‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 39 sur 105 · ATB · texte numérisé non relu

ATB

Eils, ils allèrent jusqu'à faire une créat'ire du Verbe, en soutenant qu'il avait été tiré du néant.

Les ariens n'avaient qu'un but, dans tous ces conciles et {)ar toutes ces professions de foi, dont la dernière anathématisait toujours toutes les précédentes, c'était d'abolir le co'^cile de Nicée et d'effacer de ses canons le terme de consubstantieL Atbanase soutient avec vigueur la défense de cette expression, dans la troisième partie de son traité ; et il la venge suffisamment de leurs attaques en la montrant comme un terme accueilli avec applaudissements par les évéqnes rassemblés à Nicée de toutes les parties de la chrétienté. Il termine son traité par la lettre de Constance aux évoques de Rimini et par la réponse qu'ils y firent; mais il remarque lui-même qu'il n'y avait ajouté ces deuï pièces qu'après coup.

Vie de saint Antoine, — Ce fut environ vers l'an 365, à la Qn des persécutions qu'il avait subies, et comme it demeurait encore dans la solitude, qu'à la prière des moines, Atbanase entreprit d'écrire la Vie de saint Antoine. Cet ouvrage, composé en grec, fut presque immédiatement traduit en latin par Eva^re, qui n'était alors que prêtre, et qui devint plus tard évêque d'Antioche. Quoique tronquée, on ne peut douter que cette pièce ne soit l'œuvre de saint Alhanase, puisque les meilleurs critiques du temps, saint Grégoire de Nazianze, saint Jérôme, saint Augustin, Pallade, RuQn et plusieurs autres, la plupart contemporains, s'entendent pour la lui attribuer. Cette Vie a été composée sur les souvenirs que le saint docteur avait rapportés du désert à la suite de ses persécutions, et sur les confidences des solitaires qui, dans un but d'édification, avaient trahi le secret des vertus de leur pieux fondateur. Pas plus qu'aucun des Pères de son époque, qui ne manquaient ni d'esprit, ni de capacité, ni de critique, saint Atbanase ne révoque en doute ni les tentations, ni les combats que 1^ pieux anachorète eut à soutenir contre les démons ; et il trouve, dans plusieurs passages de l'Evangile, des textes qui établissent et qui justifient leur puissance.

Traité de ^Incarnation. — Il serait difficile de dire en quel temps saint Atbanase com-

J)osa cet ouvrage ; cependant on ne peut en aire remonter la publication avant le commencement de l'an 360, puisqu'il y combat les anoméens et les macédoniens qui, avant cette époque, n'avaient pas encore répandu leurs erreurs.

Ce traité est divisé en trois parties. Dans la première, le saint docteur répond aux objections des anoméens contre la divinité de Jésus-Christ, en appliauant tous les passages objectés, soit de l'Ancien, soit du Nouveau Testament, à Jésus-Christ comme homme et non à Jésus-Christ comme Dieu. La seconde partie traite de la divinité du Saint-Esprit, et démontre, par les raisonnements théologiques les plus concluants, qu'il est consubstantiel aux deux autres person-

nes de la Trinité t 1* parce que, partout oik TEcriture parle du Père et du Fils, elle y joint toinours le Saint-Esprit et n'oublie jamais de le glorifier avec eux ; â* parce que le baptême nous est donné au nom du Saint- Esprit aussi bien qu'au nom du Père et du Fils, et que, par ce baptême, nous devenons fils de Dieu, les trois personnes entre elles ne formant qu'un seul Dieu ; 39 parce que saint Paul attribue au Saint-Esprit les paroles que le prophète Isaïe attnbue au Père, et l'apôtre saint Jean au Fils ; d'où il résulte clairement que le Père, le Fils et le Saint- Esprit ne sont qu'un seul et même Dieu ; h* parce que l'Ecriture dit du Saint-Esprit ce qu'elle affirme du Père et du Fils, en assignant également aux trois personnes les mômes opérations. Saint Athanase insiste beaucoup sur cette dernière preuve, et l'appuie d'un grand nombre de textes gu'il est lacile de vérifier dans les Ecritures. La troisième partie est employée tout entière à {trouver la divinité de Jésus^hrist contre es ariens, en faisant voir qu'il y a eu lui deux volontés en rapport avec ses deux natures, ce qui établit evideonment la distinction entre sa divinité et son humanité, et démontre l'existence de toutes les deux.

DetÂX livres contre Apollinaire. — Saint Athanase composa ces deux livres dans les dernières années de sa vie, et peu de temps après sa lettre à Epictète, c'est-à-dire vers l'an 372.

Il commence le premier par le détail des erreurs d'Apollinaire, et il ne lui est pas difficile de montrer qu'elles n'ont entre elles aucune liaison. Apollinaire avait été un des plus zélés défenseurs de la consubstantialité du Verbe; il l'avait prouvée contre lés ariens

f^ar une infinité de passages dans lesquels 'Ecriture donne à Jesus-Cnrist tous les attributs de la divinité. 11 jugea donc que le corps de Jésus-Christ n'avait pas été créé, mais qu'il était descendu du ciel, et par conséq>ient d'une autre nature que le nôtre; ea sorte qu'il avait été homme plutôt en apparence qu'en réalité; que la chair de Jésus- Christ était consubstantielie à sa divinité; que le Verbe n'avait pas pris d'&me raisonnable ou d'entendement humain, parce que l'âme raisonnable est la source du péché; mais seulement la chair, c'est-à-dire le corps et l'Ame sensitive, la divinité ayant présidé à toutes ses actions et rempli en lui toutes les fonctions de l'entendement ; enfin, que le Verbe n'était en Jésus-Christ que comme il était dans les prophètes, un don de Dieu et une émanation du Saint-Esprit. Sans nommer Apollinaire, qui ne s'était pas encore déclare ouvertement, saint Athanase montre, conlradictoirement è ses doctrines, qu© J^" sus-Christ étant né des hommes selon la chair, qu*étant mort et ressuscité, ainsi que l'avaient annoncé les prophètes et qu'il 1 a-* vait prédit lui-même, on ne peut dire (juo son corps soit descendu du ciel, ni qu'i' " *" été homme gu'en apparence. La chair, pour avoir été unie à un être incréé, n'en esX pa^ devenue pour cela céleste et îndréée, puisque

Atll

DICnOMMAmE 1» PATROLOGIB.

