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la foi des Yérités pour lesquelles il avait déjà exposé son sang et sa yie.
Enfin, tous ces ouvrages ont mérité à saint Ambroise le titre de tres-illustre docteur de VEglise^ de forteresse de tafoi^ d'orateur de la eatkolieitéj et Tont fait révérer comme un astre» aux rayons splendides, nui a éclairé de sa lumière toutes les contrées de TOccident.
AMBROISE, homme de lettres et de qualité» ayant été convaincu par Origène de la vérité de notre doctrine» quitta Thérésie de Valentin» suivant Eusèbe» ou de Marcion» suivant saint Epiphane et saint Jérôme, et ût
ftrofession de la foi enseignée par TEglise. l re^ta ami d'Origène» mais on ne sait s'il le suivit dans ses erreurs. Nous n'avons de lui qu'un fragment que Ruthénius nous a conservé, et qui se trouve publié avec ses notes dans le Cours complet de Patrologie de «.l'abbé Migne.
AMBROISE (saint), gouvernait l'Eglise de Cahors» sous le règne de Pépin le Bref, et soutenait les fonctions épiscopaies par une assiduité persévérante aux veilles et à la prière. Plein de compassion pour les pauvres» il leur distribuait avec abondance ses propres biens avec les revenus de son église. Cette vie de charité, si convenable à un bon
Easteur» lui attira le mépris d'un ^rand nom* re» ({ui la qualifiaient de dissipation. Au mépris succéda la haine» et le saint prélat» pour en éviter les suites» pf it le parti de se cacher dans une caverne, à quelque distance de la ville. Après j avoir passé trois ans dans des austérités incroyables, Dieu le découvrit par plusieurs prodiges. Alors l'évêque qui occupait sa place et le peuple de Cahors le
tressèrent de reprendre son siège, mais Amroise le refusa constamment, llfit le voyage de Rome» d*où il revint en France» au tombeau de saint Martin, et se retira ensuite dans le Berri, où il tinit ses jours le 16 d'octobre de Tannée T70. La ville de Bourges a érigé une église sous son invocation.
C'est à ce prélat que Casimir Oudin veut faire honneur non-seulement des six livres des Sacrements^ qui portent le nom de saint Aoibroise de Milan» quoiqu'ils ne soient pas de lui, mais encore du Traité des mystères^
3ui appartient incontestablement à ce saint octeur. A Tégard de ce dernier livre, son allégation ne saurait se soutenir ni contre une tradition constante et non interrompue» qui Tattribue à saint Ambroise, ni contre le M;le,qui rappelle à chaque page la manière de ce saint docteur, c'est-à-dire une manière el un style tout à fait étrangers à la latinité du vni* siècle. Nous en dirons autant du tMJlé des Sacrements: nous nous croyons ^^alement 1« droit de nier qu'il soit 1 œuvre du saint évèque de Cahors» et deux raisons suffiront pour le constater et détruire lesprétentionsd'Oudin.Lapremièreseprend d'un manuscrit de Saint-<jall,tout entier en lettres majuscules» et contenant ce traité» sans nom d'auteur. Dès avant 1687» ce ma**
nuscrit se trouvait déjà ancien de plus de mille ans, et par conséquent antérieur de plus d'un siècle à l'écrivain auquel il s'efforce de l'attribuer. La seconde raison qui ne permet de faire honneur de cet écrit, ni à saint Ambroise de Cahors, ni à aucun écrivain de son siècle, c'est la pureté du langage. Quoi-> qu'on n'j^ trouve aucune des beautés de style qui distinguent le traité des Mystères^ qui lui a servi de modèle» on y découvre néanmoins dans le choix des termes une pureté qui s'était perdue depuis la décadence de 1 empire en Occident. Du reste» on peut lire dans le Cours complet de Patrologte publié par M. l'abbé Migne une savante dissertation sur ce sujet.
AMBROISE» prêtre de Milan» dans le x* siècle» écrivit à Alton» évèque de Verceil» pour lui demander des éclaircissements sur les noms de prêtresses et de diaconesses, dont il est fait mention dans les anciens canons des conciles. Sa lettre est imprimée parmi les œuvres d'Atton, avec la réponse du savant pontife. On les lira l'un et l'autre avec plaisir» comme donnant des renseignements trèscurieux sur les usages des premiers temps.
