AVE
GiS
au sacre du roi Philippe, en iOS9. Celui dont nous parlons ne fut élevé à la dignité d*abbé
3u*en 1061, comme cela résulte évidemment 'une lettre qu'il écrivit vers ce tetfips-là. Non-seulement il n'y prend que la qualité de moine, mais il n'en donne même aucune à saint Anselme, à qui cette lettre est adressée, et qui ne fut prieur du Bec que l'année suivante. Il gouverna son monastère jusqu'à sa mort, arrivée en 1079, et il eut Johel pour successeur. L'histoire parle d*un troisième Avesgaud, de la maison de Bellesme, comme le précédent, et qui mourut évoque du Mans en 1036. Peut-être sortaient-ils tous trois de la même souche , puisqu'on parlant de sa famil]e,rabbé de la Couture la donne comme très-puissante dans le pays du Maine.
Avesgaud n'écrivait pas mal , comme on le voit par sa lettre à saint Anselme. C'est l'unique production de sa plume qui soit venue jusqu'à nous , et nous devons à Baluze de l'avoir tirée de l'obscurité. L'objet
Ïue s'y proposait l'auteur était d'engager nselme à se charger pour un temps de l'instruction d'un de ses neveux. Cette lettre n'eut point d'autre efifet que d'attirer à Aves-
S;aud la belle réponse qui fait la seizième ettre du premier livre d'Anselme, dans laquelle celui-ci répond d'une manière aussi modeste qu'ingénieuse à un vers de Perse au' Avesgaud lui avait cité. On aurait de quoi être surpris de voir que Le Bec, qui avait ouvert à la jeunesse une école publique, ait refusé en cette rencontre un jeune élève de condition ; mais l'étonnement cesse quand on réfléchit qu'il ne s'agissait que des premières leçons de la grammaire, qu'Anselme ne pouvait se charger de donner , puisqu'il était occupé à enseigner les hautes sciences. A VIT (saint), archevêque de Vienne. — Aviiusy qui, dans une de ses lettres, se donne aussi les noms d'Alcimus jSditiuêj naquit en Auvergne, au milieu du v' siècle, d'une famille patricienne et sénatoriale. Il prend luimême le titre de sénateur, dans une lettre c^u'il écrivit aux princes du sénat, à l'occasion du jugement rendu en faveur du pape Symmaque. Son père se nommait Isicius, sa mère se nommait Audence, et tous deux , fidèles à la foi , vivaient dans la crainte de Dieu et la pratique de toutes les vertus dont lis cherchaient à répandre le goût et à propager l'amour dans toute leur famille. A vit , quoique le puîné de quatre enfants , eut le bonheur insigne d'être régénéré en Jésus- Christ et de recevoir le baptême des mains mômes de saint Mamert , alors évêque de Vienne. A la mort de ce pieux pontife, Isicius, qui, du consentement de sa femme, ajait embrassé le parti de la continence, fut ctioisi pour le remplacer sur le siège épiscopal. n V avait alors en cette ville un rhéteur célèbre nommé Sapaude ; on pense que ce fut sous lui qu'Avit se forma dans les belles-lettres ; mais il joignit toujours à l'étude de l'éloquence et de la poésie une piété solide dont il avait reçu les premiers éléments dans la maison paternelle. La mort do 80n père, arrivée en 490, fit penser à lui pour
le remplacer dans sa charge et ses fonctions d'évêque. Avit devint un des plus illustres
f prélats des Gaules, par son savoir, ses talents et ses vertus pastorales. Son mérite le fit respecter de Clovis, encore idolâtre, et de Gondebaud, roi de Bourgogne, quoique arien. Ce dernier prince le chargea d'écrire contre les eutychéens, et le saint évêque s'en acquitta avec succès. Dans la célèbre conférence qui se tint .à Lyon, en 499, entre les évêques catholifiues et les évêques ariens , ce fut Avit qui fut désigné pour porter la parole , et il le fit avec tant d'éloquence et tant de raison, qu'en présence du duc de Bourgogne il réduisit ses adversaires à ne pouvoir répondre autrement que par des clameurs et des injures, ce qui contribua à en ramener un grand nombre dans le sein de l'Eglise. Gondebaud, retenu par des ccmsidérations politiques, persista dans ses erreurs ; mais après sa mort, son fils Si^smond se rendit aux pressantes sollicitations de saint Avit. Ce prince, sur de fausses accusations, ayant eu le malheur de tremper ses mains dans le sang de son fils, le saint lui fit sentir l'indignité de son crime, et l'engagea, pour le réparer, à rebâtir le fameux monastère d'Açaune ou de Saint-Maurice en Valais. Ce fut là gu'il se retira et qu'il mourut dans les exercices de la plus sévère pénitence. A partir de cette époque, on ne sait plus rien de la vie de notre saint, si ce n'est qu'il présida le concile d'Ëpaune, et qu'il eut la plus grande part aux règlements salu-
Ïualifie de très-illustre entre les évêques des aules, et il ajoute que la science et l'érudition semblaient l'avoir choisi pour en faire leur demeure et le lieu éclatant oà elles aimaient à déposer leurs trésors.
