservatif de la mort éter^ nelle. La bénédiction de Joseph est une figure de Jésus-Christ, et toute ta prophétie ne fait rien autre chose que d0 deveiop|>er les mystérieux rapports qui se rencontrent entre la vie de ce pieux patriarche et celle du Sauveur. Enfin, le saint docteur applique la bénédiction de Benjamin à saint Paul. Benjamin^ qui le matin se U^ ^éÉitM Un toup qui èherche sa nourriture^ et qui le soir (a
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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGŒ.
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' partage entre les princes ^ est le symbole de ce juif, au zèle ardent et plein de rage, qui, par un miracle de la grftce, de persécuteur devint apôtre, pour évangéliser les enfants de ceux qu'il avait fait conduire au martyre. D'Elie et du jeûne y en 390. — Ce livre est un recueil de sermons que saint Ambroise semble avoir prêches, pendant le carême, dans son église de Milan. Il est divisé en trois parties. La première traite du jeûne, et particulièrement de celui du carême, et nous le représente comme un combat. C'est par le jeûne que Jésus-Christ surmonta les tentations du démon, et qu'Elie opéra tous les prodiges que l'Ecriture sainte lui attribue; le ciel fermé a\i peuple juif, en punition de son sacrilège, la résurrection du fils de la veuve de Sarepta, la pluie qui tomba après une sécheresse de plus de trois ans , les eaux du Jourdain suspendues dans leur course, ce fleuve traverse à pied sec, et enfin le saint prophète enlevé au ciel dans un char de feu. Il rapproche de l'exemple d'Elie l'exemple de Jean-Baptiste , qui s'est élevé par le jeûne au-dessus de tout ce qui paraissait possible aux forces de la nature humaine, de sorte qu'il a justifié la parole du Sauveur, qui ne l'appelait pas un homme, mais un ange. Saint Ambroise qualifie encore le jeûne, en le désignant comme la nourriture de l'Âme , la vie des anges , la racine de la gr&ce, le remède du salut et le fondement de la chasteté. C'est un vêtement qui couvre le chrétien de sainteté et de lumière , et qui le garantit de cette nudité devenue honteuse par le péché d'Adam. Pour en traiter avec ordre, il en fait voir l'antiquité, qu'il reporte jusqu'au commencement du monde , et les exemples qu'il en donne sont trop curieux pour Que nous renoncions au plaisir de les citer. Le premier jour du monde, quand Dieu créa la lumière, fut un jour de jeûne; le second jour, quand il arrondit le firmament, fut un jour de jeûne ; le troisième jour, quand il rendit la terre féconde et lui confia legerme de toutes les plantes et de tous les fruits , fut un jour de jeûne; le quatrième jour, quand il lança dans l'espace les deux grands astres destinés à présider au jour et à la nuit, fut un jour de jeûne; le cinquième jour, quand il créa les poissons qui nagent dans les eaux, et les oiseaux qui volent dans l'air, fut encore un jour déjeune; enfin , le sixième jour, ajprès la création des bêtes et des êtres animes, commença l'usage de la nourriture, qui marqua ainsi la fin des travaux du Créateur. N*est-ce jpas une preuve évidente, ajoute le saint évêque, que le jeûne est la première loi du monde, celle que devait poser d'abord le Seigneur, puisas
S[ue la première tentation et la première àute de l'humanité devaient être une tentation et une faute de gourmandise ?
Dans la seconde partie , il s'élève lortement contre l'ivresse et l'intempérance du viu. Noé, dit-il, ne s'enivra qu'une fois, et encorecefut bien innocemment, puisqu'il ne connaissait pas la force de la liqueur que lui-même avait donnée au monde. Abraham ,
honoré de la visite des anees, ne leur présenta pas du vin, mais il fit tuer un veau et leur servit du beurre et du lait; Moïse, pour secourir le peuple altéré, se contenta de rendre potables les eaux de Mara; et ailleurs, lorsque Dieu lui commanda de frapper le rocher, il lui dit : Vous frapperez le rocher^ et il en jaillira de Veau^ et le peuple boira. C'est l'abstinence du vin qui délivra la mère de Samson de l'opprobre de la stérilité. Le jeûne est l'école de la continence, la discipline de la chasteté, la règle de la vertu, l'art qui forme les hommes è la douceur, lattrait de la charité, la grâce des vieillards, la garde des jeunes gens. On n'a jamais entendu dire que personne fût mort pour avoir observé le jeune ; tandis qu'on en peut citer plusieurs qui ont rendu l'âme dans des repas. Holopherne , Aman , moururent par l'excès du vin et de la bonne chère ; Judith et Estber, au contraire, sauvèrent le peuple de Dieu par le jeûne. — Dans la troisième partie , il signale la licence effrénée de la table, comme la mère de tous les vices, le foyer de toutes les débauches, la source de toutes les folies, Texcitant de toutes les fureurs et le conseiller de tous les crimes. « Mortifions donc notre corps par le jeûne, fuyons la société de ceux qui se livrent à d'indécentes libations, dans la crainte que Moïse ne vienne , qu'il n'appelle ses lévites, et qu'il ne fasse punir de mort ceux pour qui l'intempérance aura été une cause de chute et de scandale. » Il presse surtout les catéchumènes de se purifier de leurs souillures par le baptême, et reprend avec force ceux qui, pour vivre dans une plus grande libercé, différaient, jusqu'à la fin de leur vie, de recevoir ce sacrement. De Naboth , en 395. — Ce livre fut écrit sous la minorité de l'empereur Honorius, qui fut un temps de malheurs et de vexations pour les pauvres. Ce fut donc une œuvre d'à-propos , entièrement inspirée par la nécessité des circonstances. Le saint docteur débute dans ce travail, en rapportant, d'après saint Luc , la parabole de ce riche qui se propose de démolir ses greniers, afin d'en faire bâtir de plus spacieux , au lieu d'être touché de la misère du pauvre, et de s'écrier, dans un élan de compassion et de charité : J'ouvrirai mes greniers, afin que ceux qui ont faim y entrent et prennent de quoi se rassasier. — Il reprend ensuite l'histoire d'Achab, qui fait mourir Naboth afin de pouvoir s'emparer de sa vigne. Il s'élève avec véhémence contre la dureté des riches qui se font les oppresseurs des pauvres, en les faisant servir à la satisfaction de toutes leurs cupidités. Combien de malheureux succombent sous les excès d'un travail ingrat, qui n'a d'autre résultat pour eux que de procurer aux riches un plaisir? La faim du riche , son luxe, son ambition, son avarice, toutes ses passions ^jfin , deviennent ordinairement pour le pauvre une source de douleur et de mort. Et cependant il s'en faut que cette exigence oppressive leur procure le bonheur. Le pauvre se contente de peu , le riche n'est jamais satisfait. Fût*il roi y
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comice Achab , il envie la vigne de son voisin; possédAt-il la plus grande partie de la terre , il souffre de ce qu'un autre possède à e6té de lui. Les richesses les plus immenses ne sont pas capables de le rendre heureux y puisgu elles sont impuissantes à apaiser les désirs de son cœur. Ses vertus mêmes, ses jeûnes, ses bonnes œuvres sont viciés dans leur germe , et la sécheresse de Tavarice les empêche de pouvoir porter des fruits de çrflce et de bonheur.
De Tobte^ en 3T7. — Cet ouvrage comprend deux livres. Il est composé tout entier de quelques sermons prononcés vers Tannée 376. Saint Ambroise prend occasion de l'aident prêté par Tobie a Gabélus son parent , pour s'élever avec force contre l'usure. 11 fait ressortir par plusieurs exemples rimpiété et la cruauté des usuriers , qu'il compare à l'Océan » qui absorbe toujours et qui ne se remplit jamais. Il prouve que l'usure est interdite par la loi ancienne , condamnée par l'Evangile, tolérée, tout au plus, envers les ennemis de la patrie , et absolument défendue à tous les hommes , dans le commerce ordinaire de la vie, comme un attentat à la fraternité. La seule usure qui soit permise , c'est l'usure de la reconnais^ sauce, que l'on s'assure par des bienfaits ; c'est l'usure de l'aumône, par laquelle nous prêtons au Seigneur, qui nous récompensera au centuple des sacrifices que la chanté aura obtenus de notre cœur. A ceux gui, pour s'autoriser dans leurs prêts usuraires, prétextaient que l'usure était un usaffe ancien oui avait mérité de prévaloir, il repondait : Il est vrai cpxé l'usure n'est pas une nouveauté, mais que le péché est aussi très-ancien ; il est au monde depuis le temps d'Eve; la prévarication de la loi n'est pas moins ancienne oue la misère de l'homme, et c'est ce qui a obi igé Jésus-Christ à venir au monde, afin d'abolir cet ancien état et d'en établir un nouveau, c'est-à-dire de renouveler par sa grâce ce qui était devenu vieux par le péché. — En un mot, ce livre est un traité complet de la matière, exposée, défendue, discutée et victorieusement établie , au point de vue des usages et de la sévérité de discipline en vigueur à cette époque des premiers siècles.
De la plainte de Job et de David, en 383. — Ce traité comprend quatre livres : le premier, composé des plaintes contenues dans les premiers chapitres du livre de Job , et le second, répétant les plaintes que David laisse échapper de son cœur, dans le xli' et le xlii* de ses psaumes. Saint Ambroise expose les plaintes et les doléances de ces cteux patriarches sur leur faiblesse et la misère de l'homme , sans cesse exposé au danger des tentations , aux persécutions des méchants , aux maladies, aux infortunes, et souvent entraîné dans des désordres et des excès dont il lui faudra rendre un compte sévère au tribunal du souverain juge. — Il remarque donc t avec beaucoup de justice , que pour ceux qui souffrent , c est une grande consolation de n'être pas dans ;le péché, et de pouvoir penser que les maux qu'ils endu-
DiGTIONN. DE PaTEOLOOIB« I.
^ rent ne leur sont pas envoyés en punition de leurs fautes.
> Les deux autres livres ne sont , pour le saint docteur, qu'un moyen de répondre à ceux qui se scandalisent de voir le juste souffrir en cette vie , tandis que souvent l'impie est heureux d'un bonheur que rien ne vient troubler. Il établit sa réponse sur les paroles de Job lui-même, qui ne. se sentait jamais plus fort que lorsqu'il était infirme , parce que sa vertu se perfectionnait dans les soufifrances, et que son Ame, délivrée des liens de la chair, ne vivait plus que de la vie de l'esprit, qui est Dieu. Les grandes maximes exposées par David dans son psaume lxxii lui servent aussi d'argument invincible pour établir la même vérité. Dieu est toujours bon pour les justes, tandis que les pécheurs sont revêtus de leur iniquité comme d'un manteau; leur bonheur apparent est la punition de leurs fautes, bien plus «que la récompense de leur vertu; c'est un songe, une illusion, qui aboutissent à la mort'éternelle. Mais les justes, au contraire, ont toujours Dieu à leur droite pour les soutenir, sa providence pour les consoler, sa possession et son amour pour les satisfaire, en les comblant de tous ses bienfaits. Apologie de David, en 38&. — Le but de ce livre, sans aucun doute, n'est pas d'excuser David des crimes d'homiciae et d'adultère dont il s'était rendu coupable; mais de rassurer, au contraire, la foi de quelques fidèles offensés dans icur pudeur, en montrant que, si par sa chute il est tombé bien bas, il s'est relevé bien haut par l'aveu de son crime et par sa pénitence; ce qui est rare parmi les personnes du monde , ce qui est presque unique parmi les rois. « Trouvez-moi, dit-il, parmi les personnes élevées en dignité, quelqu'un qui supporte facilement qu'on le reprenne? Et cependant , repris de sa faute par un simple particulier, David, tout roi qu'il était, ne s'emporta pas; il reconnut son crime, et le confessa au milieu des larmes et des sanglots. » — Après avoir remarqué que la chute des justes, qui
Sèchent plutôt par fragilité que par malice e cœur, leur tourne quelquefois en bien , parce qu'ils se relèvent tfvecplus de ferveur,
{>arce qu'ils courent avec plus d'âme dans a carrière des vertus , et enfin parce que cette chute nous sert à nous-mêmes d'ins truction, c'est-à-dire qu'elle nous donne occasion de nous édifier, non-seulement de leur innocence et d'à leur sainteté , mais aussi de leur repentir et de la grandeur de leur pénitence, il finit par une paraphrase du psaume Miserere, qui n'est autre chose que le repentir du saint roi, mis en évidence et en action par ses plaintes et ses gémissements.
Explication de quelques psaumes , SW^. — Ce livre contient des explications sur douze psaumes que le saint docteur a commentés, en empruntant successivement les textes et les citations suivant l'ordre de ses pensées^ et la logique de ses discours ; car cet ouvrage,' comme plusieurs des précédents, est com*
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DlCnOï^iAIRE DE PATROLOCIfi.
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posé des passages recueillis de ses homélies et de ses sermons. Il y aurait trop à dire
Eour donner une idée de ce livre, elles ornes de notre travail ne nous permettent ])as de multiplier tant de citations à Tappui de nos éloges. Nous aimons mieux renvoyer à fauteur lui-niéme; et, & Texemplo de plusieurs commentateurs desPères, résumernotre pensée par ces réflexions, qui inspireront peut-être le désir délire le livre tout entier. ' C*est de tous les écrits de saint Ambroise» celui qui passe généralement pour être le
f)lus beau, le plus médité, le plus instructif. I semble que le saint dociour s'y soit appliqué à faire ressortir tout ce que Télég^nce a de plus noble dans les pensées, de plus exquis dans les sentiments , de plus brillant et de plus vivement coloré dans les expressions. Juste dans le choix des figures, plus merveilleux encore dans ses descriptions, il charme le cœur, il entraîne Tesprit, il sub-
i'ugue la raison parla beauté, la vivacité, a grâce naturelle, la promptitude et la sûreté de ses traits. On y respire partout Todeiar de la plus saine morale, le parfum de la doctrine la plus pure, en même temps que Fauteur y fait preuve d'une piété tendre , d^un zèle ardent^ et éclairé » et de la plus touchante modestie jointe au plus rare et au plu» parfait savoir.
Sur VEwmgih de saint £uc, 383. — Gomme toutes tes autres œuvres de saint Ambroise sur l'Ecriture sainte , le Commentaire sur l'Evangile de saint Luc est la réunion de plusieurs discours qu'il a retouchés et augmentés pour en faire un corps d'ouvrage qu'il a divisé en six livres. Le saint évoque est le premier des auteurs latins qui ait entrepris d'expliquer cet Evangile. Il s'applique principalement, dans ee Commentaire, à concilier les contradictions apparentes qui se trouvent entre les évangélistes; ce qui lui donna occasion d'éclaircir divers passages des autres Evangiles, ceux surtout gui pré- 9entent quei^^ues difficultés particulières, ou qui renferment des faits dont saint Luc n'a point parlé. — 11 s'attache de préférence au sens latéral et historique; ce qui ne l'empêche pas cependant de s'arrêter souvent au sens mystique et moral, entremêlant ainsi les explications critiques d'excellentes règles
four la conduite etia réformation des mœurs. I ne néglige aucune occasion de combattre les hérésies qui régnaient de son temps , et il poursuit, en particulier, cellesdeManichée, de Photius et des ariens. C'est à ces derniers surtout qu'il en veut , comme aux plus accrédités et aux plus dangereux ennemis de la foi de Jésus^hrist. On dirait même qu*il n'entreprit l'explication de l'Evangile de •aîoi Lue que pour avoir lieu de combattre ces adversaires, et de mettre à nu le vide et le mmsoDeie d« leurs doctrines.
