‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 45 sur 105 · SAS · texte numérisé non relu

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mort fut-elle pour lui un coup du ciel : il commença d'envisager le monde sous son aspect fragile , passager et mortel , et il ne Youlutplus aimer qu'en Dieu, qui ne passe IK>int, mais qui reste et qui demeure, pour nous rendre éternellement beaucoup plus que nous n'avons perdu , puisque c est lui qui se donne à nous. FtcisU nos^ Domine^ ad le, ei irrequietum est cor noitrum , danec rtquiescai in te.

Cifufuième livre. — Parmi les choses qui contribuèrent le plus à le dégoûter des manichéens, on doit mettre en première ligne ses conversations avec Fauste, un des principaux chefs de leur secte. On lui avait annoncé que toutes ses objections seraient résolues par cet habile sophiste ; ils s'abouchèrent ensemble , mais Augustin ne vit en lai qu'un homme agréable et peu savant, plus spirituel qu'instruit, et détournant adroitement les questions pour éluder les dilGcultés. — Et cependant les inquiétudes continuaient de ronger son cœur ; quelque éloigné qu'il fût de Dieu par la foi , il ne pouvait cependant éviter sa présence; le doute le torturait, il avait besoin d'une solution ; ne la trouvant pas à Carthage , dont le relâchement des mœurs et l'indiscipline des écoliers lui avaient rendu le séjour odieux , il alla demander à Rome la paix qu'il ne devait trouver qu'à Milan. Il remplissait une chaire de professeur de rhétorique , en même temps que saint Ambroise occupait le siège épiscopal de cette ville. La célébrité de ses prédications attira Augustin comme tous les autres ; et quoi qu'il ne s'y rendit d*abord que comme curieux et pour juger de l'éloquence de l'orateur, il en vint peu à peu non-seulement a goûter la diction, mais encore à se laisser pénétrer par la doctrine du saint pontife. Il voyait sans regrets toutes les erreurs qu'il avait si longtemps professées s'en aller une à une dans les ténèbres d'où elles étaient sorties ; mais il n'avait pas encore le regard assez exercé , ni Tœil assez solide , pour contempler de front toutes les lumières dé la vérité. Cependant il en avait assez aperçu pour désirer d'en voir davantage. Ce fut même là le motif qui lui Ct prendre la résolution de rester catéchumène , jusqu'à ce que la vérité se fût révélée à liîi tout entière.

Sixième livre. -^ C'est dans ces dispositions d'esprit et de cœur (jue sa mère le trouva , lorsqu'elle vint le rejoindre à Milanl 11 n'était plus manichéen , mais il n'était pas encore catholique. Cependant ses méditations devenaient de plus en plus profondes; sa vie prenait chaque jour plus de gravité. Il visitait saint Ambroise, il se nourrissait de sa doctrine, il prenait goût à l'Ecriture sainte qu'il lisait , cette fois, avec intelligence et bonheur. U confessait Tobligation de se soumettre à son autorité, par limpuissauce absolue où est l'homme d'arriver à la connaissance de la vérité, par la seule voie de l'étude et du raisonnement. Il ne lui fut pas difficile de reconnaître le vide de la gloire et le néant .de l'ambition y et il commepfa à faire bon

marché de la fortune, du jour où il rencontra un pauvre mendiant se donner plus de bonheur avec un peu de vin, qu'il n'en avait jamais goûté dans ses plus bnllants succès. U n'en fut pas de même des plaisirs de l'amour charnel, dont il ne pouvait parvenir à éteindre la passion dans son cœur. L'es-

{>érance d'un mariage lui avait fait quitter a femme avec laquelle il vivait depuis longtemps; mais, comme il s'en fallait encore ae quelques années que la jeune fille qu'on loi nestioait fût nubile, il n'eut pas la patience d'attendre. 11 prit une nouvelle concubine, dont les complaisances n'eurent jamais la vertu de cicatriser les blessures que le départ de la première avait laissées dans son cœur. Et il vivait, continuant de croupir dans son bourbier, malgré les exemples de sagesse et les conseils de continence que ne cessaient de lui donner ses vertueux amis Alype et Nébride, deux anges gardiens qu'il s'efforçait d'entraîner dans ses voies, en les séduisant par l'attrait du plaisir. <f O voies égarées » s'écrie-t-il, où m'avez- vous conduit? Malheur à l'Ame audacieuse, ô mon Dieul qui, en s'éloignant de vous, espère trouver ailleurs meilleur que vous ! En vain elle se tourne et se retourne de tous les eûtes, elle ne rencontre partout que peines, inquiétudes et douleurs, parce que vous seul, û mon Dieu ! êtes son repos. »

Septième livre. — Son adolescence était morte au milieu des luttes et des combats , et par sa trentième année il entrait dans la force de la maturité de la .jeunesse pour continuer la lutte entre son esprit et l'esprit du Seigneur. Mais au moins , cette fois, il l'acceptait sans arrière-pensée, et il la soutenaitavecune ardeur digne d'être couronnée par le succès. A iorce d'études, il parvint à s'approcher de la vérité. U dégagea l'idée de Dieu de Tidée de la matière, et, posant en principe que ce qui est incorruptible vaut mieux que ce qui est corruptible, il en conclut que Dieu ne peut pas être corruptible , parce qu'alors on pourrait concevoir quelque chose de meilleur que Dieu. C'est de la même manière qu'il parvint à découvrir l'origine du mal, parce que Dieu étant essentiellement bon de sa nature , il ne pouvait avoir rien créé que de bon. Ce ne fut pas sans surprise et sans joie qu'il trouva dans les livres des platoniciens toutes les grandes vérités de la foi touchant le Verbe de Dieu , et sa divinité infinie , et sa génération éternelle, et l'humilité de son incarnation. Cette découverte le fit rentrer en lui-même; il entrevit , dans la partie la plus intime de son Ame, la lumière étemelle et immuable, et il comprit , avec le secours de la grAce , que ce qu'il cherchait existait au-dessus de toutes choses, au-dessus de toutes créatures; non pas comme Thuile est au-dessus de l'eau,, et le ciel au-dessus delà terre, mais comme celui qui a tout fait est au-dessus de tout ce qu'il a fait, à un degré immense et dans dos proportions infinies. De sorte qu'on peut dire que les créatures sont et ne sont pas : elles sont en tant qu'elles existenti elles Vie

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sont «#6 p^m qu'elles ne peuvent pas ôlre ; cequ'est 9ieu, gui seul pcissède l'être parfait, puisque lui seul est immuable. Dieu a touC mi, et tmt ce aue Dieu a Çaii est bon ; toutes tes oeuvres de la création chantent ses louanges; Dieu n*est donc pas Taurleur du mal? hè mal est l'opposé du bien , comme le £uix est Topposé du vrai ; ei, bien loin d'être une substance , il n'est que la dépravation d'une flme dont la volonté se détourne de Dieu. Le saint docteur confesse qu'il en était encore Ih , mais il était bien

Kès d'en sortir. Les livres des platoniciens i avaient donné la science, et la science avait engendré Torgueil ; les livres saints, au contraire, et en particulier les EpUres dd saint Paul , lui avaient inspiré rbumilité , parce qu'il v retrouvait, non -seulement toutes les vérités qu'il avait apprises dans les philosophes, mais, à côté et bien au-dessus de ces vérités, la grAce de Dieu qui nous empêche de nous glorifier de nos connaissances, puisque nous n avons rien que nous ne l'ayons reçu. Quid habes qm^d non acce-pisti?

Huitième livre. — La lecture des saints livres avait porté son fruit, la grâce de Dieu avait brisé ta glace de son cœur; son âme flottait encore dans le doute, pleine de trouble et d'anuété , mais elle était avide d'un changement. Tout le portait vers une résolution sublime , mais il était touiours retenu dans le vice par les liens de Thabitude. Il était las de sa chaîne, mais il avait besoin d'une main amie pour l'aider à la briser. Dieu lai tendit la main d'un saint vieillard, nommé Simplicien, dont toute la longue carrière s'était passée dans la (>rière et les bonnes œuvres, dans le culte du Seigneur et la pratique de la charité. Augustin alla lui demander des conseils pour réformer sa vie. Le récit qu'il entendit de la conversion de Victorin, un des rhéteurs les plus célèbres de son temps, à l'éloquence duquel le sénat romain, composé en grande partie de ses disciples, avait lait élever une statue dans le Forum, lit une telle impression sur son cœur qu'il en fut tout ébranlé. La vie de saint Antoine, Thistolre de ses macérations et de ses austérités, achevèrent de le vaincre; il sentît en lui un mouvement extraordinaire; une lutte décisive s'engagea dans son âme, la lutte de l'esprit contre la chair, la lutte des deux volontés dont les manichéens avaient fait deux natures. L'orage gronda dans son cœur; il quitta son ami Al^pe ; il alla se coucher sous un figuier, où, se roulant par terre et laissant édiapper en même temps ses prières et ses sanglots, il demanda a Dieu de lui donner ia force de se vaincre iuim<}m0. Alors il lui sembla entendre sortir d'une maison voisine ua« voix qui disait : frênes <l lues. II ae leva, et prenant les Ëpltres de saint Paul, il les ouvrit au hasard, puis avec une inexprimable angoisse, il y lut: ffe vivez pas dansies fë$$ins m dans rtmptfdicilé: revélex^ous de Notre-Seigneur Jésus- Christ et ne cherchez pas à contenter votre ^çhair, suivant les désirs de votre ssnsualité.

Il n'en lut pas, il j)*a¥aii plu^^^psMa à'eo liri» davantage. Dès ce momant, i} se senti! soulagé et tranquille; ^on sort fut fixé. U indiqua d*un sig^^e à son ami Alype le passage du livre qui l'avait changé; Alype le lut, et, s'appliquant à juinnéme le verset suivant , il résolut de suivre Augustin dans sa conversion. La première émotion passée» ils se lèvent tous deux, ils vont trouver sainte Monique, ils lui racontent pe qui s*était passé et la résolution qu'ils avaient arrêtée. La pieiise mère tressaille, se r^JouU, triomphe et rend grâces à Dieu 4e m ^^oir accordé mille fois au delà d^ c^ qu'elle lui avait demanda .tvep t#nï di3 prières et tant de larmes?

Cette scène, la plus merveilleux^ peutHêtre qui se soit passée daijLs le c(Bar d'un bomaie, est tracée d*uoe fai^n admirable dàn» les Confessions: on ne saurait rien lire de plus vrai , de plus saisissait et de plus élevé. Cette époque de )a vie d'Augustin a ()aru si intéressante, que l'Eglise, par un privilège que le pieux docteur ne partage qu'avec saint Paul, l'a consacrée par une sofeunité qui se célèbre tous les ans au 5 du mois de mai. Au reste , ce privilège est inaioa une faveur qu'une justice , de tous. les docteurs de l'Eglise, n'est-ca pas celui qui » par son activité et son ardeur, se mppfoclie ia plus des travaux du grand apôtre? *«

Neuvième livre. — La converaim d'Augustin devait porter bonheur à tous sea amis : Vérécundiis et Nébride imitèrent Alype dans son attachement pour le pieux néophyte, et tous ensemble ils rivalisèrent de zèle pour le suivre dans son retour au Seigneur. Dès que le saint professeur put renoncer à l'enseignement des lettres profanes, ils se retirèrent à la campagne, et là, sous l'influence de sa direction , mais plus encore de ses exemples, ils devinrent en peu de tem[)S de parfaits chrétiens. Sainte Mo* nique présidait à cette pieuse société, dans laquelle on se livrait sans cesse à de religieux entretiens, à des études assidues, à de profondes méditations. Augustin lisait les psaumes, composait divers ouvrages, tenait avec ses amis des conférences que ceuXH^i recueillaient, et dont plusieurs nous sont garvenue.^. Ce fui ainsi qu'il se prépara au baptême. 11 le reçut à Milan, dans sa trente-U'Oisième année , des mains de saint Ambroiso , en même temps qu* Alype et Adéodat, l'enfant de son péctié, qui devint ainsi son contemporain dans la grâce ^t la régénération. 11 rappelle ici ce qm nous avons dit dans notre étude sur saint Ambroise et assime à peu près à l'énoque de son baptême liostituiion de la psalmodie et du cbant religieux dans l'Rglise de Milan, la découverte des reliques des saints martyrs Gervais et Protaia , et il -confirme ainsi, de l'autorité de son témoianage* las miracles opérés au moment de Jeur translation. Après tant de grâces reçues i30up sur coup. Dieu lui ménageait une i;rande douleur; il perdit sa a»ère, et la religion seule eut te pouvoir de tempérer le ^a^rin amer qu'il oo resseptît» Pour sQ'i

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tfOIUMMàlIIC OÉMIMljOCIE.

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consoler f il aimait à se mppeier 4a pureU de ses moBucs, la douceur de ses tumUides, le déTOuemeiit de son coeur; il repassait àv'êç une doaloaEeusex^mfdaisaflce les entretiens de ses dermecs jours, les {)aroles de ses dor* iliers inslaals , ses derniers désirs et ses dernières volontés; eC^ par esprit de foi plus encore que par soumission, ri mit to«t son /èle et toute sa piété filiale à les accomplir. li pria , il offi'it le saint sacrifice pour sa mère ; il recommanda son Ame à Dieu avec TAme de son père, et depuis lors it ne sépara filus ces deux mémoires dans ses prières eà dans son cœur.

Bixiimt litre, — Après tant d'épreuves accompagnées de tant de bienfaits, Augustin s'arrête un instant pour faire un retour sur lui-^mèDue : il cherche à démêler au fond de 6a consoienoe, non pas ce qu'il avait été, mais ce qu'il était réellement, au moment où il éf^iYàiis^sConfessians, et quels motifs ravaieot déterminé a les rendre publiques. C'était pour réveiller parmi ses lecteurs les coupables qui lui ressemblaient , afin qu'au lieu de s'endormir dans le mal, en désespérant de leur guérison, ils se sentissent excités, au contraire, par les merveilles de la miséricorde de dieu, qui donne des forces aux plus faibles, et qui communique sa grâce aux fdus indignes dès qu'iks reconnaissent leur &iblesse et qu'iJs confessent teur indignité. Aussi, pour sa part, U ne craint pa^ d'assurer qu'il aime véritablement Dieu , et qu'il a coflomencé de l'aimer dès le moment inème de sa conversion. Son amour vient de sa reconnaissance, et sa reconnaissance, du sottvonir des bienfaits du Seigneur. L'amour de Dieu a donc sa racine dans la mémoire du cœur, et si les autres facultés de l'Ame nous apprennent à le reconnaître, la mémoire seule, en nous empêchant de l'oublier, nous le fait aimer. « Pourquoi donc, vous ai-je connue si tard, 6 beauté toujours ancienne et loi^(Hirs nouvelle? s'écrie*t-il, et pourcjuoi donc, avant de m'atlacher à vous, suis-je resté si longtemps attaché à de misérables beautés qui ne sont que l'ouvrage de vos mains? •» £1, toutefois, cet amour de Dieu qu'il éprouva si vif et si ardent, et qu'il peint cu^ns son cœur en traits si purs et si enfiaaunés, ne le met pas toujours à couvert de toutes les tentations qui naissent des trois branches de la concupiscence; mais en même temps qu'iiles signale, il indique les moyens (k; Insistance qui lui ont aidé a les soumettre et à les dompter. Soit que ces tentations viennent de l'esprit et du cœur, soit qu'elles naissent de la chair et des sens, il en décrit la nature, les artifices, les dangers; et il trouve en lui-même) avec la grAce de Dieu etia médiation de Xésus-Christ, e'est-è-dire, dans son Ame et sa volonté , les remèdes propres À les guérir.