ATH

cette union s'est accomplie. dans le sein de la vierge Marie, puisque Jésus-Christ est né, qu il a été enveloppé de langes, couché d.^ns un berceau, déposé entre les bras de Siméon et circoncis dans le temple suivant la loi; puisqu'à mesure qu'il avançait en Age, il a pris de Taccroissement; puisqu'il a souffei t, qu'il est mort et qu'il est ressuscité. Tant de vicissitudes ne sauraient être le partage d'un corps céleste et incréé !

Il témoigne, en second lieu, par divers endroits de l'Ecriture où il est parlé de l'incarnation et de la rédemption, que la chair ne saurait être consubstantielle à la Divinité, puisqu'il s'ensuivrait que la Divinité a été capable de nattre, de souffrir et de mourir, et que ces accidents se seraient produits non-seulement dans le Fils, mais dans le Père et le Saint-Esprit, de sorte que la chair divinisée eût formé comme une quatrième personne dans la Trinité.

Passant au troisième chef des erreurs d'Apollinaire, il prouve, par le nom même de Jésus-Christ, qu'il est Dieu et homme tout ensemble, et il fait voir enfin que le Verbe n'est pas descendu en lui, comme en l'un des prophètes; car qui d'entre eux, dit-il, étant Dieu, s'est fait homme? Pourquoi la loi sous laquelle les prophètes ont vécu . n'a-t-elle rien conduit à sa perfection? Pourquoi Jésus-Christ dit-il : « Vous ne serez véritablement libres que si le Fils vous met en liberté. Si ergo vos FHius liberaverit vere tiberi eritisf » Saint Jean, ch. viu, V. 36.

Dans le second livre, saint Athanase entreprend de démontrer que Jésus-Christ est vraiment homme, par son nom même de Christ, oui renferme l'idée d'humanité dans sa signification; par les évangélistes saint Matthieu et saint Marc, aux livres desquels nous lisons que Jésus-Christ est né du Saint- Esprit et de la vierge Marie, de la race de David, d'Abraham et d'Adam; par saint Paul, qui dit, dans plusieurs endroits de ses épttres, que Jésus-Christ a pris dans le sein de la Vierge tout ce qui est de l'homme, excepté le péché, c^est-à-dire tout ce qui est créé de Dieu, excepté le mal qui est l'ouvrage du démon. Si le Christ est homme, coulaient encore les apollinaristes, il fait donc partie du monde; or une partie du monde ne saurait sauver le monde tout entier.

int Athanase qualifie ce sophisme de diabolique, et il j répond par ce mot du nsalmiste : « Ce que le irère ne rachète point, rbomme le rachètera : Si, fraier non rtdimit, redimei homo. » 11 est donc clair gu'en se disant chair le Verbe a communiqué une surabondance merveilleuse de grâces à la nature dans laquelle le péché avait été commis ; c'est-à-dire qu'en la prenant sans péché, il l'a conservée sans péché, afin de pouvoir la livrer à la mort, pour racheter le péché. Le péché n'est donc pas essentiel à la nature de l'homme : c'est moins une substance qu'un accidenti un héritage du pre^^

mier père, un vieux levain de corruption déposé dans les Ames par la transmission du

Sremier péché. Enfin, il réfute le blasphème es apollinaristes, qui, voulant que la divinité tint lieu d'Ame en Jésus-Christ, soutenaient que Dieu avait souffert dans*la chair du Sauveur. Il montre que la Divinité est impassible, incapable de crainte, de souffrance et de mort, et que si Dieu a souffert en Jésus-Christ, il a souffert dans la nature humaine à laquelle il s'était uni, et nullement en sa nature divine ; autrement les juifs auraient vaincu Dieu, et il ne serait plus ni immuable, ni éternel.

Commentaire sur tes psaumes. — Marcellin, un des amis de saint Athanase, relevait de maladie, et pendant sa convalescence il s'occupait de l'étude des saints livres, et surtout de l'étude des psaumes. Pour lui en faciliter l'intelligence, le pieux docteur lui écrivit une longue lettre sur la manière de les interpréter avec avantage pour l'esprit ^t pour le cœur. Cette lettre est citée avec éloge par Cassiodore et par les Pères du septième concile œcuménique. C'est l'analyse de cette lettre que nous donnons ici, en lui restituant son véritable titre de Commentaire des psaumes.

Au dire de saint Athanase, il n'est qu'historien dans cet écrit ; ce n'est pas en son nom qu'il parle, il ne fait que rapporter les sentiments d'un saint vieillard sur l'intelligence et le mystère des psaumes. Il dit donc après lui : « Qu'encore qu'on puisse remarquer l'unité d'un môme esprit dans tout le corps des saintes Ecritures, cependant le livre des psaumes a une gr&ce qui lui est propre et qui mérite une attention particulière, c'est qu'il n'est personne qui ne Suisse y découvrir les passions de son Ame dèlement décrites et naïvement représentées, les changements qu'elles opèrent, les ravages qu'elles produisent , et personne,

ar conséquent, qui ne puisse apprendre, e la lecture et de la méditation des psau-^ mes, à les connaître, à les captiver et à réformer ses mœurs. Outre les lois marquées dans les autres livres de l'Ecriture, outre les prophéties touchant l'avènement du Sauveur, outre l'histoire des rois et des saints qui se trouvent.également dans les psaumes, chacun peut y découvrir encore ce qu'il doit faire pour guérir les maladies de son coeur.» On y apprend, non-seulement qu'il faut faire pénitence, ce que les autres livres de l'Ecriture nous enseignent, mais encore comment il faut la faire, comment il &ut souffrir les afUictions, comment il faut rendre grAces au Seigneur, comment il faut se conduire dans les persécutions, quels sont les persécuteurs qu'A faut braver et quels sont les persécuteurs qu'il faut fuir, quelles prières nous devons employer, de quels termes nous devons nous servir pour converser avec Dieu, pour l'appeler à notre secours ou pour le remercier de notre délivrance. A la réserve des prophéties qui concernent Jésus-Christ, chacun peut s'appliquer ce qu'il découvre

dana las psaumes, chacun peut s'j reconnat-

(UK

AttI

DlOIMitoiÉlMi i^ PiMaUùfm.

