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quatorze joars ; qu'il commençait le l"août et qu'on jeûnait même au jour de la Transfiguration. On jeûnait aussi quelques jours avant l'Exaltation de la sainte croix ; mais ce jeûne n'était pas général. Anastase rejette quelques jeûnes établis par ies hérétiques, contre la pratique de l'Eglise, entre autres celui qu*ils nommaient Àrtzibur. Par le Synodique, où le jeûne de la sainte Vierge est prescrit* il entend le synode assemblé à Constantinople par les empereurs Romain l'Ancien et Constantin Porphyrogénète. On ; y réforma les abus et les desordres que les seconde, troisième et quatrième noces avaient occasionnés, et on éteignit les schismes qui eu avaient été les suites. C'est oourquoi il fut appelé un synode d'union.
ANATOLE (saint) d'Alexandrie florissait dans la dernière moitié du m* siècle. Né de l^arents chrétiens, il avait reçu une brillante éducation, et Eusèbe nous le représente comme un des hommes les plus habiles de de son temps dans la connaissance des lettres humaines. La philosophie, l'arithmétique, la géométrie, 1 astronomie, la logique , la rhétoriaiie, la physique, lui étaient également familières. 11 excellait dans toutes ces branches de la science ; ce (jui porta les habitants d'Alexandrie à Je prier de fonder une école dans leur ville. Il y enseigna les principes d'Aristote, et il devint ainsi le restaurateur de la philosophie péripatéticienne » que récole de Plotin avait lait abandonner. Mais, vers l'an 269, Anatole , passant par Laodicée pour se rendre au dernier concile réuni à Antioche contre les erreurs de Paul de Samosate , fut retenu par les fidèles de cette E^ise, qui le choisirent pour évéque, à la place de saint Eusèbe, son ami, qui venait de mourir. Saint Anatole vivait encore sous l'empire de Carus, c'est-à-dire l'an 283 ou 283 de Jésus-Christ.
Quoiqu'il n'ait pas composé beaucoup de livres, néanmoins on peut juger de son éloquence et de la profondeur de sa doctrine par le petit nombre d'écrits qu'il nous a laissés, et principalement par le traité qu'il a fait pour confirmer son opinion touchant le jour auquel on doit célébrer la Pàque. Saint Jérôme, qui loue tous ses écrits comme remplis de la science des Ecritures et de la philosophie, faisait un cas tout particulier de son livre de la Pâque. Saint Anatole le composa à la prière d'un de ses amis, à qui il le dédia sans le nommer. Ce canon commence è Tan de Jésus-Christ 276, et contient un cycle pascal de dix-neuf ans, dans lequel l'auteur fixe l'équinoxe du printemps au 22 de mars. Il fait voir, par 1 autorité de Philon, de Josèphe, de Musée et d'Aristobule, qu'il dit être un des soixante-dix interprèles qui traduisirent l'Ecriture sainte sous Ptolémée,
3ue la Pâque doit se célébrer le quatorzième e la lune après l'équinoxe. Il ajoute que ceux à qui il était ordonné de la célébrer le dimanche pouvaient la retarder jusqu'au vingtième de la lune ; mais il fait un crime à ceux qui reculaient jusqu'au vingtrdeux
ou vingt-troisième jour la célébration de cette solennité. De son temps il était encore d'usage, parmi les Asiatiques , de faire la Pâque le quatorzième de la lune, en quelque jour de la semaine qu'il tombât, pourvu que ce fût après l'équinoxe ; mais à Rome et dans tous les endroits où saint Pierre et saint Paul avaient prêché l'Evangile, on ne la célébrait que le dimanche. Il établit pour règle que si le septième des calendes d'avril se rencontre un dimanche avec le quatorzième de la lune, on doit pour cette année célébrer la Pâque ce jour-là. Il appelle Origène le plus savant homme et le plus habile compu liste de son siècle, et cite de lui un excellent Traité sur la Pâcme, comme aussi le Cycle pascal de saint Hippolyle, et en général les écrits d'Isidore, de Jérôme et de Clément sur la môme matière. — Outre cet écrit, saint Jérôme fait mention de dix livres sur les principes de l'arithmétique, également propres à faire connaître l'étendue du génie do saint Anatole. Fabricius dans sa bibliothèque grecque nous en a conservé quelques fragments.
