‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 3 sur 105 · MM !•*.• J 1.1 A · texte numérisé non relu

MM !•*.• J 1.1 A

mystère de la Trinité, H n'explique qu'en

ÎaVtie le symbole de saint Athanase, mais il n nren4 Tessenliel. — Son commeotaire sur l'Epltre aux Romains est divisé en cinq

Svres, et chaque liv[*e contient Texplication e trois phspitr^. Abailard s'y applique Iiriucipalement à développer le seqs de la eltre, çt, po\ir le donner avec plus de suite, il se sert de paraphrases. Il y traite les grandes questions du péché originel, du libre arbitrei de la Sjrâce, de la prédestination, de la réprobation. Dans le recueil des proposisitions eiLtraltes des écrits d'Abailard qui furent lues au concile de Sens et envoyées au pape, celle-ci faisait la huitième : « Quand on dit que les enfants contractent le péché originel, cela doit s'entendre de la peine temporelle et éternelle due h cause de ce péché du premier homme. » d'où il résulterait 3ue nous ne tiron$ point d'Adam la couipe u péché originel, (nais seulement la peine. Abailard rétracta ce que celte propositon avait d'inexact, ds^ns te huitième article de son Apologie. 11 rétracta aussi cette autre proposition, qui se trouve encore dans ce commentaire; savoir, quel>teu n'a pas donné

Ïilus 4e grâce à celui qui est sauvé qu'à ceui qui ne l'est pas, avant que le premier eAt coopéré à la grâce ; Dieu offre sa grAce à tout le monde; et il dépend de la liberté des hommes de s'en servir ou de la rejeter. Cette rétractation forme le quatrième ariticle de son Apologie.

BmioNS. — Sur les instances d'Héloïse et de sa communauté, Abailard coiuposa un

(;rand nombre de sermons, où, sans aQecter es ornements de l'éloquence, il explique «vec netteté les passages de l'Ecriture qui

ont rapport au mystère qui fait le sujet do sou di^cours^ et en tire des moralités trèssolides. Qq9 discours sont d^spoiéa suivant Tordre des ftteifv en commençant toutefois par la sdenntté dtt l'Annonoiation, qui est la

Crémière dansi'économie de la rédemption, ous ces discours sont adressés aux reli- Sieuses du Paraclet. Bans celai sur la fête e saint Pierre, il remarque que l'Egliae P0« luaine a la prééminence sur toutes les autres, môme sur celle de Jérusalem, à cause de la prérogative d'honneur accordée par Jésus-christ h cet apôtre. Dans le sermon sur saint Paul, il cite comme authentiques les lettres de Sénèque k cet apôtre. Ce qu'il dit de la renoontre de tous les apôtres a la mort de la sainte Vierae, est tiré de saint Grégoire de Tours, et c est aussi d'après ee père qu'il affirme qu'elle fut enlevée au ciel, où elle réside en corps et en flme. Dans le sermon sur Suaanne, adressé aux religieu-* ses du Paraolet et aux prêtres qui leur di-* saient la messe, ou les administraient dans leurs maladies, il les reprend sévèrement de

Îuelques familiarités. Le discours sur saint ean-Baptiste est une invective très-aigre contre quelques chanoines réguliers et quel* ques moines, mais surtout contre oeux qui, gardant Thabit monastique dans l'épiseopat, menaient une vie contraire K leur professioQ.

IHTRQDITCTION A LA THéOLOOtB. --^ LbS élè*

ves d'Abailard trouvaient tant de plaisir k la lecture de ses écrits philosophiques et litté^ raires, quMla lui demandèrent un abrégé de théologie qui les mit en état, non-seulement d'acquérir l'intelligence des divines loritUTres, mais aussi de défendre, par la forée des raisonnements humains, les vérités de la religion contre ceux qui les eombattalent.

Abailard, après avoir balancé quelque temps, 9e rendit à leurs désirs, et composa le traité qui a pour titre : Introduction à la théologie. On voit par le prologue qu'il ne pensait a rien moins qu'à innover dans la ibi. qu'il n'avait pas même le dessein «Pen établir les vérités, mais uniquement de proposer ses opinions sur les moyens de les défendre. C est pourquoi il est prêt d'avance h oorriger les erreurs dans lesquelles il pourra tomber, pourvu qu'on les lui démontre, om par l'autorité des Ecritures ou par la force delaralsou. L'ouvrage est divisé en trois livres. Dans le premier, il traite sommairement de la foi, de la charité, et des sacrements qui sont nécessaires au salut. Il déOnit la foi : la croyance aux choses qu'on no voit pas, c'est-a-dire qui ne sont pas è la portée des sens corporels. La foi regarde le bien, le mal, le présent, le futur. L'espérance, qu'il a comprise dans la foi, comme l'espèce dans son genre, n'a pour objet que les biens futurs, et se définit : Tattente de quelque bien. La charité est un amour honnête dirigé vers la un qu'on doit se proposer, ce qui la met eu opposition avec la cupidité, qui est un amour honteux et deshonnéte. Quant au sacrement, Abailard le définit un signe visible de la grâce invisible de Dieu { ainsi Feau du baptême est le signe de l'absolution intérieure

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qui purifie une flme de la tache du péché. Ces principes posés, ii vient à l'objet de la foi, qui est un Dieu, en trois personnes. Il prouve les attributs de Dieu et la trinilé des personnes non-seulement par des passages de TEcrilure et des Pères mais encore par les témoignages d*Aristote, de Platon et de quelques autres philosophes païens.

Ne doutant point aue cette façon de prouver les mystères ne aéplôt à quelques-uns» il consacre une partie du second livre è justifier sa méthode : l*" par Keiemplede saint Jérôme et des autres docteurs ; 2* en montrant que la dialectique peut servir d'auxiliaire à la religion quand on en fait un bon usage; S* en démontrant que, quand on a à convaincre des juifs, des payens, des hérétiques il est avantageux de leur prouver, par des comparaisons et des exemples, que ce que la foi nous enseigne n*est pas contraire à la raison. Après cette digression, Abailard reprend la suite de son sujet, et traite de la nature divine, de la distinction des personnes en Di' u, de leur coéternité, de la géaération du Fils, et de la procession du SaintrËsprit. Il prouve, contre les ariens, que le Fils est consubstantiel auPère, et contre les Grecs, que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils , et que le terme /i/io^ue a pu être inséré dans le symbole, pourdonner Tidéede Tunitéde substance dans les trois personnes. U compare la Trinité à un cachet de cuivre, et dit, que comme la matière et la figure qui est sur ce cachetne sont qu*une même substance quoique la matière ne soit pas la fisure, ni la fi^re la matière; ainsi, quoique le Père le Fils et le Saint-Esprit ne soient qu'une même substance , cependant ces personnes diffèrent assez entre elles pour qu'elles ne puissent pas être confondues sans erreur. Le concile de Sens a reproché à Abailard cette comparaison, qui n'est pas juste, mais en est-il une seule parfaite sur cette matière? L'exemple qu'il produit , pour faire comprendre la coéternité des personnes, a quelque chose de mieux ; il est tiré de la lumière du soleil, qui existe en même temps que le soleil lui même. Mais la manière dont il distingue la procession du Saint Esprit de la génération du Fils lui a attiré de grands reproches. En effet, il dit que le Fils parce qu'il est engendré est de la substance même du Père, mais que si Ton veut parler avec précision, on ne peut pas en dire autant du Saint-Esprit, quoiqu'il lui soit consuhslantiel parce qu*il ne procède pas duPère par voie de génération comme le Fils, mais par voie d'amour. L'erreur d' Abailard est plus dans les termes que dans le sens même de sa proposition , puisqu*il admet la consubstantialité du Saint-Esprit ; qu'il n'y est tombé

3ue pour avoir voulu substituer la subtilité e récole,aux façonsde narlerdes Pères, qu'il reconnaît s'être exprimes autrement que lui. Dans le commencement du troisième livre, ilfaitvoir qu'il est bien plus avantageux que l'univers soit gouverné par un seul que par plusieurs ; qu'en effet, c'est un seul Dieu qui Ta créé et qui le gouverne ; il cite là-

dessus le tf^moiçnage de Cicéron. Traitant ensuite de la puissance de Dieu, il dit : qu'on ne doit pas s'imaginer que Dieu soit impuissant, parce qu'il ne peut pécher ; puisqu'en nous-mêmes pouvoir pécner n'est pas puissance, mais faiblesse. Quand donc on dit que Dieu peut tout, ce n'est pas qu'il puisse tout faire, mais c'est qu'il peut faire tout ce qu'il veul, pourvu qu'il veuille ce qui est convenable : d oiiil suit que ce qu'il ne faitpas n'est pas convenable. Abailard avoue oue cette opinion lui est particulière. Saint Bernard s'élève contre ces propositions, et Abailard les rétracte dans son Apologie. U traite ensuite de rimmensité de Dieu, de sa sagesse, de sa bonté et de sa prescience des choses futures ; sur quoi il ait : Quoique Dieu ait tout prévu et préordonné, sa prescience toutefois n'impose aucune nécessité à notre libre arbitre, qu'il définit la délib^^ration par laquelle une âme se détermine à faire une cnose ou à ne la pas faire. Il enseigne que cette sorte de liberté ne convient pas à Dieu, mais seulement à ceux qui peuvent changer de volonté, et prendre un paiti contraire. Ce qu'il dit sur rinoarnalion du Verbe est entièrement conforme à la foi catholique. Du reste, ce troisième livre est imparfait.

Théologie — Abailard composa plusieurs autres ouvrages qui n'ont été publiés gue depuis quelques années. Le plus considérable est celui qu'il a intitulé: rA^o/o.çte . chrétienne. Il est divisé en cinq livres, et il est à remarquer que le premier et le cinquième livres se trouvent presque mot pour mot dans V Introduction à la théologie^

Dans le premier livre il examine ce que c'est que la distinction des personnes en Dieu, et ce que signifient les noms de Père, Fils, et Saint-Esprit. Il rapporte sur ces différents articles les passages ae l'Ecriture et des Pères, auxquels il joint les témoignages des philosophes, qui, selon lui, sont parvenus a la connaissance de Dieu par les lumières de la raison et par une sorte de révélation intérieure qu'il ont méritée par la sobriété de leur vie. A tous les philosophes il préfère Platon et ses disciples, parce que, de l'avis des saints Pères, ils ont eu plus de connaissance de la religion chrétienne, jusqu'à exprimer dans leurs écrits le mystère de la sainte Trinité , reconnaissant un Verbe né de Dieu et coéternel à Dieu, et une troisième personne qu'il nommaient l'flme du monde. Au témoignage des philosophes dont il fait l'éloge, il ajoute ceux de la sibvlie, et la quatrième lettre prétendue de Séneque à saint Paul.

