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raient ; les liens étroits de pharité qui unissaient cette première ftmille chrétienne , dont tous les membres ne semblaient avoir qu'une iroe et qu'un cœur , toujours unis , ti>ujours disposés à rendre grftces à Dieu. H peint tour h tour l'étonnement des juifs . qui retrouvaient au milieu du temple les anôtres qu'ils avaient emprisonnés la veille; rordinatton des sept diacres qu'ils avaient choisis f)our les aider dans les travaux de leur ministère; le supplice de saint Etienne» le premier des martyrs ; la confusion de Simon quand il vint ourir à saint Pierre de l'argent pour payer les dons du Saint-Esprit; Teunuque ae la reine Candace baptisé par saint Philippe; Corneille visité par un ange, et Saul frappé de cécité , sur le chemin de Damas, au moment où il s*y rendait pour activer la persécution contre les chrétiens."
Deuxième livre. — Ici s'arrête le premier livre ; le second tout entier est consacré à célébrer Tapostolat de saint Paul. II décrit ses peijies , ses travaux, ses souffrances, ses courses réitérées à travers le vieux monde romain , composé de tant de peuples vaincus , (]tt*il évangélisait en passant , et qu'il co'iîiait à ses disciples, après les avoir amenés à la foi de TEvangile ; ce qui lui a fait mériter le titre glorieux d'Apôtre des nations, n rappelle sa foi^ &os miracles, ses succès à Jérusalem, à Antioche, à Listres, à Philippes, à Corinthe, à Ephèse, Il Milet, à Rome, et dans tant d'autres lieux encore ; en un mot , partout où se sont portés les pas de ce messager de la bonne nouvelle du salut. Ils s*arrôtèrent enGn sur le chemin d'Ostie, à quelques milles de Rome, où, en sa qualité de citoyen romain , le grand Apôtre obtint Tinsigne honneur d'avoir la tête tranchée. Mais la religion était établie, Rome était devenue la capitale de la foi, et, depuis un an d^à, saint Lin gouvernait l'Eglise de Dieu du haut de cette cnaire apostolique que saint Pierre avait fondée à côté du trône des Césars.
EoUre à Parthéntus. ^ Dans un séjour qu'il fit k Ravenne, Arator retrouva un autre Eonode dans Parthénius , qui s'appliqua à perfectionner son goût pour la poésie. U avait là en même temps un maître et un modèle. Aussi se souvint-il si bien de ses leçons , qu'en lui envoyant le poëme des Acte$ des apôtres , qu'il venait de terminer , il lui eu témoigna toute sa reconnaissance. L'épitre qa*ii lui adressa à cette occasion est un élo2e continuel ; il le loue de sa naissance, de la noblesse de son origine , de la puissance de ^^s aïeux , en un mot , de tous les luéritûs acquis par ses ancêtres, et dont il se montre le si légitime héritier. Mais il le félicite aurtout des qualités de son esfirlt et de sou immense talent pour la poésie. Pour lui point de thème impossible, point de sujet trop élevé, point de héros trop glorieux; il sait prendre toutes les formes, soutenir tous les tons, se placer ^ toutes les hauteurs. Rien ne lui manqua de ce qui fait les ^auds hommes. « Aussi , pendant notre séjour il Ravenœi lui dit Aratori c'était uu
bonheur pour moi de vous entendre proclamer les grands noms dont vous avez consigna la gloire dans vos livres. C'est vous qui m'avez appris à lire ces éphéraérides que César a écrites pour son histoire. Quelquefois un doux charme vous ramenait à célébrer la gloire de ces poètes dont l'art mensonger a revêtu la fable de toutes les couleurs de la poésie ; mais bientôt vous reveniez à vos sigets bien-aimés, et comme Ambroise, dont un essaim d'abeilles avait prédit toute fa douceur, vous (dianti^z des hymnes
Sue Licentius n'eût pas écrites avec plus 'art , ni Sidonius modulées avec plus d'amour.... Hélas ! et moi aussi, dans mes jeunes années, je m'étais laissé aller au charme trompeur de célébrer dans mes vers des su* jets profanes ; mais vos exemples et vos conseils m'ont inspiré la pieuse résolution de ne plus consacr(T ma voix qu'à chanter les louanges de Dieu. » II lui explique ensuite comment , après sa consécration religieuse , la pensée lui est venue d'exercer sa poésie sur les livres sacrés. Il hésitait entre l'Ancien et le Nouveau Testament , entre la Genèse qui décrit le commencement du monde, et les Actes des apôtres qui rapportent les commencements oe l'Evangile. Les travaux apostpliques ont ému son Ame, et il s'est.décidé à chanter la création du monde chré-» tien. Il a présenté son poëme au pape Vi« gile , qui l'a accueilli avec bienveillance ; peut-être ne serait-il pas trop indigne de l'approbation de Parthénius.
Ainsi que nous l'avons remarqué , c'est è uelques lettres et à son poëme des Actee es apôtres que se réduisent les œuvres connues du poète Aratôr. Si l'on ne peut dire 2ue ses vers sont beawx, on ne peut pas afrmer non plus qu'ils soient plats , comme l'ont fait certains critiques, probablement plus exigeants que connaissetirs. Dans un poëme purement historique, ou. si on l'aime mieux, dans une histoire versifiée , prétendre trouver le style et Hnspi ration de l'i?néide , c'est oublier son Arthoétique , et demander à un sujet plus quil ne comporte. A une époque où la langue latine était mieux connue qu'aujourd'hui, le pape Vigile fut si satisfait de ces vers, qu'il ordonna de les lire publiquement dans l'église de Saint-Pierre-aux-Liens. L'ouvrage y fut universellement applaudi , et presque tous les critic|ues que nous a vous. sous les yeux, Venantius, Ebrhard de Bétbune, Alexandre de Latour , Bède, Berthius , Heins et plusieurs autres qui se sont succédé dans la suite des siècles, ont mêlé leur approbation & ce premier concert d'applaudissements, sanctionné , dès le principe , par un rescrit du saintpère on ne peut plus honorable pour notre auteur.
ARBOGASTE (saint), — La Vie de saini Arbogaste, évoque de Strasbourg, écrite par Uthon, un de ses successeurs, nous apprend
jusqu'à sa mort, arrivée eu 678. On lui attri-»
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bue un irecueil d*honiélies, en forme de commentaire, sur les Epitres de saint Paul. Cet ouvrage n'a pas été imprimé.'
ARCHELAUS, évêque de Cascar en Mésopotamie, s*illustra autant par sa piété que par son savoir. C'était un nomme d'un es-
Srit vif, entreprenant, plein de zèle pour la éfense de la foi, et s'appliquant de toute ses forces à garantir son troupeau des dangers de l'erreur. Manès, qui avait trouvé moyen de s'échapper des prisons de Sapor, roi des Perses, s'était réfugié dans la partie de ]a Mésopotamie qui formait le diocèse de Cascar. Il s'annonçait partout comme un nouvel apôtre, envoyé pour réformer la religion et pour purger la terre de ses erreurs. Il écrivit en cette qualité à Marcel, homme distingué par sa piété, et surtout influent par son crédit et par sa fortune. Marcel communiqua la lettre à Archelaiis, et, de concert avec l'évêque, il pria Manès de se rendre à Cascar, pour y expliquer ses sentiments. Manès, en arrivant a Cascar, descendit chez Marcel, qui lui proposa une conférence avec son évoque. On prit pour juges de la dispute les hommes les plus éclairés et les moins susceptibles de partialité dans leur jugement. Ces juges furent Manipe, savant srammairien et habile orateur ; Egialée, médecin très-célèbre, et deux frères, Claude et Cléobule, qui avaient un nom distingué parmi les rhéteurs. La maison de Marcel fut ouverte à tout le monde, et Manès commença la dispute. Il se posa comme l'apôtre, ou plutôt comme le Paraclet promis par Jésus-Cnrist, et chercha à établir son erreur des deux principes, non seulement sur des arguments de raison, mais encore sur des preuves tirées de l'Écriture ellemême.
Archelaiis, dans sa réponse, attaqua d'abord la qualité d'apôtre de Jésus-Christ aue prenait Manès ; il demanda sur quelles preuves il fondait sa mission, quels miracles ou quels prodiges il avait faits, et Manès ne pouvait en citer aucun. Par ce moyen, Archélaus dépouillait Manès de son autorité, et réduisait sa doctrine à un système ordinaire, dont il sapait les fondements. Il prouva, contre Manès, qu'il était impossible de sup-
f»oser deux êtres éternels et nécessaires, dont 'un est bon et l'autre mauvais, puisque deux êtres qui existent par la nécessite de leur nature ne peuvent avoir des attributs différents, ni faire deux êtres différents ; ou s'il en est ainsi, ils sont bornés et n'existent plus par leur nature; ils ne sont plus éternels indépendants. Si les objets que l'on regarde comme mauvais sont 1 ouvrage d'un principe essentiellement malfaisant, pourquoi ne trouve-t-on point dans la nature de mal pur et sans mélange de bien? Choisissez dans les objets qui vous ont fait imaginer un principe malfaisant et coéternel au Dieu suprême, vous n'en trouverez aucun qui n'ait {quelque qualité bienfaisante, quelque pro- . >néte utile. Le démon, que Ion voudrait aire regarder comme un principe coéternel .