AM

tre>0)9imiie«*HdiseU«6S pvoppes paroleâ^ ohâr -^ oitn hss jpeç«it,H)baoiin les ohantev^lHicua les lit, coa>Hie si 4t>ittes ces choses le tef^rdaient en partîeulier et n'avaieftt été écrites que ipom* liri «eal. Il remarque que les psaumes peuvent être divisés -en différentes 'Classes, selon les difTétreots modesidaBS lesquels ils ont été tcomposés. ii y en a qvA sont écrits dans un sftyle prophétique, d'autres qui ont le style de Thistorien qui narre et qui raconte ; {plusieurs sont des :i)Pières, <un plus (grand nfMDQbpe un chant «de louanges et des >cdn tiquas d'aotions de|;rûoes.; en sorte qu'ils peuvent être utiles dans tottt^ les positions, dans tous les événements de la vie. Il entre dans .le détail de ces positions, il énumère tous ces événements, et il indi-

3ue pour chacun le psaume j^u'il convient e réciter. .11 condamne Topinion de ceuK qui se persuadaient qu'on ne chantait les psaumes qu'à cause du plaisir que Toreille trouvait dans la mélodie du chant. Oh les ebanle, dit-il, comme David les chantait do-, vant Saiil pour bannir la passion furieuse de ce prince, pour rétablir son âme dans le calme et dans la paix, et pour se rendre luimême agréable à Dieu. C'est ainsi que les {»rêtres chantaient autrefois les psaumes 4 es «peuples rentraient en eux-mêmes à ces divins accords, et semblaient se réunir aux concerts éternels que les esprits bienheureux chantent autour du trône de Dieu. Enfin il veut qu'on Tegarde tout ce qui est dans les psaumes comme inspiré de Dieu, qu'on en respecte jusqu'aux termes, défendant de toucher même aux plus simples, sous ^prétexte de les remplacer par de plus élégants. Il fait dire au saint vieillard dont il rapporte le discours, qu'il avait appris de gens prudents iBt dignes de foi, qu'autrefois dans Israël la simple lecture des livres saints suffisait pour chasser les démons et déiouer tous les pièges qu'ils tendaient aux hommes. Aussi disait-il que ceux-là étaient dignes de tout blâme qui, dans les exorcismesi, au lieu des paroles de r£criture, en employaient de leur invention. Cette prétention à l'élégance du langage les rendait souvent la risée des démons, comme il arriva aû)c enfants du juif Scéva,'dont il est parlé aux Actes des apôtres.

Outre ces réflexions générales sur les psaumes, saint Athanase les expliqua tous en parlioulier, comme le témoignent Théodorel, saint Germain de Constantinople, le pape Adrien'r% et {)lusieurs autres écrivains ecclésiastiques, qui rapportent divers fragments de ses Commentaires sur les p$aum0^ Dans les OËuvres de saint Athanase traduites en latin, ces commentaires prennent le titre d'Expositions. H parait que ceux que nous ayons ai\jourd'hui sous son nom sont indubitablement de lui ; car on j^ remarque son style, certaines locutions qui lui sont particulières, et qui se retrouvent fréquemment dans ses écrits. Par exemple, dans ses livres sur les ariens, il s'applique à prouver que Vliomme ne pouvait être racheté que par l'incarnatioa de Jésus-Christ i il établit la

mdmaehoae-daAS «sas^CeflaairatBii^. il est particulier à saint Athanase âe désigner le Fils unique de Dieu .par le 4arHie appellatil de bien-aimé ; il est désigné sous le même nom dans le Commentaire dont^nous .parlons. <I'est la coutume de samt Aibanase, lorsqpi'ilcombat les ariens, de désigner le FUs de Dieu comme^ubstantiel (à son Père, et de donner à la sainte Vierge 4e titre de Mère de Dieu ; l'auteur du Commentaire se sert des mêmes expressions ; il va même jusqu'à donner plusieurs ^ois à Jésus-Christ la qualification d'Momo dominicuà^ et ou a vu,rpar l^analyse que nous avons iàiltQ de ses écrits, que c^est .là un terme jparticulièrement anectionnë par le saint doctaur. Nul doute donc que ce Commentaire ne soit sou œuvre, d'autant plus qu'il ne laisse nasser aucune occasion d'établir la divinité de iésus-Christ, si vivement attaquée xiar les ariens, et si clialeureusement défenaue par le saint patriarche d'Alexandrie. Certes, nous ne sommes pas de ces critiques qnî revendiquent jtisqu'à la defniîère page, jtisqu'à la moindre "phrase, jusqu'au plus petit mot, pour en laire hommage à la mémoire de rauteor dont ils louent le talent et les vertfts. Au contraire, nocrs aimons t recomiaître dans l'ouvrage de saint Athaoarse plusieurs passages tirés des écrits dX)rïgèiie, de t)idyme, a'Apollfnaire, d'Késychias et de quelques autres.; mais quel est i'afuteuT, et strrtout quel est Je commetïtateur qui n'ait pas proQté flu trarvail de ses devandersî Saint Athanase l'a fait, et il a bienfait; pour expliquer les livres saints, on ne saurait s'efftourefT de firop de lumière, eft on ne saorait jamais perdre en allant puiser ses connaissances aux sources de l'Eglise, c'eslànlçre aux sources de la vérité. Dans oe travail purement explicatif, sans précisémeoC négliger l'intelligence de la lettre, saint Athanase s'applique ^artont -à développer \^ sens morale et il le fiiit aTec beaucoup da netteté et une remarquable précision. Poa^ tant il met ordinairement, en tète du psaume qu'il entreprend d'expliquer, nn-argameot ott sommaire qui reproduit en pem de mots le sens littéral de tout le jpsaeniie. Il a coattime aussi, pour déteunther le sens d'ua verset, d'en [\\et la ponctuation ; et pour cela il a recours tion^seulemewt au teite hébreu, mais aussi aux v^sioiis d'Aquila» de Symmaque, dt« Sepian«è ^ de Tbéedotion, ce qui lui donne la facilité de rendre ses exphoatioas plus (daires^ plus ortâHH doxes et plus cottholiq^uenient précises. Il propose 9on «entiœent i^u* tes auteors des

Ssaumes, il recoaaait que la ^k^ipart sont «e )avid ; mais il n'hésite pus À en attribuer un certain nombre à ceux dont ils portem le nom ; il dit qu'on en « fait honneur à David, quoiqu'il n'en fût pas l'autettr, p»<^ qu'il av.ait choisi lui-même les chantres qui lesontcom|K)sés. Sur la fin de ce Commentaire, il avertit les solitaires, en faveur de qui il paraît avoir travaiUé, d'étadier avec soin le sens de chaque mot, et de so bieu persuader, lorsqu'ils voient le P$aliaiste s^

km

mçmmu^âm^ifiaiBÊUBaM.

klti

Sk

répandre en imprécations contre ses ^oœ^ mis, que c*est aux démons qu'il en ^veui, c*eât-è*^ire aux ennemis de noire salut.

