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ÛICTIOMNAliUS Dfe PATROLOGrK.
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UQ fait que SoEomène et Théodoret lui attribuent dans leur Histoire. L*empereur Théodose lui ayant refusé une loi pour défen» dre auK ariens de tenir leurs assemblées, il aifecta, dans une circonstance, dà ne point rendre au jeune Arcadius, nouvellement créé Auguste, les honneurs d^usage. Théodose lui en témoigna sa surprise et son mécontentement. « Eh quoi I soigneur, lui répondit Amphiloque, vqus ne voulez pas qu'on manque de res;)ect à votre fils, et vous souffrez ceux qui blasphèment contre le Fils de Dieu 1 » Cette prompte répartie produisit son effet ; car Temnereur rendit aussitôt une loi pour défendre les assemblées publiques de tous les hérétiques. On ignore Tépoque précise de la mort de col évoque; on sait seulement qu'il vivait encore en 394, et qu'il mourut dans un âge très-avancé. L'Eglise célèbre sa fête le 23 novembre.
Il avait composé plusieurs ouvrages contre les hérésies de son temps, et spécia lement contre les messaliens. Il ne nous en reste que des fragments assez longs, dans les conciles d'Ephèse et de Chalcédoine, et dans les auteurs ecclésiastiques de cette époque. Cotelier a publié sa lettre aux évô-
3ues macédoniens, à l'occasion du concile 'Icône. Cette lettre est une réponse à celle aue lui avaient adressée plusieurs évôaues e la Idacédoine, pour lui demander d une voix unanime de se réunir à l'Eglise catholique; mais ils voulaient savoir pourquoi le concile de Nicée, n'ayant rien décidé touchant la divinité et la consubstantiaiité du Saint-* Esprit, on s'obstinait à les obliger à la confesser. Il parait aue ces évêques s'étaient laissé entraîner aans le parti des macédo-* niens. Saint Amphiloque, après avoir loué la constance avec laquelle on disait qu'ils avaient souffert pour la foi de Jésus-Christ, leur afRrme» au nom du concile, qu'il recoa«naît celui de Nicée pour vraiment catholique et apostolique, qu'il conserve pure la foi qui y fut établie, et souhaite au'elle demeure inébranlable. Si les Pères ue ce concile ont traité fort au long de la divinité du Fils, c'est qu'il était nécessaire d'étouffer l'hérésie d'Arius dans sa naissance, tandis
Su'ils n'avaient pas les mêmes raisons de émontrer la divinité du Saint-Esprit, qui n'était alors contestée par personne ; cependant le symbole dressé dans ce concile, en disant positivement qu'il f lUt croire au Saint- Esprit, comme on croit au Père et au Fils, en dit assez pour qu'il ne soit pas permis d'établir deux natures différentes dans la Trinité. Il y ajoute que, depuis la tenue de ce concile, le démon ayant ess^iyé d'ébranler les Edises et répandu des doutes sur la divinité au Saint-Espi it, il fallait les dissi-
t^er, en recourant aux mêmes sources où es Pères de Nicée avaient puisé la foi, c'està-dire aux divines Ecritures, dans lesqueUes Jésus-Christ nous a ordonné de baptiser au nom du Saint-Esprit, aussi bien qu'au nom du Père et du Fils. N'est-ce pas nous obli- ^r par là à le proclamer Dieu au même ti-
tre que les deux autres personnes ? Par ce précepte, il détruit en même temps toutes tes hén^sies qui combattent la divinité du Saint-Esprit, puisqu'il établit un seul Dieu et une seule nature en trois personnes, ou trois hypostases. Car il n'y a point de milieu entre Dieu et la créature : si nous plaçons le Saint-Esprit à ce rang, il ne nous est Elus permis de baptiser en son nom. Il exorta donc ces évêques à joindre le Saint- Esprit, avec le Père et le FiN, dans la glorification qui, suivant l'usage de l'Eglise, terminait les psaumes, les prières et les discours. Il finit sa lettre en affirmant, avec protestation, que ceux qui blasphèmpnt le Saint-Esprit tombent dans un D<5cné irrémissible et encourent la condamnation des Ariens.
Outre cette lettre, saint Amphiloque en avait écrit une autre à Séleuque, neveu de sainte Olympiade ; et Anastase Sinatte, saint Ephrem et Léonce de Byzance nous en ont conservé quelques fragments. Elle était en forme d'instruction sur le mystère de l'Incartion. Le saint évèque y établissait également l'union et la distinction d3s deux natures en Jésus-Christ, sans aucune atteinte pour l'unité de personne. — Ses lettres à saint Basile sur son ordination , une autre au même saint, touchant les Eglises d'Isaurie , el une troisième qu'il lui écrivit sur la fête de Noël, ne sont pas venues jusqu'k nous. Saint Amphiloque affirmait positivement, dans cette dernière, que Jésus-Christ, suivant sa nature divine, est consubstantiel à Dieu, et qu'il est consubstantiel à sa mère suivant la nature humaine. Il avait écrit plusieurs discours, qui sont perdus ; nous n'en connaissons que les siigets et les textes, qui nous ont été conservés par les écrivains contemporains. Il y a d'autres passages de ses écrits rapportés dans plusieurs conciles, ainsi que nous l'avons remarqué, dans la réponse tle saint Cyrille aux Orientaux , dans saint Jean de Damas, dans Anastase Sinaïte , dans saint Ephrem d'Antioche et dans quelques autres auteurs qui ne marquent pas d'où ils les avaient tirés. Le Père Combefis en rapporte un de la lettre qu'il écrivit h Pancaire, diacre de l'église de Side , dans lequel saint Amphiloque taxe d'impiété et condamne tous ceux qui diraient que Jésus-Christ n'a pas été libre et exempt de toute nécessité dans ses deux natures.
On aattribué h saint Amphiloque plusieurs ouvrages, qui ne sont pas de lui ; entre autres, le poëme à Séleuque, imprimé parmi les œuvres de saint Grégoire de Nazianze , et qui lui appartient; huit homélies, dont le style dur, embarrassé et presque sans aucune élégance, conviendrait beaucoup mieux à Amphiloque de Cyziçiue, contemfiorain et ami de Photius, qui vivait vers Tan 860. Il est probable que c est la ressemblance des nomi qui aura eausé cette erreur. Nous ne pouvons rien dire de quelques autres écrits qui portent le nom de saint Amphiloque» puisqu'ils n'ont jamais été imprimés nimiioft
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MCTIOMfAIRE W PATHOLOGIE.
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traduits en latin. Be ce nonbre sont : une exhortation i la vertu, une homélie sur les larmes et le roraume de Dieu, et une autre Mir les arbres iraiiiers. Holstenius, qui pos- Striait ces trois discours, ne les a pas jugés dicTies apparemment d*ètre livrés à la publia cité. Miebel Glycas, dans la première partie de ses Anwdeêj met saint Amphiloque au nombre des anciens qui ont cru que les an- ,£es et les autres créatures invisibles avaient été crées avant le monde matériel et les êtres Tisibies.
Il serait dilDcile de juger sainement des écrits de saint Amphiloque par le peu qui nous en reste ; mais sur la parole de samt Jérôme, qui Tassimile à saint Basile et à saint Gréeoire de Nazianze, nous croyons pouvoir amrmer sans crainte qu'on n'j trouve pas moins d^éloquence que a'érudition. Plusieurs conciles s en sont servis pour établir la divinité de Jésus-Christ et la distinction des natures ; et dans leurs actes ils mettent saint Amphiloque au rang des plus saints éYêfjues, et élèvent son autorité à la hauteur de celle des martyrs. Aussi Théodoret, qui vivait peu de temps après lui, lui donne le titre de saint, d'excellent, d'admirable, et le range parmi les plus généreux défenseurs de Ta loi. Saint Grégoire, qui avait été i même d'apprécier son zèle et sa vertu par Tétroile liaison qui les avait unis, l'appelle un pontife sans tache, un ange et un héraut de la vérité- Peut-on jamais trop regretter la perle des écrits d'un auteur qui, par son savoir autant que par sa piété , a mérité d'aussi grands éloges ?
ANASTASK 1" (saint), pape. — Après la mort du pape sakni ^rice, arrivée au cornmeocement de décembre de l'année 396, le saint-siége ne resta vacant que vingt jours, et saint Anastase fut appelé a lui succéder. II dut son élévation à la gloire que ses travaux et ses combats loi avaient acquise. SaîDl Jér6me l'appelle « un homme éminent, d*ttiie vie sainte, d'une riche pauvreté et d*uoe infatigable sollicitude apostolique : Virum diiisêimœ paupertiUii et apostolicœ âoUieUudmis. » Le témoignage de saint Innocent, qui lui succéda, n'est pas moins flatteur : « Ses mérites étaient si grands , dit-il, si au-dessus de la mesure ordinaire , qu*ils semblaient excéder les forces de l'humanité...., tant la pureté (te sa vie et l'abondance de sa doctrine lui donnaient de force et d'autorité pour gouverner 1 Eglise et le |)euple de Dieu. Ejus wurita tania ftêere ae (lUiOj tUjam excédèrent humanm eonverêatiih
nié €im$ortium prœvitapuritùte et abufk^
daniia doetrimœ^ qua poputum Dei loto eacle$iMtieœau€torUatiêrigoreregebùt, » Pasteur vigilant, il mettait tout son zèle et il coosaerait toute son ardeur à veiller à la pureté de TEglise de Jésus-Christ, dans la crainte que quelque nouveauté impie ne vtnt troubler la foi ou en altérer l'intégrité dans le cœur du troupeau contié à ses soins. Mais, dit toujours saint Jérûme,àqui nous empruntons
l«s plus belles farUoolarités de cette notioci
Rome ne mérita pas de conserver longtemps un si grand pontite ; Dieu Tenleva de ce monde pour lui épar^er la douleur de voir le sac de sa ville capitale par Alarie, roi des Goths, en 410 ; ou bien plutôt encore, Dieu le ravit à la terre, dans la crainte que par ses prières et par ses larmes il ne parvînt h le fléchir et à lui faire suspendre l'exécution de sa sentence : Ne semel latam $ententiam precibus suie fleetere conareti^r. Saint Anastase mourut le ik décembre de Tannée 401 , après avoir occupé le siège pontifical trois ans et trois mois environ, u'est l'opinion de Baronius, opinion contestée fav quelques-uns, qui n ajoutent que dix jours aux trois années du règne du saint pontife, mais à laquelle nous n'hésitons pas de nous ranger cependant, parce que nous la voyons appuyée des autorités les plus compétentes en matière de chronologie.