à TEtre suprOme^ est, daa$ son originel une ï*
créature innocente qui ne s'est dépravée que par l'abus qu'elle a fait de sa liberté. Tels sont, en général, les principes qu'Archélaîis opposa à Manès. Tout le monde sentit la force de ses raisons, et personne ne fut ni ébranlé, ni ébloui par les sophismes de s^n adversaire. Archelaiis garantit le peuple de la séduction, en l'éclairant. Quels ravages un homme tel que Manès n'eût-il pas faits dans le diocèse de Cascar, si Archelaiis "n'eût été qu'un honnête homme sans talent, ou qu'un grand seigneur sans lumières 1 Mânes enseigne librement sa doctrine à Cascar; Archelaiis le combat avec les aimes de la raison et de la foi ; il présente la vérité du christianisme dans tout son jour, et Manès est regardé par toute la province comme un imposteur. Désespérant de faire des prosélytes, il repasse en Perse, oit des soldats de Sapor l'arrêtent et le font mourir, vers la fin du III' siècle.
La relation de cette conférence ne fut point écrite par Archelaiis, comme quelques auteurs l'ont avancé. Saint Jérôme croyait qu'elle avait été traduite du syriaque en grec par Hégémoine ; mais Photius prouve qu'Hégémoine en est lui-même l'auteur. Ce
Joint d'histoire a été fort bien éclairai par oseph Assemani, dans son .Appendice au tome I" de la BibliotMque orientale, Zaca^ni en composa sur le grec une traduction latine qui subsiste encore de nos jours.
ARCULPHE, évêque gaulois, vivait dans la dernière moitié cm vif siècle, mais l'histoire ne fait point mention de son siège épiscopal. il entreprit, vers l'an 640, un voyage en Orient; et, dans la société d'un ermite bourguignon, nommé Pierre, il vis. ta la Palestine et les saints lieux. Us séjournèrent pendant neuf mois tant à Jérusalem que aans les environs, après quoi ils parcoururent toute la terre sainte et poussèrent jusqu'à Tyr et à Damas, ne demeurant
Îue très-peu de temps en chaque endroit, rculphe, s'étant emoarqué à Joppé, passa à Alexandrie, de là à l'île de Crète, puis à Constantinople, d*où il vint par mer en Sicile, et ensuite à Rome. Il y resta quelques mois, après lesquels il reprit la mer,dans le dessein de rentrer en France. Mais, au-lieu d'y aborder, une tempête le jeta sur les côtes occidentales de la Grande-Bretagne, oii, après avoir couru plusieurs dangers, il aborda enfin à Tile de Hi, dans le voisinage d'un monastère gouverné par Adamau. Cet abbé l'accueillit avec l'hospitalité la plus bienveillante, et après lui avoir fait raconter ce qu'il avait vu de plus remarquable dans ses voyages, il le récligea par écrit, et composa de la sorte un ouvrage arrivé jusqu'à nous, sous le titre de Libri de situ terrœ sanctœ. Ce fut,* dans le moyen âge, un des livres classiques des pèlerins de Jérusalem ; et il contribua puissamment à faire naître le désir de visiter ces contrées. Quoique rédigé par Adaman, nous avons cru devoir en laisser l'honneur à Arculphe,. dont, après tout, il ne fut que le secrétaire. C'est l'opinion du 'i Ytoérable ^Bède, qui faisait tant de cas de
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DICTIONNAIRE DE PATROLOCIE.
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cette description, (ja*il en a donné jun précis dans son Histoire ecclésicuti^ue d* Angleterre^ et que plus tard il en a tiré le fonds de son traité des saints lieux. Cet ouvrage est divisé en trois livres : le premier parle de la situation de Jérusalem; de Téglise du Saint-Sépulcre ; de celle de la Sainte- Vierge, dans la vallée de Josaphat, où il dit que 1 on voyait son tombeau, mais qu'on ne savait dans auel temps ni par qui son corps en avait été enlevé, ni en quel lieu il attendait la résurrection. Il remarque qu'auprès de la basilique du Calvaire il y avait une chambre ou cabinet où l'on permettait aux pèlerins de toucher et de baiser le calice que Jésus-Christ bénit le jour de la Cène, et qu'il donna à ses disciples ; ce calice est d'argent et à deux anses; il contient environ ce qu'on appelait autrefois un setier de France; dedans est l'éponge, que Ton trempa dans le vinaigre pour en faire boire au Sauveur sur la croix. La lance dont on perça son côté est conservée sous le portique ae la basilique de Constantin ; on montre aussi le suaire dont on couvrit la tête de Jésus dans le tombeau. Arculphe avait vu tout cela de ses yeux. Il vit encore un linçe que l'on disait avoir été travaillé par la sainte Vierge, et sur lequel étaient retracées les figures des douze apôtres et de Jésus-Christ. Une partie de ce linge était de couleur rouge et l'autre de couleur verte. On montrait, à Jérusalem, les tombeaux de saint Siméon et de saint Joseph, l'un père et l'autre époux de la sainte vierge. II y avait sur la montagne des Oliviers une église de forme ronde ,et dont le dôme était ouvert par le haut; on l'avait faite ainsi pour conserver à la postérité le souvenir de la route que Jésus-Christ avait prise en montant au ciel. L'impression de ses pieds subsistait encore, et quoiqu'on eût tenté souvent de paver cet endroit, comme le reste de l'éghse, on n'v avait jamais réussi. Ce premier livre parie encore d'un monastère b&ti auprès du tombeau de
Lazare.
On trouve dans le second la description ' de Nazareth, de la grotte où le Fils de Dieu a pcis naissance selon la chair, des sépulcres de David, de saint Jérôme et de quelques autres anciens monuments. On y fait aussi mention du Jourdain, et de l'endroit du fleuve où Jésus-Christ reçut le baptême des mains de saint Jean. Acelte occasion, le saint voyageur remarque que dans le désert où le Précurseur s était retiré il y avait des sauterelles dont les pauvres se nourrissaient en les faisant cuire avec de l'huile, et des arbres dont les feuilles larges et longues araient la couleur du lait et le goût du miel ; il suppose que ce doit ôtre là ce que l'E- Tangile appelle du miel sauvage.
Adaroan, pour donner du poids à ce qu*Arculphe lui avait raconté de Tyr et de la montagne du Thabor, dit qu'il s'accorde avec ce que saint Jérôme en a écrit dans ses Commentaires ; et, après avoir parlé d'Alexandrie et de ce que cette ville a de plus remariiuable, particuUèrement de son port et du
Dicnomi, db PAnoLOois. L
tombeau de saint Marc, il commence son troisième livre par la description de Constantinople. On gardait dans une église de cette ville la vraie croix, qu^on n'exposait publiquement et élevée sur un autel d'or que les trois derniers jours de la semaine sainte. Le jour de la Cène du Seigneur, l'empereur, suivi de l'armée, entrait dans cette église, qu'on appelait la Rotonde, s'approchait de l'autel» et, le visage incliné, baisait la croix du salut. Après lui, tous les assistants faisaient de même, chacun & son tour, suivant son âge et sa condition. Le vendredi saint, rimperatrice et les princesses, les dames de qualité et les femmes du commun, répétaient la même cérémonie et dans le même ordre. Le samedi était réservé aux évoques et à tout le clergé. Après que tous lui avaient rendu ainsi cet nommage d'amour et de reconnaissance, on la renfermait dans son reliquaire, où elle restaitjusqu'à l'année suivante. Arculphe assure que quand on ouvrait la boite où elle était enfermée, il en sortait une odeur admirable. 11 parle de deux hommes de la lie du peuple, qui furent miraculeusement punis pour avoir insulté une image de la sainte Vierge et une statue en marbre représentant saint Georges martyr. En approchant de la Sicile, il vit les feux que jette le mont Vulcain; il assure qu'on entendait cette montagne gronder avec autant de force que le tonnerre, surtout les jours de vendredi et le samedi.
C'est ici que s'arrête ce livre, qui, malgré l'aspérité de son style, ses idiotismes saxons fondus dans un latin dégénéré, se fait lire avec tout l'intérêt qui s^attache aux lieux
2u'il décrit et aux grands souvenirs qu'il voque dans tous les cœurs.