OrtxUme (fore. ^ Cependant le zèle du nouveau converti était i^ifatigable ; un in^ tant il avait faibli sous le poids de ses fautes et de s^ misères, jusqu'à penser à tout quitter pour se retirer dans la solitude ; luais le souvenir de Jésus-Christ et do sa

ioédiation universelle^ rappefë ^ son cœur par ces paroles de rÂpAire : Pro omnibus fOhrisins mortuuê est, ut et qui eivunt Jam non êibi vivcmt^ $ed et qui pro ipsis morfuus têiy le ramena bien vite à sa véritable vocation. Il s'appliqua avec ardeur à l'étude des Ecritures, et il demanda à Dieu de lui en donner l'intelligence. Les premières paroles de la Genèse le mènent à la découverte de la première des vérités ; la création lui révèle le Créateur. « // ne faut qu'ouvrir les psux^ dit-il, pour voir que toutes ies créatures ne sont que parce qu'elles ont été faites^ et qu'elles n ont pu se produire elles-mêmes puisque f pour cela y il aurait fallu qu'elles eussent été avant d'être. C'est aoïkc le Seigneur qui les a faites, et elles ne sont bonnes que parce qu'tl est bon. » De quel instrument s'est-il servi, sur quelle matière a-t-il travaillé pour en faire sortir la création ? Il n'en est pas de Dieu comme des hommes, il n'a eu qu'un mot à dire, et tout a été fait, qu'un ordre à donner, et la création tout entière est sortie du néant pour le servir. Dixity et facta sunt ; mandavit^ et creata sunt. Point de matière préexistante : d'où serait-el4e venue, et comment aurait-elle préexisté ? L'Etre divin est la source unique de tout être, et rien n'existe que par sa création. Or c'est par sa parole que Dieu a créé le monde, ôt cette parole est son Verbe, et ce Verbe est son fils ; c'est donc par son Verbe qu'il parle, c'est donc par son Fils qu'il commande et se fait obéir ? Mais toutes ces choses sont ineffables, et qui pourrait les faire comprendre?... Pour^ tant, avant de la prononcer, cette parole qui a créé l'univers, que faisait Dieu ? — Il se reposait dans son éternité. En effet, si par le ciel et la terre, il faut entendre tout ce qu'il y a de créé, on peut dire qu'avant que Dieu eût tout fait, il ne faisait rien; car tout ce qu'il aurait pu faire n'aurait été que créatures ; or, avant qu'il fit ce qui com-

Srend toute créature, il n'en faisait aucune, 'est donc se tromper que d|imaginer, avant la création, un nombre incalculable de siècles que Dieu aurait laissé passer sans travailler à ce grand ouvrage. Comment cela se serait-il fait, puisque Dieu est l'auteur du temps et qu'il a créé lui-même tous les siècles ? Dieu ne connaît ni avant, ni après ; il n'a point de veille et point de lendemain ; Dieu n'a qu'un jour, et ce jour c'est l'éternité. C'est dans ce jour qu il a produit son Verbe, qu'il a engendré son Fils, suivant l'expression du Psalmiste : Ego hodie genui te. L'étude de l'éternité le conduit naturellement à l'étude du temps ; le moyen de les mieux connaître Tun et l'autre, c est de les comparer pour en faire ressortir la ditt'érence. Mais après une longue dissertation, il convient que si le temps est la chose du monde la plus connue, elle est aussi la plus difficile à expliquer.

DouMiime livre. — La philosophie de la Bible le tient en haleine ; il se plaît dans cette investigation des secrets de Dieu, et il cCMitinue de chercher à pénétrer -ce qu'il y

MCnONMAIRE DE PÂTR0L06DL

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a de compréhensible dans les lois de sa création. Ces premières paroles de la Genèse : In principio Deui creavit calum et terram^ lui donnent occasion d'admettre une création primitive^ antérieure à toute création partielle» c'est-à-dire aux opérations successives des six jours. Par le ciel que Dieu créa d'abord, il entend les créatures spirituelles, les intelligences qui contemplent sans cesse la face du Seigneur ; par la terre, qui fut également créée dès le commencement, il comprend la matière informe dont Dieu s'est servi pour former le corps de toutes les créatures. Il convient qu'on peut donner d'autres interprétations tout aussi rationnelles, tout aussi plausibles, mais il s'en tient à la sienne qu'u croit bonne ; et nous y adhérons d'autant plus volontiers que nous la trouvons plus en narmonie avec les nouvelles découvertes de la géologie moderne. Cependant, pour mettre son système d'interprétation dans un plus grand jour, et pour le rendre plus accessible à toutes les intelligences, il distingue quatre sortes de priorités : une priorité d'éternité, celle de Dieu, qui précède toutes choses ; une priorité de temps, celle de la fleur qui prêche le fruit ; une priorité de valeur et de préférence, celle du iruit qui surpasse la fleur; et enfin une priorité de nature et d'origine, celle du son qui précède le chant, à qui il sert de matière. « Du reste, dit-il, les saints livres sont susceptibles de bien des interprétations. Ce que j'en ai dit me semble juste el vrai ; un autre peut y découvrir d'autres sens, et mille autres y voir briller d'autres vérités; si tous ces sens sont justes, si toutes ces interprétations sont vraies, il en résultera, sans contradiction aucune, que ces significations diverses

toute vérité. » .

Treizième Krre.— En effet, à l'ouverture du livre et dès le début, dans les premières

f)ages et jusque dans les premiers mots de a Genèse, Augustin découvre que tout respire la grandeur et la bonté de Dieu ; son être se manifeste tout entier dans la production des êtres, dans la perfection des créatures qu'il a formées de ses mains, sans qu'il en eût besoin ni pour sa béatitude, ni

λour sa gloire ; car cette création merveileuse se révèle aussitôt comme l'œuvre de la Trinité. Sans doute, cette Trinité ne nous apparatt encore que comme une énigme, à travers un voile et dans la glace d'un miroir, mais il suffit qu'elle se montre assez pour qu'on puisse constater sa présence, dans la volonté du Père qui se décide à créer ; dans la parole du Fils qui tire le monde du néant, et dans l'action du 5atiU- Espriif qui plane sur toute cette création, pour en disposer avec sagesse et discernement toutes les parties, suivant ce passage de la Genèse : Spiritus Dei ferebatur super aquas. Autrement 9 comment interpréter c^ue élévation, ou plutôt cette suspension

du Saint-Esprit au-dessus des eaux, si on ne l'entend pas de la suréminence de la divinité au-dessus de toutes les choses sujettes aux vicissitudes et aux changements ? Et cependant, qui comprend la Trinité et qui n'en parle pas ? Tout le monde en parie, et personne ne sait ce qu*il en dit ; et ce-

Sendant, même dans le cnoc des idées et la ivergence des opinions, cette céleste vision ne passe jamais devant une âme sans y laisser la paix. Les hommes n'ont besoin que de rentrer en eux-mêmes pour y trouver quelque chose de semblable» quelque chose

3ui puisse, au moins, leur donner une idée e ce mystère ; c*est l'être, l'intelligence et la volonté. Je suis cette même chose qui connaît et qui veut ; je connais que je suis et que je veux, et je veux être et connattre. Tout cela se rencontre dans une seule substance vivante, dans une seule Ame, dans une seule essence. Et pourtant quelque réelle que soit la différence entre ces trois choses, elles n'en sont pas moins absolument inséparables. Alors, reprenant, dans un sens allégorique, l'explication des premiers versets de la Genèse, le saint docteur en fait ressortir toute l'économie de rétablissement de l'Eglise et de la sanctification de l'homme, la seule fin que Dieu se soit

E reposée dans les œuvres de sa création, reprend un à un, 11 eramioe, il commente, il explique les travaux des six jours; et avec le Seigneur, il y applaudit en les proclamant bons : Et vidit J>eu$ qwd euent omnia valde bona. Ce qui lui donne occasion de nous présenter le repos du septième jour comme un emblème de l'éternité. « Alors, dit-il à Dieu, vous vous reposerez en nous, de la même manière que vous opérez en nous maintenant, et ce repos dont nous jouirons sera votre repos, parce que vous nous en ferez jouir ; comme les bonnes œuvres que nous faisons maintenant sont vos œuvres, parce que c'est vous qui nous las faites accomplir. »

Gomme nous l'avons dit, cette analyse des Confessions, si succincte et si imparfaite qu'elle soit, suffit donc pour compléter la vie d'Augustin. De tous Sfis ouvrages, il n'en n'est aucun qui ait contribué à jeter sur lui plus d'intérêt. Sans doute, la science, les vertus, la constance des saints sont un objet d'éternelle vénération ; mais la piété de saint Augustin avait ce caractère d'amour passionné pour Dieu, qui» dans tous les siècles, a toujours séduit et entraîné. Les récits qu'il fait de ses fautes, de son orageuse jeunesse, l'effet progressif des sentiments religieux sur son Ame, qui resta faible longtemps encore après avoir été persuadée; tout cela, en le rapprochant àe nous, plus qu'aucun des autres Pères de l'Eglise, le rend natureilement moins étranger à notre humanité. Ses Confessions sont une prière continuelle; il s'adresse sans cesse à Dieu avec une sorte de familiarijé d'adoration singulière et touchante; i'.»^ supplie de lui donner la lumière nécessaire pour découvrir les fautes de sa vie, et u

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DICTIMiNAlRE DE PATHOLOGIE.

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exhale avec force des sentiments de honte et de repentir. Sans doute* ses scrupules comme son stjle ont narfois trop de subtilité, mais c*est moins le défaut de son génie que le défaut de son temps. Les écoles de philosophie, le goût particulier aux Africains, et le caractère général de l'esprit à cette époque, ont pu reloigner quelquefois de la simplicité, mais jamais du naturel et de la Térité.

Livres contre les académiciens (écrits en 386;. — Ici, nous rentrons dans l'ordre naturel des publications du saint auteur, pour ne

S lus nous en écarter, et nous continuerons ans la suite à donner à la date qui lui appartient l'analyse de chacun de ses ouvrages. Les trois«livres contre les académiciens sont les premiers qu'il composa après le traité de la bienséance et de ta beauté ^ que nous avons perdu. Imbu, pendant de longues années, de la doctrine de ces philoso- Shes touchant la perception ou l'intelligence u vrai, il résolut de combattre leurs erreurs aussitôt que son retour à la foi l'eut mis eu possession de la vérité. C'est dans ce but qu'il recueillit et publia, sous une forme dialoguée, le fruit de ses méditations personnelles et des pieux entretiens qu'il eut avec ses amis de solitude. U les dédia à Romanien, son compatriote, en l'exhortant à Télude de la philosophie. — La discussion commence entre Liceutius, fils de Romanien, et Trigétius, pour se continuer ensuite entre Alvpe et saint An^stin luimôme. Il s'agit ae savoir si la vie bienheureuse consiste dans la connaissance du vrai, ou simplement dans sa recherche, et môme, l défaut de l'un et de l'autre, dans la découverte du vraisemblable. U donne, à ce pro« pos, la définition de la sagesse et de Terreur; il explique les avantages de lune et les dangers de l'autre ; il fait ressortir la différence de s/stème entre les opinions de la nouvelle et de Tancienne Académie, et il condamne vivement cette double assertion de Zenon, dont les académiciens avaient fait deux axiomes : On ne peut rien comprendre ; donc il ne faut rien admettre I Augustin, au contraire, raisonne dans un sens tout opposé, et il conclut qu'avec l'aide de Dieu on peut arriver à l'intelligence et à la possession de la vérité.

, Livre de la Yie bienheureuse (écrit eu 386). —Ce livre est du même flge que le précédent, et, comme lui, il nous initie aux graves entretiens et aux discussions de haute philosophie chrétienne qu'Auguslin agitait de temps en temps avec ses amis, retirés, dans sa société, à la campagne de Vérécundus. H est divisé en trois chapitres, qui reudeot compte des conférences de trois jours, et dont la conclusion logique est que, même dès cette vie, la connaissance et l'amour de Dieu peuvent conduire Thomme à la béatitucte.

Nous sommes composés d'une ftme et d'un corps ; et, comme le corps a besoin de nourriture pour vivre, de môme TAme a besoin de la science pour se nourrir. « Nous

.DlCXlOMU. DIS PATROLOOIB. L

voulons ôtre heureux, n'est-ce pas? dit-il en s'adressant à ses amis. Eh bien I pensezvous aue celui-là soit heureux qui n'a pas ce qu'n veut?— Non,' répondirent- il s unanimement.—Pensez-vous davantage que celuilà soit heureux qui possède tout ce qu'il désire? — Oui, répondit sa pieuse môre, pourvu que tout ce qu'il désire soit bon.— Fort bien, ma mère, répondit avec effusion le pieux fils, vous avez trouvé là le plus grand secret de la philosophie ; mais la possession des choses créées, quoique bonne en elle-même, sufiit-elle pour donner le bonheur? — Non, poursuit sainte Monique, puisqu'elles ne peuvent l'assurer et qu'on n'en jouit qu'avec crainte de les perdre.— Donc, pour ôtre heureux, reprend-il avec assurance, il faut posséder un bien permanent, un bien qui reste et qui demeure sans Sue rien puisse le ravir. » Or ce bien, c'est lieu seul. Ainsi celui qui possède Dieu est heureux, et celui-là seul le possède qui vit bien, c'est-à-dire qui fait sa volonté. »

La môme raison qui prive du bonheur celui qui n'a pas tout ce qu'il veut, empoche justement les académiciens de le posséder. Personne ne cherche sans avoir le désir de trouver ; or ils ne cessent de chercher la vérité, ils veulent donc la découvrir, ils veulent revendiquer pour eux l'honnenr de cette découverte ; mais comme cette découverte ne se réalise jamais, il s'ensuit donc qu'ils ne peuvent pas ôlre heureux, puisau'ils n'ont pas tout ce qu^ils veulent, et qu^ls ne sont pas môme véritablement sages, puisqu'il est inouï qu'un vrai sage ne soit pas heureux. — Le secret du bonheur, c'est la possession de Dieu, mais la possession de Dieu ne consiste pas seulement à bien vivre en accomplissant sa volonté ; elle consiste encore à n'ôtre possédé par aucun esprit impur. Or il en est de deux sortes qui peuvent ravir le bonheur : Tun qui envanit Tftme, qui trouble les sens, et qui pousse quelquefois l'homme jusqu'à la fureur ; on le chasse par l'imposition des mains, par les prières et par les exorcismes de l'Eglise ; l'autre qui rend l'Ame immonde par les erreurs qui l'obscurcissent et les passions qui la souillent, et celui-là on le chasse par la chasteté, c'est-à-dire par une vie exempte non-seulement de toute impudicité, mais de toute faute qui éloigne une ftme de Dieu et qui l'empôche de s'attacher à lui. — Les biens temporels ne servent de rien pour le bonheur. Sans doute tout homme qui est dans l'indigence est malheureux, et tout malheureux est dans l'indigence. Le riche est dans l'indigence, puisaue, malgré ses richesses, il a encore des ésirs et n'a pas de sécurité ; le pauvre est dans rindigence, puisqu'il manque de tout ce qu'il désire ; mais la plus grande, la plus profonde, la plus lamentable de toutes les misères, c'est Tindigence de la sagesse, parce que celui en qui la sagesse abonde n'a plus rien à désirer, puisque Dieu est avec lui. « Cherchons donc le Seigaeur, dit-il« dans la conclusion de son livre i

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DiGTIOMIAlltE VÊ MTR0L06IE.

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cherchons-le avec zèle, sans relftche et sans fin, jusqu'à ce que nous l'ayons trouvé. Allons h lui comme à la source de toute Térité, comme au foyer de tout amour, afin que nous puissions le connaître et Taimer, ce qui constitue, même pour la vie présente, la véritable béatitude-

Deux livres de Vordre (en 88«). -^ Saint Augustin ren(i compte, avec un charme par* ticu1ier,des circonstances qui lui ont inspiré l'idée d'écrire cet ouvrage. C'était penaant une nuit d'étude, comme Tétaient à peu près toutes ses puits ; il repassait en silence toutes les pensées qui s'agitaient en foule dans son cœur, sans qu'il s'en rendît compte, ni qu'il sût précisément d'où elles lui venaient. Bref, il veillait, lorsqu'un léger bruit vint frapper son oreille et arracher son esprit à toute autre préoccupation. C'était un cours d'eau qui s'écnappait par le canal des bains, en courant sur les cailloux avec un murmure tantôt clair et limpide, et tantôt vif et précipité. Augustin en recherchait la cause, sans qu'aucune se présentât à sa pensée, lorsque tout à coup Licentius et Trigeste, qui ne dormaient pas plus que lui, vinrent le trouver, -r- Avez-vous remarqué, leur dit-il, comme cette eau coule avec un son inégal et inconstant? — Ce bruit n'est pas nouveau pour moi, lui répondit Licentius, et je l'ai toujours attribué à l'abondance des feuilles que l'automne fait tomber dans le bassin, et qui, en obstruant l'ouverture du canal, forcent les Aaux de s'en échapper avec plus ou moins de murmure, suivant qu'elles sont plus captives, ou qu'elles sortent avec plus de liberté. — Augustin admira la justesse de la réponse, et conclut que puisqu'il y avait une raison à tout, il devait y * avoir également un ordre pour régler tout. Alors, passant des considérations physiques aux con-» sidérations morales, il en arrive à traiter de l'ordre dans sa plus grande étendue.

