AME
net. n parle avec gravité, il juge avec discer- Dement* il conclut avec sagesse. Dans tout ce qu'il a écrit on retrouve, soit pourlui, soit pour les autres, comme un parti pris de rectitude et de sainteté. Aussi , quels qu'aient été ses succès pour la perfection de ses moines, on peut dire qu'il a réussi compléfement pour lui môme, puisque TEglise Tboûore sous le titre de bienheureux.
AMË, qu'on dit avoir été Béarnais de naissance, fut élevé, en considération de ses mérites, sur le siège épiscopal d'Oléron vers Tan 1073, et établi par Grégoire VU son légat dans la Gaule Narbonnaise, la Gascogne et TEspagne. Au commencement de Tannée suivante, il tint à Poitiers un concile pour la dissolution du mariage de Guillaume, duc d^Aquitaine, avec Aldéard, sa parente. Us se séparèrtnt en effet, et le pape en écrivit au duc pour le louer ;de sa soumission aux ordres du saint-siége. En 1077, Amé fut envoyé eu Espagne, avec Tabbé de Saint-Pons de Tomières, pour faire revivre dans ce royaume les droits du siège apostolique que les Sarrasins avaient abolis. Il assembla un concile i Gironne, et un second au ch&teau de Bezala, où il excommunia Guifroi, archevêque de Narbonne, qui s'était rendu indigne de l'épiscopat. En 1079, Grégoire Vil, écrivante Centule, vicomte de Bearn, pour l'exhorter à se séparer de sa femme qui était sa Sarente, et blaire pénitence, lui conseillant e prendre là-dessus les avis de son légat Amé. Il l'envoya la même année dans la Bretagne, pour arrêter le cours des fausses pénitences qu'on introduisait dans celte province. Il présida au concile de Bordeaux, tenu en octobre de la même année, et à un autre qui s'y tint en 1080, et dans lequel Bérenger fut obligé de rendre compte do sa foi. Le siège de Bordeaux étant venu à va-
Suer, Amé fut choisi, en 1089, par le concile e la province pour le remplir. 11 se trouva, en 1095, au concile de Clermont avec le pape Urbain II, qu'il reconduisit jusqu'à Rome, après l'avoir toutefois eogagé à passer par Bordeaux et à y consacrer son église cathédrale. Le détail des affaires qu'Ame termina pendant sa légation nous mènerait trop loin ; nous en avons touché quelques-unes; le reste se présentera dans 1 examende ses ouvrages. Il mourut le 22 mai 1101.
Lettres. — Amé n'était encore qu'évoque d Oléron, mais légat du saint-siége, lorsqu'il écrivit à Rodulphe, archevêque de Tours, en 1079, pour l'inviter à un concile qu'il devait tenir à Bordeaux sur la fin de septembre de la Blême année. Il chargeait en même temps ce prélat, de faire arrêter l'abbé de Sainl-Savin, qui, convaincu de simonie en présence de ses moines assemblés en chapitre, s'était enfui, emporiant avec lui des reliques et des ornements de son église. Il le priait de le renvoyer à Tévêque de Poitiers, ou au moins les effets qu'il avait soustraits à son monastère. Il ordonnait au même archevêque de citer devant lui Geoffroi de PruUy, comte de Vendôme, et de l'obliger, sous peine d'ex-
communication, à quitter la femme qu'il avait épousée contre la loi de Dieu. Cette lettre a été reproduite par Jean Maan , dans son Histoire de l'Eglise de Tours ^ Paris , 1667. -^ 11 y a une seconde lettre d'Ame, écrite en qualité d'archevêaue de Bordeaux et adressée à Geotfroi, abbe de Vendôme, à qui il donne avis qu'on lui avait restitué 1 église»de Saint-Georges, au diocèse d'Oléron. II écrivit, en 1090, au pape Urbain II,
fiour l'ençager à prendre sous sa protection es chanoines réguliers de Saint-Antonin en Rouergue ; et en 1099, il fit restituer à Foulques, abbé de Sainte-Croix, à Bordeaux, 1 église de Saint-Michel qu'on lui disputait. Canons du concile de Gironne. — On doit regarder les 'canons du concile de Gironne comme son ouvrage. Dom Martenne leur a donné place dans le IV* volume de ses Anec^ dotes. Sept évêques, avec l'archidiacre d'Dr-
fel, qui représentait son évêque, assistèrent ce concile. On y fit treize canons, dirigés presque tous contre les prêtres simoniaques et concubinaires. Quelques-uns même supposent que iusque-là le mariage avait été toléré dans le clergé, puisque le premier déclare privés de leur grade et de leurs fonctions ceux qui se marieront h l'avenir; et que le second défend aux enfants des prêtres, des diacres et des sous-diacres, de jouir dans la même église, des honneurs de leurs pères. La plupart de ces canons avaient été
fmbliés déjà dans un autre concile, tenu dans a même ville dix ans auparavant, par huit évêques, deux députés pour des évêques absents, et sept abnés,qui avaient à leur tête le légat Hugues Leblanc, cardinal de la sainte Eglise romaine. II v fut ordonné de plus que l'on payerait la dime et les prémices, tant des ouvrages des mains que des fruits de la campagne, des moulins, des jardins, des arbres et des animaux, et que ceux qui, après avoir répudié leur femme, en avaient épousé une autre, la répudieraient pour reprendre la première.