OBUtftBS DV LA SBCOUDB CLASSE.
Ici commence une nouvelle série des œuvres du saint docteur, et qui renferme tous ceux de ses ouvrages qui n'ont pas trait directement à l'Ecriture sainte. Cependant les pré-
ceptes qu'il y donne necessentpas, pour cela, d*ètre appuyés surce fondement inébranlable de toute morale et de toute vérité. Le premier des livres compris dans cette seconde classe, celui qui se présente avant tous les autres, est le suivant :
Traité des officp.s, — Ce livre, intitulé deê Offices des ministres^ est un des plus excci* lents traités do saint Arobroisè. Le pieux évêque désirait que les mœurs de son clergé servissent de modèle à son peuple; c'est pour^
3uoi,non content d'avoir instruit ses prêtres e vive voix, il voulut encore leur laisser par écrie ses instructions, afin qu'ils eussent constamment sous les yeux sa doctrine et ses conseils. Il a divisé cet ouvrage en trois livres, à l'imitation du traité que Cicéron a publié sous le même titre. Du reste, il en suit la méthode , mais pourtant avee cette liberté de l'écrivain supérieur qui imprime toujours à son livre le cachet de l'originalité. I" Livre. — Le premier devoir d'un évô-
Sue, c'est d'instruire ; mais avant d^instruiro faut savoir se taire, et se former, dans le silence de la prière et de Tétude, au sublime ministère de la parole et de l'instruction, suivant cette maxime de l'Ecriture : Homo sapiens tacehit us^ue ad tem^uê. U n'en résulte pas qu^on soil dans l'oblisatioa de se condamner k un silence perpétuel ; car, suivant l'Ecriture encore, s il y a un temps de se taire, il y a aussi un temps de parler. Dieu nous demandera compte a'une parole inutile, il est vrai ; mais ne nous demandera-t-il pas un compte plus sévère d'un silence affecté et infructueux ? David ne se fit pas une loi de ne parler jamais, mais de ne parler qu'avec réserve ; et surtout de se taire devant les imprécations de ses ennemis. Nous devons donc, à l'exemple du saint roi , soutfrir dans le silence les plus mauvais traitements, sans laisser éclater nos ressentiments et sans repousser les injures par des injures. Ce furent ces réflexions, que saint Ambroise faisait en méditant le psaume xxxviu*, qui lui inspirèrent l'idée de traiter <les OiTices, en appliquant ses préceptes et ses conseils aui devoirs de ses prêtres, qu'il aimait tous comme ses enfants.
Les philosophes distinguaient trois sortes d'offices ou (le devoirs : l'honn^^te, l'utile, et ce qu'il y a de plus excellent daos l'un et dans l'autre, c'est-à-dire, le plus honnête et le fins utile , mais le tout par rapport à la vie présente. Pour nous, dit saint Ambroise, nous mesurons cela siir d'autres règles; nous envisageons ce qui est honnête et utile, plutôt par rapport à l'éternité Ïu'à la vie du temps, plutôt en vue du boneur de l'Ame uu en vue de la satisfaction des sens. Puis u divise tous les offices en deux classes, l'une comprenant les offices des moins parfaits, et l'autre les offices des
f>lus parfaits; et, suivant le degré de peréction atteint, il recommande aux uns la pratique des préceptes , et aux autres la
(pratique des conseils. D*où il résulte que e but qu'il se propose, c'est d'enseigner
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DICTHHOUarE Dl PâTftOLOGIEL
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«tx prttres fl aiit ebfétîens les moyens d'arfÎTcnr k la justice d'abord, pour pouvoir atteindre ensuite à Is plus haute penection. C*esl eet office qum les (rrecs appelaient rectitade, parce ofu*!! redresse et corrige les défliuts crni peuvent se glisser qtteT(|aefois dens Vaccomplisseinent des autres. 11 fonde cette distinction , et sur la réponse eue Jfësns-Cbrist fit k ce jeune borome de I Evangile qui lui demandait ce qu'il avait i faire pour posséder la vie étemelle : 6ardix^ Im dit--iU ^9$ eotrnnandfmentf : touâ ns tmeret pointi ete...t et sur ce qu'il loi aionta : Si' t&mê tomlen Hre parfait^ allez^ pmaez vos biem €t donnêz4eê âUX pauvr€s^ et vous auftM \m Êfésor àanâ U ciel; ahrt venez et mi"
Après ces considération» préliminaires , toujours m peu longues chez le saint docteur, il en vJent 9it dérail des offices ou des devoirs des jeunes gens ; savoir : la crainte de Dieu, la soumission aui parents, le respect des yieillards, la chasteté, l'htirailité, la donceiir, la modestie. Il fiiit un éloge
Carticolier de cette vertu, qui est le plus ei ornement de la jeunesse, et qu'il appelle la gardienne de la chasteté. En effet, dit-il, de mémo que la gravité convient an vieillard, la pétulance h l'enfant, ainsi la modestie est I apanage naturel du jeune homme. -^Anssi il la recommande dans les paroles ; pour lui, le silence est un acte de modestie: dans la prière, A Tetemple du publicain qui n'osait pas même lever ses regards vers le eiel ; dans te maintien , car l'état de l'Ame se révr^le ordinairement par la pose et les habitudes du corps ; dans la démarche, qui ne doit être ni trop précipitée ni trop lente , mais ralmo et posée, avec une tenue digne, un cen^ta potds de gravité, qui etcluent également l'étude et Tarlifr e , car l'affectation dépare la nature ; da^^s les discours et dans le choix de ceux avec qui on veut lier commerce, afin que tout mot déplacé* toute parole obscène, soient chassés des conversations ; dans les regards, qui doivent être toujours assez modestes pour fuir la vue de tout ce qui peut blesser la pudeur, soit sur nous-mêmes, soit sur les autres.
A ces conseils utiles è tous les chrétiens, il en arj<mte d'autres qui regardent spécialement les ecclésiastiques : fuir le commerce des femmes, éviter les festins, réprimer la colère, s'observef dans les pensées, dans les désii^ , dans les conversations, et jusque dans les récréations, qui doivent toujours être graves ; un ecclésiastique ne peut ni ne doit se permettre les jeux.— Il réduit h trois' les règles qu'il donne pour bien vivre: !• tenir les passions sôus le joug de la raison; 2* ne mettre ni trop aempressement ni trop de négligence dans la gestion deèr affhires ; 9 faire toutes choses dans Tordre etf eu leur temps. C'est en observant ces règle* qti'Abraham, Isaac, lacob, Joseph, Job, va^ tid , sont devenus de parfaits modèles de^ prudence, de justice, de force et de tempé-
Il traite en perticulier de ces eptatre ver^ tus } il en donne la définition, les rapporta mulaels ; il en examine les> dtfférenles parrties, et il propose d'excellents préceptes potnr les observer. Les philosophes piûfcni» se sont oontenlés d*eli dont)^ des deseriptions stériles; les chrétiens Seuls en oui eu des idées justes et pratiques. A la tète de loutes les autres vertus, il place la prudence, qui en est la mère et qui noue inspire le goût du beau, du vrai, du juste, de rhonnéte, et de toutes les qualités qui font de la eréihture un homme, et de l'homme un chrétien. -^La justice est tme vertu éminemment so* ciale, qui ne se borne pas seulement à rendre à chacun ce qui lui est dû, mais qui conseille encore et qni règle la bienfaisance. La justice est la base de la société, le fondement des devoirs qui lient les hommes entre eux. — La force, dont parle saint Ambroise, ne eonsisie paa seulement danar la vigueur du corps, mais dans la vertu de l'âme. Elle convient étalement èi tous les chrétiens, mais elle e^st l'apanage particulier des ecclésiastiques. Il la recommande h tous et dans toutes les positions de la vie. Dans le cahne, il veut que Ton fasse provision de force contre les maux futurs ; dans la prospérité, il veut que Ton se mette au-dessua des honneurs, des richesses et des plaisirs i dans Fadversi4é, il commandé de suf^rter avec patience les peines et les afiUctionat lea médisances et les calomnies,, la ruine des biens, la perte des emplois, en un mot tou« tes les tribulations oui abattent si ordinairement le courage des nommes; dans la guerre^ soit qu'on la soutienne contre les ennemis de son salut, soit gu'on la fasse contre les ennemis de la patrie, il veut des hommes d« courage qni ne sachent ni reculer^ ai fiBd<« blir, ni trembler; dans la persécution, il veut des chrétiens qoi soient de véritables disciptes du Sauveur, c'est-k-'dire Obéissants jusqu'à la mort, et forts jusqu'au martyre^ —La tempérance, telle que le saint docteur la comprend et l'applique dans ce traité^ c'est la vertu qui consiste à savoir choisir^ et pour soi-même et pour les autres un emploi qui convienne, et dont les tous devoirar puissent être facilement accomplis. Bile se manifeste par la tranquillité de l'esprit, par la modération des passions, par la retenue et par une certaine bienséance : c'est précisément cette bienséance qui eooslitiffe ï» beau et l'honnête , lesquels se tiennent si étroitement, qu'on ne peut les séparsp, p«iia*
Îu'à eux deux ils constituent dent genres e beauté particuliers, la beauté dm formes et la beauté de la vie. La beauté des larmes n'est rien quand elle est seule et qu'elle n'est pas accompagnée de tous les agré-^ ments de la pudeur ; la beatHé ds la vid est fout quand elle conduit ave<j elle le éortége de toutes les veîrtus. Ot la première de toutes ces vertus, c'est la modération, qui consiste à êfre mettre de sol-même, et & tenir &am une égale dépendance et son cœur et ses sens. De là il prend occasion de recommander spécialement aux lé»
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vites le désintéressement et la chasteté ; mais en termes si particuliers et si précis,
au'on est autorisé à conclure qu'il regardait éjà le célibat ecclésiastique comme une obligation et comme un devoir.
u* LtVre.— Le bonheur de la vie s'acquiert par la pratique do Thonnêteté , non point comme les philosophes anciens l'ont compris, mais comme l'enseigne l'Ecriture sainte, qui le fait consister dans la connaissance de Dieu et dans le fruit des bonnes œuvres. Ainsi, ce que le monde appelle des maux n'exclut pas la béatitude , tandis que ce qu'il appelle des biens est souvent un obstacle au bonheur. Il n'y a de vraiment heureux que ce qui est juste, utile et honnête ; et il n'y a de vraiment utile que la piété, puisqu'etle est utile à tout, et qu'elle comprend écalemont tous les genres de la justice et de Thonnôteté. Pietas ad omnia utilis est. Elle inspire la haine du vice, Teslime de la bonne renommée, l'amour des conseils et la pratique de la charité. A ce propos il s^applique particulièrement à prescrire les règles de l'aumône. Suivant lui, un des plus importants devoirs de la charité, c'est de dérendre les faibles, d'accueillir les étran-
5 ers, de racheter les captifs, de délivrer les ébiteurs, de soulager les veuves, de protéger les pupilles et de nourrir les petits enfants. Mais il veut de l'ordre et de la méthode dans la distribution de l'aumône. 11 recommande aux prêtres surtout de la faire avec économie et avec une scrupuleuse distinction des personnes, distinction également exempte de préférence et de prévention. Il fait remarquer à son clergé qu'il n'est point défendu d'ambitionner les charges de l'Eglise, mais il veut qu'on se dispose à les mériter par une intention pure, et qu'on les accomplisse avec celte droiture simple et sans affectation qui est aussi éloignée du rigorisme que du relAchement. Il trace à grands traits les devoirs d'un évoque envers ses prêtres, et les devoirs réciproques que les ministres du Seigneur se doivent entre eux. Il les exhorte surtout au mépris des richesses, leur enjoignant de vendre iusqu'aux vases sacrés de l'Eglise, s'il le fallait, pour la rançon des captifs, ici le pieux évoque n'ordonne que ce qu'il a pratiqué lui-même; et comme les ariens avaient argué de cette vente pour en faire contre lui un chef d'accusation, il s'en défend avec force, et écrit là-dessus la plus chaleureuse justification. 11 y a dans sa défense tant d'élévation d'Ame et une si ardente charité, que nous ne pouvons résister au plaisir d'en citer au moins un passage. Il s'adresse à ses prêtres. <x Pourquoi avezvous souffert , leur dit-il , que tant de pauvres mourussent de faim ? N'aviez-vous pas de l'or avec lequel vous pouviez leur fournir des vivres ? Pourquoi avez-vous enduré que tant de captifs aient été exposés en vente, et, faute de rachat, mis à mort par les ennemis? Ne valait-il pas mieux conserver des vases vivants que des vases inanimés?... Si Jésus -Chri:>t vous adressait
ce reproche, lui répondriez-vous : J'ai eu peur que les ornements ne manquassent au temple de Dieu ? Mais ne vous répliqueraitil pas aussitôt : Les sacrements et les mystères n'ont pas besoin d'or; ce n'est pas Ear Féclat de l'or qu'on les rend vénérâtes, puisqu'on ne les achète pas avec de l'or ; au heu que le rachat des captifs est l'ornement des mystères ; car ce sont là véritablement des vases précieux, ceux qui rachètent les Ames de la mort; car c'est là le véritable trésor du Seigneur, celui qui opère le même prodige qu'a opéré son sang, un prodige de délivrance et de rédemption. » m' Livre. Une des fins que le saint docteur se propose principalement dans son troisième livre, c'est de nous apprendre à converser avec nous-mêmes à l'exemple de David , qui s'entretenait avec son cœur : Dixi : Custodiam vicu mects,,,; de Salomon , qui nous conseille de boire do l'eau de notre propre vase : Bibeaquam de vasis tuis: de Moïse, qui parlait en se taisant, qui combattait sans se remuer , qui triomphait de ses ennemis sans les toucher; d'Èlie, qui par une seule parole ferma le ciel pour trois ans ; d'Elisée, qui par ses prières rendit aveugles tous les soldats envoyés par le roi de Syrie pour le prendre ; et enfin par l'exemple des apôtres eux-mêmes, dont l'ombre guérissait les malades sur leur passage. Il en conclut que le juste n'est jamais seul, puisqu'il est toujours avec Dieu, puis-
Îue non ne peut le séparer de la charité de ésus-Christ.— 11 distingue deux sortes de sagesse : la sagesse commune et la sagesse parfaite, la sagesse de l'homme présent et la sagesse de l'homme futur , et il démontre que Dieu seul possède toutes les sagesses et toutes les perfections. La sagesse commune, c'est la sagesse de l'homme charnel qui ne cherche que son bien, sa satisfaction, sa
Sloire à tout prix, et quelquefois même aux épens d'autrui. La sagesse parfaite, c'est la sagesse du chrétien, qui cnerche moins ce qui lui est utile que ce qui l'est à tout le monde, s'oubliant habituellement lui-même pour le bien de l'humanité. 11 infère de là que, pour procurer son propre oien, on ne peut pas porter atteinte au bien d'autrui ; car rien n est utile à un seul sans être utile à tous ; rien n'est nuisible à un seul, sans l'être en même temps pour tout le corps de la société. De même que tout le corps souffre de la douleur d'un de ses meraîbres, de même le malheur d'un seul homme brise tous les liens de la grande communion humaine, rassemblée dans l'Eglise, qui est le corps de la foi et de la chanté. Sur ce principe, le saint docteur conclut qu'un chrétien vraiment sage ne doit point conserver sa vie aux dépens d'un autre; que dans un naufrage il ne doit point arracher aux mains d'un autre la planche qui peut le sauver; et même que, attaqué par un* voleur, il doit s'abstemr do le frapper, de peur qu'en défendant sa vie, il ne aétruise la chanté. Il appuie sa décision sur ce passage do l'Evangile : Remittc gladium iuum in ro-
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Înnam: ouï tnim Jerit gladio^ gladio peribit. I intenlit le trauc du blé, et il s'élève avec force contre ceux qui, dans des temps de stérLlitéy ferment l'entrée de leur ville aux étrangers, comme à Rome, d'où la disette avait fait chasser beaucoup de pauvres qui y résidaient depuis longtemps.