Premier livre. — C'est cet entrelien qui donna lieu à l'ouvrage que nous avons sous ce titre. 11 est divisé en deux livres, et chaque livre contient deux conférences. 11 s'apf)lique à démontrer, dans la première, que es ûiens et les maux sont dans l'ordre de la Providence: les biens, parce que Dieu les aime et qu'il les donne; les maux, parce que Dieu les souffle et les permet, de sorte qu'il ne se passe rien dans le monde sans que la volqnlé de Dieu y soit pour quelque cnose. Tout est utile, lorsque tout est dans Tordre; et les sciences humaines elles-mêmes, pour l'homme sage et judicieux qui en use avee discernement, peuvent servir beaucoup à éclairer l'intelligence et former la raison. — C'est Tordre qui nous conduit à Dieu ; mais qu'est-ce que Vordre, sinon le sentiment qui nous fait accomplir toute chose, suivant la pensée et l'institution de DieuT Ainsi l'amour de la vaine gloire dans les jeunes étudiants, l'émulation qui ne vient que de la vanité, ne sont plus dans l'ordre providentiel, des qu'ils sont détournés de leur but, Sui est la science, qui nous aide à connaître >ieu. *— Pendant qu'il faisait l'application

de ces pnndpes à Licentius et à Trisestti, qui s'étaient laissés aller à quelques légèretés, sainte Monique entra, et Augustin en prit occasion de démontrer que lés tètam^ ne devaient pas être exclues de Yiinh^ de la philosophie, puisque, d'après sa déGnition même, la philosophie n'est autre chose que l'amour de la sa^sse.

Deuxiime livré. — Or la sagesse censiste à vivre avec Dieu, sans jamais sortir de l'ordre établi par la Proviaenoe. Le vrai sage est celui que Dieu possède et gouverne, qui le comprend et qui ne s'occupe que de lui, soit dans ses méoitations solitaires, soit dans ses conversations avec les hommes. Et es*

f>«[idant, parce que le sage comprend la foie, il ne s'ensuit pas que la folie soit avec Dieu. La folie est, pour l'âme, ce que las ténèbres sont pour le corps, dont les yeui, avec toute leur perspicacité, ne peuvent soo« der toute la profondeur. Néanmoins, quoi-

3ue les insensés paraissent agir oontre l'orre, leurs actions n'en rentrent pas nuiins dans le système providentiel^ en faisant reasortir la supériorité de la raison, ians doute, il est des choses qui nous pftnisseqk obscu* res, ei que nous avons peine à iious eiptiquer; mais il y a deux voies qui nous soot toujours ouvertes peur arriver à leur connaissance, c'est-à-dire ou'il y a deux moyens infaillibles de démêler l'erreur de la vérité; c'est l'autorité et la raison : la raison, qui n'est autre chose que le sens intime, TintsU ligence individuelle ; et Tautoritéi qui ssl It raison de Dieu manifestée par Je révélation. C'est par cette dernière voie seulement que nous pouvons arriver à la oonnaissaqos des mystères. La folie est l'aberfation de Tes-

{>rit, le mal est l'aberration du cœur; et si 'un est en dehors de l'ordre de la sagesse, l'autre est en dehoracle l'ordre de la justice, dans lequel Dieu le force de rentrer e-ependant, en cette vie, par la privation de ses grâces, et dans l'autre, par s%s châtiments. — De ces questions métaphysiques, il passe aux préceptes de la morale, et trace l ma disciples les meilleures règles à suivre, soit dans leurs mosurs, soit dans les devoirs particuliers des emplois qui leur sont sootiés. Il leur donne un règlement d'études et leur enseigne qu'on apprend et par autorité et par raison : par autorité divine, qui ne pro-

E ose jamais rien que de vrai, et par aatorîté umaine, sujette a l'erreur quand elle n'est gue la raison d'un seul, mais essentieilefflent infaillible quand elle est la raison de tous. C'est elle qui a inventé les sciences, la grammaire, la aialectique, la rhétorique» la géométrie, l'arithménque et l'astronomie, toutes sciences utiles quand on les rapporte à Dieu, el qu'elles servent de moyen d'arriver à la vraie sagesse, c'est-à-dire à la connaissance de notre âme et de Dieu, de notre principe, de notre destinée et de noire fin.

Soliloques (écrits en 386 ou 3OT>. — Nous dérogeons, pour un instant, à t'ordre suivi dans toutes les éditions des Bénédictins, qui classent habituellement les ouvrages du saint docteur d'après la dele de teor publf*

AtlG

DtCTIONNAUlE PE PATHOLOGIE.

cfttioil* Mais le (ivre das SQliloques^ et par la nature des questions qui y sont traitées, et

Ear les sentunents de vive piété qui s*en exaient presque à chaque page, nous a paru tellement à part et en dehors de tous ceux qui doivent sui?re, que nous ayons cru pou- Toir le plaoer nresque immédiatement a la suite dos Canfemonst aveo lesquelles, du reste, il a uae aflinité si naturelle, qu'il semble en être coipaie la continuation. La forme suivie dans cet ouvrage diffère complètement de la forme usitée dans les précédents. Au lieu dV discuter avec ses amis, le pieux néophyte s*y entretient avec lui-même. De là le titre de SaliloquaM^me nouveau d*une proaonciation assez dure, mais très-propre à rendre S4 pen^éç et à manifester la chose, en la caractérisant.

Cet ouvrage se divise en deux livres.

Prtmier l^vre. — Le premier est une peinture déUcieuse de Féfat de son âme et des jouissances qu il éprouve à dompter le reste de ses passions, pour s'attacher a Dieu et ne servir que Im seul : Pieu, qui est la vérité, la sagesse, la vie, la béatitude ; par qui tous les biens sont communiqués aux hommes ; Dieu, qui les retire de Terreur, qui les place dans les voies di| salut, qui les soutient de sa gr&ce, ^ui )es réchauue ue son amour, qui les nourrit de ses bienfaits. — Après une prière magnifique dont nous n'avons repro-

besoin 4b savoir? Ahl Tai besoin de savoir tout ce quej'ai demandé I Or, je n'ai rien demandé à Dieu que deux choses s de le connaître, et de me connaître moi-même. » Ensuite u s'adresse à lui-même cette supposition ; « Si quelqu'un te disait : 4e te ferai copniUire Die^i comme tu connais Alype, ne serais-tu nasrecoqnaiss^Lntï Ne trouverais-tu pas que c est assoE? — ie serais reconnaissant, s§ répond-il, mais je désirerais encore davantage. le voudrais connaître Dieu mieux ^ue je pe connais les vérités mathématiques Jt^ plus clairement démontrées, autrement, et au del^ de tout ce que Plotinus et Platon m'en ont jamais appris; je voudrais connaître Dieu mieux que je ne connais le soleil, et que sa divinité se révélât à mon Ame plus visiblement que la lumière de cet astre ne se manifeste à mes yeux. » — Or, je ne puis connaître Dieu que par la foi, l'espérance et la charité. — « Par la foi, je le vois; par Tespérauce, je le possède; par la charité, je le goûte et j'en ÎQuis. Dope, plus ma foi est grande, plus mon espérance est vive, plus mon amoifr est ardent, et plus je suis capable de voir, de posséder et de goûter le Seigneur. » — Certes, voilà une grande ardeur, une noble ambition, placées dans une grande Ame et dans un grand cœur; mais celte ardeur est-elle unique, et cette sainte ambition exclut-elle tous les désirs? — 11 se pose la question, et il interroge sa conscience, qui lui répond } « Je pourrais aOirmer, suivant la dispoiûtiûo de cmur où je me sens actuellement, <|ue je n'aime rien davantage ; mais

je crois plus prudent d'avouer que je n'en sais rien. Pourtant il me semble qu^il n*y a • que trois choses dont je puisse être touché s la perte de mes amis, la erainle de la dou« leur et Tappréhension de la morl.»— Les ri- chesses, les honneurs, les plaisirs de la bouche et les jouissances sensuelles ne sont plus rien poui^ lut ; sMI ressent enoore de temps en temps les aiguillons de la chair, o'esl pour lui une ocoasiou de s*humilier, en présence de ses souvenirs, de recourir à Dieu pour obtenir la force d^y résister, et de se jeter entre ses bras pour en être garanti.

Deuxième livre. — Cette confiance, sans doute, révèle une grande connaissance de Dieu^ en rendant témoignage à sa bonté, ft sa providence et à son amour; mais elle ne révèle pas encore la connaissance de soi-même. Or, on ne peut se connaître soi-même qu'autant que ron connaît son Ame, o'est-a-dire qu'autant que l'on peut se rendre compte de ses pensées, de ses affeetions, de ses désirs, de ses tendances et de ses volontés; el Ton ne peut arriver jusqu'à cette connaissance complète de son être intérieur que par la lumière intuitive et parfoite de la vérité. C'est là précisément cequi est la oausedeblen des erreurs parmi les hommes, c'est qu'ils ne savent pas distinguer et qu'ils confondent presque toujours la vérité avec le vrai ; et cependant it y a entre les deux une grande diuérence; car, de même que Thomme Tentueux peut mourir sans que la vertu meure, ainsi le vrai peut périr sans que la vérité périsse jamais. La yérité vient de Dieu, et,comme l|ii, elle est éternelle; si Dieu Ta mise dans notre Ame, c'est donc pour lui communiquer llmmortalité.

De r immortalité de Vâme (écrit en 88f). — Le livre de IHmmortalité de lame n'est que la suite et comme le corollaire des Soliloques. Saint Augustin Ta écrit pour compléter la question de l'Ame, qu'il pensait avoir traitée trop superficiellement au second livre de cet ouvrage. Du reste, ce n'est que la réunion de toutes les preuves qui peuvent établir la démonstration de cette vérité. Bn voici l'analyse, La science est éternelle; donc l'Ame, qui est le siège do la science, doit partijciper à son immortalité. La raison et TAme no sont qu'un; or, l'Ame, qui en est la demeure, dqit être immuable et immortelle comme la raison. — La matière ne peut être anéantie;

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vie, elle ne peut donc en être privée. Plus on la dégage des sens, plus elle comprend facilement Tes choses; on ne peut la confondre avec le corps, pas plus qu'elle ne peut elle-même être changée en corps; car elle ne peut ni le vouloir ni y être contrainte. Tous ces principes sont cfiscutés avec beaucoup de finesse et de subtilité, et ce petit ouvrage est, à lui seul, une preuve convaincante de rhabileté du saint docteur dans l'art de la dialectique.

De laquantiti de Vâme (en 388). — Ce Irait'* a beaucoup de rappori avec le précédtnil i

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on l*a réuni ici, parce qu'il discute et établit la même matière. C'est un dialogue entre saint Augustin et Evodius; celui-ci lui pose six questions, et Je saint docteur répond seulement aux trois premières. — D'où est l'Ame? lui demanda Evodius. — Cette question peut s'entendre de deux manières, répond saint Augustin, c'est-à-dire de son ori- Bine et de sa nature. Or, son origine est en ieu, puisque c'est Dieu gui l'a créée, et sa nature est spirituelle et inexplicable, puisqu'elle n'a rien de semblable aux corps. — Quelle est la qualité de l'âme? poursuit Evo- • dius. — La qualité de Tftme, réplique saint Augustin, c'est d'être semblable à Dieu. Enfin, Evodius arrive à demander la quantité de rftme, et c'est la réponse à cette question qui fait le fond du livre tout entier. Le savant docteur fait remarquer qu'il n'en est pas de l'ftme comme du corps, qui peut se mesurer par sa dimension et son étendue. L'Ame ne se mesure pas, ou bien elle ne se mesure que par sa grandeur spirituelle, c'est-à-dire sou intelligence, sa force et sa volonté. Il distingue 1 ftme de l'homme de l'Ame des bêtes ; il accorde à celles-éi un instinct qu'il appelle un sentiment dénué de raison, tandis que l'Ame de l'homme possède des qualités supérieures, qu'il dénombre en les rapportant a sept principales, ayant chacune leur propriété. D'où il conclut qu'entre toutes les créatures, l'Ame de l'homme est celle qui se rapproche le plus de la nature de Dieu«

De la Musique (en 389). — Ces six livres, commencés a Milan en 381 par Augustin, qui avait quitté sa retraite pour venir recevoir le baptême, ne furent achevés que huit ans plus tard, après son retour en Afrique. Ils étaient destinés, dans la pensée de 1 auteur, à faire partie d'une série de traités qu'il se proposait de publier sur toutes les branches de la science. C'est le seul des ouvrages de cette nature qui soit arrivé jusqu'à nous; les autres étaient déjà perdus du vivant de l'auteur, comme il le témoigne lui-même dans le livre de ses Rétractatiom.

Le traité de la Musique comprend six livres : le premier traite de la musique en général, après en avoir donné la définition ; le second, des syllabes et des pieds; les trois suivants, de la mesure, de la cadence et des vers ; et le sixième, enfin, du but moral de la musique, dont l'harmonie doit élever l'es-

Erit et le cœur au sentiment et au coût d'une armonie toute céleste et toute divihe.

Le livre du tnaitre (en 389). — Ce livre est un dialogue entre saint Augustin et son fils Adéodat. La date en est clairement indiquée dans les Confessions^ et le saint docteur ne s'y propose que de faire prévaloir l'enseignement de Dieu sur l'enseignement humain, en montrant que ce ne sont pas les paroles des hommes qui nous instruisent, mais la vérité éternelle, c'est-à-dire Jésus- Christ, le Verbe de Dieu, qui nous inspire intérieurement toute vérité.

Livres du libre arbitre (en 388). — Le traité du libre arbitre comprend trois livres^ que le

saint docteur a écrits dans le but de réfuter les erreurs des manichéens, erreurs malheureuses qu'il avait partagées pendant si longtemps.

Le premier livre traite la question si difficile de l'origine du mal, et après en avoir exploré la source et expliqué les actes, il conclut que tout le mal vient du libre arbitre, qui se fait volontairement l'esclave de la cupidité. C'est notre volonté qui fait notre bonheur ou notre malheur; et, si nous ne sommes pas heureux, malgré tout notre désir de le devenir, c'est que nous ne voulons pas conformer notre vie à la volonté de Dieu, dont cependant l'accomplissement seul peut nous assurer la paix.

Le second livre résout la difficulté de savoir pourquoi Dieu a laissé à l'homme la liberté de pécher, liberté qui ne lui est préjudiciable que parce qu'il en abuse pour le mal, au lieu d en profiter pour le bien. Il

Êrend de là occasion de démontrer comment lieu existe, comment il est la source de tous les biens, et comment la liberté de notre volonté, quoique souvent viciée dans son principe et détournée de son vrai but, peut cependant compter comme le premier de tous les biens moraux, puisque c'est elle qui fait le mérite de toutes nos actions.

Le devoir de la volonté, dit-il, dans son troisième livre, c'est donc de s'attacher au souverain bien, le seul oui puisse rendre l'homme heureux ou malheureux, suivant qu'il s'en approche ou s'en éloigne volontairement. Or, si Dieu favorise l'un par sa grâce, il permet l'autre par sa justice, puisqu'il a créé l'homme libre, sans que cette H* berté nuise en rien à sa prescience ; puis-

3ue, bien loin de nous enlever le libre choix e nos actions, cette prescience, au contraire, n'est rien autre chose, en Dîeu, que la connaissance antérieure du libre choix de nos volontés. C'est dans ce livre que le saint docteur traite et résout les grandes ouestions du péché originel, de l'union de lime avec le corps, et du sort des enfants qui meurent avant d'avoir reçu le baptême : questions qu'il discute longuement, que nous pou^ rions reproduire m extenso^ en sortant des bornes naturelles que la nécessité nous impose, mais que la précision Ihéologique ne nous permet pas cTanalyser.