ANDRÉ, évèque de Samosate, florissait vers l'an i^31. Une maladie l'empêcha d'assister au concile d'Ephèse. Quelque temps avant la réunion de ce concile, il avait été chargé par Jean d'Antioche de réfuter ies douze Anathématismes de saint Cyrille. Il le fit er effet, mais de manière à faire croire qu'Û n'avait pas entendu l'écrit qu'il avait entrepris de combattre; car il admet souvent ce 3ue le saint patriarche enseigne, et le conamne plusieurs fois sur de faux sens qu'il lui attribue, il tâche aussi de trouver des contradictions entre les Anathématismes et les autres écrits de ce Père, particulièrement son épllre aux solitaires et son homélie sur la Pâque. Nous avons encore cet écrit, avec les réponses de saint Cyrille, dans les œuvres de ce dernier. Rabbula, évêque d'Edesse, ayant lu l'ouvrage d'André de Samosate, le condamna, et dit anathème à tous ceux qui le liraient. Après la publication de récrit que saint Cyrille avait lait pour sa justification, André en composa un second, mais moins modéré que le premier, et dans lequel il
«retendait réfuter ce que sai-nt Cyrille et abbula avaient écrit contre Théodoret. Nous ne l'avons plus. 11 ne nous en reste qu'un fragment, rapporté nar Anastase le Sinaïte, qui y trouvait tant d'aigreur, qu'il en prend sujet de qualifier l'auteur de draçon cruel^ qui vomissait le venin de l'hérésie de Nestorius. André fut du nombre des évoques qui, en 432, se trouvèrent au concile d Antioche pour y délibérer sur les conditions de la paix; mais, ayant enfin reconnu la catholicité de saint Cyrille, il embrassa sa com munion. Il se réconcilia aussi avec Rabbula, et entra depuis dans la commuuion de saint Procle. En U^, il fut appelé au concile que Domnus avait convoqué pour juger l'affaire d'Athanase, évoque de Perrha; mais, n'ayant pu s'y rendre, il s'en excusa par une lettre. Il nous en reste plusieurs de lui rapportées dans le St^nodique du P. Luous. On ne sait
DICnomÂlftE DE PATHOLOGIE.
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Kint aujaste Tépoqae de sa mort; mais oii mvé un Rufin, évèaue de 8amosate« qui assista au concile de Cnalcédoine en Ut.
i^NDRÉ m CaèTE.— André était né à Damas. Après y avoir fait ses études, il se rendit à Jérusaleps, où il mena pendant qûelmie temps la vie monastique, ce qui lu^ a lait donner quelquefois le surnom de Jérosoljrmitaiq. Pe Jérusalem il passa à Constantin Dople, oî| il s*acquit une grande réputation
5ar soq éloquence et par sa verlu. L'Eglise e Crète se trouvant vacante, il en fut é\\i archevêque. |1 occupait iié^k ce siège sous le règne de Justinien ^I. Ce prince ayant été tué, en 711, Ipbilippique fut nomrne empereur à sa place. Cô^ume il favorisait les monothélites, il tit condamner le sixième concile général qui les avait anathématisés, chassa de TEglise de Constautinople le p^^triarche Cyrus. et Iqi substitua Jean, qui soutenait avec lui le parti de ces novateurs. André de Crjite s'associa à Germaiq, métropolitain de Cyzique, pour seconder l'empereur dans cette entre'Tise; mais il confessa ensuite la doctrine aqç d'eux volontés en Jésuç-Christ. L'histoire ne nous fournit rien des autres circonstances de sa vie: ellfi ne nous apprend pâ$ non plus Vanneq de sa mort. Le P. f<om|3eris a publié, sous le nom dei cet archevêque, plusieurs discours, un poëme eq ver; ï.îmbiques et un commentaire ^ur TApocalypse. Parmi les discours qui lui sont attribues, il ^n e^t plusieurs qui appartiennent évidemment à un auteur qui |ui est postérieur de plus d'un siècle.
