‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 49 sur 105 · OSO · texte numérisé non relu

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jour, celui de Koël , il baptisa plus de dix uiille personnes dans les eaux de la Swale. A défaut de prêtres suffisants pour les besoins de la cérémonie, Augustin bénit les eaux de la rivière, puis ordonna au peuple assemblé d'y entrer deux à deux , et de se conférer DHituellemcnt, au nom de la Trinité , le sacrement de régénération. Dans les premiers temps de sa mission, il fut loin de rorcer les i^onsciencesy et se borna à convertir les temples païens en .églises chrétiennes ; mais ses rapides succès ayant étendu ses vues et augmenté son zèle , il forma le désir d'obtenir, en qualité d'archevêque de Cantorbéry, 1 autorité suprême sur toute l'Eglise d'Angleterre, quoique à peine encore formée. 11 obtint en effet l'agrément du pape, et reçut de lui lepallium^ avec des instructions pour ériger douze évèchés dont il devait être le métropolitain, ta rapidité de ces conversions n'était pas seulement l'effet du ^èle du saint naissionnaire ou du spectacle de ses vertus, mais encore celui des merveilles aue Dieu opérait par son ministère. Le bruit s en répandait dans toute l'Europe, et saint Grégoire lui donna à cette occasion des avis d'autant plus remarquables qu'ils servent à constater la notoriété et la certitude de ces merveilles. « Prenez garde, lui écrivait-il, de tomber daùs l'orgueu et la vaine gloire à l'occasion des miracles et des dons célestes que Dieu fait éclater au milieu de la nation qu'il a choisie. Parmi les choses que vous faites à l'extérieur, ayez soin de vous juger vous-même intérieurement. Tâchez de bien comprendre ce que vous êtes personnellement... Ayez toujours devant les yeux les fautes que vous pouvez avoir commises par paroles ou par actions, afin que le souvenir de vos infidélités étouffe les mouvements d'orgueil qui pourraient s'élever dans voire cœur. Au reste, vous devez vous persuader que le don des miracles est une faveur accordée, non à vous, mais à ceux dont Dieu veut le salut, »

Quelques écrivains protestants , tels que Rapin Thoyras, ont cru crue leur naine contre la religion catboliqpe les dispensait d'être justes envers celui oui l'avait établie en Angleterre. Ils ont parlé d'Augustin d'une manière injurieuse; ils ont calomnié son caractère , ses actions, ses vues. Voici ce qui a donné lieu à ces diatribes et i ces injures. L'attachement d'Augustin pour le saint-siége lui fit tenter des efforts pour amener sous sa juridiction les évêques anglais du pays de Galles, qui différaient de TEglise romaine par la célébration de la Pâque et par quelques autres pratiques. Mais les anciens Bretons étaient aussi jaloux de leurs droits religieux que de leur liberté civile. On a reproché ti^ustement au premier archevêque de Contorbérv d'avoir employé d'autres moyens

aue ceux ae la persuasion pour arriver h ses ns, et d'avoir excité le roi Ethelbert à tomber, les armes à la main , sur ces évêques qui refusaient de reconnaître l'autorité pontificale. Mais, quoi qu'il en soit de ces reproches, et laissant à part les himières et les

vertus d'Augustin, qui en sont la réfutation, nous pouvons dire qu'il a pour lui des faits qui ne cesseront de faire son éloge , au jugement même de la plus exigeante philosophie, c'est le changement incontestable opéré depuis sa mission dans les mœurs de l'Angleterre. Il mourut en 6(Hk, selon Warton, d'autres disent en 607 ou 611^, après avoir nommé Laurence son successeur.

Il est hors de doute que la mission apostoFique de saint Augustin ne Fait mis dans l'obligation de communiquer souvent avec la cour de Rome sur les besoins spirituels de ce peuple nouveau qu'il ramenait des ténèbres de ridoifttrie aux saintes lumières de la foi, de la vie des sens à la vie de l'esnril, et des excentricités matérielles de la cnair aux divines puretés de l'Evangile. Mais de toutes ces lettres , aucune n'a survécu , excepté quelques fragments insérés dans la collection de saint Grégoire le Grand. Ces fragments sont ce que naturellement on peut les supposer, c'est-à-dire des consultations adressées par l'ardent missionnaire au souverain pontife, qui lui répond sur toutes les questions de ibi, de morale et de discipline, comme le peut ftiire le docteur de l'E- 1;lise universelle. Nous avons en plus deux ettres écrites par le même pontife au saint apdtre de l'Angleterre : la première, pour le féliciter sur la conversion miraculeuse de ce peuple, et le tenir en garde contre les insinuations que l'esprit d*orguei) pourrait lui suggérer à propos de ces merveilles; nous en avons cité un passage dans sa biographie ; la seconde, pour répondre, par un bref de collation, à la demande quil avait laite du

{ailium. La même lettre érige le diocèse de ondres, accorde à Augustin tous les pouvoirs pour ordonner Tévêque, et l'institue primat de toute ta Grande-Bretagne. Il existe encore, dans les lettres de saint Grégoire,

{plusieurs passages dans lesquels le saint ponife recommande avec une sollicitude toute paternelle l'apAtre de l'Angleterre à la bienveillance des évêques et du clergé dont il visiterait les diocèses en se rendant à sa mission.