AMRROISE AUTPERT» abbé. — Trithème et plusieurs écrivains postérieurs placent Amoroise Autpert parmi ks auteurs ecclésiastiques qui fleurirent sur la fin du ix' siècle. M!ais il recule lui-même son existence à une époque antérieure de plus de cent ans» puisqu'il dit» dans la conclusion de son Commentaire sur l'Apocalypse» qu'il l'avait achevé sous le pontificat du pape Paul et le règne de Didier, roi des Lombards» c'est-à-dife l'an 757 et 767. Il était né dans les Gaules» d'une famille qui tenait dans le monde un rang distingué ; lui-même y occupa une position considérable, s'il est vrai, comme le dit l'auteur de sa Vie, qu'il ait été précepteur de Charlemagne, et depuis archichancelier de la cour impériale ;*mais cet écrivain parait avoir été mal informé. Ambroise était moine de Saint-Vincent de Bénévent» sur la rivière de Volturne, avant que Charlemagne parvînt à l'empire des Français. Ce fut dans ce monastère qu'il étudia les divines Ecritures. Il n'ignorait pas les emprunts que la plupart des docteurs de l'Eglise avaient faits aux richesses de l'Egypte en la quittant. On lui offrit de les partager avec eux ; mais il refusa constamment de puiser dans les écrits de Cicéron, de Platon, d'Homère» de Virgile, de Donat, de Pompée» de Servius, et des auteurs profanes, trouvant plus de plaisir à la lecture de l'Evangile, et gagnant plus à écouter un pauvre pêcheur qu'un orateur su- Eerbe» etè s'entretenir avec Dieu qu'avec les ommes. A l'étude de l'Ecriture sainte il joignit celle des saints Pères» et principalement de saint Augustin et de saint Grégoire le Grand.
Elevé au sacerdoce» il consacra son zèle à en remplir saintement les fonctions» soit en offrant les saints mystères, soit en prêchant aux autres les ventés qu'il avait apprises dans la méditation des divines Ecritures. II
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DIGTlONNAIttE DE PATHOLOGIE.
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aurait même cm résister h \a voix de Dieu, s'il avait négligé de mettre par écrit ce qui lui paraissait utile pour la postérité. 11 disait à cela que« puisque Dieu avait lûea prophétisé autrefois par la bouche des impies et des sacrilèges, il ne pouvait être indigne de sa mi\jesté qu*un homme pécheur comme lui, mais chrétien» annonçât sa parole, il préférait la vertu à la doctrine» parce que c'est par la perfection de la vertu que Dieu nous conduit a la vie étern^le. Uwsouhaitait donc que, s'il ne pouvait obtenir la vertu et la science. Dieu lui retirât la science pour lui laisser la vertu.
Après la mort de Jean, abbé du monastère de Saint-Vincent, Ambroise Autpert fut choisi pour lui succéder par les moines français
S[ui s*^ trouvaient en grand nombre ; mais es moines lombards élurent un d'entre eux» nommé Poton. De le, division dans Le monastère, chacun des deux partis tenant pour Tabbé de son cboix^ Le roi Charles renvoya la connaissance de ce différend au pape Adrien. Mais Tabbé Autpert, ayant entrepris lui-même un voyage de Rome, pour presser cette décision, mourut subitement en route le 19 juillet 778, après avoir porté le titre d'abbé un an deux mois et vingt-cinq jours.
