‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 41 sur 105 · ATT · texte numérisé non relu

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formé canonique à son élection. L'enfant était amené au milieu de rassemblée ; on demandait au peuple ce qu*il pensait du sujet. De gré ou de force il applaudissait au choix du candidat ; on recueillait les suffrages , et réfection était proclamée.

Toute la troisième partie est dirigée contre Tabus qu'on faisait des biens de l'Eglise. Après la mort ou l'expulsion d'un évèque , ces biens étaient abandonnés au pillage des séculiers» tandis que les règles dé la discipline obligeaient les économes de Téglise d*en prendre soin, jusqu'à l'ordination du successeur. « Qu'importe » dit Atton , qu'on pille les biens de l'église avant ou après la mort de Tévêque ? A quoi bon garder le trésor de l'église , si 1 on s'empare de ce qui est dans les granges et dans les celliers ? Nonseulement on dissipe tout ce qui est en nature, mais sous le nom de l'évoque futur, on vend encore tous les fruits à recueillir ; on diffère son ordination jusqu'à ce que tout soit absorbé, puis on donne l'évêché à celui qui en offre le plus, d'où il résulte qu'il n*est point de terres plus souvent pillées et vendues que les terres de l'église. Far quels sacrifices ces voleurs peuvent-ils expier leurs crimes 7 » Il faut remarquer attentivement , dit Atton, qu'encore que Dieu, pour ch&tier nos foutes, afflige ainsi son Eglise, cependant il ne permet point que ses élus concourent à de telles déprédations ; il en abondonne la faute à ceux qu'il prédestine à ses vengeances. — Ce traité révèle , chez l'auteur , un grand fonds d'érudition , mais il est difficile a*en faire une analyse exacte, à cause des fréquentes lacunes du manuscrit qui coupent le texte presque à chaque page.

Lettres. — On peut en dire autant de ses lettres, qui ne sont arrivées jusau'à nous que morcelées et par fragments. 11 y en a une contre les superstitions, dans laquelle il défend aux fidèles de son diocèse de croire aux augures, aux signes du ciel, et aux vaines prédictions de quelques hommes , qui prenaient le nom de prophètes et qui n'étaient que des imposteurs ; une autre contre l'incontinence des clercs , dans le diocèse de Verceil. Cette incontinence était arrivée à un tel excès, qu'Atton crut devoir s'en plaindre aux coupables eux-mêmes, dans une lettre circulaire qu'il leur adressa. Cette lettre est forte et pathétique , digne à tous égards d'un grand évèque. II est inutile do s'étendre sur les désordres contre lesquels il exerce son zèle et son ardeur ; qu'il nous suilise de constater que cette lettre fit changer de conduite à un grand nombre. La dernière est adressée à tous les évèques ; en voici rcu/asion. Le roi Béranger et son fils Adall* art , devenus odieux par leur gouvernement tyrannique , craignaient une révolte d*: la part de leurs sujets. Us crurent la prévenir en demandant des otaj^es aux évèques, afin de s'assurer de leur tidélité. Atton en écrivit à ses confrères pour avoir leur avis ; mais en même temps il leur fit connaître qu'il ne pensait pas qu'on dût accorder ces otages ; et il en apporte plusieurs rai-

sons : d'abord , il est sans exemple que des évèques en aient'jamais donné, et en ce cas comme en d'autres, ils ne doivent rien ajouter à la fidélité due aux rois, si ce n'est par le conseil du pape et pour quelgue grande utilité ; ensuite , parce que 1 Ecriture et les Pères , en commandant la soumission aux princes, n'imposent pas d'autre obligation que celle de contribuer à la paix de l'État et au salut de celui qui le gouverne ; enfin, parce <iu'il y aurait injustice à exposer des otages innocents à souffrir par la faute des évèques, quand ce sont les évèques eux-mêmes qui sont obligés à s'exposer pour les autres. Il conclut qu'il faut prier Dieu pour la conser- ' vation des rois, lui demander pour eux plus de confiance dans la fidélité des évèques , et pour les évèques plus de fermeté dans l'accomplissement du devoir et nlus d'union entre eux.

Dans ses lettres, comme dans tous ses ou- . vrages, le style d'Atton est vtf et rapide, ce qui n'enlevé rien au naturel et à la simplicité. Ses écrits sont remplis de passages de l'Ecriture, des conciles et des Pères. On voit , qu'il en avait fait une étude sérieuse , et qu'il les possédait, car il les cite teneurs à propos.

