‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 28 sur 105 · PATROLOGIE · texte numérisé non relu

PATROLOGIE

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lieu de s'attacher à la lettre, il s'est appliqué à reproduire db bonne fol le sens du livré. — Dottl Mabillon, dans un voyage qti'il lU K Rome, vit dnns la bibliclhèque de Srtlnip- Croix en Jérusalem la traduction latine des Actes de H80 mabtvrs. Il en rapporte le prologue, dans lequel Anaslnse déclare qu'il entreprit cette traduction apr5s avoir fini celle du maHyro de saint Pierre, évêriue d'Alexandrie. La dernière traduction d Anastase, dont nous ayons connaissance, est celle d'un discours prononcé par Saint Théo • dore Studile, abbé de Conslantinople, en l'honnoUr de saint Barthélémy.

Vies des papes. — L'ouvrage qui a le plus contribué à la célébrité d'Anastase, c'est son Liber pontificalis^ ou Recueil des Vies des Papes, depuis saint Pierre jusqu'à fficolas l", dont il était contemporain et auquel 11 a survécu. 11 fut hnprinie pour la première fois à Mavence, en 1602. Après une possession paisible de pus d'Un siècle, on S'est avisé, dans le siècle dernier, dé lui cbntester sérieusement la propriété de ce livre imprimé sous son nom. C était le sentiment de Joseph et François Rianchini, qui en ont publié, en 171», une édition dédiée au pape Clément IX. Luc Holstenius, Schclstrad et

f)lusieurs autres critiqués se sont rangés à eur opinion; et Mûratorl, en la reproduisahl dans son grand recueil de Scripds rerufn itàlicàtum, tom. Ut, l'a accoiUpagnée de dissertations savantes, écrites à allférentes époqU(»s et par différents auteurs. Il en résulte qU*Anastase ne fut point proprement l'auteur, mais seulement le rédacteur de cps Vies; qu'il les tira des anciens Catalogues des pontifes romains, des Actes des martyrs et d'autres mémoires soigneusement conservés dans les archives de l'Eglise româirte: qu'enfiri, il h'à composé que les Vies de quelques-uns des papes de son temps, sans qu'il soit mènde possible d'en délerininer avec précisiob le nombre, ni Uc reconnaître Avec certitude cellcS qui Sont réellement de lui, les auteurs de ces dissertations n'étant pas d*accbrd sur ce point. Cependant celte variété de sentiments no diminue en rltn l'autorité de ces Vies. Tous conviennent qu'elles sont authentiques, et qu'elles sont extraites, ou des artcifetthcs archivés dé Rome, bii de modUmeills que Ton ne peut suspecter.

Histoire ecclésiastique. — L'odvràge le plus considérable d'Anastase, après celui dont nous venons de parler, est son Hisloire ecclésiastique^ ou, comme il l'appelle luimôme , la Chronoaraphie triparltte , parco qu'elle est tirée de trois Chroniques dîirérentes; savoir, de saint Nicéphore, de Georges SyUcelle et de Théopharte. Elle contient ce qui s'est passé depuis le comiiioncenient du monde jusqu'au règne de Léon l'Arménien. Il n'en coûta b Anastase que de traduire les passages qu'il emprunta à chacune de ces Chroniques; et il le lit à la prière de Jean, diacre de l'Église romaine, que le Père Sirmond croit être le môme qui a écrit, lU quatre livres» la Vie de saint Grégoire, la

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DICTIONNAIRE DE PAIROLOGIE.

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fhronoaraphie fut imprimée à Paris en 16^9. On ooit encore à Ahastaâe là traduction de plusieurs pihtes pciiivanl servir de matériaut k l'histoire du monothélisrrié, ël qu'il réunît eti un recueil à l'adresse du diacre Jean, pour Taidér aatis le grand travail qu'il avait entrepris SUr l'histoire ecclésiastigué. On ne sait pa$ 4u juste en quelle année il mourut : Bàroriiiiis met sa itaort en 886 , d'autres quelques atin(^es plus lard, mais sans lui assigner aiiciine ëpoque. Ouoi qu'il en soit» Odèlè datls le récit des ëvéhements de sort teitips, Anastase est regardé avec justice comtUb un dès meilleurs écrivaiils de son siècle. Moins appliqué à polir son style qu'à dil'e le vrai, on troUve partout, dans «es écrits, un âîr de simplicité q^ui exclut jusqu'au plus p^iu soupçon de déguisemeiit. Si Ion he t)eut lui accorder Télég^tice du langaçe, oh fae peut pas noil plus lui en refuser la fldélitéi

