ANN
Actes de Tordre de Saint-Benott et dans les Bollaodistes. Ce tut lui aussi, comme nous l'aroos vu, qui engagea Alcuin à retou-^ dier Tancienne Vie de saint Riquier.
Bfglenuuti de saint Angilbert.^U rédigea lui-même par écrit tout ee qu*il avait lait dans le monastère de Centule, depuis qu'il en était abbé, soit par rapport aux bAtilueots^ soit par rapport à Tordre qu'il avait établi dans la célébration des offices divins. Ce mémoire est conservé par dom Mabillon et Bollandus. On y voit qu'outre les trois églises dont nous venons de parler, il en bâtit une quatrième en Tbonneur des trois archanges saint Michel, saint Gabriel et saint HapbMl. Il les enrichit d'un çrand nombre de reliques, d'ornements précieux et de vases sacrés. 11 y avait dans ces quatre églises jusqu*à trente autels, deux oouronnes d'or, six lampes d'argent, deux calices d'or avec leurs patènes; un troisième oalice d'or plus grand que les deux autres, et une table in* trustée d'or et d'argent, sur laouelle repo* sait le corps de saint Riquier. Entre les livres à l'usage de l'église, il y en avait un qui contenait TEvanmle écrit en lettres d'or; sa couverture était {ormée de deux tables d'argent garnies d'or et de pierreries, d'un travail merveilleux. Il ordonna que, pour chaque jour, on chanterait, à divers autels et à divers cnœurs, trente messes auxquelles subsisteraient trente frères, sans compter les deux messes solennelles qui doivent se dire en communauté le matin et à midi ; et que dans ces messes on ferait tous les jours mémoire du pape Adrien, de Tempereur Charles, de son épouse et de ses eniants. Il posa encore nour règle que, les jours de Pâques et de Noël, tous les frères, assistant a la messe dans l'église du Sauveur, y recevraient la communion des mains du prêtre qui Taurait chantée, tandis que d'autres pré^ très, accompagnés de diacres et de sous-diacres, la distribueraient au peuple, Tun aux hommes et Tautre aux femmes, afin que tous, ayant communié ensemble , pussent recevoir la bénédiction à la (in de la messe. Aux jours des Grandes Litanies ou des Rogations, sept églises voisines venaient en procession à TegUse de 8aint-Riquier, où, ayant fait leurs prières, tous se mettaient sur deux rangs, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre, jusqu'à ce que les frères ou religieux de 1 anbaye sortissent de T6gli>e. Ils étaient précédés d'un ministre portant un vase rempli d'eau bénite, de trois autres portant des encensoirs, de sept croix, de la grande chAsse de saint Riquier, enrichie aor et de pierres précieuses, et de quelques autres ohAsses ornées d'or et d'argent, et dans lesquelles il y avait des reliques des saints. Suivaient les diacres, les sous-<iiaGres, les acolytes, les exorcistes, les lecteurs, les portiers et tous les moines du monastère, marchant sept à sept, de peur Qu'en ne marchait que deux ou trois de iront, la colonne ne fût trop longue. Veinaient ensuite les plus nobles des deux sexes, invités par le prévôt ou doyen du
monastère, puis les sept églises o^ paroisses, précédées chacune de leurs croix, et suivies de jeunes garçons et de jeunes filles chantant l'Oraison Dominicale, le Symbole et autres prières semblables. Le peuple terminait cette procession, où chacun marchait à pieds, à l'exception de ceux que l'Age et les infirmités obligeaient de suivre à cheval. Pendant tout le cours de ces Grandes Litanies, les psaumes, les antiennes, les hymnes étaient alternés par le chant de trois symboles, celui des apôtres, celui de Constantinof)le et celui de saint Athanase. A la suite de a litanie générale, les moines avec les enfants en chantaient trois autres, dont la première est appelée gallicane, la seconde italique, la troisième romaine. On chantait le Te DiUMf au retour, et enfin commençait la messe solennelle dans l'église de Saint-Sauveur. Voilà tout ce que Thistoire nous apprend des écrits et des statuts de saint Angilbert. Mais on a sans doute perdu b^ucoup de ses lettres. Il en avait reçu plusieurs d'AIcuin et du roi Charles, auxquelles il est à présumer qu'il fit des réponses. Théodulpne d'Orléans lui adressa un de ses poèmes. Alcuin parle souvent de lui dans ses lettres, dans ses poésies, et surtout dans sa préface de la Vie de saint Riquier.
