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ttCnOMÂlRE m PATROLOGOE.
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éi souscrivît, corathe chancelier, te décret d'Alton contre les chanoines forains.
ATTON, q^uatrième abbé de Vallombreuse, ï}6 à Pacensis en Espagne, et mort en M53^, <^ rivil fa Vie (fesaintJean <ruai6er^ fondateur f!c celte abbaye, à laquelle il donna le nom de Vallombreuse à cause du site qu'il avait lîioisi pour y établir Sa nouvelle congrégation. Alton met au nombre des premiers bienfaiteurs de cette abbaye Temperear Conrad, airtsî que rirapéralrice Giselie, son épouse, avec leur fils, le roi Henri, auquel \\ donne le titre de très-glorieux monarque. Il nous donne bien les noms de Ceux qui vinrent dans la suite se ranger sous la con^ duite du saint fondateur, mais il ne fait nullement connaître les premiers compagnons, qui abandonnèrent le monastère de Saint-Miniat pour le suivre dans son désert. Les deiA autres abbés, qui succédèrent à Attoii, après le saint fondateur, furent Rodulphe, désigné par lui-même pour lui succéder, el Rustique, qui avait été prieur de I^assignano, dans le monastère où saint Jean Gualbert mourut.
AUDENTIUS, écrivain e^agnol, est placé parGennadûau nombre des hommes illustrer I) avait écrit contre les manichéens, les sabelliens, les ariens. On cite de lui, en particulier, un livre contre les photiniens, intitulé : De la foi contre les hérétiques. Il y faisait voir que le Fils est coéternel au Père, et qu'il n'a pas commencé à être Dieu lorsqu'il est né de la Vierge jwr l'opération du Saint-Esprit. On croit qu'il écrivait sous le règûede Ccmstantius^ ; mais il ne nous reste ha» pluâ de eet écrit que de ses autres oorvrages.
AUDR'ABE, moine de Trois-Fontaines, et que la Cbnonique d'Albéric qualifie aussi' de corévèquede Sens, se rendit célèbre par ses visions ou révélations. 11 en eut une dans laquelle saint Pierre lui apparut, et lui ordonna d'entreprendre le voyage de Rome. Il se mit en-chemin, avec la permission de Wéniion, son archevêque, et étant arrivé à Rome en M9,il présenta ses écrits au pape Léon IV,
3 ut les reçut avec resnect. De retotir h Sens, fut appelé au conçue qui se tint à Paris au DM>is de novembre de la même année. N y fut déposé, et tous le^ autres corévêques de France aVeclui. On voit par là qu'il manque quelque chose aux Actes de ce concile, puisque) n'y est rien dit des autres corévêques, dont quelque temps auparavant Rbaban avait pris la défense dans un livre fait exprès. Audrade, quoique déposé, continua cependant de parler et d'agir comme uu homme favorisé de Visions sumalureUes et de saintes révélations. Le roi Charles essaya plus d'une fois de le convaincre d*imposture ; mais Audrade soutint toujours son personnage. Il vivait encore au commencement de Tannée 854, et ou de saurait indiquer au juste l'é- IKKiue de s^ mort.
Il laissa de ses révélations un recueil, qui n'ft pas été imprimé. Nous n'en avons qtte quelfiues traits hi^tOfiquea reeueiUi^ par
Buchesne, qui les tira d'un uAiDUScrit que le^P. Sirmond avait en sa possession. Voici un des faits consignés dans ce manuscrit, et rapporté par Buchesne. L'Eglise de Ghariree étant vacante, Charles le Chauve nomma pour la remplir on diacre nomUié Burchard, dont la réputation n^étaîi pas bien établies Wé*mlon, archevêque de Sens, à qui ce prînee avait commandé de rordonner, engagea Audrade à prier Bieu de lui faire connaftre sa volonté. Wénilon , qui était parexH de ce diacre, désirait secrètement une réponse fa* Torable ; mais pourtant il ne voulait pas non plus sacrifier sou devoir k ses affections. Pendant qu' Audrade était en prières, Bieu lui fit entendre une voix qui disait : MuudU h jour auquel Burchard sera évéqm I Cette réponse, transmise au roi par l'archevèçiue» n'empêcha point qu'au mois de mai de Tan SSi3, un concile ne se tint à Sens pour l'ordination dé Burchard. Audrade assista à cette assemblée, et, par ordre de Wénilon, il déclara aux évèques ce qu'il avait entendu dans celte vision. Les évéques, intimidés par une défense si espresse, se séparèrent sans avoir rien ftiit. Cependant l'ordre du roi pré^ valut, et quelques évoques avant consenti à l'ordination de Burchard, elle se fit dans le cours du mois de juin suivant. Audrade dit qu'elle attira la colère de Bieu sur tout l'urnivers. En effet, l'année qui suivit cette or^ dination fut tuie année fatale, marquée par toutes sortes de tempêtes et d'événements fôchuut ; un vent brûlant dessécha toutes les vignes dans le mois- de juillet ; et les Normands, ayant passé la Loire, brûlèrent le monastère etréglisedeSaint-MartindeTours.