Des mœurs de V Eglise catholique (en 388). — A peu près en même temps qu'il s'attachait définitivement à l'Eglise par le baotéme, après avoir goûté le suc de sa morale dans les austérités, les méditations et les travaux de sa pénitence, le saint docteur entreprit d'écrire les deux livres des mœurs de VEglise catholique et des mœurs des manichéens, afin de faire ressortir, par le contraste, la vérité du dogme et la sainteté de la doctrine chrétienne.

En télé de cette double question, et pour aider à la résoudre, il pose, comnae principe admis et incontesté, qu'il n'est uersonne qui ne désire être heureux, ce qui lui donne occasion d'établir où se trouve le vrai oonheur. C'est après ce début qu'il entre en n»-

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tîdre, en démontrant, dans son premier livre, que TEglise seule nous met en possession du souverain bieo. Or, pour nous rendre heureux, le souverain nien doit avoir deux qualités: la première, qu'il n'existe audessus de lui aucun autre bien; la seconde, qu'il ne puisse nous être ravi sans que nous 1 ajons perdu par notre faute ; sans quoi il ne serait pas le bien suprême, puisqu'il n'y aurait point de constance, point de fixité dans sa possession. Le souverain bien n'est donc

Su'en Dieu, puisque l'Evangile, les écrits es apâtres, les livres de 1 Ancien Testament, témoignent que Dieu seul possède ces deux qualités, puisque seul il est la fin à laquelle nous devons rapporter tout, nos pensées, nos desseins, nos actions, notre vie, et dans le présent et pour l'éternité. Donc ce désir inné de félicité consiste à chercher Dieu pour le posséder. Nous cherchons Dieu en l*aimant; nous le possédons, non pas en devenant ce qu'il est, mais en nous attachant à lui, de manière, comme le dit saint Paul, que ni la «te, ni la mortj ni quelque créature que ce soit, ne puissent nous séparer de son amour. Cependant, pour être uni à Dieu et le posséder ainsi, le chrétien a besoin de réunir, non p^s virtuellement et en théorie, mais actuellement et en pratique, la l>rudence, la justice, la force et la tempérance ; car ces quatre vertus ne sont que des expressions de l'amour. La tempérance est un amour qui se conserve pur et incorrup^ tible pour Dieu ; la force, un amour qui souffre tout pour Dieu ; la prudence, un amour qui discerne entre ce qui peut nous conduire à Dieu, ou nous retenir dans les liens des passions qui nous en éloignent ; enfin la justice, qui ne sert que Dieu, en accomplissant envers toutes les créatures le bien que l'amour du Créateur nous impose. Ce qui l'autorise & préconiser tous les devoirs de la charité, et à terminer son premier livre par un admirable tableau des mœurs, des vertus, des perfections des chrétiens, constamment réchauffés dans le sein de l'Eglise catholique, au vrai foyer de l'amour divio, qui est l'amour unique, et cependant l'amour universel.

Des mœurs des manichéens. — Toutes les folies des manichéens tiennent au point capital de leur hérésie, c'est-à-dire à la confusion des deux principes ; car ce sont précisément leurs rêves bizarres sur la nature et lorigine du mal qui leur ont fait méconnaître l'origine et la nature du bien, en plaçant le souverain bonheur de l'homme ailleurs que dans l'amour qui nous unit à Dieu, par la pratique de toutes les vertus; et ailleurs que dans la charité, qui confond toutes les créatures dans l'amour de Dieu. — 11 n'est rien, dans l'ordre des choses créées, qui soit bien ou mal de soi-même et par sa nature; il n'est que Dieu, qui n'est pas créé, qui soit le souverain bien, parce qu'il est le bien unique, nécessaire, éterneî. Tous les autres biens de l'homme ne sont des biens que parce que la grftce et la pratique des vertus les ont rapprochés du seul bien qui vient de Dieu ;

le mal ne vient pas de Dieu, parce qu'au lieu de nous en rapprocher, il nous eu éloi-* gne ; le mal est la négation du bien, l'opposé du bien, l'ennemi du bien ; ce n'est pas une substance, c'est un vide ; ce n'est pas une réalité, c'est un défaut, une déviation. —Il examine enfin ce qu'ils appelaient les trois sceaux de la bouche, de la main et du sein, qui étaient la cause et le but de toutes leurs abstinences et de toutes leurs pratiques superstitieuses ; comme si un homme pouvait être innocent et chaste par cela seul que sa bouche n'avait point proréré de blasphèmes ; sa main, point accompli d'actions honteuses; et sou cœur, jamais servi de foyer aux mauvaises passions. Que deviendront son innocence et sa vertu, s'il ne sait point garder ses yeux, fermer ses oreilles, garantir son odorat, de manière à rendre ces trois sens aveugles à tout spectacle infAme, sourds à toutes paroles licencieuses, et impassibles à tous les parfums de la sensualité ? Et d'ailleurs, en réduisant seulement à la mortification de trois sens la source de tout bien, on ne parvient pas même à s'excuser du mal, encore moins à se faire absoudre des crimes dont on a été convaincu. C'était le cas des manichéens, et saint Augustin le dévoile et le leur reproche vivement, c'est-à-dire sans amertume et sans fiel, mais avec justice et sévérité.

De la vraie religion (en 390). — Saint Augustin assigne lui-même la date de ce livre, en nous apprenant qu'il est le dernier de ceux qu'il composa avant d'être ordonné prêtre. Quoique le saint docteur s'y adresse

Sénéralement à tous les hommes , cepenant il parle plus particulièrement à Romanien, son bienfaiteur et son ami.

Le premier principe du livre est celui-ci, savoir : que la reli^oo qui nous enseigne à n'adorer qu'un Dieu est la seule qui soit capable de nous conduire à la vérité, à la vertu, à la félicité. De là il conclut naturellement l'erreur de ceux qui ont mieux aimé adorer plusieurs dieux qu'un seul , même quand cette erreur venait de philosophes tels que Socrate et Platon ; philosophes assez inconséquents pour rester unis avec le peuple dans les pratiques du culte extérieur, quand ils différaient essentiellement avec lui et de

Eensées et même de langage sur la divinité, e n'est donc pas chez les philosophes, qui approuvent par leurs actions ee qu'ils condamnent par leurs discours, qu'il faut chercher la vraie religion, pas plus que dans la confusion du paganisme, dans l'impureté de l'hérésie, dans la langueur du schisme et dans l'aveuglement et l'obstination des juifs. Elle n'est que dans l'Eglise catholique, qui fait servir la fausseté de toutes ces doctrines à établir la vérité de sa croyance et la divinité de sa foi. C'est donc à l'Eglise catholique qu'il faut s'en tenir ; c'est donc à la communion de cette Eglise qu'il faut s'attacher, la seule, du reste, qui soit appelée catholique partout et par tous , aussi bien par ses ennemis que par ses enfants. — Or. le premier fondement de cette religion est l'histoire et

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la prophétie, qui nous manifestent également la conduite de la Providence pour la réparation et le salut du genre humain. Sa seconde base, aussi solide que la première, repose sur les préceptes qui doivi»nt régler notre vie et purifier nos âmes et nos cœurs, afin de nous rendre capables des choses spirituelles, c'est-à-dire capables de connaître l'unité de Dieu dans sa tritiitt^ de personnes, et de croire à l'incarnation et h tous les autres mystères qui en sont la suite et la conséquence. En effet il n'est point de mystère où la bonté de Dieu envers les hommes ait jamais tant éclaté que dans le mystère de l'Incarnation, puisque c'est celui par lequel Dieu s'est fait semblable à nous, afin de nous sauver. — Il donne ensuite cette règle pour rinteliigence de TEtriture : c'est d'eipliquer ce qu'elle a d'obscur et d'embarrassé par ce qu'elle a de clair et de facile è entendre. A ce

Iiropos, il établit entre les deux Testaments a aistînction si connue de la loi de crainte et de !a loi d'amour ; il en fait ressortir la double conduite de Dieu envers les juifs et les chrétiens, le peu de préceptes imposés aut uns et le grand nombre d'oWigntions imposées aux âulreë, en disant que Dieu a agi comme un boti médecin qui soulage les plus faibles par ses ministres et les plus forts par lui-tnêtne. Il traite, en finissant, de la nature du mal, et le fait consister dans l'attachémeiit vicieux de Ift volonté aux créatures. 11 ne distingua» que deux voies qui conduisent au salut, l'autorité et la raison: l'autorité, qui réside dans les livres saints et dans Tensei^iement de l'Eglise, dépositaire de toute vérité; et la raison, qui, illuminée par la grâce d'en haut, avertit 1 homme de se détacher dés créatures pour ne s'attache? qu'à Dieu.

Règle ûnx êèr^Uenrê de DtVtii — Cet opùacttle, qui tertnine le premier volume des œuvres au saint docteur, n'est autre ehose 3 u'un répertoire de préceptes , de conseils, e sentences pieuses, recueillis dans un but d'ardente charité , et que saint Augustin adressa dans le principe à des religieuses. Plus tard on l'appropria à des hommes, sans m'ëme tenir compte de la différence naturelle du genre de vie que la Providence a établi entre les sexes.

Du reste on y traite de l'amour de Dieu,

3ui est la source de l'amour du prochain ; e l'union des coeurs^ qui résulte de Ifi com^ munauté des biens, de l'humilité, de l'oraison, du jeûne, de la modestie et du main^ tien, de la douceur pour les infirmes et de la correction fraternelle , du pardon des offenses et de la confession des fautes, et enfin de l'obéissance aux supérieurs, et de la stricte et oonselëncieuse observance de la règle, qui est l'âme de Tordre dans tout monastère.

Lettrée de $alnt Augustin, — Les lettres sont pour les grands hommes ce que les yeux sont pour le corps; elles sont le miroir do rftme. Aussi, on peut dire que le saint docteur se peint tout entier dans celles qu'il noua a kisséea. Il y développe sa belle Amei

11 y Wt adfaiiret une vaste êtètodu^ de connaissances, il y révèle une science naturelle, une prudence consommée, un zèle ardent pour les intérêts de l't^ise, un amour constant pour la yérilé, une piété tendre et solide, une bonté qui ne se refusait à personne, et une modestft» sans égale. Consulté de toutes parts, et sur toutes sortes de questions, plusieurs de ses réponses sont des traités complets. On y trouve, presque tout entière, l'histoire ecclésiastique de son temps, et principalement telle des pélagiens et des donatistes, qu'il a le i>lus combattu?, après les manichéens.

Il nous reste de lui ffO lettres, divisées en quatre classes î depuis sa (inversion Jusqu'à son épiscopal ; depuis son éniscopal Jusqu'à l'hérésie de Pelage J depuis l'hérésie de Pelage jusqu'à la fin de sa vie; et la

auatrième classe contient les lettres dont la ate nous est inconnue.

Entre les lettres de la première elàsse, nous en trouvons plusieurs, depuis la lettre §• jusqu'à la lettre li% adressées àNébHJe en réponse à cette question, savùir f comment les détonna peuvent agir sur tootiu âme, lui imprimer des pensées, et lui faire voir, pendant les songes du sommeil, tout ce qui leur plaît? Le saint docteur rénond en quelques mots, se contentant de deiftouvrlr les sources, et ne doutftnt paà que Nébride n'y puise de quoi résoudre t;etle difflculré. n'ajoute ensuite que les démons excitent en nous des pensées et des songes, en remuant les parties du corps qui peuvent fiiire impression sur l'ftme, de la même manière que les musiciens excitent en flous certaines pensées, certaines passions, ceN taines éffections, par Thar^monie dé leurs Instruments. Il accorde ttiftme aux démons beaucoup plus de facilité à remuer les par ties intérieures du corps que ti'éil possèdent les musiciens dans leurs instruments poiir en remuer les parties extérieures et sensuelles, par la raison que les uns ont une subtilité surnaturelle que les autres n'ont pas.

Dans sa lettre 81* , ad^ëlsée par Augustin à Valère, évêqué d'Hippoue en 3M, on est touché de l'entendre raconter comment il avait été ordonné prêtre malgré lui; les larmes qu'il avait versées pendant son ordination ; les craintes que lui faisàll concevoir la charge du ministère pflstoralj et le bonheur qu'il éprouverait à recourir^ avec la permission de son évêque, à tous lé^ remèdes et à tous les confortants puisés. u«ns l'étude des saintes Ecritures, pour ert j^f^f des forces proportionnées à un si périlleux emploi. . .

La lettre 98% écrite en 8*8, es! adressée a Maîimin, évftque donatiste^ accusé dafoir rebaptisé un diacre de l'Eglise de *mf^. dépendante d'Hippone. Le saint ^éw lui écrit pour le Ibrcer à confesser le feit». o" * faire profession d'orthodoxie. Il IJfJ. "; mande, à défaut d'une conférence P"Wiq«^» au moins une réponse à sa lettre, afiiî ?"^ la paix de l'Eglise ne soit paa plus loDglei>4>'

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DICnONNAIRB DR PÀTtMiMtË.

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ébrauMe* Le reserit de cette lettre a cela de pariieulier, c*eat que^ malgré le schisme qui réparait jiaiimin de la cotnnTUnion catnolique, saint AugustiD ne laisse pas de le qualifier de. $0ù très-cher seigneur et très- Ténérable frère^ et pour rédi&catioD publique, il rend compte de toutes ces qualifications. 11 l'appelle son Meigneur^ dit-il» parce qu'il ne lui écrit que dans des senti^ ments de charité et podr lui rendre sertice; il le traite de iris^cneri parce qu'il lui souhaitait les mônies biens qu'à lui-même; enfin» il lui donne le nom de frêre^ parce que tant qu'il Titrait il n'y avait point à désespérer de son salut. En eiïhiy Maiimin justifia cette dernière préTision, il se con'yertit« et l'on Toit dans la Cité de Dieu, chap« 8% qu'en haine de son retour à l'unité, les donatistes publièrent contre lui cedéereti qui prouve de la façon la plus significatira la tolérance du schisme et la charité de l'hérésie : Quiconque êera lié dé tom^ miNitoft avte Haœimtn^ on bràlimt sa maiiont

La lettre 28' divisée en plusieurs chapitres dans les œuvres de samt Augustin, et écrite en aw, a pour but de prier saint Jérôme de traduire en latin les meilleurs interprèles grecs sur l'EcritUrei plutôt que de traduire l'Bèriture tout entière même sur le texte hébreu < Pour ee qui e$t d'une nouvelle rerriBn de I* Ecriture, lui dit-il, il ^ou$ suffi-tait de marquer tes paêêagès où voue voué éloigneM des Septante, dont la version est cette fui a le plus d'autorité. 11 regrette l'explication que le piéui solitaire avait donnée du passage de l'Épltre aut Galates, où saint Paul reprit saint Pierre de la dissimulation dont il tosalt étlVéi^ les gentils. Ce n'est qu'avec peine qu'il voit Ce Père se déclarer parlisftii du lUènsotlgt'. Ried de plus dangereiiii dit^il, que d'eh admettre tin seul, fftt-ll léger ou officieux, car c'est porter atteitite a todte la vé^acilé des ficriturcs, et ébl^ille^ par II raêhie les fbildement^ de la foi» 11 lui témoigne le désir qii'il éprouve de JKmtoir conférer atep lui sur les études chfëtletifiëS aùiqtiellts ils s'appliquent tous les deuxi et Itil eiiveHe en même temps quclques^titis dé ses livres, en le priant de les corriger aVefe cette èévérité charitable qu'on se ddit entre frèrel

La lettre 33* ftit adressée à Pi^oculien, évêque donatlljle, ëtl 9Ôd. Après Une discussion, dâfas laquelle îl croyait avoir été offensé pai* Evodliis , ami particulier d'AU- Kustln, cet évéque Schismatiaue témoigna le désir de conférer personnellement aveô le saiht docteur. Augustin lui répondit aussitôt qu'il afcceptait la conférence, en présence do témoins choisis par Proculien lui-même, mais h \A condition qu'on écrirait tout ce qui Serait dit de j[)art et d'autt'e, aGn de ne

fias parler en vam. 11 lui propose de coriérer. domrae il lui plaira, de Vive voix ou 8ar écrit, en prenant l'engagement tous les eux de lire, plus lard, leurs lettres au peuple rassctdbfé, afin de pouvoir arriver à cette union tant désirée qui les rassemblera tous dand un même bercail, afin qu4l n'y

ait plus qn'un seul troupeau et un seul pasteur.