ANGILSERT, moine et ensuite abbé de Corbie, n'a laissé d'autre monument de aon savoir que deux petites pièces de poésie, Tune en vers élég'aques et Tautre en hexamètres. Dans la première, placée en tête des quatre livres de la Doctrine chrétienne de saint Augustin, qu'il avait fait copier pour le roi Louis, frère de Carloman, il donne le précis de cet ouvrage, avec un éloffe du prince, qu'il loue s^urlout de sa piété, ae son fiumilité, de son application à méditer, jour et nuit, les vérités établies dans les livres saints. Dans la seconde, qui sert de poet-^ êcriptwn au même ouvrage , il exhorte le lecteur à rendre grâces à Dieu, créateur de toutes choses; à bénir le saint docteur qui a composé les quatre livres de la Doctrine chrétienne^ et à prier pour la conservation du rai et de sa famille. Ces deux poèmes ont été publiés par dom Mabillon,dans le tome II de ses Analectes^ réimprimés à Paris en 1723. Angilbert mourut le 5 février 800.
ANNEMOND, fils de Sigonius, gouverneur de Lyon, fut lui-même évoque de cette ville. 11 signa en cette qualité un diplôme par iorquel Clovia le Jeune eoofirmait, en m3, les libertés accordées au monastère de Saint- Denis. Faussement accusé d'avoir conspiré avec son frère la perte du rovaume, ils furent mis à mort par Tordre au roi Clotaire et de la reine Bathilde. L'Eglise de Lyon l'honore comme un martyr, et célèbre sa fête le i^ des Calandee d'ootobre. U ae nous reste de lui ^'uae Charte adressée au mfttaastère de Saint-Pierre de Lyon, par laquelle il lui aooorde de nouveaux dons et confirme les anciens. U rappelle pnneipalement le legs gésiéreui aecordé, trois sièelea aunarap vant , par un gentilhomme nommé Aluert»
qui y avait consacré à Dieu ses deux filles-
ANS
ANS
ANNIEN , moïne. -— Georges le Syncelle place sous le règne de Tempereur Arcade et oe Théophile, patriarche d'Alexandrie, un moine d*Egypte , nommé Annien , à qui il attribue sur l'histoire un ouvrage plus exact et plus précis que celui de Panadore, qui vivait dans le même pays et dans le môme temps. Cet ouvrage renfermait un Cycle pascal de 532 ans, éclairci par diverses re~ marques qui annonçaient beaucoup d'études t*t un grand fonds de jugement. Georges nvait promis de le donner, avec un semblable de sn façon ; mais ni l'un ni l'autre ne sont arrivés jusqu'à nous. Il loue Annien de ce qu'il avait mis la naissance de Jésus-Christ à l'an 5S00 du monde, en commençant l'année au 1" janvier, et sa résurrection le 25 mars de l'an 553^. Annien prétendait, au rapport de Georges, avoir trouvé plusieurs fautes dans la Chronologie d'Eusèbe de Césarée, et il convient qu'il a quelquefois raison. Pour le prouver, il rapporte un passage où Annien cite la Chronologie de Jules l'Africain, et fait voir qu'Eusèbe a fait une omission de 290 ans.
