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mcnONNAIRE DE PATROLOGlE.
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tuiiou qu*il avait faite pour pourvoir aux besoiuâ des moines de Fontenelle. Ces deux pièces oDt été réimprimées dans les Bollandisles, dans les Actes de Tordre de Saint- Benoit, et dans le Cours compUt de Pairôh' gie publié ^r M. Fabbé Migne, Mont rouge» 1850. L*Eglise a mis Anségise au nombre des saints, et les Bollandistes assignent sa fdte aa 90 juillet.
ANSEL, chanoine de Notre-Dame de Paris, fit ses premières études dans Técole de cette église, qui avait ses clercs et ses écolâtres particuliers, et se rendit ensuite à Jé^ rusalem, où il remplit la dignité de chanire de l'église du Saint-Sépulcre. Il nous reste de lui une lettre écrite des lieux saints. 11 v avait vingt-quatre ans qu'il avait quitté Técole ^pisconale lorsau il l'écrivit. Elle est adressée k tévèque ualon et aux premiers chanoines de la cathédrale; ce qui montre oue sa date doit être des premières années au XII* siècle. Cette lettre se trouve reproduite dans le Cours 'complet de Patrologxe de M. l'abbé Migne, Paris, 1851.
ANSELME (saint), de Cantorbéry. — Anselme était originaire d'Aost, dans cette partie de la Gaule Cisalpine qui forme aujour**d*hui le Piémont. On met sa naissance vers Fan iQ3k. Son heureux naturel et les pieuses leçons de sa mère Ermemberge lui inspirèrent de bonne heure le goût de la vertu. Il pria l'abbé d'un monastère voisin de lui donner l'habit religieux; mais la crainte du père Vempôcba d'exaucer les vomx du jeune postulant. Anselme se démentit ensuite de cette ferveur, et se livra, après la mort de sa mère» à toutes les vanités du monde. La Providence permit qu'un différend qu*il eut avec son père l'obligeât de quitter sa patrie. Il se retira à Avrancbes, d où la réputation de Lanfranc Taitira bientôt à l'abbaye du Heo. En y (urenant de cet habile mattre les leçons des sciences humaines, il y prit aussi celles de la verttty et se sentit inspiré de se donner entièrement à Dieu ; mais h était indécis de savoir s'il resterait dans le monde pour y servir le Seigneur, ou s'il se ferait moine ou ermite. L archevêque de Rouen» qu'il ooDsuliaf le fit décider pour la vie monasti-»
Îue» et son inclination le porta aussitôt vers \ Bec ou Cluny. Cependant un reste de va* mté Tarrètait encore ; il craignait de ne pas se distinguer dans des communautés ou il y avait tant de sujets éminents. « Je ne pourrai» disait*il, l'emporter au Bec sur r('Tudi-> tion de LanfraQc, ni à Clunv sur la sainteté de tant de reli^eux qui observent une si rigoureuse discipline. » Mais, revenant tout k coup à lui-même : « Quelle étrange illusion me séduit! s'écrie-t-il. Tu te fais donc moine pour l'emporter sur les autres? Ne devrais-tu pas plutôt te proposer de te faire oublier 7 » Il opta pour le Bec, où il prit l'ha^ bit de Saint-Benoit, et en quelques années devint successivement prieur et abbé, il eut Occasion d'aller plusieurs fois en Angleterre, où il acquit une telle réputation, que Guii*- Uume Id A0UX9 étant tombé malade^ voulut
être assisté par lui, et le nomma ensuite archevêque de Cantorbéry, quatre ans après )n mort de Lanfranc, qui n'avait pas encore été remplacé. Anselme n'accepta cet honneur qu'après la plus héroïque résistance, et à la condition qu'on restituerait à cet archevêché toutes les terres dont il avait été dépouillé par Guillaume lui-même. Il n'était guère permis de compter sur une union durable entre un prélat étranger et un prince qui annonçait devoir marcher sur les traces de son père. Aussi avait-il prédit lui-même cette division aux évêques et aux seigneurs qui le pressaient de souscrire à son élection. « Savez-vous, leur dit-il, ce que vous venez de faire? Vous attachez à la même charrue un taureau indompté et une vieille brebis. 11 en arrivera que le taureau déchirera la brebis, qui pouvait être utile en donnant de la laine, du Init et des agneaux. » Quoiqu'il en soit, la brebis tint tête au taureau; Anselme lutta avec courage, et de )è il s'ensuivit entre lui et le roi un état de dissension continuelle. Cependant Guillaume ayant besoin d'argent pour la guerre qu'il avait entreprise contre son frère Ricnard, duc de Normandie, l'archevêque lui ofl'rit MO livres sterlings, somme considérable pour le temps ; mais que Guillaume trouva trop modique et refusa avec humeur, ils eurent un siget de mécontentement plus sérieux encore, à l'é*
