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de son eorpd, rapporté è Milan par ordre de Théodose, qui régla lui-même le cérémonial de rinhamation, saint Ambroise pronon^ Toraison funèbre de ce prince. II fait voir que sa mort, féritable calamité pour toute lltalie. derait être surtout un sujet de deuil pour 1 Eglise, qui perdait en lui un second Gratien, c'est-à-dire un ornement et un protecteur. H exalte ses Tertus, qu'il portait i*usqu*à la perfection ; sa piété, qui se reùsaii à rendre des Jugements de sang les jours de fêtes consacrées au Seigneur ; sa lostice, qui lui faisait examiner lui-môme la cause des accusés avant de prononcer leur condamnation ; son zèle pour le culte de Dieu, qui lui fit refuser le rétablissement du culte de la Victoire ; son amour pour le peuple, dont il diminua les impOls et à qui il sacrifia sa Tie, en Tallant défendre contre les irruptions des barbares ; son ardent désir du baptême, qu'une mort précipitée Tem* pécha de recevoir. Mais, dit le saint docteur» puisqu'il l'a demandé, il l'a reçu, car il est écrit : Justus si morte prœventus fuerity anima ejui in rtquie erit. — Il trace ensuite le portrait de son cher Valentinîen, qu*il appelle son enfant, jeune, candide, pudibond, et représentant dans toutes ses for^ mes l'image du Christ. Est meus juveniê^ eandiéuSf rubens ^ habens in se imaginem Chnsli. Après avoir loué la beauté de son corps, il eialte la beauté de son flme , et il applique à Tun et à l'autre quelques versets du Cantique des cantiques, mais avec tant de réserve et de modestie, que la pudeur la plus délicate, la plus méticuleuse ne saurait s'en offenser, it confond dans les mêmes regrets, dans la même douleur, la perte de Vaieotinien et de Gratien, qui se ressemblaient si bien et par le cœur et par les œuvres. Il termine enfin son discours en exhortant ses auditeurs à réunir leurs prières et leurs vœux aux prières du sacrifice qu'il va offrir sur l'autel, afin de leur rendre Dieu propice, et de leur faire ouvrir les portes de réternité.
Oarison funèbre de Théodose. — Trois ans plus tard, l'éloquence du saint évêque rendait les mômes devoirs à la mémoire de rempereur Théodose, mort à Milan môme, le 17 de janvier. Son fils Honorius, appelé Mr lui en Italie, tit transporter son corps à tonslantinople, afin qu'il y fût enterré dans le tombeau des empereurs. Mais, avant de mettre son projet à exécution, il fit rendre à son père les honneurs dus à sa dignité, et célébrer le» services usités, en ce temps-là, au septième et au quarantième jour. C'est dans ce dernier service que saint Ambroise prononça son discours, en présence d'Honorius et de l'armée.
Il débute tout à coup, et il entre dans son 8(^et en prenant à témoin de la douleur pubhque le deuil de la nature tout entière, comme si le ciel et la terre, le monde et les éléments avaient voulu pleurer d'avance le prince oui venait d'être enlevé au monde «i à l'Eglise. Mais, dit*i1, en quittant l'em-
Sire, il n'a fait que chanser de royaume j règne encore, par les mérites de sa piété, dans la Jérusalem céleste, dans les tabernacles de Jésus-Christ. Il console ses enfants, en leur disant que leur père ne les avait pas abandonnés, puisqu'il les laissait héritiers de ses vertus, de la grâce de Jesus- Christ et de la fidélité de son armée. Il féli-cite en particulier Honorius d'avoir imité la piété de Joseph, en rendant à son père les devoirs du quarantième jour; puis, s'adres* sant aux soldats, il leur rappelle que, si la piété de Théodose leur a mérité des victoires, leur piété à eux doit être de soutenir et de protéger la jeunesse de ses enfants. Il trace ensuite h grands traits l'esquisse de toutes ses vertus, et il les rapporte toutes au principe de l'amour de Dfeu. J*ai aimé, fait-il dire à Théodose, en lui appliquant les premières paroles du psaume cxiv, c'est pourquoi le Seigneur daigne entendre la voix de mes prières : Dilexi, quoniam exùu^ divit Dotninus vocem oratiànis meœ. Et en effet, il a aimé le Seigneur, puisqu'il a observé sa loi, respecté ses préceptes, accompli ses commandements ; puisqu il a aimé ses ennemis, pardonné les offenses, oublié les attentats à sa personne, et amnistié de sa