ARDON, surnommé Sm aragdb, moine du monastère d'Aniane, y fut élevé sous les yeux de l'abbé Benoît. Il mérita pat sa vertu d'être élevé au sacerdoce, et, par sa capacité, d'être placé à la tête de l'école qui venait d'y être établie. Dans Tannée 79^, fl assista, avec son abbé, au concile de Francfort. Plus tard, des ordres de Louis le Débonnaire, qui l'appelait à sa cour, ayant mis Benoit dans la nécessité de quitter son monastère, Ardon fut choisi pour gouverner Aniane à sa
flace. Il y mourut, le T de mars 8W. Ce fut lui que les moines d'Inde s'adressèrent, en 821, pour avoir la Vie de Benoit, qui, après avoir quitté Aniane, était devenu leur afabé. Ardon l'écrivit, en effet : mais en la leur envoyant, il les pria do la communiquer à Hélisacar, afin qu'il pût la lire et juger de son travail. Hélisacar était le successeur de Benoît dans le gouvernement de leur monastère. Cette Vie, souvent imprimée, se trouve reproduite dans la collection complète des Pères et des écrivains ecclésiastiques publiée par M. l'abbé Migne, à Montrouge, 1851. Le V* volume des Actes de Vordre ae Saint-Bemit y ajoint le fragment d'un discours prononcé à Aniane, le jour de la dédicace de l'église de Saint-Sauveur; mais nous croj^ons que c'est à tort qu'on eu fait honneur à
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DICTIONNAIRE DE PATROLOGOL
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Ardon. Il êdt vrai que 00 discours porte son nom daùs plusieurs manuscrits, mais le telle hi^m^itie proure jusqu'à révidence quUl est d'ufl auteur plus r éceut. Kn ettee, lorateur af auee.que, ae sod temps, la basilique d'Aiiiâne menaçâit^ruine, et 11 reporte à une tradition ancienne ce qu*il raconte dîf la fondation du monastère. Or rien de tout cela ne saurait eonrenir à Ardon, disciple de Benoît d'AulJine, qui en atait vu jeter les fondements et qui avait assisté à ia*dédicaee de Féglise. On lui a attribué encore d'autres écrits; mais dépuis on. a décourert (qu'ils étaient de Smaragde, abbé de Saint- Mihiel, au diocèse de Verdun. Le style d'Ardoù est clair, grave et posé ; mais il a peut-être le défaut cTétre un peu diffus. Aii£taS, évéque de Césarée en iCappadoce, au vi* siècle, est auteur d'un Commentaire ntr VApocùl^se. Il le composa sur celui d*André, son prédécesseur, dont il ra|>-
Krte de temps en temps les explications, ds il eut recf^urs aussi aux écrits des anciens, au nombre desquels il cite souvent saint Grégoire le Théologien, Eusèbe de Césarée et saint Justin, à qui il donne le titre de Grand. Il donne le sens littéral et spirituel de ce . livre, qu'il explique d'un bout à Tautre avec autant de netteté que le texte le permet. Son Commentaire est divisé en soixante-douze chapitres, quoique, dans nos Bibles, lApoealppàe n'en ait que vingtdeux. U remarque que quelques^ins en ont contesté Fmtbentiotté ; mais en la comparant avec l'Evangile et la première Spitre du même apAtre^ il n'y a pas lieu de douter que saint Jean n'enfsoit l'auteur. D'ailleurs elle lui est attribuée par saiut Grégoire le Théo* logien, par saint Basile, par saint Cyrille, par PapiaSj par saint Irénée et par saint Bip* polyte, qui sont des témoins dignes de foi. Au 2* verset du i" chapitre, ou saint Jean dit qu'tï a rendu térnoignage de tout ce qu*il a eu, quelques exemplaires ajoutaient, et de tout ce qu'it a eut, et de tout ce g^ui est^ et de tout ce qux doit se faire à ravenir. C'est la remarque d'Arétas. Il entend par les sept Eglises auxquelles l'apôtre adresse la parole, toutes les Eglises de 1 univers qui sont unies
à saint Denis lorsqi la mort du Sauveur. Il enseigne que nos prières étant présentées & Dieu par les anges, qui Veillent sur nous, elles en deviennent plus agréables et d'une meilleure odeur, même les prières des saints, qui sont déjà bonnes par elles-mêmes. Il paraît prendre à la lettre ce qu'on Ut dans quelques prophètes, que le iugement dernier se fera sur la terre signifiée par la vallée de Josaphat, parce qu'il 7 a eu plusieurs combats livrés dans cette vallée* Enfin il parait croire que TAntechrist viendra des pays orientaux, de la Perse^par exemple, où la tribude Dan est établie. Ce Commentaire, imprimé en grec d'aboi'df avec les Commentaires d'OEcuménius, fut traduit en latin par un moine du Mont- Cassin, nommé Maxime Florentin, et inséré
au tome IX* de la BmiôtMque du Pères.
Nous avons aussi d'Arétas un diseours latin en l'honneur des sainte martyrs Samonot Carie et Abibus, que SuriosooUs AcMiMfvé au 1& de novembre.
ARiALD, prêtre du Mont-^assifl^ à )a flfl du XI* siècle, composa divers traités qui, an jugement de Pierre Diacre, étaient écrits avec élégance. Il n'a pas jugé h propos de nous en faire eonnaltre même les tiir«s«
ARIBON (STRiffcs) , premier abbé do monastère de saint-Denis de Schlecdorf en Ba-* vière, dont on rapnorte la fondation à Tan 753, fut élevé sur le siège de f reissingen, l'an 760, et mourut en 783. On a de lui la Vie de saint Emmeran et la tie de saint Corbmten, premier évèque de Preisingen, toutes les deux publiées par Surius. Canlslus a reproduit la première au tome Ht de son Thesauri^^ et la seconde se trouve insérée au tome m des Actes de dom ItfabiTIou.
ARIBON, était né dans la Noriqoe, d'une famille noble et distinguée' Sage^ prudeDt, et réunissant dans sa personne Wutes les qualités propres à entrer àkns le oonseil d^ princes, il exergoit les fonetiona d'arcbicba^ pelain de l'empereur Henri UU lorsqu'on le choisit pour remplir le siège de llayenee* devenu vacai^t par la mort d'ArchambauId* Son élection ae fit au commeneeitteBi de novembre 1021, elil fut sacré le 30 du même naois, par Gothard, évèque d*B[ildesheira. U couronna l'empereur Cofnrad li en iQAié Son £èle pour la discipline ecclésiastique lui fit assembler plusieurs synodes wai nous avons encore les déere(a« Etant k Paderbom, avec l'empereur Goaradi à I» fête de Noël lOSOf il demanda à ce prince la par* mission d'aller à HomOé 11 en fit le voyage au mois de février de l'aniiée suivante. Au retour, il fut attaqué d'tine maladie dont il mourut le 13 avril 1031^ après dis ans d'épiscopat. Trithème cite de Itii fdusieurs lettres, une entre autres adressée à Bernon, abbé de Richenow» et Un Cammenisâre sur les quinze psaumes graduels, déctiéau même abbe. Sigebert en mi aussi menUon; ftiais il ne paraît pas qu'aucun des écrits d'Aribou ait été rendu public*
ARIBON, que l'on croit «teir été moifie d^Hirsauge, es! Buienr d'un JYaité de fMt^ sique, qu*il dédia S son évèque diocésain. Il y fait mention de Wilhelme , abbé d*Hirsauge, qui hii avait donné des conseils pour la composition de son otivrage. Aussi lui donne-t-il, en reconnaissèfirce le titre de prince des musiciens, d'Orphée et de Pytbagore moderne. Trithème croit qu'il écrivait au plus tard en 1091 , époque h laquelle mourut cet abbé. Dom Bernard Pest a donné une partie de la préface M épitre dédicatoire de ce traité. L*év6que I qtM elle est adressée y est nommé Ellenhardus.