Il nous reste encore comme monument de son apostolat l'acte de fondation de Tabbaye de Saint-Au^stin à Cantorbéry. Cet acte fait mention ne tous lès travaux accomplis par le saint évéque et des succès miraculeux dont la Providence a couronné sa mission dans ce royaume. Il est daté de la ville même de Cantorbéry, Tan du Seigneur 605, et porte, avec les signatures d*£thelbert, roi de Eent, et de l'archevêque Augustin, huit iiutres si-

Snatvres qui conservent à la reconnaissance es siècles les noms des compagnons de son apostolat dans la conversion d'un grand peuple.

Cet acte de fondation est suivi du privilège authentique accordé par Augustin luimême à ce monastère, érigé hors des murs de sa métropole, et consacré sous le voeaMo de saint Pierre , saint Paul et dé tous les apôtres. Royalement doté par la munificence d Ethelbert , et également exempi dé toute

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les hymnes que rBjRlise chante au jour de rEpiphauie el à la lete des Innocents.

Apothéose. — Le traité qui a pour titre Apothéoie est écrit pour défendre la foi de rÊglise contre les ditférentcs hérésies oui l'ont attaquée, notamment contre celles des néotiens , des sabelliens , des juifs , des ^bionites, des manichéens, des marcionites. Prudence montre contre les néotiens que ce n'est pas le Père qui a souffert la mort pour nous, mais le Fils, c'est-à-dire le Verbe, qui, sorti du Père, a pris dans les entrailles d'une vierge la nature et la forme de Thuroanité, sous laquelle il s*est rendu visible autrement qu'il n'avait apparu à Moïse.

Contre les sabelliens, il démontre que notre salut, notre vie, notre foi consistent à reconnaître que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, quoique distingués dans leur personnalité, ne lorment toutefois qu'un seul Dieu. Contre les juifs, il expose les prophéties des livres saints accomplies en Jésus-Christ, Temnire du démon détruit par sa mort, les oracles du paganisme condamnés au silence, leur dispersion par toute la terre en punition du crime commis sur le Golgotba, et enfin les progrès et le bonheur des gentils, depuis qu'ils ont embrassé sa doctrine et qu'ils l'ont reconnu comme Dieu. Contre les ébionites, Jésus-Christ n'est pas seule^ ment un homme, mais aussi un Dieu ; sa mort prouve son humanité ; sa divinité n'a presque pas besoin de preuves, elle éclate assez dans ses miracles. Quelles raisons auraient eues les mages de se prosterner devant son berceau pour Tadorer, s'ils n'avaient reconnu qu'un souffle divin animait un corps si délicat, et que ce petit enfant possédait en lui-même la souveraine puissance. Contre les manichéens ou fantastiques, il démontre qu'on ne peut attribuer à Jésus-Christ un corps aérien, sans faire passer sa vie tout entière pour une suite de mensonges qui retomberaient sur Dieu même, qui dès lors cesserait de l'ôtre, puisque Pieu est vérité. Si Jésus-Christ n'a pas eu un vrai corps, comment Marie l'a-t-elle enfanté 1 Fera-t-on passer pour des songes la Kénéalo^e qu'en a tracée saint Matthieu, et la description historique que les quatre évangélistes nous OQt laissée de sa mort ? Les marcionites enseignaient que l'Ame de Jésus-Christ seule était ressuscitée. Prudence répond qu'en ce cas la mort n'aurait pas été vaincue par celle de Jésus Christ,

Puisqu'alors il n y aurait qu'une partie de homme qui ressusciterait. Mais non, l'homme ressuscitera tel qu'il est, dans son état de vie pariait, avec la même chair, sans en excepter une seule de ses parties.