En toutes circonstances, c'est donc toujours l'honnête qui doit être préféré à l'utile. Aussi condamne-t-il formellement tout trafic dans les clercs , toute ruse employée en vue d'un gain sordide, toute fraude dans les écrits, tout faux dans les contrats. 11 recommande, dans la gestion des affaires, la bonne foi, la justice, l'équité, et surtout la plus grande discrétion dans les promesses et la plus scrupuleuse fidélité, à les accomplir ; discrétion, pour ne point faire de promesses imprudentes , et dont Taccomplissement serait un crime, comme l'homicide d'Hérode et le parricide de Jephté ; et fidélité aussi inébranlable que celle des anciens patriarches , qui ne promettaient à Dieu que des choses utiles à leurs frères, et qui mettaient toute leur gloire à tenir parole. Il cite les exemples de Judith, de Moïse, de Tobie, d'Elisée, de Suzanne, d'Esther, de Jonathas, d'Abimelech et de Jean-Baptiste , qui ont loigours préféré le juste et rhonnôle à tous les avantages temporels et à tous les intérêts de la vie. Enfin il termine ce dernier livre de son traité par l'éloge de l'amitié chrétienne, les devoirs qu'elle impose, et les fruits de douce piété qu elle peut produire pour le bonheur. Il conclut enfin en disant à ceux pour qui ce livre a été écrit que l'expérience leur apprendra, avec l'âge, si les préceptes qu'il renferme et les exemples de vertu qu'il cite des anciens patriarches pourront leur être de quelque utilité.
De la Virginité, en 377. — Une des premières vertus de la religion, c'est la virginité. Le premier devoir d'un pontife est donc d|en inspirer le goût , d'en cultiver l'esprit , d'en prràagcr le culte, en la faisant aimer et bénir. C'est donc dans ce but que le saint évêque de Milan composa, sur cette matière, un grand nombre de discours qu'il débita avec tant de force et d'éloquence, que sa réputation s'en répandit jusqu'au delà des mers. A la prière de sainte Marcelline, sa sœur, il consentit à rédiger par écrit ce qu'il avait prononcé de vive voix devant les fidèles, et publia ses sermons en forme de traité qu'il divisa en trois parties , ou trois livres. I" Livre, — Le premier livre commence j)ar une préface, dans laquelle il parle de luimême avec l'expression de la plus complète humilité. Il pousse la modestie jusqu à se reconnaître incapable de traiter une matière aussi délicate et aussi relevée. Cependant , dit-il , il l'entreprend, non en comptant sur la force et la beauté de son génie, mais sur le secours du ciel, qui ne manque jamais aux bonnes intentions. II n'est pas plus difficile à Dieu, pour la gloire de son Eglise, de faire sortir du fonds stérile de son esprit les fleurs de l'éloquence la plus vive et la plus variée , qu'il ne lui fut difficile autrefois de fairo
fleurir la verge d'Aaron conservée dans le tabernacle. — 11 entre ensuite en matière par l'éloge do sainte Agnès, dont on célébrait la fête le jour de son premier sermon. 11 fait ressortir, par une élégante et magnifique description , les vertus de cette illustre vierge, qui a eu le singulier mérite d'offrir, en même temps et dans une seule victime, deux sacrifices à la fois, l'un de chasteté et l'autre de religion. — Il traite ensuite de la virginité, qu'il exalte, non pas tant parce qu'elle se rencontre dans les martyrs et qu'elle inspire le goût et l'ardeur de ce sacrifice, que parce qu'elle descend du ciel et qu'elle refait l'homme à l'image de Dieu. Les païens ne l'ont pas connue : la chasteté cies vestales et des prétresses de Pallas n'était pas une virginité, puisqu'elle n'était ni perpétuelle, ni fondée sur l'innocence des mœurs. Limitée par l'âge , elle entretenait l'espérance, en fomentant les désirs de la dépravation. La virginité chrétienne, au contraire, est une exemption de toutes souillures, même des plus innocentes et des plus permises. Aussi , quoiqu'elle ne soit que de conseil beaucoup plus que de précepte, elle est cependant bien plus excellente que le mariage. Delà un parallèle de cesdeux états oiï tout l'avantage demeure évidemment aux vierges. Nous n'en citerons rien , nous aimons mieux renvoj^er au livre; en les retouchant » nous déparerions les beautés de Tauteur.
11' Livre, — Le saint docteur exposo ensuite les devoirs des vierges, et leur enseigne les règles de conduite qu'elles doivent observer, moins encore eu leur donnant des préceptes qu'en leur proposant des exemples , et le plus parfait de tous, c'est-à-dire celui en qui se trouvent réunis tous les traits de la perfection, c'est celui de la sainte Vierge. En effet , rien n'est beau , rien n'est doux, rien n'est frais et suave comme le tableau qu'il fait de sa vie , en l'esquissant, à grands traits , de couleurs qu'il emprunte tour à tour à l'Evangile et à l'Ancien Testament. Le second exemple est celui de sainte Thècle , dont tout le monde connaît la pudeur jusque dans le martyre, puisque les brutes elles-mêmes ont respecté dans sa chair les membres convoités par la brutaUté des hommes. — Enfin, il termine la série de ces exemples par celui d'une vierge d'Antioche qui, placée dans l'alternative ou de perdre la vie ou de perdre la virginité, fut exposée , dans un lupanar , à la brutalité du premierqui viendrait pour abuser de ses charmes. La Pj ovidence permit que ce fût un soldat chrétien , qui se contenta de changer d'habits avec elle, et lui donna ainsi le moyen de sortir vierge d'un lieu de débauche et de prostitution. Le tyran, instruit de ce qui s'était' passé, condamna le soldat à mort ; la vierge vint lui disputer les honneurs du combat ; mais on les mit d'accord, en leur donnant à tous les deux la palme du martyre. — Aj)rès un pareil trait, s'écrie I« saint docteur, qu'est-ce donc que l'amitié da Damon et de Pythias, si célèbres chez les philosophes païens ?... Là» ce sont deux hom-
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mos ; iiMâ loi il jr a une \mne fille, obligée da Taiocra la faiblesse de ^on sexe ; là, oe . eoDt deux «mis unis depuis loa^emps par les Uens les plus étroits ; mais id ce sont deux persoimes qui ne ^e œnnaissent poiot ; daus le premier de ces exemples , l'un des deux ne pouvait éviter la mort.; dans le second, au contraire, il était au pouvoir de la Tierce et du soldat de se sauver tous tes deux : une faiblesse suffisait pour les faire absoudre.
III.* Livr€, — Comme ce livre, bien qu*éjcritpour tout le monde , a été spécialement dédié à sa soBur sainte Marcelline, le saint xlocteur lui rappelle le discours prononcé par le pape Libère, dans la cérémonie de ses vœux. Ensuite, s'adressant à la société des vierges chrétiennes, il leur recommande à toutes raccooiplissement des devoirs de leur profession, c'est-àndire, la sobriété dans les pepas, la modération dans les habitudes, la fuite du monde, le silence, et, à l'exemple de sa SQSor, le don de la prière et le don des larmes ; mais il s'élève surtout avec une sainte véhémence contre tous les plaisirs défendus, et en particulier contre oelui de ia danse. 11 leur rappelle le mot d'un célèbre orateur païen : Éfemo salM $obriufy nisi tusaïuir.-et il leur expose les suites criminelles de la danse d*iIéroaiade, qui fut cause de la mort de lean-Baptiste. — Enfin, il termine son traité en répondant à la question que sainte Marcelline lui avait posée, savoir, ce qu'il faut penser des vierges qui se sont donmêla mort à elles-mêmes plutôt que de tomt>er entre les mains des persécuteurs. 11 ré- •pond que ce zèle n'est point contraire à la loi nie r£vangile, parce qu'il est à présumer
3u')l vient de Dieu. Il appuie sa réponse es exemples de sainte Pélagie et de sainte 4Sothère , qui ont cherché 4ans la moii volontaire un refuge pour se mettre à l'abri de l'impure brutalité des tyrans.
lÀpre des vmvt$, en 3T7. — Ce livre suivit 4e près le traité de la Virginité. Saint Âmbroise l'écrivit à l'occasion d'une veuve qu'il ^vait exhortée à quitter le deuil de son mari, et qui abusait de ce conseil jusqu'à s'en faire le ppétexte public d*un second mariage, dans un ftge oA Ton ne doit plus penser qu'à mourir. Craignant de passer dans - le monde 'pour conseiller les secondes nooes , il eom-
ÎQsa €e traité, dans lequel il s'appliqua à re- ^verlagloiradu'veuvage presque jusqu'à la hauteur de la virginité. Les preuves qu'il •en appofte, c'est d'abord le témoignage de «oint Paul, qui confond dans un même eloçe et les veuves et les vierges, donttoute la vie doH être de travailler à se rendre saintes de -corps et d'esprit, en ne s'occupent que des choses du Seig^ieur ; mais il cite aussi, avec une comnlaisanee de prédilection, les exem-
Îles de plusieurs veuves de l'Ancien et du fouveau Testament, de Noémi, Judith,Débora, Anne, Jahel, delà veuve deSareptaet de la belle-mèredesaint Pierre. Il raconteles grâces et les bénédictions dont leur viduité aété honorée, etil exhorte les vierges chrétiennes h lesimHerdaDsleursTertus etdans leurs per-
fecttoos. Il fait voir ensuite la faiblesse des raisons dont leslemmes ont coutume de se servir pour s'engager dans les liens d'un second mariage ; cependant, en eonseillaat la viduité comme un état {)lus parfait, il a soia de déclarer qu'il n'en fait |)eint un précepte, et qu'il est loin de condamner les secondes noces; bien plus, à propos des troisièmes et des quatrièmes , il se contente de dire qu'il ne les approuve pas, sans les condamner préoisémeol comme une prostitution et comme un crime.
Pour ce qui est du mariage en général, il en prend la défense fontra les marcîpnîtes, les manichéens et les autres héféiiq les de son temps qui le condamnaient. 11 les traite de Iqups revêtus de peaux de brebis, qui voulaient porter les autres à u*ie chasteté qu'ils n'observaient pas ; de pharisiens hypocrites, qui accablaient les autres sous la pesanteur d un fardeau qu'ils ne voulaient pas seulement toucher du bout du doigt. Enfin il déclare que tout ce qu'il a djt sur la viduité n'est pas un précepte, mais un conseil ; qu'il s'est propose, dans son livre, non de tendre des pièges pour faire tomber les autres, mais de «'acquitter de sa charge de pasteur, qui est de cultiver le champ de l'Eglise, d y faire fleurir la virginité dans tout son ^clat, d*j faire régner la gravité des veuves dans toute sa force et dans toute sa vigueur, et d'y recueillir les fruits de la continence eoiûusale dans toute leur abondance et dans tou^e leur fécondité.
Education d'une t^ierye, 891, — Ce livre, adressé à une vierge d* A ntioehe, nommée Ambrosie et consacrée à lésus-^hrist par le saint pontife, n'a pu être composé, au plus tôt, que vers la nn de Tan 391 , puisqu'il y attaque l'hérésie de Bonose, qui fut condamné, pour la première fois, dans le concile de€epoue, tenu la même année.
Après avoir esquissé l'éloge de la virginité, qu'il termine en disant que ses princi- {>aux devoirs sont la retraite, le silence et 'oraison, saint Ambroise entreprend l'apologie du sexe, et montre que c'est à fort qtron accuse les femmes d'être la cause des misères du genre humain, et un sujet perpétuel de scandale et de chute parmi les nommes. Le péché de la femme a été moins
f;rave, dès le principe, que le péché de 'homme ; car , si l'homme n'a pu résister à la femme, qui est un être si fainle et si débile, comment la femme aurait-elle résisté à l'ange, qui lui est si supérieur ea force et en pouvoir ? Si l'homme n'a pu garder le commandement qu'il avait re^n oe Dieu, comment lafemme aurait-elle mieux observé le commandement de son mari ? L'excuse d*Eve coupable est donc dans le péché d'Adam, fii eue a péché avant l'homme, elle a été la première à avouer sa faute^ qu'elle continue d'expier encore tous les jours; et si Eve a occasionné la condamnation du ^' genre humain, Marie a réparé celte perte, et bien au delà , par l'enfantement du Sauveur. — A ce propos il attaque fhérésie de ceux qui niaieatla tirginitéperDétudle-dolu
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Mère de Dieu. Il répond d*abord aux objections qui forment le fonds de leur systèm?.
Le terme de femme^ dont l'Ecriture se sert en désignant la sainte Vierge : Q^id mihi et tibi, mulier ? ne blesse en aucune manière sa Tirg'4iîl«^ ; c'est un mol qui désigna le si'ie et nûji le mariage. Eve le portait avant que àOD D^ari ne Teût connue, puisqu'elle 1 avait reçu dès le parad s terrestre. — Ce qui est dit en saint Matthieu : Maria inventa est, antequam convertirent^ in utero habens de Spiritu sancÈQ, n'intéresse point non plus la virginité perpétuelle de Marie. C'est la coutume de TErriiure de marquer clairement ce qu'elle veut faire connaître, sans s'arrêter à la question incidente. Par la même raison , on ne peut pas dire que Joseph ait connu la sainte Vierge, parce qu'il est écrit plus bas : Non cognovit eam 4onec peperit ^lium; pas plus qu on ne peut dire q>ie Dieu ait cesse d'être Pieu, parce qu'il est écr t dans Isaïe : Ego sum Deus, et donep senescatis^ ego sum. Quant à l'argument tiré des frères de Jésus-Cbrist dont il est parlé dans l'Evangile^ 00 peut répondre au'ils ont appartenu i saint Joseph et non à Marie , et qu'au surplus le nom du frères s'accorde indiffère aiment à tous les individus d'une môme race, à tous les citoyens d'une mémo nation.