Contrati^enient à la coulnnie de tôdtes les autres Eglisies, l'Eglise roniaine avait adopté le jeûne du samedi. Va prêtre rtommé Casulan écrivit h saint Augustin pour le consulter; nous croyons pouvoir résumer la réponse du saint docteur, comme il le fait lui-même (lettre 36*) , avec ce précepte de l'Apôtre : Qtii manducat, non manducantem non spernat ; et qui non fnanâucat, manducantefri nonjudicet. 11 frîît celte lettre, où la question du feûne est longuement (féveloppée par une réi)onse de saint Ambroise. — Comme Augustin habitait Milan avec sa

d'où ^He sortait, ou de s'en dispenser, suivant la coutume de Milan? Pour lever ses scfupules et fixer ses doutes, Au^stin alla consulter saint Ambroise , qui lui répondit en lui prescrivant ce qu'il faisait lui-même. « Chiand Je suis à Milan, lui dit-il, je ne

et vous Tte serez pour personne et personne ne sera pour vous on sujet de scandale. » C'est de cette réponse du grand évêque de Milan que la théologie a tiré son axiome :

Si Romœ fueris, romane «ivt/o more ; Si fuerie o/tèi» vivite eicui tél.

Cette lettre est la 36* de celles qde nous avons conservées de saint Augustin, et fut adressée à Casulan en 396; elle est la première des lettres de la seconde classe.

La lettre 41% écrite à Aurèle, évêaue de Carthage, en 397, nous révèle un fait irisloriqUe assez curieux; c'est que jusoue-là, dans les Eglises d'Afrique, le ministère de la prédication avait été refusé aux simples prêtres , puisqu'en son nom et en celui d'Alype, Augustin félicite oe prélat d'avoir préféré le bien de l'Egîise h l'honneur de la prélature, en permettant, contre la coutume du pays, à de simples prêtres, d'annoncer, même en sa présence, la parole. Il le prie en même temps de lui envoyer quelques-uns des sermons de ces nouveaux prédicateurs.

Publicolâ • homme puissant , mais d'une conscience xiraorée, avait écrit h saint Augustin pour en obtenir la solution de dixnuît difficultés qui roulaient presque toutes sur le serment qu'on exigeait des païens barbares, en les faisant jurer par leurs faux dieux. Saint Augustin, dans une lettre écrite tn 398, et qui est la W de son recueil, ré-

Sond qu'en principe il n*est point défendu 'exiger le serment, mais ceux qui jurent par les Idoles pèchent deux fois, aabord en prêtant un serment détestable, ensuite en commettant un parjure. ï)onc, quand il s*agit des païens, on ne doit pas exiger ce serment; cependant, quand il est donné, il est permis de s*en servir.

(Lettre 82',] Séverin, donatiste et parent de saint Augustin, lui écrivit, vers Tan WO,

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BICnONNÂlRE DE PÂTROLOGIE.

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dans des termes qui pouvaient faire pressentir un retour a l'Eglise catholique; le saint évéque s'empressa de lui témoigner, dans sa réponse, combien il gémissait de voir qu'étant frères selon la chair, ils n'étaient pas unis dans le corps de Jésus-Christ. Ne voyez-vous pas, lui-dit-il, que Thérésie de Donat est une insulte à la crovance de l'univers? C'est un corps condamne à la stérilité, puisque, hors de l'Afrique, il ne s'étend nulle part; c'est une branche morte retranchée de la racine des Eglises d'Orient, d'où l'Evangile a été porté en Aftique. Puisque vous et les vôtres vous adorez la terre qu'on vous apporte de ces heureuses contrées, pourquoi donc rebaptisez-vous les chétiens de ces Eglises, quand ils se rangent à vos doctrines ; ne comptez-vous pour rien le caractère qu'ils ont reçu dans le baptême ?

Les deux lettres 54' et 55% écrites dans la même année, en réponse aux questions de Janvier, sont d'une telle longueur, que saint Augustin lui-même les a comprises dans le livre de ses Rétractations, Elles roulent sur la question de savoir en quoi, suivant les régions et les climats, les coutumes des Eglises diffèrent ou sont d'accord sur les sacrements tels que l'eucharistie et le baptême ; sur les jours de fête et sur les jeûnes. Elles traitent des rites qu'on ne peut négliger sans crime, et de ceux qu'on ne peut supprimer sans inconvénient; du mystère du samedi, de la pénitence du carême et du chant de l'Eglise.

(Lettre 61*.) Vers l'an 401, un homme de considération, nommé Théodore, avait écrit à saint Augustin pour savoir de lui comment il recevrait les clercs donatistes qui voudraient se réunir à l'Eglise. Le zélé pontife lui répondit incontinent qu'il les recevrait dans le degré de leur ordination. Nous ne condamnons en eux, leur dit-il, que leur séparation ; mais qu'ils viennent, qu'ils se réunissent à notre communion , nous embrasserons en eux des frères avec lesquels nous voudrons demeurer dans l'unité de l'esprit et dans les liens de la paix.

(Lettre 92'.} Italique, dame romaine, avait demandé au saint évêque des consolations sur la mort de son mari. Augustin lui répondit qu'elle devait puiser ses consolations dans la foi, l'espérance et la charité que le Saint-Esprit communique aux saints dans la présence de Jésus-Cbrist qu'elle porte dans son cœur, et dans la promesse de retrouver en Dieu celui qu'elle a perdu. Il réfute l'opinion qui soutient qu'on peut voir Dieu des yeux du corps, et qu'après la résurrection les saints et même les réprouvés verraient ainsi la Divinité, a Ils n'en seront pas plus ca{)ables, dit-il, au ciel que sur la terre, puisque les yeux ne peuvent voir que ce qui occupe quelque espace, ce qu'on- ne peut affirmer de Dieu. » Nous ne verrons Dieu qu'autant que nous serons semblables à lui ; or, c'est par l'&me et non par le corps que nous ressemblons à Dieu: ce n'est donc que par i'âme que nous le verrons dans les deux.

Jésus-Christ lui-même, en tant qu'homme, ne peut que par son âme contempler la Divinité. /Lettre 101*.} Un prêtre de Carthage, nommé Deogratias, avait soumis au saint docteur six questions oui lui avaient été proposées par un païen. La première consistait h savoir si la résurrection qui nous est promise serait semblable à celle de Jésus-Christ ou à celle de Lazare. Augustin répondit qu'elle serait semblable à celle de Jésus-Christ, puisqu'une fois ressuscites, nous ne devions plus mourir. — Voici la seconde : Si l'on ne peut être sauvé que par Jésus-Christ , que sont devenus ceux qui ont vécu avant sa rédemption? — Le saint docteur répond que Jésus- Christ étant le Verbe de Dieu, qui a gouverné le monde dès le commencement, tous ceux qui ont observé ses préceptes ont été sauvés par la foi qu'ils avaient qu'il était en Dieu le Sauveur qui devait venir sur la terre. — La troisième trahit son origine païenne è ne pas s'y méprendre ; la voici : Pourquoi condamner les victimes, l'encens et les sacrifices, puisque dès les premiers temps on a honoré Dieu de cette manière, et qu'on nous le représente comme ayant besoin des prémices de la terre? Dieu, répond saint Augustin, n'a besoin ni de nos offrandes, ni de nos sacrifices ; le culte que nous lui rendons ne tourne pas à son profit, mais au nôtre. Il n'est qu'un seul sacritice, et on ne peut l'offrir qirau seul vrai Dieu : c'est le sacrifice du Nouveau Testament , c'est-à-dire Teffusion du sang de Jésus- Christ. — La quatrième est sur l'éternité des peines. Que signifient des peines éternelles, puisque l'Evangile lui-même affirme : Qua mensura mensi fueritU^ ita remetietur tobis ? L'éternité ne se mesure pas. — C'est une impertinence indigne d'un philosophe» répond saint Augustin, de dire que toutes les mesures sont bornées par un certain es-

f^ace de temps, puisqu'il y a des choses que e temps ne mesure pas. Tous les jours on dit qu un homme sera traité comme il aura traité les autres, quoique lui ni les autres ne reçoivent pas précisément le même traitement. Cette parole de l'Evangile si^ifie seulement que les hommes seront punis ou recompenses, en raison de la volonté qui les aura portés à faire du bien ou du mal aux autres ; que les péchés et les peines ne se mesurent pas par le temps, mais par la volonté, qui, dans le pécheur, voudrait être éternelle pour jouir éternellement du plaisir défendu. — La cinquième suppose que Salomon avait dit qu'il n'y avait point de Fils de Dieu. Saint Augustin se contente de citer deux textes de Salomon qui affirment le contraire. Ante colles ego parturiebar: et i)lus loin, au même livre des Proverbes : Quod ejus nomen est^ et quod nomen Filii tjus? Enfin, la sixième question soulève, de la part du saint docteur, une réponse sérieuse aux sales railleries que se permettaient les païens sur l'histoire de Jonas. Cette lettre est la 101* et elle fut écrite en 408.

Deux ans plus tard, en 410, Dioscore avait écrit à saint Augustin pour lui soumeUr^

DICTIONNAIRE DE PATROLOGŒ.

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1>Iii8ieurs ouestions de philosophie tirées des iTres de Cicéron, eu le priant de les exa^ mluer mûrement avant d'y répondre. Le saint docteur lui répond par les lettres 117' et 118* en lui disant que ces sortes de questions ne conviennent ni au caractère d'un évèque, ni aux études d'un chrétien, qui peut employer bien plus utilement ses loisirs, en les appliquant à la recherche du souverain bien, le seul but raisonnable de la philosophie chrétienne. Cependant il fait ressortir, d'après Cicéron lui-même, les absurdités dans lesquelles les philosophes étaient tombés sur la nature de I)ieu, sur la génération du Verbe, sur les principes de la sagesse et sur la source de la vérité, et il conclut en lui faisant remarquer qu'aussitôt que la doctrine de Jésus-Christ eut commencé de se répandre sur la terre, plusieurs platoniciens s'étaient rangés sous 1 étendard de la croix, convaincus que ce Christ était THomme-Dieu, en qui la sagesse immuable s'était incamée, et par la bouche duquel elle avait annoncé aux hommes les paroles de la vérité.

La lettre 120* répond à tous les scrupules que Consentius lui avait exprimés sur le mystère de la Trinité. Il l'engage, avec le prophète, à commencer par croire pour mieux comprendre; il s'étend ensuite sur les moyens de connaître les choses invisibles, et il finit en exposant positivement à Consentius ce qu'il fallait croire sur la nature et la substance de la Trinité. Cette lettre est de la même année que la précédente.

Ici nous abordons les lettres de la troisième classe, qui comprend toutes celles que le saint docteur a écrites depuis Thérésie de Pelage jusqu'à sa mort.

Les lettres 124*, 125* et 126*, adressées à Albine, à Pinien, à Méianie et à Alype, sont des lettres d'amitié dédiées à une famille dont les bons sentiments lui étaient connus, mais de cette amitié pastorale et chrétienne, comme l'évéque d'Hippone savait la comprendre et la pratiquer; c'est-è-dire de cette amitié qui ne néglige ni les intérêts de la foi, ni les préceptes de la morale, ni les règles de la perfection.

(Lettre 127*.] Peu de temps après le siège de Rome, en 4ll, saint Augustin écrivit à Anncntaire et à sa femme Pauline, pour les exhorter à mépriser la vie présente, ses peines, ses soucis, ses déceptions, ses douleurs, et à se retourner du côté de l'éternité, en continuant d'observer avec scrupule le double vœu de continence qu'ils avaient volontairement juré au Seigneur. Et, d'ailleurs, leur dit-if, où aboutissent tous ces soins qu'on se donne en cette vie pour éviter la mort, sinon qu'à nous tenir plus Ionstemps dans la peine, puisqu'on ne fuit Ta mort présente que pour rester constamment tourmenté, dans l'avenir, par la crainte possible de tous les genres de mort?

(Lettre 130* et 131*.) Rome était à peine remise des secousses que l'invasion des Gotbs lui avait fait subir, lorsque, craignant un retour d'Alaric» Proba avec Julienne sa

bru et sa fille Démétriade, se retirèrent en Afrique. Elles écrivirent à saint Augustin, qui leur répondit, et c'est à cet échange de plusieurs lettres qu'ils eurent ensemble que nous devons la précieuse instruction que le pieux pontife nous a laissée sur les devoirs des veuves et sur la prière. Aussi, pour obtenir cette paix qui, selon l'expression de l'Apôtre, exsuperat omnem sensum^ le saint docteur exhorte-t-il ces vénérables matrones, les plus illustres parmi les dames romaines, à ne la chercher ni dans les richesses, ni dans les dignités de la vie présente, mais dans la vie de l'Ame et dans la pureté du cœur. Cette vie heureuse, désirée de tout le monde, même des méchants, ne consiste pas à avoir tout ce que l'on veut, mais à ne vouloir que ce qui est dans l'ordre ; de sorte que, dans la {)rière, la règle à suivre c'est la volonté de Dieu, la gr&ce à demander, c'est Taccomplissement de l'ordre établi de Dieu. C'est dans ce sens qu'il explique, en la commentant, VOraison Dominicale, il ajoute que le jeûne, la privation volontaire des plaisirs de la vie, la patience dans les afDictions, donnent beaucoup de force à la

Êrière. 11 explique en quel sens le Saint- Isprit prie en nous, et il conclut en adressant lui-même cette supplique à Proba :

a Souvenez-vous, lui dit-il, de prier aussi beaucoup pour moi, car je serais fâché que, sous prétexte de respecter ma dignité, qui m'expose à une inûnité de périls, vous me refusiez un secours dont je sens avoir un si grand besoin. »

(Lettre 137*. ) Volusien, charmé de la beauté du style et de l'élévation des pensées que saint Augustin lui avait exprimées dans une lettre précédente, lui écrit de nouveau pour lui soumettre quelques difficultés qu'il avait entendu proposer contre le mjrstère de l'incarnation. Comme Volusien avait témoigné à Marcellin qu'il avait encore beaucoup d'autres obscurités sur lesquelles il souhaitait d'être éclairci, notamment sur le changement et l'abolition des cérémonies de l'Ancien Testament et sur les préceptes de la loi nouvelle, dont la perfection lui semblait incompatible avec les devoirs de la vie civile et le bien des États, ils se réunirent tous les deux, pour les rédiger et les soumettre ensemble à l'appréciation et au jugement de saint Augustin. L'objection contre le mystère de l'incarnation n'était que l'amplification de cette pensée : Peut^on croire aue le maitre du mondcy celui qui l'a fait^ oui te gouverne et qui le remplit^ se soit renfermé penrdant neuf mois dans le sein d'une vierge t — Saint Augustin, dans une réponse qui forme la lettre 137* de sa collection, résout cette difficulté en disant que nous nous faisons de fausses idées sur l'incarnation de Dieu. Il ne s'agit pas ici d'une immensité matérielle, comme l'eau, l'air, la lumière, qui remplissent tout ce qui les contient ; mais il s agit de l'immensité de Dieu, c'est-à-dire d'un être spirituel qui remplit tout et que rien ne remplit. Dieu agit dans le monde et sur la nature tout entière , à la perfection des ac-

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tes Drès» de là itiêtne manièfô aue l'flme agit sur Je corps, de sorte qu'on â répondu à ceux qui demandent comment Dieu a pu s'unir à 1 homme, en leur demandant de nous dire» h leur tour, comment l'âme est unie au corps. il rappelle les motifs de t'ihcarnatioii arrêtée avam tous les siècles, les prédictions des

J)rophètes et la crojrance universelle de tous es Ages, qui témoignent de la foi du genre humain dans l'avènement de ce mystère, A ce sujet, il expose, en raccourci, les vérités fondamentales de la foi^ en commençant |)ar la promesse et passant par ies prouhéties pour arriver à l'accomplissement par la naissance, la vie« la mort de Jésus-Cnrist, l'établissement de son Église, ses luttes, ses combats, ses triomphes. — Après cette longue suite de preuves, qui forment comme un traité abrégé de la religion, il répond d'un seul mot à ceux qui accusaient la doctrine chrétienne d'être opposée aux devoirs de la rie civile et au bien des empires : & Vous ne pensez ainsi» leur dit-il, que parce que vous souhaitez plutôt que l'empire subsiste

Sar l'impunité au vice que par la pratique e la Yertu4 Mais il n'en est pas de Dieu comme des rois de la terré : sa justice est exigeante et ne laisse rien passer. Non exie$ inde defiêc reddai uiquê ad nevigsimum quordrcmleifi.