B^mariigénie. — Une autre erreur des marcionites, c'était {d'admettre deux principes, ou deux dieux : Tun cause du hieD, l'autre cause du mal, et tous les deux éternels. C'est pour réfuter cette erreur que Prudence composa YHamartigénitj c'esl-àdire, de Vorigine du féché. W établit d'abord qu'il ne peut y avoir deux dieux ni deux principes éternels, parce qu'ils ne seraient

tout-puissants ni Tun ni l'autre, par la raison qu'un pouvoir |)arta^é ne reste plus entier. Or, ce n'est pas là l'idée que nous avons de Dieu ; son pouvoir est sans homes, il u'en souffre pas le partage, nécessairement il est un. Il n'y a qu'un soleil pour éclairer le monde pendant l'année. Si ion admet deux principes qui soient dieux, pourquoi n*eu pas aumettre des milliers ? Pourquoi n'en pas accorder un particulier aux différentes espèces de créatures? Alors l'idolâlrio se trouvera justifiée. Il convient cependant qu'il y a un principe du mal, c'est le démon,

3ui, loin d'être Dieu, est condamné aux feux e l'enfer, i)our avoir voulu s'égaler à Dieu. Ayant séduit l'homme par le ministère du serpent, le monde est tombé dans la corruption du péché. Il décrit les suites de la faute du premier homme, les divers crimes dont ses descendants se sont souillés depuis, quoiqu'il fût en leur nouvoir de les éviter, puisque Dieu nous a clonné à tous une ûoie capable de prévenir le péché. -— Marcion disait : 5t Z>teu n^ veut noint qu'il y ait (fu mu/, que ne le défend-il Y Que ne nous m-

fécke-t'il de le commettre ? *— « Dieu, répond rudence, aurait accordé à l'homme de bien f>auvres prérogatives, si, en le faisant roi de 'univers, il ne l'avait pas fait roi de luimôme, avec la liberté d agir comme il lui plairait, et de faire le bien et le mal à sa volonté. Dieu s'est contenté de manifester sa loi à l'homme et de l'abandonner ensuite à son libre arbitre ; pour le bien, il promet des récompenses; pour le mal, il reserve des châtiments : à chacun de choisir. Il termine son poëme par une prière à Jésus-Christ, dans laquelle, se croyant indigne du ciel, à cause de ses fautes, il demande seulement de n'être point dans l'enfer, consentant à être placé dans un autre lieu où un feu moins ardent pourrait le purifier. Par là il nous semble désigner assez clairement le purgatoire, le seul lieu d'expiation que ïEr glise admette entre l'enfer et le ciel.

Psyckomachie. — La Psyckmnachie décrit les combats qui se passent dans l'àme entre certains vices et les vertus qui leur sont op-

I)osées. Le premier est entre la foi et Tido- &trie ; le second entre la pudeur et la débauche ; le troisième entre la patience et la colère; le ({uatrième eatre Tocgueil etThumiHté;lecinqiuième entrerintempérance et la sobriété ; le sixième entre l'a varice et la pitié, et le septième entre la paix et la discorde* Abraham, à la nouvelle que Loth son neveu était tombé au pou voir de ses ennemis, qui rivaient réduit a l'esclavage et dépouillé de tous ses biens, combat pour lui, le délivre et le ramène avec ses serviteurs et tout ce qu'on lui avait pris. A son retour, ce patri^rclie victoi^ieux rencontre sur son chemin lo prêtre du Seigneur qui lui offre des rafratchissemenis. Eh bien t Jésus-Christ en présente aussi à ceux qui sont sortis vainqueurs de la lutte contre les passions. Tel est en substance le prologue qu'Aurèia a mis en tête de sa P^ydkomacAte. Bans le corps du poëme, il décrit tous les moyens que les pa^-

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sions Ticiettses luetient eo ieu pour arriver à dominer dans xxn cœur, et les armes dont se servent les vertus opposées pour les en chasser, ou tout au moins pour paralyser leurs efTorts. 11 représente aussi la laideur du vice, en opposition avec la beauté de la vertu. Il y reconnaît que nous adorons un seul Dieu en trois personnes, et aue Jésus-Christ est Dieu par son Père ; que le baptême efface la tache du péché d*ongine ; qu'au lieu de la manne dont nos pères furent nourris dans le désert, nous mangeons, nous, la chair 'de Jésus-Christ.

Dyîtocheon. — On a contesté à Prudence le poëme qui porte ce titre, parce que le st.yle en parait moins orné et moins poli que celui de ses autres poésies ; mais un grand nombre de critiques, cependant, y reconnaissent son style, ses manières de parler, ses termes favoris, ses allégories et les pensées habituelles qu'il développe si souvent dans le reste de ses ouvrages. 11 faut donc s'en rapporter à Geonade, qui le lui attribue, et qui le publie sous ce titre de DyttO' cheouj mot grec qui signifie un double mets, parce qu'en effet le pieux poète y donne à ses lecteurs une nourriture spirituelle tirée des deux Testaments. Plusieurs auteurs l'intitulent aussi Enchiridiofij ou Manuel de r Ancien et du Nouveau Testament. Le poëte ne s'attache point k donner une histoire suivie des livres sacrés, mais il en reproduit seulement les traits les plus frappants, qu'il s'efforce d'embellir des charmes de la poésie, sans se préoccuper de les relier entre eun. Tout le poëme est en vers hexamètres, divisé par quatrains.