C'est sur les débris de ce système que le saint docteur établit les fondements de la doctrine catholique» et il l'appuie sur toutes les raisons connues, — Sur la prophétie d'Ezéchiel : ft ait ad me Dominus: Porta hœc çtausa eri(f et Mmo aperiet, et nemo transibit per eauif quoniam bominu$ Deus Inrael transibit par fOffkt^t erif clausa; sur la parole de l'évangile i Qn^od tx ea nascetur^ de Sptritu sancto e^^;sur les mythes, sur lessym* boles, sur les Qgur(9s de ^Anci^a Testament qui la dési^nerit pomme la rejeton de la tige de Jesse qui Qe produit qu'une fl<iur ; comme yn» OQuronq^ de PQ^ut^ ^ntre les mains du Seigneur | ooq^g une nuée lé^ gère et transparente ; QOïs^mB la jBleur des chaipps, comme h Us des v.^Uées, comqoe la myrrne ^^al^t ^ef çreqaier^ p^rfuqis ; en^ fin sur tpuies les rp^spas de convenapoe, par lesquelles la théolnjàç, d'accord ^vec la piété exceptionnelle d^la Vierge » a coutume de venger U pl^p belle yer(u ^t le plus admirable privilège dp p^it9 ^i^to ]tfère de Dieu.
Exhortqiiù» à W pirfinité, 303* -- Gq livre est cofppp^é d'un discours que le ^iqt évèque de Miian prononça, ^ f lorence, lors de la dédicace d'une égUs^ qu'une pieuse veuve» npi^mée .Jultemie, y avait fait bjlir. C'est cette église qui depuis fut nommée ba-silique Ambrosienne. On a donné à ce sermon de circonstani^e le titre d*exhortation i la virginité ; parce que la plus grande paplie en est consacrée ^ l'instruction des trois fllles de cette aainte veuve. Saint Ambroise /ait l'éloge de sa piété, et il en donne pour preuve 1 église qu'elle vient de faire construire ; la belle éducation qu'elle a donnée à aas enfants ; la constance avec laquelle elle supporte la perte de son mari^ et le$ isionaeila
pressants par lesquels elle j^nx^oupagoait ses trois filles et son Qls à devenir les héritiers de ses vertys. Il la fait parler elle-même* et la représente traçant à sq$ filles une peinture natur^'IIe et saisissant^ des incopvéniants du mariage, de la servitude attachée à cet état, des avantages de la virginité et du bonheur de ne jamais posséder d'autre époux (^ue Jésus-Christ. Les livres saints ont accordé à plusieurs femmes de grands éloges ; mais ce n'est qu'aux vier^^es qu'ils reconnaissent le privili^ge d'avoir procuré Je salut des peuples. C'est une vierge qui, dans l'Ancien Testament, fait passer h pied sec la mer Rouge aux Hébreux ; c'est une vierge qui, au temps de l'Evangilei enfante l'auteur et le rédempteur du monde. L'Eglise e^t vierge ; la lille de Slon est vierge ; Jérusalem, cette ville qui est dans le ciel, est vierge» et c'est à un apôtre vierge que Jésus-Christ mourant confie sa mère. Aux in;>truetions
Îu'il met dans la bouche de cette mère, saint mbroise croit devoir ajouter les siennes. Il s'étend sur le zèle avec leguel elles doivent s'appliquer à chercher, jour et nuit, le Sauveur dans le silence, dans la prière et dans la méditation des saintes Ecriture^. II leur prescrit la vi^lance sur elles-mêmi^s, le chant des psaumes, la récitation du symbole, le détachement de la viOi l'amour de la {mreté, le maoris des ornements mondains , a simplicité evangélique, la fuite d^s plaiairs, 1 amour des larmes et le culte de la dou^ leur. Ensuite, s'adressaut à Julienne, il lui promet que Dieu la répompau^ra de lui avoir consacré tous ses enjbnts, et il finit ^a conjurant le Seigneur de laisser tomber UA rej^ard paternel sur le temfde qu'il vient de lui dédier, sur les autels érigés en son honneur, et sur les pierres spirituelles dont çfi lui avait ménagé un tabernacle yraio^eut digne de sa présence et de so'n cour ; il le supplie d'e](auoar les prières d^ eeux qui l'ipyoqu^ront dans ce saint liçu^ pt d'avoir pogr a^a):)les le|i sacrifices qui y sont offert^.
De la chute 4'm^ viergs.—Uf^e viçrjge^ QOOImée Su^nne, ^*était laissé corrompre. Le saint prélat l'exhorte à racheter aa mUù par son rep^ptir, et à en faire pénitence dfQ^ la douleur et d^ns les larmes* Les rèj^es qu'il trace de cette pénitence, en témoignant, par leur austérité de la grandei^* de ù fautet démontrent, mi^ux que tout 1§ r^ste« Texçellence de la virginité. Jl inveçh.ve aqsuite violemment le séducteur de la vie^i^^^ i\ le traite d^ &ls an serpept» d'agi^t du déO^Qn» de profanateur du teipple. de JPiaUf •§( il le menace 4m ^prt de Baltl^^rf qnh ^vea ses concubines at sçi$ courMs«ius, avait ORé |M>ire dans 1^ v^ses sacrést ravis par Nabuci|(Klonosor au temple de Jérusalem. Pui# wfin» r^venant à âu^anne^après lui avtur coasé^iUtft une dernière fois, tous les gémissements tt toutes les lamentations du repentir, il la console en lui montrant, dans l'avenir^ aorès ces jours de réparation, le pardon de 9ieu at l'espérance du bonheur éternel.
Des myetèresy 887.— Quelc^ues protestants
xoA x^oatefilé à aaiot .^iibcûisa la propriété
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de ce livre; mais les plus raisonnables d'entre eui, tels que Blondel, Forbesius et
{plusieurs autres, sont convenus qu'il fallait aisser ce saint évoque en possession d*un traité qui a toujours porté son nom, et qui d'ailleurs se fait suffisamment reconnaître par sa doctrine et par son style. — Ce livre n'est autre chose qu'une instruction que le saint docteur fit aux nouveaux baptisés, la veille de Pâques, et dans laquelle il leur expliqua les trois sacrements que la primitive Eglise avait coutume de conférer, le même îour, savoir : le baptême, la confirmation, l'eucharistie.
On commençait les cérémonies du baptême par ouvrir les oreilles du catéchumène en lui disant Ephpheia^ Ouvrez-vous, afin qu'il sût ce qu'on lui demandait et ce qu'il devait répondre. On l'introduisait ensuite dans le Saint des saints, pour y recevoir le caractère de la régénération; mais auparavant, en présence du diacre, du prêtre et de l'évêque, il renonçait au démon, en se tournant vers l'occident, comme pour lui résister en face, après quoi il regardait l'orient, comme pour contempler Jésus-Christ. C'est à ce moment que Tévéque faisait la bénédiction du bain sacré, suivant les rites que l'Eglise observe encore de nos jours ; enfin on plongeait le catéchumène dans les eaux adoucies par le signe de la croix; et dès lors il était purifié de toutes ses souillures, il était lavé de tous ses péchés. Car il y a trois choses qui rendent témoignage dans le baptême : SpirituSf aqua^ et sanguis; l'absence d'une seule suffit pour rendre nul l'effet de ce sacrement. En effet, qu'est-ce que l'eau sans la croix de Jésus-Cnrist ? Un élément ordinaire ; et cependant, point de régénération sans l'eau, point de salut sans le Saint- Esprit : NUi qaxs rmatui fuerit ex aqtM et Sptritu êancto ; point de baptême non plus , partant, point de gr&ce, point de vie, s'il n'est conféré au nom du Père, du Fils, et da Saint-Esprit : Baptisantes eos in nomine Pchtris, et Filiif et Spiritus sancti.
Au sortir des fonts, le nouveau baptisé courbait la tête sous la main de l'évêque, qui lui imposait l'onction qui le consacrait
Earmi la race choisie, la tribu privilégiée, i nation bénie du Seigneur; puis on lui lavait les pieds, comme Jésus-Christ le fit è ses apôtres, et on le revêtait de la robe blanche, en signe d'innocence et de pureté. Aprèsquoi il recevait le sceau spirituel, l'es-
{)rit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de orce et de conseil, l'esprit de connaissance et de piété et l'esprit de la sainte crainte, dans le sacrement de confirmation qui lui était conféré par ces paroles de l'Epltre aux Corinthiens que l'évêque récitait tout haut : Dieu le Pire vous a marqué de son sceau; Jésus-Christ Notre-Seigneur vous a confirmé et a déposé les arrhes du Saint-Esprit dans votre cœur.
Ainsi purifié par le baptême, fortifié par la confirmation, dépouillé du vieil homme et revêtu de la jeunesse de Taigle, le nouveau baptisé s'avançait vers l'autel du Sei-
gneur, en répétant avec le Psalmiste : Introi- 00 ad altareDeif ad Deum qui lœiificat juvenn tutem meam. Là, voyant le saint autel orné et paré, il s'écriait, aans l'élan de son admiration et de sa reconnaissance : Parasti^ Do^ mtne, in conspectu meo mensam... DominuM régit me et nxhil mihi deerit^ et in loco pa^ cuœ ibi me collocavit. Et il assistait pour la première fois au saint sacrifice et se nourrissait de la chair de l'agneau de Dieu. — Pour démontrer l'excellence de l'eucharistie, saint Ambroise explique les figures de l'Ancien Testament, le sacrifice de Melchisédech, la manne du désert, l'eau que Moïse tira du rocher, et il fait ressortir de tout cela des preuves de la présence réelle et de la trans substantiation du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Cfhrist.
^ Ici, nous ne pouvons résister au plaisir de citer un des plus beaux passages de ce livre, dans lequel le saint docteur élève la dignité du style et la magnificence des pensées presque lusqu'à la hauteur de ce sujet divin. « Considérez, dit-il, quel est le plus excellent, ou de cette nourriture que Dieu donnait aux Israélites dans le désert, et qu'on appellait le pain des anges ; ou de la chair de Jésus- Christ, qui est le corps de la vie même? Celle-là tombait du ciel, celle-ci est au-dessus du ciel ; celle-là était la manne des cieux, celle-ci est la manne du Seigneur des cieux; celle-là était sujette à se corrompre, quand on la gardait d'un jour à l'autre ; celleci est tellement éloignée de la corruption, que quiconque la mangera avec piété deviendra incorruptible. L'eau coula d'un rocher en faveur des Juifs, mais pour vous le sang coule de Jésus-Christ même; cette eau les désaltéra pendant quelques heures, le sang de Jésus-Christ vous ^ave et vous purifie pour l'éternité. Le Juif, boit et a encore soif; mais quand vous aurez bu de ce saint breuvage, vous ne pourrez plus être altérés ; toutes ces figures n'étaient que l'ombre, l'eucharistie est la vérité. »
Des sficrements. — On attribue '^tncore à saint Ambroise six livres de sacrements; mais, au rapport de dom Ceillier et de plusieurs critiques des plus érudits, ces livres ne lui appartiennent pas : ils appuient cette exclusion de plusieurs raisonnements dont voici les principaux : 1* parce que les anciens, auteurs ne les ont jamais cités sous le nom de saint Ambroise; 2" parce que les plus anciens manuscrits du saint docteur n'en font point mention ; 3" parce que ces livres ne sont rien autre chose qu'une répétition et une imitation de ce qu'il a dit, dans ses traités des mystères et de l'institution des vierges; l^• parce que le style ne ressemble en rien à celui du saint docteur, toujours remarquable par son élégance et sa précision; 5** parce qu'il emprunte ses textes a une version de l'Ecriture qui a toujours été réprouvée par saint Ambroise; &' parce que» enfin, au témoignage de saint Augustin, ce livre des sacrements nétait pas compris dans le catalogue des autres ouvrages du saint docteur,
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De la Pénitence j 393.— Les deux livres de la pénitence ont été écrits contre les novatiens. Le but de l'auteur est de prouver que rÈglise possède le pouvoir de remettre tous les péchés, excepté le péché originel, effacé parle baptême.. Après avoir expliqué la péuitence dans toutes ses parties, et comme vertu et comme sacrement, le pieux évoque exhorte tous les chrétiens à Tembrasser avec ardeur et à la pratiquer avec zèle, comme un dernier moyen de salut.
Il débute par un éloge de la douceur catholique, qu*il met en opposition avec la du< reté des novatiens qui repoussent et *qui excluent de Tamour de Dieu et de l'espérance des biens à venir ceux que le Sauveur est venu chercher sur la terre pour les soulager et les sauver; ceux que sa grâce continue de poursuivre tous les jours, jusqu'à ce qu'elle les ait atteints et ramenés par la pénitenre dans le bercail de l'Eglise, (jui est comme le vestibule du ciel.— C'est à tort, dit-il, que les novatiens refusent la communion à ceux qui sont tombés en faute, puisque le Sauveur, en instituant la pénitence, n'excepte aucun crime de son pardon. Quorum remiseritis peccata remittuniur. L*Eglise a-t-elle le droit d*en user autrement [ue le Sauveur? 11 réfute uue à une toutes es objections des novatiens, soit qu'ils les tirent de l'immutabilité de Dieu, qui ne peut changer ainsi sa colère en amour; soit qu'ils essaient de les faire ressortir de la busse inutilité de prier, pour l'homme qui a péché contre Dieu, et pour celui dont le péché va jusqu'à la mort. Il montre que, dans ce cas-là, ce n'est pas Dieu qui change, mais le pécheur qui convertit son ingratitude en repentir; que nulle part l'Ecriture n'a défendu de prier pour le pécheur, mais que l'expression objectée : Quis orabU ? marque seulement, pour certains crimes, la difficulté d'obtenir le pardon; et qu'enfin il n'est point de péché qui aille jusqu'à la mort, puisque Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que tous ceux qui croiront en lui ne meurent point, mais qu'ils possèdent la vie éternelle. Par conséquent, que les ministres de l'Eglise ne doivent point refuser l'absolution, pour quelque crime que ce soit; qu'ils doivent traiter les plus grands pécheurs avec beaucoup d'indulgence et de bonté ; que toute leur sévérité ne doit aboutir qu*à humilier la chair par les exercices de la mortification, pour guérir l'Ame du pécheur par la pénitence; qu'ils ne doivent le livrer à Satan, c'est-à-dire, le priver de la participation des sacrements, que pour un certain temps ; mais qu'ensuite ils doivent lui en ouvrir l'accès, lorsqu'il a mérité cette çr&ce par ses bonnes ceuvres, et par les prières et les gémissements des fidèles qui ont sollicité sa réconciliation et son rétablissement.
Ce n'est pas seulement avec tout le zèle de la foi, mais avec toute la promptitude de la soumission, qu'il veut qu'on embrasse la pénitence; dans la crainte que le père de famille, venant visiter l'arbre qu'il a planta
dans sa vigne, et le trouvant dépounru do fruits, ne le fasse couper et jeter au feu. C'est sans hésitation et sans retard qu'il faut confesser ses fautes, malgré la honte et l'hu^ miliation. Abraham s'est considéré comme une cendre et une poussière, et il a trouvé grâce devant Dieu ; Job lui-même a retrouvé sur son fumier le centuple des biens qu'il avait perdus. Ne rougissons donc pas de confesser les fautes que nous avons commises; car, c'est justement la honte de cet aveu qui, comme le soc de la charrue, labourera le champ de notre cœur, en retournera les épines, et lui fera produire des fruits pour l'éternité. — 11 répond ensuite aux deux principales objections des novatiens ; la première tirée de ce passage de saint Paul aux Hébreux : Impossibile est enim eos qui semet êunt illuminali.,., rursus renovari ad^csnitentiam, etc.... Il leur oppose la conduite de saint Paul lui-même, qui reçoit dans la communion de l'Eglise l'incestueux de Corinthe, et il leur prouve, par les termes du passage objecté, qu'il ne pouvaft s'entendre que du baptême, parce que le baptême imprime en nous le mystère de la croix, selon ces autres paroles du même apôtre : Quicunque bapti^ zati sumus in Christo /est»-, in mortem ipsiuê baptizati sumus^ consepulti eiper baptismum. il est impossible que saint Paul ait voulu opposer ses instructions à la doctrine de Jesus-Christ, qui, parla parabole de l'enfant prodigue, nous apprend qu'on ne doit rejeter aucun pécheur, quelque crime qu'il ait commis, pourvu qu'il donne des signes de repentir et qu'il expie ses égarements par de dignes fruits de pénitence.