(Lettre lU)*). En 4lâ| un catéchumène, nommé Honorât^ atait posé, à saint Àugnstin cin^ questions que nous reproduisons successivement, en analysant les réponses du saint docteur.

1* A ces paroles : Deus^ DeUs meus^ utquid dereliquiiit met il répond que, comme tout le reste du psauEbd d'où elles sont tirées, ces exptesMoûs sont un langage qile Jésus- Christ a emprunté à l'infirmité de notre naturei elles ne doitent pas s'entendre du Verbe de I>iea^ itials seulement de l'humanité da Sauveur, qui le rendait sujet à la motU et k la mort de la croix. — Il en est de même des paroles qui forment la deuxième objection i iVon mea^ std tua volunêai flati — Quant àui quatre dimensions dont parle saint Paul^ et qui fobt le sujet de la troisième question, il montre qu'elles cotiviennent k la obaritë, qui s'eierce par les bon- ^ nés CBUrres , en étendant le bien k tous ; les besoins qu'elle peut soulager, c'est là sa largeur, lalfiruda; qui supporte les adversités de la rie avec patience, en persévérant dans l'aniouf delà vérité, c'est là sa longueur, Làngitudii ; qxiiy dans l'un comme dans Tautrë cas» n'a pour objet que la vérité permanetilè qtii lui est promise au ciel; c'est là, Èé hauteUt< Altiêude; et qui enfin prdtient d'uli principe caché qui nous est impénétrable, et qui n'est autre chose que le trésor de la Sagesse et de la science de Dieu, et c'est là sa profondeur, Prùfufidum. — La quatrième difficulté Vietit du terme de ténèbres eûstérieure» emprunté ft la parabole et appliqué sut viergeë folles. Saint Augustin rexplique pat* la conduite même de ces filles tiioridaineë qdi cherchent la récompense de leurs bonnes œuvres plutôt dans les louan-

es àeè hommes que dans tes béhédictiom e Dieu.— Enflrt illèVe la dernière difficulté, en appliquant celte parole de saint Jean : Et Yerbwn caro factum est, au mystère de l'incarnation, à Tunion de la nature humaine àvefc la divinité de Jésus-Christ. Il s'est fait, dit-il, le Fils de l'homme par la nature, afin de nous rendre, par la grâce de Tadopllon, les enfants de Dieu.

(Lettre 147 et U8'.) bans line lettre à Paulin, et dans une autre à Fortunatien, évêgue de Sinique, écrites toutes les deux en 413, il traite encore, à leur prière, de la vision de Dieu, pour prouver de nouveau qu'il ne peut être vu des yeux du corps. 11 rassemble tous les textes' de rEcriture qui démontrent qu'on peut voir Dieil; mais il rapproche de ces textes ceux qui témoignent que Dieu s*est fait voir aux hommes, par exemple» aux patriarches Abraham, Isaac dt Jacoo...» et il ea explique la différence, en disant de ces textes que les uns regardent l'avenir, les autres le passé ; et qu'encore que personne n'ait jamais vu Dieu, cela n'empêche pas que ceux qui deviendront s^s enfants par la pureté de leur cœur ne puissent le voir uo jour. Mais il n'en résulte pas qu'ils puissent jamais le voir des yeux da corps, môme glorifié par la résurrection, comme nous voyons les cnoses sensibles, puisque, sous aucun rapport, Dieu ne peut tomber sous les sens. Il appuie son opinion des témoignages de saint Ambroise, de aaint Jérôme, et de saint Grégoire d^Elvire, au sentiment duquel il consent à se soumettre complètement, s'il parvient à prouver que nos corps spirilualisés participeront tellement de fa nature des âmes, qu'après la résurrection ils en partageront la simplicité.

La lettre 149% adressée & saint ï^aulio en ftl4| a pour but de satisfaire à plusieurs questions soulevées par ce |>ieux pontife sur les Psautnesi les Evangiles et les Épîlres de saint Paul, à propos de Tétat des iuiis. Il explique les différents textes obiectes, dans le sens de l'accomplissement aes prophéties, dont nous avons sous les yeux la réalisati(]fn. Nation toujours persécutée, toujours dispersée, et cependant toujours vi vace, toujours subsistante pour témoigner de la justice et de Taccomplissemdnt des volontés du Seigneur.

Pierre éternelle d'achoppement, pierre de scandale posée entre les nations, et cependant, pierre de témoignage inébranlable en faveur de la vérité. Ce qui n'empêche pas qu'on ne puisse adresser pour eux au Seigneur des prières et des supplications; et à ce propos le saint docteur distingue entre les supplications et les prières : les prières sont les demandes que cnacUn fait au ciel, et les supplications sont les prières de tous, prtsentëes par ceux qui ont été établis les ministres ou Très-Hauti .

(Lettre 169'.) Dans le cours de la mm année, Evode avait écrit à saint Augustin pour lui proposer deux questions : j?. *-T miôre, sur l'origine de l'âme de Jéâufi-Cnns ; la seconde, sur un passage de rEpijre ue saint Pierre, où il est dit que Jésus-CUrist a

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prAché aux espnis qirï étaient dans la pri$ott et qu'il les a délivrés de leurs peines. — Le saint docteur répond k la seconde question avant d*àborder la première. 11 dit : !• que personne ne peut douter que Jésu$-4Cnri5l ne soit descendu atlt enfers ; 2* qu'en y descendant, il n*en a pas délivré tous les hommes, mais seulement ceux qui étaient assez justes pour môritef d*èlre délivrés; 3° que la croyance de l'Eglise est quMl en a retiré notre premier père, les patriarches, les prophètes et tous les Justes qui, au moment de sa mort, ne s^ trouvaient pas précisément dans ce qu'on entend par les$ enfers, mais dans le lieu que TEcriture appelle le sein d*Âbraham; 4* que le passage de saint Pierre doit s'entendre des esnHts de ceux

aul vivaient du temps de woê, que le brist éclaira par sa grâce pendant qu'ils vivaient sur la terre, et qu'if arracha des limbes après sa mort; 5* que la naissance de Jésus-Cbrist n'a point été souillée par le péché, parce que la concupiscence n'a point eu de part a la formation de sa chair dans le sein de la Vierge qui le mit au monde. A ce propos, il rend compte des opinions qui partageaient les chrétiens de son temps sur la nature et l'origine des âmes, et il conclut en affirmant QUe l'àme de Jésus-Christ n'a point été si;yette à la souilluredu péché, et par conséquent à la mort et & la condamnation.

(Lettre 180'.] Une lettre qu'AusUstin écrivit en 4l6 à Océanus, ami particulier de saint Jérôme» témoigne que ce Pèle s'était rendu au sentiment de l'évéqUe d'Hippohe sur le sens de l'Ëpltre aux Gâtâtes, où il est dit que saint Paul résista en face à saint Pierre pour condamner le mensonge, même officieux, commis dans ie fout de faire prévaIol^ la Vérité. Le saint docteur distingue entre Id tnensonge et la tnétaphore, à propO!^ d utl texte que ce personnage avait apporté et que TË- Tan^ile met dans la bouche même de Jésus- Christ.

(Lettre iSS'.) L'année suivante, le comte Bonifaoe, Importuné par les donatistcs. écHvU à saint Augustin pour lui demander cé qu'ils étaient, et en quoi ils différaient àek ariens. La réponse ne se fit pas attendre, t Les ariens, dit le saint évéquo, soutien^ Dent que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont aune substance différente} les donalistes, au coUtraire, reconnaissent dans les trois personnes identité de substance. Ce n'est qu'au sujet ae 1 unité de communion qu'ils sont séparés dd l'Eglise, parce qu'ils refusent opiniâtrement d'admettre l'tinité de persotihe en Jésus-Christ. Il s'étend ensuite sur les lois de répression ^ue l'empereur Bonorius avait publiées contre eut, el 11 en justitie l'équité, l'utilité, la nécessité.

(Lettre 186*.) L'hérésie de Pelage lui tenait au moins autant à cœur que le schisme deBo* nat. Ayant apprisque salntPaulin etqUelques membres du clergé de Noie conservaient en* cure quelques sentiments de déférence (^our ce novateur, le saint évéuue leur écrivit, en Sun nom et au nom d'Alype, pour qui ils prufessaietit une profonde vénérallon.

EfCWlMAlltË 0Ë PÀtkoLtMâlÉ. AtJft 874

Le but de cette lettre est de fèftilèr Mlase

eSi et d'établir U doctrine dé là grâbe et delà prédestination. Cet hé^éSlar[}de,st)îldans son livre Des forces de la nnture, soit aatis ses lettres particulières, ensdgnalt. à Ift Vérité, nue nous tenons du Créattîtlr la possibilité de vouloir et d'agir, mais il réduisait retle grade au seul libre arbitre t de *orte qu'entre les halens et les chrétietis, les Saints et ie^ impies, les fidèles et les infidèles, 11 ny avait point de ditfi^rence dans les grâces à(^ cordées, et que la mort de Jésus-ChHst de-» Venait un sacrifice inutile, )iuisque les seules forces de la nature pouvaient nous faire acquérir la Justice qui sauve et qui garantit le salut. — Dès le moment de sa naissance, tes conciles, les papes , les évèques combattirent cette doctrine pernicieuse, en déclarant que la gr&ce de Jésus-Christ sauVë toUs les hommes non-seulement par la rémisslod des ^chés, mais par unsedourS efficace, qdi éclaire l'esprit, qui toUche la volonté et qui fait éviter le mal et pratiquer le biètt, en Vertu du libre arbitre, d'est-à-dire du libre dhoit de lA Volonté; de sorte ^ue, dénués de ce secours, nous né pouvons hi Vouloir ni accomplir aucun acte dé piété, de iuslldeetde iétm. Et il rapporte, à ce sUjet, tous les textes de l'Ecriture qui établissent la doctrine catholique. Comme cette lettre est très-condise malgré sa longueur, domdlë ses déductions logicjues sont très-prdssèntés et trèsserhées, nous r renvoyons nos lecteurs avec d'autant plus d'assurance que nous pouvons leur {)romettre que, dans l'espace de quelques hftges, ils trouveront tout Un traite sur la matière.

(Lettre Î89*.] Saint AugUstill ^i, dans plusieurs de ses lettres, ivait déjà éU 6coaslon de parler de l'fttne, s'eii ëiprlme eétégôriquemenl et pour ainsi dire ^ar-pra/'w*a,dans une lettre à Optai, écrite en (>18.— En principe, il suppose le péché originel comme indubitable, et il en a le droit, puisqu'il eh a prouvé précédemment reiisiettce; ensuite il déclare que, qUatid il A écrit qu'on peut ignorer sahs cnme quelle est l'origine de l'âme, c'est à la condition gu'on tiendru pour certain : !• qu'elle n'est point de la substance de Dieu, mais créée ; 9^ qu'elle est un espritf et non Un corps } 8* qu'elle n'est point unie au corps en punition aes péchés commis dans une autre vie, mais qu'elle est placée dans la vie du siècle pour y gagner lé vie de l'éternité.—Il établit ensuite la jusUfleatiodàuria foi en Jésus-Christ, la prédestination des élus su^ la grâce de Jésus-Christ qui les sépart^ de la masse déperdition; la mort éternelle des enfants nés Sans baptême sur la nécessité de la régénération, sans laquelle oh ne peut Atre Sauvé.— Sansadmettre prédisémentropinion de la propagation desâmesiilla croitplusnro^ bable que celle de la création joornalière ; cependant^ il de veut rien décider sur oetto matière. Il ne dondamne pas les pélagiens parce qu'ils sont de cette dernière opinion, mais parce qu'ils en tirent une conséquence contraire à l'existence du péché originel» puisq[U0 l'Bglise, parla iroii do tttpeiitifet

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Innocent et Zozime, a déclaré cette croyance de foi catholique et universelle.

(Lettre 205'^ En 420, Consentius avait demandé à saint Augustin si le corps de Jésus- Christ conservait au ciel les mêmes parties, les mêmes proportions et les mêmes traits qu*il avait sur la terre; le saint évêque lui répond par une profession de foi tirée de TEvangiie. « Je crois, dit-il, que le corps de Jésus-Christ est dans le ciel tel qu'il était sur la terre, au moment où il la quitta pour remonter vers son Père, puisque, se montrant à ses disciples , il leur fit toucher ses pieds, ses mains, ses os, sa chair, afin qu*ils ne pussent douter de sa résurrection. Or, comme il est monté au ciel tel que les apôtres l'avaient vu sur la terre, il est hors de doute qu'à la fin des temps il descendra du ciel tel qu'il y est monté.

(Lettre 217*.) Un homme marquant de l'Eglise de Cartbage, nommé Vital, avait publié sur la grâce quelques opinions que le saint docteur trouva erronées. Il enseignait, par exemple, que de nous-mêmes, et par un mouvement de volonté qui nous est propre, nous pouvons, sans aucun secours divin, commencer de croire en Dieu et nous soumettre à l'Evangile. Augustin, pour réfuter cette erreur, qu'on appela depuis celle des semi-pélagiens, lui écrivit une longue lettre, dans laauelle il résume en 12 articles tout ce que l'on doit croire sur la grâce ; puis, faisant l'application de sa doctrine à la dispute présente, il conclut, contre Vital, que la grâce ne uous est pas donnée en raison de notre vouloir, mais que notre vouloir même est une disposition que Dieu opère en nous par la grâce.

( Lettre 218'. ) L'année &28 fut une année douloureuse pour l'Eglise. L'évêque Honorât avait demandé à saint Augustin s*il était permis aux clercs, et même aux évêques, de fuir et d'abandonner leur troupeau, dans les moments de persécution. Saint Augu&tin lui répond aussitôt qu'il n'y a que deux circonstances où il soit permis aux ecclésiastiques de se retirer : d'abord, quand on les poursuit personnellement, parce qu'alors ceux de leurs confrères oui ne sont pas in-

Juiétés peuvent les suppléer dans les soins e leur ministère; mais lorsque le péril menace également tout le monde, évêques, clercs et laïques, ce n'est pas à ceux dont le devoir est de secourir les autres qu'il appartient de les abandonner. Les évêques surtout doivent demeurer au milieu de leur peuple pour vivre et mourir avec lui, suivant qu il plaira à la volonté de Dieu d'en ordonner. Cependant, le saint docteur convient que dans les calamités publiques il est permis à une partie du clergé de se soustraire par la fuite a la persécution, afin d'être en état de servir l'Eglise dans des temps plus calmes et plus prospères ; mais c'est à la condition qu'il en restera d'autres pour occuper leurs places et remplir leurs fonctions. Si, par extraordinaire , la persécution ne sévissait que contre les ecclésiastiques, il serait à souhaiter que» pendant aue les uns fuient, les autres

prissent le courageux parti de demeurer, afin que l'Eglise ne fût pas abandonnée.