ANASTASE, abbé. -^ Il serait difficile de préciser le temps auquel Adastaèe a vécu» et d'indiquer exactement la sittiation de son monastère. Canisius le fait abbé de Saint- Euth jmius» et dit que ce fut lui qui^ en 749, inspira à saint lean DÀninscÈne r4dée de composer son traité du TrisagioHi pour lé tirer d'erreur. Cependant, dans son livre contre les Juifs^ Anastase dit qu'il y avait huit cents ans qtie la ville de Jérusalem avait été détruite par Tite et Vespasien ; ce qui porterait à conclure qu'il écrivait vers lan 875, c'est-à-dire plus de quatre-vingts ans après la mort de saint Jean Damascène, arrivée vers l'an 787. Mais cette difficulté chronologique n'a point embarrassé Canisius, ni plusieurs autres qui ont adopté soti sentiment. £lle est cependant coniiiaérablet car on ne peut dire que ce snil une ftiUtd d'inadvertance, ni de la ^art d'Anastase ni de la part des copistes, puisqu'elle se trouve reproduite quelques lignes plus bas» et qu'on la fit encore dcui [)ages auparavant, il est donc plus simple de placeir 1 existence d'Anastase dans le ix* sièie, et dire que ce fut ft Toccasion d'un abbé du même nom que saint Jean Damascène composa son traité du Dri^^ iagion»

II nous hëste d*Atlàsta§e un traité bontN les Jûlfkj dalis Ibquel il fait Voib que le Mës^

ysie promis par la loi et annoncé par les prophètes est venu: que ce Messie est Dieu et nomme tout ensemble, et qu!il n'est autre que Jésus-Christ. Il prodve qu'il est le Mes-

' sie, parce qu'en lui ont été accomplies toutes les prédictions qui l'annonçaient; qu'il lest homme par ses souffrances, t|u'il est Dieu

f^ar ses miracles. L'arsunlent qu'il tire de 'établissement de la religion chrétienne par toute la terre, malgré l'opposition des juifs et les persécutions des païens , est plein d'une force de logique irréfutable. Comme on pouvait lui demander pourquoi, en annonçant Jésus-Christ, les prophètes ne se sout point servis de terrais clairs et formels, il répond que le Messie devant mettre tin à ia loi et aux sacrifices, les prophètes ne

devaient l'annoncer que sous des termes voilés, parce que autrement les juifs lés aiiraient lapidés, et jeté au feu leurs prophé* lies, au préjudice de la vérité et de la religion. Il donne de suite toutes celles qui regardent le mystère de l'incarnation ; puis il répond au reproche que les juifs faisaient aux chrétiens d'adorer les images et les croix. Il leur demande à eux-mêmes pourquoi ils adoraient le livre de la Loi, qui n'était composé que de cuir et de peau, et pourquoi Jacob avait adoré le haut du bâton de Joseph? Comme ils auraient pu répondre qu'ils n'adoraient point la matière dont est conu)Osé le livre de la Loi, mais la vertu des paroles qu'il contenait, et que Jacob n'avait

F)oiht adoré le bflton de Joseph, mais Joseph i^i-même, il ^goute : El nous, autres aussi chrétiens, nous n'adorons point la nature du bois ; à Dieu ne plaise ! mais Jésus-Christ qui y est attaché. En honorant les images, nous honorons les saints. Loin que les peintures soient par elles-itaôrtiës l'Objet de hotre bultë; Souvent, quand elles sbrit vieilles, effacéeis; pourries, mangées des Vêts, tious les brûlonè et nous en faisbhs de houVelles, Uniquement pour cohserver la niéttiôlre de ceiit qu'elles repirésentent. Il ttiôntre la dlfférfertce dii ctiltô que les jiiifs rendalerit à l'image de NablichodonbsoràBnbvlone,avec celui que les chrétieiis rendehf à Timage de Jësus-Chrièt sur \A croix, lia he disent

f)t{i : Ghire au boU on à la peintur^/l thais Is diseilt : Gloire au Dieu des saiÀÙ) tahdis Ijue Ibs juil^, ëri adorant l'image de Nabuchodonosor disaient : Gloire à Nëbûchodonosob!

