S77 ANS DICTIONNAIRE
quHl prendra de ce qui e$i à mot et vous Vannoneera. Saint Anselme insiste surtoot sur ces paroles du Fils : It prendra de ce qui est à moi. L'Ecriture, en effet, ne pouvait marquer plus clairement que le Saint-Esprit tient soH essence du Fils et qu'il en procède. Il rapporte d'autres. passages qui tendent è la même fin. Les Grecs disaient quelquefois
Îue le Saint-Esprit procède du Père par le ils; il leur prouve que cette façon de parler îniDtelligible n'est nullement fondée sur TEcriture. Les Grecs se plaignaient qu'on eût ajouté au Symbole l'expression Filtoque sans leur consentement. Saint Anselme répond que l'éloignement des lieux ne l'a pas permis, et que d'ailleurs ce consentement n'était point nécessaire, parce qu'il n'y avait aucun doute sur f article ajouté au Symbole. Il prouve que celte j)rocession n'emporte aucune priorité d'ongine ; en sorte que le Saint-Esprit n'en est pas moins égal au Père et au Fils, tout étant commun aux trois personnes, excepté ce qui est propre et relatif à chacune, comme la paternité, la filiation, la procession.
De ia chufe du dtafr/e. — Il est parlé de ce livre dans plusieurs écrits de saint Anselme. 11 récrivit, suivant l'auteur de sa Vie, comme il était encore prieur du Bec, c'est-à-dire de l'an 1063 jusqu'à iOT7, où il fut élu abbé. Quoique Dieu n'ait pas donné aux mauvais anges le don de la persévérance, qu'ils ne pouvaient tenir que ae lui, il prouve cependant qu*ils n'ont pas laissé de pécher en ne persévérant pas, parce qu'en effet ils ne l'ont pas voulu. Les bons anses avaient le même pouvoir d'abandonner le bien, dans lequel ils avaient été créés; ils s'y sont maintenus, et Dieu les a confirmés dans sa grÂce ; les mauvais anges, au contraire, par leur péché, se sont mis hors d'état de recouvrer jamais le bien qu'ils ont perdu. Saint Anselme traite, à cette occasion, de la nature du mal et de son origine. Il soutient que le mal n'est que Id négation du bien et ae la justice. Néanmoins on peut dire aue Dieu est auteur du mal, en ce qu'il ne 1 empêche pas ; comme on dit qu'il induit en tentation lorsqu'il n'en délivre pas. On peut donc dire, en un autre sens, qu'il fait ta mauvaise volonté de la créature; non en tant que mauvaise, mais en tant qu'elle est volonté et cause des mauvaises actions. Il ne croit pas que les anges, bons ou mauvais, aient pu prévoir leur persévérance ou leur chute, ni la peine dont elle a été punie.
Pourquoi Dieu s* est fait homme ? — Le dialogue qui porte ce titre est dû aux instances du moine Boson, un des interlocuteurs. Saint Anselme le commença en Angleterre et ne put l'achever qu'en Italie, où les mauvais traitementsdeGuiUaumeleRoux le forcèrent de se retirer. Il faut l'entendre lui-même expliquer l'occasion de cet ou- Trage dans le premier chapitre. « Plusieurs \
Eersonnes, dit-il, m^ont prié souvent et avec eaucoup d'instances de mettre par écrit les raisons que je rendais de ma foi sur un certain point du do^râe; non pour arriver à la