A Symmaque. — Il y avait à Rome, dans le lieu où le sénat tenait ses assemblées, un autel de la Victoire sur lequel on avait coutume de jurer et d'offrir aes sacritices aux idoles. Les sénateurs chrétiens étaient dans l'obligation d'assister avec les païens à ces cérémonies profanes. Constance, dans un voyage à Rome en 357, fit enlever cet autel ; quoiqu'il ne fût encore que catéchumène, il se serait cru souillé par sa présence. Julien TApostal le fit rétablir dès le commencement de son règne. Valentinien ne crut pas devoir y toucher ; Gratien, nonseulement le fit détruire, mais il se saisit aussi des revenus destinés à assurer la perpétuité des sacrifices et l'entretien des prôtres des idoles. La loi que ce prince donna k ce sujet fit beaucoup de peine aux sénateurs païens. Ils résolurent de lui adresser une requête, et l'orateur Symmaque fut choisi pour lui présenter leurs plaintes; mais de leur côté et en bien plus grand nombre, les sénateurs chrétiens protestèrent en public et en particulier, qu'ils ne viendraient plus au sénat si l'empereur faisait droit à cette demande des païens. Le pape Damase ût passer leur requête à saint Ambroise, qui la présenta lui-même à Gratien. Elle produisit sur ce prince l'impression qu'elle devait produire : il refusa aux sénateurs païens l'audience qu'ils avaient demandée. Ils la présentèrent successivement et

sans plus de succès k Valentinien II et à Théodose, à qui ils envoyèrent des députéSf en 388. Symmaque, qui leur servait encore d*organe en cette circonstance, fut enlevé par ordre de l'empereur et conduit à cent milles de Rome. Saint Ambroise avait déjà réfuté par écrit les raisons alléguées par Symmaque dans sa requête. Prudence Aurèie travailla sur le même sujet ; il composa ses deux livres peu après la bataille de PoUence, donnée le jour de Pâques de l'année 403. Les armes de l'empereur Honorius y furent victorieuses, et Alaric se vit forcé de se retirer avec ses troupes sur l'Apennin. Prudence traite dans le premier livre du culte des faux dieux. Il montre que ceux que Ton a divinisés ainsi n'ont jamais mérité le nom de dieux, ni par leurs mœurs, ni par leurs actions, ni par les services rendus à la patrie, mais qu'au contraire la plupart de ces hommes s'étaient souillés par les crimes les

Idus infâmes. 11 attaque aussi le culte que es païens rendaient aux astres et aux éléments, sous des noms empruntés, et les excès qui se commettaient dans les spectacles de gladiateurs. 11 s'adresse à la ville de Rome, et rengage à quitter toutes ces vaines superstitions, poxir se ranger sous l'étendard de la croix, qui plus d'une fois déjà avait fait remporter à ses princes de brillantes victoires. 11 propose pour exemples un grand nombre de sénateurs qui avaient embrassé la foi, et le peuple de cette capitale de l'empire qui ne professait plus que du mépris pour les aut^s des fausses divinités. 11 re-

{ présente k Symmaque que le Dieu qu'il relisait d'adorer était le même qui lui avait donné le proconsulat d'Afrique et la préfecture de Rome ; qu'il lui serait bien plus ho norable, en même temps qu'il se montrerait plus reconnaissant, d'employer son éloquence à relever les candeurs du vrai Dieu, qu'à îkire l'éloge des idoles inventées par les passions de ses ancêtres.

' Dans son second livre. Prudence réfute les raisons sur lesquelles Symmaque appuyait sa requête. La plus spécieuse était que chacun doit rester dans la religion qui lui a été transmise par ses ancêtres. Pru* dence, tirant avantage de cette maxime, lui répond qu'à ce compte les chrétiens sont loin d'être dans l'erreur, puisqu'ils adorent le même Dieu qui était adoré avant le déluge, et qui n'a jamais cessé d'être adoré dans tous les siècles, tandis que les Romains ne pouvaient se dispenser de reeonnaltfe qu'ils avaient innové dans leur religion, et qu'ils avaient aujourd'hui un plus grand nombre de temples et de divinités qu'au temps d'Hector. Venant ensuite à la bataille de Pollence, il montre que si elle fut gagnée, ce ne fut point par le secours de Jur)iter, puisqu'ils marchèrent au combat sous 'étendard du Sauveur, et qu'ils ne sonnèrent la ch.irge, pour aller à l'ennemi, qu'après avoir adoré Jésus-Christ sur ses autels, et imprimé le signe de sa croix sur leur front. Prudence invile Rome à souhaiter la i)réseuce do l'empereur Honorlua»

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DICTIONNAIRE hE PATROLOGIE.