Commentaire sur V Apocalypse. — Le plus considérable des écrits d'Arabroise Autpert est son Commentaire sur F Apocalypse. On Ta souvent attribué à saint Ambroise de Milan; mais il faut croire que la conlormité du nom fut la cause de cette erreur; car, outre qu'il 7 est parlé de la rè^e de saint Benoit, qui ne fut écrite que bien longtemps après la mort du grand évéque de Milan, Autperts'y nomme lui-même dans Tépilosue, où il mar-
3ue qu'il écrivit ce livre sous le règnede Diier, roi des Lombards. Ce Commentaire est divisé en dix livres, tous précédés d'une
f)réface oc. prologue. Avant deVentreprendre, e saint abbé avait lu tout ce que Victorin» saint Jérôme, l'évêque Primase, saint Au-
f[ustin et saint Grégoire le Grand, Tychonius ui-même et Quelques autres donatistes avaient écrit sur la même matière. Les explications qu*ils en avaient données, au lieu de le détourner d'en produire de nouvelles, devinrent pour lui un encouragement ; car, ou bien ces écrivains n'avaient pas expliqué ce livre de suite et dans son entier, ou ils n'en avaient pas déveloiipé tous les mystères, ou enfin leurs explications n*étaient pas à la portée de tout le monde. 11 prit dans leurs écrits ce qu*il trouva de mieux, et y ajouta beaucoup du sien, ou plutôt de ce qu'il avait appris de Dieu par le don de sa grâca ; car il ne doutait pas que Duii ne l'eût excité à composer cet ouvrage. A ceux qui soutenaient que l'Apocalypse ne devait être commentée par personne, parce qu'il est dé* fundu d'y rien aiouler ni d'en rien retrancher, et qu»' Salumon, dans le livre des Proverbos, fait aussi la même défense de rien ajouter à la parole de Dieu, il répond
Îue cela n*a pas empêché les saints Pères 'interpréter les divines Ecritures. 11 ajoute qu'elles ont besoin d'explication, et ootam*
ment l'Apocalypse, qui, prise dans son sens littéral, ne serait pas intelligible. Quoi que Ambroise Autpert pût dire pour justifier son dessein, il n'en fut pas moins blflmé. On lui répondait que le temps d'expliquer les Ecri tures était passé. Mais lui, pour se mettre à couvert de ces censures, soumit son Commentaire à l'examen du pape Etienne III, en le priant de lui donner son approbation authentique, ce qu'aucun auteur n avait fait avant lui. 11 semble insinuer que ses adversaires s'étaient adressés au pape pour Tobli- 3er à supprimer son ouvrage, mais qu'au lieu e les écouter, le saint pontife l'avait exhorté lui-même k le rendre public. Ambroise le publia en effet, et lui donna le titre de Miroir des simpltêf parce qu'il l'avait écrit avec tant de clarté, qu'il pouvait être entendu des moins intelligents. Le style en est clair, facile et net; mais aujourd'hui, dans les manuscrits comme dans les imprimés qui nous en restent, nous ne c4)nnaissons plus cet ouvrage que sous le titre de Commentaire.
Il est tout à la fois littéral, allégorique et moral. Ambroise explique les termes obscurs et peu usités qui se rencontrent souventdans ce livre, et quand le sens littéral lui paraît être le sens naturel du texte, il s'y attache sans en rechercher un autre ; sinon, il l'explique par un sens moral ou allégorique. Mais il n'approfondit pas toi^ours tous les mystères cachés sous le sens de la lettre. 11 y avait encore de son temps des Orientaux qui doutaient de la canonicilé de l'Apocalypse ; cela lu^ paraissait d'autant plus surprenant que ce livre porte avec lui tous les caractères qui rendent un livre canonique. C'est un apôtre qui l'a écrit, et le lieu où il le composa y est désigné. C'est Jésus-Christ qui y parle, qui y annonce son retour, et qui y confirme par serment que ce qu'il a prédit de son second avènement va s'accomplir.
C'est le raisonnement que fait Ambroise Autpert sur ces dernières paroles de l'Apocalypse : Celui qui rend témoignage de ceci dit certainement : Je viens bientôt.