AftlDlUS (saint;, plus fulgaireittent eoDnu sous le nom de saint fafêix ou laiÊn, était originaire de cette partie de la &aule ult^ rieure qui formait autrefois la province d'A* auitaine» U iiaouil kLiisogas^ «a Ml, d'une
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filCTlONNAlRE DE PATROLOClE.
fiNDille patriciennoi moins distisjguée encore par ]a noblesse de son extraction que par ses habitudes de piété et de vertu. Son père s'appelait iucundus et sa mère Pélagie. Saint Grégoire de Tours compare leur intérieur, avant la naissance du saint, k celui d'Elisabeth et de Zacbarie) excepté toutefois qu'il ; manquait un saint Jeail. La présence d'Aridius acheva de compléter la comparaison. Dès ses plus jeunes années, on s^appliqua à lue inculquer les principes d'une foi droite et à nourrir son cœur des plus saintes maximes (le la religion. Plus tard, par les suins de JoGonde son père, favori du roi Théode* berl. il flt de si grands progrès dans l'étude des belles-lettres, que tout le monde admifflit le charme de son élocution et la douce chaleur de son éloquence. Présenté luimême à la cour de ce prince, il gagna son affection, et devint son chancelier. Mais, après la mort de JoGOude» il quitta la cour, renonça aux espérances flatteuses que lui offrait la faveur du moûarquci et retourna à Limoges, pour consoler sa mère Pélagie. It était alots dans la force de l'âge) le désir de sa sanetiQcatioD^ la crainte des jugements du Seigneuf le portèrent à ouvrir son ftme & saint Nioetiusi évéque de Trêves, dans une confession générale qu'il lui flt de tous les faits de sa jeunesse et de son adolescence. Cesl à la syile de cette confession qu'il prit là résolution de renoncer au monde, aux pompes du siècle, aux vaines adulations des palais, pour ne servir que Dieu sous une règle sévère, et en fte livrant aux rigueurs dune pénitenoe qui devait lui ouvrir les
fortes du cieL Ayant donc conflé à sa mère administration de les biens, qui étaient considérables, il bAlit et ibnda le monastère d*Atane, (}ui depuis a pris le nom de son fondateur. Il y refut tous ceux de ses serfs qui voulurent le suivre, et il les afl'ranchit en les admettant à la vie religieuse. La principale occupation de ces pleut solitaires consistait h transcrire des livres que leur abbé distribuait aux paroisses voisines de son monastère.
Le 81 octobre de Tannée 872, la onrfème année du règne de Sigebert, à qui Limoges apparlenail, AHdius écrivit de sa main son testament, revêtu de toutps les formules que la loi emploie encore aujourd'hui. Dos le cotnmencemetit, il déclare que cet acte iui est commun avec Pélagie sa mère, saine, comme lui, d*esprit et de jugement , et q»ie tous deux sont matthes de leurs biens. ils instituent saint IHaftln leur légataire oniverael, mais non toutefois sans doiiner des biens considérable^ au monastère d'A- Une* — Après avoir indiqué en détail les vases d*or, d'argent et autres choses précieuses qu'il léguait, et marqdé le prix de chaque objet, Aridius afl>ant;bit un grand nombre d*esclaves des deilt iiexes, mariés et non mariés, auxquels i) assigna une certaine quantité do tertres ou de vignes h cultiver, sans autres charges qu'une légère redevance h payer à saint Martin ou à son monastère. Ce testament est vraiment un
ses Analecia, en. 8, oii on peut le lire tout entier, avec la Vie du saint.
Aridius mourut au mois de juillet 591 ; saint Grégoire de Tours rapporte au long les miracles qui ont illustré sa vie et gloriflé son tombeau ; mais ce h'asi qu*avec réservé qu'il faut s'en ranporter à cette relation, k laquelle l'eSprit de critique n'a pas toujours présidé. Quoi qu'il en soit, sa sainteté s'est manifestée par des preuves assez irrécusables pour que l'Eglise lui accordât les honneurs d'un culte. On célèbre sa fête le 3& août. Le monastère qu'il fonda devint plus tard une collégiale de Chanoines réguliers, autour de laquelle se forma la ville de Saint- Yrieix, atgourd*hui chef-lieu d'arrondissement du département de la Haute-Vienne.
ARISTÉE, un des officiers de la cour du roi Ptolémée Philadelphô, sôus le règne du-
2uel se fit la traduction des Septante , en crivit l'histoire, dont voici le précis trèssuccinct, mais, autant que possible, dégagé de toutes les fables dont on Ta surchargé par la suite. Ptolémée Philadelphe, a.vant mis toute son application à amasser dans la bibliothèque d'Alexandrie une infinité de livres, dont le nombre s'élevait déià à plus de deux cent mille volumes, apprit que les livres des juifs méritaient dry occuper une place distinguée, et désira les réunir & ceux qu'il possédait. Sur le conseil d'Ari^tée, de Sozibius de Tarente et d'André, tous trois officiers de sa sarde, il rendit la liberté à tous les juifs retenus captif^ dans ses États, et fit écrire au grand prêtre Eléazar. pour le prier de lui envoyer les livres de la Loi, avec des traducteurs capables de les rendre d hébreu en grec. Aristée et André furent du nombre des ambassadeurs qui portèrent la lettre du roi au grand prêtre, avec de riches présents. Eléazar se rendit à ses désir.*, lui envoya le livre de la Loi, avec soixante -dix juifs versés dans la langue grecque et hébraïque pour en faire la traduction. Il écrivit en même temps au roi pour le remercier de ses présents, louer sa piété envers DieUi et la générosité dont il avait usé envers les juifs de ses Etats. Ptolémée Philadelphe reçut avec bonté les députés d'Eléasar, et témoigna un grand respect pour les livres saints qu'ils avaient apportés avec eux. Il confia ensuite les traducteurs à Démétrius de Phnlère, bibliothécaire d'Alexandrie, qui les conduisit dans Tile de Pharos, et les introduisit dans une maison située au bord de la mer et éloignée de tout bruit, afin qu'ils pussent vaquer sans trouble A la traduction des livres saints, ils commencèrent donc à y travailler, discutant entre eux tout ce qui présentait quelque difficulté, et lorsque la chose était arrêtée et en état d'être mise au net, ils la remettaient à Démétrius, qui la faisait écrire par des co*- J>istes. Ils travaillaient ainsi depuis le matin jusqu'à la neuvième heure, c'est-à-dire ju^.
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Îu'à trois heures avant .e coucher du soleil. ,e lendemain, après les prières et les ablutions faites, ils se remettaient à rœuTre, et continuèrent ainsi pendant soixante -dix jours. Quand Touvràge fut achevé, ils le remirent entre les mains de Démétrius, qui en fit la lecture dans l'assemblée desjuifs d'Alexandrie, afin qu'ils jugeassent de sa con- Îormité avec l'original. Ils en furent satisaits, et comblèrent de louanges Démétrius, qui leur avait procuré cette version, et les interprètes qui l'avaient faite. Le roi, informé de tout ce oui s'était passé, en témoigna beaucoup de satisfaction, et après avoir reçu avec oe grandes marques de vénération l'ouvrage des interprètes, il le fit mettre dans sa bibliothèque, .où il commanda qu'il fût gardé avec soin, il combla de louanges les septante traducteurs, et les renvoya en Judée chargés de riches présents, tant pour eux que pour le grand prêtre Eléazar. Voilà le précis très-sommaire de cette histoire, qu'Aristée a dédiée à son frère Philocrate, à qui il rend compte de tout, comme témoin oculaire et parfaitement instruit de ce qu'il raconte. Saint Justin martyr rapporte aussi l'histoire de celte traduclion, mais d'une façon toute différente. Les Talmuds de Jérusalem et de Babylone en parlent également dans un autre sens, et enfin les Samaritains revendiquent pour eux les honneurs de ce travail. On peut consulter là-dessus l'excellent Dictionnaire de la Bible publié par M. l'abbé James, dans l'Encyclopédie tkéologique; on comprendra aisément que les bornes de notre travail ne nous permettent pas de nous étendre au delà de l'écrit que nous analysons. La pliipart des critiques modernes s'inscrivent en raux contre le récit d'Aristée, sur la manière dont se fit la version des Septante; et il faut avouer que leurs raisons sont plausibles, si on les applique à l'histoire telle qu'elle est arrivée jusqu'à nous. En effet, bien que nous en croyions Aristée le véritable auteur, nous reconnaissons cependant que celte histoire, lorsque Josèpne s'en servit, environ trois cent cinquante ans après Aristée, n'était plus telle que l'auteur l'avait écrite, c'est-à-dire que quelque juif, vraisemblablement, l'avait défigurée en y ajoutant des circonstances fabuleuses. Aux suppositions, et, disons-le, aux bévues qu'ont laites quelques critiques, et que d'autres ont adoptées comme choses certaines, nous opposons, non pas ce que Josèphe dit d'Aristée, dans son XII' livre des Antiquités judaïques, mais le témoignage d'Hécatée d'Abdère, qui se trouvait à la cour du roi d'Egypte au moment de la traduction des Septante, et qui met notre auteur au nombre de ceux qui furent députés vers le grand prêtre Eléazar, avec Démétrius de Phalère, qui passait pour le plus savant homme de son temps, et André, capitaine des gardes. Nul doute doncou'Arislée ait existé et qu'il ne soit bien réellement auteur d'une histoire de la version des Septante.