La seconde objection se tire de cette parole du Sauveur : Omne peccatum et blasphemia remittetur hominibus; Spiritus autem blasphemia non remittetur hominibui ; et qui* cunque dixerit verbum contra filium Aomtnis remittetur ei ; qui autem dixerit contra Spiriium sanctum^ non remittetur et, neque in hoc sœculOf neque in futuro. Mais, comme le fait remarquer le saint docteur, ce sont ces textes mêmes qui détruisent tout le système des novatiens. Puisqu'il est écrit que tout péché, tout blasphème, seraient pardonnes aux hommes, pourquoi ne leur pardonnez-vous rien? Kemettez-leur toutes les fautes, et n'exceptez seulement de votre indulgence que le péché contre le Saint*Esprit. — Non, poursuit-il, nous appartenons à un bon mattre, toiyours prêt à accorder son pardon, et qui n'attend que la conversion du {>écheur pour le sauver. Il n'en excepte ni e peuple juif, qui blasphémait contre le Saint-Esprit, en attribuant à Béelzébub les miracles du Sauveur; ni Simon le Magicien,
3ui voulait acquérir à prix d'argent les dons e Dieu ; ni aucun des hérésiarques qui, par leurs nouveautés impies, jetaient le trouble daus l'Eglise et déchiraient le sein de cette mère commune de tous les fidèles. Judas luimême eût été pardonné, si, au lieu de témoigner aux Juifs le repentir de son crime, il l'eût témoigné à Jésus-Christ lui-même, tes Aovatieus arguaient encore de çett9
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MGTIONMmE m PATR0L06IE.
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parel» des Aetes dos apAtros , oà saint Pierre dit : Bog^ Beum, si forte remittatur 4ibi hœc eogàtaio eordis tuif Maia le i»aiBt docteur leur fait observer qu*ii oe s'agit là que de fiwan le Magicien , cjui » au lieu de croire , ne peusait qu'à séduire les croyants , et que cette expression, sif^rie, oe marque pas toujoui^nn doute, puisque les auteurs profa* nesi, aussi bien que les auteurs sacrés, remploient sûuvetU dsQs te sMS d'une afiSrmatioB. -r- Il nous dofïBB pour modèle d*une vraie pénitence celle des Eotiraimites , dont parie Jérémâe, et û nous exnorte à nous soumettre à Bieu plutôt que de rester soumis au péchés en différent plus longtem{>s Taveu de vm$ erimies et en en retardant l'eipiation . 11 en signale les eondiiions, il en détermine les œuvres, qui doivent être des (Buvres d'humilité, de £oii, de charité, mais de cette charité parEaite qui agit moins par crainte des châtiments que par le désir de nous rendre de nouveau agréables au S^eigoeur, en rentrant dans la communion des saints. U prend occasion de là pour recommander la pénitence publique c
a Qui peut souffrir, dit-il , que vous ayez honte de prier le Seigneur , vous qui n'avez pas honte de prier un homme ? Pouvez-vous rougir de paraître en suppliant devant 0ieu, qui vous connaît , quand vous ne rougissez pas de déclarer devant un homme des fautes qu'il ne peut connaître que par votre confession ? » Que rien donc ne vous détourne de la péaiieuce qui, après tout, n'est qu'une leondition qui vous est commune avec tous les saints ; mais c'est faire injure à la miséricorde de penser qu'on puisse faire pénitence plus d'une fois : comme il n'v a qu'un baptAme , il n'y a aussi qu'une pénitence , e'estrè-«di«e iioe pénitence qui se fasse en public, ear h pénitence de tous les jours est
Kur les imperCectioos de tous les jours ; utre pénitence est pour les grandes fautes, •t ne doit fàs se renouveler. Entin , il termine en manlrant la nécessité d'une pénitence prompte, et en prouvant par plusieurs {lassages de l'Ecriture les dangers que l'on BOKirt en It remettant tous les jours au lendemain.
De la f^. --^ Dn des principaux ouvrages da saiiU Amiiroise , et peut-être le plus im-
Srtant de tous , c'est «ehii qu'il intitula : la fiki. Il est divisé en cinq livres : les âB\x% fjcemiers furent écrits sur la fin de l'anflée 377, è ià nrière de Tempereur Graiien , 4ui, avant d'aller co^ibattre les Goths et secourir son oncle Valens , avait demandé à l'^vèque de Milan un traité où la divinité de lésus-€hrist fût si solidement établie qu'il pût s'en servir somme d'un préservatif pour lui-rtnème, et en même temps comme d'uQe mnpB pour combattre les mauvaises doctrines qui avaient cours en Orient , et surtout t'artanisme, que Valeas appuyait de tout son erédit.-T#sint Àmbroise eut d'abord quelque peine à s'y résoudre , mais le pieui empereur l'en pressa si foit, qu'il ne put résister plus longtemps à ses désirs. U écrivit donc MiiuAlqaes jOttrs4MS deux premiers livres,
Sour ne pas retarder le départ du prince, uelque temps après , Gratien lui en témoigna sa reconnaissance, en le priant de lui envoyer de nouveau ces deux livres, mais avec quelques augmentations, pour prouver la divinité du Saint-Esprit, l't répondre aux objections aue les iariens soulevaient contre la divinité ne Jésus-Christ. Il eu composa trois autres, dont on met l'époque en 379, c'est-àdire après le retour de Gratien en Occident. I" lAvre. — Les premières paroles do premier livre sont un éloge à la piété de l'empereur, qui ne vient pas à lui, comme la reine de Saba, pour apprendre la sagesse de la bouche de Salomon , mais pour appuver la doctrine de l'évêque de tout le poi is de son autotité impériale. Il n'a rien a apprendre, puisque, dès le berceau, Dieu a déposé dans son cœur toutes les pieuses croyances , toutes les saintes affections de la charité. — Il entre ensuite en matière, en faisaul'ressortir la différence qui existe entre la foi csiboli-
Îue et la perfidie arienne, et il établit Tuuité e nature en Dieu et la trinité de personnes; la génération étemelle de Jésus-Christ comme Dieu, puisqu'il en a les attributs, et que THcriture la nomme de quatre noms qui marquent évidemment sa divinité. Il prouve l'unité de nature et l'égalité divine entre Je Père et le Fils par cette parole de la Genèse ; Pluit Dominus a Dominp; par ce verset des psau- ^les : Unxit te Deus^ Deu9 tuiM, oteo lœtUiœ prœ consortibus tuis; par c«' passage dls^e : /n te est DeuSy et non est Deus prater te; par ce mot de Jérémie : Hùc Peu9 noster^ et non reputabitur cdius Deus; par ce passage de Baruch, apj)liqué au Fils : Qui fist cumXomtnibus conversatus, hic est Deus noster et non mstiinabitur alius ad eum ; et enfin par cette sentence significative de saint PayJ : Unus Deus Pater ^ ex que omnia. — 11 expose en« suite les erreurs des ariens , et il les réCute çn continuant de démontrer par j'Ecri^ure que le Fils n'a été ni £ait ni créé , qu'il p'a point commencé dans le temps, piais qu'il est éternel comme le Père, et en tput ^^a4>lable à lui ; en un mot , qu'il est, à propr^^xent parler, le vrai Fils du Père^ suivant cette expression de saint Paul : Filius Deiproprius... quem tradidit Pater , et qui trad^dif sfouttpsum pro nobis. Il prémunit les caiholiqi^s contre les systèmes des philosophes « dont les sophismes faisaient toute la £i>rce des ariens. U les exhorte à s'en tenir, en matière de foi, à la formule de I^icée, qui coptieot le sjrmbole catholique, et il termme en priant Dieu d'inspirer à ses lecteurs ^ et surtout au pieux empereur Gratien, la grâce de neja?mais rien préllérer au précieux clépO^ (le |a foi.
Il* Livre, r— Daqs ce livre le saint docteur continue k montrer que la divinité est le partage du Fils ; puisqu'il en porte tous les noms, il doit en posséder tous les attributs, toutes les propriétés. U exj^lique comment tous ces
termes : A Pâtre missus mjnor Paire..,.,
Obediens usquead mortem filius ad des--
teram Dei sedens , judex vivorum et mortuo^
rum , etc. , bien loin de porter atteinte à la
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MCmOMNAlRE DE PATHOLOGIE.
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dîTinilé de lésus-Cbrist , eomme le préteoilaienl les arieps, ne servent , au contraire , m h la mettre en relief, en faisant la part de i humanité; ce qui l'autorise à établir la distificlion des deuiL natures en Jésus-Christ, et à constater par là même la présence de deux vfflontés. €*est eomme hooune qu'il e^ enfOfé par le Père , qu'il est moindre que le Père ; c'eat eoB)ine nomme qu'il est soumis au Père , et qu'il a poussé Tobéissance iust|u*à ta KHMi ; a'est comme homme qu'il est resstiacM , qu'il est mooté au cie] , et qu'il en redeseendra pour juger tous les homuies; Biais ooEDiBe Dieu il est bon, il est graid, il «fit libre, il eat tout-puissent, c'est-^-dire , il est i*égai de son Père, et il ne forme qu'un Blême Dieu a^ec le Père et le Saint-Esprit, sttiraat cette parole de l'Ëcnture : Sanctus^ tmituë , êanciuê , Daminus Deus Sabaolh. il s*é<èTe contre l'impiété des ariens qui refusent de reconnaître un 9ieu dans celui que saint Pierre a proclamé : Ckristus Filius Dei 9itil 11 les menace des chAtiments de DJeu , aii'iU déshonorent : Qui non honori/ieat FiiHMi, «tan h^nerificat Pairem qui misii eum ; car tout ce que possède le Père a[H^artient au Fils : Omnia quœ Pater habet mea sunt ; et tous eeui oue la Fils condaoïae, ie Père les a déjà €iiaeam«iés. Eofia , it tormioa son livra ea proioattaot à Gratien la victoire sjur les Gotbs » et il espère que le fruit de eetie ▼ictoira aara la pait^ at le boot^aur de l'£gltsa.
m* Lwr4. ^^ Ce troisième livra contient «oa partie des faits et des détfMMiatrations aipoaés dans les deux autres ; maïs il agrandit le cercle des prouvée, en fournissant aux catholiques de nouveaux moyens de coanbattre l'esprit de mensonge, il soutiept qu*AriMa D'eat tombé dans l'erreur que pour n'avoir pas au distinguer deux natures en lésua^hfiatf tandis qu'avec cette distinction toutes lea ot^jeations tomt>ent d'elles-mêmes, et lea passages las plus contestés de l'Ecricriture s'expliquent aisément en appiiouapt •u IMeu ce qui ressort évid^nment du Dieu, et è rhomme ce oui rentre dans les conditions de rhumanite. Ainsi, quand l'Ecriture appelle JPieu le Très-Haut : Tu tolut altissimus nmtr çmnem ierram , elle dit aussi de iésus-Christ : Tu puer propkeia AMssimi toeoheris; quand die le deciariB le seul puissant^ uuta beatus et solus potens j elle met aussi dans la bouche du Père ce témoignage en feveur de la puissance du fils : Posui adjutoriuni super poient^m. Ainsi Jésus-Christ ne sépare point sa m^esté de la majesté de s<in Père : Qui me erubueril et sermones meos , hune et filius hominis erubescet cum venerit in majestatt sua, et Patris, et sonctorum anadorum. — ït saint Pierre déclare , cnnire les ariens qui voudraient diviser le PKiiime de Dieu afin de l'ébranler, qu'il n } a point de différence entre le royaume dû Fils et ie royaume du Père : Ministrabi^ tur vobis introitus m sternum imperium Dei et Domini nostri conservatoris Jesu Chrisii ; une, par conséquent, les termes foetus^ créatus , doliif est y doivent s'entendre , eu bien
suivant la formule ordinaire usitée dans le langage des Ecritures, ou bien en las appliquant exclusivement à l'humanité du Saaveur. A quoi il ajoute que, puisque le terme de substance est employé souvent dans les saints livr4'S, les ariens 'donc ne rejettaot le terme eoii«i»6«^afilté/ que parce qu'ils ne veulent pas confesser que le Verbe est fils de Dieu, il avertit les catholiques da ne pas se laisser prendre à leurs professions da foi , qu'ils changent, qu'ils multiplient, qu'ils déguisent pour les faire passer , mais de s'en tenir invariablement k la foi de t^ieée. -^ U ûi\ii en pi évenant , dans son dernier chapitre , une objection x^u'on aurait \ni lui foire contre la divinité de Jésus-CLbfist, parce qu'il est dit , aux Actes des ap^tMs , que saint Etienne le vit debout , à la droite de Dieu : Stemtem ad dextêram IM; mais cette parole ne prouve rien eontpe la foi de l'ËgUsa, puisque c'est à lui que le saint martyr racoaii* mande son âme : Démine JesUj rseipe spiritum meum^ puisque c'est de lui qu'if implore le pardon de ses persécuteurs : Démine^ ne statuas Ulishoc peecatum. En lui damattdant cette doubla grAce , il lui reconnaissait donc la pouvoir de l'aacorder.
ly* Livre. — 11 n'est pas étonnant que la science, dépourvue do la foi, ait commis tant d'erreui^s «ur la divinité, puisque de Dieu le Père et de son Fils Jesus-Clinst, Notre-Seigneur , ni les anges ni les hommes n'ont pu rien connaître que parla ré vtiation. Aussi toutes les ob^ecttiins des ariens ne sont-elles que des subtilités inventées , aux dépans de la doctrine , par la démangeaison du reiaennement. — Il est écrit , disaient^is t Onmis 4Hrî eapui Ckriëtus 4êt , aajNil aulsm €hri$ti DeiM .--Cela est vrai, répend saint Ambroise, puisque entre rhomme at la feœiaa it y a unité de nature, égalité de substance $ et encore qu'il en serait autrement, cela ne prouverait rien , puisque TApôtre n'a fê^ dit : <^ep%rt Chrisii f^aur, Baais, 4aput ChinHi Deus,
I^aree qu'en effet Dieu, comaBeeréateur, est e chef de 4'tiumanité de Jésus-Christ.