Quoique les assauts livrés à l'Eelise l'aient toujours trouvé h son poste, qu il n'ait fait défaut à aucun de ses besoins, et qu'il n'ait cessé d'écrire pour sa défense, cependant il ne nous reste de ce zélé pontife que deux lettres : l'une connue depuis longtemps, et adressée à Jean, évêque de Jérusalem , et Tautre découverte dans le dernier siècle, et adressée à Simplicien, évéque de Milan. Ces deux lettres avaient pour but de les prémunir contre les erreurs d'Origène. Nul doute oue dans la première Origène n'ait élé condamné ; la seule question qui divise les savants, c'est desavoir si Rufin,son traducteur, a été condamné avec lui. La question nous semble résolue par le texte même de la lettre, dans laquelle le saint pontife sépare évidemment les deux causes. La traduction du livre d'Origène et sa doctrine par conséquent s'y trouvent condamnées , comme tendant à obscurcir dans l'esprit des peuples les vérités de la foi, fondées sur la tradition des Pères et des apôtres. Ce sont les termes mêmes qu'il emploie en écrivant à Jean, évêque de Jérusalem : Hoe igitur mente con-
cepi^ fidemapûstûlorum et majerum tra-
duione firmatam illum vôltrisn dissoher^e.
Quant à Rutin, il ne condamne point sa personne, et laisse à Dieu le soin déjuger de Tintention qu'il avait eue en traduisant le Périarckon, « Je l'approuve, dit le saint pontife, si, en dénonçant un pareil fait à l'exécration des peuples, il ne s'est proposé pour but que de démasquer un auteur caché jusqu'ici sous le manteau de sa renommée ; au contraire, si c'est en approuvant de si pernicieuses erreurs, et pour les produire à la connaissance des peuples, qu'il s'en est fait le traducteur et 1 interprète, eh bien ! pour tout fruit de son travail et de ses efforts, il n'emportera que la triste satisfaction d'avoir, par son propre jugement, et sur la foi d'une opinion nouvelle et isolée, renversé les dogmes primitifs de la religion, les seuls qui, depuis les apôtres jusqu'à nous, aient réuni tous les chrétiens dans une même croyance et une même foi. »
Dans le paragraphe suivant, le saint docteur déclarei sans détours et sans équivo*^
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queSf mi*il condamne positivement les erreurs (fOrigène. « Loin deTEglise romaine, dit-il, une pareille doctrine, qui n'est rien moins que catholique I Certes, il n'arrivera jamais que, par aucun motif, on puisse' nous contraindre à admettre des dogmes que notre conscience et les intérêts de la vérité nous forcent de condamner. C'est pourquoi nous espérons que le Christ, dont la providence attentive veille sur tout l'univers, daifnera approuver notre sentence. Il nous tait impossible de tolérer plus longtemps dans FEglise de Dieu des erreurs qui la déshonorent» qui détruisent la sainteté des mœurs, qui font gémir la piété et ({ui per-
Eétuent les querelles , les dissensions , les aines parmi la société des chrétiens, que Dieu a tous créés frères. » Dans le même
f)aragraphe,le saint pontife parle aussi d'une ettre sur le même objet et dans le même sens, qu'il se propose d'écrire à Vénérius de Milan, qu'il appelle son frère dans l'épiscopat; il promet de veiller au maintien de la foi, et, autant qu'il le pourra par ses écrits et par ses lettres, de prémunir contre Terreur tous les peuples de la terre, qu'il appelle les parties de son corps. Enfin, il se réjouit et remercie Dieu d'avoir inspiré aux pieux empereur la sa^e pensée de publier des édits pour interdire aux chrétiens la lecture des livres d'Origène , et il déclare condamnés par la sentence des princes tous ceux que cette lecture impie dénoncera comme coupables. Il revient» en finissant, sur le compte de Rufin, et il reproche à l'évêque Jean de s'obstiner à Je poursuivre de ses vagues soupçons; pour le rappeler à des sentiments plus modérés, il lui propose cette sentenceduiivredesRois,xiv,7 :iVbn«tcAomo ui Deus: nam Deus videt in corde j homo videt in fade, « C'est pourquoi, lui dit-il, 0 cher frère l examinez avec soin si c'est avec intention et dans le but de les approuver, que Rufin a traduit en latin les œuvres d'Ori- Kène, et alors il vous sera permis de considérer comme coupable celui qui applaudit aux erreurs des autres. Cependant , sachez bien que nous l'avons tellement perdu de vue, que nous ne tenons pas même à connaître et son séjour et ses actions. A lui de voir désormais où il pourra se faire absoudre. 9
C'est ce dernier mot, qui termine la lettre, qui en avait porté plusieurs à croire à une condamnation. Mais il ne s'agit ici de l'absolution d'aucune sentence canonique fulminée contre Rufin» mais seulement des vagues soupçons que sa traduction d'Origène avait soulevés contre lui. Le saint pontife n'aurait pu contredire ainsi,, à la fin d'une lettre aussi brève» ce qu'il avait dit au commencement» où il déclare abandonner Rufin AU jugement de Dieu et de sa conscience. Rufinum conscientiœ nue divinatn habere arbiiram majestatem déclarât,
La seconde lettre de saint Anastase, adressée à Simplicien, évêque de Milan, fut publiée dans le dernier siècle par Dominique YjJlarsi, qui Tavait recueillie d'un ancien
manuscrit de la bibliothèque Ambrosienne, où il découvrit encore d'autres richesses littéraires. Comme la première, elle traite aussi des erreurs d'Origène, aux progrès desquelles elle s'oppose avec force et persévérance.
« C'est avec une grande sollicitude» dit-il» qu'un pasteur doit veiller à la garde de son troupeau. Semblable à la sentinelle qui» placée au sommet d'une tour» veille nuit et jour au salut de la ville, ou au pilote cpii, redoutant pour son vaisseau l'heure et les périls de la tempête, fait tous ses efforts pour le maintenir contre la fureur des flots et le choc des rochers du rivage : ainsi notre frère dans Tépiscopat, Théophile, si vénérable par sa sainteté, lutte de courage et ne cesse de veiller sur le peuple de Dieu» afin de lui conserver les avantages du salut et de
Garantir les diverses Eglises de l'invasion es impiétés d'Origène.
« Par des lettres méditées et convenues dans une assemblée mémorable, j'invite votre sainteté à observer chez vous la conduite Sue nous tenons à Rome, la ville du prince es apôtres et celle que le glorieux Pierre a confirmée dans la foi» et a veiller à ce que personne ne lise» contre notre défense» les doctrines que nous avons dénoncées et condamnées ; nous vous demandons, avec les prières les plus vives et les plus pressantes» de ne pas vous éloigner d'un iota des principes evan^éliques que le Christ» Fils de Dieu» vous a lui-même enseignés; mais au contraire de vous rappeler sans cesse cet avertissement du grand Apôtre : Si quii vobis evangelizaverit prœter quod evangelixatum e$ty anathema sit I C'est pour rester fidèles à ce précepte que nous avons publiquement désavoue et puni tout ce qu'Origène a écrit de contraire a la foi.
a Nous avons chargé de ces lettres, avec Tespoir qu'il les remettra à votre sainteté, le
grêtre Ëusèbe, homme plein d'ardeur pour ieu et de zèle pour la pureté de la doctrine Il nous en a expose quelques chapitres qui nous ont fait norreur par l'impiété de leurs blasphèmes ; et si, par nasard» quel-
3ues autres vous étaient cfénoncés , sachez 'avance que nous les condamnons pareille— ment» avec leur auteur. Dieu vous garde et vous conserve» cher frère et si vénérable seigneur I »
Indépendamment de ces deux lettres» saint Anastase en avait écrit un grand nombre d'autres» dont il ne nous reste pour ainsi dire plus que la nomenclature. Saint Paulin» qui devint plus tard évêque de Noie, mais qui n'était alors que simple prêtre, en reçut plusieurs, comme il s'en fé4icite dans une lettre adressée à Delphinus. « Sachez» vénérable pontife, lui dit-il, que votre saint frère le pape Anastase n'a pas dédaigné notre humilité. Car dès qu'il eut l'occasion de nous témoigner sa sollicitude, non-seulement il n'a pas attendu de démarche de notre part, mais c'est l'assurance de son affection qui a devancé l'expression de la nôtre. Aussitôt après son ordination, il adressa aux
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MânONNAltlE DE PÀTROLOGIE.