On trouva mauvais qu'Abailard prouv&tle3 dogmes de la religion par l'autorité des païens, qui ne la connaissaient pas. II cite en sa faveur l'exemple de saint-Jérôme qui sejustifiait du même blâme en disant que saint Paul avait cité dans ses épîtres Epiménide et Ménandre. Saint Jérôme savaii, dit Abailard, que l'on trouve quelquefois des grains de blé dans les pailles, et, sur les fumiers, des perles plus précieuses que sur

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lescouroimes des rois. Il avoue môme, mais saus rassurer positivement, que tous les phi* lusopbes ont eu le don de la foi, et que tous les mystères de la Trinité et de rincarnation ont été révélés à quelques-uns d*entre eux; d'où il conclut que rien ne nous oblige à dé-' sespérer du salut de ceux qui, avant lavenue du Rédempteur, faisaient naturellement ce que prescrit la loi, sans en avoir été instruits. Il décrit la vie humble, sobre, laborieuse des philosophes, et les vertus de 3uelques empereurs païens, entre autres e Trajan, dont il dit que Téquité et la justice furent si agréables à Dieu, que samt Grégoire le Grand obtint par ses prières que Pâme de ce princ<) sortirait de Tenfer II est surprenant qu'ajoutant foi si légèrement à une histoire fabuleuse, rapportée par Jean Diacre, il ose combattre le seniiment de saint Ambroise, qui, connaissant les bonnes œuvres de l'empereur Valentinien» assurait qu'encore qu'il fût mort avant d'avoir reçu le baptême, il ne laissait pas d*ètre dans le séjour des élus. On ne doit doit pas être moins surpris qu'il ait cru , sur la foi de Suétone, que Yespasien avait fait des miracles avant d'être empereur. Enfin, Abailard semble préférer les théories de Platon A ce q^ue Moïse a dit de la création.

Le troisième livre est dirigé contre les dialecticiens, qui soutenaient que la raison humaine suffisait pour comprendre la nature de Dieu, et qu'on devait se refuser à croire ce qui ne pouvait ni se prouver ni se défendre par la force de la raison. Il propose la foi de l'Eglise sur l'unité de nature et la Trinité des personnes en Dieu, et il s'explique de façon à effacer tous les soupçons que son ouvrage précédent avait fait naître sur sa doctrine touchant le Saint-Esprit. Il dit que les trois personnes, quoique aistinctes, sont égales en tout et coeternelles ; que la substance divine est simple, exempte d*accidenls et de forme, n v ayant rien en Dieu gui ne soit Dieu. Il résout ensuite les objections des dialecticiens contre le mystère de la sainte Trinité, et emprunte la plupart do ses solutions aux écrits de saint Jérôme et de saint Augustin.

Il développe la même matière dans le quatrième livre ; et, après avoir montré que les trois personnes de la Trinité ne sont pas seulement de simples noms, comme le prétendaient les sabel liens, mais des réalités, ainsi au'il est marqué au cbap. v, v. 7, de la première Epttre de saint Jean : Très sunl qui îeitimonium dant in cœlo^.., et hi très unum iunt^ il répond aux diflicuUés que l'on formait contre la génération du Verbe. C'est dans ce livre qu'il répète ce qu'il a dit dans sou introduction à la théologie, que le Père est la pleine puissance, le Fils une certaine puissance, et le Saint-Esprit aucune puissance ; expressions gue dans sou apologie il assure n'être jamais sorties de sa plume, et qu'il rejette avec horreur comme hérésiarques et diaboliques. Il établit la procession du Saint-Esprit , et prouve, contre les Grecs, qu'on a eu raison d'igouter au sym-

bole la particule fiHoquej en rapportant les passages des Pères, tatti grecs que latins.

Son but, dans le cincmième livre, est d'établir la foi en un seul Dieu, la perfection et Timmutabilité du souveraiu bien. Il enseigne que, comme Dieu veut nécessairement, il agit aussi nécessairement; qu'ainsi il a voulu et créé nécessairement le monde; toutefois il ne s'ensuit pas qu'il ait été oisif avant de le créer, quoique pourtant il ne dût pas le faire plus tôt qu'il ne l'a fait. L'écrivain anonyme qui a combattu la doctrine d'Abailard s est élevé fortement contre ces façons de parler ; et, eu effet, il serait difficile de les lui pardonner, s'il n'avait soumis ses écrits au jugement des gens habiles, et, oar conséquent, au jugement de l'Eglise.

Hexaméron. — liéloise avait demandé avec beaucoup d'instances ce commentaire, parce qu'elle avait peine à comprendre certains passages du commencement de la Genèse; Abailard, qui ne savait rien lui refuser, s'appliqua à le rendre le [)lus parfait possible, en y donnant le sens littéral, moral et allégorique. On croit qu'il s'était retiré déjà à Cluny, et que ce commentaire fut un de ses derniers ouvrages; du moins est-il certain que, dans le temps qu'il le composa, il ne confondait plus l'âme du monde, des étoiles et des planètes avec le Sainl-^Esprit, comme il l'avait fait en écrivant sa Théologie chré^ tienne. Il cherche l'intelligence du texte, non seulement dans saint Augustin et dans

Juelques anciens commentateurs, mais aussi ans l'hébreu. Il remarque sur ces paroles : Dieu criaj que les trois personnes de la Trinité concoururent à la création de l'univers, et que leurs œuvres sont indivisibles. 11 n'est pas de l'opinion de ceux qui croient que le monde fut créé au printemps, et sa raison est qu'il n'v avait pas encore de soleil dont rapproche fait ce que nous appelons le printemps; mais il incline beaucoup vers le sentiment des interprètes qui pensent que nos premiers parents demeurèrent quelques années dans le Paradis terrestre avant de tomber dans le péché ; et il en juge ainsi par le temps qu'il fallut pour inventer une langue et donner un nom à tous les animaux. Sur les volatiles, il dit

a n'étant créés des eaux comme les poissons» s sout moins nourrissants que la chair des Îuadrupèdes ; c'est pour cela que saint enoit, qui en a interdit l'usage, ne défend pas de manger de la volaille.

Morale d'Abailard. — Abailard a laissé un traité de morale sons ce titre : Connaiisex^ vous vous-mêmes. Il y donne différents préceptes pour la formation des mœurs, qu'il réduit à la fuite du vice et à la pratique de la vertu. Il examineen quoi consiste le péché, et se fait là-dessus plusieurs questions, dont la solution est qu il n'v a point de péché sans le consentement de la volonté. La réconciliation du pécheur avec Dieu consiste en trois choses, la pénitence, la confession» la satisfaction. La pénitence qui naît de l'amour de Dieu est utile. Abailard ne fait aucun cas de celle qui n'a d'autre principe

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DICTIONNAIRE 0£ PAtllULOG^.

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Si

que la crainte des |)eioe5 de l'eûfer, |:>arce

3ue, dans ce cas, ce n*ëst pas le péché qui éplatt, mais la punition qui doit lé suivre ; au contraire, il ne douté pas que Dieu ne

Sardonne à celui qui, véritablement contrit e ses fautes, ne trouve pas l'occasion de les confesser et n'a pas le loisir de les expier par la pénitence. Par le péché irrémissible en ce monde et en l'autre, Il entend Timpénitence finale. Il dit que Ids prêtres sont les ministres de la pénitence, et quoique les évoques donnent aux autres le pouvoir d*absouare, il ne les dispanse pas de Tobligaiion de s'adresser à quelqu'un de leurs inférieurs pour se confesser et en recevoir la satisfaction. 11 parle du secret de la confession, comme inviolable, et rie désapprouve pas les

i)énitents qui, ayant dfes itiolifs de douter de a discrétion de leur prélat, s'adressent avec leurpermissioil à d'autres pour sfe confesser. Sur m fin du traité, Abailard demarîde s'il appartient généralement à tous les évoques de pouvoir lier et délier, et il répond que lé pouvoir dès clefs a été accordé aux apôtres personnellement, et non généralement à tous les évoques. 11 croit toutefois que ceUt qui par leurs VèrtUs sont les imitateurs des apôtres, ont le même pouvoir qu^eut à l'égard des clefs; mais il résulte de tiette proposition qu'ils tic l'ont pas précisément en vertu de la dignité épiscopale; tîd qui est une erreur dans Ablilard.

Autres écrits d'Àbailard. — M. Cotlsin , en 1836, a publié 1 our la première fois plusieurs écrits d Abailard qui Jusque-là n'avaiont pas vu le jour; entre autres, 1** son fameux ouvrage intitulé : Sic et Non [Oui et Non) , recueil d^autorilés contradictoires empruntées aux Pères et à l'Ecrilurô sur les principaux

(joints du dogme; 2" î^ragmmts dé gloses i»r ^introduction de Porphyre; 3r CatégoHeÈ et interprétations d'Arimtt ; k* Sur les Topiques de Boè'ce; 8* la Didhctique^ divisée tîu cinq parties, dont la preiûière traite dçs éléments ou parties de la proposition; la deuiièrnè, des propositions simples, dites catégoriques, et des syllogismes qui en dérivent ; la troisième, des lieux communs ou principes de toute argumentation; la quatrième, dés propositions et syllogismes hypothétiques; la cinquième, de la division et de la définition. Parmi les écrits édités par M. Cousin se trouve aussi un Fragment précieux sur tes espèce^ et sur tes genres. Ce Fragment est la pièce la plus intéressante du grand procès du Nominalisme et du Réalisme au siècle d'Abailard. Enfin le Cours complet de Patfohgiey sur le témoignage de M. Dumesnil [Ann. de Philos.)^ puWie encore, sous le hom d'Abailard , un livre do Sentences^ désavoué par l'auteur dans son Apologie^ et plusieurs poëmes adressés à son fils Aslrojabe. avec des rhythmes ou proses Siir la sainte Trinité.