{»oque où l'antipape Guibert, reconnu sous e nom de Clément 111 par le roi et par le lus grand nombre des prélats du royaume, isputait la tiare à Urbain II. Anselme désirait rétablir l'autorité de ce dernier en Angleterre, et était bien résolu de se passer du consentement de Guillaume, qui d'un autre côté ne supportait pas l'idée que ses suiets promissent obéissance à un pape que luimême n'avait pas reconnu. Il convoqua un synode pour déposer le prélat qui osait lui résister. L'affaire s'accommoda , moyennant quelques concessions mutuelles ; mais Anselme ayant vainement demandé la restitution de tous les revenus de son siège, se déeida, ouolqu'ayant reçu une défense expresse de s'éloigner, à aller appuyer lui-même l'^pnel qu'il avait fait à la cour de Rome, 0^ tl fut accueilli comme un zélé serviteur du saint-siége. Il suivit Urbain au concile de Ban, en 1098, y défendit la procession du Baint-Esprit contre les Grecs, et soutint avec rigueur Te droit du clergé dénommer exclusivement aux dignités ecclésiastique^, sans prêter foi et hommage à aucun laïcpie ; mdis la cour de Rome avait intérêt b faire sa paix avec Guillaume; elle ne tarda pas à abandonner Anselme, qui, rebuté et affligé, partit pour Lyon, et y resta jusqu'à la mort du roi, en 1100. Henri **, son successeur, parvenu au trêne par une usurpation, ne négU-i geait rien pour s'y maintenir. Sachant \k quel point l'arcnevêque de Cantorbéry s'était concilié l'affection du peuple, il lui envoya plusieurs messages pour le rappeler. Anselme céda è ses instances, et fut reçu avec les plus grauds honneurs, ce qui n'empêcha i)as qu'une contestation très -vite ne s'élevM
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presque aussitôt entre le roi et le prélat. Celui-ci» qui avait déjà rendu hommage à Guillaume le.Roux, refusait de le renouveler entre les mains du nouveau souverain. Malgré ce refus, quand le duc de Normandie menaça d'envahir l'Angleterre, Anselme fournit au roi des secours d'hommes considérables, employa tout son crédit auprès des barons, et dla même jusqu'à parcourir à cheval les rangs de l'armée, pour exciter l'ardeur des soldats. Peu de temps après, il ftit encore obligé de faire un voyage à Rome, avec le consentement de Henri !•% et, après des lenteurs et des âilBcultés de toute espèce, il se retira une seconde fois à Lyon, puis à son abbaye du Bec, où il entretint une correspondance avec la cour de Rome, et finit par obtenir une convention en vertu de laquelle la cour de Rome conservait le droit spirituel de donner les investitures, et devait seiûe envoyer aux évêques la croix et l'anneau pastoral, tandis que le roi d'An-
J;leterre recevrait d'eux le serment de fidé^ ité pour leurs propriétés et priviléses temporels. Ce fut alors que Henri, voulant terminer tous les sujets de discussion, prit le parti de se rendre en personne à l'abbaye du Bec, où Anselme était malade, et le ramena dans ses Etats, où le prélat fut accueilli par les démonstrations de joie les plus vives. La vénération qu'Anselme sut inspirer au peuple doit être surtout attribuée à la sévérité de ses mœurs et à l'énergie avec laquelle il lutta contre les abus du pouvoir. Il insista fortement sur la nécessité du célibat ecclésiastique, et fut le premier qui le prescrivit en Angleterre, où le synode national tenu à Westminster, en 1102, en fit une loi religieuse. Cependant ce pieux arcbevô-
3ue ne fit guère que languir après le retour e son second. exil. Le roi Henri lui avait si complètement rendu sa confiance, que