ATTON , disciple de Constantin, et comme lui moine du Mont-Cassin , avait été chapelain de l'impératrice Aenès. Il mit en vers romans quelques-uns Ses livres de médecine que son maître avait traduits des lan-- Sues étrangères. On le croit aussi auteur 'une traduction dans la même langue, de THistoire de Sicile composée par Geoffroi de Malaterre ; mais au lieu de la reproduire en quatre livres, comme l'avait divisée l'auteur, Atton la partagea en dix, et la dédia à l'abbé Didier. Cette traduction se conserve à la Bibliothèque Nationale parmi les manuscrits de M. Colbert.

ATTON de Troyes, — Alton, après "avoir été successivement archidiacre et doyen de Sens, fut élevé, en 1122, sur le siège episco-

Eal de Troyes. L'histoire le range au nomre des bons évèques de son temps, mais elle n'entre pas dans un grand détail de sa vie. Il assista, en 1127, au concile qui fut célébré dans sa ville épiscopale, par le cardinal Matthieu d'Albane.Appelé, enll34,au concile de Pise, il fut du nombre des prélats français que des brigands dévalisèrent au retour, près de Ponte-Tremoli. Le butin qu'ils firent sur lui ne dut pas être considérable ; car, dès l'an 1128, dans le cours d'une maladie qu'il croyait mortelle, il s'était dépouillé de tous ses biens en faveur des pauvres. Les abbayes du Paraclet et de Larivoux, fondées en son diocèse, Tune en 1129, et l'autre dix ans plus tard,' en 1139, lui doivent la confirmation de leur établissement. Abailard , fondateur de la première, s'était acquis son estime ; mais il la perdit sitôt

Îu il eut manifesté ses erreurs. L'évêque de royesfut unde ses jugesau concile de Sens, en IIW, et signa sa condamnation avec les autresprélats. Malgré son caractère pacifique»

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DïCTIONNAmE DE PATROLOGÏE.

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Atton eut avec ses diocL'sains de fréquentes et vives contestations, qui Tobligèrent d'aller où de députer à Rome presque tous les ans. Ces contretemps fortifièrent l'attrait qu'il s*était toujours senti pour la solitude. En lUSj cédant enfin aux instances réitérées de Pierre le Vénérable, il descendit de son siège, se rendit auprès de cet abbé, et mourut entre ses bras, le 29 août de la môme année. Ce prélat entretînt, dans le cours de son épîscopal, un grand commerce de lettres atec les abbéé de Clairraux et de Cluny. Nous avons plusieurs de celles qu'ils lui écrivirent, maïs il ne nous reste, en tout, que trois des siennes adressées à ce dernier et recueillies parnfri celles de sa collection. La prerfiière, qui est la 35* du second livre, ne peut être bien entendue sans un précis dt»s deu< j)réôédentés, auicmelles eHe sert de réponse. Atton, ayant fait une ordination dans le prieuré[ de \â Chtirité-sur-Loire, Ha-

§nes de Hâcôii^ évéque d'Auterre, dans Je iocèse duquel se trouvait ce monastère s'en plaignit eoinme éfxÉB empiétement sur ses droits. L'étftjuerde Troyes, intimidé de ces I>laintes, en écrivil à Tabbé de Cluny. Il le consultait en mèriae tempfl» sur ce qu'il avait è faire vis-à-vis de Guérin, frère de larchidiaere Gibuin, qui voulait le contraindre àlui conférer ufie prébende, en vertu d'un« expectative an'il avait obtenue du pape. Pierre Je Vénérable lui répondit^sur le premier point, qu'un adcieft évoque, eomme lui, ne devait point redouter les menaoes d'un nouvel évoque sans expérience *, qu'il fallait, par un silence prudent, laisser tomber cette iervettr novice, qui persuadait au nouveau prélat d'Auxerre que tout lui était permis; que lorsque, plus expérimenté et plus familiarisé avec sa nouvelle dignité, il aurait appris à distinguer ses drùi^ réels de ses prétentions, on lui montrerait des privilèges de Rome anciens et nouveaux, qui permettent aux religieux de Cluny de se faire ordonner par tel évèque qu'il leur plaira de choisir. Alors, s'il est véritablement notre ami, comme il n'a cessé de le dire, il mettra fin à ses plaintes par considération pour nous ; autrement, ce ne sera pas à vous, je vous le déclare, mais à nous qu'il aura affaire. — Sur le second point, l'abbé de Cluny lui dit qu'il ne voit rien d'excessif dans les ordres du pape à l'égard du clerc Guérin, puisque ces ordres Sortent que Févéque lui donnera une préende s'il en vaque, ou lui réservera la première vacante. Telle est la substance de la première des deux lettres de Pierre le Vénérable. La seconde roule sur ce clerc Guérin, qui, mécontent des retards de son évéque, avait pris avec son frère le chemin de Rome, pour porter ses plaintes au pape. En passant par Cluny, Tabbé les interrogea sur l'objet de leur voyaj^e. fis alléguèrent une commission de l'Eglise de Langres. a Mais l'embarras de leur réponse, dit-il, me fit juger qu'ils me cachaient leur principal dessein. Je leur remontrai l'indécence de leur procédé à votre égard, et je le fis si heureusement, qu'ils me promirent de bien vivre désormais avec