ANSBERT (saint), évéaue de Rouen, naquit à Chaussy, village au Vexin, d'une famille noble. Ses progrès dans les lettres furent rapides, et il parut, jeune encore, à la cour de Clotaire ill, où le chancelier Robert voulut lui faire épouser sa fille Angradisme; mais Atisbert, qui projetait dès lors de se consacrer à Dieu, préféra le célibat au mariage. Son mérite 1 a.yant fait élever à la dignité de chancelier, il n'en fut pas moins entraîné par son penchant pour la vie solitaire. II quitta brusquement la cour, et alla s'enfermer dans l'abbaye de Fontenelle. Il en devint abbé, à la mort de saint Vandregisile, connu plus communément sous le nom de saint Vandrille, et il marcha sur ses traces et sur celles de saint Lambert, ses deux prédécesseurs. Il instruisit ses moines autant par ses exemples que par ses discours, et il fit des règlements dont il était le premier et le plus scrupuleux observateur. Saint Ouen, qui l'avait ordonné prêtre, se trouvant h la cour du roi ïhéodoric III, pria ce prince de le lui donner pour successeur, alléguant qu'il était également désiré par le clergé et par le peuple. Aussi, à peine ce pieux prélat eut-il rendu son âme à Dieu,
Îue Théodoric lit aussitôt mander l'abbé nsbert, sous prétexte de prendre son avis sur une affaire importante. Le saint, soupçonnant le motif qui le faisait appeler à la cour, refusa de s'y rendre; mais, sur les ordres réitérés du roi, il obéit, et fut sacré i3n 683 archevêque par saint Lambert de Lyon. Il se voua dès lors tout entier à l'instruction des fidèles, au soulagement des auvres et au gouvernement de son Eglise, nt il ne négligea aucun des besoins. La t)inqQième année de son épiscopat, il tint un concile à Rouen avec Ratbert de Tours, Régale de Reims, treize autres évéaues, -quatre abbés, plusieurs prêtres et quelques diacres. Les actes de cette assemblée sont perdus. Quelque temps après, sur une
fausse accusation. Pépin d'Héristal, déjà mécontent de sa sévérité, l'arracha à son Eglise, et le fit reléguer dans le monastère d'Aumont en Hainaut, où il mourut en 696» dans les exercices de la bienfaisance et de la piété, au moment même où il venait d'être autorisé à retourner dans son diocèse. Son corps fut transporté à l'abbaye de Fontenelle, pour y être inhumé, selon sa volonté. C'est à Aumont, pendant son exil, qu'il composa divers traités de piété pour l'édification des moines qui dépendaient de ce monastère; mais ces traités ne sont pas venus jusqu'à nous. Pourtant, il semble
3u'on ne doit pas les distinguer d'un recneil e questions, qu'au rapport de la chronique de Fontenelle saint Ansbert avait adressées à un reclus nommé Siwin ; c'est l'opinion de
Çlusieurs critiques, et Aigrade, auteur de sa ie, appuie cette conjecture en disant que ces traités furent principalement composés pour des personnes qui demeuraient hors de l'enceinte du monastère d'Aumont. On a attribué à saint Ansbert le second et le troisième sermon sur l'Assomption de la sainte Vierge, imprimés sous le nom de saint Ilde* phonse, archevêque de Tolède. Mais on ii*y trouve rien qui puisse autoriser ce sentiment.
ANSCHAIRE (saint), ou plutôt Amsgaiiib, comme il paraît par une charte de Louis le Débonnaire, naouit en Picardie le 8 septembre 801, et fut élevé dans le monastère des Bénédictins de Corbie. Il y fil de tels pro-
§rès dans les sciences, qu'en 8S1 il passa ans le nouveau monastère du même nom, que Louis le Débonnaire venait d'ériger, en Saxe, sur les bords du Weser. L'empereur, de concert avec Adhalard,abbé de l'ancienne Corbie, l'avait nommé recteur de la nouvelle école, avec pouvoir de gouverner le monastère. Quelques années plus tard, vers l'an 826, Harald, roi de Danemark, étant sur le point de quitter Mayence, où il avait été baptisé, pour retourner dans ses Etats, demanda des missionnaires qui pussent y introduire le christianisme. Grégoire IV cfésigna Anschaire, qui, accompagné du moine Antberr, son ami, entreprit celte pénible tâche. Il obtint d'abord de grands succès et fonda une école chrétienne à Hadeby, aujourd'hui Schelwig; mais le zèle ardent d'Haralrf ayant soulevé ses sujets, il fut obligé de s enfuir, et Anscbaire avec lui. Peu de temps après, le roi de Suède Biœrn ayant envoyé des ambassadeurs à Louis le Pieux, empereur d'Allemagne, Anschaire les suivit & leur retour. Le roi lui accorda la permission d'enseigner publiquement le christianisme dans ses Etats, non sans avoir préalablement consulté les idoles, et obtenu d'elles une réponse favorable aux projets du missionnaire chrétien. Anschaire convertit un grand nombre des principaux de la cour, et revint se retirer dans un couvent d'Aix la-<îhapelle, en 831. Louis le Pieux ayant érigé Hambourg en métropole , Anscbaire en fut nommé premier archevêque, et reçut la consécration épiscopale des mains