Nous avons de saint Avit un grand nombre de lettres, des homélies et des poèmes. Selon notre habitude, nous rendrons compte de quelques-unes de ces lettres, en les choisissant , autant aue possible, dans tous les genres ; nous analyserons les homélies et les poèmes.
Première lettre àGondebaud.—hB première lettre est adressée au roi Gondebaud. Ce prince avait proposé au saint évêque deux
Questions , rune sur le sens de ces paroles e saint Marc, chap.vn, v. 11 et 12 : Si dixerit homo patri laut matri , Corban (quod est donum) quodcurujue ex me tibi profUerit : et ultra non dimittitis eum quidquamfacere patri suOf aut matri ; l'autre sur la divinité du Saint-Esprit, Saint Avit répond que le terme de Corban, que nous traduisons en latin par don , signifie, dans la langue hébraïque, le présent que l'on offrait à Dieu par dévotion. Ce sont les scribes et les pharisiens que Jésus-Christ fait parler en cet endroit , et la suite du texte marque évidemment que ces docteurs enseignaient, dans une vue d'intérêt propre, que lorsqu'on offrait à Dieu quelque chose, il n'était pas besoin de s'inquiéter si ce don était nécessaire à la subsi$*
km
MGTiOMMAmE DE PATROLOGtS.
Am
tance de soi) père et de sa mère ; maxime absolument contraire au précepte du Seigneur, qui yeut que nous nononons nos parents» Don-seulement de paroles , mais par la conduite et par les actes. Saint Avit, faisant allusion au terme de TEvangile en cet en* droit : Non dimittitisj c'est-à-dire* non mi<ium fâciatiêy y trouve Torigine de la formule » Ile^ missa est; et il dit qu'elle était en usage dans les palais des princes, dans les salles du prétoire, dans les églises, pour congédier le peuple lorsque l'assemblée était finie. A propos du terme Raea^ dont Gondebaud lui avait apparemment demandé la signification, il répond qu'en hébreu , comme en «grec et en latin , ce terme signifie t^'de, et que Dieu nous défend d'appeler nos frères de ce nom, parce que c'est un opprobre de qualifier ainsi a'iui qui n'est pas vide de la grâce du salut. — A la seconde question , sur la divinité du Saint-Esprit, le saint docteur répond auprinoe que les evèques ariens l'avaient trompé , en lui faisant entendre que Dieu avait soufflé son esprit dans l'Ame, tandis qu'il est écrit que Dieu ré^^andit sur le visage de l'homme, formé du limon de la terre , un souffle qui lui communiqua l'Ame et la vie. L'Incorporel peut répandre le souffle de la vie ; mais l'action même de souffler ne peut s'attribuer qu'à ce qui possède un corps. 11 montre donc que l'esprit de vie communiqué par Dieu au premier homme n'était pas la substance même du Saint-Esprit, mais l'Ame qui devait animer son corps et que l'Ecriture appelle ainsi. Autrement il faudrait dire que c*est l'Esprit-Saint qui pèche en nous, et que nous implorons la rémission de ses fautes lorsque nous prions pour les Ames des morts ; or une pareille assertion ne peut se soutenir sans blasphème. 11 ajoute nue jusqu'ici personne n'a encore distingué le Saint-Esprit de l'Esprit consolateur ; et cependant il y a cette différence entrel'esprit de T^omme et l'Esprit de Dieu, que l'un, qui n'est autre chose que le souffle qui l'anime, commence par la création; tandis que l'autre, providence éternelle, ne s'accorde que par bonté. Il finit sa lettre en pressant le roi de ne plus permettre aux évèques ariens de prêcher en sa présence, puisqu'ils refusaient de s'instruire eux-mêmes de la vérilé ; il l'engage à se séparer d'eux et à faire ouvertement profession de la foi catholique.