Les discours que nous avons sous le noo) d'André de Crète sont plus intéressants par U beauté et la noblesse du style que par le fond des choses. Il puise souvent à ae3 sourues douteuses, mais il en tire des docupaentç que Ton regardait de son temps eoipiQe authentiques. Par exemple, excepté ]es noms de saint Joachim et de sainte Anne» pn ne trouve rien dans TEcriture ni dans les anciens sur les parents de la sainte Vierge. André décrit leur intérieur, et dit qu'étant stériles l'un et Vautret ils l'avaient obtenue de Qieu par leurs prières. Il parle de sa présentation, et des chœurs des vierges qui l'accompagnèrent dans cette cérémonie; il sem- ^ pie mAme dire qu'elle fut élevée dans le ' ieptiple, sous les yeux de celui qui rempjis- , $ait les fonctions sacerdotales au moment de sa présentation. L'histoire de l'Eglise ne nous apprend rien de semblable.— Les trois discours sur la mort ou le sommeil de la sainte Vierge sont fondés sur ce qu'on en lit dans des écrits faussement attribués à saint Denis l'Aréop^ite. André les cite plusieurs fois, principalement le livre des dans divins, dont il rapporte un long passade. A cette objection que ni les apôtres ni les évangéli^tes n'ont parlé de la mort de la sainte Vierge, il repona, sur uqe tradition fort iocertaiQe, qu'ils n'ont pu le faire, puisqu'elle a vécu plus longtemps qu'eux tous. «r-Ce qu'il dit au martyre do saint Georges n'est pas mieux fondé dans l'antfquité. Ce-
pendant il en avait les Actes sous les yeux » et il y renvoie ses auditeurs pour leur faire admirer la constance de sa fo] ; pais il y « toute apparence que ces Actes étaient les mêmes q[ui furent condamnés à Rome, sous le pontiQcat de Gélase, en 49^; car nous n'ea connaissons point aujourd'hui qui ne portent par eux-mêmes qes marques évidentes de fausseté. —Ce que son poëme en vers ïambiques présente de plus remarquable, c'estqu'il luiaété dicté par la reconnaissance. Il est adressé en forine de remerciements h Tarcbidiacre Agathon. On y voit qu'après avoir lu les Actes du sixième concile générai,
3u'îl lui avait envoyés, André quitta le parti es Monothélites et reconnut, avec toute l'Eglise, deux volontés et deux opérations en Jéstis-Christ. On à attribué à André de Crète un pomnientairè sur T^pocaîypse, qui, en eilfet, porte son nom d^ns Quelques anciens manuscrit^ ; mais il en existe un plus grand nombre qui le donnent à André, évêque de Césaréeen Cappadoce. Voy. l'article suivant.