ANS
ANS
it€ DrDgon, évéque de Metz. Peu après, le pape Pascal, en lui envoyant le palliumj lui conféra le titre de légat dans le Nord. Mais, en 8W^, Anschaire vit Téglise et le couvent de sa ville archiépiscopale pillés et livrés aux flammes par des brigands ; il n'eut Sue le temps de s'enfuir presque nu à Brème, se retira alors dans l'asile que lui offrait une femme chrétienne , nommée Jékia et nouvellement convertie. C'était un bois appelé Kamslou, situé à trois milles de Ham- Dourg, au milieu duguel le saint archevêque se bAtit une habitation qui devint plus tard un monastère et un des plus beaux chapi* très de l'Allemagne, au duché de Lunebourg. Sur ces entrefaites, l'évéque de Brème, Leutericb , étant venu à mourir, Tempereur Louis II nomma Anschaire à sa place; et dès lors cet évèché fut irrévocablement réuni à l'archevêché de Hambourg. Le zèle d'Anschaire ne lui permit pas de jouir de sa nouvelle dignité. Il retourna en Danemark, acquit la faveur du roi Eric, et donna, dans ce royaume, une base plus solide à la religion chrétienne. U réussit également en Suède, auprès du roi Olof ou Olaiîs, dans le Holstein et dans toutes lescontrées voisines, où régnait encore l'idolÂtrie. Son ardeur pour la conversion des peuples septentrionaux connaissait si peu de bornes, qu'on croU qu'il pénétra jusqu'en Islande, et même, selon quelques auteurs, jusqu'au Groenland. Aussi, l'a-t-on surnommé, à juste titre, l'apôtre du Nord, Aquiltmarium apostolus. De retour à Brème, il j mourut le 3 février 864, douze ans après la réunion des deux sièges, et dans la trente-quatrième année de son épisco(>at. Il londa des hêpitaux, des monastères; il visitait lui-même les pauvres et les malades, rachetait les prisonniers, et remplissait avec la plus scrupuleuse exactitude tous les devoirs du culte. A sa mort, le pape Nicolas I*' lemit au nombre des saints. Sa Vie, que dom Mabillon a publiée avec de savantes remarques, a été écrite par saint Rambert, son successeur sur le siège de Hambourg. Rambert adressa la Vie de son maître aux moines de l'ancienne Corbie, et non pas de la nouvelle, comme quelques critiques l'ont affirmé. Cela parait clairement par le neuvième chapitre, où,s'adressant aux religieux de ce premier monastère, il leur dit : a C'est chez vous qu'il a reçu la tonsure, qu'il a été instruit dans la discipline ecclésiastique, qu'il a été offert à Dieu et qu'il a promis I obéissance; c'est de chez vous qu'il a été tiré, avec d'autres frères, pour être conduit dans cette partie de la Saxe où fut fondé un second monastère de votre nom. » Deux siècles plus tard, Gualdon, moine de l'ancienne Corbie, surnommée la Française, écrivit, en vers héroïques, une seconde Vie de saint Anschaire. Ellene diffère de celle de Rambert que par la poésie, ce qui a dispensé dom Mabillon de la reproduire toute entière. Elle est dédiée à Autbert, qui fut le compagnon de son apostolat chez lespeupies du Nord.
Ecrite de taint Anschaire, — Saint Aucliaire avait écrit plusieurs ouvrages ; mais il ne
nous reste de lui que quelques lettres; Je livre de la vie et des miracles de saint Willehad, premier éyêque de Brème, et un choix de sentences tirées de l'Ecriture, et qu'il récitait, en forme de prières, à la fin des psaumes.
Lettres. — Anschaire écrivit aux évêques d'Allemagne, pour recommander à^leurs prières la mission qu'il avait entreprise dans les paysseptentrionaux.il marque que', dans 1b temps qu'il écrivait, on avait déjà bâti, en Suède et en Danemark, des églises oùles prêtres catholiques exerçaient librement leurs fonctions. Ilfait honneur des progrès de l'Evangile aux attentions de l'empereur Louis» Eour le succès de sa mission, et au zèle d'Ebon de Reims. Dans la crainte que la connaissance de ces choses ne soit perdue pour la postérité, il prie ces évoques de conserver dans leurs bibliothèques, non-seulement la lettre qu'il leur écrivait, mais aussi les privilèges accordés par le saint-siégeà cette mission ; le diplôme de Louis le Pieux sur son ordination; et le décret par lequel le pape Grégoire IV le nommait son légat, lui accordait l'usage dnpallium pendant la célébration des saints mystères, comme aussi de coiffer sa tête de la mitre et de porter la croix devant lui ; ce qui montre que les évoques ne prenaient pas indistinctement toutes ces mangues d'honneur, sans un privilège particulier du saint siège.