vous. » Mais rfsajoutèrenfqtrtfsnépôuvaient se dispenser de continuer, parce qullsétaient réellement chargés de la commission dont ils m'avaient parlé.

LfC réponse d'Atton à ces deax lettre^?, qnl lui furent remises presque en même tomps, commence par un éloge magnifique de Fabhô deCluny. « Vous êtes, lui dit-il, un vase d'or, un vase d'élection dans la maison du Seigneur, le miroir et le modèle de la vie religieuse. Votre conscience est pure devant I>ieu ; votre réputation est sainte parmi les hommes ; vos œuvres sont droites et vos paroles salutaires. » 11 lui confirme ensuite ce ou'il savait déjà, c'est-è-dire que l'évoque aAuxerre avait mis bas les armes avant le combat, et qu'il ne voulait se cotûprometlre ni avec son collègue, ni avec l'ordre de Cluny. Au sujet du clerc Guérin et de son frère l'iirchidiacre, il le remercie du soin qu'il irrait pris de les ramener à leur devoir, et se félicite avec lui de son plein succès, H promet de garder une prébende au premier, h moins que le saint-siége, qui la lui a accordée, ne change d'avis. Notre prélat termine sa lettre en implorant du vénérable abbé de Cluny le secours de ses prières, et en lui adressant les compliments de plusieurs religieux qui vraisemblablement habitaient son diocèse.

La seconde lettre d'Atton à Pabbé Pierre lui fut remise par Nicotas de Clairvaux, secrétaire de saint Bernard, comme il se rendait à Rome pour les affaires de TEglise de Troyes. Elle consiste presque tout entière en tendres reproches* sur la durée de son silence. En finissant, Atton hxi demande ce qu'il doit répondre à l'archidiacre Gibuin, ce qui fait croire que cet homme avait suscité quelque nouveau procès et son évoque.

La troisième lettre d'Atton paraît n'avoir précédé que de peu de temps son abdication. Elle a pour objet de répondre aux instances que Pierre le vénérable lui réitérait de quitter une épouse querelleuse et ennemie de la paix, et d'obéir enfin au vœu qu'il avait fait de se rendre à Cluny. Atton s'excuse,en demandant le temps de terminer certaines affaires indispensables. — Ces trois lettres sont écrites avec sagesse, et rétèlenf ùnr esprit cultivé par l'étude.

Vn des derniers et des plus honorabfes monuments de son épiscopat, est un décret qii'» rendit, de l'aveu cfe son chapitre, en llW, en présence du légat Albéric, contre la non-résidence des chanoines forains. Cet acte porte : t" que ces chanoines, inutiles et mercenaires, ne recevront plus annuellement que 2(> sous, à moins qu'ils ne viennent faire le service en personne ; 2* que désormais on ne détachera plus de la mense commune des frères aucune prébende particulière, pour quelque personne que ce soit. On excepte néanmoins de la première clause l'abbaye de Chiny. a qui Atton lui-même avait donné, h la demande d*u pape Innocent, une prébende dans son église, par un acte rapporté à la suite de ce décret, dans la bibliothèque de ce monastère. Gibuin, dont le nom est rcverm pinsîeUTs Ibis dans le cours de^ ce réci*, écrivit

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