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éTéques delà Campanie des lettres où notre uoin se trouvait répété avec amour, et dans lesquelles il leur déclarait sa tendresse , et donnait à tous des exemples de sa bienveillance h notre égard. Peu^de temps après, au jour de sa naissance , il ne dédaigna pas de nous adresser une invitation , honneur qui ne s'écbanse habituellement qu'entre confrères élevés au même degré dans le sacerdoce. Bien loin de s*offenser de notre refus, il a répondu en père à notre lettre et accueilli avec bonté les excuses que nous lui présentions de notre absence. » On voit, par ce fragment des épltres de saint Paulin, qu'il 7 eut au moins cpiatre à cinq lettres échangées entre les deux saints, et parmi lesquelles il en liut attribuer trois à saint Anastase.
Il écrivit aussi à Anjrsius , pour l'établir métropolitain de l'IUyrie , avec pouvoir de connaître des causes qui se jugeraient dans toutes les parties de cette contrée. Une let-* tre du pape saint Innocent , au même Anysitts, atteste cette particularité, puisqu'on le confirmant dans ces fonctions, il lui dit c qu'il ne peut que lui conserver une dignité qui lui a été accordée par d'aussi grands papes oue ses prédécesseurs, Damase et Sirice , de si sainte mémoire , et surtout par Anastase , dont l'Eglise conserve un si glorieux souvenir. » Ces paroles de saint Innocent ont cela de remarquable qu'on en peut conclure que la dignité de vicaire apostolique de rillyrie n'était pas inhérente au titre d'évèque de Thessalonîque , mais que la collation s'en renouvelait chaque fois
Ju'un nouveau pontife montait sur ta chaire e saint Pierre.
La lettre à Jean, évoque de Jérusalem, nous a déjà fait connaître l'intention où était le saint pontife d'écrire à Vénérius , évèque de Milan, pour lui expliquer les erreurs pernicieuses découvertes dans un livre d'Origène , que Rufin venait de traduire en latin.
Les évèques d'Afrique , rassemblés à Carthage, avaient désigné un de leurs frères pour aller exposer au saint pape Anastase et à Vénérius, évéque de Milan , les besoins de leurs Eglises, qui manquaient de clercs, et pour solliciter en même temps la permission d'élever aux ordres les enfants baptisés par les hérétiques. En adressant cette demande aux pieux pontifes, ils leur faisaient remarquer qu'elle avait été refusée déjà par leurs deux prédécesseurs, le pape saint Sirice et saint Ambroise. Saint Anastase leur renvoya presque aussitôt une réponse pleine de oienveillance, dans laquelle il les assurait de sa sollicitude toute paternelle pour les besoins de leurs Eglises. Aussi, dans une seconde assemblée, tenue le 13 septembre de la même année Ml, ils la lurent en public, et ils décidèrent qu'il en sei^^it fait mention dans le livre de leurs actes synodaux. El, en effet, nous en retrouvons le souvenir consenré on ces termes : « A la lecture de ces lettres, dans lesquelles notre vénérable frère Anastase, évêque de l'Eglise de Rome, avec une sollicitude paternelle qui
DlGTIONH. DE PaTROLOGU. I«
n'est égalée que par sa charité, nous exhorte à nous défier des ruses et des manœuvres des donatistes, qui ne cherchent que les moyens de jeter le trouble dans l'Eglise d'Afrique, nous remercions le Seigneur d'avoir daigné inspirer à ce saint pontife une tendresse si attentive pour tous les membres de Jésus-Christ, qui ne forment qu'un seul corps, quoique dispersés sur tous les points de l'univers. » Ici s'arrête le chapitre qui constate la réponse de saint Anastase ; quant aux enfants baptisés dans le schisme des donatistes, et à leur admission au nombre des clercs, il n'en est pas question. Du reste, le refus du saint pontife nous semble facile à présuiner, et de la défiance qu'il insinue contre ces hérétiques, et de nouvelles lettres qu'il écrivit plus tard aux évéques de la même contrée.
Saint Jérôme, dans l'année même oili il finissait le troisième livre de son Apologie, nous signale des lettres contre Rufin adressées par saint Anastase aux Eglises d'Orient. Ce traducteur d'Oriçène affectait d'arguer de faux une lettre écrite, l'année précédente, à Jean, évêque de Jérusalem. — « Eh bien, lui répond saint Jérôme, passe pour la lettre de l'année précédente, je vous accorde qu'elle soit de mon invention ; mais les lettres récentes adressées aux Eglises d'Orient, qui les a écrites ? Quand vous verrez de quelles fleurs le pape Anastase vous couronne, vous penserez plutôt à vous défendre qu'à m*accuser. » Puis, détachant quelques-unes de ces fleurs et les plaçant sous les yeux de Rufin, il ajoute : « Allez le trouver, défendez-vous d'être coupable, demandez-lui compte de l'iqure qu'il vous a faite, en votre absence, en vous signalant à tout l'Orient comme un propagateur d'impiété, en vous marquant au front du stigmate de l'hérésie, en vous accusant de n'avoir traduit les livres d^OriKène que pour ruiner, dans le cœur des chrétiens, la foi qu'ils avaient reçue des apôtres, et de n'avoir fait précéder votre traduction d'une préface que pour ajouter de la force et de fa violence aux poisons de l'erreur. Certes, une telle condamnation n'a rien de léger, quand elle tombe de la plume du pontife universel ! »
11 n'est peut-être pas inutile de remarquer que saint Jérôme, en rendant compte de cette dernière lettre de saint Anastase, s'attache probablement moins à en reproduire les paroles qu'à en faire ressortir le sens ; mais il y a tout lieu de croire que, malgré son zèle pour la foi, le pieux pîontife a été beaucoup moins dur que les expressions qui semblent lui être prêtées par son ardent commentateur.
Un des prédécesseurs du pape Innocent avait porte contre Photin, évêque dlllyrie, une sentence qui parut au saint pontife constituer un lait d'une certaine gravité. Dans la suite, les évoques de Macédoine, prenant en main la défense de leur collèijue, parvinrent à démontrer que la bonne foi du saint-siége avait été trompée, et que ce jugement lui avait été arraché subrepticement
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el par surprise. Innocent, partagé entre la crainte de condamner ses prédécesseurs, dont il était difficile de retrouver toutes les sentences, etledésird'accorderguelquephose
auT récWmations de tant de pieux pontifes, changea la sentence qui condanariait Photin, et lui peripit de reprendre son siège. Les re-^ cherches que cette révision de jugement lui occasionna le mirent à même de se convaincre qu'il n'avait pu être rendu que par saint Anastase, mais dans les derniers jours de son pontificat ; de sorte que la mort ne lui laissa le temps ni de réparer ni de T^unir la surprise. Du reste , en corrigeant cette sentence, le saint pape Innocent établit positivement cette doctrine, qu'il n'est personne de si saint , ftit-il placé sur la chaire môme de saint Pierre, dont on ne puisse surprendre et égarer la justice.
Isidorus Mercalor p'i^ pas plus épargné ce saint pape que les autres. Son recueil lui attribue faussement deux d^crétales, Tune adressée à tous les évoques 4c la Bq^rgogne et de la Germanie , et Vautre à un homme de piété, pompaé Nérien , pour le consoler de fa pprte de ses parepts. Mais la supposition a été découverte par Baronius, qui Ta mise au jour, en détruisant, par les preuves critiques les plus certaines, tous les arguments de cet imposteur.
WCTIONNAIRE DE PATROUMÎIE. ANà 53*
ariens et à rétablir la paix de l'Eglise. Il envoya, à cet eflfet, des légats k Constantinopie, avec une lettre pour Temperei» Anastase, dans laquelle il témoignait k ce prince un désir ardent de la réunion, et le pniu avec instance d'y travailler lui-même. Les légats qu'il choisit pour cette mission fursnt les évèques Crescone et Germain, dont les sièges ne nous sont point connus.
Toute la difficulté pour arriver à cette reunion consistait à obtenir que le nom d Acace, évêque arien de Constantinople, lui enlevé des sacrés diptyques. Le pape pria donc l'empereur, en termes très-humbles, de le faire enlever, et de ne pas permettre çjue, pour une chose si peu importante et qui ne regardait qu'un seul homme, on déchirât plus longtemps la robe de Jésus-Christ. Il représente à Anastase que le pape Félix, qui avait prononcé la sentence contre Acace, el Aoace lui-même, étaient devant Dieu, àqui nen n est caché. 11 fallait donc réserver à Dieu seul le jugement de l'un et de l'autre, mais, en attendant, supprimer le nom d'Acace. pour éviter le scandale. Il ^oute qu'il s'était abstenu de lui parier de sa conduite, daas la crainte de l'ennuyer par la longueur des détails ; U avait charaé ses légate de l en instruire. Pourtant si l'empereur le désirait, il s'oflfrait de le faire lui-môme, afin de le convaincre que, dans la sentence rendue
Lepeud'écriU qui nous restent de saint contre ^^^^^ • ';f^„f ^î-^j^^^^^^^ Î^^U
Anastï^e ne nous permettent guère de por- à aucun .^û^^^^^f i„^^^^^^^ ter un jugement critiaue bien établi sur sa avait jugé sur des ^"°^^^,f J^^?!^^^^^^ manière et sur ses œdvres. Tous les écri- qu'jl es» 1?^hf..L^?.^ foirJfenU^^^^ vains catholiques qui vivaient à son époque certitude. I «J^^^Je ^ lu J(*i^^^ d'eiolo^ en ont parié comme d'un homme émkent, bien il serait gi^ripM ^pour^lui^^d e^^^^ d'une doctrine sûre et d'une élocution parfaite. Autant que nous avons pu en juger, son style nous a paru, comme son caractère, ferme sans dureté, vif sans emportement, doux sans faiblesse, abondant sans profusion ni superfluité, mais cependant, quelquefois obscur, confus, embarrassé. Dans ses deux lettres à Jean et à Simplicien, nous avons trouvé des phrases d'une construction si inextricable que Tintelligence nous en a sem)[)lé presque impossible. Mais à part ces défauts, qui étaient déjà les défauts de son siècle, pendant les trois ans qu'il occupa le siège de Rome il défendit intrépidement la foi et maintint avec une ardeur incomparable la discipline ecclésiastique.