Û est enaere écrit, a)ouleie44->ils < Non po* test Fiiius faetre a se ipso quidquam , «ii5i quod i^iderit Patf>mn fàcimtêm; mais cette difficulté se trouve levée par les paaolea qui terminent immédiatement 4e verset t ^Quœûunque enim ili^ fêosrit , hac si ^Uius simUi" ter faeti ; ces paroles établisaavit évidcBflaent, entre le Père le Fils , non-seuleB»ent sfanilitude. mais 'uniié d'opération. Tout est donc possible au Fils : s il est dit qu'il ne peut agir par lui-même , -c'est qu'il agit indivisiblement avec le Père , et cfu'il est son Verbe vivant, son action eflicaoe , et l'opérateur de ses œuvres. L'impuissance d'en^endper n'est pas une imperfection dans 4e Fils , fnais «un attribut particulier de la nature divine qui n'existe que dans ie Père, et qui ^wQuae %ine fois de plus qu'eu Bien U n'y a ni faifolasse ni impuissance , mais force et unité t aar ce n'est pas par sa volonté, mais par sa natwe, que le Père a engendré son Fila. Or, comme sa nalure est éiernelte, il an réaulta que, dans le ^Hb, ia^énépationnMiqne r^ieraité
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el exclut toule idée de commencement. Quoiqu'on dise que son Père Tait envoyé , cela ne prouve rien contre la divinité du Fils. Son Père Ta envoyé dans le monde, par son incarnation humaine ; et, sa mission accomplie, son Père Ta retiré du monde par sa résurrection. Du reste , à Tégard des personnes divines , la mission n'est pas une marque d'infériorité , puisque nous lisons dans Isaie que le Fils est envoyé non-spu-omenl par le Père, mais par le Saint-Esprit ; et dans saint Jean, que le Père et le Fils envoient le Saint-Esprit. Quant h ces paroles du Sauveur : Ego sum vitis^ Pater meus agricola esty elles ne s'entendent que de l'humanité de Jésus-Christ ; car , de môme que le vigneron cultive la vigne, ainsi le Père a cultivé la chair de Jésus-Christ , qui a pu croître par rage, être coupée dans sa passion, et donner à l'arbre de la croii assez de sève et de vigueur pour abriter le genre humain tout entier à Tombre de ses rameaux.
v" Livre. — Ce livre est eaçore consac-sé tout entier è établir la divinité des trois personnes ^ et particulièrement la divinité du Fils, et à réfuter les objections que les Ariens multipliaient en proportion des preuves que le saint docteur apportait contre leurs systèmes. Us prétendaient que ces paroles du Sauveur, Vita œterna^ ui cognoscanl te Deum virum ety quem misisti^ Jesum Christum, mar-
Suaient, entre son Père et lui, une différence e nature. Hais saint Ambroise leur démontre en deux mots qu'elles établissent la divinité, puisque la connaissance du Fils, comme la connaissance du Père , est également nécessaire au salut. Le terme seul est employé quelquefois, dans l'Ecriture, pour désigner le Père ; mais , bien loin d'être un terme d'exclusion à l'égard du Fils , il n'est, au contraire , qu'un mot significatif usité dans les saints livres pour marquer l'unité de Dieu; car dès le commencement le Verbe existait , et il existait en Dieu : Et Yerbum erat apud Deum. D'où il résulte évidemment qu'on ne doit pas séparer le Fils du Père , pas même dans l'accomplissement de ses actes extérieurs , ni dans l'œuvre de sa création, puisqu'à ce passage d'isaïe. Ego extendi cœlum soluSf on peut opposer bien d'autres passages de l'Ecriture , et en particulier le chapitre huitième des Proverbes tout entier : Qwmdo prœparabat cœlum , euteram^ etc , sans que l'unité de nature entre le Père et le Fils emporte nécessairement la pluralité des dieux, puisque la pluralité résulte bien plus naturellement de la différence que de l'unité. — Pour ce qui est dit de l'adoration que le Fils rend à son Père : Vos adoratis quod nescitis^ nos adoramus quod scimus , Jésus-Christ , là , parle comme homme , et parle à des hommes ; mais quand il ajoute aussitôt : Sed venit horOf et nunc est , quando veri adoratores adroraUfurU Patrem %n spirilu et veritatCj alors il parle comme Dieu , puisqu'il s'exclut luimême de ces devoirs de l'adoration. II en est de même de cette réponse qu'il tit aux entants de Zébédée : Sed^e aadexteram meam
non est meum dore vobis^ sed quibus paralum
est a Pâtre meo ; il est évident qu'il pirle de lui comme homme , puisqu'il [leur aemande ensuite s'ils pourraient boire le calice de sa passion. 11 applique à l'humanité de Jésus- Christ ce qui est dit de sa mission parmi les humnios, et ces paroles de David : uixit Do-
minus Domino meo En général, il périme
toutes les difficultés de l'Ecriture , en maintenant toujours en Jésus-Christ la distinction des deux natures et des deux générations. Il n'est pas jusqu'à la formule du baptême qui ne fournît aux ariens des moyens d'appuyer leur erreur : ils cherchaient à la faire ressortir de Tordre même des mots qui composent cette formule ; mais saint Ambroise les appela des interprètes iuifs, et leur ferma la bouche en produisant plusieurs passages des Ecritures où le Fils est nommé avant le Père. Quant aux autres paroles du Sauveur qui semblent exprimer un doute, ou bien il les expliaue dans leur sens littéral, ou bien il trancne la Question en les at« tribuant à rhmuauité. Ennn , il termine son dernier livre par une prière qui est un hymne magnifique à l'existence de ta Trinité.
Du Saint-Esprit, 381.— Les trois livres du Saint-Esprit, comme nous l'avons fait remarquer, dans l'analyse de l'ouvrage précédent, ont été écrits à la prière de Gratien, à qui le saint évêque les adressa dans les premiers mois de 1 année 381. Suivant le témoignage de saint Jérôme, le style en est faible, lâche , diffus, décoloré, sans dialectique et presque sans raisonnement. C'est une compilation des Grecs, et en particulier d'un magnifique ouvrage de Didyme, dont le pieux clocteur d'Occident na tiré qu'un mauvais livre latin. Mais Rufin nous fait remarquer que l'admiration exclusive de saint Jérôme pour l'œuvre de Didvme l'a emporté un peu trop loin dans la critique du livre de saint Ambroise, quoiqu'il ne soit en partie composé que d'emprunts faits aux meilleurs ouvrages écrits sur le Saint-Esprit.
I" Livre* — Le premier livre commence ar un prologue où la victoire de Gédéon et e sacrifice d un chevreau qu'il immole sur une pierre avec des pains sans levain, nous sont montrés, non-seulement comme une figure de Jésus-Christ et de la liberté conquise par sa rédemption ; mais aussi il trouve dans le prodige de la rosée qui tombait tantôt sur l'aire, et tantôt sur la toison, un symbole de la grâce du Saint-Esprit qui devait passer des Juifs aux chrétiens, et rassembler successivement, dans le sein de l'Eglise l'universalité du genre humain. On ne peut sans impiété ranger l'Esprit-Saint au nombre des créatures, puisqu'en disant de Dieu , Universd serviunt tibif il ne le met pas au nombre des choses qui obéissent ; puisçju'en aiUrmant de Jésus-Christ, Omnia per ipsumfactu sunt^ il se sépare des choses qui ont été faites ; puisau'iL est l'esprit de Dieu, l'esprit de vérité : Quem ego mtttam a
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Paire fneo Spiriium veritatis; l'esprit de Jesus^brist: Unguentum Christi; l'esprit de Tie, par lequel la charité est répandue dans tous les cœurs : Diffusa est cliaritas Dei in cordibus nostris per Spiriium sanctum; l'esprit qui a parlé par les prophètes et les apôtres : Non enim vos estis qui loquimini, sed SpiriiuB Patris vestri qui loquitur in vobis.. Aussi , le blasphème contre TEsprit-Saint esi-ii considéré comme un crime irrémissible : Qui blasphemaverit in Spiriium san-^ e/Mf», neque fcfc, neque in futurum remiUeiur; parce que le blasphème contre le Saint-Esprit est un blasphème contre la Divinité. H possède en elTet tous les attributs de Dieu : il était avant le commencement : Spiritus Dei fertbatur super aquas; rien ne lui met de bornes, rien ne le circonscrit, rien n'impose de limites à sa puissance : Quo ibo a Spiritu tuo? 11 est répandu sur toute chair : tffandam de Spiritu meo super omnem car- «^m, et il remplit l'univers tout entier des dons de sa grâce et de son amour : Spiritus Domini repîevit orbem terrarum. Que faut-il de plus pour assimiler l'Esprit-Saint aux autres personnes divines? C'est en son nom, singularisé dans le nom de la Trinité, que le baptême est conféré à toutes les nations.
iv Livre. — La croyance k la Trinité remonte à l'origine des choses. Nous en trouvons le dogme expliqué dès les premières Sages de la Genèse : Au commencement, >ieu créa le ciel et la terre ; son esprit était porté sur les eaux, tandis que le Fils tirait la lumière des ténèbres, et établissait la distinction de la nuit et du jour. — Après ce prologue, qui ouvre le second livre, il aborde son sujet par l'histoire de Samson, qui marcha de prodiges en prodiges, tant que l'esprit de Dieu fut avec lui, mais qui vit s'éteindre son courage et se briser sa force, dès qu'il fut privé de ce secours. En efiFet, l'Esprit-Saint est la vertu de Dieu, la vertu du Père et du Fils, la vertu de la Trinité: Accipietis virtutem^ adveniente in vos Spiritu soncto; et Ja vie éternelle consiste autant à connaître le Saint-Esprit qu'à connaître le Père et le Fils. Spiritus est qui vivificat. Aussi cette action vivificalrice appartient-elle indivisiblement aux trois personnes divines : Qui suscitavit Christum ex mortuis^ vivificabit et mortalia corpora vestra propter inhabitantem ejus Spiritum in vobis. Le Saint-Esprit est donc créateur avec le Père et le Fils : Yerbo Domini cœli firmati sunt^ et spiritu oris ejus omnis virtus eorum. En effet, comme te Père,il a contribué également de sa substance à former la chair du Fils dans le sein de la sainte Vierge : Quod ex eo nascetur^ de Spiritu sancto est. Il est donc un même Dieu avec le Père et le FUs, et, comme eux, digne des mêmes hommages, de la même adoration, puisque, par une action inséparable de l'influence des deux personnes, il opère avec elles la régénération spirituelle des Ames : Quod natum est de spirttu, spiritus est. — Il explique ce passage objecte par les macédoniens : Ecce ego firmans tonitruum et creane ventum^ en démontrant, par le rap-
prochement des deux expressions, que Ves^ prit^ ici, doit s'entendre du vent que Dieu créa avec le tonnerre. — Il réfute encore un grand nombre d'objections qui ne sont que des chicanes de mots, des vétilles sur des syllabes. Ainsi, la différence qu'il y a entre la particule dans et la particule avec^ le porte à conclure, par plusieurs passages du Nouveau Testament où elles sont employées, que ces sortes de particules ont un sens conjonctif, et non distinctif à l'égard des {)ersonnes divines. Il prouve que la vocation à la foi, la révélation, le don de prophétie, sont des dons du Saint-Esprit aussi bien que des bienfaits du Père et du Fils, qui nous manifestent évidemment, dans les trois personnes, unité de nature et unité d'opération. La vocation à la foi est l'œuvre du Saint-Esprit, puisque c'est lui qui a inspiré aux apôtres d appeler saint Barnabe et Saul aux lonctions de l'apostolat : le premier, afin de combler le vide laissé dans leur saint collège par la trahison de Judas, et le second, pour aller prêcher l'Evan^le de Dieu à toutes les nations de la terre. La révélation est encore l'œuvre de l'Esprit-Saint» puisque Dieu nous atout révélé par le Saintfesprit : Nobis revelavit Deus per Spiritum sanctum. C'est encore du Saint-Esprit que vient le don de prophétie, ainsi que les apôtres le témoignent eux-?mêmes par ce passage des Actes qui termine une interprétation publique gu ils faisaient des prophéties, Visum est Sptritui sancto et nobis. Enfin il détruit cette objection : Spiritus omnia scru^ tatur^ etiam profunda Dei , en démontrant qu'il n'en résulte pas que le Saint-Esprit pénètre des choses qui lui étaient inconnues, puisqu'il est dit au verset qui suit : Quœ Desunty nemo cognovit, nisi Spiritus Dei. Ce n'est donc pas par l'étude qu'il possède cette connaissance, mais elle est en lui par unité de nature et par uniformité de substance avec Dieu.
m' Livre. — Quoique l'Esprit-Saint soit l'envoyé du Père et du Fils, comme nous le témoignent ces deux passages de l'Evangile de saint Jean : Paracletus quem mittet Pater innomine meo.*. Et plus bas : Cum autem VS" nerit Paracletus quem ego mittam vobis a Paire, Spiritum veritalis ; il ne s'ensuit pas, pour cela, qu'il soit inférieur à aucune de ces deux personnes., puisqpi'il est écrit du Fils qu'il est lui-mêôQe envoyé par l'esprit de Dieu pour évangéliser les pauvres et prêcher aux captifs l'avènement de la liberté. Spiritus Domini super me, propter quod unxit me ; evangelizare pauperibus misit me , prœdicare captivis remissionem , et cœcis visum. Il est appelé le doigt de Dieu, comme Jésus-Christ est appelé le fils de sa droite. Ce sont des fagons de parler que l'Ecriture emploie pour nous faciliter l'intelligence des choses divines , et qui nous marquent dans les trois personnes unité de nature et d'opération; car nous trouvons presque partout ces termes usités à propos des œuvres de la création. Le Saint-Espril est donc Dieu avec le Père et le Fils, puis-
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que 9, conjointement avec eux , il doit juger le ftfottde r AtgHéî mundum de oecenta , dé jUêftUiat ei de judieio ; puisque le Fris iûîntètae ne juge peint sans le Saint-Esprit : Qûtih Ddfnlnus Jesu» intefûeiet spirUu oris sM. S^ est IMetr, if n'est efonc pas plus pernfi» de l'dffligev : FfoMe ^&nituiare Spiritum sMctmH Dei, m quo êignaêi eâih: m» plu» peroris de le ieniet : Hae dicit Spifitm j«mer tuà : iêetiftdum diem teniiHiùnis in dêserio^ ttftt iêrtktverunt me pairei vestri^ ptobûeertmt et vidtrunê opéra mea; qu'il n^est permis d'afflis^r Dféu ! Contristastiê me in omnibus At>, meii B^minnê ; ni de tenter Jésus-Ghrist : Non ieniêmu^ Chfistum^ sieut quidam eofum tméàvetunif et a terpent^ug perierunt; maid ait ednîteAte, nous sofooies dans robii^atioft d&Ittl rendre, comme au Père et an Fils, le lùStae cute d'adoration; ear ils sont trois qtti fetîdeol témoignage dans le ciel : Treê êtmfqtti teHimoniwn dani in tœlo^ Fàter^Ver" bum et Spiritus sanctus; et hi très unum suni. -"Toutefois, ce tribut d'adoration rendu au Père, M Fils et ait Saint-Esprit, n'impliqïie pas la* croyance de trois dieui , puisqn'ed procflamanC séparément la sainteté des XroiÈ personnes pottr établit la distinction de i«l Trinité , notts nous fésamons par un schil mot qui marque Tunité de tNeu : Sancltis, sfmoMj êanetu» Domitlus Sabaath.^Le reste du Htre est une récapitulation des ptenves afppoHée^ dans les deux précédents; mais 11 donsacfe son d'ef nier chapitre à faire ressortir Funité de Dieu dans fa trinité des personnes i unité de règne, utiîté de puissance, unité de majesté, et il le ferme enfin par cette apostrophe à Arias : <r Maintenant, Arius, sépare, si tu l*oses, TEspril-Saint de la société du rère et du Fils, et tu rernis fe ctel crouh r sur ta tête ; car l'Esprit est la force de Dieu : porter la main Sur lui, c'est aftaquer la Divinité tout entière. »
be Vlneatnatian. — Le traité de Tîncamation était d'abord un discours auquel le saint évéque donna dans la suite la farme d'un lirre. H le prononça vers Tan 382, pour réfuter les objections que deux chambellans de l'empereur Gratien, entichés d ariaiisme, lui avaient proposées. Saint Ambroise, qui leur avait demandé deux jours pour prépar 'i* sa réponse, ne les trouva plus au nornh e de ses auditeurs; une chute de cheval 'uur avait donné h mort sans leur laisser î^ temps de se i*ecîonnaître et de revenir à de meilleurs sentiments. Le discours n'en fut pas moins
Ert)noncé, ëri préseùce d'un concours noiureùt de peuple et de fidèles ; ses principaux arguments sont dirigés contre les erreurs des apoUinaristes.