Outre les ceuvrea dont nous venons «de rend recompte dans une analyse -sucoinde^ei rapide, le eélôbre critique D. Montfaucon, qui avait fait une étude .particulière des tna* vaux du saint docteur,, rappelé encore plusieurs fragments d'écrits qui n'ont jamais été complets, ou qui ne sorU, jamais parvenus entièrement jusqu^à nous.

C'est ainsi qu'il reproduit deux fragments assez longs d'une explication du .livre de lob, tirés l'un et Vautre* de divers écrits de saint Aibanase ; le premier du second discours contre les ariens», -le second de la. première lettre à Sérapion, évéque de Thumes; nous ne voyons rieti d'ailleurs qui puisse nous autoriser à lui attribuer un^^ommenniire .particulier sur ce livre.

Hais on ne peut douter qu'il n'ait com»menté \"lEcclésiaste et le Cantique des canêi--

Sus ; Photius le dit expressément, et les agments aue nous .possédons sur le dernier de ces livres n*ont rien qui ne soitTraiment di^^na de saint Athanase.

Tious avons de saint Atbanase plusieurs longs fragments de Commentaires sur l'Evangile de saintlilatthieu; plusieurs anciens manuscrits les lui attribuent; mais saint -Jérôme, Théodoret, ^Photius, n'en disent rien, et il nous semble difficile que ce saint évoque, presque constamment éloigné de son église par les persécutions, ait trouvé assez de loisir pour suITireà tant de travaux. Nous dirons la même chose du Commentaire sur rfivangile de saint Luc;1*auteur y fait paraître du zèle pour la défense de la divinité du Verbe et la gloire de Ja Vierge, qu'il appelle Mère de Dieu.

On ne voit nulle.part qu'il ait expliqué les Epttres de saint Paul , et on doute que ce que nous avons sous son nom soit de lui.

U n'en est pas de même de VExplieatiou duSymboUy qui nous paraît convenir parfaitement à saint Athanase. Elle commence absolument comme VEasposUion de /biqu'il adressa à l'empereur Jovien. L'auteury emploie le terme (Thypostase pour signifier la substance, ce qui était en usage de son temps, et ce que le saint docteur a fait luimême, comme nous avons d^jà eu occasion de le remarquer.

Théodoret fait mention d'un grand discours sur la loi; le pape Célase on parle aussi, et on ne doute point que Rufin ne 1 ait eu en vue lorsqu'il en cite un do saint Athanase, où Jésus-Christ se trouve désiené par cette appellation Homo Dominieus. En effet, ces mots se trouvent répétés jusqu'à sent fois. Ce discours, longtemps cache, a été enfin rendu au jour en 1706, dans la fameuse Collection des Pères grecs recueillie et publiée par dom Bernard de Montfaucon. Saint Athanase y bat en ruine Thérésie d'Arius, et réfute sans peine les sophismes dont on clierchait à l'appuyer. Il s'applique

particulièrement h établir la différence ex-

piinlAe par HËcrttoneJëntre hmrtWttreTiti^ m^ine ret'la nature divine 'ite Qésus-^OhrMt ; il fait' remarquer qù^éUe'iS'^tnrime toiit au- Iremeot lorsquWte»peWe 'de 'l'homme conçu auaeintde llarie,<etdu i^eybe engendré du Pèfe avant tous lies aièôtes. Enfin, il fait ressortir le ridicule de ceux qui s'autorisaient de ces paroles de saint Jean i^Bt VeHmm earo ^l«im'0#l,<pour affirmer que le -Verbe s'était matérialisé en ae faisailt homme.

On trouve, à la «litede eeigrand discours, deux fragments bistoriques, l'un de 9alr1t Athanase, où il TOG4iiite «dmment Vatll de Samoaate, secondé par 'unfe ^femme juives noram'ée''Zénobie, était ^parvenu à répandre ses erreurs»; cependant, -ajoute^t-il, m protection de cette femme ne l'empêcha pas d'être condamné par les évèques assemblés au concile, et déposé de l'épiseopat. iL'autre fragment contient le récit de lacon^imtion d'Etienne d'Antioehe, contre Euphratas et Vincent, que l'empereur Constant avait envoyés au concile de Sardique pour y plaider la cause du saint patriarche d'Alexandrie; ce qui fait douter . avec raison que cet écrit soit vraiment son ouvrage

Il en est des écrits de saint Athanase comme de ceux de bien d'autres auteurs. Ils ne sont, pas tous de la même beauté, ni composés avec le même soin, le même poli, la même perfection. Xais chez lui cette diffé^ rence a été moins un effet de l'Age que du défaut de loisir ; car, par sa lettre à Epic« tète et par quelques autres ouvrages publiés sur la fin de sa vie, on voit qu'il écrivait alors avec autant de feu que dans un Age moins avancé. Hahituellemant, il sait .proportionner son style à tous les sujets, le soutenant toujours à la portée des personnes à qui il parle ; il assaisonne son discours de tant de grâce, de forée ôt de modestie, qu'on entre naturellement et commede soi-même dans l'intelligence des vérités qu'il établit. Ses raisonnements sont vifs, concluants;, bien suivis; sf^s preuves sont claires et:presque toujours appuyées de l'autorité des Ecritures. Souvent, pour les rendre plus sensibles, il les accompagne de. paraboles, de similitudes si familières aux Orientaux. Quoique son langage soit très-pur, on ne laisse pas d'y remarquer de teitips en temps quél-

2ues tournures exotiques, quelques termes Irangers. Appnremment qu'il se les était appropriés pendant ses voyages et son séjour en 'Occident. Son style est net, simple, limpide, dégagé de tout ornement superflu ; mais il est plein de "sens, de vivacité, de force, et surtout d'une ténacité de'logiquo inébranlable, ^s lettres et ses apologies sont écrites avec une grâce naturelle, qui n'exclut ni la noblesse, ni la gratideur. Ses Commentaires sont un modèle de précision sans obscurité; dans ses ouvrages historiques, jamais le récit nese trouve interrompu par des digressions inutiles et hors de propos ; Tif et aninié dans ses polémiques, ilne craint point d'user de termes durs conlre'les ennemis de la vérité. Qui sait? en les cou* vraut d'uae confusion aalutûrci peut^y^

ATH

DICTIOMMiliRE DE PÂtROLOCtË.