Nous ne connaissons pas d'autres ouvra-
Ses du pieux archevêque de Bordeaux. Ses evoirs de légat l'obligeaient à une action trop incessante pour lui laisser le temps d'écrire des ouvrages de longue haleine et qui eussent demandé de profondes méditations.
AMÉ, moine du Mont-Cassin, était originaire de la Campanie, et fut élevé à l'épisco- £at, mais on ne sait de quelle église. Pierre dacre en parle comme d'un poëte admirable, et donne pour preuve de sa capacité en ce genre, son poëme sur les Actes des apôtres saint Pierre et saint Paul dédié à Grégoire VIII, et divisé en quatre livres. Les autres ouvrages qu'il lui attribue sont VEloge de ce pape, un traité des douze prières^ un autre de la Jérusalem céleste, et huit livres de VHistoire des Normands, qu'il adressa à l'abbé Didier, connu depuis sous le nom de Victor m. Baluze et dom Mabillon conjecturent que cet Amé est le même qui fut ar- , chevêque de Bordeaux et légat du pape
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JHGTIOMNAIRE DE PATRDLOGIS.
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Grégoire VII; mais les raisons qu'ils eu donnent ne nous paraissenl pas fondées.
AMÉDÉE, d'abord religieux de Tordre de Cîteaui, ensuite abbé de Haute-Colombe, fut fait évêque de Constance en IIW. 11 est parlé de lui dans la 3k* lettre de Nicolas de Clairvaux , dans la Chroniaue de Cîteaux par Aubert le Mire, et dans la Vie de. saint Bernard par Alain d'Auxerre et Arnauld de Bonneval. Il est auteur de huit sermons tous à la louange de la sainte Vierge, Dans les deux derniers, il célèbre le triomphe de son Assomption, et ne doute nullement qu'elle n'ait élé élevée au ciel en corps et en âmfe, sans que sa chair ait été assujettie & la corruption de la mort. Ces discours sont écrits avec élégance, et sont pleins de sentiments de piété. On croit qu'Amédée de Constance mourut le 27 septembre de l'an IIGO. Il ne faut pas le confondre avec un autre Amédée, de l'ordre des Franciscains, mort en IWS.
AMOLON, diacre de Téglise de Lyon, disciple d'Agobard et ensuite son successeur sur le siège de cette métropole, la gouverna avec beaucoup de zèle et de sagesse, depuis son élection , en 840, jusqu'au moment de sa mort, en 852. 11 jouit d^une grande considération auprès du roi Charles le Chauve, 2ui suivait volontiers ses conseils, et du pape éon IV, à qui ce prince l'avait apparemment recommandé. Loup, abbé de Ferrières, parle d'un concile assemblé à Lyon au sujet du prêtre Godelgaire. Les autres actes de son épiscopat ne nous sont connus que par ses écrits, dont nous allons donner l'analyse. Quoiqu'il ne nous en reste qu'un petit nombre, on peut dire cependant qu'ils suffisent pour nous inspirer une idée avantageuse de son esprit et de son savoir.