ARISTIDE, apologiste de la religion, était
Athénien de naissance et philosophe de profession. On dit qu'il en garda l'habit même après avoir embrassé la ibi; ce que fit aussi saint Justin, comme nous le verrons dans la suite. Quoique saint Jérôme ait fait honneur à l'ApoloKie de Quadrat de la paix rendue à l'Eglise, il faut néanmoins convenir que saint Aristide mérite de partager cette gloire avec lui. L'empereur Adrien se trouvant à Athènes, en 125, il lui présenta lui-même une Apologie de la religion, qui fut fort bien accueillie. Usuard et Adon ajoutent que, non content de défendre la foi par ses écrits, il soutint encore la divinité de Jésus-Christ dans un magnifique discours qu'il prononça en présence de 1 empereur, et dans lequel, suivant le premier, il faisait mention du martyre de saint Denis l'Aréopaçite. Quoi qu'il en soit, fortifiée ou non du discours que ces deux auteurs prêtent à saint Aristide, son Apologie contribua à faire rendre le célèbre éait par lequel l'empereur ordonna de ne faire mourir personne qu'après une accusation et une conviction juridiques de son crime, ce qui, étant appliqué aux chrétiens, leur procura plus de calme qu'ils n'en avaient eu jusqucrlà. Cet ouvrage, qui fut regardé comme un monument de l'esprit et de l'éloquence de son auteur, est perdu. Saint Jérôme, qui l'avait lu, nous apprend qu'il était rempli de passages choisis des philosophes. Ce que nous avons dit plus haut nous donne lieu de croire que ceUe Apologie se conservait encore du temps d'Usuard et d'Adou, et un auteur du xviii' siècle, La Guilletière, dans un livre intitulé : Athènes ancienne et modemcj assure que quelques caloyers se vantent encore de la posséder dans la bibliothèque du monastère de Médelli, à six milles d'Athènes; mais on ne peut guère compter sur leur parole.
ARISTOBDLE, juif d'Alexandrie et philosophe péripatéticien, composa un commentaire en grec sur le Pentateuque, et le dédia à Ptolémée Philométor. Son but , dans cet ouvrage très-volumineux , était de prouver que les anciens philosophes grecs avaient profité des livres de Moïse, et que le peuple juif et son histoire n'avaient point été inconnus aux historiens grecs. Pour y parvenir, il se permit de forger un grand nolnbre de passages de poètes et d'historiens, et il le ut avec assez d'art pour tromper, nonseulement quelques Pères de l^giise, mais encore des écrivains profanes. Eusèbo nous a conservé ses ouvrages, et le Cours complet de Pairologie les a reproduits.
ARISTON. — Dans les commencements du règne de Tite-Antonin, vers l'an 140 de Jésus-Christ, vivait un juif converti à la foi, nommé Ariston. Il était de Pella, ville située à l'extrémité de la Pérée, du côté du septentrion. Cet auteur avait composé contre les juiEs un livre en forme de dialogue, auquel il avait donné pour titre : Dispute entre Jason et Papisque. C était le nom des deux interlocuteurs. Jason, (jui était Juif d'origine et chrétien de religion , y prenait la défense
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du christianisme; Papisque, au contraire, qui était un juif d'Alexandrie, y défendait ses superstitions avec ToniniAtreté commune à ceux de sa nation. Cependant Jason le convainquit si bien par les Ecritures mêmes des juifs, c'est-à-dire par les livres de l'Ancien Testament, et lui montra avec tant de lucidité que tous les oracles où il est parlé du Messie se sont accomplis en Jésus-Christ, que Papisque, éclairé intérieurement par les lumières de l'Esprit-Saint, crut à la divinité de Jésus-Christ et pria Jason de lui faire obtenir le sceau de sa foi et de sa religion i c'est-à-dire le baptême.
Celse répicurien, reprochant aux chrétiens que tous les livres écrits en faveur de leur religion ne contenaient rien que de méprisable , citait entre autres celui dont nous parlons , plus digne, à son avis, d'inspirer l'indignation que le'rire. Origène en appelle i tous ceux qui voudront se donner la peine de le lire sans prévention, et il soutient qa ils se feront une idée moins désavantageuse du livre que de celui qui le condamne. Et, en eflfet, il montre que ce livre contient des preuves très-solides de la vérité de la religion, et que, bien loin de ne mettre dans la bouche de l'interlocuteur juif que de faibles raisons afin de le convaincre plus aisément, l'auteur au contraire lui fournit tout ce qu'il j a de plus fort contre la religion cbrétienne. Pourtant il reconnaît que cet écrit était un des moin^ concluants de tous ceux qui avaient été composés pour la défense de notre foi, et il avoue qu'il était plus capable d'instruire les simples que de satisfaire les personnes qui veulent être convaincues par le raisonnement. Il rejette ce défaut sur la simplicité de la forme , qui n'a su ni féconder le fonds ni le ftiire valoir.
Saint Jérôme n'a point parlé de cette Dispute dans son livre des hommes illustres, mais il l'a citée en deux autres endroits do ses ouvrages. Il lui donne le titre fïAltercaiion^ et dit qu'elle était écrite en grec. Plus tard , un chrétien nommé Celse , jugeant qu'elle pourrait être utile pour convaincre les juifs, la traduisit du grec en latin et Tadressa à un saint évêque, nommé Vigile, qui savait l'une et l'autre langues, afin qu'il pût juger de sa fidélité. Nous avons encore la préface du traducteur, mais cette traduction n'est pas venue jusqu'à nous.
Saint Jérôme , en parlant de ce Dialogue , dit qu'au commencement du livre de la Genèse, on lisait, selon l'hébreu, que Dieu orotl fait le ciel et la terre dans son Fils , et
Ïue là où nous lisons dans le Deutéronome : faudit de Dieu celui qui est pendu au bois , Ariston lisait : La malédiction de Dieu qui tst pendu au bois. C'est ^du même écrivain qu'Eusèbe avait appris que la dix-huitième année du règne d'Adrien, la euerre s'étant échaufTée entre les Juifs et les Romains, ceux-ci s'opiniâtrèrent tellement au siège de Béthora, que la plus grande partie des habitants de cette ville périrent de faim et de privations; que le reste en. fut chassé, et qu'Adrien donna un édit portant défense
à tous les Juifs d'approcher des environs de Jérusalem. Eusèbe ne dit pas de quel ouvrage d'Ariston il avait tiré ces circonstances ; mais rien n'empêche qu'il les ait lues dans son Dialogue entre Jason et Papisque , sans qu'il soit besoin de supposer à cet auteur une histoire suivie de la ruine des Juifs. Ariston a pu rapporter, comme preuve de l'accomplissement des prophéties contre les Juifs, 1 édit d'Adrien, ainsi que Tertullien l'a fait depuis dans un de ses traités. • ARICS , chef et fondateur de l'hérésie arienne , qui désola si cruellement l'Eglise des premiers siècles, était originaire oe la Libye Cyrénaïque, ou, selon d autres, d'Alexandrie. C'était un homme d'une taille avantageuse, d'une fi^re imposante , d'un maintien grave et qui inspirait le respect. Son abord affable et gracieux, sa conversation douce et agréable appelaient la confiance. Des mœurs austères , un air pénitent , un zèle apparent pour la religion , soutenu par des connaissances assez étendues dans les scfences profanes et ecclésiastiques , et par un rare talent pour la dialectique , faisaient espérer que l'Eglise trouverait en sa personne un grand secours contre ses ennemis. Malheureusement tout cela couvrait un fond de mélancolie , d'inquiétude, d'ambition et un goût secret pour les nouveautés , qui , joints à tant de qualités éminenles , n'en firent qu'un dangereux chef de parti. Ces qualités en imposèrent à trois saints patriarcnes qui se succédèrent immédiatement sur le siège d'Alexandrie : à Pierre, qui l'ordonna diacre, et fut ensuite obligé de l'interdire, à cause de ses liaisons avec les méléciens;*à Achillas, qui, touché de son repentir hypocrite, réleva au sacerdoce; et à Alexandre, qui lui donna le premier rang dans son clergé, et le chargea du soin d'une église considérable. Après la mort de saint Achillas, Arius, qui s'était mis sur les rangs pour le remnlacer, avait conçu une violente jalousie ue la préférence donnée à Alexandre, bien résolu de saisir la première occasion de s'en venger. Un jour que le patriarche , conférant avec son clergé , dit qu'il y avait unité de substance dans les trois personnes divines, Arius l'accusa hautement de donner dans Terreur de Sabellius, qui avait confondu ces trois personnes, et il soutint que le Fils, étant d'une substance différente de celle du Père , n'était qu'une pure créature tir^e du néant. Alexandre fit voir qu'Arius n'avait pas une idée juste de la personne du Verbe ; qu'il était éternel comme le Père , et non pas-produit dans le temps, ce qui anéantirait le dogme de sa divinité. Anus , plein de sa difficulté, ne s'occupa plus qu'à poursuivre Alexandre, et à prouver que le verbe était créature. Cette doctrine révolta l'Eçlise d'Alexandrie, et devint l'objet principal de la discussion; on oublia Sabellius, et Arius ne s'occupa plus qu'à chercher des raisons pour défendre ses erreurs. Les sophismes sont toujours séduisants lorsqu'ils attaquent un mystère : Arius se fit des partisans et causa des divisions dans .le clergé d'Alexaa-
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PICTIONNAIHË DE PAIHOLOGIE.