ANDRÉ, évêque de Gésarée, vivait. sur la fin du VIII' ou au commencement du ix* siècle. Il est auteur d'un Commentaire sur TA- Eocalypse, dont Arétas, son successeur, s'est eaucoup servi. Cet écrit n'est pour ainsi dire qu'une compilation de ceux des anciens. André le dit expressément dans son prologue, et il le répète plus d'une fois dans le cours de louvrage. tlette façon d'expliquer l'Ecriture sainte était commune à l'époque où vivait l'auteur. Le commentaire qui porte le nom d'André lui est non-seulement attribuer par Arétas, mais encore dans plusieurs anciens manuscrits de la bibliothèque des moines de saint Basile, è Rome. Entr^ un grand nombre d'anciens interprètes dont André a fait usage, il n'oublie ni saint Denis l'Aréopagite, ni saint Basile, dont les noms se trouvent cités dans le même chapitre et à la mén^e page de son commentaire. Ce livre est dédié à un nommé Macaire, et divisé en 72 chapitres et vingt-quatre discours. Il est plus mystique que latéral. Il 4 été traduit en latin par Pelton, qui le fit imprimer à (ngolstadt en 1574, d'où il est passé dans toutes les bibliothèques des Pères. André composa un autre ouvrage qui n'a pas encore été rendu public. 11 est intitulé : 7A^rqpeu-> tique ou service spirituel, et divisé çn deux livres. On y trouve, traitée au long, ]a question de savoir où vont les S^mes apr^s leur séparation d'avec le corps. *— Quant aux $leux Chaînes ou Commentaires ^ur les Proverbes de Salomon et sur la prophétie d'Isaïe, dont il est parlé dan^ (4^^écius, ils fie sont Pàs d'André de Césafée ; o^ai^ les critiques se croient fondés sur ^^^ renseignements assez certains pour les ^(tribuer au prêtre nommé André , qui éprivfiit vers
l'an mo,
ANDREA, prêtre et chanoine de Qergame, vivait à la fin du ix* siècle. Il est auteur d'une Chronique qui s'étend depuis i'etitrée des Lombards eq Italie jusau'à la mort de l'empereur Louis II, c'est4i-dire jusqu'en
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87V et un peu au delà. Bile a é(é publiée par Ifuratori, dans le premier volume de ses Antiquités d^Italie. L'auteur y raconte luimême que, Tempereur étant mort à Brescia, son corps fut porté à Milan, et qu'il fut un de ceux gui le portèrent dans toute l'étendue du diocèse de Bergame, c'est-à-dire depuis rOglio jusqu'à i'Adda.
ANPRBAS LEUCANDER, est compté au Dombre des plus savants moines qui illustrèrent l'abbaye de Fleury au xr Siècle. Il vivait peu de temps après le rè^ne du roi Robert, et peut-être môme du vivant de ce
f)rince. \\ est un de ceuï qui continuèrent a relation de§ miracles opérés par Tinvocàtiun de saint Benoit. Son recueil est inséré entre celui d'Aimoin et celui de Raouï Tortaire, aui n*a fait que mettre en vers ce qu'Anoré avait éprit en prose. André est encore avfteur (Xxme Yie de Gauzelin/ abbé de Fleury et en môme temps archevêque de Bourges. Les éditeurs du Glosss^ire de Du Gange la citent plusieurs fois et nous apprennent Qu'elle était divisée en deux litres. A la un de la Vie de Gauzelip, se trouve son épitaphe en quatorze vers élégiaques, gui prouvent qu André n'avait rien qui le distinguât des autres versiGcateurs de son siècle.
ANDREAS STLVItJS, prieur de Mar-r chienne» abbaj^e de l'ordre de Sâint-Benott, dans le territoire de bouai en Belgique, Qo- TissaiX vers Tap 1190. Il écrivit une nisioire abrégée de la race des Mérovingieps, que Raphaël Bea^cbamps publia enrichie de Dotes et augmentée de plusieurs çptitinuatioDSy en 4> vol. à Douai, 1633.