On ne peut à*emp6cher de convenir qu'Abailard fUt uh des nommes les plus éclairés de son siècle. 11 était k la fois grammairien, orateur, dialeôticieti, po6te, ùiUsicten, philosophe, théolo^en, maihétnaticieii; mais 11

il*à rien laissé (\\x\ jtlstifiela réputdtion doril il jouissait parmi ses contemporains. Il excel"» lait datis la dispute. Dans un temps où tdut

E résentait l'image de la guerre et de Ift bâf* arie, les écoles .étaient une arène où les athlètes s*occupaient moins de etittvairiere que de terrasser leurs adversaire*» Abailard sortit presque toujours triomphant de ces sortes de combats, et tant de Victoires fixèrent sUrluirâtlention de TÈuropec On peut lui reprocher, atec raison, fcetle Oplhiâlreté et celle nrésoraplion que devaient lui donher àes noninreux succès dfe l'école. 8a passion pour Arisiotd lui fit commettre dans le dogme dUelques erreurs dUe nou^ avons eu occasion de signaler dahâ l'analyse de ses ouvrages. Plus philosophe que théologien^ H Voulut, darls les premières années qu'il se produiëit en public, enseigner des matières qu'il travail pas approfondies, et péhétrer^ par les seules lumières de la raison, dans des mys-» tères inaccessibles au raisonnement humain. De là les reproches qu'il eut à essuyer» soit daiis les cobcileSi soit à Home, de \A part des plus savante hommes de sofi àlèl^le, et la nécessité où il fut de fétraeter^ par àeê moriuuienl* public^) de* sentiments qUe ia pureté de la foi catholique réprouve et condamne. Si la doctrihe d^Aballard ne fdl pM toujours irréprochable, sa cdtiduitë fut souvent uti sujet de scandale $ mà\h telle est l'indulgence du do^iir humain poUr les Wi^ blesses de l'amour, qu'Abailard doit ôUjour* d'hul litie grande partie de sa renommée à ces faiblesses qui le condaranont aux yeiit de la morale et dé la religion. Ses amotirs et les malheurs qui en furent la suite défeh* drônt toujours son nom de Toubli des hom-^ mes, et la philosophie Austère aura longtemps h s'étonner dô voir la postérité célébrer, comme un héros de roman, celui que son siècle admirait côtomè Un habile théologien, dont Pierre le Vénérable louéit la pénitence, et que saint Bernard eut pour ami après l'a- Voir combattu comme adversaire. Quelques éloges cependant qu'on donne à Abailard, on ne peut nier quil h'ait Ou une présomption extrême. AVec moins d'amour-propre il eût été moins célèbre, mais il eût été

glus heureut. Ensevelis d'abord au prieuré e Saint-Mardel, ses restes, sur la demande d'fléloise, fufent transportés hu Paracletj mais ils ont subi, depuis, plusieurs trtthsla* tiens ; et comme s'il eût été dans U deslirtée d'Abailard de ne trouver le repos ni pendant sa vie hi après sa mort, ses ossements et ceulL d'Héloïse ont été transporté» à Paris eh 1800, déposés pendant quelque temps au Musée des monuments français, et enfin inhumés définitivement au cimetière du Père* Lachaise, où l'on retrouvé leur tombeau, charmant monument, qui, ft défaut de cëè souvenirs, attirerait encore la visite des «menteurs par la oerfection de son architecture. ABANDUS, était abbé, sans qUe l'on puisse dire de quel monastère, et vivait etl même temps qu'Abailard, c'est-à-dire, dans iè xtt' siècle. Après la condamnation de rhAféSde de Déranger, et la cohfbàsiod d6

nCTiONNAIRE «ù PktMU^m.

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foi ^'oQ lui fit signer dans le concile d« ' Rome, il s'élevâ, teème Mtre 1^ catholiques^ }>lusi6iir8 questions teur l« sens de certains ternies dont cette eotd^itm est composée. Vue de céa questions atait irait à la fraction des esoècea sacramentelles dans Teuchi^»

rîscie. Qwelques uns étaient de sentiment qoe cette fraction ne se Oiisait que dans les espèces du pain; d'autres voulaient qu'elle s'accomplit dans la chair même de Jièsus*- Christ. Ils se IbndAient sur l'anathème prononcé par la confesslort de Foi, ôontre qui-conque niera que le cbrps de Jésus-Christ soU touché par le pfêtfe, rompu entre ses mains» et même déchiré par ses dents. Les auteurs da t>remier sentiment disaient qn après le changement du pain et du vin au eefpsel au sang de Jésus-Christ, les es-^ pèces ou accidents continuaient de subsister, et qM c'éceit dans ces espèces que se feisait la fraction ) oeitt qui soutenaient Topiilion contraire affirmaient qu'apfès k tranasubstahtiation, tes i^pèces comme la substance du çatn étaient enangées au corps de Jésus- Chnst. L'abbé Abandus était de be sentiment, et quoiqu'il admît le dogme de la transsubs*tantiation, Il était d'avis que celte fraction s'opérait dahâ ta chair même du Sauveur. 11 écrivit sur ia fraction du corps de Jésus- Cltfist un patit traité, qui ëe trouve parmi les AfmtKiU de dom Mabillon. Il mourut à peu nrte en même temps qu'Abailard, vers le milieu du ttr siècle.

ABBON (saint)^ nommé évéque de Meta en 6Mi gouverna ce diocèse arec autant dé force que de sagesse, jusau'& l'an 700, qui flit eelui de sa rnbU. Le Martyrologe de sa cathédrale a flié sa fête au ift avril. Une charte, donnée par l'évèque Hérimann, en lOtWi nous apprend qu'il fit ériger en paroisse l*églisô de Saint-Jean-Baptiste, dépendante de l'ancienne abbaye de Saint-Félix, connut plus tard sous le nom de Saint-Clément« il ne bous reste de saint Abbon

£'une lettre adressée à saint Didier, évéque Gahors, et publiée parmi les écrits de ce pleut pontife.

ABBON, moine. -- On a souvent confondu Abbon, moine dé Saint-Germain-des- Prés, à Paris, aveo Abbon, abbé de Fleurj,

![Uoiqu'ils aient técu dans deut siècles diïérents, à près de cent ans l'un de l'autre. Abbon de Saint - Germain fit ses études dans ce monastère, où il fut ensuite élevé au diaconat, puis à la prêtriseï La répu* latton de Son savoir, surtout dans les matières do religion, engagea Fratier, évèque de Poitiers, et Fulrade, évéque de Paris, à lui demander quelques instructions pour les prêtres de leurs diocèses. On peut juger de là Îu*Abbon vécut jusque vers Tan 923, et neutu*e plua longtemps encore^ puisque Fulrade ne mourut qu'en 927, et Fratier en 986. Le Nécrologe deSaint-Germain met la mort d'Abbon au 9 mars» mais sans en marquer Tannée. 11 y est qualifié de prêtre.

Stict DS PARIS, Poème. — Le principal outrage d'Alibon est un boôme épique sur le fiége de Paris par les nonnanas. Ce siège,

eommencé sur la m de l'année 885, ne Unit qu'au dernier jour de îanTier de l'ati 887. La seule île qu'on appelle aujourd'hui la dite, et où se trouve Téglisé Notre-Dame, forhiéit alors toute la ville de PaHs, et Odon ou plutôt Eudes, qui depuis Ait roi, en était lé gouverneur. Abbon était présent au siège. Il a divisé son poëme e« trois livres; mais Tes divers éditeurs n'ont jugé à propos de publier que les deux premiers. Outre que le troisième ne contient rien d'intéressant» et que le manuscrit en est for» imparfSjiit, l'auteuiF l'a rempli de digressions et ae diverses alié*^ gories, qu'il a eu soin d'etniiquer pat des gloses ou scbolies aussi peu intelligibles que le texte. Il est accompegné de deux épttres dédicatoires, Tuffe adressée à un de des confrères, nommé Goslin, qui était diacre, et l'autre à Aimoin, qu'il appelle son maltfé. La première de ces épttres est en proSe, la seconde en vers dactyles. L'outrage est in^ téressant par les faits qu'il contient, et dont toici le résumé.

Sigefrof, qui avait le commandeiùent général de l'armée des Normands, avant d en venir à la force ouverte contre la ville, de^ manda à parler à l'évèque. Conduit au palais épiscopal, il pria qu'on lui permit de tra* verser Paris avec ses troupes, promettant que ses soldats ne cbmmettraient aucun désordre dans ce passage. L'évèque, de concert aves le

Îouvemeur et les principaux seigneurs de An$f répondit que^ le bonheur ou le malHeur du royaume dépendant de la garde de celte ville, ils ne pouvaient lui accoMer sa demande, et qu en le refusant, ils ne faisaient que ce qu*il ferait lui-même s'il était à leur place. Slgefroi, irrité, menaça l'évèque de la main, sortit du palais et se disposa à t'attaqUe de la vilie^ Pendant toute la durée du siège, l'évèque, autant par sa bravoure que par ses exhortations, anima le peuple à sa défense^ persuadé qu'ayant à combattre contre des idolâtres pour des chrétiens, il ne faisait rien de contraire à la douceur épiscopale ni à la sainteté de son caractère. 11 fut secondé par son heveu, nommé Ebla, qui, quoique hom*^ me de guerre, portait le titre d abbé, k cause des abbayes dont il jouissait. Ce furent là les chefs des troupes qui défendirent la ville, et

3ui paraissent le plus souvent dans l'histoire e ce siège. l)ans le premier assaut, l'évèque f\it blessé d'un coup de flèche, et son écuyer tué d'un coup d'épee è ses côtés. Au second, l'abbé Ebla repoussa les Normands avec grande perte ; ils furent encore repoussés dans un troisième assaut, ce qui détermina Sigefroi è s'éloigner. Sur ces entrefaites, l'évèque GoEelin mourut. D'autres Normands s'obstinèrent à pousser le siège et livrèrent divers assauts à la ville. Les assiégés, pour animer les soldats à la défendre contre ces infidèles, arborèrent la croix sur ses retranchements. Les Normands, repoussés dé toutes parts, furent enfin obligés de lever le siège. On rapporta la croix dans la ville au c'.ant du Te Deum. Un autre abbé, nommé Mars, contribua beaucoup à la défense de Paris. Pendant que le oemte Eudes était allé aver-

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tir l'empereur Chartes de Textrémité où la ville se trouvait réduite, ce fut lui oue l'on choisit pour commander en son aosence.

