SIS
conduite et de la conduite des peuples qui sont confiés à leurs soins, se souvenant qu^ls répondront devant Dieu des &mes perdues par leur faute. Ils doivent donc mettre au* tant de soin à éviter l'ignorance, mère de toutes les erreurs, qu'à conserver la saine doctrine, trésor de la vérité. Aussi exige-t-il que tous les prêtres, diacres, sous-diacres et autres ministres approchant des autels , sachent par cœur le Symbole de la foi catholique qui porte le nom de saint Athanase ; que les laïques mêmes rivalisent de zèle avec les clercs pour orner leurs &mes des dogmes de la vérité, de la beauté, de la pudeur , de la splendeur, de la justice, de la caudeur, de la piété et de la bonne odeur de toutes les vertus. Huit jours avant Pâques, on donnait le Symbole à ceux qui étaient admis au baptême. Hors de cette solennité et de celle de la Pentecôte , le cas de nécessité seul pouvait autoriser l'administration de ce sacrement. C'était de Tévèque diocésain et non d'un autre crue les prêtres devaient recevoir le saint chrême avant Pftques. Le synode devait se tenir au moins une fois l'année , ce ui n'exemptait pas les curés de l'oblisation e s'assembler, au premier jour de chaque mois, pour conférer sur les matières de la foi, sur l'administration des sacrements et autres choses qui regardaient leur ministère. Atton ne défend ni ne conseille les discus* sions théologiques sur les points contestés ; mais il veut qiron s'en tienne à la doctrine du siège apostolique, à l'exclusion de toute autre. Le carême était de sept semaines, pendant lesquelles tous les clercs devaient s'abstenir de viande, passer les jours et les nuits en prières, dans le chant des hymnes et des psaumes et dans les pratiques de la pénitence et de la mortification; mais on ne jeûnait ni le dimanche ni le jeudi. Défense de donner des jeux et des spectacles les jours de dimanche et de fête ; de célébrer les calendes de janvier à la manière des païens, et de faire des noces en carême ni aux fêtes des martyrs. Atton règle ensuite ce que les prêtres doivent observer à l'égard des pénitents, en leur imposant toujours une expialion proportionnée à la qualité des personnes cl à la grandeur des péchés. Les cinq derniers chapitres contiennent diverses instructions, tirées de laRègle de saint Benoit. L'auteur entre dans un grand détail des livres dont la lecture est permise ou défendue , et des conciles reçus dans l'Eglise, parmi lesquels il ne compte que les quatre premiers conciles généraux , de Nicée, de Constantinople, d'Ephèse et de Chalcédoine. II dit anaihème à quiconque ne reçoit pas la lettre de saint Léon à Flavien. En général 7 il re-
Îioit toutes les décrétales des papes, même es fausses, dont il cite plusieurs décrets dans son Capitulaire. Il met au rang des écrits apocryphes la lettre d'Abgar à Jésus-Christ avec la réponse ; les Œuvres de Cassien, de de Fauste de Riez ; les Actes du martyre de saint Georges, de saint Quirice et de sainte Juliette,* et suit en tout le décret du pape Gélasesur les livres approuvés ou défendus.
Des souffrances de F Eglise. — Un des livres les plus sérieux d'Atton , son chef-d'œuvre, et celui qui peint le mieux les travers et la barbarie de son époque, c'est son Traité des souffrances de VEglise. Il est divisé en trois parties. L'auteur établit, dans la première ,
S[ue l'Eglise fondée sur la pierre ferme de a foi apostolique est inébranlable. De quelque manière qu'on l'attaque, elle peut résister à tous les assauts, parce ou^n tout temps, si elle a des persécuteurs, elle a aussi des défenseurs. II met au ranç des persécutions les abus qui se sont glissés dans les mœurs et dans la discipline, notamment dans les jugements des évêques. Accusés parleurs ennemis, on ne les jugeait point suivant les canons ; mais à défaut de preuves, on exigeait d'eux le serment ou le duel. Sans doute on ne les obligeait pas à se battre en personne, mais on les forçait ik trouver quel- 2u'un qui consentit à se battre pour eux. 'était, comme le remarque Atton, se justifier d'un crime par un cnme. Les laïques disaient : Faut-il donc laisser impunies les fautesdes évêques et dès prêtres?— Non, répond cet auteur , mais il ne convient point aux Jaïgues de juger ceux qui ont reçu le pouvoir de juger même les anges. Il faut les corriger selon les règles. Les évêques ne peuvent être condamnés que par le pape, quoique l'instruction de leur procès puisse être faite par le concile de la province. C'est aux évêgues à juger les prêtres ; les laïques n'ont droit- de s en mêler que sur leur invitation. II se plaint amèrement de la puissance séculière, qui, au lieu de servir d^appui à l'autorité ecclésiastique, la supprimait, et dans les élections des évêques et dans le jugement des clercs.
La seconde partie traite des élections et des ordinations des évêques ; Dieu, tant dans TAncien que dans le Nouveau Testament) a choisi lui-même ses prêtres ; et il n'est pas douteux que Dieu ne préside encore à 1 ordination d'un évêque, Quand son élection s'est faite d'après les règles consacrées par les canons. Mais, ajoute Atton, les princes méprisent ces règles et veulent que leur volonté l'emporte ; comme ils tiennent peu à la religion, peu leur importe l'honneur de l'épiscopat. Ils ne font attention, dans l'examen de la personne, ni à la charité, ni à la foi , ni aux autres vertus ; ils ne consultent que les richesses et la parenté. Quelauesuns sont tellement aveuglés qu'ils élèvent des enfants à l'épiscopat. Comment ne craignent-ils pas de confier le ministère et la charge des âmes à des enfants qui ne savent pas même ce que c'est qu'une âme, qui ignorent jusqu'aux premiers éléments de la nature humaine , qui sont obligés de recevoir des leçons et des verges de la main d un maître, tandis que le devoir d'un évêque est d'enseigner, de corriger et de juger les autres ? Il rapporte ce que saint Paul et après lui les saints Pères ont dit des qualités d un évêque, et il montre qu'on n'en peut trouver aucune dans un enfant. Et cependant on ne laissait pas de donner une apparence ^ae