Ce fut par les conseils de Pierre, qui d'abbé de Clteaux devint év$que d'Arras en il90t et mourut en 1203, que Andréas entreprit cet abrégé, ce qui noqs permet de filer J*époque à laquelle il florissait. Il écrivit encore deux livres des miracles de sainte Rictrude. On les retrouve sans nom d'auteur, à la date 4u 12 mai, daps Iqs Continuateurs de BolIan({us.£nQp on lui attribue une Chronique de Vabbayè de Marchienne^ écrite pendant la prélature de l'abbé Simon, c'est-à-dire, de ^99 à }20â.- Cette Chronique, longtemps çonsei'vée manuscrite dans la bibliothèque des jésuites d'Anvers, e^ été publiée par Andréas Valerius ^ans sa Bi- Uiothèque belge, éditée à (.ouvain ep i^^»
ANDRONIC CAUATÈRE, parent de l'empereur Manuel Comnène, fut élevé par ce prince à la dignité de gouverneur de Constantinople et de commandant des gardes, il écrivit un traité contre la croyance des Latins sur la procession du Saint-Esprit. Cet écrit, en formo de dialogue, avait pour interlocuteurs l'empereur Comnàne et les cardinaux romains. 11 fut réfuté par Jean Veccus, patriarche de Constant^nople, et nous n'en possédons aujourd'hui que ce que le réfutateur nous en a conservé. Andronic y soutenait, avec toute la force de son élo-
Sueuce, que le Saint-Esprit ne procède que u Père, et que s'il est envoyé par le Fils
DtCTIONKAmE DE PATROLQÇlË. AMti fôg
aux fidèles, ce n*est que comme ministre du Père, sans qu'il ait aucune part ^ son arigine. Il apporte en preuve plusieurs passages du Nouveau Testament et des P^res de
l'Eglise, faisant sur chaque nas^age des rôj flexions qui tendent k en dénaturer le vrai sens. Chacun de ses raisonnements tient du sophisme. Voici les principes sur lesquels roule tout son ouvrage : 1** C'est le propre du Père de produire l'Esprit. ?* Tout ce qu'on assure de la Trinité e$t d^un ou de trois. S** Tout ce qu'on dit des persoqnes divines est personnel ou naturel, r Tout ce
3ue le Père produit de lui-même» il le pra* uit à raison de sa personne et non de sa nature. 5" Le Saint-Esprit est du Père contiguement et immédiatement. Jean Yeccus développe toutes les subtilités de Camatère* et met en évidence le vrai sens de l'Ecriture et des Pères, prouvant, par les passages mêmes allégués par Andronic, qiie le Sainte Esprit procède du Père et du Fils, et qu'il est consubstantiel à ces deux perSQnne3 de la Trinité. Andronic avait composé d'autres ouvrages que l'on conserve dans la bibliothèque de Bavière; savoir, une conférence entre le môme empereur et Pierre, docteur des Arméniens, et un petit traité dea deux natures en Jésus-Christ. Ces ouvrages n'ont jamais été imprimés. Andronic vivait à là fin du XII* siècle.
ANDflONICIEN. — On met ordinairement Andronicien parmi les auteurs qui ont vécii sur la fin du vi* siècle pu au commencement du vil*. Il serait peut-être mieux de 1^ placer dans les iv* ^t v* siècles, où Tnérésie d'JPunôniei contre laquelle il écrivit, occupait beaucoup les défenseurs de la foi calholi-
3ue. Photius, qui avait lu deux livres d'Anronicien contre les eupomiens, dit qu'il promettait beaucoup dans $es préfaces, 4iai9 qu'il n'exécutait p^s dans le corps de l'ouvrage ce qu'il avait promis ; ce vide se fait sentir particulièrement dans le second livre. Andronicien avait les piœurs, |*esprit et la manière d'écrire d'un philosophe, mais il était chrétien de ^^]igion. Nou^ n't^rons plu§ son ouvrage.
ANGE LOME, diacre et religieux bénédictin de l'abbaye de Luxeuil, au commencement du IX* siècle, se distingua, dans ces temps d'ignorance, par spn goût pour l'é-. tude. L'école de cette abbaye possédait un maître d'une grande réputation, nommé Mellin, lorsque Angélome y fit profession de la vie monastique. Ce fut sous lui qu'il étudia les lettres et l'Ecriture sainte, et apr paremment aussi le çrec et l'hébreu • car Angélome n'était point étranger à ces deux langues. On ne voit point qu'il ait présidé lui-même à cette école ; mais il nous apprend
Ju'il fut appelé pour enseigjner les lettres ans celle du palais du roi Lothaire, qui l'honorait de sa bienveillance. C'est donc k tort que quelques biographes ont aflirmâ que ce prince avait tent0 vaipement de l'at-i tirer à sa cour, il y s^urpa quelque temps* entièrement livré aux devoirs de sa charge,
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après quoi il retourna à Luxeuil, où il composa en latin un grand nombre d^ouvrages, dont la plupart se sont perdus. Nous allons rendre compte de ceux qui ont été conservés dans la bibliothèque de ce monastère, où il mourut vers Tan 855. 11 ne prend lui-même que la qualité de diacre dans ses écrits.