Nous ne faisons mention ici qu'avec la plus extrême sobriété des lettres de la quatrième catégorie, parce que, n'ayant point de date connue, elles perdent de leur intérêt du moment, puisqu'on ne sait plus à quels événe* ments les rattacher.

fLettre 222'.) La première de cette classe, et la 222' de la collection de saint Augustin, est adressée aux habitants de Madaure, qui pour la plupart étaient encore idolâtres. Le zélé pontife leur écrit pour leur présenter la lumière et les exhorter à embrasser la religion chrétienne. Il les ébranle par la crainte, il les persuade par la vérité, il cherche à les soumettre par l'exposition des mystères; il emploie la terreur du dernier jugement, l'accomplissement des prédictions marquées dans les Ecritures, qui ne laissent plus aux infidèles aucune excuse d'ignorance, puisqu'au moment où il parle, Jésus- Christ est connu partout. Son nom est aussi bien dans la bouche des justes que dans la bouche des parjures, sur les lèvres des princes que sur les lèvres des sujets, et il retentit répété par tous les échos de l'univers. Il termine sa lettre en leur expliquant brièvement, avec clarté et simplicité, sans cependant s'écarter de l'exactitude de la foi, la doctrine de la Trinité et de l'Incarnation.

a Si le Verbe s'est fait chair, leur dit-il, si, en Jésus-Christ le Fils de Dieu s'est humilié jusqu'à l'homme, c'a été pour confondre son orgueil, en lui enseignant à s'hunnilier, à l'exemple d'un Dieu. Aussi, n'est-ce pas Jésus-Christ revêtu de la majesté royale, ni riche des biens de ce monde que nous vous annonçons, mais Jésus-Christ pauvre, humble, crucifié. »

(Lettres 223' et 225*.) Saint Augustin avait écrit au philosophe Longinien, pour lui demander ce qu*il pensait du Christ, et quel culte il fallait rendre à Dieu ? — Suivant les principes de Platon, Longinien lui répondit qu'il fallait aller au seul vrai Dieu par une vie pure, par la société des dieux inférieurs, que les chrétiens appellent les anges, et par les expiations et les sacrifices. Quant à ce qui regarde Jésus-Christ, il ne veut ni n'ose en rien dire , parce qu'il ne le connaît pas. — Augustin se crut dans l'obligation de lui écrire de nouveau pour louer sa retenue touchant Jésus-Christ ; mais il lui demande en même temps de lui marquer si les expiations dont il parlait étaient nécessaires, même avec une vie pure, si elles en étaient une cause, une partie ou un effet ; ou bien si elles en difl'eraient essentiellement, comme les fruits du crime diffèrent essentiellement des fruits de la vertu. — On ne sait si Longinien fit une réponse, ni s'il se convertit, car depuis il n'en est plus question, ni dans les œuvres ni dans la Vie de saint Augustin.

Possidius , évéque de Calame, avait demandé à saint Augustin de lui enseigner un moyen de remédier au luxe qui régnait parmi son peuple. Le saint pontife lui répond que»

DICnONMAIRE DE PATHOLOGIE.

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pour les parures d*or et les étoffes précieuses, il ne peut les défendre aux personnes mariées , qui ont besoin de se plaire réciproquement; pourtant il lui défend de souffrir que les femmes, même mariées, laissent Toir leurs cheveux , puisque l'Apôtre veut qu'elles soient voilées. Il interdit complètement le fard, qui ne peut plaire, même aux maris, puisque c'est un moyen de les tromper. La vraie parure des chrétiens, dit-il, ne consiste pas en cela , mais dans la modestie et la pureté des mœurs.

(Lettre 262*.) Une dame, nommée Cédicie, avait fait vœu de continence, à Tinsu de son mari; elle parvint à le lui faire ratifier , et ils vécurent ainsi pendant plusieurs années. Hais , outre-passant les bornes d'un vrai zèle, elle se vêtit de noir comme une veuve , et distribua, de son chef, tout son bien aux pauvres. Son mari , qui en fut averti, entra dans une grande colère, et, rompant le vœu de continence qu'il avait consenti , il se livra à tous les excès de l'adultère. Cédicie, effrayée de ce résultat , et ne sachant plus quel parti prendre, consulta saint Augustin,

3ui lui lit ouvrir les yeux sur son imnruence. 11 lui démontre , par Tautoriié de TËcriture, que le vœu de continence , pour les personnes mariées, ne peut être prononcé

2ue du consentement mutuel des deux poux ; que la femme et le mari ont une égale puissance sur le corps l'un de l'autre, et que l'Apôtre , qui a promulgué cette loi divme, ne lui a assigné aucun terme. 11 la reprend d'avoir irrité son mari par des aumônes et des profusions à contre-temps ; il la blâme de son changement de costume, et il l'exhorte à prier avec larmes pour la conversion de celui dont elle a peut-être mis^ par sa faute. , le salut en danger.

(Lettre 26â'.) Une autre dame, nommée Seleucienne, avait entrepris dé ramener à Jésus-Christ un novatien avec lequel elle était en relation ; elle écrivit à saint Augustin , pour le prier de la conseiller et de la diriger dans cette entr6i)rise. Le saint évoque lui répondit en détruisant les objections qui lai avaient été présentées par cet hérésiarque ; par exemple , sur le baptême et sur la conversion de saint Pierre. Puisqu'il avoue, dit le saint docteur, que tous les autres apôtres ont été baptisés , comment ose-t-il refuser ce privilège au prince des apôtres ? Il convient néanmoins que quand saint Pierre renia Jésus-Christ, on peut dire qu'il n'avait encore été baptisé que dans l'eau, et que la p^uitence qu'il tit après sa faute ne doit pas se confondre avec la pénitence canonique telle que l'Eglise la pratique et la comprend. Sur quoi il distingue deux sortes de pénitence : celle qui précède, et celle qui suit le baptême. La première est comme un préliminaire et une préparation au sacrement , la seconde est elle-même un sacrement dont la pratique est absolument nécessaire pour obtenir le pardon des fautes qui forcent un chrétien de s'éloigner de l'autel et de lacommuniou. — Indépendamment delà pénitence, couâdérée sous ce double rapport , il en dis-*

tingpue une troisième, qui n*est autre que la pénitence habituelle par laquelle nous demandons et nous obtenons de Dieu le pardon des offenses que nous commettons tous les jours.

(Lettre 266*.) L'amour du mieux dans le bien, et le désir de la perfection dans la vertu s'étaient; emparés du cœur d'une jeune fille, nommée Florentine. Ses parents prièrent saint Augustin de prévenir ses vœux, en lui offrant lui-même ses conseils, qu'elle n'osait lui demander. Le pieux prélat le fit avec une rare et touchante numilité. « Si je sais, lui dit-il, ce que vous souhaitez apprendre , je vous en ferai part avec bonheur; si vous me demandez des choses préjudiciables à voire foi, je tâcherai de vous faire comprendre qu'il vous est plus avantageux de les ignorer; enfin, si vous me demandez des choses utiles et que je ne sache pas moi-même , je m'appliquerai à en obtenir la connaissance du Seigneur, pour satisfaire aux besoins de votre âme. »

Nous terminons ici l'analyse des lettres du saint docteur. Pour ceux de nos lecteurs

3ui la trouveraient trop longue, nous avons eux raisons à faire valoir, et qui nous assurent d'avance leur pardon : la première , c'est que cette correspondance , dans la collection de ses OEuvres , ne contient rien moins qu'un volume in-4*; la seconde, c'est qu'il est permis de s'oublier en si bonne compagnie. Nous aborçlons le Iir volume , qui renferme tous les traités sur l'Ëcriture sainte.

De la doctrine chrétienne ( en 397 ). — Le but de ce traité est de donner des règles et des préceptes pour entendre soi-même et pour expliquer aux autres TEcriture sainte. Ces deux objets forment la division naturelle de l'ouvrage , dont les trois premiers livres sont consacrés à Tintelligence de l'Ecriture, et le quatrième à la méthode de l'expliquer de manière à la faire comprendre. On l'a mis en tête des autres traités , afin qu'il pût servir comme de préface à tous les commentaires du pieux docteur surles saints Jivres. Commencé au début de son épisco-

£at, vers l'an 397 , il ne fut achevé qu'en 26, comme il le témoigne lui-même dans ses RétractcUions. Du reste, au jugement de Bossuet, ce livre contient à lui seul plus de préceptes pour l'intelligence de TËcriture

3ue tous les docteurs n'en ont jamais publié ans tous leurs ouvrages.

Premier livre. — Le premier livre commence par des réflexions assez vagues , et établit seulement des principes généraux, il remarque que toutes nos connaissances sont des signes ou des choses ; mais que les choses s'expriment par des sisncs. Il distingue deux sortes de choses : les unes dont on peut jouir, les autres dont on ne doit ^ue se servir. — Celles dont on peut jouir, c est Dieu, et nous sommes conduits à cette jouissance, qui s'élève presque jusqu'à la possession, par l'incarnation de son Verbe, par sa passion , par sa mort , sa résurrection y son asceDsiooi et par les sacrements de son

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Bglîa» » i|Qi poMède la dtf de tous ses trésors dinns» et qui pettt.iious eommuniquer tous ses dons. Les choses doot on oe doit que se servû sont les créatures. U n'est pas permis d'enjouir, parce qu'alors on lesoon-sidérerait eomme la fia dernière } mais il est permis de s'en servir» en les aimant comme soi-même par rapport à Dieu* Toute la plénitude de la loi est dans ce double précepte de la cbarité, qui doit nous servir de règle pour rintelligonce de IScriture tout en* tière. Tout sens qui ne se rapporte pas à U diarité n'eyt pas le yéritable sens ) au cootrfiiro, toute interprétation qui s'y rapporte» encore qu'elle n'ait pas été dans l'iniention de l'écrivain sacré» dont cepepdant il ne faut

Eis s'éloigner« est une ioterpréiation utile, 'où il conclut que celui qui est bien per* suadé que la seieoee de l'Ëcriture n*est autre chose que cette charité dont parle saint Paul, et qui vient de carde puro» el censcientia doua» elfid$ non/lc^a* et qui a vraiment le cœur pur, la conscience bonne et la foi éclairée » celuirlà f>eut sans crainte se donner à l'étude des saints livres.

Ihuxiime livrt — Oe la connaissance des choses il passe» dans sou second livre» k la connaissance des signes » dont il donne la définition» et qu'il divise en signes naturels et en signes de convention, A Ta tôte de ces derniers» il place la parole; l'écriture» qui Qxe la parole et qui la conserve» tient le second rang» ce qui l'amène naturellement à (parler de la diversité des langues et des difërentes versions de l'Ecriture sainte.. Les livres saofés n'ont été primitivement écrits que dans une seule langue ; mais » dans la suite » s'étant répandus dans l'univers par les traductions des interprètes» cette divine Ecriture est arrivée à la connaissance de tous les peuples. L'obscurité qui se rencontre de temps en temps dans ces livres a aussi son utilité; elle humilie l'orgueil de l'homme» et le soumet plus facilement aux inspirations der^sprit-Saint, qui nourrit les affamés par la lecture des endroits clairs, et qui empêche le dégoût des autres par 1 exercice intellectuel que leur donnent les ptassages obscurs, il fait suivre ces explications d un catalogue de livres canoniques entièrement conforme au nôtre» et il propose deux règles à suivre pour arriver à rinlelligenoe des obscurités de r£criture« La première » c'est la connaissance de la langue dans laquelle les saints livres ont étâ écrits; 1« seconde, e'e^t de cousulter, en les comparant, les dilTér entes versions des deux Testaments. Parmi les versions latines , il préfère la Vulgale , comme plus littérale et plus claire ; parmi les versions grecques, il s'en tient à celle dea Septante » à laquelle il accorde presque l'autorité divine de Vinspivation.

JroiÊUmf liwftt. ^ Souvenl, dans les saintes Ecritures, on reneantre des ambiguïtés provenant de la distinction des points et des ▼mules» qtii » différemment placés^ peuvent changer le sens des textes ; saint Augustio duiaia dm règles pour las éclaiieir. La pre-

mière c'est la vè^e do la fbi» qui veut q^i'cn rsjette la distinction qui présente un sens hérétic|ue. Pans le cas où Tambiguïté d'un texte offrirait deux sens catholiques, il veut qu'on suive celui oui s'accorde lemieui avec le contexte » et s*ns s'accordent également, il laissa alors la liberté de suivre le plus probable Il expose ensuite les règles nécesaires pour distinguer le sens propre du sens Gguré. La première et la plus usitée , c'eit qu'il faut ôtre convaincu que tout ce que 1 on ne peut accorder , ni aveo l'honnéleié des mœurs» ni avec la vérité de la foi , en l'expUquant à la lettre» doit avoir nécessai remont un sens figuré. La seconde» c'est de juger de Thonnèteté» non par les préjuK'és de la coutume et de l'opinion» mais pu lus principes de la foi et de la charité. Il y a des actions que TEcriture loue et qui res<semblent à des crimes , quoique TEcrilure semble les attribuer quelquefois aui pliu saints personnages de l'Ancien Testament , agissant par le conseil et l'inspiration de Dieu : saint Augustin commande de les expliquer d'une manière figurée. Du reste , il 1)0se une règle qui doit trancher la quesliooi a voici : Si Ta loi défend un crime et commande un bien» il n'y a point de figure ; au contraire, si la loi semble commander un crime et interdire un biea , alurs c'est une figure, et la prendre dans son seqs littéral serait faire injure à Dieu.

Quatrième livre* -— Le quatrième livre est un traité comjplet de rhétorique appliquée à TEoriture sainte. U entre dans de grands détails sur les qualités d'un orateur chrétien» à qui» suivant lui» il importe beaucoup f^us de parler avec sagesse qu^vec élégance. 1 montre » par plusieurs exemples des Epitrès de saint Paul et de la prophétie d'AïQos, que l'éloquence est jointe à la sagesse daos les auteurs sacrés ; mais il ajoute que, si on peut les prendre pour modèles dans les pasr saçes clairs et lucides de ces écrits» on doit éviter de les imiter dans les choses enveloppées d'obscurités et de mjatères » parce que ce qui , chez eux , est un effet de l'inspiration divine» deviendrait un défaut dans Torateur chargé de les interpréter. U expo&e, d'après Cicéron, les devoirs d'un orateuri qui sont de plaire, d'instruire et de toucher; et, pour atteindre ce triple but , il distingue trois genres d'élquence qui doivent se proportionner aux sqjets h traiter, suivant qu us sont petits , médiocres ou sublimes. Oe la trois sortes de styles dont la saint docleur apporte des exemples qu'il tire de rCcriture, et particulièrement de saint Paul, toà\s quUl emprunte aussi à quelques éorivauis eoclésiastiques , notamment à saint Cyprion et saint Ambroise. Mais , quelque sublimu^ de discours qu'emploie un orateur chrétient sa vie aura encore plus d'autorité si elle r^ pond à ses paroles ; tandis que» s'il vit niait il pourra bien instruire ceux qui ont bea|)ip de savoir , mais il ne gagnera rieu pour luh et fera très-peu profiler les autres.

Deux livres de la Genise eonire la ^ont" ekéenê, — Les manichéens avaient souleva t

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s^ tes trois pramiert chapitres de la Genèse» ]•• plus pitoyables difiicuUéSi et s'étaient permis « contre Tosuvre de la création, les lolerpretations les plus impertinentes et les plus impies. Saint Augustin les réfute dans 9e$ deux Hvres sur la uenèse, en donnant à ohaeuD des versets contestés les applications les pins raisonnables, eiplicatians habituellament littérales , mais pourtant aussi queU (piefois allégoriques et ftlgurées. Comme lo bat de ces Urres était 0e détromper ceux

3ue les novateurs abusaient , il les écrivit ans le stvie le (lus simple et le plus clair , afin que cMci|n p4^ ^n j^roQter.

