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DICnONNAIRBIDE PÂTROLOGIE.
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i son cœur , un passage des Epttres de saint Paul fixa tous ses doutes , toutes ses irrésolutions. Il abjura ses erreurs , il renonça à ses désordres, et il se retira à la campagne, où il se livra, avec tout Tentrainement d*un nouveau converti, à l'étude de rScriture sainte et des sciences divines. Il en revint,
Sour recevoir à Milan le baf^éme des mains e.saint Ambroise ; puis , après avoir enseveli, dans ses prières et dans ses larmes, la sainte mère que le Seigneur lui avait donnée, il retourna en Afrique où il fut d'abord ordonné prêtre en 391, et, au bout de quelques années, en 395, consacré évoque d'Hippone, en remplacement du saint vieillard Valère qu'il avaitaidé dans les travaux de son épis- Gopat. Depuis lors, la vie de saint Augustin est essentiellement mêlée à ses écrits ; chacun de ses livres est une partie inhérente de son histoire, et ils témoignent tous de son zèlCy de son ardeur et de son intrépidité infatigable à défendre les doctrines de la foi {partout où elles se trouvent attaquées par 'esprit d'erreur et de mensonge. Les manichéens, les donatistes et les pélagiens sont tour à tour atteints , convaincus et condamnés par la puissance de sa logique, par la force de son éloquence , par les sentences des conciles et par les excommunications de r£glise dont il est en même temps l'égide et la lumière, le disciple dévoué et le plus ardent défenseur. Il n'acceptait rien en dehors de l'&lise; pour lui, en matière de croyance et de loi, sa conviction était que l'Eglise est la grande , ou plutôt l'unique institutrice de rhumanité. En e£fet, Dieu ne peut déshériter la famille humaine des moyens externes qui lui sont nécessaires pour le perfectionnement de son éducation dogmatique et morale ; or où trouver tous ces moyens réunis ensemble, ailleurs que dans l'Eglise catholique 7 Voilà d'où venait son zèle à étendre le cercle de l'Eglise , et sans prétendre la fixer, à V concentrer de plus en plus la plénitude des lumières. Il la considérait comme UDe unité vivante , susceptible d'acquérir toas les jours une connaissance plus grande et plus claire des choses divines. Comprenant la doctrine catholique dans une voie de développement et d'évolution vive, il appliquait toute son activité à en assurer les procès. Aussi est-ce au profit de l'Eglise qu'il déploya tous ses efforts ; il ne consentit à s'en écarter d'aucune façon ; il ne se livra à aacune investigation qui lui fût propre ; il o'adopta aucune opinion personnelle qui ne lût sanctionnée par l'Eglise ; il ne voulut rien savoir au delà de ce que l'Eglise enseignait. Par conséquent, il devait lui paraître de la plus haute importance de rendre la doctrine de l'Eglise indépendante, et de l'investir d'une autorité prépondérante et su- I»réme. Il trouvait d^a cette autorité dans es conciles généraux ; mais , en s'appuyant sur TEcriture sainte, il proclama, après études faites, leiugement progressivement formé de ces condies, comme absolument obligatoire pour toute TEglise et pour tous ses membres»
Cependant , ces préoccupations incessantes du dogme catholique , attaqué tous les jours dans son intégrité et dans sa pureté, ne ralentissaient en rien le zèle du saint évoque pour le gouvernement moral et religieux de son peuple. Simple prêtre , il demeura dans un monastère de religieux (ju'il avait lui-même fondé à Hippone; mais sa qualité d*évAque l'obligeant plus tard à se trouver en relations presque continuelles avec des étrangers , il réunit autour de lui, dans sa maison épiscopale , les prêtres, les diacres et les sous-diacres qui desservaient son église. Il vivait avec eux, de cette vie de communauté primitive et parfaite qui a rendu si célèbres les chrétiens ae l'Eglise de Jérusalem. Posséder tout en commun , jouir de tout en commun, c'était la loi obligatoire à laquelle s'engageatent tous ceux qui entraient dans son clergé. Il n'ordonnait aucun clerc qu'il n'eût consenti à demeurer avec lui, èi la condition de ne rien posséder en propre. Celui gui avait apporté quelque chose et celui QUI n'avait rien donné vivaient en égaux sbr îe fonds de la communauté, sans autre distinction, devant Dieu et devant les hommes, que celle du mérite et de la vertu. En un mot, le pieux pontife était parvenu à réaliser le plus bel idéal de la vie de famille, et tous les jours son palais épiscopal en offrait les plus grands exemples à l'admiration des peuples qui lui étaient confiés.