Saint Ambroise commence son livre parle d«*nombrement des hérétiques qui ont erré sur le Fils de Dieu : les juifs, qui ne veulent
Sas reconnaître le Pils do Dieu dans k lus e Marie; les eunomiens , qui font sortir 1^ génération do Christ des traditions à^ *d philosophie; les sabelllens, qui confuudent le Fils avec le Père et n'en font qu'une seule personne; les marcionites , qui distinguent deux dieai successifs , luu de rAuclen et
rautr<5 du Nouveau Testament ; les manichéens et les valentiniens, qtii nient que le Christ se soit réellement revdUi de Is chair buioaine; puis il arrive aux bérétiqaes de son temps,et,sans nommer lesapoilineriste^, il attaque vertement ceux qui de son tefiips enseignaient que le Christ n*avait pris de Hiomme que la chair et lui refusei«>Bt tine Ame raisonnaMe. Il compare leur efime à celui de Gain, qirt offrait un sacrifice odif^ut au Seigneur , et il leu^ applique h tous la mniédiction dont il fut fbappé. Entrait ensuite en matière, ii emploie les fermes les plus convaincants deFEcritttre pouf firouver, contre les ariens , réternlté et la divinité du Verbe : l'éternité, puisque le Verbe était dès le eommeùdement: lii principio emt Verbnm^ c'est-è-dire avant Uytis les temps, et même avant les anges ; car , bien qu'on ne pttisse assigne? l'époque de leur création , on est toujours certain qu'ils ont commencé^ tandis que TRcriture ne dit pas un mot oui puisse impliquer, pour le Verbe, l'idée d un comihencement, puisqu'au contraire le saint évangéliste ajoute aussitôt : Et Verbtim erat apud Deum, et Dens erût Verbum. Du reste, la divinité du Verbe a été proclamée hautement par saint Pierre dabs cette belle réponse provoquée par le Christ hii-méme, quand, demandant à ses disciples ee qu'ils
{Pensaient de lui : Quem tos me esèe dititit? 'Apôtre lui répondit incontinent : Tu es CAri- 8tus Filius De% mm, témoignage que le Christ accepta comme une profession de foi, comme un hommage à sa divinité. Aussi , pour Ten récompenser, l'établit-il immédiaièment le chef de son Église : Tu et Peirus , et super hùJic petram œdificaho Ecclesiam meûm. Depuis, la foi de saint Pierre est le fondement lie TEgfisef, car la foi de l'Eglise consiste à croire que le Christ est le Pifs de Dieu, qu'il est né du i ère de toute éternité*, qu'il est né dans le temps de la vierge Marie, et que ces deux naissances, si difi'éren tes qu'elles soient, ne sont pourtant pas incompatibles. Le Père a engf'ndré le Verbe, la Vierge adonné naissance à l'homme, et l'homme uni au Verbe est devenu le Sauveur.
II démontre ensuite à tous ces hérésiarques que toutes leurs erreurs provenaient du môme fonds d'égarement, c'est-à-dire de l'obstination qu'ils mettaient à confondre la chair de Jésus-Christ avec sa divinité, ne séparant jamais en lui le Dieu de l'homme, de sorte qu'on peut affirmer , en toute vérité, que le Christ souffrait et ne soulfrait pas, qu'il mourait et ne mourait pas, qu'il ressuscitait et ne ressuscitait pas, puisque, comme Dieu, il restait toujours impassible , imiuortel, sans cohamencemeot et sans fin, — C'est donc unr*. erreur* de soutenir , comme le faisaient certains hérétiques, que le Christ n'a pris que le fantôme de rhumanité.Ceue peut être un fantôme , puisqu'il est né t puisqu'il a conViTsé parmi les hommes, puisqu'il leur a prêché son Evangile , puisqu'il est mort: Spiritus camem et ossa non habet. — C^est uae erreur plus grande encore , d*aflirmor qu*il y a deux persomies eu Jésus - Chri«if
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savoir : le Verbe qui s'est fait chair , et le Fils dé fHcu. Cette parole : Et Verbum raro factum estj ne comporte pas cette distinction, et, qnohju'îi la fin du chapitre noas lisions : Et habifatU in nobis , nous notrs rappelons ce que nous atotis lu an commencement:
^eis frat Terbum, Cesi ce qné l'ange Gabriel déclarait en propres ternies à la sainte Vierge* qnaod , pour la rassureh fl lut disait i Quoà fi9$rttur ex te êanctunij FiHUs Bèi tocabitnf. —Enfin, c'est le comble deTcrfeur ou plutôt de lu folie de soutertir que le Christ n'a pas pris une âme humaine dans la crainte
Scelle ne tût ctpôrsée aut révoltes de la ah-; comme si celtriqtli soutenait la chaii* par su grflee pouvait en redouter , pour son nropfe compte, les ardeurs etle^ aigailloiisf M le» ardeursf de la chair répouvanlaierrt ri fort, pourquoi s'cst-il fait chair et a-t-il pris un corps? Est-ce que celui qui venait racheter pouvait craindre le péché? Non, il a pris un eorps afin de ndtf:i donner, dans tt Pésarrection, un gage de notre résurrection Ihtarft, et il a pris une âme afin de poutcjr la sacrWcr pour le salut de son trouffeau. Âniimgm m^m pi^no pr& ovièu» mets. Et d'aif>* leurs , ff© H^^rrs-nous pas darts saint Luc r Et lenêê profieiéht tttûîB H sapientiat Ces deut ptogrès s'appliquent évidemment h ) haroatUté de Jésus^4xhri5t : or, si 1 Age ësl )iidi<pié (Miur le eorps, la sagesse est afiirmée pour rilroe. Il en résulte donc que, dès Teûlance, le Sauveur donfiait des preuve» d'une Ame bnmaine rafisonnable et perrfaite.
ici finissait le discoars prononcé dans \û basilique Portienne; mais en le trMsformant en livre, le saint docteur crut, à la prière de ) eroperour Gratien , devoir répondre à une difficuUé dont les ariens faisaient leur plus ftilar^iuent. Cette diilicuité roulait tout eulièris sur les mots ffenitup et ingenituSf et ils en coBcluateBl que le Fils étant engendré ne pouvait être de même nature quelePèro qui ii*6St pas engendré^ et que, par consé-» quenc, ftt ne lui es! ^ms eonaubstantiei ; mais ii luur ferme la bouche en les défiant de lui aontrer tif'^s deui termes daos rScriture^ puis il lermioe par une profession de foi^ dans laqui lie il déclare le fàs ea tout aem^ blable à son Père.
LeUres, — 11 ne nous reste en tout que quatre-vingt-onze lettres de saint Ambroiso, mais il s'en faut de beaucoup qu'elles forment la collection complète de celles qu'il a écrites. Son zèle pour la foi, son ardeur infatigable à poursuivre Thérésie , les grandes luUfs auxquelles il s'est trouvé mêlé dans le tours de son épiscopat , tout nous autorise à penser qu'il s'en est perdu uu grand nombre avant d*arriver jusqu'à nous. Du reste, il nous serait bien difUcile d'analyser môme celles qui ont survécu. Nous nous arrêterons seulement Mir qui'lques-uues, nous attachant de préférence à celles qui 8emt>leot jeter quelque lumière sur ses ouvrages , qui justifient sa doctrine , et qui mettent en relief la physionomie de son riècle.
La première^ par ordre de date, est adres-
sée à Tempereur Gratien , en réponse à celle qu'il avait reçue lui-même de ce jeurre princef après l'envoi de ses deux premiers livres sur la foi. Le saint évèque n'y etpose rien qui
Suisse ajouter à ce que Mtxs en arons dit en lisaint ranalyse de ce livre. H félicite Graflen de son retour, il l'as^uftr que sa sollicitude ne l'a pas abandonné » mais que son cœur a tchijdurs été avec lai et au milieu de son armée.
Trois lettte$ à VemptrÉUt falefttMen.^La. pYemière fut écrite pouf d^tournef le jeune prince de la restattfatiOTt des idoles et des sacrifices païens , pnfte que , si c'est un devoir pour tons les stifets ôe l'enipife de soutenir les princes de la teite, c^est tiH devoir pour les emûcteufs de nrtitttefiif imsrt le dépôt sacré cfe la foi et de eombétîre p^tn? la glaire du Bieu tout-pUlssant, sans quoi letu* salut ne peut être assuré. -^ La second* a pour btrt de réfuter le rapport par lequel Symmaque, préfet de R^^e , sirpplièit les em« peretirs, au nortn du sénat , de festaurer le culte des anciens dieut^ de rdevei* l'autel de la Victoire, sur lequel les aneêfreS avaient coutume de jurer, ^t de rendi e tntt vestales et aux sacrificateurs les biens qui leur étaient assignés par les lois. Le saiût doc-^ tenr y montre claïremetrt , par des rtlisoflrte* BSents appuyés sur des faits, que les idoles n'ont jamais rendu auctrn serticeâ le patrie^ puisqu'e*lefs n'ont pu empêcher- AùMbai d'arriver en vainqueur jusqu'au* portes de> Rome; tandfsbu'Attilius et Gafnille èdî frîom* phé depuis la destruction dfe Fantel de lé Victoire. Un empereur chféHen' i ui*-ll , né doit savoir honorer que les aulels de Wsus- Christ. Si l'on accorde aux testales là rançoô de leur virginité, à ce prix que dWnera-t-ott en récompense aux vierges chrétiennes t A qnoi bon entretenir aux f^ais du trésor Jes prêtres et les s.^erilicateiirsdes fattxcReux? Qu ils nous montrent FUsage qu'ils fout de leurs richesses. L'Kglise, aa moins, emploie ses revenus à racheter les captifs, à Aaurrir les pauvres et à envoyer des secours aut exilés. Il n'y a donc aucun tnotlf de retenir aux folies au passé , puiscfu'il n'y ê aucun bien à attendre, aucme vengeance à refouler de la part des idoles, et qu'M y é Wvtt h craindre et tout i espérer dtt vrai Dieu.— La troisième lettre répond h une assignation qtie Daimace, tribun et notaire, lui avarlt faite de comparaître au tribitiialde Teropereur, assisté de juges qu'il aurait cboh^ , [wuryiaire juger sa cause et celle d'Attxeûce. Le saint évôquo y décline la compétence d'tfrï pareil tribunal, en rappelani h l'empereur lui-métoe que Valenlinien, son père, avait dédale par une loi que, dans les causes eeelés^èstiquesi les prêtres seuls pouvaient juger les prêtres, et les évêques leurs frères dans Fépiseopat. QvLx peut nier, ajoute-t-il, qae, dans les matières de la foi, les empereurs ûe soient jugés [>ar les évêques, et jamais les évêques par es empereurs? Il tinit en téffloigiiant de son attachement inébranlable à la foi dé Nicée, dont ni le glaive , ni la mort ne oourront - jamais le séparer « el il déclare xotmollo^
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ment k Tempereur qu'il ne se présentera point à son tribunal 11 n'y pourrait paraître, tout au plus, que pour protester; mais il ne doit pas accepter la lutte dans son palais, parce qu'il n'en connatt ni les secrets ni les issues. Discours contre Auxence. — Cependant, le bruit de ce différend entre l'évêque et l'em-
Eereur s'était répandu par la ville ; saint Amroise s'était renfermé*dans son église, et le peuple s'y était porté en foule pour le défendre contre la violence des soldats c[ui gardaient les portes, avec ordre d'y laisser pénétrer tout le monde, mais de ne permettre à personne d'en sortir. Le pasteur et le trou-
Eeau passèrent ainsi quelques jours dans le ercail» et le saint évêque consolait et fortifiait la foi de son peuple par ses discours. Il ne nous en reste qu'un seul, que nous reproduisons en son entier, autant pour faire voir l'éloquence naturelle et puissante du pieux docteur, que parce qu'il peint la lutte, et qu'il témoigne de Tétat des esprits et des dispositions du peuple de Milan pour son pontife. Le voici :
« Je vous vois plus troublés qu'à l'ordinaire et plus appliqués à me garder ; je m'en étonne, si ce n'est peut-être que vous avez vu des tribuns m'ordonner, de la part de l'empereur, d'aller partout où je voudrais, permettant à chacun de me suivre. Avez-vous donc craint de me voir abandonner et !'£glise et mon peuple pour me sauver ? Mais vous avez pu remarquer la réponse que )'ai faite, qu'il ne m'est pas possible d'abandonner relise, parce que je crains plus le Seieneur du monde que l'empereur du siècle. Si l'on me tirait de force hors de l'église, on pourrait en chasser mon corps, non mon esprit; si l'empereur agissait en prince, je souffrirais en évoque. Pourquoi donc vous étes-vous troublés? Je ne vous abandonnerai jamais volontairement , mais je ne sais S oint résister à la violence. Je pourrai m'afiger, jepourrai pleurer et gémir; mes pleurs sont mes armes contre les armes, contre les soldats, contre les Goths ; car telles sont les défenses d'un évêque : mais aussi, je ne sais ni fuir ni quitter l'église, de peur qu'on ne croie que je le fasse par la crainte d'une peine plus rigoureuse. Vous savez vousmêmes que la déférence que j'ai pour l'empereur ne m'a jamais fait commettre de lâcheté, et que, loin de craindre les maux dont on me menace, je suis toujours prêt à les souffrir. Si j'étais sûr qu'on ne livrât pas l'église aux ariens, et s'il convenait qu un évêque se défendit dans le palais comme dans l'église, je ne ferais aucune difficulté d'obéir aux ordres de Tempereur. Mais ne $ait«-on pas que les causes de la foi ne doivent être traitées que dans l'église? Ni les soldats qui nous environnent, ni le bruit de leurs armes ne m'ébranlent pas. Je crains seulement que, pendant que vous me retenez, on ne prenne quelque résolution contre vous ; car je ne sais plus craindre et trembler que pour vous. On m'a proposé de livrer les vases sacrés; j'ai répandu que si Ton me demandait ma terre^ mon or, mon
argent, je l'offrirais volontiers; mais je ue puis rien ôter au temple de Dieu, ni livrer ce que je n'ai reçu que pour le garder. Si on en veut à mon corps et a ma vie, vous devez être seulement les spectateurs du combat ; si Dieu m'y a destiné, toutes vos précautions sont inutiles. Celui qui m'aime ne peut me le témoigner qu'en me laissant devenir la victime de Jésus-Christ. Vous êtes troublés d'avoir trouvé ouverte une porte par laquelle on dit qu'un aveugle s'est fait un passage pour retourner chez lui. Reconnaissez donc que la garde des hommes ne sert de rien; n'ayez plus d'inquiétude, il n'arrivera que ce que Jésus-Christ veut, et ce qu'il y a de plus expédient pour tous. Si l'empereur demande un tribut, nous ne le lui refusons pas : les terres de l'église payent tribut ; il peut les prendre, aucun de nous ne s'y oppose; je ne les donne pas, mais
i'e ne les refuse pas non plus ; la contrimtion du peuple est plus que suffisante pour les pauvres. On nous reoroche l'or que nous leur distribuons; loin ae le nier, yen fais ^pire; les prières des pauvres sont ma déferrSe; ces aveudes, ces boiteux, ces vieillards sont plus forts que les guerriers les plus robustes. Nous rendons à César ce qui est à César, et à Dieu ce gui est à Dieu ; le tribut est à César et l'Eglise est à Dieu. Personne ne peut dire que ce soit manque de respect à 1 empereur; qu'y a-t-il de plus à son honneur que de le dire fils de l'élise? L'empereur est dans l'Eglise, et non au-dessus ; et il est de son devoir d'en soutenir les intérêts, p
Lettres à sainte Marcelline, — Il nous reste plusieurs lettres de saint Ambroise à sa sœur : une première, dans laquelle 11 lui rappelle toutes les difficultés, toutes les pei* nés qu'il a eues à vaincre, les menaces à essuyer, les persécutions à subir, les périls à éluder, pour conserver à son troupeau la basilique que l'empereur voulait faire livrer aux ariens, et il décrit, avec tout le charme et toute la modestie d'un simple récit, la force de courage et la persévérance de volonté qu'il a été oblige de déployer pour réussir.