— Le moine Albéric a inséré aussi quelques fragments des révélations d' Audrade dans sa Chronique, et tout nous porte à croire que le recueil n'en ftit pas publié avant la fin de l'année 853, puisqu'il rend compte de plusieurs événements qui s'accomplirent aU mois de novembre de la même année. Avant cet ouvrage, Audrade en avait comnosé un autre, qui, s'il faut en croire ses révélations, lui avait coûté beaucoup de peine et de travail. Ce livre, intitulé : FoHtaine de tne, était en vers héroïques. Il lui donne le titre de t7^fiera6Ie,etoncroit que ce fut le même au'il
{)résenta au pape Léon IV, en 849. Malgré 'approbation pontificale dont il est revêtu, ce poëme ne peut faire grand honneur è son auteur, tant Tes vers en sont incorrects, informes et négligés.
AUGUSTIN (saint).— Un des génies qui dirigèrent avec une puissance incomparable le développement de la discipline ecclésiastique, et qui exercèrent sur leur siècle et sur les destinées de r£glise l'influence la plus active et la moins contestée, sans contreait,c'est le ^énie ardent de saint Augustin. Il est du petit nombre de ces hommes qui , par les luttes les plus pénibles , se sont préparés, dès les premiers jours de leur jeunesse, à des travaux extraordinaires. Ses oeuvres sont de celles qui se rapportent à la vie de l'âme; aussi est-ce dans son Ame que furant livrés ses premiera oombals, et est-ce par son âoie
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DICTIONNAIRE DF PÂTROLOGDS,
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qu'il remporta dans la suite toutes ses vio- ^ toires. Les circonstances extérieures de sa (^ vie n*ont d'intérêt qu'autant qu'elles sont | racontées par lui-même ; ce qu'il fait admira- t blement dans ses Canfe$$ion$f et ce qui nous c dispense d'y insister, pour le moment, puisque nous aurons à rendre compte de ce livrei ainsi que de tous les autres, auxquels il semble tenir Ueu de préface et d'introduction.
Augustin (Aurèle) , naquit à Tagaste, en Numidie , le 13 novembre de Tannée 35&>. Son père, nommé Patrice, avait plus de naissance que de fortune, et Monique, sa pieuse mère, voulut le devenir deux fois en s appliquant à former son esprit, après avoir formé son corps. Son premier soin, aussitôt après la naissance d'Aueustin, fut de le faire marquer du siçne de la croix et de lui i&ire goûter ce sel divin et mystérieux qui est l'emblème de la vraie sagesse , en le mettant au nombre des catéchumènes. Il reçut de ses parents , qui étaient chrétiens , l'éducation donnée communément, dans sa patrie, à ceux qui se destinaient à suivre une des carrières ouvertes à la science. Tout jeune encore, il se dislingjua par un vif désir de connaître les objets qui enflamment l'imagination, mais il s'excuse , en même temps , de sa paresse à acquérir les connaissances par lesquelles plus tard son nom fut si brillamment illustré. L'ardeur d'àme dont il était doué, et qui formait le trait le plus saillant de son caractère, le poussa de bonne heure à commettre des actions légères , à concevoir des espérances ambitieuses, à montrer de l'ostentation et à se livrer surtout , lorsqu'il eut atteint l'adolescence , aux débauches de la volupté. Mais les larmes , plus encore que les avertissements de sainte Monique , sa mère pieuse et profondément vénérée, produisirent, sur cette imagination vive, une durable impression. Dès sa jeunesse la plus tendre, cette femme distinguée l'avait habitué à chercher son salut dans la doctrine de Jésus-Christ , et dans le temps même qu'il s'abandonnait à ses égarements , elle reçut du ciel la promesse que le fils de tant de prières et de tant de larmes ne pourrait être a jamais perdu. Ce qui parle encore plus haut que l'amour de sa mère , en faveur de la noblesse de son ftme, c'est la sincère amitié qu'il inspira à de pieux jeunes gens ses concltojrens , Alype , Nébride et Romanien qui devinrent des saints avec lui , et qui lui restèrent fidèles jusqu'au tombeau. Son père étant mort et sa mère restée veuve avec peu de ressources , il trouva dans cette amitié les moyens de fortune qui lui manquaient,