Conintô lèsjuiîs i-ëbrbchaiéh! àutcnretiens dé tnettré leur bonlianco dans un hotnme înort, il leur tépond d'abbrd qu'ils avaient ëtix-môrties riais m leur dans un serpent d'aitaiti ; puis il prouve, par uh grisind nombre de témoignages de TAticietl Testament, que la mort de Jésus-Christ évait été pi édite, comme devant être le prit de là rédemplibn du genre humain': qli il était véritablement le Messie, ti qu'en lui se sont accomplis tous les brades des prbphêtes. Il tite le lémoigtlâge de ^àint Jedita-fiaptiste, de Nicodème, tte Nâthattaf^l, de Joseph d'Ariniàthie, de BiKa3 et d*AlexaUdl*e, qilt Assistaient aux hbces de Cana, lorsqu 11 changea Teau eii vin; et ôèltii dô Joseph, historien des Juifs. Il ct)ntinue> dans le reste tle son traitéf d'expliquer les prophéties qui l^egardent la veilue du Messie et le conversion déâ gentils à la foi; mais il s'attache pHnci^alement à développer celle des septanle semaines de Daniel, qui, suivant lui, avait prédit la destruction de Jérusalem sous tite et Vespasien. II fait voir encore que les juifs éuxmémes ont aidé à l'accomplissement de ces prophéties, en tentant jusqu'à trois fois de rebâtir le temple : une première fois sous Adrien, utie seconde sous Constantin, et la troisième sblis Julien l'Apostat, sans ^uë leurs efforts aient jamhis pu réussir. Jusque-là toutes leurs captivités brécédentes» avaient eu une Ou et un terme limité; ikiais

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aujourd*hm, errants et dispersés, sans sacerdoce, sans sacrifices, sans autels, ils ne conservent pas même, après huit siècles de bannissement, l*espérance de rentrer dans leur patrie. — Ce traité mérite d'être lu; Turrien l'a traduit en latin, et Idi Bibliothèque des Pères Ta reproduit dans son Xlil* volume. On l'y retrouve suivi d'un recueil des preuves de la religion chrétienne contre les juifs. Ces preuves sont tirées de*rEcriture sainte et des auteurs qui avaient traité la môme matière. On y remarque surtout un passage de saint Anastase, qui, soutenant que la foi catholique est la seule véritable, en donnait pour preuve que Dieu n'avait confié qu'à ses croyants la garde des saints lieux ou tous les mystères de la rédemption se sont accomplis, savoir, Nazareth, Thabor, Bethléhero, Sion, Golgotha et le lieu de la résurrection. Ce recueil, comme le traité d'Anastase, paraît être du ix' siècle.

ANASTASE (saint), ermite.— Anastase naquit à Venise dans le commencement du XI* siècle. 11 y fut élevé, sous les yeux de sa famille, dans l'étude des sciences et les pratiques de la piété, jusqu'à ce que, faisant de sérieuses réflexions sur les danger^ inséparables de la possession des richesses et des autres avantages temporels, il les abandonna pour se retirer dans un cloître et y mener une vie pauvre et mortifiée. Il choisit le monastère du Mont-Saint-Michel, appelé in 0ericulo maris. Il y était encore en 1058. Mais l'abbé, dont on ignore le nom, ayant été convaincu de simonie , Anastase en sortit et se retira. dans une île, sur les cAtes de la mer, où il vécut en ermite. L'éclat de ses vertus inspira à saint Anselme, alors abbé du Bec, le désir de le connaître ; sa réputation parvint aussi jusqu'à saint Hugues, abbé de Cluny, qui l'engagea à venir s'établir dans son monastère. Anastase y passa environ sept ans, au bout desquels il fut envoyé par le pape Grégoire Vil, pour prêcher l'Evangile a quelques restes de musulmans qui survi-» valent encore en Espagne. Voyant que sa parole faisait peu d'impression sur leur cœur, il revint à Cluny, accompagna l'abbé Hugues dans le cours de ses visites, et donna des instructions aux moines. Mais Anastase, qui se sentait toujours de l'attrait pour la vie érémitique, obtint de lui la permission de se retirer dans les Pyrénées. Il y passa trois ans, prêchant la parole du salut à ceux qui venaient le visiter, jusqu'à ce que son abbé le rappela à Cluny, pour donner à ses moines un exemple de vertu. Anastase obéit , mais il mourut au retour, à Daydes, dans Tancien diocèse de Rieux, vers l'an 1085. Sa Vie, qui fut écrite peu de temps après sa mort, rapporte plusieurs miracles opérés par son intercession.