Il ne faut pas omettre le témoignage qu'il rend à la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie. Voici ses paroles : « Comme nous avons dit, sur l'autorité de saint Jean, que les victorieux seuls seraient nourris de la manne cachée, il nous reste à examiner maintenant comment il se fait,ainsi q^ue nous le voyons tous les jours, que ceux qui ont été vaincus par l'ancien ennemi des hommes ne laissent pas de participer au corps et au sang de Notre-Seigneur. » Sur quoi le saint docteur fait remarquer qu'il n'y a que les vainqueurs en effet qui le reçoivent dignement et pour la vie, tanois que les vaincus le reçoivent indignement et pour la mort, d^si de la même manière qu'il veut au'on entende cette parole du Seigneur : Qui manduK^at meam carnem et bibii meum sanguinem^ in me maiief, et ego in eo. Dieu ne demeure qu'en ceux qui le reçoiverit avec la foi, la pureté du oœur et la conformité uue l'on deit avoir avec la passion de Jésus-Christ. « C'a été, dit-il« pour figurer cette vérité que Dieu a donné autre*
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fois dans le désert cette manne qui, selon le témoignage de l'Evangile, n'a pu empâcher de mourir ceux qui la mangeaient, parce que^ restant incrédules, ils ne mangeaient pas de cette manne spirituelle et cachée qui promet aux fidèles Timmortalité. Ce qui fait que Je* sus-Christ, parlant aux juifs issus dii peuple $orti de TÉgypte, leur dit : Nisi manaucavê-'
ritiM camem Filii homnis non habebitiê
viêam in vobig. »
Nous remarquerons encore qu'en expli* quant» dans le dixième livre, ces paroles de 1 Apocalypse : QuiêitUveniat^et quivuitacci" fiai aquom vitœ graiisj Ambroise Autperten*seigne que Dieu, par un etfet de sa grâce, et sans égard pour les mérites précédents, change la Tolonté de l'homme, fait vouloir celui 3ui ne voulait pas, et donne ensuite fa liberté e puiser à la source des plaisirs étemels. Il s^ODjecte que saint Paul semble s'attribuer à lui-même la volonté de faire le bien, lorsqu'il dit que le vouloir est au dedans de lui, mais qu'il ne trouve point moyen d'accomplir ce qu'il veut. A quoi il répond que l'Apôlre reconnaît lui-même que c'était de Dieu qu'il tenait cette bonne volonté. Quid kabes quod non aceepUti?
Sur ces paroles, où saint Jean dit, en parlant de l'ange : Je tombai devant set pieds pour radoreTy Ambroise Autpert remarque qu'avant l'iDcamationdu Fils de Dieu les an^ ges avaient été adorés ; que cela n'était point déf(nidu, parce qu'alors les anges parais^ saient au-Kiessus de nous; mais que Jésus* Christ, par sa rédemption, nous ayant égalés à eux, il n'est plus permis de les adorer, ni de rendre è la créature un culte qui n'est dû qu'à Dieu. 11 s*étoone donc que saint Jean se soit jeté deux fois devant les pieds de fange, quoique dès la première fois il eût reçu de sa bouche la défense de se prosterner Jevant lui. Pour justifier cet apôtre, il dit qu'il est tenté de croire à une vision ou à un entraînement d'admiration irréfléchi, qui lui avait fait oublier la défense d'adorer son compagnon. Autpert donne encore dans un autre sentiment qui n'est pas moins singulier. Le vaid : l'homme, étant déchu de son premier état par la faute de notre premier père, est devenu en quelque sorte semblable aux béte^ et dés k>rs méprisable aux anges. 11 oublie que les anges sont les députés de Dieu auprès des fidèles, et qu'avant Tincarnation ils ent été souvent chargés de transmettre ses ordres aux patriarches; ils ne pouvaient mé-
Eiser ceux qu'ils savaient être aimés de eu.
Le commentaire de Haimon, évêque d'Halberstadt, sur l'Apocalypse, n'est, à peu de chose près, qu'un abrégé de celui d'An)broise. Gérard, évoque de Cambrai, dans sa lettre aux archidiacres de Liège, en cite un endroit en le lui attribuant. On est surpris que l'auteur de sa Vie n'en dise rien dans le catalogue qu'il donne de ses écrits. 11 en marque un qui, suivant l'anonyme de Molk, est intitulé : Combat des vtees et des verêus,
Autpert composa ce traité à l'imitation de la Psytomaekie ou du combat de l'flme, du