ANASTASE U. — Après la mort du pape Gélase,on choisit pour lui succéder Anastase, second du nom, Romain de naissance et fils d*un nommé Pierre. On ne sait si c'est le même Anastase qui fut chargé de lire la lettre du pape Félix dans le concile de Rome, en V^, et les requêtes de Mlsène dans le concile de l'an W5. Son élection se fit le 28 novembre W6, après un interrègne de sept jours. Il ne tint le saint-siége qu un an onze mois et vingt-quatre jours, depuis le consulat de Paul jusqu*à celui de Jean le Scythe et de Paulin.
Ses premiers soins, dè^ son élévation au pontificat, furept de travailler à ramener les
son pouvoir, sa sagesse, ses exhortations, à ramener l'Eglise dAlexandrie. à la véritable foi catholique. Ensuite il rassure les Grecs sur la crainte qu'ils témoignaient envers tous ceux qui avaient reçu d Ac^o le baptême ou l'ordination, depuis la ,^«ptence de déposition prononcée contre lui. Jl déclare qu'il tient pour valides les sacrements conférés par cet évêque, et prouve p^r 1 autorité de l'Ecriture qu^l'a pu les administrer sans porter aucune atteinte h leur elT^l spirituel, puisque c'est lésus^hrist seul qui le confère, Acace donc n'a qui qu'^ lui-même, et non pas à ceux qui ont reçu de ses wams le baptême et rordin^tion. Pour montrer que l'indignité du ministre ne nuit point à la vertu des sacrements, même quand ils sont donnés hors de l'église, par un adultère ou par un voleur, il allègue d abord ce qui est dit de Jésus-Christ daas s^inl Jean : Saper quem videris Spiritum descendent m super jum, hic est qui bapiizat \n Spmtu sancto ; ensuite il établit cette comparaison | Si les rayons de ce soleil visible pénètrent dans les lieux les plus sales s^ns en contracter aucune tache, à plus forte raison celui qui a créé le soleil peut-il opérer, sana que son action soit infirmée par I indiKmlé du ministre. 11 dit encore q^e tous les bienlaiU que Judas a conférés en vertu de sa dignité et comme il siégeait encore dans le collège des apôtres, n'ont souffert aucune
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DIGTiONNAmE Dtl PATROLOGIE.
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altération» aucune diminution d^ ses roau- Taises qualités de voleur et de sacrilège.
Requête des Alexandrins au pape Ahas" tase. — Le bruit s'étant répandu par toute ITçIise d'Orient que des légats du pape étaient venus à Gonstantinople pour y irai* ter de la paix» deux apocrisiaires dé TEglise d'Alexanarie^Dioscore, prôtre, et Quérémop, lecteur, leur 'Présentèrent unô requête dans laquelle ils demandaient d'être reçus à la eommuniof) dii pape. Cette requête n'est pas seulement adressée aux deux légats, mais aussi h Festus, député du roi Théodoric auprès de Temperéur Anastase. ~ Les Alexandrins exposent queTEglise de Rome et celle d'Alexandrie ayant eu un m$me fondateur, saint Pierre, imité en tout par saint Marc, elles ont toujours tenu la même doctrine et la même foi ; qu*il a existé entre elles une union si infime, que lorsqu'il s'est ^gi de tenir des conciles en Qnent, Tévéque de Rome a délégué celui d'Alexandrie pqur
(résider et agir en son nom dans ces assemlées ; que la division entre ces dpux Eglises n'ayait été occasionnée que nar une mauvaise traduction de la lettre ae saint Léon aa concile de Cbalcédoine, traduciiou qui rendait cette lettre pleine d'erreurs nestoriennes, et dont Tnéodorel et les autres évéques du parti étaient les auteurs, a Voulant, disent-]ls,donner des preuves au saintsiège que II0U9 tenons la loi du prince des apôtres, de son disciple saint llarc et des Pères du concile de Nicée, notre Sglise a envoyé des députés à Rome ; mais les manœuvres d'un nomme chassé de notre ville, pour sa mauvaise doctrine, les ont eoipêchés d'être accueillis, et ils furent obligés de revenir sans avoir pu même obtenir une audience du pape, plus tard le diacre Pbotin, député par révéquc de Tbe^salqnique vers le popii Apiistase, qous pssura, \ (îonstanti-* nople, que ce papq n'approuvait aucun des changements pi i|es additions faits à la lettre de saint Léon. C'est pourquoi, ô vénérables députés, qous souhaitons ardemment communiquer avec vous sur ce sujet. » f^es deux légats y consentirent et leur donnèrent Âatisiactioa h Tégard (|e la lettre de $aint Léon. Alors Dioscore et Quérémon leur présentèrent upe confession deioij demandant, si elie se trouvait conforme à celle de TE- ^isedeRome, la liberté pour celle d'Alexandrie Ue s'y réunir. Dans cette confession, d) déclarent qu'ils recevaient le sjmbole de Nicée, approuvé par le^ cent -cinquante Pères de Constantinonle ^t par le concile <l'£phèse sous saint Célestin, comme la seule vraiq règle de ja foi ; mais ils remarquent en même temps que ce concile d'Ëphèse avait défendu d'en établir une avilre, remarque qu'ils ne faisaient, pe semble, que
Si>ur se donner le droit de r^eter le concile e Cbalcédoine, dont, en effet, ils ne d^^^P^ pas un mot. Us déclarent aussi qu'ils admettaient leq douze anatbèpes de saint Cyrille,
Après cette profipssion générale, ils en firent une particulière, dans laquelle ils con-
fessent que Jésus-Gbrist est consubstantiei à son Père selon la divinité, et consubstantiel à nous selon Thumanité ; qu'il est descendu du ciel après avoir été cQXiqu du Saint- Esprit et de Marie, vierge et mère de Dieu; qu il n*y a qu'un seul Fils et non pas deux, les miracles et les souffrances étant d'un seul et même Fils de Dieu. Us condamnent ceux qui admettaient en lui de la confusion, de la division, ou qui soutenaient qu'il ne s'est incarné qu'en apparence, parce que dans l'incarnation il ne s'est pas fait d'augmentation du Fils, et que la trinité des personnes est toujours demeurée la m0me. Us disent anathème à Nestorius et à Eutycbès, et à tous leurs adhérents, dans tous )es temps, dans tous les lieux ; mais ils soutiennent que la doctrine de Dioscore, de Ti* mothée erde Pierre a été conforme à pelle gu'ils viennent d'exposer, et s'offrent de la justifier. — Us conjurent les légats, h leur retour à Rome, de présenter cette confession au pape, afin qu'il l'approuve et les reçoive à sa communion. Les légats la recurent et promirent de la porter au pape, qui serait toujours prêt à entendre les député^ d'Alexandrie et à éclairer leurs doutes. Ils ajoutèrent qu'pp ne les avait point chargés d'entrer dans la difficulté qu'ils faisaient, au sujet de Dioscore, d'Ëlure et de Mongus ; mais que, ppur avoir la paix, il fallait que l'Ëglise d'Alexandrie retranchftt leurs noms des diptyques. Tel est le contenu de la re« quête des deux apocrisiaires d'Alexandrie aux légats ; ils en retinrent une copie pour la présenter au jugement de Dieu, en cas que le saint-siége refusât de contribuer à la paix. Maisla mort du pape arriva avant que cette question pût être soumise ^ son jugement.