Commentaire^sur la Genèse. — Le plus considérable est son Commentaire sur la Genèse, publié par dom Bernard Pez, et imprimé à Augsbourg en 1721, sur deux manuscrits, Tun de 800 et Vautre de 500 ans. 11 est dédié à Léotric, nouvellement élu prieur de son abbaye. Le dessein d'Angélome n'était d*abord de donner que l'explication littérale de Touvrage des six jours de la création ; mais son sunérieur l'obligea par la suite à expliquer le livre de la Genèse tout entier. Angélome eut recours aux explications de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Isidore et du vénérable Bede, et quand leurs commentaires ne lui paraissaient pas suiRsants, il y ajoutait les explications qu'il avait entendues ou recueillies par tradition. Quoiqu'il s'attache à reproduire le sens littéral, surtout dans les premiers chapitres, cependant il ne laisse pas de donner aussi le sens moral et spirituel. 11 fiasse sans les commenter les endroits qui s'entendent d'eux-mêmes, et pour abréger son travail il se contente souvent de prendre le sens des anciens commentatc^urs, sans rapporter leurs paroles. 11 cite l'Hébreu, les Septante, Aquiln, Théodotion et les autres versions de la Bible, lorsqu'il est besoin d'éclaircir le texte de la Vulgate. 11 examine quel est l'auteur de la Genèse, et il l'attribue à Moïse ; ce n'est pas qu*il considère cette question comme importante, puisqu'il suffit de savoir que le livre est l'œuvre du Saint-Esprit. Il enseigne que si le premier homme n'eût pas péché, ses descendants ne se seraient pas succédé dans la mort, mais que, le nombre dès élus nécessaires pour remplacer celui des anges prévaricateurs étant complet, ils auraient tous passé du paradis terrestre dans la céleste patrie, sans avoir été soumis à la triste nécessité de mourir. De ce qu'il est écrit que Dieu mit l'homme dans un paradis de délices , il en conclut qu'il avait été créé dans un autre lieu. 11 croit qu'avant le péché Dieu parlait à l'homme comme il parle aux ançes, mais que depuis sa prévarication il lui fait parler par une créature. 11 attribue au démon tous les discours que TEcriture prête au serpent, et dit que le diable se servit de cet animal pour séduire la femme. En parlant de Farc-en-ciel , il dit
Ïu'il n'est pas probable que ce météore se U produit avant le déluge, puisque les pluies qui en font la matière n avaient jamais été connues. 11 est à croire que la terre recevait sa fécondité, comme l'Egypte, des rosées produites par les eaux des fleuves et des fontaines. Suivant lui, Abraham ne commit pas d'adultère en prenant Agar pour femme au vivant de Sara, d'abord parce que la loi de l'Evangile qui défend la polygamie n'était pas encore publiée, ensuite parce que
ce patriarche ayant reçu de Dieu la promesse de la multiplication de sa race, il lui était permis d'ignorer par quelle femme lui yieadrait cette fécondité.
Sur les quatre livres des Rois* — L'auteur suit dans ce Commentaire la même méthode que dans le précédent. C'est un tissu d'explications tirées des anciens commentateurs, auxquelles il.joint les enseignements de son maître Melhn, et souvent aussi ses propres pensées. Outre l'ordre qu'il en avait reçu de Drogon, son abbé, fils de Charlemagne et frère de l'empereur Louis, il se sentait porté lui-même a donner un commentaire suivi des quatre livres des Rois, par deux autres motifs : le premier, c*est que personne jusaue là ne les avait expliqués tout entiers ; le second, c'est qu'il tenait à montrer ({u'outre le sens littéral et historique, ces livres étaient susceptibles de plusieurs autres interprétations. C*est ce
au'il établit dans deux préfaces générales, ont l'une est en prose et l'autre en vers. Dans la première, il montre qu'on peut trouver dans ces livres autant de sens différents qu'il y a de sceaux dans l'Apocalypse, c'est-à-dire sept , et il en produit autant d'exemples tirés des livres des Rois. Le premier est le sens historique, le second allé* gorique ; le troisième mixte , c'est-à-ndire participant des deux premiers ; le quatrième théologique, représentant l'essence immuable de la Trinité, tantôt sous des noms propres, tantôt sous des noms fleures ; le cinquième est parabolique, le sixième figuratif des deux avènements du Sauveur, qu'il distingue afin qu'on ne puisse les confondre, et le septième moral. Angélome se nomme lui-même à la fin de sa préface en vers, de sorte qu'on ne peut douter qu'il ne soit réellement l'auteur de l'ouvrage. Outre ces deux préfaces générales, il en a mis une particulière à la tête de chaque livre. Ce Commentaire est cité par Sigebert, et Trithème en faisait si grand cas , qu'il avoue n'en avoir jamais lu un meilleur.