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drie. Alexatidre crut qu'eu permettant à Arius et aux siens de proposer leurs difficultés et de les soutenir, on parviendrait mieux à les détromper que par des coups li'aulorité et des condamnations, qui, lorsau'elles sont prématurées, arrêtent rarement Terreur, irritent toujours^ et n'éclairent jamais. Lorsque le patriarche crut que sa modération pouvait avoir des suites fâcheuses , il assembla un concile à Alexandrie , dans lequel Arius défendit sa doctrine; il prétendit que le Verbe avait été tiré du néant, parce qu'il étaitiimpossiblû qu'il fût éternel, comme sonFère; autrement on ne pourrait concevoir qu'il eût existé après lui. Or, m pareil cas, n'est-il pas clair, disait-il, que le Fils serait en môme temps engendré et non engendré? D'ailleurs, si le Père n'a pas tiré son Fils du néant, il faut qu'il l'ait tiré de sa substance, oequi est impossible, VEcriture, aJQutait-'il encore, ne nous donne point une autre idée du Vtirbo; le Verbe dit lui-même au chapitre viu des Proverbesj que Dieu l'a créé au commencement de ses voies. Dieu dit Qu'il Ta engendré, et cette manière de
f)rQauire est une vraie création, puisque 'Ecriture l'applique aussi blep aux hommQs qu'au Verbe , comme on le voit dans les passages où Dieu dit qu'il a engendré des nommes qui l'ont méprisé. Les Pères du concile d'Alexandrie s'appuyereat sur ces aveux, ou plutôt sur ces principes d' Arius , pour le juger. Si le Verbe, disaient-ils , est une créature, il a toutes les imperfections de la créature, il est sujet ^toutes ses vicisaitudes, il n'est pas tout-puissant , il ne ^ait pas tout; car ces imperieotions sont l'apanage essentiel d'une créature, quelque parfaite qu'on la suppose* Les conséquences étaient évidentes , et Arius ne pouvait le méconnaître.
Aprè9 avoir ains^ Qxé la doctrine de ce novateur, les Pères du concile en prouvèrent la fausseté par tous les passages de l'Ecriture qui attribuent au Verne l'immutabilité et toute la science, par ceux qui disent ex*-
{iressémept que tout a été fait par lui et pour ui, et que rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui. Ces derniers passages surtout fournissaient aui^ catholiques des arguments péren)ptoires ; car si rien de ce qui a été créé ne l'a été sans le Verbe, il est évident que le Verbe n'a point été créé , parce qu'alor9 quelque chose aurait été créé sans Im, puisqu'un être en aucune manière ne peut être cause de lui^^méme. A l'évidence de ce^ preuves tirées de l'Ecriture , les pères du concile d'Alexandrie joignaient la doctrine de l'Eglise universelle , qui avait toujours reconnu la divinité du Verbe, et séparé de sa communion ceux qui l'attaquaient.
Arius alors se trouve oomme placé entre la nécessité de reconnaître la divinité du Verbe et l'impossibilité de concevoir un Fila coéternel à son Père. Il avait fait tous ses efforts pour arriver à rintelli[junce de ce mvstère, et du sentiment de son impuissance à le concevoir il était passé i la persuasion de l'impossibilité etfective qu'un Fils soit
coéternel à son père, et il avait fait de cette impossibilité la base de son sentiment, n croyait, d'un côté, qu'il était impossible que le Verbe fût coéternel au Père, et, de l'autre, la divinité du Verbe était si clairement ensei^ée dans TEcriture et par l'Eglise, qu'il était impossible de la méconnaître. Arius conclut (Je là que la création du Verbe et sa divinité étaient deux vérités qu'il fallait également croire, et il reconnut que le Verbe était une créature, et cependant vrai Dieu et égal à son Père. — C est ainsi que l'amour-ppopre et la préoccupation changent, aux yeux des hommes, les mystères en absurdités V et les contradictions les plus manifestes en vérités évidentes. Anus avait rejeté la Trinité, qu'il ne comprenait cas , mais qui ne renferme point de contradiction, et il ne soupçonnait pas qu'il se contredit en réunissant dan$ le Verbe l'essence de la Divinité et celle de la créature , en aupposant que le Verbe avait toutes les perfections possibles, et en soutenant qu'il manquait de la première de toutes les perfections • celle d'eiister par lui-mèin^, La dootrioe cTAriui fut condamnée dans le concilci et lui-même excommunié. Ce jugement, bien loin de l'ébranler, ne lui donna que plus d'ardeur pour défendre so^ sentimeni. 11 l'exposa sajis déguisement dans une professioti de foi ou'il envoya à plusieurs évoques , U$ priant de l'éclairer s'il était (îaqs l'ôf reur, ou fle le proté(^cr et de le défendre s'il était catholique, Il y a dans tous les hommes un sentiment inné de compassion , qui agit toujours en faveur d'un howpe condamné , surtout lorsqu'il proteste et qu'il ne demande qu'à s'éclairer pour se soumettre. Arius trouva donc des protecteurs, même parmi les évoques. Eusèbe de Niqomédie assembla un concile des évoques de la province de Bithynie, et ce concile écriyit des lettres circulaires à tous les évéques d'Orient , pour les porter à recevoir Arius à la communion, comme soutenant la vérité: ils écrivirent aussi à Alexandre, pour qu'il admit Arius à sa communion. Alexandre, de son côté écrivit des lettres circulaires, d^ns lesquelles il censurait fortement Eusèbe de ce qu'il pro« tégeait Arius et le recommandait aux évoques. La lettre d^Alexandre irrita Eusèbe , çt ces deux prélats devinrent ennemis irré* conciliables. Arius, condamné par Alexandre et par un concile , mais défendu par plusieurs évèque^i ne se représenta plus que comme un malheureux qu'on persécutait.
Il était poëte et musicien, et fournissait des chants spirituels aux gen^ de travail et aux devôts. Il mit sa doctrine en cantiques, ce qui contribua beaucoup à la répandre parmi le peuple. C'est un mpyeq que Valeni\n et Harmonius avaient employ<p avant lui, et qui a souvent réussi aux hérétiques. Apollinaire l'employa à son tour, et lui dut beaucoup plus qu'à ses écrits la propagation de $es erreurs. Aiasi le parti d'Ariu$ se grossit ijisensibiement, et, malgré la subtilité des questions qu*il agitait, il intéressa jusqu'au peuple dans ;a querelle. On yit dono l^a
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éTêoiieSy le clergé et le peuple divisés. Bienîôi 1m disputes s'éehautl^nt , firent du broil, •! les eomédiens, qui étaient païens , en prirent oeeasion de Jouer k religion chrétienne sur leurs théâtres.
Constantin n'euTisagea d'ai>ord cette querelle qn'en politioue^ et écrivit à Alexandre et à Arius qW'ils étaient des fous de se divissr pour des choses qu'ils n'entendaient pas et qui n'étaient de nulle importance. L'erreur d'Àrtus était d'une trop grande impoi^ taoM pour que les catholiques y restassent anssi indifférents que le leur conseillait Tem* peraur. Alexandre écrivit partout pour en prérenir les progrès et en faire connaître les dangers. De leur c6té, Arius et ses partisans disaient tous leurs efforts pour décrier la doeirina d'Alexandre. Les catholiques et les ariens s'imputaient réciproquement les conséquences les plus odieuses qu'ils pouvaient tirer des principes de leurs adversaires. Ces ehoes continuels éohaufféipent les deux partis jusqu'à la sédition. Constantin sentit qu'il ne pouvait se dispenser de prendre part h leurs querelles, et qu'il rallait pensar sérieusement à les calmer, il convo* que un ooncile de toutes les provinces de I empire romain, et les évêques s'assemblèrent à Nicée, en Si5
Arius , appelé dans des oonférences préliminaires , exposa sa doctrine sans détour, et la soutint avec impudence. 11 comparut ensuite dans le eoneile, où elle fut examinée contradictoirement, en présence de Constantin. Plusieurs formules de profession de foi y furent proposées. Arius rejeta toutes celles où la divinité de lésus-Ghrist et la consubstantialité du Verbe étaient exprimées. Les orthodoxes s^arrètèrent h la profession de foi aui nous est parvenue sous le nom de SytMoh dêNîêée, et dont voici les |)rincipaux articles, qui réfutent l'erreur d' Arius : Nom crûyanê en im $eul Sei^eur Jésus-Chriit , Filé de Bi€Uy Fili unique du Père , Dieu né ëê Diêu^ iufnière émanée de la lumière^ vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré etn&n pas faiîy eomêubêîmUiel à eon Pire. Arius n'ayant voulu ni eéder à l'autorité des Pères, ni se rendre à leurs pressantes sollicitations, f^t anathématisé par le concile, et exilé en lllyrie par l'empereur avec les deux seuls évéques gui lui étaient restés attachés. Telle fut la décision dececélèbreconcile,qul se termina le25août.