Lettre à Clovis. — Dès le commencement de son pontifical, il écrivit, par le prêtre Camerius, au roi Clovis, pour lui témoigner sa joie de ce qu'il venait d'embrasser la foi chrétienne. Cette lettre est une preuve de l'amour d*Anastase pour l'Eglise. « Consolez votre mère, ô glorieux et Ulvt&tre fils dp l'Eglise, et servez-lui de colonne de fer ! Car la charité de plusieurs se refroidit, et notre nacelle est agitée par de violeples tempêtes, et battue par les vagues furieuses que les artifices des méchant^ poussent contre elle. Mais nous espérons contre toute espérance, et nous louons le Seigneur^ qui vous a délivré de la puissance des ténèbres, et qui, pour le salut de VEgUse, s'est ménagé en vous un grand prince qui puisse la défendre et opposer 1q bouclier de j^ foi aux efforts des hoipmes dangereux quj ne cessent de l'fiittaquer. Continuez vos glorieux desseins, et qu^ le Seigneur tout-puissant étende sur vous et sur votre royaume sa céleste protection ; qu'il ordonne à ses anges de vous aider dans toutes vos entreprises, de vous garder dans toutes vos voies ; que sa droite vous seconde et vous fasse triompher de tous vostenuemis. »
Lettre à Ursicin. — Ce fu| vers le môme temps qu'il écrivit h Ursîciri, le même que
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saint Gélase, son prédécesseur, avait envoyé aux évoques de Dardanie, pour leur expliquer la doctrine du saint-siège sur les hérésies qui troublaient alors TËglise d'Orient. Il ne nous reste que quelques fragments de cette lettre, que Baluze a tirés de deux anciens manuscrits, J'un de l'église de Beauvais et l'autre de l'abbaye de Corbie. Anaslase y explique le mystère de l'incarnation, et montre que Jésus-Christ est un dans les deux natures, sans aucun mélange de la nature divine et de la nature humaine. C'est pourquoi if confesse que Jésus-Christ, Fils uniaue de Dieu, né du Père avant tous les siècles et sans commencement, s'est incarné dans les derniers temps au sein de la vierge Marie ; qu'il est homme parfait, puisqu'il a pris une âme et un corps ; consubstantiel à son Père selon la divinité, consubstantiel à nous selon l'humanité, l'union des deux natures s'est opérée en lui d'une manière ineffable ; de sorte qu'il n'y a qu'un Christ, qui est en même temps tils de l'homme et Fils de Dieu; Fils unique du Père et le premier né d'entre les morts ; coéternel à son Père, et, comme Dieu, créateur de toutes choses ; et cependant, né dans le temps, selon la chair, c[u'il n'a pas apportée du ciel, mais qu'il a tirée de la masse de notre substance, c'est-à-dire de la chair de la sainte Vierge : ce qui s'est fait sans que le Verbe ait été changé en chair et ait paru comme un fantôme ; non, mais tout en conservant immuablement et inconvertiblement sa propre substance, il s'est uni à notre nature et ne s'en est jamais séparé, pas même lorsqu'il est ressuscité des morts ; et, par un prodige permanent de sa bonté pour nous, il ne peut plus même s'en séparer.
Règlement sur les privilèges de Vienne. — Anastase, à la prière de saint Avit, évoque de Vienne, avait établi entre lui et l'évoque d]Arles un règlement qui étendait sa juridiction sur les évêques voisins. Ëonius, évêque d'Arles, en porta ses plaintes à Symmauuc, qui, après avoir pris connaissance de 1 affaire, annula le règlement de son prédécesseur. Saint Avit se plaignit à son tour, et Symmaque lui répondit le 30 octobre 501 : <c Si vous pouvez montrer qu'Anastase, mon prédécesseur, a eu raison de faire ce qu'il a iait,nous serons ravis de voir qu'il n'a point contrevenu aux canons. II est quelquefois nécessaire de relâcher de la rigueur de la loi, pour un bien que la loi même aurait or- Jonné, si elle l'avait prévu. »
Du reste, cette erreur, ou cette faiblesse, ne prouve rien contre la justice et la sainteté d' Anastase, dont nous avons eu occasion d'admirer la foi, la douce piété et le zèle
Eersévérant non-seulement à poursuivre et démasquer l'erreur, mais aussi à ramener et à recueillir les égarés.
ANASTASE UI, élu pape en 911, après ja mort de Sergius 111, n occupa le saint-siége que deux ans et quelques mois. 11 est loué pour la douceur de son gouvernement. 11 nous reste de lui deux lettres, publiées dans
le Cours complet de Patrologie^ de M. Tabbé Migne. Montrouge, 1850.
ANASTASE IV, élu pape le 9 juillet 1153, succéda au pape Eugène III. Sou nom était Conrad ; il était Romain de naissance, évô-
3ue de Sabine et cardinal. Elevé sur le siège e Saint-Pierre dans un âge très-avancé, il n'y resta qu'un an et cina mois, et mourut le 2 de décembre 115ih. Il favorisa l'ordre naissant de Sain-Jean de Jérusalem. C'était, dit Fleury, un vieillard d'une grande vertu et d'une expérience consommée dans les affaires de la cour de Rome. Nous avons neuf lettres de ce pontife, imprimées dans le recueil de Labbe.
Les sept premières sont pour réprimer les vexations infligées par les oourgeoisde Vézelav et le comte de Nevers à l'abbé et à l'abDaye du même nom. Elles sont adressées aux archevêques de Sens et de Bourges et à quelques évêques. Il y en a une à Louis VII, roi de France, et une autre à tous les évêques du royaume. La septième est adressée à Ponce,' abbé de Vézelay ; le pape Texliorte à supporter ses maux avec patience, et lui défend d'accorder dans son église aucune marque d'honneur ou de distinction au comte de Nevers.
Dans la lettre à Engelbad, archevêque de Tours,Anastase lui ordonne de s'informer avec soin de la conduite de l'évêque de Tréguier, et de lui en rendre compte par écrit, après l'avoir entendu lui-même, en présence de personnes discrètes et de son clergé. Au cas qu'il serait trouvé coupable des crimes dont on l'accusait, il lui commandait de le suspendre d'abord de ses fonctions, et de l'envoyer ensuite à Rome, pour y être puni suivant la rigueur des canons.
Il y a une lettre du même pontife aux chanoines réguliers de Saint-Jean deLatran, dont il confirme l'institution, les biens et les privilèges ; et une autre aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, auxquels il accorde la propriété de toutes les oblations, faites et à faire à l'hApital de cette ville, pour l'entretien des pèlerins et des pauvres. Ce
Sape leur accoroe encore l'exemption de la îme pour toutes les terres qu'ils cultiveront par eux-mêmes ou feront cultiver dans le même but ; avec défense aux évêques de prononcer aucune sentence d'interdit, de suspense ou d'excommunication, dans les églises dépendantes de cet ordre. La bulle est datée du 12 des calendes de novembre de l'an 1154. — Dom Martenne a publié une autre bulle, datée de la première année du pontificat d'Anastase, en faveur de l'abbé de Savignv et de ses successeurs, qu'il confirme dans la juridiction et l'autorité qu'ils avaient sur tous les monastères dépenaants de cette abbaye. Il cite tous ces monastères , parmi lesquels se trouve celui do la Trappe.
ANASTASE LE SINA II E.— Anastase était prêtre et moine du mont Sinaï, d'où lui est venu le surnom sous lequel il est connu de la postérité. Les Grecs l'appellent le nouveau
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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGIE.
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Moïse, persuadés que, menant une vie conteiuplative sur celte montagne, il y avait vu Dieu et conversé familièrement avec lui, comme cet ancien législateur. Il florissait sur la On du vi* siècle. II sortit souvent de sa solitude et parcourut l'Egypte et la Syrie pour la défense de TEglise. Etant dans la ville d'Alexandrie, il confondit publiquement les hérétiques acéphales, et leur montra, avec la dernière évidence, qu'ilsune pouvaient condamner saint Flavien, sans cond'tmner en même temps tous les Pères de ]*EgHse. Ses raisons furent si convaincantes, que le peuple témoigna une grande indignation contre ces hérétiques, et pensa même les lapider. Le saint prit ensuite la plume et composa contre eux le livre intitulé : Guide au vrai chemin.
Anastase y établit d'abord plusieurs règles pour découvrir les pièges des sévériens et les éviter. On appelait ainsi les partisans du faux patriarche Sévère, considéré de son temps comme le chef des eutychéens. A la tête de toutes les obligations, il met celle d'une vie pure et innocente, afin que Tàme puisse servir de demeure au' Saint-Esprit. Ensuite il veut qu'on sache exactement les définitions les plus essentielles; (ju'on ait uae parfaite connaissance des sentiments de ses adversaires et de leurs écrits, afin de les confondre par eux-mômes; (ïu'on s'applique à l'étude de l'Ecriture sainte, avec une grande simplicité de cœur, sans s'opinifltrer à vouloir approfondir ce qui surpasse l'intelligence humaine; qu'on sache distinguer ce qui doit s'entendre à la lettre d'avec ce qui est dit métaphoriquement; qu'on croie enfin, sur différents points de doctrine, des traditions qui ne sont point exprimées dans l'Ecriture sainte. 11 ajoute qu il est bon de savoir qu'il y a deux manières de disputer avec les hérétiques : l'une en proposant des passages de l'Ecriture sainte; rautre en tirant ses preuves de la chose même en contestation. Cette dernière façon de discuter est la plus solide et la plus efficace, parce que l'on peut altérer et corrompre les paroles de l'Ecriture, et opposer un passage à un autre pour la mettre en contradiction. Il exige aussi la science de la ehronologie, et ne veut pas qu'on permette à un adversaire embarrassé et hors d'état de répondre, de passer à une autre question avant d'avoir résolu celle qui est en cause.