f>oëte Aiirèle Prudence, et Tadréssa à Lantrid, prêtre et abbé en Bavière. On cite un manuscrit, d'environ huit cents ans* qui porte le nom d'Ambroise Autpert, soil h cause de la conformité du style avec le Coftt* mffutaire sur VApocalypse^ soit parce que l'auteur déclare assez nettement qu'il professait la vie monastique et qu'il écrivait pour des moines. Ce traité débute par une explication mystique de ce passage de saint Paul : Et omnes qui pie voluni vivere in Chri* sto Jesuj perseeutionem patientur. L'auteur demande comment ces paroles de l'Apôtre pouvaient avoir leur accomplissement, dans un temps où, grâce à la faveur des princes chrétiens, l'Eglise jouissait de la plus grande tranquillité 7 Autpert fait voir que si l'Eglise n'était plus exposée aux persécutions ouvertes des tyrans, les fidèles avaient h souO'rir en tout temps une persécution cachée et intérieure, c'est-à-dire la révolte incessante du vice contre la vertu* Or cette persécution, si elle n'est pas plus crueliei est au moins plus dangereuse que la persécution momentanée des tyrans puisqu'elle n'a pour Un que la fin de l'existence. Il entre à ce propos dans le détail des combats que le vice livre à la vertu; l'orgueil à l'humilité, la vaine gloire à la crainte du Seigneur, l'hypocrisie à la vraie religion, la haine et l'envie à la concorde et à la charité fraternelle, la colère à la patience, la gourmandise à la sobriété, l'attachement aux biens périssables et aux plaisirs sensuels, et l'amour de la pureté et au désir de la céleste jfMfrie. H montre ensuite, contre ceux qui s'appuyaient sur ce passage de l'Evangile : Non est propheta sine honore^ nisi in patria jimi, pour prétendre qu'il y avait nécessité de sortir .de son pays, si Von voulait arriver à la perfection évangélique, qu'ils ne comprenaient pas le vrai sens des Ecritures. Il n'est pas nécessaire, pour devenir pnrfiiit, d'ai>andonner matériellement sà patrie, ses biens, ses parents, ses amis, mais de s'en détacher d'esprit et de ccdor pour s'attacher k Dieu. Il cite les exemples de saint Paul ermite, de saint Antoine, qui, quoique nés dans la Thébaide s'y sont sanctifies ; de saint Hilarion, dont la Palestine vit la naissance et les
Psriéctions; de saint G.ervais et de saint fotais qui, après avoir pratiqué pendant plus de dix ans la rie monastique a Milan et dans leur [)ropr6 maison, mirent le seeau à leur perfection par le martyre.
Vies des saints Paldon, Tason et Taêon. -^ Ambroise, comme il n'était encore quemoine, écrivit par ordre de son supérieur, les Vies de saint Paldon, Tason et Tatou, fondateurs et successivement abbés de Saint-Vincent sur le Volturne. Elle es* citée par Paul Diacre et par l'auteur anonyme qui nous a laissé une chronique de cette atybaye. Son but, dans cet ouvrage, était de ranimer la ferveur des moines de so» temps par l'exemple des vertus des saints abbés qui avaient ^ou« vemé leur monastère. C'est pourqeoiil s applique moins à rapporter leurs miracles quo les moyens dont ils se son servis pour vem-
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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGIE.
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cre le monde, et le démon qui est le prince du monde. Cette Vie est écrite en prose, ce
3ui n*a pas empêché Ambroise d*intercaler ans sa narration plusieurs vers qui prouvent qu'il n'était point étranger à la poésie. Elle est écrite avec beaucoup de gravité, de discernement et de sagesse. Ambroise, sur le témoignage de personnes dignes de foi, raconte dans l'article qui regarde Tabbé Tason,
et qu'ils pensèrent à le déposer, pour mettre à sa place Taton, plus flgé que lui de plusieurs années. Le pape Grégoire II, que Ton fit juge de ce différend, blâma leur conduite et leur imposa une pénitence. La mort prompte dont la plupart furent frappés peu de' temps après fut généralement reganlée comme un châtiment de leur rébellion.
Toutefois il y a lieu d'espérer que Dieu leur a fait miséncorde; mais peut-être, sgoute Ambroise, ont-ils eu besoin de passer par le feu du purgatoire pour se purifier entièrement de leurs péchés.
Commentaires et homélieê. — La Chronique de Saint-Vincent, déjà citée, met parmi les ouvrages d'Ambroise Autpert plusieurs commentaires sur l'Ecriture, et notamment sur le Lévitique, l'Exode, les Nombres, le Deutéroiiome, le Cantique des cantiques, le livre de Josué et les Psaumes ; mais 1 authenticité de ces livres lui est contestée par plusieurs des critiques anciens, ordinairement les mieux renseignés et ceux dont la décision a le plus de poids ; nous pensons donc avec eux qu'il n'y a pas plus de raison de les attribuer à Àutpert qu'à tout autre écrivain ecclésiastique du nom d'Ambroise.