La prédilection de son clergé ne lui faisait rien négliger des soins paternels qu'il devait à son troupeau. Il s'occupait en même temps des intérêts matériels et reli^eux des fidèles de son Eglise. C'est ainsi qu'il fit transporter à Hippone les reliques de saint Etienne , le
Sremier des martyrs , et qu'en les plaçant ans une chapelle spéciale érigée en leur honneur, il ranima la piété de ses ouailles et restaura le culte des saints parmi son peuple ; c'est ainsi qu'il apaisa par ses réclamations, par ses démarches, perses lettres, par ses écrits, et même par des instructions orales et des sermons particuliers, les troubles 3ui s'étaient élevés dans le monastère d'Arumette, au sujet de la grâce et de l'tiicarfuUion: c'est ainsi, enfin, qu'il s'opposa à l'invasion des Vandales , qui, passés d'Es-
{lagne en Afrique , parcouraient dans tous es sens cette belle province pleine d'abondance et de richesse, pillant, ravageant, brûlant, massacrant tout ce qu'ils rencontraient sur leur passage; jusqu'à ce que, sousUa conduite de leur roi Genséric , ils vinrent mettre le siège devant Hippone. Augustin, quoique âgé de plus de soixante-quinze ans, ne se laissa point abattre par cette nouvelle épreuve ; il prodigua ses secours et ses consolations à son troupeau malheureux. Pendant tout le siège de cette ville, et au milieu même des assauts que les Vandales lui livraient, il eut la consolation d'avoir avec lui plusieurs évêques,et, entre autres, Possidius de Calame, l'un de ses plus iUustres disci-
J>le8. Us mêlaient ensemble leur douleur, eurs gémissements et leurs larmes ; ils en iaisaient un sacrifice commun au Père d^
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mîsërîcorrfes, en l'appelant au secoui»s de la patrie. Augustin surtout demandait è IHeu, si les jours marqués dans ses décrets pèîaf la délivrance d Hippone n'étaient pas encore arrivés, dedonner & âon peuple la force de supporter les maui dont il était menacé, ou de le retirer du monde, en acceptant la vie du pasteur comme une hostie de propitiation pour le salut du troupeau. Sa prière fut exaucée, il mourut le Iroisiènoe mois du siège , le 2B août de l'année *30, après avoir consacré quarante ônrtées de sa vie à réparer les désordres de sa jeunesse et à défendre, avec toute la vigueur d'un esprit formé aux luttes de Fintellîgence, les dogmes de rE;^lise contre les attaques des novateurs qui avaient chei^ché à l'ébranler jusque dans les fondements de sa doctrine et de sa foi.
On rendit de granrîs boni*ïeurs à sa mémoire : quelques années après sa mort, sott corps lut transporté en Sardaisne, et vet»s le vni* siècle , déposé dans réglisè de Saini- Pierre de Pavie, oii il a continué d'être, depuis, l'objet de la vénération universelle. Son disciple, saint Posside, a: écrit sa Vie et rassemblé ses ouvrages. En s'adressanl aux lecteurs, dans la préface de son histoire, îl dit du saint pontife avec lequel il a vécu : « Je crois que cent qui ont eu le bonheur de l'entendre lui-môme parler dans l'église ont eu plus d'avantages pour profiter de ses lumières , que ceux qui ne liront que ses écrits; mais ils en ont eu incomparablement moins que ceux qui ont été les témoins de ses actions et de sa vie; car Augustin n'a rî^n enseigné qu'il n'eût lui-même pratiqué. »
Ses ouvragos lui ont acquis une gloire finmortelle. On y voit une vaste étendue de génie, beaucoup de justesse et de pénétration d'esprit, une grande force de logique et une énergie d'argumentation admirable. L'examen critique que nous publions ici de chacun de ses livres, quoique bref et succinct, suffira, nous l'espérons, pour en donner une haute idée, et inspirer à tous les amateurs des études fortes et solides le désir de s'en convaincre en les lisant. La meilleure édition de ses œuvres et qui reproduit complètement celle des Bénédictins, est l'édition, en 12 volumes in-4^ , publiée sous la direction de M. l'abbé Migne, aux Ateliers catholiques de Montrouge. Nous suivons , dans notre compte rendu , le classement des ouvrages tel qu'il est établi dans cette belle édilion donnée è Paris en 18W.