ATH

les ramènera-t-il à l'amour du vrai T et en* core que sa sévérité manquerait son but à leur égard, elle servirait toujours à inspirer aux fidèles un saint éloigqement de leurs doctrines et de leurs mœurs. Mais quand il traite des matières de la religion avec ceux qui ne les discutent que pour les mieux comprendre, il le fait avec un zèle et une complaisance qui ne peuvent être surpassés que par son affabilité et sa douceur. Enfin, pour résumer notre opinion par les mots qui nous ont servi à rétablir dès le commencement« nous dirons, encore une fols,

aue si Athanase n'a pas été le plus grand es écrivains ecclésiastiques, il a été le S>lus intrépide parmi les défenseurs de la 6i.

ATHÉNAGORE.— L'histoire ne nous ap-

«rend presque rien de la vie d'Athénagore. )n sait seulement qu'il était d'Athènes, qu'il vivait sous le règne de Marc-Aurèle et de son fils Commode, et que de philosophe

Saïen il devint un des plus zélés défenseurs e la religion chrétienne. Un auteur du v* siècle rapporte sur lui diverses particularités ; entre autres, qu'il fut le fondateur de la célèbre école d'Alexandrie, et qu'il eut pour disciple saint Clément; mais nous ne voyons nulle part que les savants aient jamais ajouté beaucoup de foi à ces assertions. Nous avons d'Athénagore deux ouvrages considérables : le premier est 'une apologie de la religion, présentée aux empereurs Marc-Aurèle et Commode, sous le titre de Légation pour les chrétiens: le second est un Traité de la résurrection des morts. Eusèbe ni saint Jérôme ne parlent de cette apologie; mais saint Méthocie, évèque d'Olympe et martyr sous la persécution de Dioclétien, en cite un passage sous le nom d'Athénagore. Du reste, tous les manuscrits grecs la lui attribuent, et elle réunit tellement tous les caractères d'une pièce originale, que personne aujourd'hui ne lui en conteste l'authenticité.

Dès le commencement de ce plaidoyer, Athénagore se plaint que les chrétiens soient les seuls qui n aient point la liberté de vivre suivant leurs lois et leur religion; tandis qu'il est permis à tous les autres peuples de suivre celles qu'ils ont reçues de leurs pères, si ridicules et si déraisonnables qu'elles puissent être. L'auteur s'applique ensuite à justifier les chrétiens de toutes les calomnies qu'on imaginait contre eux. Il entre dans le détail des crimes dont les païens les accusaient et il les réduit à trois principaux. « Il en est trois, dit-il, que l'on nous reproche ordinairement : l'athéisme, les repas de chair humaine, les incestes. Si nous en sommes coupables, n'épargnez ni Age ni sexe; mais si ce sont des ^calomnies sans fondement, c'est à vous d'examiner nos mœurs, notre doctrine, notre attachement à votre service» et de nous accorder la môme justice qu'à nos adversaires. »

II lave les chréliens du reproche d'athéisvx^p en disant qu'ils sont bien loin de pr(h

fesser les sentiments de Diagore gui, ne reconnaissant aucun dieu, ne faisait pas difficulté d'allumer son feu et de faire cuire ses aliments aux dépens d'une statue d'Hercule qu'il possédait dans sa maison, sans se préoccuper le moins du monde de l'injure qu'il faisait à cette prétendue divinité. Les chrétiens adorent un Dieu unique, créateur de tout, qui n'a point commencé et qui a tout

Êroduit par son Verbe. Les poètes, comme iuripide, Sophocle et plusieurs autres ; les Shilosophes, comme Aristote, Platon et les toïciens, n'ont reconnu qu'un esprit souverain qui a fait tous les corps, ou du moins qui les gouverne, et ils ont enseigné sur ce sujet à peu près la môme d(jctrine que les chrétiens. « Pourquoi donc, ajoute-t-il, laisset-on aux autres la liberté de dire et d'écrire tout ce qu'ils veulent sur la Divinité, quoiqu'ils ne soient dirigés dans leurs recherches que parles faibles lumières de la raison; tandis qu'on déploie toute la sévérité des lois contre nous, qui pouvons donner des preuves certaines de notre foi ?» Il proare ensuite, et par la raison et par l'autorité des prophètes, qu'il ne peut y. avoir qu'un Dieu, que ce Dieu est étemel, invisible, impassible, incompréhensible, immense, qui ne peut être connu que par la pensée et que les chrétiens adorent.

« Ce Dieu, poursuit Athénagore, a un Fils qui est son Verbe, c'est-à-dire son idée, sa vertu, par qui toutes choses ont été faites; et ce môme Esprit qui a parlé dans les pro-

t^hètes, et qui pour nous est aussi un écouement de Dieu, qui en procède comme le rayon procède du soleil. Qui donc n'aura pas lieu de s'étonner qu'on nous accuse d'athéisme, nous qui reconnaissons un Dieu Père, un Dieu Fils et un Dieu Saint-Esprit, qui sont unis en puissance et distingués en ordre? Mais nous n'en restons pas là; nous reconnaissons encore une multitude d'anges et de ministres que le Créateur a distribués en différentes classes par son Verbe pour conserver l'ordre des éléments et des saisons, des cieux et de l'univers. » Athénagore entre ensuite dans le détail des mœurs des chrétiens, et montre combien ils étaient éloignés de tous les vices dont on les accusait, et particulièrement du crime d'inceste qui leur était publiçiuement imputé. Persuadés, selon leur doctrine, que Dieu est présent jour et nuit à toutes leurs actions, qu'il entend la moindre de leurs paroles, qu'il voit clair dans chacune de leurs pensées; est-il vraisemblable qu*ils veuillent se livrer par des crimes à la justice de ce ju^e tout-puissant? Non, ils sont si éloignés die se souiller par des incestes qu'ils ne se permettent pas môme des regards tant soit peu libres; et s'ils se donnent le baiser de paix dans leurs assemblées, ce n'est qu'avec une extrême précaution, et en bannissant de leur cœur la moindre pensée impure. « Chacun de nous, en prenant une femme, selon nos lois, ne se propose d'au ire but dans le mariage que celui d'avoir des enfants. Il imite le laboureur qui, ayant une fois confié son grain à la

tti

MCnOMMAIRE DE PATROLOGIE.