auand il sortait d'Angleterre pour visiter son ùché de Normandie, il lui laissait pendant son absence la régence de son royaume. Mais les travaux d'Anselme l'avaient tellemeni affaibli, qu'on n'espérait plus pouvoir le conserver lon^emps. Il était tombé dans un dégoût si universel de toute nourriture, qull ne mangeait plus que par raison et pour ne pas mourir. Il ne redoutait pas sa fin, mais il aurait désiré pouvoir la reculer. Il se trouva mal le dimanche des Rameaux de Tan 1109, et sur la réflexion d'un de ses religieux crue Dieu l'appellerait à lui pour la fête de PAques, il répondit : « Si c'est sa sainte volonté, Tobéirai volontiers, mais je souhaiterais qu il me laiss&t encore sur la terre le temps d'achever un traité que je médite sur l'origine de T&me, car je doute
Ïu'après ma mort quelqu'un puisse le finir. » 6 mardi saint au soir, on le pria de donner sa bénédiction à son clergé, au roi et à la reine« aux princes leurs enfants et à tout le
Seuple d'Angleterre. Il le fit aussitôt ; mais était si faible qu'on ne pouvait plus Ten* tendre. La nuit du mercredi saint, comme Ou lui lisait la Passion du jour, il entra en agonie, un le mit aussitôt sur le cilice et la
cendre, et il expira, vers la pointe du ^our, le 21 avril 1109, dans la seizième année do son épiscopat, et la soixante-seizième de sa vie. Kous ne rapporterons pas les miracles extraordinaires ^ui lui sont attribués, et dont Jean de Salisbury, un de ses contemporains, a laissé le récit. Anselme possédait un grand fond d'instruction pour l'époque . où il vivait. Ses ouvrages nombreux ont eu
Elusieurs éditions, depuis celle de Nuremerg, in-fol., 1491, jusqu'à celle de Paris, par (lom Gabriel Gerberon, réimprimée en 1721, et une autre donnée à Venise, 2 vol. in-fÔl., 17U.
De la procession an Saint-Esprit. — Le concile indiqué à Bari par le pape Urbain II s'y tint au mois d'octobre de Tan 1098. Il voulut qu'Anselme y assistftt, afin d'y faire triompher la vérité par son érudition. Les Grecs firent un long discours pour appuyer leurs erreurs sur la procession du Saint- Esprit. Le pontife, l'ayant entendu, s'écria: «Père et mattre Anselme, où ètes-vous 7 > Anselme se leva, et s'offrit de réfuter sur-lechamp les faux raisonnements des Grecs.
Mais comme la séance avait été assez longue, on remit l'affaire au lendemain. Anselme, qui joignait à une grande érudition en théologie la justesse et la précision d'une saine dialectique, parla contre les Grecs avec autant de force que de modestie. Eadmer, un des historiens de sa vie, qui assistait son archevêque dans cette dispute, dit que depuis il traita la même matière par écrit, mais avec plus de soin encore et plus d'exactitude. Il envoya des copies de ce traité à ceux de ses amis qui lui en avaient demandé, mais particulièrement k Hildebert, évêque du Mans, qui l'avait pressé de composer cet ouvrage, dont on met l'époque à 1 an 1100. Il porte le titre de Livre dans les éditions les plus modernes, et il est divisé en vingtneui chapitres, sans compter le prologue el Fépilogue.
On trouve d'abord dans ce traité les articles de foi communs aux Grecs et aux Latins en ce qui regarde le mystère de la sainte Trinité. Ils croient les uns et les autres qu'il n'y a qu'un Dieu en trois personnes ; cme clîaque personne est esprit, avec cette différence que le Père et le I^ils ne sont l'esprit d'aucun, au lieu que le Saint-Esprit est Tes-; prit du Père et du Fils. Les Latins ajoutent qu'il procède de l'un et de Tautre ; les Grecs soutiennent qu'il ne procède que du Père. Saint Anselme démontre d'abord que le Fils et le Saint-Esprit tirent leur origine du Père, l'un par la génération, l'autre par la procession; ensuite, que le Fils ne reçoit rien du Saint-Esprit; et enfin que le Saint-Esprit
f procède du Père et du Fils, parce qu'il est 'esprit de l'un et de l'autre, et qu'il est également envoyé par tous les deux, comme t\£vangile le marque en termes clairs et précis. En effet, on y lit que quand VEsprit de vérité sera venu^ il ne parlera pas de /utmiÊme^ mais il dira tout ce qu'il aura entenduj et il annoncera les choses à venir. C'est lui, ajoute Jésus-Christ, ^t me glorifiera^ pare$