Anastase rail l'application de tous ces principes daqs son ouvrage ; car, après avoir démontré, dans une exposition de foi, que les catholiques reconnaissent en Jésus-Christ deux natures, deux volontés et deux opérations, il explique, pour plus grande clarté et pour éviter toute équivoque, non-seulement ce que c'est que nature, volonté, opération, propriété, mais encore tous les ternies usités dans l'Eglise catholique quand on parle des mystères de la Trinité et de rincarnation, en donnant des définitions
J)articulières pour chacun de ces termes. *uis il propose toutes les hérésies qu'un orthodoxe doit rejeter, particulièrement cel-
les qui ne confessent pas que la sainte Vierge est vraiment mère de Dieu; qui assurent qu'il y a deux personnes en Jésus-Christ; que la divinité fut séparée de son corps sur la croix et dans le tombeau; qui tiennnent une foi différente de celle des conciles de Nicée, deConstantinople,d'Ephèse,deChalcédoine, et des anciens Pères de l'Eglise, saint Denis, saint Clément, saint Irénée, saint Ambroise, saint Athanase, et plusieurs autres que nous nous dispensons de nommer après lui. Il fait en peu de mots l'analyse de la foi sur la Trinité et l'Incarnation, à quoi il ajoute la liste de ceux qui ont attaqué ces mystères, en commençant par Simon le Magicien et en finissant par Nestorins. Il témoigne de son respect peur les cinq premiers conciles généraux et pour la doctrine qui y est établie, et qui est la seule catholique, méritant notre croyance et notre vénération. 11 prend ensuite corps à corps l'hérésie de Sévère, renouvelée de celle d'Eutychès, et montre qu'elle tire son origine de celles des manicnéens, des valentiniens, des marcionites et des ariens, et que par conséguent elle a été condamnée non-seulement dans le concile de Chalcédoine, avec la personne de Dioscore, mais aussi par tous les Pères de l'Eglise, parles écrivains sacrés de l'Ancien et du Nouveau Testament et par le concile de Nicée. Les passages qu'il rapporte proclament tous en Jésus-Cnrist l'union de deux natures parfaites en une seule personne.
Considérations anagogiques. — Outre le livre dont nous venons de parler, il composa plusieurs ouvrages ascétiques qui sont par venus jusqu'à nous. De ce nombre sont les Considérations anagogiques sur l'Hexaméron on le travail des six jours. Il y a plus d'ordre dans ce livre que dans le précédent, mais il ne peut être d'un grand secours pour Tintelligence de l'histoire, parce qu'il explique presque tout dans un sens mystique et allégorique, en avertissant toutefois qu'il ne prétend pas détruire le sens littéral, ni blâmer les explications que les Pères ont données de la création, it dédia cet ouvrage à Théophile, qu'il appelle son fils; et il est cité sous son nom par Michel Glycas, et divisé en douze livres.
Anastase profite de tous les commentaires Li avaient été écrits avant lui sur l'ouvrase es six jours, et il dit que l'histoire de la création ne doit pas tellement s'entendre à la lettre, qu'on ne puisse encore l'appliquer à l'Eglise de Jésus-Christ. 11 rappelle que saint Justin Martyr, Philon, comme lui contemporain des apôtres, Papias, saint Irénée, Pantène et saint Clément d'Alexandrie, ont interprété de l'Eglise ce que l'Ecriture rapporte du paradis terrestre; que d'autres, prenant à ta lettre ce qui y est dit des apparitions de Dieu, des discours du serpent, sont tombés dans des erreurs considérâmes. Les uns se sont imaginé que Dieu avait une forme corporelle; les autres, croyant devoir aux conseils du serpent la propagation du genre humaini lui ont rendu des actions de
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grAces et ont porté le nom d*ophites ou serpentins. Il cite un livre intitulé : Testament de nos premiers pères ^ dans lequel il était dit qu'Adam avait été placé dans le paradis terrestre le quarantième jour après sa création, et il remarque que ce livre ne se trouvait pas dans le canon des Juifs. Il blâme Origène d'avoir méprisé dans ses commentaires le sens historigue, pour ne s'attacher qu'à des allégoi^ies imaginaires, et dit que eesi avec justice qu'il a été coiidarntié par un concile. Au contraire il loue beaucoup les commentaires qu'ont faits sur le même sujet saint Ambrbise, saint Basile, saint Chrysostome et plusieurs autres, parce qu'ils se sont tous appliqués à donner le sens dé W lettre. Il Irailé Aquila d'impie, poufc* avoir mal traduit un passage de l'Ecriture, réxpliquant dans un sens qui tendait à accuser Dieu de mensonge. 11 relève l'erreur d'Origène sur la préexistence des âmes, et cbnsUte (Qu'elle a été solidement réfutée par Méthodius. 11 l'accuse aussi d'avoir nié la résurrection des corps. 11 cite les Hexaples, mais sans indiquer l'auteur, et, à propos de ce paàsagé dû if est dit que bien lit sortir rhoninie uU paradis terrestre, de pèùr que, mangeant dd fruit de l'arbre de vie, il ne Vécût étihlellfement, il se propose la question suivante : Tolis ceut
2U1 daiis l'Ealise mangent le pain de vie chapper*ont-us à la damnation éternelle? Il répond qtie plusieurs orit mangé de ce pairi, et sont naorls pour l'éternité. Il cite l'exeHiple de Judas, de Simon le Magicien, et des Corinthiens dont parle saint Paul, qui ont été cofadàmnés parce (Qu'ils l'ont mangé indignement; au contraire, dit-il, il y en a beaucoup dans les déserts qui, privés de cette divine nourriture, ne laisserorlt pas de posséder la vie éteriièlle,. t)arce que, ûHis avec Dîed par sa grâce, ils restent participarils habituels de soti corîpS, étant eux-mêmes le pain de vie, le eort>s et le sang db Dieu, sa maison, son temple, son autel, sa victime pure et son onction sacrée. D'où il conclut que par l'arbre de vie il faut entendre l'union de Dieu avec l'homme, par la participation mystérieuse de son corps et dd son sàng.
Les 154 questions. — Ce livre n'est , pout ainsi dire, qu'une compilatibn des passades des Pères et des conciles sQt la vie spirituelle. Entre plusieurs maximes utiles ^ésultant de ces questions, on petit remarquer les suivantes. — Quoiaue l'on ne puisse élre vrai chrétien sans la roi et les bonnes (iuvres, cependant elles ne suffisent pas poui* rendre un homme parfait ; il lui faut encore l'humilité. — Il y avait chez les Grecs des espèces de moines qui passaient leur Vie dans le repos et dans le silence, et qui, contents d'aoorer Dieu en esprit, ne rréquentaiebt pas les églises , s'abstenaient des assemblées des fidèles, et néi5ligeaient la communion du corps et du sang de Jésus-Christ. Les gens sages désapprouvaient leur conduite, parce qu'encore qu'on puisse prier et adorer Dieu en tous lieux, il n'est rien qUi lui soit plus agréable que le sacrifice exté-
rieur de l'eucharistie. —Pour fiiire pénitence
ae ses fautes, il ne suffit pas de s'en abstemf ans la suite, il faut éhcore faire servir h la Justice les membre^ qui 6ht feervi k l'iniquité. — Dieu ne liotis abandonne ordihairement que pour nous punir ou nous convertir; c est a nous à exaitiiner quel sujet lions avons donné à Dieu de nous abandonner. — Nous ne serons pa^ damnés pour n'avoir point orné les églises, mais pdur n'avoir pas soulagé les pauvres. — Les eietnples d'Abraham , ae iob , de t)avid, qui étaient mariés, qui avaient des enfants; des biens à
§oiiverner et de grahdes chargée ft remplir, , oiyent ôter aux gens du monde tout prétexte de négliger leur salut. L'Apôtre dit que toute puissance vient de Dieu . mais il ne dit pas que Dieu ait établi tous les princes; il en donne quelquefois de mauvais pour punir les peuples, mais il ne les donne pas tous : il permet seulement qu'ils Soient choisie , oU qu'ils parviennent pah d'àiltres voies à la dignité de princes. —Le iridt /ortune, dans l'idée dés païens, est tin terme exclusif de la providence de Dieu, qui gouverne tout ; le chrétien ne doit donc point s'en servir. — Prédire l'avertir él feirê des toiracles n'est pas toujours uhe preuté de sainteté ; on rie Ht point que Jean-Baptiste, le plus grand parmi les etifaTitS deé hommes, ait fait des miracles , tahdi^ due Judas est censé etl avoir accompli; puisqu'il fht envoyé avec les dpôtres pour guéri^ les lépheut et ressusciter les morts. — Puisque; Selon l'EcHture, il y a deux Jérusalem, l'une terrestre et l'autre céleste, on ne peut ddnç douter Îu'il n'y ait aussi deux paradis, l'un où dam rut placé après sa création, l'dtitrfe qui est le séjour des bienheureux. — AnrtsttMse fixe à douze ans lé temps oO leS enftitUs sont capables d'offenèer Dieu , et il he croit pas même qu'iU en Soient tous capables à cet âge-là. — Quoique l'Église reçoive à la pénitence les fornicaleurs et les hérétiques, cependant elle accorde la comtaunion à ceuxci plutôt qu'à ceux-là : la raison de cette différence est d'engaget* les hérétiques & se convertir, et les fornibdteurs à ne plus retomber dans leurs péchés. — A propos de la résurrection des corps , sur laquelle on ne doit avoir aucun doute, il dit que si les âmes se connaissent dans l'autre monde, ce ne sera que par une permission particulière de Dieu, et non en vertu dé leurs facilités naturelles. S'il ne S'agissait, dahs les persécutions, tjile de la perle des biens temporels, il ne serait pas permis de fuh* ; tuais la fuite est permise ^uand il y â danger pour le salut.