ATH

Btt

terre, attend la moisson avec patience. Il y en a même plusieurs parmi nous qui vieillissent dans le célibat, aGn de rester ainsi plus unis à Dieu. Enfin, ou nous demeurons yierges jusqu'à la mort, ou nous ne nous marions qu'une seule fois; car les secondes noces sont regardées parmi nous comme un honnête adultère.— Il n'était pas difficile à Âthénagore de réfuter la calomnie des repas de chair humaine. La patience que les chré« tiens faisaient paraître dans la persécution, n*osant même* résister à ceux qui les frappaient, montrait clairement c[u'on ne pouvait sans extravagance les faire passer pour homicides. Peut-on manger la chair d'un homme sans Ta voir tué, et si les chrétiens en étaient venus à de telles extrémités, auraient-ils pu se cacher de leurs esclaves ? Ils sont là, qu'on les interroge.— Comment en effet, dit-il, peut-on accuser de tuer et de manger des hommes ceux qui ne peuvent pas même assister au supplice d'un homme justement condamné, qui ont renoncé aux spectacles du cirque et des gladiateurs, dans la persuasion où ils sont qu'il y a peu de différence entre regarder un meurtre et le commettre? Il finit en remontrant aux empereurs que personne n'est plus digne de leur attention que les chrétiens, qui, tout dévoués au service de leurs princes, offrent à Dieu leurs prières pour la prospérité de l'empire.

Cette Apologie est suivie du Traité de la résurrection aet morts. On peut le diviser en deux parties. Dans la première, l'auteur expose que l'on n'a aucune raison de douter de la résurrection des morts, cette résurrection n*étant ni incropble en elle-même, ni impossible à Dieu, ni contraire à sa volonté. Car, quelques changements que subisse le corps d'un homme après sa mort, qu'il soit dévoré par les bêtes, consumé par le feu ou englouti dans les eaux, il est certain que Dieu peut réunir chacun de ses membres et les rétablir dans leur état primitif. Non-seulement il en a le pouvoir, mais il en a encore la volonté. S'il ne l'avait pas, ce serait ou parce que la résurrection des corps léserait les droits d'un tiers, ou parce qu elle serait indigne de Dieu. Or elle ne blesse personne, pas même l'âme, qui, ayant habité le corps pendant qu'il était mortel, doit l'estimer bien plus encore après qu'il est revêtu d'immortalité. On ne peut pas dire non plus que la résurrection soit indigne de Dieu ; car s'il n'a pas estimé qu'il fût au-dessous de lui de créer un corps corruptible et mortel, pourquoi croirait-il s'abaisser en le ressuscitant immortel et incorruptible? — Dans la seconde partie, Athénagore prouve le dogme de la résurrection, 1* par la fin que Dieu s'est proposée en créant l'homme, et qui est de le faire vivre éternellement ; 2" par la nature même de l'homme, qui, composé dès son origine d'un corps et d'une àme, aurait en vain été créé ainsi, s'il n'y avait qu'une de ces deux parties, c'est-à-dire l'Ame qui subsistât éternellement ; 3* par le jugement que rhomme doit subir sur toutes ses actions ;

piGTioRK. pm Pateologu.

car il n'est pas juste que l'Ame, nai par ellemême n'est point susceptible des plaisirs des sens, en porte seule la peine ; m que le corps, qui par lui-même est incapable de discernement, soit seul puni pour des péchés qui appartiennent particulièrement à la pensée ; 4* par la fin de l'homme, qui, étant né pour jouir des biens éternels, n^en jouirait pas complètement, si son corps, qui lui a servi d'instrument pour les mériter, ne se trouvait réuni à son Ame après la résurrection.

Voilà tout ce que nous savons des écrits d'Athénagore. Scultet lui attribue douze livres de sa Vie, écrits par lui-même; mais G'esner, sur l'autorité duquel il s'anpuie, n'en dit pas un mot.— Martin Fumée, seigneur de Genillé, a publié comme traduit d'Athénagore un roman intitulé : Du vrai et parfait amour. Mais peut-être cette prétendue traduction est-elle l'original même» ou tout au plus l'œuvre de Philander, à qui l'abbé Lenglet l'attribue. Ce qu'il y a de certain, c'est que cet écrit est de beaucoup

Î)Ostérieur au siècle d'Athénagore, puisque 'auteur, quel qu'il soit, remarque que de son temps la Grèce n'était plus florissante, et que les sciences étaient entièrement né-> gligées à Athènes, qui, longtemps encore après la mort du saint apologiste, passa pour la mère et la nourrice des philosophes, des orateurs et des poètes. Cependant, tout

au roman obscène des Amours de Théagène et de Chariclée.

Les œuvres d'Athénagore l'ont placé parmi . les lumières de l'Eglise et les plus neaux ornements des siècles chrétiens. On j trouve en efl'et beaucoup d'esprit, d'érudition, d'éloquence, et une connaissance approfondie des mystères de la religion. Ses ouvrages sont écrits avec méthode, mais le style en est peut-être un peu trop diffus, trop embarrassé de parentnèses, trop accidenté. Ses raisonnements sont soutenus et développés, avec une logique qui ne se clément nulle part, surtout dans son Apologie en faveur des chrétiens. Peut-être trouvera-t-on moins de force dans quelques passages de son Traité sur Jia résurrection des morts; mais nous

Îensons qu'il faut attribuer cette différence la difficulté de la matière. Il est peu d'auteurs dans l'antiquité qui se soient expliqués avec autant de précision que lui sur la divinité, l'unité de substance, la distinction des personnes; sur la génération éternelle du Verbe, et sur la procession du Saint-Esprit, qu'il nomme un écoulement de Dieu, de qui il procède comme le rayon procède du soleil, ou plutôt avec qui il n'est que le même foyer de lumière.

ATHÉNODORE, philosophe de Tarse, suivant Sévin, aurait enseigné les belleslettres à saint Paul, avant que celui-ci ne pensât à suivre les leçons de Gamaliel, ni à étudier les Ecritures aux pieds de ce fameux

kvi

DKmOHMAflUt M «AMOLeOIE.