L'auteur de sa Vie parle de quelques autres lettres de saint Anschaire aux éveques, aux princes chrétiens, et particulièrement aux rois de Danemark; nous ne les avons plus. Nous possédons seulement quelques iragments, qui nous autorisent à croire qu il avait écrit à Gonlhier, archevêque de Cologne, pour lui demander son consentement a la réunion des Eglises de Brème et de Hambourg, et au pape Nicolas I", à qui Gonthier avait renvoyé la décision de cette affaire. Le pape, jugeant que cette réunion pouvait aider à la conversion des païens, la confirma par ses lettres datées de 858. C'e à partir de ce moment que le saint apôtre du Nord sijoute le titre d'évêque de Brème à celui d'archevêque de Hambourg.
Vie de saint WiUehad, — Saint Anschaire ne signe de son nom que le second livre de la Vie de saint Willehad, premier évêque de Brème, quoiqu'il n'y ait aucun lieu de douter qu'il ne soit également l'auteur du premier. C'est le même génie qui a inspire les deux livres, et le même style se révèle et se trahit partout. Peut-être le saint auteur n'at-il agi ainsi que parce qu'avant à rapporter un grand nombre de miracles, il lui a paru nécessaire d*en corroborer le récit de l'autorité de son nom, pour les rendre plus croyables. En effet, ils s'étaient tous accomplis dans son diocèse, et la plupart sous ses yeux. Il avertit que ces miracles ne commencèrent qu'après la Pentecôte de l'an 860, c'est-à-dire environ soixante-dix ans après la mort de . son glorieux prédécesseur, arrivée en 791. 11 dùsigac les lieux où les faits se sontpassés» les noms des malades, et la nature des m9r
Sli
ANS
liCtKmNAmE K PATHOLOGIE
AlfS'
ladies dont ils ont été*guffns. Le P. Mabillon a inséré la Vie de sMnt Willehad dand le IV volume des Actes de Tordre de Saint- Benott. C'est tin ouyfage écrit avec beaucoup de sagesse et d*élégance. II est précédé de deyx prologues que Ton regardera comme des chefs-d'œuvre, si l'on considère surtout le temps où vivait l'auteur.
Sentmces de rEcriture. ^ Il ' est dit dans la Vie de saint Anschaire qu'il avait recueilli en notes et reproduit par abréviations un grand nombre de sentences de l'Ecriture et des Pères sur toute sorte de sujets pieux, mais principalement sur ceux qui étaient les plus propres à exciter la componction et Feffusion des larmes. C*est de celles-ci qu'il forma de courtes prières, à réciter à la fin de chaque psaume, afin de leur donner comme un nouvel agrément:
aussi avait-il coutume de les appeler fard , et ces prières n'étaient que pour lui. il les récitait seul, en secret, après avoir chanté le psaume avec ses frères. L'un d'eux le pressa avec tant d'instances de lui en faire part ^ qu'il lui permit de les transcrire; ce qu'il fit si secrètement que, du vivant de saint Anschaire, personne n'en eut connaissance; mais après sa mort ce religieux les communiqua a tous ceux oui témoignèrent le désir de les voir. Albert Krantz en parle comme si elles eussent existé de son temps. Suivant lui, ce compendium du psautier, qui résumait en quelques sentences choisies toute la substance religieuse de chaque psaume, n'était qu'un bien petit livre , sans doute, mais un grand monument de la piété de saint Anschaire :P«a/^ertum... devoixonisAnscharii bref>€^ $ed clarissimum monumentum. Il fait aussi mention d'un Missel desaint Anschaire. Pendant sa dernière maladie, ce saint archevêque ordonna de faire un recueil de tous les privilèges accordés par le saint-siége à sa tuission du Nord. U ne nous reste que le décret de Grégoire IV dont nous avons parlé, et celui de Nicolas r% au sujet de l'union des Eglises de Brème et de Hambourg.