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afin de lui témoigner toute la joie qu'elle ressentait de sa victoire. Pour lui, il le conjure d'abolir les spectacles de gladiateurs, qui souvent se tuaient entre eux pour le plaisir de la multitude. 11 lui cite l'exemple du grand Théodose, son père, qui avait interdit les combats de taureaux, quoique ce divertissement fût beaucoup moinsv barbare et moins criminel.

Péristéphanon. — Le poëme des Couron-^ nés est composé de quatorze hymnes, la plupart en l'honneurdes martyrs d'Espagne. Prudence ne dit que peu de chose des saints Hémétère et Quélidoine, martyrisés à Calahorre, ville de laCastille,qui, avec Saragosse, revendiquait les honneurs de son berceau. Les persécuteurs avaient fait brûler, avec beaucoup d'autres, les actes de leur martyre. Cependant il remarque aue leur culte était si étendu, que de tous les points de l'Espagne on venait à leurs tombeaux, au

f lied desquels personne ne priait en vain. 1 met saint Laurent au nombre des martvrs d'Espagne, parce qu'en eflfet il y était né ; il en fait de même de sainte Ëulâlie, martyre en 30&, et née à Mérida, capitale de la Lusitanie. Les dix-huit martyrs dont il parle ensuite souffrirent la môme année à Saragosse, où ils furent enterrés dans un même tombeau. Dans l'hymne composé en l'honneur de ces martyrs, il dit que Jésus-Christ est sur toutes les places publiques et qu'il habite partout ; mais il est visible qu'il entend cela de l'efficacité de son sang, <]ui partout chasse les démons, et de la lumière de son Evangile, qui éclaire le monde. Ce fut à Valence que souffrit saint Vincent, diacre de l'Eglise de Saragosse. Prudem^e lui adresse une. prière tres-vive, et le supplie d'être son intercesseur au pied du trône du Père, et d'obtenir de la miséricorde de Jésus-Christ le pardon de ses fautes. Aux martyrs d'Espagne, Prudence en joint d'autres qui ont souffert en divers pays. Dans l'hvmne de saint Romain, il expose en détail la vanité du culte des faux dieux, dont il donne l'histoire en peu de mots, il établit ensuite l'unité de Dieu, que l'existence du Fils ne saurait infirmer, puisque ce Fils est le même Dieu que le Père, coéternel à lui, et avec lui la cause et le principe des jours et des temps. 11 rappelle qu'il s'est fait voir aux hommes, en prenant un corps mortel, lui qui est l'immortalité, afin quayant expié nosfaiblesses, il pût nous faire passer dans son royaume. L'hymne sur saint Pierre et saint Paul remarque, contrairement à la croyance générale, gue ces deux apôtres souffrirent le même jour, mais non pas la même année. Saint Paul ne versa sou sang qu'un an après saint Pierre, dans la même prairie, près d'un marais, sur les bords du Tibre. Le désir qu'il éprouvait de quitter son corps pour vivre avec Jésus-Christ fut accompli, au jour et à l'heure que l'esprit de prophétie lui avait fait connaître. Il eut la tête tranchée, comme il convenait à un citoven romain. Son corps fut enterré sur le chemin d'Ostie, à la place où Ton ïyHiii

depuis l'église magnifique gui subsiste encore. Saint Pierre fut cruciné la tête en bas, comme il l'avait demandé lui-même aux exécuteurs, et ses restes furent déposés au Vatican, près le chemin Triomphal.

Prudence a toujours passé pour le plus savant des poètes chrétiens. C'est surtout dans ses livres contre Symmaque qu'il donue des preuves de son érudition et de la beauté de son génie. Ses vers ont du feu, de l'élégance et de la majesté. Quelques critiques trouvent son style un peu rude, et relèvent plusieurs fautes contre la prosodie ; mais tous conviennent que ses différentes compositions respirent un véritable enthousiasme, et qu'aucun poëte n'a montré plus de connaissances dans l'histoire et les antiquités. Saint Sidoine Apollinaire le compare à Horace, et assure que, chez les personnes les plus éminentes par leur savoir, on retrouyail sa poésie parmi les œuvres des plus grands auteurs. Jean Leclerc et Bayle reprochent à Prudence d'avoir avancé quelques opinions peu orthodoxes ; mais on doit d'autant plus 1 excuser de s'être trompé, dans des matières dont il n'avait pas fait une étude approfondie, que d'ailleurs il est absolument impossible de douter de la sincérité de sa foi.