Itstrs imparfait. *— Saint Augustin , indé-« pendamnent ue ses autres travaux sur la Genèse, avait composé un livre où il se proposait pour but de démontrer, contre lesmaniehéens , que Thistoire de la création , prise à la lettre, n*éti|it pas aussi ridicule qu'ils le prétendaiesit. Mais il avance lui-même que le défaut d^études sur ces matières lui fit trouver l'entreprise au^essus de ses forces, et le contraignit k l*abandonner ^ ce qui fit doqoer à son livre le titre d! imparfait. Mais il 7 revint plus tard, fortifié par l'étude, et peut-être aussi par la grâce de Tépiscopat, e^ il nous laissa douze livres , dans lesquels il explique le teite de \^ Genèse depuis le premier mot de la création jusqu'à l'expulsion du paradis terrestre. Cet ouvrage, commencé en V^, ne fut fini qu'en 41%.

i^aiiss livtu ïïwr ta Genèse. — Cet ouvrage est du même âge que le précédent , et il ne préseole pas plus de méthode dans la penlée nui a présidé à sa conception que dans le style et Fageneement de ses parties. L*auteur examine tous les mots , fait naître une infinité de questions dont il laisse la plupart* sans répense , ou s'il donne quelques solutions ce sont des solutions mvstiques, qui le plus souvent s'éloignent de la lettre , au lieu de s'en rapprocher. Cepepdant le teite a besoin de servir de fondeo^ent k l'ex* piieation morale, pour qu'elle conserve quelque valftMir. Apreii avoir parlé des eor[)s et expliqué la ciréatioB matérielle, il traite aussi plusieurs lieux oommups sur la nature des anges et de Tâme , sur la chute de l'ange et la chute de Tbomme , sur les mystères du nombre sud, sur Tenfer et le paradis, sur les nsions, et, en un mot, sur presque tous les sujets qui se irencontrent sur sa route, et qui lui présentent quelque aftinité avec celui qui fiait l'objet de son étude. Suivant lui, les anges sont TottYrage du premier jour; ils ont été créés avec la lumière ; ils connaissent non-seulement ce qui est caché en Dieu , mais encore ce qui est caché dans Tbomme. Le royaume des cieui n'a point

Kur eux de mystères, et ils savent que, déréa un jour de Texil, nous leur serons associés dans la pairie. 11 s'étend beaucoup sur la nature et sur Fojrigine de l'âme , sans décider ce qu'il fiiut en croire. Néanmoins, il parait favorable à l'opinion qui veut qu'une âma soit produite par une autre âme ; mais il uiniuvp qu'elle ue fieût point partie de la substance de Dieu , qu'elle ne tire point son

osigine des anges » et que sa substaqce est absolument distincte de la substance des corps. Il explique la chute des anges et la chute des hommes; il parle de l'utilité des tentations, et il représente la chute de notre

Eremier père comme une sainte leçon que deu a voulu donner aux prédestinés. A propos des différentes visions dont il est parlé dans l'Ecriture, il donne des rèffles pour les expliquer f et il conteste et nie absolument que Dieu ,aU pu se montrer sous une forme hupaaine; car la substance de Diett, étant invisible et tout entière partout, n'a pu appa^ raitre aux sens corporels d'Adam et de sa moitié par un mouveo^ent attaché k un lieu défini, et qui ait passé avee le temps.

Sept /terei de locutiame ei de quaitUm$ (41M. — Ce fut quelques années plus tard, en ^i% que le saint docteur publia ses livres daa hcutiofM et des queetione sur les premiers li-« vres de l'Ecriture sainte. Il travailla k ces deux ouvrages en même temps, comme il le témoigne lui-même dans te livre de ses JWtraetatiane^ ce qui explique les citations qu'il emprunte et les renvois qu'il frit de temps en temps des uns aux autres <-* Les sept »-* vres qui portent le premier de ces deux ti^

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solites et presque absolument inusitées dans le latin ; ce qui donne lieu au leotenr qui n'en tient pas compte , d'y chercher un sens mystérieux dans Texplication. Le saint docteur propose encore ici la méthode qu'il a déjà recofnmandée bien des fois, et qui eénsis te à expliquer les passages obscurs par les passages plus clairs des saints livres ou les mêmes locutions sont employées. Il prend lui-même la peine de recueillir un à ui) chacun de ces idiotismes , quelquefois en commentant , mais plus souvent en se contentant de signaler les expressions. Casslodore trouve ces livres admirables, et dit que saint Augustin prouve magniBquement que toutes les figures du discours, si vantées par les grammairiens et les orateurs , ent leur place brillante marquée dans TÉoriture. L'É^ criture, suivant lui , a des beautés qu'aucun des génies du sièple n'est parvenu a imiter. C'est en lisant les Ecritures et en collationnant ensemble les différents exemplaires de rédition des Sepêamêe^ auxquels i) joignit les versions d'A()uila et de Thëodotion , et

auelquefois aussi la version latine traduite e Thébreu, qu'il composa son livre des Questions. Il mit par éent toutes les dlfficul«tés qu'il rencontra dans le texte de l'Ecriture, marquant les unes, examinant les autres, et ne donnant de solution qu'à celles qu*il pouvait éclaircir sans s'arrêter. Son dessein n'était pas de traiter les choses à fond i il ne voulait seulement que décharger sa mémoire et se ménager pour l'avenir un répertoire oà il pourrait puiser au besoin. C'est poiur cela qu'il donna )e nom de Qtfes^ Ho$u a cet ouvrage. Cependant il ne laisse pas d'y éclaireir et d'y résoudre un grand nottbm an difltoullés, ea priant ws lecteurif

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de ne pas rejeter un ouvrage à cause de la simplicité de son style , mais de s'attacher seulement à la vérité , qu'on ne cherche pas précisément pour en. parler , mais dont on parle pour la poursuivre et la découvrir. C'est oans ce sens, et pour arriver à ce but, qu'il examine et résout plusieurs difficultés tirées des sept livres qui ont exercé son intelligence et ses méditations.

.Notes sur Job. — Nous ne dirons rien des Notes sur le livre de Job , ouvrage fort im*

Sarfait, que saint Augustin écrivit en marge 'un exemplaire de ce patriarche. C'est sans son consentement qu'on les en a retirées pour en faire un livre particulier. Nous ne le mentionnons ici que parce qu'elles ont tou^ jours continué de figurer dans le catalogue de ses œuvres.

Miroir de VEcriture. — Il en est de même du Miroir de VEcriture, Ce u'esl ni un commentaire, ni un travail particulier sur la Bible, mais un simple recueil de passages trèsindistinctement tirés des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, contenant des préceptes et des instructions sur les mœurs; ce qui n'empêche pas ces deux livres d'avoir une certaine étenoiue.

De V Accord des évangélistes, — On brisait encore les statues des idoles par ordre de l'autorité, lorsque saint Augustin commença son ouvrage de V Accord des évangélistes. On ne peut donc faire remonter sa publication plus haut que vers l'an 399, ni la faire descendre plus bas qu'en 401 , suivant ce qu'il en rapporte dans ses Rétractations. Il travailla à cet ouvrage sans interruption, et négligea même, pour le finir, les livres de la Trinité qu'il avait commencés, tant il était pressé de fermer la bouche aux hérétiques, qui soutenaient que les évangélistes ne s*entendaient pas. Ce travail lui coûta beaucoup, comme il le confessa lui-même, et comme il est facile de le comprendre, puisque , destitué de tous les secours qu'ont eus depuis ceux qui ont travaillé sur cette matière , il ne leur a néanmoins laissé que très -peu de choses à ajouter à ses découvertes. Cet ouvrage est divisé en quatre livres , dont le dessein général est de montrer qu'il n'y a rien dans les évangélistes qui ne suit parfaitement d'accord , sinon dans les termes, au moins dans l'application.

Après avoir, dans le premier livre , établi l'autorité, distingué le style, fixé le nombre et déterminé l'ordre des quatre évangélistes^ le saint docteur répond à ceux qui demandent pourquoi Jésus-Christ n'a pas écrit luimême son Evangile, et il réfute ceux qui lui attribuent des livres de magie. Il soutient

aue les disciples du Sauveur , bien loin de épasser la vérité en le présentant comme Dieu à l'adoration de Tunivers, n'ont accompli encore que ce qu'il leur avait commandé en proscrivant le culte de toutes les autres divinités. Il appuie cette doctrine de la prédication des apôtres , des écrits des prophètes qui ont annoncé qu'elle serait publiée par toute la terre. Il témoigne hautement que les Romains , qui n'avaient refusé d'a-

dorer le Dieu unique que parce qu'il défeo* dait Ib culte des aieux étrangers, s'étaient entièrement soumis à sa loi. Donc, s'il a souffert que les juifs fussent vaincus à cause de leurs prévarications, il n'a pas été vaincu par l'opposition des peuples, puisqu'il a brisé toutes les idoles, et impose par la cooviotion son culte à toutes les nations de l'univers. Les trois autres livres sont consacrés à faire ressortir par des textes l'accord parfait

3ui règne entre les quatre évangélistes, dont eux ont été choisis parmi les apôtres , et deux hors de cette sainte assemolée , afin

S|ue l'on ne pût pas dire qu'il y eût une diférence sérieuse entre ceux qui avaient vu de leurs yeux les actions de Jésus-Christ, et ceux qui ne les avaient apprises que par tradition.

Sermon sur la montagne, — Ce fut immédiatement après la dispute qu*il eut sur la foi et sur le Symbole, dans le concile d'Hip-

[»one , que le saint évèque publia, en deui ivres , son explication du sermon sur la montagne. On ne saurait trop dire pourquoi il commença ses recherches sur 1 Eyangile par le Commentaire de ce discours , à moios que ce ne soit , comme il le témoigne luimême , parce qu'il contient h lui seul toute la perfection des préceptes évangéliquesqui peuvent servir à former un chrétien : c'est-àdire, la charité fraternelle poussée jusqu'à l'abnégation , l'oubli des injures élevé jusqu'à l'amour des humiliations et des outra- Î^es, et le culte de la prière , dont il nous aisse le modèle divin dans la magnifique oraison que tous les siècles n'ont cessé de répéter depuis ^ sous le nom d'Oraison du Seigneur.

Questions sur l'Evangile, — Ce que saint Augustin avait fait pour les sept premiers livres de l'Ancien Testament , il le renouvela pour les Evangiles ; il écrivit deux livres de questions qu'il rédigea sans ordre , è mesure que le temps , les circonstances et les difficultés les faisaient naître. Néanmoins, pour épargner des recherches à ses lecteurs, il donna des titres h toutes les questions qui lui furent faites, et qu'il a éclaircies. Le premier livre eu contient quarante-sept, sur divers points de saint Matthieu , et le second, cinquante et une sur l'Evangile de saint Luc. A la suite de ces questions, on en a imprimé dix-sept autres sur saint Matthieu, et dont la propriété est contestée au saint docteur; mais le style a tant de ressemblance avec le sien, qu'après Possidius nous ne craignons pas de les publier sous son nom, et de les comprendre dans le catalogue de ses œuvres.

Traités sur VEvangile de saint Jea».— Ces traités ne sont autre chose qu'une longue suite d'homélies recueillies pendant que le saint pontife les prêchait au peuple. BHes ont été revues et rédigées par lui-même, eu forme de traités , sur ses premiers manuscrits. 11 nous en est parvenu ainsi cent vingtquatre, plus deux sur i'Epltre du môme ap6tre, et qui servent également à compléter la collectioa«

AUG

H avait coutume de lire, dans TEvangile du jour, le passage qu'il voulait éclaircir, et il en donnait ensuite au peuple Texplication. Les préoccupations du dogme, attaqué par les novateurs de son siècle, ne lui font jamais perdre de vue les préceptes de la morale et de la charité. Les premières paroles de TEvangile qui ont trait à la génération du Verbe et à la création de l'univers, lui fournissent l'occasion de combattre les manichéens. Y a-t-il rien de plus noble que l'ange parmi les créatures, ou rien de plus méprisable que le ver ? Cependant le même qui a créé l'ange a créé aussi le ver , l'un pour le louer dans le ciel , l'autre pour ramper sur la terre ; en sorte que toutes les créatures , sans en excepter aucune , les grandes et les petites, celles qui sont au plus haut descieux, et celles qui sont au centre de la terre, tout ce qui est esprit et tout ce qui est corps, tout ce qui a quelque forme, quelque assemblage, quelque convenance des parties, enQn toute substance qui peut être pesée, nombrée, mesurée, a été faite par celui dont il est écrit : Omnia in mensuraf et numéro^ et pondère dis^ posuiêli. — Ces paroles de Jésus*Christ : Sicut palmes non potest ferre fructum a semelipso^ nisi tnanserit in vite^ sic nec vos y nisi in me manseritis , lui inspirent un magnifique éloge de la grâce contre les pelagiens. Il poursuit les philosophes, et il flagelle Vinconséquence de leur conduite , en b mettant en opposition avec leurs raison* nements. On voit par leurs livres qu'ils ont connu le Verbe, tel que saint Jean l'a démontré , et cependant l'orgueil les a arrêtés tous devant la croix de Jésus-Christ. Il parle de la correction fraternelle , de la confiance dans la miséricorde divine , de la fuite du monde , du détachement des biens terrestrès , de l'observance des commandements , de l'utifité de la crainte , de l'horreur des petites fautes , et de la pratique habituelle des bonnes œuvres; et dans tous ces détails il a son cœur sur ses lèvres ; les paroles coulent de source, et il fait passer son âme dans l'âme de ses auditeurs.

Questions sur l'EpUre aux Romains* -^ Saint Augustin n'était encore que prêtre lorsqu'il fit un voyage à Carthage, en 394. Il se rencontra dans une société où la lecture de TËpitre de saint Paul aux Romains donna occasion à ceux qui étaient présents de lui adresser, sur différents passages de cette Epitre, plusieurs questions auxquelles il répondit. Ce sont ces réponses, recueillies avec sa permission , qui forment ce livre, compose de quatre-vingt-quatre questions et d'autant de réponses.

Cependant, quelques erreurs qui semblaient favoriser la doctrine des semi-péla-> giens, échappées à la précipitation de la réplique dans cet ouvrage, lui inspirèrent, plus lard, l'idée d'expliquer l'Epltre tout entière; mais la longueur et la difficulté d'un si vaste dessein le lui firent abandonner. 11 n'acheva qnae le premier livre de cette Explication. Il r arrêta au titre qu'il explique , ainsi que la solution que Paul, ap6tre de Jésus-Cihrist,

DiGTiOHN. PB. Pathologie, h

adresse è tous les saints de TEglise qui est à Rome. Il est vrai que la question du péché contre le Saint-Esprit , péché qu'il fait consister dans l'impénitence finale, le retint assez longtemps , et le fit entrer dans de grandes considérations.

Explication de VEpUre aux Galates. — Entre cette explication et l'apparition du livre des quatre-vingt-quatre questions sur la même Epttre , saint Augustin expliqua l'Epître aux Galates, non par fragments, comme celle aux Romains , mais de suite et d'une seule haleine ; ce qui ne forme néanmoins qu'un seul livre , parce que le saint docteur se contente d'éclaircir le texte , sans s'éloiloigner de son sujet. 11 v dit que tous ceux qui ont été justifiés sous la loi de l'Ancien Testament, l'ont été par la même foi que nous , à la seule différence qu'ils adoraient dans le futur ce que nous adorons dans le passé , et qu'ils vivaient dans la crainte du jugement à venir. tJne règle qu'il prescrit pour la correction des pécheurs, c'est de travailler à les guérir, et non à les insulter; à les secourir, et non à leur faire des reproches , afin que , rentrant en eux-mêmes, et que, réfléchissant sur la douceur de la correction, ils se reprennent plus sévèrement eux-mêmes, et reviennent à de meilleures œuvres.

Explication des psaumes. — Un des livres les plus estimés parmi ceux que saint Augustin composa sur l'Ecriture sainte , assurément , c'est son Explication des psaumes Il avait d'abord commencé d'en développer le sens littéral et mystique, dans ses homélies au peuple , mais sans sô proposer précisément pour but de les commenter tous. Ce fut à la prière de son père, soit qu'on doive entendfre par ce nom Aurèle de Carthage , ou le saint vieillard Valère , dont il était alors coadjuteur, qu'iJ consentit è entreprendre et à exécuter ce commentaire au complet. Une lettre écrite à saint Paulin, en kikj témoigne qu'il avait d^à commencé, et une seconde , écrite à Evodius , sur la fin de tl5 , témoigne qu'il n'avait pas encore fini ce travail , puisqu'il le prie de ne pas Ten détourner en lui proposant d'autres questions. Nous sommes donc autorisés à fixer la fin de cet ouvrage à l'année 416.

L'ardent orateur expliquait les cantiques de David , partie en parlant au peuple , partie en les aictant à ses scribes, et souvent même de ces deux manières h la fois. Possidius distingue en particulier ceux que ce Père H dictés, et il remarque que ce sont les

{»lus courts. Les autres , paraphrasés devant e peuple, sont beaucoup plus animés, plus remplis*, parce qu'il cherchait à y satisiaire l*avidité de ses auditeura pour les doctrines de l'Eglise. Quelquefois il en fait ressortir des exhortations si véhémentes , si pathétiques , qu'on ne peut les lire sans en être touché , et sans ressentir son cœur embrasé du même feu qui consumait les disciples sur le chemin d'Emmaûs : Nonne cor nostrum ardens erat in nobis , dum loqueretur in via f Il cite lui-même ses Commentaires sur les psaumes , dans son livre de la Cité de Dieu •

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