Lettre à Théobalde. — Le principal est une lettre curieuse à Théobalde, évoque de Langres, sur de prétendues reliques apportées de Rome par des moines vagabonds, et sur des convulsions que quelques femmes éprouvaient en présence de ces reliques et qu'on voulait faire passer pour des miracles. Ces prétendus miracles se multiplièrent à un tel point et avec des circonstances habituellement si compromettantes, que Théobalde résolut de consulter Amolou , son métropolitain, pour savoir ce qu'il devait faire des reliques et penser des convulsions qui agitaient toutes les personnes qui les approchaient pour les vénérer. Amolon répondit que ces reliques ne présentant aucune preuve d'authenticité , u fallait les retirer de l'église et les enterrer dans un lieu convenable, sans les laisser plus longtemps exposées à^ la vénération des peuples. Il rapporte le 'décret du pape Gélase qui recommande, en pareil cas, les plus grandes précautions pour ne pas fournir au peuple ignorant matière à superstition. H entre ensuite en matière, et discule la réalité des miracles qui s'opéraient à leur approche ou à leur contact. « Qui donc^ dans les églises ou aux tombeaux des martyrs, dit-il, a jamais entendu parler de ces sortes de mira-
cles, qui^bien loin de guérir les personnes, font perdre à celles qui se portent bien la santé et la raison? A-t-on jamais vu d'exem-
|)les que des filles innocentes, guéries par es prières des saints, soient frappées de nou* veau si elles retournent chez leurs parents ; ou que les saints guérissent les femmes pour les séparer de leurs maris et les punir plus cruellement si elles tentent de se réunir à eux ?» Il rappelle quelques faits semblables
Îui avaient signale Tépiscopat de son préécesseur , et les ordonnances sévères qu' Agobard avait publiées pour faire cesser ces impostures. 11 recommande aux fidèles de demeurer chacun dans leurs paroisses, et, en cas de maladie, de faire venir, selon le précepte de l'Apôtre, les prêtres pour prier sur eux avec l'onction de Thuile donnée au nom du Seigneur. Amolon ne défend pas aux peuples de visiter les églises des saints , mais il remarque qu'il y a des jours solennels où ils peuvent le faire avec plus de piété et de dévotion, par exemple aux jours des Rogations et des processions indiquées pour les différents besoins, en carême, aux lètes des saints et même en d'autres jours, pourvu que ces visites se fassent en silence et sans ostentation. Il joignit à sa lettre une copie de celle qu'Agobard écrivit à Tévêque de Narbonne en pareille circonstance.
Lettre à Gotnescald. — Il y avait déjà quelque temps qu'il s'était élevé en France une grande contestation au st^jet de la prédestination et de la grâce, lors(|ue Amolon reçut du moine Gothescald, prisonnier à Hautevillers, un écrit adressé aux évêques qui avaient eu part à sa condamnation. Amolon,
iugeant imprudent de communiquer avec un lomme condamné, mais dur aussi de rejeter la prière d'un malheureux, résolut de lui écrire, mais en adressant sa réponse à Hincmar, sou évêque et son métropolitain. Il lui témoigne sa aouleur des nouveautés qu'il avait répandues en Germanie, et des questions inutiles qu'il y avait agitées. U lui affirme que la lecture de ses écrits lui avait fait connaître combien ses sentiments étaient dangereux et contraires k la doctrine de l'Eglise. Amolon les réduite sept propositions, auxquelles il oppose ce que 1 Eglise nous enseigne sur chacune. Ce que vous affirmez d'abord, lui dit-il, qu'aucun de ceux qui sont rachetés par le sang de lésus-Christ ne peut périr, blesse toutes dos croyances, puisqu'il résulte de votre opinion qu'aucun baptisé ne saurait être damné, ou que les baptisés qui se damnent n'ont pas reçu le véritable baptême, ni participé aux grâces de la rédemntion. La seconde proposition portait que les véritables et très-saints sacrements de TËglise, le baptême, l'eucharistie, Tim-
f>osition des mains ne sont donnés que pour a forme à ceux qui périssent, parce qu'ils ne sont pas rachetés du sang de Jesus- Christ. Or, il est prouvé par les témoignages de I Ecriture que les sacrements produisent leurs effets dans ceux-là mé«»es qui ne persévèrent pas dans le l»en. Gothescald disait, <)ans sa troisième proposition» que lea