Ce ftat probablement vers la même époque que Constantin fit sa Constitution contre les assemblées et publiques et particulières des hérétiques. Cet édtt et plusieurs autres qui la suivirent abaissèrent I prodigieusement le parti d'Arius ; et presque toutes les hérésies disparurent pour un instant de l'empire romain.
Arius cependant avait beaucoup de partisans, et parmi ces disciples secrets, un prêtre que Constance, sœur de Constantin, recommanda, en mourant, à son frère, comme un homme extrêmement vertueux et fort attaché au service de sa maison. Ce prêtre acquit bientôt Testime et la confiance de l'empereur ; il lui parla d'Arius en le lui re-
' présentant comme un homme injustement persécuté, et dont les sentiments étaient les mêmes gue ceux du concile qui Tavaît condamné. Constantin, surpris de ce discours , témoigna <jue si Arius voulait souscrire au concile de Nicée, il lui permettrait de paraître devant lui et le renverrait avec honneur à Alexandrie. Arius obéit, et présenta à l'empereur une profession de foi, dans laquelle il déclarait « < qu'il croyait que le Fils était né du Père avant tous les siècles, et que la Raison, qui est Dieu, avait fait toutes ^oses, tant dans le ciel que sur la terre. » Si Constantin fut réellement satisfait de cette déclaration, il fallait, ou qu'il eût changé de sentiment, ou qu'il n'eût pas compris le Symbole de Nicée, ou enfinf que les entretiens de ce prêtre l'eussent étrangement abusé sur les erreurs de l'arianisme. Quoi qu'il en soit, il permit à Arius de retourner h Alexandrie; les évêques ariens rentrèrent peu à peu en faveur, et \^s autres iVirent. rappelés de l'exil. Les édits de Constantin n'ayant produit que l'apparence du calme, les disputes se ra nimèrent bientôt, et elles étaient déjà devenues fort vives, après le rappel des évêques exilés. A force d'examiner le terme coneubstantiel, il y eut des prélats qui s'en scandalisèrent ; on disputa ,. on se brouilla, et enfin on s'attaqua avec une témérité outrée et le plus aveugle acharnement. « Leurs querelles, dit Socrate, ne ressemblaient pas mal à un combat nocturne . ceux qui rejetaient le mot consubstaniie! croyaient que les autres introduisaient par là le sentiment de Sabellius et de Jffontan, et les traitaient d*im-
£ies, comme niant l'existence du Fils de ^ieu ; au contraire, ceux qui s'attachaient au mot ctmeuhstantiel , croyant que les autres voulaient introduire la pluralité des dieux , en avaient autant d'aversion que si on avait voulu rétablir le paganisme. Eustathe, évê-
Îue d'Antioche, accusait Eusèbe de Ccsarée e corrompre la croyance de Nicéc ; Eusèbe s'en défendait en accusant à son tour Eustathe de sabellianisme. » Il est donc certain, par le récit de Socrate, que, même parmi le$ défenseurs d'Arius, il y en avait Beaucoup qui ne combattaient point la consobstantialité du Verbe, et qui ne rejetaient cette expression que parce qu'ils croyaient qu'on lui donnait un sens contraire à la distinction des personnes de la Trinité, et par là même favorable à l'erreur de Sabellius, qui les confondait.
Pour juger la querelle d'Eustathe et dTBusèbe, on assembla un concile à Antioche, l'an 329; il était composé d'évêques qui n'avaieut signé le concile de Nicée que par force. Eustathe j fut condamné et déposé, et Eusèbe de Césarée nommé pour remplir le siège d'Antioche à sa place. La ville se partagea en deux camps, qui s'anipaèrent tellement l'un contre l'autre, qu'on en serait venu inévitablement aux mains, sans la présence d'un officier de l'empereur, qui arrêta la sédition, en faisant comprenore au peuple qu'Eustathe méritait d'être déposé. Après la déposition d'Eustathe, le concile
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Iravailla à procurer le retour d'Arius. Constantin le renvoya à Alexandrie pour y reprendre possession de son église ; mais le grand Athanase, successeur de saint Alexandre, qui connaissait la fourberie de cet hérétique, ne voulut jamais Ty admettre ; il répondit qu'on ne recevait point dans TEglise ceux qui avaient été excommuniés.
Arius eut plus de succès dans les conciles de Tyr et de Jérusalem, où les eusébiens. qui y dominaient, le reçurent sans difficulté à leur communion, et le recommandèrent à saint Athanase, qui connaissait trop bien ses ruses et celles de ses partisans pour se laisser prendre à une semolable recommandation. Arius, mandé à Constantinople pour y rendre compte des troubles que sa présence excitait à Alexandrie, présenta à 1 empereur une troisième confession de foi, rédigée avec tant d'artifice, que l'hérésie n'y paraissait point. Il protesta même avec serment de sa soumission au concile 'de Nicée. Le patriarche Alexandre fit de vains efforts pour détromper Tempereur. 11 eut ordre de recevoir Anus. Les eusébiens menacèrent de l'introduire de force dans l'église, si le
f patriarche entreprenait de s'y opposer. Alors e saint vieillard, prosterné au pied de Tautel, fondant en larmes, et le visage contre terre, adressa cette prière à Dieu : « Seigneur, si Arius doit être reçu dans l'église, retirez votre serviteur de ce monde ; mais si vous avez encore pitié de votre troupeau, ne. permettez pas que votre héritage soit livré à l'opprobre, ne souffrez pas qu'il soit souillé par la présence de cet hérésiarque. » Cependant les eusébiens s'avançaient en triomphe. Arius, à leur tête, haranguait le peuple, (^ui les suivait en foule. Comme on approchait de la place Constantinienue, et qu on apercevait au fond le temple où l'hérésiarque devait être solennellement rétabli, il pÂlit & la vue de tout le monde, éprouva une soudaine frayeur et de violents remords. Pressé par un besoin naturel, il alla dans un lieu retiré, et l'histoire rapporte que, lorsqu'étonné de ce qu'il ne reparaissait plus, on alla le chercher, il fut trouvé mort dans une affreuse attitude, rendant une, grande abondance de sang avec une
fartie de ses entrailles. Ceci arriva l'an de ésus-Christ 336. Digne fin d'un impie, trop semblable, pendant sa vie, au perficfe Judas, pour ne pas lui ressembler dans les circonstances de sa mort. Ce dénouement si effrayant, et qui passa pour miraculeux, causa autant d'abattement aux ariens que d'espoir aux fidèles orthodoxes. Les sectateurs d'Arius dirent qu'il avait été empoisonné ; mais les catholiques regardèrent cet événement, vraiment extraordinaire dans la circonstance, comme une grâce accordée aux prières do saint Alexandre. Pendant longtemps ils ne s'approchèrent qu'avec horreur du lieu où cette scène tragiques'étaitaccomplie.Unarien l'acheta par la suite et le convertit à un autre usage, afin d'effacer, ou tout au moins d'affaiblrr la mémoire de cet opprobre. Il s'en faut bien que son hérésie mourût avec