Ait

sU)(A&wt <1« la M. ll.éUît palea, et i'hifltoirt i^e dit pdi» qu'il jge soU coay.erti à la prédication de son apcsÊû .éiscifie. Du reste» le Mvaat dam Calmât, ei après lui, |f . Tabbé Jai9ie6, qui a continôé et complété son l^tcfiowmr^ de la Bible^ nous aietteot en garde (CKMMce certaines j^articularités de lafaioille l»t d^ r<^ducation du ^rand ap6tre, qui ne méritent pas d'ètne ra4dportées. Ceux quidé- ^ireraj^ent de 4)las amples rensei^^nemcnis sur fifi |)j)ilosQûbe peuvent xîonsuUer la dissertation de Sevin et la notice placée en tète des OBUbvres d'Athénagore, parmi les écrivains orieiHaux du premier siècle de Tère chrétienne.

ATHÉNQGÈNE.-r- On peut ranger parmi les auteurs du m* siècle le saint martyr Athénogène, qui, au moment d'être consumé par les flammes, composa une Hymne au'ii laissa à ses disciples comme un gage e son amitié. Saint Basile la cite avec éloges, et met Athénogène au nombre de ceux qui ont parlé d'une manière orthodoxe de la divmité du Saint-Esprit. On croit qu'il souffrit le martyre dans la persécution de Dioclélien, maiâ cela ne aous parait pas suffisamment démontré. Les actes de son martyre, attribués à Métapbraste, ne nous présentent aucun air de vérité.

ATTJKIUS, éyéque de Constantinople. — Atticus, originaire de Sébaste en Arménie, £irf élevé dè^ son .etufance dans la discipline moustique, {i^ des moines qui, à l'exemple d'£usta,the leur évéïque, suivaient ladootriae des macédonieo^. lifajs dès qju'Atticus fut un peu avancé en âso, il abandonna Terreur pour embrasser la foi .catholique. Quelques années après, il fut ordonné prôtre de r£glise de ConstanLinoj[)le, et il se joignit à ceux qui par leurs intrigues parvinrent à chasser de cette ville le saint ivèque Chryso'slome. Un auteur contemporain laccuse même d'avoir été le principal moteur de toute la cabale. Ce qu'il y a de certain, c'est que Arsace et lui se portèrent plusieurs fois témoins contre le saint pontife, dans le conciliabule du Chêne, en &03, et qu'ils y pressèrent tous deux sa condamnation. Après <|u'il eut été chassé de Constantinople, en ilK04, Arsace fut mis à sa place, mais celuici étant mort l'année suivante, Atticus fi^ j)rtféré à plusieurs autres et ordonné évéque, du vivant même de saint Jean Chrysostome, le pasteur légitime. Le pape Innocent et plusieurs évêques d'Orient désapprouvèrent cette élection.lnnocent envoya ses légats pour rétablir saint Jean C^rysostome, mais ils furent maltraités par le parti d' Atticus, sans qu'il soit certain qu'Atticus j eut part : tout se faisant par ordre de l'impératrice Eudoxie, qui goavernait flespotiquement. Ce qui peut en faire douter p çst qu'après I41 mort de saint Jean, le pape lui accord^ sa communion, à cbndtlioR qu'il rétablirait dans les diptyques de son £ghse le nom du saint patriarcale; cequ' Atticus exéculasans repa-

ies «pélagiens, sous prétexte de dem&pder un conci4e, avaient député fcConslântÎDoplc, vers Tan 422, quelques-uns de leurs évoques, qui surent déguiser sous de fausses apparences leurs sentiments impies. Âtticus les ayant démasqués, leur opposa la foi apostolique et l'ancienne tradition de l'Eglise. Il les poursuivit avec tant de vigueur, qu'il ne leur laissa pas même le temps de séjourner dans la ville, d'où ils furent obliges de sortir tout couverts de confusion. Il envoya aussitôt à Ropie les actes de ce

3u'il avait fait 4:ontre eux. En 4-25, ilse.reait à Nicée pour ordonner un évêque, et y eut un entretien avec Asclépiade, évoque de cette ville, pour les novatiens. En quittant Nicée, il invita un prêtre nommé Calliopeà le visiter dans sa ville patriarcale, eo le pressant de se mettre en route avant la Gn de l'automne, parce que s'il tardait davantage il ne le trouverait plus. En effet, il mourut le 10 d'octobre de la même année. Ecrits. Lettre à saint Cyrille.— Il nous reste de lui quelques écrits, et en particulier sa lettre à saint Cyrille d'Alexandrie, où il se justifie de la nécessité où il s'était trouvé de remettre le nom de saint Chrysostome dans les diptyques de son Eglise. Mais dans cette lettre, pas plus que dans les autres qui sont arrivées jusqu'à nous, il ce dit rien ni de son intrusion a l'épiscopat, ni de l'injustice de la persécution qu'il avait fait subir à ce saint évoque. Il raconte le voyage de saint Alexandre à Constantinople pour l'engager à rétablir la mémoire de sftiiit Chijsostome; la lettre que Théodote lui avait fait écrire par Acace de Bérée, pouf le prier de lui pardonner c€ qu'il avait fait par nécessité; le tumulte que cette lettre et le prêtre qui en était porteur excitèrent dans Constantinople. Atticus, sur la parole de l'empereur g[u'il avait consulté, établit pour maxime qu il y a des occasions où il faut préférer le bien de la paix à l'exactitude des règles, quoiqu'on ne doive pas accoutumer le peuple à gouverner comme dans une démocratie. « Au reste, dit-il ensuite,je ne crois point avoir péché contre les canons; car on nomme seulement le bienheureux Jean parmi les évêques défunts, les laïques elles femmes ; et personne n'ignore qu'il y àii une grande différence entre les morts et les vivants, puisqu'on n'inscrit pas môme leurs noms sur le même livre. La sépulture honorable de Saul n'a point déshonoré David ; l'arien Eudoxe ne nuit point aux apôtres, quoique placé sous le môme autel; ïaulm et Evagre, auteurs du schisme d'Antiocne,

eçus après leur

f^ques^ pour mai

. parmi le peuple.

pour la môme raison, aux églises d*Eg>*pl^i d'inscrire dans leurs tables le nom de ce mortf afin de rendre la paix à toutes l^s Eglises du monde. d

A Pierre et à £désius. —Hons avons encore une lettre d'Atticus aux diacres pierre e

gpance. Devenu possesseur légitime de son Edésius. Il y fait mention de celle qu*il ,â>'^|' siège, il édifia son troupeau et rinstruisit, ' écrite h saint Cyril le, et les prie des ti^^^"

ns

Att

DICTIONNAIRE DE t^ATRDLOGtE.