11 en est de même des homélies sur lesquelles on n'a pas des données plus certaines. On croit généralement qu'if en a com- Xiosé, mais personne ne peut en assigner le nombre, ni en indiquer le surjet, si ce n'est qu'elles étaient sur les Evangiles. Dom Martenne en a publié trois sous le nom d'Autpert, et quoiqu'elles lui soient contestées par plusieurs critiques, nous croyons que ce sont les seules que l'on puisse revendi-
Ïuer pour lui avec quelque vraisemblance, a première, qui est sur la cupidité^ est tout à fait dans son style. U y démontre que la cupidité est la racine de tous les maux, la source de tous les vices, vice commun à toutes les classes de la société, depuis la misère jusqu'à Top ulence, mais vice inhérent à la ricnesse, qui possède tous les moyens de le satisfaire. C'est donc contre les riches principalement qu'il invective, contre les ]uges qui vendent la justice, contre les avares qui abusent de leurs richesses. Il représente aux uns et aux autres l'instabilité de la vie présente, et dans la vie future les sup-
£ lices destinés à ceux qui auront mal vécu. I leur prescrit les moyens d'éviter ces supplices, en quittant la voie large qui conduit à la perdition pour entrer dans la voie qui conduit à la vie. — La seconde homélie est sur la Purification^ Autpert y donne l'expli-
cation de l'évangile qu'on a coutume de lire ce jour-là. Il est tiré du chapitre n de saint Luc; mais au lieu de la finir au 32' verset» comme nous le faisons aujourd'hui, on ne le finissait alors qu'au M*. Voici ce qu'elle contient de remarquable : « Si l'on fait attention au mystère qui fait l'objet de cette fête, dit-il» elle doit être aussi solennelle pour nous que les fêtes de Noël, de l'Epiphanie, de la Circoncision ; à Rome, on la célébrait avec toute la pompe d'un grand jour. Tous les fidèles de la ville se rassemblaient en un même Heu pour la solenniser de concert, chacun ayant un cierge à la main. L'entrée de l'église était défendue à Quiconque ne portait pas ce symbole visible de la lumière intérieure de la foi, nécessaire à ceux qui venaient au tem-
{>le, pour offrir Jésus-Christ, ou plutôt pour e recevoir, p L'ablution que Ton fait pour l'enfant n'est point dans le but de le racheter, puisqu'il n'est pas né pécheur ; Marie, non plus, n'avait pas besoin d'être purifiée, puisqu'elle n'avait pas conçu d'après les voies'ordinaires ;mais il n'est pas surprenant . qu'elle se soumette à la loi que son fils n'était pas venu enfreindre mais accomplir. » U parle ensuite de l'offrande ordinaire de deux tourterelles et de deux colombes, et il dit qu'il est croyable que Marie offrit l'un et 1 autre pour ne rien omettre de ce qui était la figure de l'EKlise. 11 dit aussi que le glaive dont son âme devait être percée devait s*entendre de ses tribulations et de ses douleurs au pied du Calvaire où son fils devait mourir crucifié.
Autpert établit clairement la distinction des deux natures en Jésus-Christ, et leur umou en une seule personne. Enfin, la troisième homélie est sur la Transfiguration, On y reconnaît le style et le géuie d'Ambroise Autpert; elle est reproduite sous son nom dans les plus anciens manuscrits, et il y en a même quelques-uus qui affirment qu'elle fut prononcée devant les moines de Saint- Vincent. C'est une explication allégorique et morale de l'évangile du jour. Par la pierre sur laquelle Jésus-Christ dit qu'il bâtira son Eglise, il entend, non saint Pierre, mais Jésus-Christ lui-même.
On attribue encore à Ambroise Autpert deux autres homélies, l'une sur l'Assomption de la sainte Vierge, et l'autre sur son Annonciation; un discours sur la Dédicace de l'Eglise; un traité sur les péchés mortels, multipliés par sept, et un recueil de lettres. De ces homélies et de ce discours il reste encore quelques fragments, mais rien ne prouve qu'ils soient réellement son ouvrage; du traité, nous n'avons que peu ou point de connaissance , et de ses lettres nous ne possédons que celle qu'ii écrivit au pape Etienne 111 pour soumettre à son approbation le Commentaire sur VApocalmse^ et qui se trouve imprimée en tête de ce livre.
U suffirait presque de lire les œuvres d'Ambroise Autpert pour connaître sa vie, ou du moins pour retrouver l'homme moral sous les enveloppes de l'écrivain. Son style est comme sa personne, clair, simole, facile et