AURÈLE (saint), évêque de Carthage, a sa place marquée parmi les plus illustres Pères de l'Eglise. Saint Fulgence n'hésite pas à le mettre au rang des Athanase, des Grégoire de Nazianze, des Basile, des Ambroise, des Hilaire, des Augustin, en un mot, de tous les saints et savants pontifes qui, veillant à la garde de l'Eglise de Dieu, se sont opposés aux erreurs naissantes et ont combattu les progrès des erreurs établies, eu défendant le troupeau de l'invasion des vieux loups, et en démasquant, sous la peau de brebis, les loups nouveaux qui se cachaient dans le bercail.

On ne sait pas au juste eu quelle année il fut promu au siège de Carthage ; tout ce que l'on peut affirmer, c'est qu'il n'était pas encore évêque en 390, puisque) nous vojons le deuxième concile de cette province présidé par Genethlius, son prédécesseur. Mais comme l'histoire nous apprend que celui-ci mourut peu de temps après, dans le cours de l'année suivante, ou au commencement de 392, nous sommes autorisés à fixera cette époque l'élévation de saint Aurèlcà Tépiscopat. Il en est de même de l'année de sa mort, que l'on ne peut également établir que sur des conjectures. 11 vivait encore en k^j puisque, dans son trente-deuxième livre de la Cité de Dieu, publié la même année, saint Augustin dit , en parlant des diacres de l'Eglise de Carthage : « Au nombre desquels se trouvait alors et reste seul aujourd hui Aurélius, évêque, digne de tous nos hommages et de toute notre vénération. » Le second livre des Rétraetiuions^ achevé la même année, fait également mention de son existence ; bien plus, il vivait encore en k2&^ puisque, dans sa lettre 331',

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adressée, vers cette époque, au comte Darius, saint Augustin, en lui parlant de plusieurs livres qu*il lui avait fait passer sans qu'il les eût demandés, lui dit : « Si vous ])Ouvez les lire tous pendant votre séjour en Afrique, daignez m'informer du jugement que vous en aurez porté, ou au moins commandez qu'il soit remis à mon vénérable seigneur et frère Aurèle de Carthage. » Enfin, dans le livre que Paulin, diacre de Milan, composa à la mémoire de saint Ambroise, nous voyons que, l'année suivante, c'est-è-dire en tôO, Célestius de Carthage, pour les derniers chapitres d'un écrit qu'il venait de publier, fut dénoncé à saint Aurèle, son évèque. C'est donc à cette année, la même qui vit finir saint Augustin, qu'il faut assigner la mort de ce vénérable vieillard, qui s'éteignit comme un flambeau, après avoir brillé pendant quarante ans sur le premier siège épiscopal de l'Afrique.

Outre ses allocutions aux évèques et au clergé d'Afrique, et dont le souvenir se trouve encore consigné dans les archives de celte ^Hse, saint Aurèle avait écrit un grand nombre de lettres dont le savant Tillemont nous détaille avec soin la nomenclature et les titres. De tous ces écrits du saint évéque, il ne nous reste qu'une lettre encyclique, adressée à tous les évèques des deux départements, la Byzacène et 1 Arzengytane,

2 m constituaient la province ecclésiastique e Carthage, sur la condamnation de Pelage et de Célestius.

« Il n'est aucun de vous, vénérables et bien-aimés frères, leur dit-il, qui ne conserve dans son cœur le souvenir du concile de Carthage et de la condamnation qui s'ensuivit contre Célestius, Pélnge et leurs doctrines. Mais puisque, pour l'honneur du Dieu qui tient dans ses mains le cœur des rois^ la pieuse autorité des princes chrétiens, qui sont aussi les gardiens de la foi et de la pureté du dogme catholique, nous a chargé, malgré notre bassesse, de dénoncer cette sentence à nos confrères dans l'épiscopat , nous nous sommes empressé , vénérables frères, de vous donner avis de ces lettres, afin que vous puissiez empêcher de s'insinuer, dans quelque partie que ce soit de vos provinces, la moindre connaissance de ces doctrines détestables, aui distillent le venin du serpent, et que 1 Eglise universelle a anathématisées.