AtT

Si6

resser pMr la réunion (}os esprits et le rétablissement de la paix dans toutes les Eglises» en travaillant à faire remettre dans les diptyques le nom de saint Chrysostome«

Lettre à Cdliope.-^ Soprale rapporte d'Aiticus une troisième lettre, qu'il écrivit à Calliope» prêtre de Nicée, en lui envoyant trois ccnt5 ecus d'or pour subvenir aux besoins des pauvres de sa ville. Quoiqu'il le laisse mattre absolu d'en régler la distribution comme il lui plaira» cependant il le prie de donner de préférence à ceux qui ont honte de mendier. Il lui témoigne aussi le désir qu'il proportionne ses secours au besoin &qs personnes, sans faire e^ucune acception des crov'ances et des cultes.

Lettre à rÉjûfH^e d'>J/r*igue.— Dans le cours de Tannée H^f les évêaues du concile de Carthage ayant écrit h Atticus par le sousdiacre TWarce), pour le prier de leur envoyer la copie des canons du concile de Nicée, la plus authentique qu'il eùi dans son Eglise, Atticus la leur envoya par le même sousdiacre, avec une lettre dans laquelle il se plaidait en quelaue sorte de la privation qu'îlavait éprouvée de n'avoir pu le retenir aConstdQtinople plus longtemps.

Autres écrits d'Anicus.— Nous avons dans les actes du concile d'Ëpbèse. trois passages tir*^s d'un sermon proche par Atticus au jour de la naissance du Seigneur» et dans lequel il établit clairement qu'il y a deux natures en Jésus-Christ. Dans une lettre à Eupsichius, citée par le concile de Cbalcédoine, mais dont il r)e nous reste qu'un fragment, il éta* blis>ait également l'union des deux natures eu Jésus-Christ, en sorte que chacune conservait sa propriété. Gennade et Harcellin nous apprennent qu'il avait aussi condamné par avapce Thérésie de Nestorius, dans un livre intitulé : De h foi et de la virginité, adressé aux reines, c est-à-dire à Pulchério et à FJacrille, filles de Tempereur Arcade. Saint Cyrille d'Alexandrie met Atticus au uouibre des anciens gui, dans leurs écrits, ODt appelé la samte Vierge, mère de Dieu.

Socr&te nous a conservé quelques paroles de l'entretien gu'il eut avec Asclépiaiie, évêque des novatiens à Nicée. Pendant son séjour en cette ville, il lui demanda depuis combien de temps il était évoque des novaliens. Celui-ci lui ayant repondu qu'il y avait cinquante ans. — Vous êtes heureux, lui répliqua Atticus, d'avoir passé si longtemps dans une aussi sainte fonction.— Une autre fuis, il lui dit : Je loue Novat, mais je n'ap- Drouve pas les novatiens. Asclépiade, étonné ae cette parole, lui en demanda la raison ; Atticus lui répondit : Je loue Novat de n'avoir pas voulu admettre à la communion ceux qui avaient sacrifié aux idoles, et je ne les aurais pas admis davantaj^e ; mais je ne saurais souffrir que les novatiens excommuniassent les laïques pour des fautes légères et sans aucune gravité. Asclépiade lui répondit : Outre ridolfttrie, il jr a à la mort, comme parle l'Ecriture, plusieurs péchés pour lesquels vous retranchez les clercs de la oummumon ; eh bien, nous en retranchons

les laïques à notre tour, réservant ^ J)iM le pouvoir ^e leur pardonner.— Les parolas d'Atticus, prises à ,1a riguour, pourraient donner lieu de douter de la pureté de sa foi et de l'accuser de tendance au novatianisme; nous aimons mieux croire qu'il n'y avait dans sa conduite que tolérance et (parité. Saiut Cyrille et le pape saint Célestin font son éloge, et se servent de son témoignage contre les erreurs de Nestorius. Les conciles d'Ephèse et de Chalcédoine citent ses écrits pour en composer, avec les témoignages des autres Pères, une chaîne de tra4itions contre Ibs nestoriens ot les eutycbiens. Saint Prosper loue le zèle avec lequel il opposa aux pélagions l'antiquité de la toi. Socrate, dont nous avons déjà invoqué le témoignage, accorde à Atticus un grand sens naturel^ un jugement élevé et une application soutenue pour l'étude, mais il reièye surtout son amour pour les ouvrages des anciens et des plus célèbres philosophes. 11 est vrai qu'il était moins instruit dans les lettres divines, puisque, suivant Pallade, iJ p'y avait pas même appris comment un évêque doit se , conduire. N'étant encore que prêtre, il composait ses sermons et les apprenait par cœur avant de Ws débiter; mais, devenu moins timide après son élévation à l'épiscopat, il prêchait sur-le-champ, et sa parole mémo n'en était que plus riche et plus relevée. Malgré cela, ses discours étaient toujours médiocres ; on s'y pressait peu, et quoiqu'ils ne fussent pas absolument dépourvus d'érudition, ses auditeurs ne pensaient pas qu'ils valussent la peine de les écrire. Cette remarque est de Sozomène ; elle ressemble beaucoup à la critique d'un ennemi; pour notre part, sans approuver en toutes choses la conduite d'Atticus, nous pensons mieux de celui qui sut mériter les éloges de trois grands samts.

AÏTON, évoque de Verceil , se rendit recomraandable par sa doctrine et par l'ardeur de son zèle pour la réforme des mœurs et le rétablissement de la discipline parmi le clergé. 11 était fils du comte Adalgaire, et, au rapport du cardinal Bellarmin, il était considéré comme un Père de TEglise par les théologiens de son temps. Il y a apparence

au'il fut du nombre de ceux qui suivirent [ugues, comte d'Arles, lorsqu en 926 il fut fait roi dltalie, et que ce prince , pour se l'attacher, lui donna l'évéche de Verceil. La confiance que le roi Hugues lui avait témoignée passa à Lothaire, son fils et son successeur, qui choisit Atton pour un de ses conseillers, et le nomma grand chancelier de son royaume , en 954. Il remplit avec zèle ses devoirs de chancelier et d'évéque, et on croit

fénéralement qu'il ne vécut pas au delà de an 960.

Capitulaire. — On a de cet év^ue un Gapitulaire distribué en cent cbapitres,presquo tous tirés d<'s anciens conciles, des écrits de Théodulphe d'Orléans et autres écrivains qui ont traite de la même matière, Atton exhorta les curés de son diocèse à lire assidûment cet ouvrage, à le prendre pour règle de loue

ÂTT

Page 1