ANSGHER, d'abord moine et ensuite abbé de Saint-^iquier, après la mort de Gervin, en 1MB, inaugura son gouvernement en faisant recueillir et mettre en ordre toutes les chartes de son monastère» Dans les premières années de sa nrofession, il avait écrit la Vie de s»int Angîlbert; il y ajouta, après sa promotion à la dignité abbatiale, un livre de ses miracles qu'il présenta avec la Vie iDème ^ Raoul, archevêque de Reims, pour rengager à faire exhumer le corps du saint. C'était en 1110; il présenta les mêmes titres au pape Pascal II, en lui demandant la même grftce. Elle lui fut accordée; le pape mit Angîlbert au nombre des saints, et nxa sa i%te en 18 de février. Alors Anscher fit transporter son corps du vestibule dans Tintérieur même de la basilique du Sauveur. Pour donner plus d'authenticité aux miracles-gui se faisaient à son tombeau, Anscher avait prié Geoffroi,évêque d'Amiens, et un prêtre d'une Minte vie, de se transporter sur les lieux,
afin de les constater comme témoins Molaires ; ce qu'ils firent l'un et l'autre, et Anscher n'a garde d'omettre celte particularité dans son recueil. Hariulpffae, qui avait écrit la Vie du même saint, composa, du vivant même d'Anscher, une élégie dans foquelie il relève la noblesse de sa naissance, la pureté de %es mœurs, sa piété, la solidité de son esprit, son application è réparer les torts faits à son monastère et à faire respecter les corps (les saints. On voit, dans les Annales Bénédictines, où cette élégie se trouve conservée, qu'Anscher signa comme témoin, avec la qualité d'abbé de Saint-Rimtier, la charte de donation d'un personnat dans 1 église de Sainte-Marie, faite à Tabbaye de Marmoutiers, en 1100, par Gervin, évêque d'Amiens. Oa ne sait pas au juste l'époque de la mort d'Anscher. Dom Mabillon a reproduit la vie de saint • Angiibert dans ki tome V des Actes de l'ordre d« Saint-Benoît, avec des observations et des notes de sa laçon.
ANSÊGISE (saint), issu du sang roi al , était fils d'Anastase et d'Himilrade, qui le mirent dans le monastère de Footenetle, pour V être élevé sous les yeux de Tabbé Oervold, son parent. Il y embrassa depuis la profession moiiastique , et fit de graKids
Erogrès dans les lettres divines et immaîBes. e roi Cliarles, à qui Gervold le fit comiat^ tre, lui confia Tadmiaistratioa de plusieurs affaires importantes, dont il s'acquitta avec succès. 11 eut aussi la ooufiauce ue Louis le Débonnaire, et reçut de ces deux princes plusieurs abbayes; les unes pour en pren*dre l'administratioDt les autres à titre de bénéfice; mais il ne manqua jamais d'en employer les revenus à l'avantage même de ces monastères, en sorte qu'il pouvait en être régardé comme le second fondateur. 11 s'appliqua partout à faire revivre la discipline monastique, et, afin de venir en aide k l'ius troction des moines, il pourvut les bibliothèques des couvents d'une grande qfnanttté de bons livres. C'est à lui qiron est redevable du premier recneil des Capitulakas de nos rois. Ce fut par reconnaissance» autant que par le respect qu'il portait anx deux
{irtnces ses bienfeiteurs^ qu'il rassembla eurs Carritulaires, éparsde côté et d'autre» sur des feuilles volantes. 11 envisagea aussi dans son travail l'utilité que l'EgUac et l'Etat pouvaient en tirer. Il divisa son recueil en quatre livres^ mit dans le preoiier les Gapitulaires de Charlemagne sur les affaires ecclésiastiques; dans le second, ceux de Louis le DéDonnatre sur les mômes SBatières ; dans le troisième, les Capitulaîres de Charles sur les matières civiles ; et, dans le quatrième, ceux de Louis sur les mômes sx^ets. il ajouta èi ce dernier livre trois appendices, oè il fit entrer les Capitulaires imparfaits de ces deux princes et ceux qu'ils avaient répétés. Trithème attribue quelques autres ou* vrages à Anségise, mais on ne les connaît que par la nomenclature qu'il en donne. Ou trouve dans le Spiciiége de dom MaMUori une partie de son testamenl et une eoBsii-