Dûcours.- Canisius a publié, son$ le nom d'Anastase le Sinaïte , trois discours qui lui ont paru si solides et si importants, qu'il en conseille la leçtiiré aux prédicateUi^â et à tous ceux qui sont chargés de la diret^tion des âmes. Le premier, qui fut prêché le cin-
Îuième dimahche de carêthe , â pouh titre : ^e ta Èacrée Synaxe , ou assemblée dans laquelle les fchrétiehs recevaient là sainte eucbatistie. — Ce discours commence pat ua
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éloge du livre des Psaumes. On les chantait tous les jours dans les assemblée^, et rien !ie pouvait 8tre plus utijfe aut fidèles, parce que Dâfid y établit J)arfaitetnent la vraie religion» puisque, d'un côté, il enseigne ce quil faut croire, et de Tailtre ce qiril faut pratiquée. On emploie des ârinées entières à apprendre les arts et les professions utiles à la société : est-ce trop de^passer toute sa vie à apprendre à connaître Dieu et à le servir? Le contraire arrive tous les Jôurà : Tarabilion fait oublier Dieii. On fait pliis que s*oublier soi-même, ori se trompe; on va plds luiû , oh se hait hiutuellemenl; on jjiige tout le monde et on ne jpardonne à pèl-sonne. Nous ne skVons ce que c'est due de gémir sur nos désordres; la crainte de Dieu n'est point erl doiis. Nous passons des jours entiers aux spectacles et aux plaisirs ; mais si la leçon de VEvângile est pluà lôngde qUe de coutume , si lé prétré qui ôlfre lé sâcriucé célêbrte trop lenléiïient , on è^ehdort ou l'on téuioigne pal* son altitude toute la pesanteur de son ennui. Ésl-celà assister au sacrifice? H en est qui vièhnent recevoir le corps de Jésus^hrist et Té sang divitt répandu pour le salut du monde avec uii cœur souillé de rapines él de désordres 1 Est-ce là communier? Ce n'est pas assez dé se laver Jès mains pour avoir le corps net; il faut laver ses fautes dans la confession et dans les larmes , et s'approcher des ifaystères inviolables avec un cœiir contrit et humilié. Y en a-l-il, direz-vous, qui soient dignes d'en approcher î — J'en connais, et vous le deviendrez quand vous voudrez. Tout est dans la pénitence ; accomplissez-en les œuvres , et TOUS devienairez dijghes de posséder Dieu. — Auastase rapporte en cet endroit une partie des prij&res que le prêtî'e, comme médiateur entre Âieu et les hommes , récitait à haute voix pour ^disposer le peuple à s'unir à lui dans rjpblaiion deç hivslères. L'Oraisori DominicalG, oui se disaii avant la communion, lui fournit l'occasion d'insister fortcimmt sur le |)ardod des injures. « J'en entends plusieurs qiii disent : Malheur à moi I je ne sais que faire pour me sauver. Je ne puis jeûner ; je ne sais veiller; la continence surpasse mes forces; il m'est trop dur de quitter le monde : comment donc pourrai-je me sauver?— )e vous le nïontrerai , dit ce Père : Pardonnez , et ii vous sera pardonné. Voilà un chemin court pour arriver au salut. En voulez-vous un autre t Se, jugez Éas, et vous ne serez ^as Jugés. Cette voie de salut ne prescril ni jeunes, ni veille, ni travail. Celui qui juge avant l'avènement de Jésus-Christ e^t un ufeurpateur du droit de Jésus-Chrîst. Sur toMies choses ne jugez point un prêtre sur des fautes secrètes et incertaines; ne di« tes pas : C'est un pécheur qui oITre le sacrifice; il est coupable, il est indigne. La gi'âce du Saint-Hsprit ne descend pas sur la personne, mais sur les dons. 11 ^ a un autre ju^e des choses secrètes, qui lés connaît et qui les examine; c'est Dieu qui doit le juger, et, après Dieu, son évoque. Pourquoi^ n'étant que simple brebis, voulez-vous juger
votre pasteur? » Anastase ne reconnaît qu'un cas où le peut)le a le droit déjuger son pasteur, c'est quand il erre visiblement dans la foi. Dans ce cas-là ils. (Jbivent ée i^appeler qu'ils sont brebis et le fuir comme un loup; crier aiialhème sUr lui et sur sa nouvelle doctrine, suivant ce précepte de saint Paul : Quand un anqe du ael bous annoncerait un Evangile difpêreht de celui que nous bous avons annnbncê, ^u^il soit anathème.
Les deux discours suivanlà semblent pris l'un de l'autre, et coniio inent tous les deux une explicalion du vu* psaume. Il est vraisemblable qu'Anastase, ayant eu dieux occasions difî^rériles d'elpliquer le même 'psaume, aiirà répété dans sort secotid discours une partie de ce qu'il avait dit dans le premier. Cela, du reste, est assez ordinaire aux prédicateurs alii se trouvent obligés de traiter plusieurs rois la même matière. On pourrait au besoin eti trouver d'êâ 'exemples môme dans Bossuet, qui à quelquefois plusieurs exordes pour le même discours, L*exorde du premier témoigné qii'Anastase le prêcha au commencement du jeilrie du carême. Le psaume qui eu fait la matière convenait au tenii}S. On y voit un pécheui qui, pénétré dé la douleur de ses fautes, les confesse, s'en humilie, les pleure et n'omet rien pour (iélouriiei' Tes châtiments dont il est menacé de la J)art de Dieu: et ce qu'il y a de cobsolaht, c'est qu'il en obtient le pardon. L'explication qu eiî dontie Anastase est purement morale, mais parfaitemerit touchée. En parlant de la vertu des larmes dans la pénitence, il dit que, de même que nous renaissotis par l'eau et pab lé Saint-Esprit dans le baptême, ainsi hous sommes baptisés de nouveau par les larmes et le feu de la componction, qui l'Urt et I autre hous purifient et nous rendent participants du Saint- Esprit : car ni le baptême . ni la vraie douleur qui nous arrache des larmes, hé se donnent sans le Saint-Esprit. Ariastase distingue, & cette occasion, plusieurs sortes de larmes : les larmes naturelles qu'on répand sur un mort, qui naissent de 1 ivresàe , de l'abondance des humeurs, ou du chagrin d9 n'avoir pas réussi dans des projets anâbitieux. 11 y en a d'autres qui ont pour principe la crainte de Dieu, l'appréhension de la mort ou des supplices éternels. Celles-ci , quand on y persévère, conduisent â des lartoes plus parfaites, qui viennent du désir de voir Dieu et de le posséder. C'est de celles-là que parle le prophète, et qu'il répandait lui-même dans l'amertume de son cœur pour avoir péché contre Dieu.
Saint Jean Damascène, dans son Traîlé des ïmages, fait mention d'un discours d'Anastase sur le nouveau dimanche. Je ne sais si ce qu'il rapporte sur l'image de saint Théodore était tiré du même discours ou d'un autre. Quoi qu'il en soit , Anastase raconte qu'il y avait dans une éj^lise située à quatre milles de Damas une image de ce saint. Un jour les Sarrazînsv étant entrés avec leurs chevaux et leurs équipages, l'un d'eux tira une flèche contre l'image de saint Théodore»
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qui se trouva percée à l'épaule droite; aussitôt il en sortit du sang avec aboodance. Il cite pour témoins de ce miracle beaucoup de personnes qui Tavaient vu de leurs yeux et qui vivaient encore. Lui-même avait vu Timage et constaté de près les vestiges de sang, qui s'y faisaient toujours remarquer.
On attribue encore à Anastase quelques autres écrits, dont plusieurs n'ont jamais été imprimés. Ceux de ses ouvrages que nous avons lus ont du feu, de l'onction, de l'élégance, et exhalent partout les parfums de la plus tendre piété.
ANASTASE (saint), nommé patriarche d'Antioche, en 561, se déclara avec beaucoup de zèle contre cette branche d*eutychiens qui soutenaient que Jésus-Christ, pendant sa vie mortelle, avait une chair incorruptible et impassible. L'empereur Justinien, qui les protégeait, était sur le point de faire sentir à Anastase les effets de son ressentiment, lorsqu'il mourut. Justin le jeune, son successeur, à qui le saint patriarche avait refusé de 1 argent, en le traitant de peste du genre humain, le fit déposer de l'épiscopat et chasser de la ville d'Antioche. Les intriçues de Jean^ patriarche d'Alexandrie, et de Jean de Constantinople, ne contribuèrent pas peu à maintenir contre lui cette sentence d'exil. Cependant il ne lais-
occupait son siège, la lettre synodale qu'il écrivit à la suite du concile qu'il tint à Rome en 691. II s'adressa même à l'empereur pour obtenir que, si on ne lui permettait pas de retourner à son sié^e, on lui laissât du moins la liberté de venir à Rome, avec l'usage du pallium pour célébrer la messe à Saint-Pierre avec le pape. Mais Grégoire étant mort, et l'empereur Maurice ayant succédé à Justin dans le gouvernement de l'empire, Anastase rentra dans son église, vingt-trois ans après en avoir été chassé, et il y vécut paisiblement jusqu'à sa mort, arrivée en 598, cinq ans après son retour. 11 avait occupé pendant seize ans, à deux reprises différentes, le siéçe patriarcal d'Antioche. Saint Grégoire qui lui écrivit plusieurs lettres, et pour le consoler dans ses adversités, et pour le congratuler sur son retour, en parla toujours avec le plus grand respect, en louant sa charité et en se recommandant à ses prières. 11 marque clairement dans ces lettres qu'il en avait reçu d'Anastase, où le saint patriarche lui exprimait le désir qu'il avait eu d'aller à Rome.