La seconde lettre raconte la découverte des reliques des saints martvrs Gervais et Protais, dont les noms et la sépulture étaient oubliés depuis longtemps ; les miracles qui se sont accomplis sur leur tombeau, et leur translation dans la basilique Ambrosienne, où il fit déposer leurs corps sous le côté droit du maître-autel, réservant le côté gauche pour lui-même. Il bénit Dieu d'avoir envoyé à son Eglise un secours si puissant, dans un temps où elle en avait si grand besoin, et il déclare qu'il ne demande plus pour elle d'autres défenseurs.
Mettons, dit-il, ces victimes de triomphe au lieu même où Jésus-Christ est hostie; mais qu'il soit sur l'autel, lui qui a souffert pour tous, et sous l'autel ceux qu'il a rachetés par sa passion. A propos des miracles opérés par ces saints ossements^ et dont les
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ariens contestaient la sincérité, il leur de* mande ce qu'ils ne croient pas. Est-ce la puissance, dans les martyrs, de secourir quelqu'un ? C'est ne pas . croire en Jésusllhrist, car il dit : Qui crédit in me, et opéra ouœ ego facio^ ipse faciet^ et majora horum mciei. Quel est donc Tobjet de leur envie? £st-ce moi? Hais ce n'est pas moi qui fais les miracles. Sont-ce les martyrs? \\s montrent donc que la croyance des martyrs est plus puissante que la leur ; autrement ils u*en seraient pas jaloux. Puis il finit en ranportant un miracle que Dieu avait opéré, le même jour, en faveur de la croyance au mys* tère de la sainte Trinité.
Enfin, une troisième lettre fut adressée à sainte Iffarcelline, h propos d'une synagogue incendiée par les chrétiens de Callinique, et que Tempereur Théodose voulait forcer l'évèque à faire rebâtir. Saint Ambroise raconte à sa scBur comment, après son retour d'Aquilée à Hilan, il parla publiquement au prince |)our lui représenter avec fermeté l'obligatiou otk sont les pasteurs de prendre en main le bftton de noyer, pour corriger par la dureté ceux que la douceur est impuissante à convaincre ; ce que l'Apôtre nous insinue lui-même par cette parole, quand il nous dit : Quid vultis : in virga veniam ad vos, an m chariiaie spirituque mansuetudinisf L'empereur se plaignit que le saint évêque eût prêché contre lui: — Au contraire, reprit le pieux docteur, j'ai parlé pour vous, car je n'ai dit que ce qui pouvait vous être utile. L'empereur convint que l'ordre qu'il avait donne de rebâtir la synagogue était trop dur, et il promit de cornger son rescrit. Alorsi après lui avoir fait observer par deux fois
Îi'il n'agissait que sur sa parole impériale,, mbroise remonta h -l'autel pour y continuer l'oblation ôes saints mystères, ce que, certes, il n'eût pas fait autrement. « En vérité, dit-il, j'y goûtai une telle abondance de consolations, que je ne doutai pas un instant que cette grâce de l'empereur ne fût agréable à Dieu, et qu'il n'eût rempli le sanctuaire de sa présence.
Deux lettres à Théodose. — La première est celle qu'il lui écrivit pour faire révoquer l'ordre de rebâtir la synagogue de Callinique. Cette lettre est ferme, et cependant la vivacité des termes n'exclut pas le respect dû à la majesté; c'est un évêque qui parle à un prince, mais il lui parle comme le représeùtant de celui par qui régnent les rois. — « Si je suis indice que vous m'écoutiez» lui écrit-il, je suis indigne aussi d'offrir pour vous le saint sacrifice. Comment donc n'écouteriez-vous pas celui dont vous souhaiteriez que pieu accueillit pour vous les prières et les vœux? » Ensuite, venant au fait, il se plaint qu'on ait condamné l'évêque : supposez, dit-il, que la timidité soit plus forte en lui que le zèle, ne craignez-vous point de vous rendre coupable de sa prévarication, de la prévarication du chef de la milice qui ferait exécuter ce mandat, de la prévarication des chrétiens qui coo[)éreraieut de leurs deniers à cette restauration ?
DlGTIONKi PB PaTAOLOOIB. I,
Ne serait-ce pas un scandale étrange, de voir celui à qui est confié le saint LS>arum marqué au nom de Jésus-Christ, s'empres ser à rebâtir le temple de ceux qui ont crucifié le Sauveur? Le maintien de l'ordre et de la police ne dépend pas d'une synagogue incendiée, et c'est à tort qu'on invoquerait la justice et le droit des nations; car combien d'églises, combien de saintes basiliques les juifs n'ont-ils pas incendiées euxmêmes, a Gaza, à Ascalon, à Beyrouth et ailleurs, au temps de la persécution de Julien l'Apostat ? II lui rappelle la tentative sacrilège de ce prince et sa punition, et il le conjure de ne pas l'imiter. Il se complaît à retracer à son cœur le souvenir de ses belles qualités et de ses belles vertus; il lui f»arle des grâces au'il a obtenues de lui, la iberté des captifs, la délivrance des condamnés et l'amour des ennemis porté jusqu'au sublime du dévouement. II déplore que tant de foi, tant de piété se trouve obscurcie par l'oubli d'une seule action. Pour moi, lui dit-il, j'ai pris le moyen le plus respectueux de vous avertir de votre faute, je vous ai écrit dans votre palais; mais si cela devenait nécessaire, vous m'entendriez à l'église. La seconde lettre fut adressée à Théodose au sujet du massacre de Thessalonique. A la nouvelle de cet attentat, le saint évoque fut afiligé jusqu'au fond du cœur. II ne vouluL pas aller trouver l'empereur pour lui reprocher son crime; mais, afin de lui laisser le temps de rentrer en lui-même et de prendre conseil de sa conscience, il alla passer deux ou trois jours à la campagne. C'est de là qu'il écrivit à l'empereur, pour l'engager à la pénitence.
« Ni les sentiments de l'amitié, lui dit-il, ni le souvenir des grâces accordées à mes supplications, n'ont pu me retenir; et cependant, en m'éloignant, je ne suis pas un in-
recon- Cequi accompli a inessaionique surpasse toute mémoire; jamais jusque-là on n avait eu idée d'une pareille atrotité; et cependant, malgré mes prières et mes remontrances, je n'ai pu empêcher le massacre de sW complir. Tous les évêques des Gaules, rassemblés en concile à Milan, en ont gémi ; tous ont qualifié la cruauté d'un pareil acte ; tous l'ont déclaré indigne de la communion d' Ambroise. Ce serait donc manquer à ma conscience, et soulever contre moi la conscience indignée de mes frères, si, après un 1>areil crime, je vous admettais à la réconciiation sans pénitence. — Et qui donc vous empêcherait de vous y soumettre? David, lo roi-prophète et un des ancêtres du Christ selon la chair, s'est humilié à la prédication de Nathan, et, en présence de tout le peuple assemblé par ses ordres, il s'est frappé la poitrine en confessant la grandeur de son péché : Peceavi vehementer. Et Joli, un des puissants de son siècle, rougissait-il de confesser ses iautes? Peccatum meum non abs^ condi»
% Ce n'est donc pas pour vous confondre
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DICTIONNAIRE DE PATROLOGISL
que je tous écris ces choses, mais pour vous eiclxer par ces exemples à laver votre règne de cette faute, en humiliant votre âme devant Dieu. Vous êtes homme, la tentatioa vous assiège, vous devez savoir la vaincre. Le péché ne se rachète que par la pénitence. Je vous conseille, je vous prie, je vous exhorte, je vous conjure, vous dont la piété a toujours été pour le démon un suiet d envie, de pleurer le massacre de tant d innocents. Je n*ai aucune raison de compter sur votre résistance, et cependant j*ai plusieuis raisons de la craindre. C'est pourquoi je n'ose offrir devant vous les saints mystères, parce que j'ai été averti, en songe, que l'hostie immolée en votre présence ne pourrait plaire au Ôieu qui aime mieux la miséricorde que le sacrifice. — Je vous aime, dit-il en finis* sant, et je prie Dieu pour vous ; si vous le croyez, rendez-vous a la vérité de mes paroles; si vous ne le croyez pas, souffrez que je donne à Dieu la préférence. »
Ici finissent les lettres, que nous avons citées, en i3icn petit nombre, mais en les choisissant spécialement parmi celles qui font ressortir la conduite, le caractère et le talent de saint Ambroise, comme écrivain et comme pasteur.
Sur la mort de Satyre. — La mort de son frère devait faire impression sur son cœur. Les deux livres qu'il écrivit à ce sujet ne sont rien autre chose que deux oraisons funèbres qu'il prononça en présence des restes Inanimés de celui qui avait puisé avec lui la vie au sein de la mémo mère, et passé ses premières années sous le môme toit. 11 raconte l'histoire de sa vie et fait Téloge de ses vertus; mais il s*attache particulièrement, dnns le second livre, à traiter de la foi en la résurrection.
i** Litre. — Son exorde est une action de Kfftces dans laquelle il remercie Dieu d'avoir fait tomber sur sa famille les maux dont l'E-
8 lise semblait menacée par une irruption es barbares, aimant mieux souffrir la perte d'un des siens qu'avoir h redouter les dangers de tous. D'ailleurs, la mort des justes est une ioie plutôt au'une douleur, et leur àoie réclame plutôt des prières que des larmes. — Il rappelle ensuite le sa nt commerce d'amilié qui existait entre son fi*ère et lui, et dans ce détail tous ses termes viennent du cœur, toutes ses paroles respirent l'amour fi'aternei li se console en pensant qu'il a pu rendre à son frère les derniers devoirs de ia piété, et il se félicite de ce qu'à l'avenir rien ne pourra le séparer de ses reliques et de son tombeau. Ensuite il passe à l'éloge de ses vertus, et il le loue principalement de sa foi dans Teiiebaristie, qu'il portait toujours sur lui enveloppée dans un mouchoir, son état de catéchumène ne lui permettant ni de la voir ni de la toucher. Il rend justice à ia
Euraté de sa religion, qui lut thii refuser le aplôite des mains d'un évoque schismatioiMf et il parle avee charme de sa douceur, lie sa eoiUifience, de sa charité, de sa simplicité, de sa tempérance; puis, après avoir ouusolé sa sœur, il donne h ^on ft^re son
dernier adieu et aoft dernier baiser; il recommande son ftme à Dieu, et le supplie de ne pas tarder à les réunir tous dans son sein.
Il* Livre. — Le second livre, qui porte pour titre $ De la foi en la réeurreetion , a pour but de démontrer trois choses, savoir : 1" que la mort est une dette commune imposée à tous les hommes; 2* qu'elle nous délivre des chagrins du siècle; S'^que, sous !>{>parence d'un sommeil qui nous repose dos travaux de ce monde, elle nous prépare à la résurrection. Qui dono, à ce prix, ne se oonsoierait de mourir? La mort est commune à tou$; qu'y a-t-il de plus absurde que de la déplorer comme un malheur particulier? On dit qu'il y a eu des peuples qui déploraieut la naissance des hommes et qui célébraient leur mort. C'est aussi notre usage, à nous, et, dans le langage catholique, on appelle le jour de la mort. Te jour de la naissance des saints. Les pleurs dans un homme sont la marque d'un cœur efféminé, puisque, pour Dieu, pour sa patrie, il doit toujours être prêt à mourir. Sans doute il est naturel de pleurer ceux qu'on a aimés, mais il faut le faire avec modération, avec mesure, et ne pas pleurer comme des femmes qui craignent qu'on ne doute de leur douleur. La mort n est pas un mal; au contraire, elle est un refuge, un repos; car gui dono n'a pas été éprouvé par les adversités et les douleurs de la vie? Jacob, Joseph, David, tous les patriarches, en un mot, n ont-ils pas été visités par tous les chagrins et tous les maux? David pleura le fils qu'il avait eu de Bersabée, mais il le pleura seulement dans sa maladie; à sa mort, au contraire, il se coft* sola, dans l'espérance de sa résurrection. — Il apporte ensuite trois preuves de la résurrection, dont voici la substance : l*" Le corps est le serviteur de l'âme et Tinstrument de ses œuvres; il est donc juste et raisonnable qu'avec l'âme il soit récompensé ou puni du bien ou du mal de la vie. 2" Tout meurt et tout renaît dans la nature : on sème un grain de blé, et ce grain ressuscite; pourquoi la terre, qui reçoit le corps, ne pourrait*elle le faire renaître également, puisqu'elle produit cet effot à l'égard de toutes les créatures ? 3" Toutes les résurrections citées dans KEcriture, celle de Lazare, celle de la fille du prince de la Synagogue, du fils de la veuve de Naïm, celle de Jésus-Christ, ne sont que des gages et des garanties de notre résurrection. Aussi le saint évoque proteste-t-il, en finissant son discours, qu'il veut vivre et mourir dans cette douce croyance. « C'est mon bien, dit-il, de croire cette vérité; c'est mon bonheur de me nourrir de cette espérance, ce me serait un supplice de ne le point croirci et ce m'est une grâce de l'attendre. »
Oraison fanibre de Yalentinien. La mort du jeune Valentinien, arrivée par la perfidie du comte Arbogaste, un samedi 15 mai, de l'année 392, fut encore pour le pieux pontife un nouveau sujet de douleur, et la matière d'un nouveau discours. En présence