Nous avons de lui un petit traité en forme de lettre sur l'eucharistie. Dom Mabillon croit que ce traité avait été adressé à Guillaume, abbé de Corraeil , qu'Anastase avait pu connaître lorsqu'il n'était encore que moine du Bec. Guillaume l'avait prié de Jui dire ce qu'il croyait du corps et du sang du Sei-

gneur. — <( Je crois, lui répondit Anastase, que le sacro-saint corps du Seigneur, qui chaque jour est consacré sur l'autel par le ministère du prêtre» est, sans aucun doute, la vraie chair qui a souffert sur la croix, et le vrai sang qui est sorti de son côté, comme il nous Taffirme lui-même, quand il dit : Caro mea vere est ct6u5, et sanguis meus vere est potus. Je crois que la chair que nous mangeons, pour la rémission de nos péchés, n'est autre que celle qui est née de la vierge Marie, et qui est ressuscitée du tombeau, comme le san^ que nous buvons est le même qui est sorti de son côté. « Il -condamne l'erreur de ceux qui, jugeant l'eucharistie. plutôt par les yeux du corps que par les veux de la foi, disent que le corps de Jésus -Christ n'est qu'en figure dans l'eucharistie , même après la consécration ; et que le pain y reste matériellement et en réalité; ce qu'il appelle une folie contre la foi. Mais il ne fait pas difficulté de reconnaître qu'il est permis, efn parlant de l'eucharistie, de se servir des termes de pain et de chair, de sacrement et de fi^re, pourvu qu'on en croie ce qu'il en croyait lui-même, c'est-à-dire que c'est la vraie chair et le vrai sang du Sauveur. Pour éviter la prolixité , il ne cite les témoignages que de trois anciens Pères, saint Cyprien, saint Augustin et saint Ambroise, et il se contente de nommer un grand nombre d'autres saints docteurs qui ont pensé de même sur ce mystère ; ce qui fait voir qu'il s'était appliqué sérieusement à la lecture des saints Pères. Son traité se trouve parmi les écrits de Lanfranc, et dans le tome 1" de VHi&toire de VUniversiié de PariSj par du Boulay , qui , de concert avec EUies Dupin, place Anastase parmi les disciples de Éérenger. qui abandonnèrent leur maître et son hérésie. On ne voitrien dans cette lettre ni ailleurs qui puisse autoriser une telle supposition.

ANASTASE, archevêque, de Césarée en Palestine, gouvernait cette Eglise en même temps que Jean était patriarche d'Antioche , c'est-à-dire à la fin du xii* siècle. C'est ce qu'il exprime clairement dans son Traité du jeûne , le seul ouvrage que nous ayons de lui, et que Catelier a lait entrer dans le tome 111' des Monuments de V Eglise grecque. Il est intitulé : Du jeûne de la très-glorieuse Vierge mère de Dieu^ apparemment parce qu'il se terminait à la fête de son Assomption. Anastase prouve l'antiquité, ou plutôt la lé^ gitimité de ce jeûne, par l'autorité du Synodique, et par le témoignage de Jean, métropolitain de Nicée, qui en effet parlent de trois jeûnes considérables dans le cours de Tannée : le premier avant Noël, le second avant Pâques, le troisième avant l'Assomption de la sainte Vierge. — La raison de l'institution de ce jeûne était de se purifier pour célébrer la fête de la Mère de Dieu, comme on se purifie pour solenniser celles du Fils de Dieu, les jours de sa naissance selon la chair, et de sa résurrection. Le jeûne de la sainte Vierge se célébrait dans toute l'Eglise d'Orient à Césarée, à Constantinople, à Antio* che et ailleurs. U paraît qu'il n'était que de

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