« C'est donc dans ce but, que les besoins de l'Eglise ont rendu si nécessaire, que je vous adresse ces ordonnances des empereurs, avec la lettre qui les accompagnait quand je les ai reçues. Après lecture, chacun de vous jugera, dans sa sagesse, en quels termes il lui convient d'y souscrire, soit qu'il ait déjà apposé sa signature au bas des actes synodaux, soit que des nécessités de position l'aient empêché d'assister à ce concile général de toute l'Afrique. En souscrivant ainsi à la condamnation de ces hérétiques, par une approbation aussi complète, aussi universelle, vous couperez court à tout soupçon, et vous enlèverez à la dé-

fiance ombrageuse le droit de vous accuser de dissimulation et de négligence, et peutêtre d'hypocrite et ténébreuse perversité. » La collection des Actes du concile de Carthage nous a conservé plusieurs des paroles prononcées par le saint pontife dans cette grande et catholique assemblée ; mais ce sont des mots, des phrases, des propositions, des arguments présentés, soutenus, rétorqués comme il arrive habituellement dans ces sortes de discussions , et peut-être plus encore dans les discussions doctrinales gue dans toutes les autres. On comprendra facilement que, isolées de leurs précédents et de leurs conséquents, qui seuls les font ressortir en leur conservant un à-propos , ces paroles du saint évêque échappent à toute traduction.

On a attribué aussi à saint Aurèle une lettre adressée au pape Damase, en réponse à une lettre précédente qu'il aurait reçue de ce pontife ; mais ces deux lettres sont évidemment controuvées, et Baronius en a démontré la supposition avec des arguments qui n'admettent pas de réplique.

Disons, à la louange de ce pieux pontife, que les longues années de son épiscopat furent toutes consacrées à la défense de la foi et au maintien du dogme catholique contre les attaques du schisme et de l'hérésie. Ses premiers combats fureùt contre les donatistes, et il montra un ^rand zèle pour les ramener au sein de l'unité. U n'en déploya pas moins dans l'affaire des pélagiens, et il lut le premier qui condamna Célestius, disciple de Pelage. Quatre ans plus tard, ce fut le tour de Pelage lui-même, dont il anathématisa la doctrine avant même que saint Augustin se fût mis sur les rangs pour le combattre. Puisque nous venons d'écrire le nom de saint Augustin, disons en finissant, et pour couronner l'éloge de saint Aurèle , qu'il eut l'insigne honneur de rester toute sa vie l'ami intime de ce savant et glorieux évêque d'Hippone.

AURÉLIEN (saint), fut nommé évêque d'Arles en 5^5. Aussitôt après son élévation à cette dignité, il envoya demander au pape Vigile le pa/itum, avec le titre de vicaire apostolique du saint-siége. Sa requête était appuvée de lettres de recommandation du roi Childebert, qui sollicitaient la même grâce en sa faveur. Le pape, en la lui accor* danl, lui donna le pouvoir de terminer, avec l'assistance d'un certain noHibre d'évêques^ les différends qui pourraient naître entre les prélats soumis à sa juridiction. Mais le bref qui contenait ces pouvoirs y mettait cette restriction : « Si , ce qu'à Dieu ne plaise , dit le souverain pontife, il s'élève -des disputes sur la foi, ou s'il se présente (^luelque autre cause majeure, , après avoir- vérifié les faits et dressé votre rapport, réservez-en le jugement et la décision au siège apostolique; car nous trouvons dans les archives de 1 Eglise romaine que c'est ainsi qu'avaient coutume d'en user, à l'égard de nos prédécesseurs, ceux des vôtres qui ont été hon(H'

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uorés de la qualité de yicaires da saiot* siège. »

Saint Aurélien est ud des évéques a Occideot qui furent te plus alarmés de ce que Vigile avait signé la condamnation des trois cha{)itres, dans ]a grande querelle du iiestorianisme. Pour le tranquilliser, ce pontife lui écrivit une lettre pleine de modération et de raisonnement, que nous aurons occasion dç voir en rendant compte de ses œuvres. Le saint évêque d'Arles fit plusieurs établissements utiles et édifiants. Il instruisit avec zèle et avec cette force d*éIo^uence que Tesprit de Dieu communique toujours à ceux qu il a établis les guides des |)euples et des rois. Il donna des règles pleines de sagesse aux solitaires et aux religieuses de deux grands monastères de safondalion, qu'il avait établis dans sa ville épiscopale. Il mourut saintement le 12 avril 553, comme le prouve, contre quelques historiens, une inscription découverte, en 1308, sur son tombeau, dans l'église de Saint Nizier, à Lyon.