L'abbaye de Saint-Germain fut menacée d'un assaut par les Normands, et les religieux n'échappèrent au pillage que par une rançon. Tant qu'elle fut assiégée, toute la ville retentit de prières publiques, et la piété d'Abbon n'hésita pas à attribuer sa délivrance et les succès de l'armée parisienne à l'intercession de saint Vincent, de saint Germain et de sainte Geneviève, dont les reliques étaient solennellement portées en procession par les rues et sur les remparts. — Le manuscrit de ce poème, tiré du fond de l'abbaye de Saint- Germain, se voit encore auiourd hui à la Bibliothèque nationale, sous le n" 1633. On en a fait, plusieurs éditions, mais la meilleure est la septième, qui a été mise au jour par dom Toussaint Duplessis, dans ses Nouvelles Annales de Paris, en 1753. Abbon a réuni dans ses vers tous les défauts des poètes de son'siècle ; il écrit mal ; ses constructions sont presque toujours vicieuses, et ses métaphores tirées de si loin, qu'à peine la comparaison qu'elles renferment peut-elle se laisser entrevoir. Cepeiidantilasouvent affecté d'rmployerlespropresexpressionsdeVirgile; c'est même le poète qu'il s'était proposé pour modèle, lorsqu'il entreprit d'écrire l'histoire du siège de Paris. Maronis proscindebamEglo^ gas, dit-il dans son épttre dédicatoire. Quoi qu'il en soit, comme il a été témoin de la plus grande partie des événements qu'il ra^conte,son poëme est précieux pour les détails et la certitude des faits.

Sbrmons. — On conserve encore d'Abboa un Recueil de sermons, dont cinq seulement ont été publiés par les soins de d'Achéry, dans son Spicilége. Les quatre premiers sont sur la cène du Seigneur, dont on renouvelait la mémoire chaque année au jeudi saint. Non-seulement on distribuait ce jour-là les mystères du corps et du sang du Seigneur; mais on lavait encore les pieds des fidèles ; on consacrait le saint chrême, on lavait les autels et le pavé des églises, on purifiait tous les vases sacrés et on réconciliait les pénitents, après toutefois qu'ils avaient fait une confession sincère et donné des preuves non équivoques de repentir. Ce n'était qu'à cette condition qu'ils rentraient dans l'église, dont ils avaient été chassés au commencement du carême, comme Adam fut chassé du paradis terrestre après son péché. 11 en fit pénitence pendant plus de six cents ans ; et, condamné après sa mort à la prison inl'ernale,!! y pleura la faute qui l'avait taitdéchoir de sonbonheur, jusqu'à ce que Jésus-Christ Teût absous et délivré en lui ouvrant le paradis. La pénitence d'Adam doit servir de modèle aux pécheurs. Les évêques, ([m tiennent la place de Jésus- Christ, ne doivent donc réellement leur accorder l'absolution que lorsqu'ils l'ont méritée par des jeûnes, par la mortification de la chair, par des prières, par des aumônes, par le pardon des injures et par l'éloignement absolu du péché. L'observation du jeûne du carême était si indispensable, que les canons

imposaient quarante jours de pénitence à celui qui aurait manqué de l'observer seulement un seul jour. On mettait au nombre des œuvres expiatoires celle d'aller prierdans les différentes églises delà ville. Aobon unit son quatrième discours par cette maxime : Il ne sert de rien de se repentir de son péché, si l'on y retourne après avoir fait pénitence.

Le cinquième, qui a pour objet les progrès du christianisme, est sans contredit le chefd'œuvre de cet auteur. — Quelques peines ai'il en ait coûté pour établir la religion, le est venue à bout cependant de détruire toutes les superstitions païennes. Jésus- Christ en est le fondement ferme et immobile; mais, pour la répandre dans toutes les parties du monde, il s'est servi du ministère des apôtres, des martyrs et des autres saints, qui, par l'exemple d'une vie pure, plus encore que par leurs discours, ont ramené les pécheurs du culte des idoles au culte du vrai Dieu. Abbon marque en détail les provinces où chaque apôtre a prêché l'Evangile, et le senro de leur mort; les fondations des cathédrales etdes monastères parla libéralité des princes chrétiens. 11 se montre très-instruit dans l'histoire de l'Eglise, et on trouve dans ce sermon une déclamation vraiment pathétique contre les usurpateurs des biens ecclésiastiques. Les princes et les grands seigneurs de son temps s'en emparaient par toutes sortes de voies injustes ; tous moyens leur étaient bons, et la fraude ne servait pas même de prétexte à la violence. Les clercs et les moines, privés de leur subsistance, abandonnaient les cloîtres, qui ne pouvaient plus les nourrir. Cependant, dit-il, il ne faut pas que la perte des biens passagers diminue en rien la pratique et l'amour de la religion, quelques efforts que fassyent les princes du siècle pour la perdre et la détruire. Il dit aussi quelque chose des vexations que les chrétiens avaient à souffrir de la part des Danois, des Hongrois et des Normands.

ABBON DE Flbdrt.— Abbon , que son savoir et sa vertu rendirent un des personna- Ses les plus importants de son époque, naquit ans le diocèse d'Orléans , vers le milieu du X* siècle. Dès son enfance, son père oui se nommait Létus, et sa mère Ermengaroe, l'envoyèrent à l'abbaye de Fleury pour y étudier sous Gundbalus et Christianus, savants professeurs de ce monastère. A un zèle ardent et à un travail excessif, Abbon joignait un jugement sain et le plus grand amour pour les lettres; aussi fut-il en état de les enseigner de bonne heure, ayant fait profession et reçu l'habit religieux. Voulant encore posséder les hautes sciences , il demanda la permission de voyager pour étudier dans les écoles les plus célèbres , et alla successivement de Paris à Reims pour se former dans la dialectique , et de Reims à Orléans, où il apprit la musique, et, sans autre secours que celui des livres, la rhétorique, la géométrie, et de l'astronomie ce qu'il n'avait pu en apprendre dans les écoles étrangères. Vers le même temps, les études étaient tellement tombées en Angleterre, qu'à peine y trouvait^

ABB

on quelques prêtres qui entendissent le latin. Saint Oswald, arcbevôque dTorck, qui avait étudié à Fleury, y demanda quelaues moines habiles pour instruire ceux de Vabbaye de Ramsey qu*il venait de fonder. Abbon, qui n*était encore que diacre, fut député; l'archevêque l'ordonna prêtre et le retint h Ramsey pendant deux ans. Il revint à Fleury sur la fin de 987, et il en fut nommé abbé Tannée suivante. Alors, tout entier aux devoirs de sa place, il ne s'occupa qu'à Tétude de TEcriture sainte, et à la lecture des Pères dont il fit divers extraits. 11 fut souvent interrompu dans ces travaux et par la défense des droits de son abbaye, etpar l'obligation où il se trouva d'assister à plusieurs assemblées d'évêçiues, au concile de Saint-Basle en 991, h celui de Mouzon en 995 et ensuite à celui de Saint-Denis, qui se tint la même année. H fit aussi deux voyages à Rome ; le premier , pour y faire confirmer les privilèges de son monastère ; mais le pape Jean XV, qui occupait alors le saint-siege , ne lui fut nas favorable. Il trouva, dans le second, plus d'accès auprès de Grégoire Y. Comme il jr était allé en qualité d'ambassadeur du roi Robert pour des affaires importantes, ce pape lui accorda ce qu'il demanoait, et le chargea, en outre , de remettre le pallium à Arnoul, qu'il avait ordonné de rétablir sur le siège archiépiscopal de Reims. On eut recours à. Abbon pour apaiser les troubles qui s'étaient élevés dans les abbayes de Marmoutiers,de Mici et de Saint-Père de Char- . très. Les moines de l'abbaye de la Réole, soumise à celle de Fleury , s'étant relâchés de la pureté de leur observance, il y fit deux voyages, dans le dessein d\ rétablir la disciphoe; mais le second lui lut fatal. Son arrivée y causa une violente émeute; un Gascon lui porta dans le côté gauche un coup de lance dont il mourut le même jour, 13 novembre 100^ , après avoir gouverné pendant seize ans labbaye de Fleury. On l'honora comme martyr; et on voit par les actes du concile de Limoges, en 1031, que déjà on lui rendait un culte public en plusieurs églises. Ses contemporains avaient la plus haute idée de ses lumières et de son érudition. Fulbert de Chartres l'appelle, dans une de ses épWreSf summœ philosophiœ abbas et omni divina et Mœculari auctoritate^ totius Franciœ tnagister famosissimus. Il a laissé plusieurs ouvrages dont nous allons rendre compte.

Collection des anciens canons. — Cette compilation, qui a demandé de grandes recherches à son auteur , est dédiée aux rois Hugues et Robert son fils. C'est un monument très-considérable, non seulement parce qu'on en peut tirer de quoi combler les lacunes ou corriger le texte de plusieurs anciens canons des conciles, mais aussi parce qu'on y voit l'état de l'Église de France et les moyens que Ton croyait devoir emplover alors pour remédier à ses maux. C'est le but qu'Aboon s'est proposé dans son ouvrage, qu'il a divisé en 52 chapitres.

11 rappelle au roi Hugues les fâcheuses révolutions qui signalèrent les commence^

ments de son règne; révolutions fomentées, non par les étrangers, mais par les premiers de son royaume. Mais il lui représente en même temps que la bonté de Dieu n'avait permis cette épreuve que pour le délivrer de ses ennemis. D'où il prend occasion de lui dire , et h son fils Ronert qui partageait avec lui la puissance: « Sou venez- vous des bons rois vos prédécesseurs ; soyez justes dans tous vos jugements; toujours prêts )l pardonner à des sujets soumis, ne sévissez que contre les rebelles. » Abbon vient ensuite aux devoirs des princes et des sujets, et rapporte là-dessus ce qu'il en avait lu et ce C[u'il en pensait lui-même ; mais il ne cite jamais les fausses décrétales, quoique alors leur autorité ne fût point contestée. Il commence par rhonneur.qui est dû aux églises et aux monastères, et il confirme le droit d'asile établi par les lois de Théodose et de Valenlinien. 11 se plaint de la vexation da ces seigneurs qu'on appelait avoués , à qui les abbés avaient donné des terres en fief, et qui, au lieu de défendre les églises et les monastères, les pillaient et saisissaient eux mêmes ce que les ennemis n'avaient point emporté. Abbon rapporte l'origine de ces avoués aux conciles d Afrique, qui firent demander aux empereurs des scol stiques ou avocats pour soutenir les intérêts de i'£^lise devant les tribunaux séculiers. On les nom* inait aussi défenseurs.