Sftce les usurpateurs mêmes de son empire. llexi^ puisque IMeu a entendu son appel et lui a tendu la main pour le relever dans sa chute et le ressusciter dans sa mort ; faisant ainsi allusion à la grande faute de sa vie, faute dont il s'était si glorieusement relevé, par la plus noble et la plus subUm^ des pé^ nitences. Dilexi : il a vraiment aimé. puiS'que dans toutes les fortunes, dans le bon*^ heur comme dans l'adversité, dans les succès comme dans les revers, il a été calme, doux^ résigné, la tribulation augmentant en lui la patience, la patience produisant Fépreuve, et l'épreuve alimentant l'espérance ; puis-
3 n'en tout il s'est proposé Dieu pour moèle, et qu'il s'est efforcé de l'imiter jusqu'à la mort, dans sa justice- et dans sa miséricorde, ne séparant jamais l'application de ces deux vertus. Après avoir ainsi mis en relief la belle image de Théodose, il la présente tout à coup environnée d'une auréole de gloire dans la société des saints, où il retrouve son fils Gratien et sa fille Pulchérie, deux gages qu'il avait donnés à l'éternité, doux royaume dans lequel il se trouve réuni à sa chère famille et au grand Constantin, à qui l'empire doit la reconnaissance inappréciable de posséder le dépôt de la vraie foi. L'éloge de Constantin amène naturellement celui de sa mère. Il félicite longuement sainte Hélène de la découverte qu'elle fit de la croix du Sauveur, et il raconte avec amour tout ce que sa douce piété lui fit accomplir, dans ces lieux célèbres par la rédemption de l'humanité. Il termine son discours en témoignant à Honorius le regret gu'il éprouve de ne pouvoir accompagner jusqu'à Constantinople le corps de son père ; mais il s'en console en pensant qu il va prendre possession de son dernier empire, escorté par toutes les milices d'en haut, Isa
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auges et les saints se glorifiant de lui faire cortège jusque dans Tétemité.
Quelaues critiques protestants, et, entre autres, les pasteurs de Magd&bourg, ont contesté à saint Ambroise la propriété de ce discours ; mais Thomogénéité du style, la liaison des événements, les applications de l'Ecriture, et Quelques circonstances qui témoignent de Vaction personnelle qu*i4 a exercée dans la vie de ce prince, prouvent surabondamment qu*on ne peut l'attribuer à d'autres qu'au saint évoque de Milan. Et d'ailleurs, il n'appartenait à personne mieux qu'à lui de prononcer l'éloge de Théodose. Après avoir ch&tié sa faute par les humiliations publiques de la pénitence, ne lui devait-il pas d exalter sa mémoire aux jeux de rË^liseï en exposant le triomphe de ses vertus?
Hymnes, — Sans doute saint Ambroise a composé plusieurs hymnes ; il en parle luimême dans plusieurs endroits de ses écrits, et, aux jours de la persécution de Valentinien, nous le trouvons les chantant avec le peuple rassemblé autour de lui dans la basilique de Milan. Paulin en fait mention, et saint Augustin l'atteste ; mais il s'en faut de beaucoup que le pieux évêque soit l'auteur de tous fes chants publiés sous son uom. Les critiques les plus judicieux réduisent à douze, tout au plus, ceux de ces écrits lyriques qui semblent revêtus d'un caractère d'authenticité assez clairement démontrée pour qu'on doive les attribuer à leur auteur. C'est à tort aussi qu'on fait honneur à saint Ambroise du Te ùeum. Cet honneur ne lui revient pas plus qu'à saint Augustin qui, citant luirmême plusieurs des hymnes du pieux évêque qui l'avait baptis(§, ne dit pas un mot de ce cantique. Il est hors de doute que la composition de cet admirable morceau est antérieure à répiscopat de ces deux Pères, puisque nous les voyons le chantant tous les deux en chœur dans la cathédrale de Milan, après le baptême de saint Augustin. L'erreur, pour ce chant comme pour bien d'autres, vient de ce que plusieurs Bréviaires, à l'imitation de celui des Bénédictins, ont donné le nom (VAnU)ro8ienne8 aux hymnes de leur office, soit que les unes fussent réellement l'œuvre de saint Ambroise, soit que les autres fussent faites à l'imitation de celles qu'avai composées le pieux docteur.