Anastase était très-habile dans la science des divines Ecritures, et très-versé dans la langue latine. Ce fut lui que l'empereur Maurice chargea de traduire en grec le Pastoral de saint Grégoire, pour l'usage des Eglises d'Orient. Il avait composé aussi, contre les incorruptibles y un traité dont les anciens louent la solidité et l'élégance. Il ne nous reste de lui que huit discours; trois reproduits en grec dans VAiu^tuarium du Père GombefiSi et cinq autres dans les JLe«-
tiontt antiquœ de Canisius. La collection du Père Combefis contient deux discours sur l'Annonciation et un sur la Transfiguration. On voit dans le premier que cette fête se célébrait le 25 mars, le jour même où lé premier homme avait été créé. Anastase croit que Dieu commença l'ouvrage de la création le 20 du même mois, c'est-à-dire à l'équinoxe du printemps, et il en conclut qu'il était convenable que Dieu se fît chair, pour réparer l'homme, le jour même de sa création.— Dans le second discours, il donne plusieurs fois le titre de mère de Dieu à la Vierge, et assure que le Fils unique de Bien par nature a pris dans son sein une chair consubstantielle à la nôtre. Dans son troisième discours, il se demande pourquoi Jésus-Christ ne prit avec lui que trois apôtres pour les rendre témoins de sa transfiguration. A quoi il répond qu'il n'était pas juste que Judas fftt spectateur de si grands mystères, ni qu'il fût seul exclus de cette manifestation divine, dans la crainte qu'en se voyant préférer les autres, il ne prit de là occasion de trahir son maître.
Les cinq discours imprimés dans le premier volumedes^nctenneiXepon^deCanisius, ne forment qu'un corps d'instruction dont le titre général est : Des dogmes de la f>raie foi^ Il commence le premier, qui est sur le mystère de la Trinité, en montrant, par les premières paroles de l'Evangile de saint Jean, que le Verbe est Dieu; et par ces autres paroles de Jésus-Christ , rapportées par le même évangéliste : Si je ne fais pas les œuvres de mon Père; ne me croyez pas; mais sijelesfais^ quand mime vo%is ne voudriez joas me croire^ croyez au moins mes œuvres^ u montre que le Fils de Dieu est consubstantiel à son Père. En effet, est-il preuve plus convaincante de la consubstantialité du Père et du Fils que l'identité de leur opération 7 II n'est
Eas ait que le Fils fait des œuvres semblales, mais qu'il accomplit les mêmes œuvres que le Père. 11 prouve aussi que le Saint-Esprit est consubstantiel au Père et au Fils ; qu'il est appelé Esprit, parce qu'il procèdedu Père, tandis que le Verbe est appelé Fil-s parce qu'il en est engendré; mais que, la différence d'origine n'emportant point une différence de nature, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont d'une même substance, et trois personnes en un seul Dieu. La différence des noms donnés aux trois personnes de la Trinité n'est pas une preuve de la différence de nature : le Père n'est pas Dieu précisément parce qu'il est Père ; on ne peut pas non plus contester la divinité au Fils parce qu'il n'est pas Père, et ainsi du Saint-Esprit parce qu'il n'est ni le Père ni le Fils. Mais le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu, parce qu'il est éternel, incréé, immuable, incorruptible, auteur de la vie et créateur de toutes choses. La Trinité n'admet point d'inégalité. S'il est dit dans l'Ecriture que le Père est plus grand que le Fils, cela doit s'entendre oe l'origine que le Fils tire du Père , et non de la substance, qui est la même dans le Père et le Fils. On peut dire»
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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGIE.
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en tant qu'homme, que le Fils est moindre me son Père, mais non en tant qu'engendré de lui avant tous les siècles. Anastase n'examine point comment le Verbe est engendré, oi comment le Saint-Esprit procède; il dit que ce sont là des questions qu'on ne peut approfondir sans danger.
Le dessein du second discours est d'établir l'immensité de Dieu, que quelques-uns roulaient circonscrire dans des bornes de leur invention, en prétendant qu'il n'était point dans ce monde. Anastase leur oppose ce raisonnement : L'opération en Dieu est inséparable de sa substance ; il opère dans tout le monde, puisqu'il l'a créé et qu'il le conserve à chaque instant ; il est donc substantiellement dans le monde. Etre borné, c'est le propre des créatures corporelles; Dieu n'est m créé ni corporel, il ne peut donc être limité par aucunes bornes. D'ailleurs il est écrit que VEsprit du Seigneur remplit toute la, terre^ et que, soit qu'on monte jusqu'au ciel, soit qu'on descende jusqu'aux enfers, on ne peut se sauver de devant sa face.
Le troisième discours est sur l'incarnation. Anastase y fait envisager la chute du premier homme comme la cause de tous les maux de rhumanité, et par conséquent comme la cause de l'incarnation du Fils de Dieu, qui ne voulant point laisser périr la créature qu1l avait formée de ses mains, s'est fait homme lui-même pour la racheter. Il trouve dans l'union de l'Ame avec le corps un exemple de l'union de la divinité avec Thumanité qui s'est accomplie en Jésus-Christ sans mélange ni confusion des deux natures; le Verbe s'étant uni tout entier à toute la chair qu'il s'était formée de celle de la Vierge, et à l'flme raisonnable, sans le secours des causes ordinaires de la génération, et par la seule vertu du Très-Haut ; en sorte qn*il nous est consubstantiel selon son humanité. Ce qu'il y a de plus admirable dans ce mystère, c'est que les deux natures qui se sont unies sardent chacune leurs propriétés nalurelïes, quoiqu'il n'y ail qu une seule personne. Jésus-Christ est ce composé qui résulte de l'union des deux natures; union si inséparable que la nature divine ne peut être sans la nature humaine et la nature humaine sans la nature divitie. Quoique les natures unies en Jésus-Christ soient différentes, cela étant nécessaire pour la manifestation du mystère, il n'y a qu'une personne qui est celle du Verbe. C'est toujours le Fils unique de Dieu, même après rincamation. Telle est la doctrine de tous les théologiens et de tous les docteurs de rÊglise catholique; ils enseignent que c'est le même qui est Dieu et homme. Nous adorons un seul et même Christ, qui était Dieu avant l'incarnation, qui est demeuré Dieu après l'incarnation, qui s'est uni à une substance différente, pour sauver ce qui lui était devenu consubstantiel selon l'humanité. C'est pourquoi nous reconnaissons en lui deux . géuérations différentes. Autre est la gêné- \ ration qu'il tire de son Père, et autre la gé- :^
nération qu'il tire e sa mère ; et cependant guoique différemment engendré c'est toujours le même Christ, et ces deux générations sont si admirables l'une et l'autre, que le langage humain ne peut les exprimer, ni l'intellif^ence humaine les comprendre.
La passion du Sauveur fait le fond du quatrième discours. Elle avait été prédite par les prophètes longtemps avant son accomplissement, et elle était nécessaire, autant pour la gloire de Jésus-Christ que pour le salut du genre humain. D*où vient qu'après sa résurrection il disait à ses disciples : Toute puissance m'a été donnée dans le ciel el sur la terre : paroles qui montrent, dans les circonstances où il les prononça, que sa mort sur la croix était l£| cause de la gloire dont il jouissait après sa résurrection. Mais s'il a souffert, ce n'est que selon son humanité. Toutefois, quoique la divinité soit demeurée impassible, c'est Dieu qui a souffert; les cfouleurs étaient de la chair, les miracles appartiennent à la divinité; mais la chair en tirait sa gloire, parce qu'elle était la chair du Verbe de Dieu, qui s'attribuait ainsi les douleurs de la substance à laquelle il s'était uni.
Anastase commence son discours do la Résurrection par les preuves de la mort de Jésus-Christ rapportées dans l'Evangile, où nous lisons que les soldats rompirent les jambes des deux voleurs cruciûés à ses côtés ; mais qu'étant venus à Jésus, et l'ayant trouvé mort, ils ne lui rompirent point les jambes; que Joseph d'Arimalhie ayant demandé son corps pour l'ensevelir, Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort; et que les princes des prêtres, pour s'assurer du sépulcre où on l'avait mis, en scellèrent la pierre et y placèrent des gardes. Il remarque que, par un effet de la Providence, tous ces témoignages de la mort du Sauveur ont été consignés par écrit, afin que l'on ne pût douter de sa résurrection, attestée d'ailleurs par l'ange qui apparut aux femmes, par les soldats qui gardaient le sépulcre, par les linceuls qui enveloppaient son corps et qui furent trouvés dans le tombeau, par de fréquentes apparitions à ses apôtres, qui eurent la permission de le toucher et de manger avec lui, qui jouirent pendant quarante jours du bonheur de sa présence et de sa conversation, et qui eurent la joie de le voir monter au ciel.
Anastase avait composé un grand nombre d'autres écrits : la plupart sont perdus; quelques-uns, conservés en manuscrit, n'ont jamais vu le jour de la publicité par l'impression. Tel est le discours qu'il fit à son peuple, en 593, lorsqu'il remonta sur son siège, au retour do son exil, et que le Père Labbe afiirme avoir vu manuscrit dans la Bibliothèque du Roi, qui conservait aussi, à la même époque, des discours sur la Visitation de Marie, sur le dimanche des Rameaux, sur la Décollation de saint Jean-Baptiste; et un panégyrique de saint Nicolas. Enfin on retrouve encore plusieurs fragments de ses écrits dans la Somme de^ Conciles.