Ï^our poursuivre ses études scientifiques et e but que lui désignait son ambition. A Carthage, où il étudia la rhétorique , il fut entouré de nouvelles séductions ; ses exercices littéraires enflammaient en lui la convoitise des honneurs, surexcitée d'ailleurs par toutes les jouisances du succès. Les attraits du plaisir le captivaient toujours plus fortement, mais il sentit bientôt l'ignominie de la servitude qu'il subissait , et , sans contracter précisément d'engagement légitime , il .s'ar-
rêta à une liaison unique , à laquelle il prcr mit et garda fidélité. C'est alors qu'il fut
Sagné par la secte des manichéens. Cepenant, les exhortations de Cicéron qu'il avait lues dans Hortensius avaient laisse une profonde impression dans son esprit avide de savoir ; mais, par le cœur , il se portait de préférence vers la philosophie de ces hérésiarques, parce qu'au fond ils professaient, comme sa mère, la doctrine du Christ. Toutefois, le manichéisme d'Augustin ne parait Sas avoir été profond. Les principes généraux u dualisme, qu'il reconnut particulièrement dans la lutte de la chair avec l'esprit, telle qu'elle existe dans l'homme pécheur; puis, les représentations sensibles de la doctrine des émanations semblent avoir été principalement ce qu'il s'en appropria. Ce fut plus lard qu'il pénétra dans les mystères des élus, mystères qui, bien loin de satisfaire, son besoin de connaître et d'apprendre, n*excitèrent en lui que des hésitations et des doutes, et provoquèrent bientôt la défiance et l'abiurauon. Il nous parle du premier de ses écrits qu'il composa dans un esprit manichéen, et
aui eist perdu ; c'est son traité De la beauté et e la convenance {De piUchro et apto). Ce qu'il cite de cet écrit témoigne de son penchant au dogmatisme et aux représentations sensibles, mais annonce en même temps un respect pour le beau qui tranche singulièrement avec le culte grossier rendu à la nature par les manichéens. Du reste, ce respect du beau constitue un des traits saillants et peut-être le plus persistant du caractère de saint Augustin.
Les principes de son éducation scientifique complétés, il enseigna successivement la rhétorique à Ta^aste , à Carthage et i Rome, où il se rendit malgré sa mère, qui eût voulu le retenir en Afrique. Là, il eut encore des relations aveo les manichéens; mais il ne conservait déjà plus aucune confiance en leui*s doctrines. Bientôt des motifs temporels l'engagèrent à se charger d'une chaire de rhétorique à Milan; l'éloquence de l'évêque saint Ambroise l'attira aux assemblées de l'Eglise catholique; peu à peu la persuasion gagna son Ame, et il acquit, avec le temps, une meilleure opinion de la foi, jusqu'à ce qu'il j revint entièrement, par cette conversion qui depuis Ta rendu si célèbre et en a fait un si grand saint. Dire au prix de quelles luttes et de quels combats, de quels liens rompus, de quelles passions brisées, de quelles craintes, de quelles espérances, de quels regrets, de quels désirs» cette conversion s'accomplit, c'est ce que nous renonçons à décrire, après l'admirable récit que le ^aint docteur nous en a laissé lui-même dans ses Confessions. Il venait de lire les livres de Platon ; cette philosophie idéale avait rempli son Ame d'une noble ar^ deur, il se sentait soulevé au-dessus du matérialisme, et, placé tout à fait sur le seuil de la religion , il ne lui fallait plus qu'un coup de la grâce pour le faire pénétrer jusque dans le sanctuaire. Ce secours d'en haut ne lui manqua oas ; une voix du ciel parla