On distingue dans un Etat trois sortes d*éleetions : celles du roi ovi de l'empereur, des évêques et des abbés. La première se fait du cousenteraent de tout le royaume; la seconde par l'unanimité des citoyens et du clergé, et le troisième par les suffrages de la partie la plus saine de la communauté. La faveur, l'amitié, l'arçent ne doivent point être le mobile des élections; mais la sagesse et le mérite du sujet. Le roi, aussitôt après son élection , a droit d'exiger de ses sujets le serment de fidélité , pour le maintien de la concorde dans ses Etats.

L'autorité du siège apostolicpie de Rome s'étend sur l'Eglise universelle, par suite de celle que Jésus - Christ a accordée à saint Pierre, dont les papes sont les successeurs. On ne doit rien changer à la disposition des évêchés ni des monastères d*hommes et do filles, fondés par les empereurs chrétiens. Refuser d'obéir aux souverains , c'est marquer qu'on les méprise , quand on devrait les craindre et les aimer. 11 est des cas où l'on peut dispenser des lois; ce sont les cas de nécessité. A défaut de loi, la coutume oblige dans un Etal; mais elle doit céder aux édits du prince^ et n'a de valeur qu'autant qu'elle s'accorde avec l'utilité publique. 11 rapporte les lois et les décrets qui défendent la simonie dans les ordinations; qui mettent des bornes aux entreprises des évêques sur les monastères; qui règlent la manière de procéder contre un abbé accusé de prévarication; qui permettent aux évêques de réformer les abus dans les monastères de leurs diocèses ; qui défendent aux moines et aux religieuses de coooparaltre en justice autre-

ABk

mCnOMNÂlKË Dit PATROLOGIE.

ment qtie pai* un évocat ou défenseur. Ce quMl dit de raTarice des clercs, des excommunications injustes , de la continence des prêtres et des diacres, de la défense faite à un évèque de Choisir son successeur, n'est

3u*un étirait des canons des conciles et des écirétales des papes. Il se sert encore des Îiropres paroles de saint Grégoire , de saint îucher el de saint Augustin, pour prescrire des règles louchant la fréquente célébration de la messe, la fréquente communion et les dispositions nécessaires à ce sacrement. Les derniers chapitres regardent les peines que Ton doit imposer aux clercs qui ont rendu défaut témoignages; les devoirs de ceux qui portent les armes ou qui sont enrôlés dans la milice spirituelle , c'est-à-dire les ecclésiastiques. S'ils ne sont pas contents, dit Abbon, de ce qu'ils tirent de l'autel, s'ils font quelque commerce et s'ils vendent leurs prières , s'ils reçoivent volontiers des présents des veuves, ils sont des négociants, ils ne sont plus des clercs.

Apologie. — Sur la fin du il' siècle , il s'éleva une querelle presque générale au sujet du serment de fidélité que les évëoues voulaient exiger des abbés, lors de la cérémonie de leur consécration, comme on l'exige ordinairement des évèques. Arnoul , évéque d'Orléans , poussa ses prétentions plus loin iju'aucun autre, et employa toute sorte de moyens pour obliger Aoboti h prêter ce serment. L'abbé, qui prévoyait le tort que cette démarche causerai t a son monastère, le refusa positivement, eti revendiquant l'autorité royale, de qui relevait, au temporel , l'abbaye de Fleury. Arnoul, désespérant de le gagner, se déclara son ennemi, et résolut de Ty contraindre par a force. Comme il se rendait & tours, pour la fête de saint Martin, les gens de l'évéque l'attaquèrent , et blessèrent h mort quelques personnes de sa suite. Arnoul s'offrit d en faire réparation : il amena à Abbon quelques-uns des coupables, afin qu'ils fussent battus de verges en sa présence; mais Tabbé s'en défendit, et laissa h Dieu le soin de sa vengeance. Sur ces entrefoites , on assembla un concile à Saint-Denis, près Paris; mais les évêques, au lieu de &'y occuner à rétablir la foi dans éa pureté , et à réibrmer les abus qui s'étaient glissés dans la discipline de 1 Eglise, ne pensèrent qu'à aviser aux moyens d'enlever aux laïi^ues et aux moines les dîmes qu'ils possédaient. Abbon leur résista avec la force qUe donnent le droit et la vertu. En même temps, une émeute, soulevée par leurs prétention^, força les évèques à se retirer sans avoir rien conclu. Tout le monde jeta sur Abbon la cause de cette violence, ce qui l'obllgeak s'enjustifier par une Apologie.

Porté par son inclination à la retraite et à l'étude de la philosophie plutôt qu'au gouternement pastoral d un monastère, il se plaint, dans son exorde, que sa vie n'ait été

Ïu'une chatne d'angoisses et de tribulations. a vécu au milieu d'ennemis ou d'envieux qui n'ont cessé de le déchirer, quoique pourtant ib^ n'eussent à lui feprocher que d'à-

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voir pris la défense de son ordre, et proclamé la vérité dans le concile. Leur fureur alla même jusqu'à attenter à sa vie, sans que la crainte de la puissance royale pDt les détourner de l'accomplissement de desseins si infâmes. Il prie Dieu de le délivrer de tels ennemis, et déclare qu'il se soumet au jugement des évèques, et qu'il est prêt à leur rendre compte de sa foi , s'ils consentent î juger sa cause suivant les canons. Il distingue dans TEgHse, pour les femmes comme pour les hommes, trois états différents : pour les unes, les femmes mariées, les veuves et les vierges ; pour les autres , les laïcs , les clercs et les moines; mais il ne tient pour clercs que Ifes évèques, les prêtres et les diacres; les ministres inférieurs ayant la liberté de se ranrier, ne portent qu'abusivement lé nom de clercs. L'état des moines lui paratt préférable à celui des clercs , en ce que les premiers , comme Marie, ne sont occupés qu'à l'unique nécessaire. Il combat les prétentions des évèques , parce que l'Église n'appartenant qu'a Dieu seul , aucun (Peut ne peut dire : Cette Eglise est à mot. En elfet» le Seigneur dit à Pierre , prince des apôtres : tu es Fierre , et sur cette pierre ie bât(rat mon Eglise ; la mienne^ et non pas la tienne. Si donc l'Eglise n'est pas à Pierre, à qui estelle ? Et comment les successeurs oe saint Pierre osent-ils s'attribuer une puissance qu'il n'avait pas? Ensuite, il invective contre la Simonie; et à ceux (Jul s'excusaient en répondant qu'ils n'achetaient pas là grâce de l'ordination,, mais seulement les biens tetnporels de l'Eglise , il répli:tue : C'est comme si vous Vouliez avoir le feu sans la matière qui lui sert d'aliment.

On accusait Abbon d'avoir des sentiments contraires aux canons ; d'être l'auteur de la sédition soulevée contre les évêques du concile de Saint-Denis; d'avoir fait perdre les bonnes grâces de deut rois à Arnoul d'Orléans , son propre évèque , et d'avoir communiqué avec des excommuniés. Il répotld qu'il ne sait à quel canon 11 aurait pu contrevenir dans celte assemblée , puisque c'est à peine s'il y avait vu ouvrir un livre. Quant à ta sédition excitée contre les prélats de ce concile , aucun ne lui en avait donné personnellement le prétexte , et Séèûin, archevêque de Seils , qui y avait été le plus maltraité, était son ami' et son bienfaiteur. A l'égard d'Arnoul , il dit que si cet évêqUe avait perdu les botineS grâces de deux rois » ce ne pouvait être que pour les avoir offensés, en usurpant les biens de l'abbaye de Fleury, dont ils étaient les protecteurs elles maîtres. U ajoute que sll a communiqué avec des excommuniés, Arnoul lui en a donné l'exemple, en recevant ceux qui Tâvaient attaqué dans son voyage à Tours, quoiqu'ils eussent été excommuniés parSé-

5uin, son archevêque, et par EUdes, évoque e Chartres. Au surplus , on faisait uu si grand abus des censures, qu'il n'y avait uresque personne dans le royaume qui no lût excommunié, soit pour avoir mangé av0c des excommuniés, soit doux leur avoic

Afib

DlCTlONI^ÀmE DE PATHOLOGIE.

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donné le t>ai^6^ de paix. G est pourquoi il supplie le roi Hugues de remédier h cet abus. On né peut mettre TApologie d*Abbon plus tard qu*au mois d'octobre 996, époque de la mort du roi Hugues Capet, à qui il l'adressa.

Lettbes. — C'est à Plthou que nous devons le recueil des lettres d*Abbon. Elles sont au nombre de quatorze, en y comprenant celles que le pape Grégoire V lui écrivit, et une a Albert»^ abbé de Mici, qui est la treizième. La première a rapport au voyage qu Ahbon fit à nome, en 998 , de la part du roi Robert, et pour faire confirmer son mariage avec Rerthc i que le pape avait déclaré nul» comme contraire aux lois de TËglise • parce que Berthe^ était parente du roi , et que ce prince avait tenu un des enfants do son premier lit sur les fonts du baptême, ce qui lui avait fait contracter avec elle une alliance ou ailinité spirituelle. C'étaient deux empêchements dont il fallait obtenir dis-

fense.N'ayant puy parvenir, Tabbc; de Fleur v, son retour, rendit compte à Grégoire V do ce qui a^élait passé h cet égard, et de la disposition où était le roi de quitter Berthe, quMl ne congédia cependant que quelques années plus tard, en iOOl ou 100^.