Sur le Cantique des cantiques. — Aneélome écrivit cet ouvrage aux instances de 1 empereur Lothaire, dans le palais duquel il avait enseigné les lettres ; mais pour ne rien faire contre l'ordre deT la discipline régulière, il ne voulut l'entreprendre qu'après en avoir obtenu la permission de son abbé. Droçon, bien. loin de s'y refuser, y ajouta même l'ordre de commencer au plus tôt ce travail. Comme dans ses écrits précédents, Angélome eut recours aux Commentaires des anciens, principalement à ceux de saint Grégoire le Grand et aux explications de son maître Mellin, auxquelles il ajouta ses propres conjectures. Comme c'étail un livre Gont Lothaire voulait s'occuper dans ses heures de loisir, Angélome le composa en forme de manuel, il se contenta de n'y mettre que ce qui était absolument nécessaire pour l'intelligence du texte, sans s'astreindre à rapporter les paroles mêmes des anciens commentateurs, ce qui aurait trop grossi le volume. Il se borne donc à donner
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le sens spirituel et allégorique, parce que dans ce cantique on ne doit rien chercher autre chose que les mystères de Tépoux et de réponse» c'est-à-dire de Jésus-Christ et de son Eglise. C'est même une obligation morale d'en exclure absolument le sens de la lettre, qui ne courrait inspirer que des sentiments contraires à la bienséance et à la
Judeur. C'est la remarque qu'il fait dans son pitre dédicatoire à l'empereur. 11 exhorte ce prince à ne point s'attacher au sens historique de ce hvre, mais à rechercher, sous les Qeurs des allégories, les instructions morales qu'il y avait répandues. Il l'exhorte aussi à la lecture des autres livres sacrés et des Commentaires des anciens interprètes. Ce qui fait voir qu'Angélome acheva son ouvrage du vivant de ce prince, et que c'est par erreur que quelques-uns ont avancé qu'il ne fut publie qu'après sa mort, arrivée au mois de septembre 8d5. Du reste, ni dans sa préface, ni dans son épilogue, ni dans aucun autre de ses ouvrages, Angélome ne dit un mot de la mort de Lothaire.
Sur F Evangile. — Angélome, dans son prologue sur la Genèse, rappelle qu'avant de commenter ce livre il avait déjà expliqué ks quatre Evangiles. Ces Commentaires D*ont jamais été publiés , et il faut que les eiemplaires en aient été bien rares , puis-
}u'ils n'ont été connus ni de Sigebert ni de rithème. Ce dernier lui attribue un Traiii du offees divins et quelques autres ouvrages qu'il ne nomme pomt, ce qui prouve qu'il ne les avait pas vus. Son témoignage à cet égard ne fait donc pas autorité. On donne quelquefois à tous les Commentaires composés par Angélome le titre de Stromates ou tapisseries, parce qu'ils sont tissus de différents passages qu'il a extraits des écrits des Pères. Son stjrle est simple, clair et précis, tel qu*il convient à' ces sortes d'ouvra* ges ; seulement quelques-uns de ces Commentaires, et en particulier ceux sur le Cantique des Cantiques et sur le livre des Rois, portent l'empremte de l'esprit bizarre et grossier du ix* siècle.