Ce qui nous reste des écrits de saint Aurélien d'Arles se réduit aux deux règles Îu'il a imposées aux deux monastères de sa mdation ; règles sages et parfaitement appropriées à la vocation et au sexe particulier des personnes auxquelles il les destinait. Nous n'entrerons pas dans l'appréciation de ces règles ; mais, pour en faire comprendre l'esprit, nous nous contenterons de reproduire le prologue qui les précède. Elles sont adressées : Aux saints et vénérables frères , que la miséricorde de Dieu et les bienfaits du roi Childebert ont- réunis dans ies monastères fondés par nous Aurélien, évique d'Arles, « Par une inspiration de Dieu, dont la miséricorde n'a lait que seconder nos bonnes intentions, après avoir obtenu de vous des actes de renoncement aux joies et aux voluptés de la vie, nous venons yous demander encore des vœux de chasteté et de virginité qui ne laissent plus survivre dans votre cœur et dans vos entrailles que l'amour et la crainte du Seigneur. C'est pourquoi ces deux maximes doivent vous servir de précepte et de règle : Juram et statut custodire judicia justitiœ tuœ {Psal. cxtiii) ; et : Mihi mundus emci&xus esi, et ego mundo. Donc, avec Faide de Dieu et le concours de sa grâce, dans ce monastère que nous venons de construire, vous ne derez vous proposer qu'un but, votre perfection. C'est pour cela

Sue nous avons institué une règle et une iscipline qui vous facifite l'entrée de cette voie, et qui vous aide à marcher jusqu'au terme, qui est le royaume des deux. »

Indépendamment de ces deux règles, il nous reste de saint Aurélien quelques fragments d une lettre au roi Théodebert ; fragments qui ne contiennent que l'éloge de ce prince, sans même l'appliquer à un sujet particulier, ce qui nous dispense d'en dire un mot.

AURELIEN.— Si l'on s'en rapportait au témoi'^au'e de Sigebert, Aurélien, auteur d'un traité du Chant et de la musique, aurait été

clerc de l'Eglise de Reims; mais il est visible que ce chroniqueur s'est trompé. Le manuscrit de Saint-Amand qualifie Aurélien de moine, en tête de son traité, et^ dans l'épitre dëdicatoire qui l'accompagne, il est facile de reconnaître un moine qui s'adresse à son supérieur. Ce supérieur* c'était Bernard, abbé de Réomé ou du Moutier-Saint- Joan, dans le diocèse de Langres. Aurélien l'ayant offensé par quelque faute qu'il ne déclare pas, chercha à rentrer dans ses bonnes g'ràces en lui dédiant son livre de la Musi-

?ue. Non content de le commencer par une pitre dédicatoire, selon la coutume, il en mit une seconde à la fin, et l'une et l'autre remplies des louanges de son abbé, \ qui il donne le titre d'archichantre, probablement à cause de sa science et de son habileté musicales. Quoique dom Hartenne eût en main l'ouvrage tout entier, il n'en a publié que ces deux épitres, augmentées d'un épilogue qui roule encore sur les éloges de Bernard. Aurélien préférait la musique à tous les arts libéraux, et il soutient que chez les anciens il était aussi honteux de TignorcT que d'ignorer les lettres.

AUREMOND, abbé du Hairé. — La seule raison q^'on ait de placer Aurémond au nombre des écrivains ecclésiastiques, c'est qu'on le croit auteur d'une Vie de saint Jv^ ntfit, premier abbé et fondateur de l'alèaje du Maire, mort vers l'an 587. UlQn Boëce, qui vivait sous le règne de Louis le Débonnaire, et qpii écrivit , après cet auteur, la Tie du même saint, marque en effet très-clairement qu'il avait été guidé dans son récit paroles mémoires d'Aurémond. «jSaint Junien, dit-il, s'exerça avec tant d'assiduité et tant de constance à la pratique des commandements de Dieu, et il commença à se rendre si recommaudable par la perfection de ses Tertus, que, rempli de temps en temps de l'esprit de prophétie, il voyait les crioses dont il était éloigné, et les prédisait dans l'avenir bien longtemps avant qu'elles ne fussent accomplies. J'en rapporterai quelques exemples, les choisissant surtout parmi ceux qu'Aurémoud, son fils spirituel, sou compagnon inséparable, son ministre et son disciple, transmit à la postérité, après la mort du saint homme. » Boëce ajoute, dans un autre endroit de son histoire : < Plusieurs de ses miracleâ sont parvenus à notre connaissance, par le récit qu'en a fait Aurémond, qui lui a longtemps survécu, gouvernant après lui le troupeau confié à ses 5oins, c'est-à-dire le monastère du Hairéi dont il fut élu second a(bbé immédiatement après la mort de saint Junien. Certes, il faudrait torturer les termes de Boëee et bir^ violence & sa phrase, en la prenant autrement (ju'à la lettre* pour l'expliquer de je ne sais quelle tradition orale dont Aurémond aurait été le principe. Aussi tous ceux qui ont lu ce passage ei qui en ont pesé les termes, les ont-ils entendus d'une Vie de saint Junien écrite par Aurémond, et dans laquelle Boëce aurait puisé d^s renseignemonts pour composer la sieiiue. C'est oa-»

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