.4 Éervéet aux chanoines de Sainl-Martin de ToHTê. — Archembald, archevêque de Tours, avait attaqué les privilèges des chanoines de Baint-Uartin , dont Hervé était trésorier. Abbon, qui Tavait élevé à Fleury , la con^ naissait particulièrement. Les chanoines s'adressèrent donc à lui pour l^ défendre contre les prétentions de leur archevêque. L'inscription est commune à tous les chanoines , mais il nomme Hervé en particulier, probablement parcf quil avait écrit la lettre au nom de tous ses confrères. Il leur témoigne qu*il avait appris par la rumeur publique qu'Archambald voulait attenter aux privilèges de Saint-Martin de Tours; qu'il ne concevait pas comment un prélat, dont Tauton té était habituellement tempérée de tant de douceur» entreprenait de s'opposer aux décrets des pontifes romains et aux in^ti'* tuts des saints canons, qui sont des preuves de Texcellence de i^Ëglise romaine et de sa prééminence sur toutes les autres. 11 rapporte deux passages de saint Grégoire iô Grand, louchant le privilège des monastères» et conelut à oe que l'on avertisse larchevéque de Tours de ne pas vexer plus longtemps celui deSaint-liiartin, et de le laisser jouir paisiblement de ses prérogatives, puisque, en réalité» il n'a pas plus de pouvoir sur ee monaalère que n'en ont eu ses prédécesseurs.

A Gausbtrt* — Vers l'an 997» une division fâcheuse se manifesta dans le monastère de Marmouliers, à l'occasion de l'abbé Bernier, que saint Mayeul venait d'y établir pour gouverner la communauté, à la place des anciens» qu'il avait déposés. GeuxM^i, pour s<' Venger, accusèrent Bernier de plusieurs crimes. Le principal moteur de l'accusation était un nommé Frédérie> chargé du soin des école;;. Abbon» craignant le scandale,

• s efforça de le prévehlr eu chargeant Oausbort, abbé de Saint-Julien dans le voisinage de Tours, de se transporter sur les lieux et d'Informer. Il l'avertit de ne point ajouter foi trop aisément à de certains moines, qui, couverts de peaux de brebis, étaient parvetius à se faire donner asile en plusieurs monastères, où par de faux discours ils sédui salent les simples, ruinaient la réputation de ceux qui valaient mieux qu'eux, et leur imputaient des crimes dont ils n'étaient point coupables- Cela était déià arrivé dans le raonasière de Marmoutiers. Abbon en avait fait des reproches à Gausbert, non qu'il eût concouru au mal avec les méchants, mais parce qu'il n'avait pas usé de toute son autorité, pour réprimer le crime des accusateurs j disant que pour juger l'accusé on aurait dû appeler de divers endroits des juges intèijres et étrangers à sa cauSe. 11 rapporte un décret de saint Grégoire le Grand, qui, écrivant à Loup, abbé d'Aulun, défend a révoque de juger seul dans la cause d'un abbé, et ajoute q^u'il avait fait inscrire ce décret dans le privilège qu'il avait obtenu depuis du pape Grégoire V. Il fait voir l'indécence du procédé des moines de Marmoutiers, non-seulement dans les accusations formulées contre leur abbé et qu'on ne devait pas laisser impunies, mais encore parce au ils voulaient l'obliaer à se justifier par 1 épreuve du fer chaucT. — On ne voit point quelle fut la réponse de Gausbert à cette lettre, mais on a lieu de croire qu elle ne fut pas favorable, si l'on en juge par celle

Îu'Abbon écrivit ensuite à 1 abbé Bernier» qui il dit que c'était en vain qu'il attendait le jugement des gens de bien» pendant que les remords de sa conscience l'accusaient;

![ue le bruit de ses fautes le couvrait d'in* amie, et qu'on savait dans le public qu'il avait perdu plusieurs de sq& moines par la contagion de sa lèpre. C'est pourquoi, en cas qu'il ne pût se justifier» il lexhoriait k faire satisfaction à ses frères, et à remettre son bâton pastoral entre les mains de l'évô*que» aûn qu'il donnât sa place à un plus digne. Il parait qu'on lui substitua Gausbert» qui. en effet» était abbé de Marmoutiers en

L'inscription de la dixième lettre t Èpi^ icopo amaiorum Chruti Àmaiçr Abbof donn^ rait lieu de juger d'abord qu'elle est écrite k un évèque» mais la suite fait voir (iu'Al>bon y parle k un de ses amis» qu^il instruit sur la nature et les qualités du serment. C^est tout un traité philosophique de la matière ; cette lettre est la plus curieuse et la mieux écrite du recueil. Il parait que celui à qui Abbon l'adressa avait été contraint de flaire un serment» et doutait s'il était dans l'obligation de le tenir. L'abbé de Fleury fait voir que quand il s'agit de sa propre défense, ou de se laver d'un crime imputé faussement» le serment est permis | mais lorsque le serment est accompagné de mensonge» c'est un crime qui doit être expié par la pënitence. Is péché de celui qui est contraint de jurer est plus grand que le pé*

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cbé de celui qui iiè jure que par crainte de la mort. Le serment arraché par un voleur de ne jamais lui réclamer ce qu'il a pris, n'oblige pas. Il veut que, pour établir Tobligatioii du serment, on trenne compte des circonstances, des lieux, des temps, des personnes. La promesse faite par un enfant ou par une femme, sans Taveu des parents ou ragrément du mari, n'oblige pas. Il condamne tous les mensonges, et signale dans le parjure deux péchés, le mensonge d'abord, et ensuite l'abus du nom de Dieu. Cette lettre est un vrai modèle de dialectique.

Aux moines de Mici. — Les moines de Mici ayani imité ceux de Marmoutiers et dépossédé leur abbé Robert, pour mettre a sa place le moine Lérald, homme d'ailleurs respectable par son savoir, Abbon leur écrivit une lettre, dans laquelle il invective vivement contre ces moines acéphales qui persécutent leurs abbés aQn de vivre sans supérieurs, et qui déchirent leurs propres frères par la calomnie, plus féroces en cela que les animaux, dont aucun ne sévit contre son semblable. Venant au fait qui avait occasionné la division à Mici, et l'expulsion de Vabbé, il fait voir qu il méritait au contraire leur approbation, pour avoir pris le parti d'un innocent qu'on voulait accabler par la calomnie. Il exnorte donc les coupables à rendre à cet abbé l'obéissance qu'ils lui avaient vouée ; et s'adressant en particulier à Lérald, qu'il appelle son ancien ami, il le presse de rendre à Robert sa place qu'il avait usurpée, et de faire rentrer ses confrères dans le devoir. La lettre d'Abbon eut son eiïet, Robert fut rétabli et mourut abbé de Mici en odeur de sainteté.

Sur les dîmes, — La quatorzième lettre est sur les dîmes. Il montre, par l'autorité des Pères, que les dots et les dîmes des églises sont entre les mains des évéques, 'comme le royaume est entre' les mains du roi, afin que par leur autorité ils maintiennent chacun dans la possession de ses biens, suivant les règles de l'équité. La question des dîmes avait été agitée a Toccasion d'une certaine église, bfttie sur le fonds du monastère de Fleury, par un des prédécesseurs d'Abbon. Le fondateur l'avait en même temps dotée, mais d'une partie des biens du monastère, et le curé du lieu voulait jouir de la dîme de ces biens. Abbon soutint qu'on ne lui en devait point, parce que Tabbe qui avait bAti et doté cette église avec les fonds du monastère n'avait pu les aliéner, et que l'abbaye en était toujours demeurée proprié^ taire. D'où il conclut que les moines devaient continuer dans la possession des églises et les desservir, s'ils sont clercs, sinon ils peuvent et doivent vivre des revenus ou des oU'randes des mêmes églises. Sur quoi il rapporte divers passages de .saint Grégoire, do saint Ambroise et de saint Jérôme.

il iiemard. — Indépendamment des quatorze lettres publiées par M. Pithou, nous eu avons deux autres d^Abbon rapportées par Aimoin dans l'histoire de saVie, et tou-

tes deux adressées à Bernard, abbé de Beaulieu dans le Limousin. Guillaume, comte de Toulouse, et l'archevêque de Bourges, lui avaient offert l'évêché de Cahors, sous la rétribution d'une grosse somme d'argent. Bernard consulta Ih-dessus l'abbé Abbon, qui avait été son maître. Il en reçut une lettre pleine de tendresse et d'amitié, mais aussi toute fervente de zèle pour le maintien du bon ordre et de la discipline. Abbon l'exhorte à ne pas dégénérer de la piété et de la vertu, dont il donnait des preuves dans le gouvernement de son abbaye, à se souvenir des engagements de sa profession et de son obligation à tendre h un de^ré do perfection qui le mît à Tabri des offenses de Dieu. Il lui fait observer que quand les vendeurs et les acheteurs de bénéllces et dignités ecclésiastiques couvrent leur commerce du vain prétexte qu'ils ne vendent ni n'achètent la bénédiction, mais seulement les revenus de l'Eglise, ils ne se couvrent que de toiles d'araignées qu'il est facile de rompre. Car à qui est l'Eglise, sinon à Dieu? Qui en est le seigneur, si ce n'est Dieu ? Si l'Eglise présente a besoin do deux avocats, lun pour les affaires temporelles et l'autre pour les spirituelles, elle ne les regarde ni l*un ni l'autre comme ses maîtres, et n'accorde à aucun le droit de la vendre, elle qui a été'rachetén du sang de Jésus-Christ. II conseille donc à Bernard de ne point accepter l'évêché de Cahors, au prix d'un acte de simonie qui le mettrait au rang des hérétiques.

