‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 30 sur 105 · AN · texte numérisé non relu

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Sue les endroits d'où ils sont tirés, si c'est es fausses décrétales, des coDciles ou des écrits des saints Pères. Le cinquante-sixième est un extrait du faux concile de Synuessc, où l'on suppose gu'il fut décidé que le pape n'est soumis au juaement de personne, par la raison qu'il est dit dans l'Evangile que le disciple n'est pas plus grand cjue le maître. Angelramne est le premier qui ait fait usage de ces fausses*décrétales, mais sans les citer. Riculphç, archevêque de Mayence, ne tarda pas à les répandre on France ; mais ce ne fut que plus tard qu'on les connut à Rome.

C'est en quelque sorte à Angelramne. que nous devons la Vie de saint ïron ou Trudon, puisque ce fut par ses ordres qu'un diacre de son Église, nommé Donat, lécri* ▼it. Aussi en fail-il honneur à son évêque» dans l'épitre dédicatoire qu'il lui adresse en tdte de cet ouvrage.

ANGILBERT (saint), abbé de Cenlule, dans le IX' siècle, était fils d'un des grands de la cour de Pépin le Bref. Il fut disciple d'Alcuin et condisciple de Charlemagne. Elevé dans le palais, c'était Tbomme le plus aimable de la cour de ce prince, qui lui fit épouser sa fille Berthe. Il élait membre de I académie du palais, -et Charlemagne l'appelait son Ho* mère, soit parce que Angilbert faisait ses délices de la lecture de ce poète, soit parce qu'il composait lui-même des vers. On trouve quelques pièces de sa façon dans Ducb6ne, dans les œuvres d'Alcuin et dans d^autres recueils. Etant tombé malade au château de Centule en Pouthieu, il fit vœu, $'il en relevait, d'embrasser la vie monastique k Saint-Riquier; ce qu'il exécuta, du consentement de sa femme, qui prit le voile eu même temps. Charlemagne l'arracha de son cloître, pendant qu'il en était abbé, pour le faire secrétaire d'Etat et maître de M chapelle. Ce prince le chargea successiirament de trois ambassades à Rome : la première, en 792, pour y conduire Félix oUrsei, convaincu d'hérésie dans le concile de fiatisbonae, assemblé la même année; la seconde, en 79i^ pour porter au pape Adrien les Actes du concile de Francfort avec les fivres Carolins; la troisième, en 796, pour aller féliciter, de la part du roi, le pape Léon Ui sur son exaltation. Charles a^ant fait Pépin son fils roi d'Italie, lui donna Angilbert pour premier ministre. Nous avons une lettre d Alcuin adressée à Angilbert, primicier du palais du roi Pépin. A celte qualité, Alcuin ajoute celle de fidèle ami; et , dans une lettre à Damietas ou Riculfe, archevêque de Mayence, il lui donne un nom plus doux encore, il l'appelle son fils. £ià effet, telle était Taffection qui unissait ce grand homme à ses élèves ; tous le considéraient comme un père; Charlemagne lui-même se fieûsait honneur d'être nommé son fils et de partager ce titre avec tous ceux qui, comme lui, étaient venus puiser la science aux mêmes sources. Angilbert était un de ceux que ce prince affectionnait le plus. Il le choisit pour raccompagner k

Rome, en 800, lorsquUl y fut couronné em-

Eereur d'Occident. Angilbert profita des lîéralîlés du nouvel empereur pour rétablir le monastère de Centule, dont il avait été fait abbé dès l'an 79!^ ; mais il s'appliqua surtout à y flaire observer une exacte et rigoureuse discipline. En 811, il souscrivît avec les évêques, les abbés et les conilos, au testament que lit l'empereur pour régler le partage de ses trésors el de ses meubles. Il ne survécut que de vîng|ljours h ce prince : Charlemagne mourut le 28 janvier 81^, et Angilbert le 18 février de la même année. L'Eglise le mit au nombre de ses saints.

Il nous reste d'Angilbert un poëme en soixante-îmil vers élé^riaques, dans lesanels il félicite Pépin, roi d Italie, sur le boniieur qu'il avait eu de revoir le roi Charles et sur la joie que celte entrevue avait causée h la famille royale cl à toute la France. On rap-

Eorte cet événement au voyage que Pépin fit Aix-la-Chapelle en Ï96, après la victoire qu'il avait remportée sur les Huns. Le poëme 1T7*, publié dans le recueil d'Alcuin, est incontestablement d'Angilbert. Il s'y nomme lui-même, en se recommandant aux prières de ses lecteurs. C'est un éloge de saint Riquier el de saint Eloî, pour les<|uel« Angilbert avait une grande vénération. Il iïnplore le secours de leurs prières, et comme s'ils eussent eu part h sa conversion,!! les supplie d'achever ce qu'ils avaient fX)nimencé. Il prie Jésus-Christ de bénir Téglise quMl venait de faire bâtir, el d'exaucer les vœux que ses serviteurs viendraient lui offrir. Cette église, la jtIuS belle du viir siècle, était dédiée au Sauveur, sous le vocable de Saint-Riqnier. Elle avait deux tours trèsélevées; dans celle qui était à l'Occident, Angilbert fil mettre une inscription en douze vers élégiaques, contenant une prièiNB à Dieu, pour la paix des peuples el la prospérité de l'empereur Charles, qui avait contribué à la construction de ce superbe édifice. La dédicace solennelle s*en fit par Magénard, archevêque^de Rouen, par Georges, evêque d'Amiens, et dix autres évêques dont deux étaient légats du saint -siège. Ces prélats firent en môme temps la consécration de deux autres églises du même monastère, l'une en l'honneur de la sainte Vierge et des Apôtres, et l'autre sous l'invocation de saint Benoit, et des autres abbés de l'ordre qui avaient pratiqué exactement les exercices de la règle. Angilbert rassembla jusqu'à trois cents religieux et cent enfants dans ce saint lieu» Il les divisa en trois choeurs, puur y chanter continuellement l'oflice dans chacune de ces trois églises, selon l'usage de la psalmodie |>erpétuelle, déià établie en plusieurs monasières. Outre l'inscripUon qu'il vivait mise dans la tour occidentale, il en lit graver une autre sur le marbre même du pavé de l'autel de saint Riquier, pour attester qu'il fit faire ce pavé dans un motif d'amour de Dieu et pour assurer son salut. L'épitaphe de saint Cbaidoc, confesseur, et celle de saint Fricore, sont aussi de saint Aogilbert; on tes trouve dans le tome Y de?

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MCnONNàWE US PATROLOGiE.

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