ANGELRAHNE, qu*on a nommé aussi quelquefois Inoblram ou En6ubrraiid, reçut sa première éducation au monastère de Gorze» d*où il passa à celui de Celleneuve, connu depuis sous le nom de Saint-Avold. Après y avoir fait profession et pratiqué, rendant quelques années, les exercices de ta vie monastique, il en fut tiré, à la mort d*Etienne, abbé de Sénones, pour être élu à sa place. U avait lui-môme demandé cette abbaye au roi Charlemagne. Saint Chrodegang, év6que de Metz , étant mort en 766, Angelramn e fut ctioisi pour lui succéder, après une vacance de plus de deux ans. Il fut consacré le 25 de septembre de l'an 768, et prit, comme son prédécesseur, le titre d'arcbevèque. Il y joi-
SDit dans la suite ceux d'archichapelain ou e grand aumôuier du roi, et d'apocrisiaire ou de nonce du pape en France. Ce fut le roi Charles lui-même qui lui obtint du pape Adrien cette dernière qualité. Il désirait
DlCTlOlfH. PB PaTAOLOGIB. I.
conserver Ahgelramne à sa cour, afin de trouver constamment en lui un juge des affaires ecclésiastiques. En acceptant l'évèché de Metz, au lieu de quitter l'abbaye de Sénones, il profita de son autorité pour la réunir à son Église ; et, par ce moyen, cette abbaye, qui jusçiue-là avait porté le titre d'abbaye impériale, devint abbaye épisco-
Eale ; ce qui ne laissa pas gue de causer eaucoup de chagrin à ses religieux. Richer, dans la Chronique de ce monastère, désapprouve la conduite que tinrent les moines en cette occasion, disant qu'il leur avait élé plus avantageux de voir leur monastère soumis à l'Église de Metz, parce au'en demeurant sous la puissance impériale, il en aurait été accablé, ainsi que plusieurs autres Églises voisines, soit par les exactions des troupes de l'empereur, soit par les incursions des ennemis. Sous son pontificat, l'Église de Metz se rendit célèbre par l'établissement qu'elle fit d'une école de chant ecclésiastique. On y étudiait le chant grégorien ou romain que les rois Pépin et Charlema-
Sne avaient mis en usage dans les églises e France, comme plus parfait et plus mélodieux que le chant à 1 usage des Français. Angeiramne fit encore honneur à son episcopat, en engageant Paul Wamefride, diacre du Mont-Cassin, à écrire l'Histoire des évoques de Metz ses prédécesseurs. Il embellit le tombeau de saint Mabor avec les libéralités du roi Charles ; mais sa mort, arrivée le 26 octobre 791, l'empêcha de mettre la dernière main à cet ouvrage.
Pendant sa vie, il avait eu un démêlé avec les évêques des Gaules. L'histoire n'en a jamais donné au juste le vrai motif; mais comme ils l'avaient accusé d'avoir violé les canons, on* croit avec beaucoup de vraisemblance que leurs plaintes roulaient sur ce grief. En effet, Angeiramne, retenu à la cour par ses doubles fonctions d'archichapelain et de nonce du pape, ne résidait point dans son diocèse. U composa pour sa justification un écrit ou plutôt une collection de canons, qu'il présenta au pape Adrien pendant que Ton examinait son affaire. Cette collection est datée du 19 septembre de Tan 785. Elle porte dans quelques exemplaires le nom d'Adrien, comme si ce pape l'eût donnée à Angeiramne ; mais il en existe d'autres où il est expressément dit que ce fut Angeiramne qui la présenta au pane. Cette ooinion nous parait d'autant plus probable, que l'on trouve dans cette collection des extraits de plusieurs fausses décrétales dont il n'y a aucuns vestiges dans le code des canons que le même pape avait adressés au roi Charles, dix ans auparavant. La coUeotion d'Angelramne est composée de quatrevingts canons. Presque tous traitent de la façon de procéder dans les affaires ecclésiastiques ou il s'agit de contravention aux règles de l'Eglise. La qualité des juges et des accusateurs, la compétence des tribunaux s'y trouvent également spécifiées et établies. Antoine Augustin a fait des notes sur chacun de ces canons, dans lesquelles il maria
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