Cependant Bernard s'ennuyant de vivre, parce qu'il voyait la charité de plusieurs so refroidir et l'iniquité se multiplier, pensait à tout quitter pour aller à Jérusalem, à l'imitation de son père, qui avait fait ce voyage par un motif ae pénitence. Abbon, à qui il s'en ouvrit, lui conseilla le pèlerinage de Rome et du mont Gargan. 11 partit accompa-

§né du prêtre Constantin qu'Abbon lui avait onné pour le servir en chemin ; mais à quelque distance il renvoya ce prêtre avec une lettre pour le saint abbé, à qui il demandait lequel des deux lui était le plus avantageux, ou de tout quitter pour ne s'occuper que de son salut, ou de servir le siècle dans la vue d'être utile aux siens. Ce fut pour Abbon le sujet d'une seconde lettre dans laquelle il lui dit de s'examiner luimême, et de décider s'il fera mieux de renoncer à son abbaye que de continuer à la gouverner. Il lui représente cependant que c'est un bien de remplir les fonctions d'abbé et de chercher à gagner les âmes à Dieu ; mais aussi qu'il vaut mieux chercher son propre salut que de commander à des indociles. Bernard fut dequis évêque de Cahors; mais il parvint à cette dignité par les voies canoniques

Nous joindrons aux lettres d'Abbon la mention de celle que les moines de Fleury écrivirent à tous les abbés au sujet de sa mort. Quoiqu ils le regardent comme un véritable martyr, ils ne laissent pas de le recommander à leurs prières. Us en demandent pour eux-mêmes, afin que Dieu daigne

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les consoler de la perte qu'ils venaient de faire dans la personne de leur chef et de leur i)ère commun. On trouve cette lettre dans les Mélanges de Baluze et dans les Annales de Vonire.

Abrégé de la vie des Papes, — On a d'Abbon un abrégé chronologique de la vie des papes, depuis saintPierrejusqu'à Grégoire II, successeur de Constantin eu 71^. Ce n*est qu'un extrait d'Anastase le Bibliothécaire.

Vie de saint Edmond. — Abbon composa, à la prière des rooiries de Ramsey, la Vie de saint Edmond roi d*Angleterre, oui est honoré comme martyr. Avant de la publier, il Tenvojf'a à saint Dunstan, pour le prier d'y corriger ce qu'il trouverait de défectueux. Abbon en parle comme du premier de ses ouvrages, et dit qu'il n'était encore que diacre quand il l'écrivit, vers l'an 985, environ 39 ans après le martyre du saint roi, arrivé en 946.

Poésies. — Un manuscrit du Vatican attribue à Abbon de Fleury une lettre et des vers à l'empereur Otton. Peut-être ne doit-on entendre par là que la lettre de cet abbé à Otton 111, écrite en trente-cinq vers héroï-

S|ues, dont les premières et dernières lettres orment de chaque côté le vers suivant par un double acrostiche :

Ouo, valens Ccesar^ nostro tu cède cothurne.

Outre réloge de ce prince, Abbon y fait celui d'Otton II, son père. Aimoin a trouvé cette petite pièce de poésie si belle, qu'il s*est appliqué à en donner la clef, et l'a rapportée tout entière dans la Vie du saint. Abbon, pendant son séjour à Ramsey, fit en quatorze vers élégiaques la description de ce monastère. Dom Mabiilon l'a fait imprimer dans ses Annales. On ne peut guère lui contester non plus l'éloge de saint Dunstan, en soixante vers. Il jouissait de la considération de cet évêque ; il en avait été comblé d'honneurs et de présents, pendant son séjour en Angleterre, et le manuscrit où se trouvent ces vers porte le nom d'Abbon. On lui attribue encore d'autres pièces de poésies, mais sur de simples conjectures.

Cycles. — L*autenr de la Vie d'Abbon , après avoir fait remarquer qu'il passait sous silence plusieurs de ses ouvrages, pour ne point ennuyer le lecteur, ajoute qu'il ne doit pas omettre qu' Abbon corrigea, sur le texte même des Evangiles, les cycles des années de l'ère chrétienne ; qu'il les conduisit d'abord depuis l'époque de Hncarnation du Verbe jusqu'à son temps, et qu'il les augmenta dans la suite, de manière à leur faire contenir un espace d'environ quinze cent quatre-vingt-quinze ans. Il se propose dans cet ouvrage de corriger le cjrcle pascal do Denis le Petit; et après l'avoir rapporté, il donne deux modèles de supputation suivant lesquels il aurait dû procéder. Ensuite il rapporte le cycle de saint Cyrille d'Alexandrie ; puis il met un cycle de dix-neuf ans qu'il avait composé luimême. Il y ajoute diverses supputations, pour trouver chaque année le jour de la .

lune qui doit réçler celui de la fête de PA-

Sues pendant dix-neuf ans. Dans l'édition es ouvrages de Bède, où ce cycle est reproduit, se trouvent cinquante-quatre planches ou tables, dont chacune contient un cycle pascal de dix-neuf ans, ce qui est indiqué dans le travail d'Abbon ; de sorte ({ue par le moyen de ce cycle, on trouvait le jour de la Pâque, depuis la première année de l'Incarnation jusqu'en 1595. La préface qui se lit au commeacement explique ce que c'est qu'un cycle pascal. Elle est suivie de huit vers hexamètres qui renferment l'explication des huit colonnes dont chaque cycle est composé. L'éditeur l'a produite sous le nom de Bède , mais dans quelques manuscrits elle porte celui d'Abbon, et nous pensons que c'est à ce dernier qu'il faut s'en tenir.

Il composa aussi, aux instances de ses religieux, un Commentaire sur le cycle pascal de Victorius. II était abbé lorsqu'il travailla à cet ouvrage, et son but est de rendre intelligible à ses moines, le cvcle de Victorius qu'ils n'entendaient pas oien , à cause de la difliculté de combiner les nombres dont il s'était servi. On en trouve divers exemplaires dans la Bibliothèque de Montfaucoi. On n'a pas encore imprimé le traité du Comput, ni ceux du mouvement du soleil, de la lune, des planètes dont il est parlé dans l'Histoire de sa vie, mais on les trouve dans les bibliothèques du Vatican et d'Angleterre, avec divers autres traités sur l'astronomie, la grammaire et la dialectique. Aimoin place ce dernier à la tête des ouvrages d'Abbon. Oi met encore parmi ses écrits une Vie de saint Martin, des homélies sur les Evangiles, un sermon sur la cène, un traité des Catégories spirituelles et un autre qui avait pour titre : Canons des or-nements de l'Eglise romaine. Il faut attendre qu'on ait rendu publics tous ces ouvrages pour en juger samement. C'est présumer que de dire qu'il faut entendre par ces canons le recueil de ceux qu'il dédia aux rois Hugues et Robert, et dont le copiste aura mai rendu le titre. Abbon avait fait plusieurs voyages à Rome. Ne pouvait-il pas avoir imaginé quelqu'écrit sur les divers ornements en usage dans cette Eglise, sur leur forme, le temps et la manière de s'en servir? Nous ne faisons que présumer, nous ne jugeons pas. .

Un sermon prêché à Saint-Pierre de Limoges, le jour de la dédicace de cette église, et qu'Etienne Baluze attribue à Adhémar de Chabannais, parle d'Abbon comme du sa vaut de son siècle le plus accrédité, et celui dont le suffrage était une décision. Il faisait l'honneur des conciles et il appuyait telleraeni ses raisons de l'autorité des Ecritures,

Sue ses discours avaient quelque chose de ivin. Du reste, tous ses écrits sont autant de monuments de sa foi et de sa piété. On voit qu'il aimait sincèrement la vérité et les mœurs, qu'il avait en horreur le vice et le mensonge, et qu'au milieu des honneurs qui lui venaient de toutes parts, il conservait l'esprit de son état, qui était un esprit d'hu-

DiÇTIO?WAIRE PI PATROMKIO^*

ÀBG

milité et d'abnégation. On s'en aperçoit jusque dans son style ; s*ll donne des avis, e*est avec douceur et sans faste ; il parle k ses disciples avee la modération et la retenue qu^ii mettrait à parlera des égaux. Ses lettres à Bernard ne peuvent que pli|ire au lecteur et le toucher, par les principes qu^el* les renferment et la noblesse pleine de douceur avec laquelle ils sont exprimés. Il y 9 moins d*élégaqce dans ses autres écrits, mais tout y est plein d'érôdilion, tout y rôvèb un senie vaste, pénétrant et complet.

ABDIAS. — Abdias de Babylone est ordinairernent compté au nombre des écrivains ecclésiastiques du premier siècle. Il est auteur supposé d'une Histoire du combat de^ Sipàires iHistoriacertaminis apostqlici. Né de parents juifs, il nous dit dans sa préface qu'il avait vu Jésus-Christ, Qu'il était dunombredes soixante-douze disciples qui s^étaient attar cbés à ses paS| qu'il avait assisté à la prédication et pu ipariyre de plusieurs apôtres. et qu'il suivit en rerse saint Simon et saint îucie, oui l'ordonnèrent premier évêque de Babylone. Mais en même temps il cite Hégésippe qui n'a vécu que trente ans après Tascension de Jésus-Cnrist, et veut nous faire accroire qu'ayant écrit lui-même en hébreu, son ouvrage a été traduit en srec par un nommé Eutrope, son disciple, et du grec en latin par Africain, qui vivait en 2^1. Ces contradictions démontrent que le prétendu Abdias est un iqaposteur. Wolfang Lu?ius, qui déterra le manuscrit de cet ouvrage dans le mopast^r^ d'Ossak, en Carinthie, le fl( imprimer à Bâle en 1551, comme un monument précieux, Après plusieurs autres édition^, Iç Cours complet (te Patrqlocfie l'a reproduit, sans que cette histoire ait acquis plus d'autorité,

AQEÀCÇ (saint), que l'on croit ayoir été le successeur de sain( f anias sur le siégq de Hiér^ple, en Phrygie, çn était encore évoque lorsque Lucius Veru9 faisait la guerrç aux Partnea, ves Tan 163 de Jésus-CHnst. BaroqiusaQjrîpe avoir eu entre ses mains T'auto-

Srapho 4'unç lettre de ce saint à l'empereur [arc-Aurèle, traduite du grec et pleine d'un esprit apostolique. U avait promis de la publier dans ses Annales; mais au lieu (je tenir sa promesse, il se plaint que cette lettre lui ait été dérobée ^ans qu'il ait pu découvrir l'auteur de ce larcin. — Surius attribue encore à saint Aberce un ouvrage très-utile, aue ce pieu^ évêque avait composé en faveur des prêtres et des diacres deson Eglise; mais on ue sait pas du tout ce que c'était que qe livrç» dont aucun des anciens, du reste, u'a fait mention, ^'histoirç de saint Aberce, que le mêiue critique a insérée dans son Recueil des Vius des saiuts, ne mérite aucuue croyance, tant elle Qii uiêlée de fables et d'absurdités.