lui. On est surpris et effrayé de toutes les scènes horribles que présente l'histoire de l'arianisme. L'impiété , Thypo^risie , la dissimulation, la malice, la perfidie des ariens paraîtraient incroyables, si elles n'étaient appuyées sur le témoignage do tons les historiens du temps, et de saint Atlianase luimême. Soutenu par la puissano< impériale, il s'enhardit et ne connut plus de bornes dans ses orgueilleuses prétentions. Ses progrès en Occident furent moins rapides et moins considérables. Cependant deux évêques ariens y firent des prosél vtes ; ils firent entendre à beaucoup de prélats que, pour rendre la paix à l'Eglise, il ne s'agissait que de sacrifier quelques termes amphibologiques. Il y eut un certain nombre d'évèques occidentaux qui souscrivirent à Rimini une formule arienne, tandis que les ariens d'Orient, assemblés à Nicée, en souscririrent une à peu près semblable. £n sorte que le monde, dit saint Jérôme, fut étonné de se trouver tout à coup arien. Mais cet accord ne fut pas durable ; la plupart de ceux qui avaient souscrit la formule de Rimini se rétractèrent. Cependant . l'arianisme domina toujours à la cour et dans' la capitale, jusau'au règne du çrand Théodose. Mais, à la nn du IV* siècle, Tes ariens se trouvèrent réduits, par les lois des empereurs, à n'avoir ni églises ni évêques dans toute l'étendue de l'empire. Les Vandales portèrent cette hérésie en Afrique, et les Visigoths en Espagne, d'où elle se répandit chez les Bourguignons et les Francs ; mais, abjurée tour à tour par les souverains qui l'avaient protégée, elle disparut insensiblement après la conversion de Clovis. Il y avait près de neuf siècles qu'elle était ensevelie sous ses ruines, lorsque, au commencement du xvr, Erasme fut soupçonné de vouloir la réveiller, mais il se justifia de cette imputation. On n'en pourrait dire autant de la Réforme : l'arianisme ressucita du principe même de sa constitution, qui soumet tous les dogmes de la religion à l'examen particulier. Capiton, Cellarius, Servat, guiaés par ce pnncipe, combattirent la consubstantialité du Verbe. L'arianisme se répandit en Allemagne, en Pologne, en Hollande, en Angleterre, à Genève, et forma une infinité de sectes en ces différents pays. Parmi les noms inscrits sur la liste des nouveaux ariens, on distingue les Locke, les Newton, les Clarcke, les Whiston, les Leclerc, les Sandius et les Zuickerfi. Heureusement, l'arianisme moderne, réduit à n'être qu'une erreur systématique, n'a point fait de fanatiques comme l'ancien. Néanmoins ses progrès ont paru si alarmants pour la religion en Angleterre, qu'on y a fait, dans le siècle dernier, pour le combattre, une fondation semblable à celle que Boyle avait faite, dans le siècle précédent pour combattre l'athéisme. S'il rallait convenir qu'aujourd'hui, un grand nombre de théologiens de TAllemagne protestante sont bien au-delà de rarianisme^ on devrait en gémir sans doute I Eh bien, il en est ainsi I
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A Texception de deux lettres, Tune adressée à Eusèbe de Nicomédie, et qui nous a été coDservée par Théodoret, et l'autre écrite eu son nom et au nom de ses f)artisans, à Alexandre, évêque d'Alexandrie, et qu on retrouve au livre des Synoàes de saint Athaoase, on ne dit pas qu'Arius ait écrit autre chose que les Cantiques burlesques dont nous avons parlé, pour propager sa doctrine dans les campagnes et l'insinuer plus facilement iusque dans les dernières classes du peuple. Il y en avait pour les matelots, les meuniers, les voyageurs; en un mot, pour tous les corps d'état qui com-
Ksent la société, depuis le laboureur jusqu'à rtisan ; mais le plus fameux, connu sous le nom de JAa/t>, était celui qu'il avait écrit-sur la mesure et sur l'air des chansons efféminées que Sotade,poëte païen, avait composées autretbis pour les festins et les danses profanes. On en retrouve quelques extraits dans les livres que saint Athanase a écrits contre rbérésie ces ariens. Il y a lieu de croire qu'il avait entremêlé ses chants de récitatifs en prose, afin de les accommoder mieux à riuteûigence et aux habitudes de ses lecteurs.
ARNALLI (Raymond), moine de Saint-Victor de Marseille, avait été envoyé & Rome pour des affaires importantes de sa communauté. Le cheval qu il montait étant venu à lui manquer en chemin, il prit conseil de lui-môme. Ne pouvant avancer, moins encore terminer sa mission, il eut honte de s'en retourner sans avoir rien fait. Pour que son voyage ne lui fût pas inutile, il conçut donc lo dessein d'étudier la jurisprudence en Italie, k l'imitation d'un grand nombre d'écoliers qui y affluaient de toutes parts, et surtout de sa province, pour le même ot^et. U écrivit à Bernard, abné de Saint-Victor, pour ea obtenir sa permission, le priant en même temps de subvenir aux frais de cette étude, ou d'en charger le prieur de Pise, car c'était en cette ville c[u il se proposait de séjourner. Il lui promet qu'en cas de progrès dans la science du droit, il n'en abusera pas pour faire le métier d'avocat devant les tribunaux séculiers, mais qu'il consacrera toutes ses connaissances à soutenir les intérêts de son monastère. Cette lettre, qui ne porte pour signature que la première lettre du prénom de l'auteur, qui est un R, est adressée à son abbé, qu'il ne désigne également que par l'initiale de son nom, (]ui était fiernard, qui fut, en effet, abbé de Saint- Victor depuis 1065 jusqu'en 1079. Une autre lettre adressée au même abbé Bernard en désigne positivement Raymond Arnalli comme l'auteur. On la trouve imprimée dans le I" tome de la grande collection de dom Mar-
tenne.
ARNAULD DEBONNEVAL,queron nomme aussi quelquefois Arn^uld de Chartres , parce qu'il était abbé de Bonneval en ce diocèse, était ami de saint Bernard, qui lui écrivit sa dernière lettre, quelques jours avant sa mort. Jeune encore, il lit profession de la rèî^le de saint Benoit dans l'abbaye de Mar-
moutiers, et il en fut tiré pour gouverner celle de Bonneval, après la mort ou l'abdication de l'abbé Bernier, vers l'an 1144. Arnauld eut beaucoup à souffrir dans le gouvernement de son abbaye. Le persécuteur inconnu qui avait tourmenté ses trois prédécesseurs le traita si inhumainement, qu'il fut obligé de se pourvoir à Rome. Arnauld fut reçu avec honneur par le pape Lucius U, qui lui accorda un privilège pour son monastère. Cette grâce du saint-siége ne le mit pas à couvert.de la persécution, et il fit un second voyage à Rome, sous le pontificat d'Adrien IV, pour obtenir la permission de quitter son abbaye. U retourna k Marmoutiers, où il mourut quelques années après. L'histoire ne fait point connaître ce persécuteur des abbés de Bonneval, mais il parait qu'il était étranger au monastère. Le Martyrologe de France fait mémoire d'Arnauld comme d'un homme de pieuse mémoire, aussi célèbre par son savoir que par ses vertus.
Vie de saint Bernard. — Presque aussitôt après la mort du saint abbé de Clairvaux, les religieux de ce monastère, connaissant l'amitié qu'il avait eue pour Arnauld, l'engagèrent à continuer l'histoire de sa Vie, commencée par Guillaume de Saint -Thierry. U reconnaît dans sa préface qu'il y avait & Clairvaux des hommes instruits, aussi capables que lui de mettre la dernière main à cet ouvrage, mais que, cherchant leur gloire plutôt dans la croix de Jésus-Christ qu'à composer des livres, ils se déchargeaient volontiers sur les autres des travaux qu'ils eussent accomplis eux-mêmes avec plus de
Eerfection. U marque aussi que le premier istorien, Guillaume de Saint-Thierry, était mort. L'ouvrage d'Arnauld forme le second livre de la Vie de saint Bernard. Il le commence au pontificat d'Innocent II et le finit au différend qui s'éleva entre le roi Louis le Jeune et Thibauld, comte de Champagne.
C'est & tort, comme Ta prouvé dom Mabillon, que cet ouvrage a été attribué à un autre Arnauld, abbé de Bonneval en Dauphiné.
Des œuvres cardinales de Jésus^Christ, — Arnauld ne mit point son nom à la tête de ce traité, ce qui l'a fait faussement attribuer à saint Cyprien, mais il se fait sufl[isamment connaître au pape Adrien IV, à qui il le dédia. On ne peut donc en mettre la pubUcation avant l'an 1154, époque où Adrien fut élevé au suprême pontificat. C'est un composé de douze discours moraux qu'il avait prononcés au jour de la célébration des mystères qui en font le sujet. Tous ces mystères ont rapport à Jésus-Christ ; ils sont le fondement de la religion qu'il a établie ; c'est pour cela qu'Arnauld a intitulé son traité : Des œuvres cardinales de Jésus-Christ. Voici ce qu'ils nous ont offert de plus remarquable.
Dans tous les temps il a été nécessaire d'expier par quelques remèdes le péché originel, qui s'est communiqué à toute la postérité d'Adam. Ces remèdes ont été ou les