Maintenant que les écrits du saint évêque de Milan sont connus par l'analyse que nous venons d'en faire, qu'il nous soit permis d'ajouter un dernier mot, pour achever de les caractériser. Us remplissent habituellement cette double obligation imposée à tous les écrivains par les maîtres de la science, et qui consiste à plaire et à instruire en même temps. Aussi pleins de majesté, de force, de vivacité, que d'agréments, de douceur et d onction , il est peu des vérités importantes de la religion, soit spéculatives, soit morales, qui ne s'y trouvent développées avec art, solidement établies «l résolues avec une clarté de logique qui
n'en exclut pas la profondeur. Aussi, dès le moment ae leur publication, tous ses ouvrages ont-ils été mis au nombre des livres que TEglise reconnaît et propose aux fidèles comme rèçle de la foi. Ordinairement l'Ecriture sainte y est expliquée dans un sens moral et allégorique ; mais saiat Ambroise ne néslige pas pour cela de s'occuper du sens littéral ; au contraire, il en donne très-souvent l'explication, et le fait toujours avec tant de justesse, que saint Augustin a cru pouvoii le qualifier de docte interprète des saintes Ecritures et d'homme
{profondément versé dans leur intelligence. 1 est vrai que, pour s'aider dans cette étude, il a souvent recours aux écrits des anciens qui ont travaillé avant lui sur cette matière : aux écrits d'Origène, par exemple, de saint Hippolyte, de Didyme, de saint Basile et de Philon ; mais il le fait en se rendant maître de leurs pensées, sans jamais copier leurs paroles ni s'approprier leur style. S'il ne leur fait pas honneur des commentaires qu'il leur emprunte, c'est aue le nom d'Origène, devenu odieux dans 1 Eglise par les erreurs auxquelles il servait de manteau, l'aurait rendu suspect luimême. Or, il ne convenait pas qu'en supprimant le nom d'un écrivain aussi célèbre, et sous tant de rapports aussi recommandable qu'Origène» ii en nommAt d'autres dont il avait également profité. La connaissance de la langue grecque, qu'il possédait Sarfaitement, le mettait en état de profiter es écrits de ces grands hommes ; il avoue que ce secours lui fut souvent nécessaire, puisqu'il s'était trouvé tout à coup nommé évêque sans aucune connaissance des matières ecclésiastiques, et cependant obligé d'en traiter tous les jours, ne fût-ce que pour les enseigner aux autres. Toutefois, ces sources ne furent pas les seules où il puisa sa doctrine ; il plongea surtout dans les divines Ecritures, qu'il appelle lui-même un océan où toutes les énigmes des prophètes et les plus profonds mystères de la foi ont leur solution, et où l'on découvre partout des fontaines d'eaux qui rejaillissent jusqu'à la vie éternelle.
Sa morale est pure; chacun des traités u'ii a composés sur ce sujet est au-dessus [e tout éloge. Pourtant on peut dire qu'il s'est comme surpassé lui-même dans l'explication du psaume cxviii ; rien de plus beau, de plus onctueux, de plus touchant que ce commentaire ; c'est un trésor des vérités de la morale la plus pure et des maximes de la vie chrétienne la plus parfaite ; vérités et maximes exposées avec autant d'esprit et d'éloquence que de zèle pastoral et de fervente piété.
Ses livres sur lafoi, sur la divinité duSaint- Esprit et sur l'Incarnation sont écrits avec l'exactitude théologique la plus scrupuleuse, et un style qui se tient presque constamment à la hauteur de ces grands mystères. On j reconnaît un homme de Dieu, un catholique» un évêque, défendant avec toute Tardeur do