ABGARE, roi d*£desse, ylvait (lu temps 4o Jésus-Chriat, et Procope dit qu'il jouissait de la faveur d'Auguste. Eusèbe, dans son 9i$toir^ eçcl^siaêtique^ rapporte que ce prj^ce, attaqué d*une uialadie très-grave, qu fiucui^«s science bnmaine ne pouvait gué-

rir, entendit parler des cures miriieuleuses que Jésus-Christ opérait en Judée , e( qu'il lui écrivit pourle prier de venir lui rendre la santé. « Je connais toutes vos œuvres, lui dit-il ; je sais le dédain que vous portent les

t'uifs et les persécutions que vous avez à su- )ir de la part des méchants. Venez donc ici, habiter au milieu de nous ; cette ville est

Eetite, mais elle suffira pour nous deux. » e môme historien ajoute que Jésus-Christ répondit au monarque, et que malgré qu'il refusât de l'aller voir, il bénit sa ville et soa royaume, et promit de lui envoyer un de ses disciples. En effet, après avoir rapporté le texte de ces deux lettres, Btjsèbe ajoute

Îu'après l'ascension de Jésus-Christ, saint homas, un des douze apôtres, envoya dans Edesse Taddée, l'un des soixante-dix disciples, qui convertit ^bgare à la foi chrétienne, le guérit miraculeusement et opéra plusieurs autres prodiges. Eusèbe affirme

Su'il ne parle que sur des rapports traduits ttéralemcnt ae la langue syriaque. Malgré l'autorité de cet historien, qui n'élève aucun doute sur l'authenticité de cette histoire, il est permis de penser qu'elle est fabuleuse. Bien ne pr*ouve, en effet, qu'Eusèbe ait possédé la langue syriaque, ni qu'il soit allé lui-même à Edesse pour y consulter les traditions et les archives, d'où il dit avoir tiré ces deux iettrea. Le fait n'est rapporté par aucun écrivain ecclésiastique antérieur à lui, et ceux qui lui sont postérieurs n'en ont parlé que rarement. Saint Jérôme en tàii mention dans ses Remarques sur saine Matthieu^ et il s'appuie sans doute sur l'autorité d'Eusèbe, quand 11 dit : a L'histoire ecclésiastique nous apprepd que Tapôtre saint Taddée fut envoyé à Edesse vers le roi Abgare. » Sans prétendre donner raison aux arguments qui peuvent faire rejeter cette histoire, nous aiouterons cependant queja le(tre de Jésus-Christ à Abgjare parait avoir été inconnue aux Pères de l'Eglise,

?ui d'ailleurs étaient persuadés que Jésushrist n'avait rien écrit 5 que cette lettre n'est mentionnée dans aucun ancien catalogue des lois canoniques 5 et qu'enfin elle ne paraît poiqt avoir fait partie au Nouveau Testament, où, sans aucun doute, une lettre écrite de la propre main du Sauveur aurait obtenu la première place. Ajoutons encore qu'au concile de Rome, tenu en Wi, sous le . pape Gélase, cette lettre fut rejetée comme j apocryphe. Cependant, pour faire preuve d impartialité envers les partisans de l'opinion contraire, nous leur devons au moins d'émettre quelques-unes des raisons sur lesquelles ils appuient leur croyance. D'abord , ils montrent qu*elle n est pas contraire h, l'Evangile, quoiqu'il n'y soit fait aucune mention de cette correspondance, puisque saint Jean aiBrme, à la Un de sou dernier chapitre, que le SOfUveur a accompli beaucoup d'autres merveilles qui ne sont point écrites aans ce livre, et qu'elles sont si nom* hreuses que^ s*il (allait ics rapporter tautes, le tnonde entier ne serait pas ci^sez vaste pour contenir les livras qui le^ rac<»n/çra»>nr Guil*

DMTlOllllàIRS M miMUMB.

laumeCaTe, li qui nous empruntons les renseignements nécessaires pour cette notice, dit « qu'on ne peut, sans témérité, rejeter un monument d une antiquité si Yénéranle ; car, suivant lui, la lettre tout entière, et dans son texte et dans son contexte, ne ré- ▼èle aucun vestige de fraude, ni rien qui soit indigne de la sagesse, de la bonté et de la grandeur de Jésus-Christ. » Dom Rivet affirme après lui quMl ne connaît ri^n qui oblige un chrétien à rejeter ces deux lettres. Pearson, après avoir rappelé qu*Eusèbe avait reçu les premières notions de la foi de saint Ephrem, D^en d*origine, très-versé dans la littérature de son pays, et de plus, diacre d*Edesse, ajoute : < Pour moi, je reconnais

Îu'Eusèbe a apporté tant d'attention, tant e zèle et un jugement de critic^ue si con« sommé dans Texanien qu*il a fo'it des premiers écrits de Tantiquité chrétienne, gui forment ce que nous appelons la tradition apostolique, nue je ne permets à personne,

Eas plus qu*a moi-même, de douter de sa onne foi, ni de la génuité des ouvrages qu'il donne comme authentiques. »

Enfin, nous terminerons cet article en rapportant les paroles de Gasaubon et de Richard de Montaigu, son successeur sur la chaire de Bareniiis : c Quant à la lettre que le roi Abgare d'Edesse écrivit au Seigneur, dit le premier, j*aime mieux écouter là-dessus le jugement des docteurs que d'avoir à Hie proqpncer moi-même, m — « |l n*est rien dans ces deux l^ltres, ajoute le second, qui nous force à lès réfTouver. Tout v est pieux, modeste et en har^nooie avec la charité cbrétlenne. Cependant, si estimables qu'elles m^ paraissent, je ne force personne à les eruire, je laisse chacun libre d'abonder dans son sens^ »

Nous imitoQS leur réserve, et nous ne prenons de p^rii exclusif pour aucune opinion. La lettre d' Abgare et la réponse du Sai|vear «e trouvent reproduites en syriaque, en grec et en latin, dans le Cours com^ plei de Patrolo^ie.

ABIBLS, évéque de Poliaue , dans le patriarcat d'Antioche , fut un des plus zélés partisans de Nestorius. Son opiniâtreté à refuser la communion de saint Cyrille et de Jean d'Antioche le ût déposer , et Ton mit un autre évoque à sa place. Comme Abibus était alors dans un âge très-avancé, cette ordination donna lieu de dire qu'il était mort, ou tombé en démence, ou tout au moins qu'il avait envoyé sa démission à Jean d'Antioche, son métropolitain. Mais Abibus démentit la fausseté de tous ces bruits par une petite lettre qu'il écrivit à Alexandre, à Théodore!, à Marc et aux autres évéques de la province. Celte lettre se retrouve dans VAppmdix des conciles^ page 83rr.

AuOUCARA. — On compte parmi les évoques du huitième concile général, Théodore, métropolitain de Carie, connu ordinairement sous le nom d'Aboucara, qui en arabe signifie Père de Carie. 11 avait été ordonné utt par saint Ignace, ou par saint Méthodius MO prédécesseur; mai^ depuis, il avait em-

brassé le parti de P|iotiaa el êQP9(iiiiiqué avec lui. 11 se orésenla avec pluaieura autf ea dans la seconae session du ciNQcUe, et aur I# repentir qu'il témoigna du sa fcute, de me ▼oix et par écrit, il fut reçu saiftnt TArdM du pape Adrien, et admis è aon rang éan« les autres sessions du concile.

Nous avons, sous s6B nom, plusieuiv pe^ tits traités dogmatiques, que Grataer fit imprimer en grec et en latin, à logolstadt eo 1606, et que H. l'abbé Higne vient de reproduire dans son C^urs e^mplei 4$ Painhiogie. Presque tous ces écrits sont en forme de dialogues, dans lesquels l'auteur fait parler un chrétien avec dea infidèles, des béré* tiques et des juifs qu^ instruit des vérités de la religion, en satisfaisant à toutes leur^ difficultés. — 11 traite dans le premier de ces opuscules , des cinq ennemis dont Jésus- Cnrist nous a délivrés par Teffusion de son san^; savoir, de la mort, du démon, de U malédiction de la loi, du péché, de l'enfer. Bans le second, il explique certain^ termes philosophiques, comme «u6|l«ii«f, hypQ§^ (ase^ dont )es acéphales et les sévériens a()U« saient pour établir leur hérésie, paroe quÛ|s n*en connaissaient pas la vraie signifi(;atiQn, Il prouve dans le troisième, par 4es ergu?* ments tirés de la raison, Texistenoe d u|| Dieu. Le quatrième contient une explicatioa de la doctrine de l*EçUse sur Tlncaruation, et l'apologie du concile de Chalcédo)ne, (.e oinquième établit la dilTérence qui existe entre l'humanité et le corps de jésus^hrist. L'humanité est un terme générique oui s'applique à Tuniversalité des humains, le corps est une partie de l'humanité qui n'f^partienl qu'à celui qui le possède. Il apporte dans le sixième, quelques eieipples tirés de la nature , qui peuvent nous aider à comprendre eomment le péché du premier homme est

Kssé à ses descendanta; et comment, par ncamation du Sauveur, rexpiatjon de ce péché peut se communiquer à tou| t§ i^enre Bumain. Le septième est intitulé : cûmt)at de Jésus-Christ avec le démon, et il j démoQtre qu'Adam fut vaincu en ^joutant fpi à cet ennemi plutôt qu'à Bieu. 11 emploie les buitièmea neuvième et dixième d prouver la divinité de Jésus-Christ contre les Arabes et les Juifs, mais il ne se sert de Tautorité des Ecritures que contre ces derniers, pour leur prouver çiue le Christ est le Messie promis aux patriarches. — Les cinq opuscules suivants sont contre Nestorius et ses disciples. 11 y <lémontre aue Jésus-Christ est Dieu et homme, qu'il réunit en lui la nature divine et la nature humaine pour en former une seule personne. Il développe le$ mêmes idées dans le seizième, et moitlre que )|arie est vraiment mère de Bieu, parce que c'est dans son sein virginal que s'est accomplie Tunion des deux nature^. Il prouve, dans le dix-septième, qu'encore que les saints de l'Ancien Testament n'aient p«$ reçu le baptême institué par Jésus-Christ, ils ont cependant été sanctifié» par la foi qu'ils avaient en ce Sauveur. La di^-hiiiti^OBO contient les preuves de la divinité de Jéfus-Cbrist, |a

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