Deiuciime lettre au mime. — Indépendamment de cette lettre, nous en avons trois autres du saint évèque adressées au même prince : une, en réponse à celle dont nous avons parlé dans sa vie, et par laauelle Gondebaud le priait de combattre les erreurs d'Eutvchès par les preuves les plus fortes de TEcriture. Saint Avit raconte en peu de mots la naissance, les progrès et la condamnation de l'hérésie, affirmant qu'Eutychès ne l'avait imaginée qu'afin de se faire un nom par ses nouveautés, et de s'élever ainsi à iépiscopat. Du reste, ce n'était pas publiquement et par des écrits , mais par des discours clandestins et dans des oonvorsatioos secrètes, qu'il avait établi son erreur. Seloa
PlGTlOKlf • PB PàTROLOQIK. L
le pieux docteur, Eutychès niait que le Fils de Dieu se fût incarné dans le sein d'une femme, et soutenait qu'il avait appoité un corps du ciel. En conséquence, il refusait*à Marie le titre de Mère de Dieu ; mais saint Avit se trompe en disant que cet hérésiar-
Îue la reconnaissait comme mère du. Christ. ar suite de cette erreur, tout en combattant l'hérésie d'Eutycbès, il attaque surtout celle de Nestorius, en démontrant victorieusement, par l'autorité de l'Ecriture, qu'il y a en Jésus-Christ deux natures unies en une seule personne, qu'il est en même temps Fils de Dieu et fils de l'homme, engendré au Père , sans la participation d'aucune mère , et conçu dans le sein de sa mère sans la participation d'aucun homme; enfin, que ce n'est pas par grAce, mais par nature même qu'il est Dieu.
Troisième lettre au mime. — La lettre suivante n'est que la suite de celle-ci. Saint Avit continue de combattre Nestorius, en démontrant que Jésus-Christ a été Dieu et homme parfait ; puis ensuite, revenant à Euty chès , il prouve que Jésus-Christ nous est consubstantiel, qu'il a pris un corps de la même nature que le nôtre, et non pas un corps fantastique, comme cet hérésiarque le prétendait. Il cite, en témoignage de la vérité, le passage d'Isaïe où il est dit, en parlant du Sauveur : Vere languores noitros ipse tulit^ et dolores nostros ip$eporiavit;.„, et livore ejus eanati sumus } celui de saint Jean , où nous voyons que Jésus-Christ pleura la mort de Lazare avant de le ressusciter ; cet autre du même évaneéliste, qui rapporte que Jésus - Christ, voulant convaincre saint Thomas de sa résurrection, dit à cet apôtre : Infer dtottum tuum hucj et vide manuê meas^ et a fer manum tuamf et mitte in lotus meum, et noli esse incredulus $ed fidelis ; et enfin ce passage de saint Luc, où le Sauveur ressuscité dit à ses disciples : Palpate et videte quia spiri^ tus camem et ossa nonhabet , sicut me vtdetis habere. Peut-on rien dire de plus positif, pour montrer que le corps de lésus-Christ n'était ni une ombre, ni un fantôme? Saint Avit prouve encore la même yérité, par un autre passage du même évangéliste où il est dit que le Sauveur, après avoir rappelé à ses apôtres qu'il fallait que tout ce qui a été écrit dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes fût accompli , les em- ^ mena avec lui jusqu'à Béthanie ; là, levant les mains au ciel, u les bénit et en les bénissant il se sépara d'eux et s'enleva de luimême dans le ciel.
QuairUme lettre au mime. — Un écrivain, nommé Benoit PauHa, avait demandé à Fauste de Riez, un des plus fameux ariens de ce temps-là, si la. pénitence qu'un homme chargé de péchés fait à Tarticfe de la mort était bonne. Fauste n'hésita pas à répondre qu'elle était inutile.|Gondebaud, surpris de la réponse de cet évèque, consulta saint Avit pour en apprendre la venté. Le saint évèque lui répondit aussitôt que noa-seulemont c'était contre le vrai, mais (ju'il y ayftit mêo^e de la dureté à soutenir que
UGTIONNAIRE BE PÂTftOLOGlE;
la pénitence momeBtanée faite à l'article de téL mort e$t inutile, et ne profite de rien à celui qui la fait. Certes, rhamilité de celui gui, dans ce moment suprême, confesse à ^ieu ses péchés, ne peut rester sans fruit ni
conscience h l'heure de la mort, la seule volonté de se corriger, pourvu qu'elle soit vrâj^ et sincère, doit suffire pour loucher le cœur de Dieu et le rendre favorable au repentir. Il donne pour exemple de pénitences momentanées qui ont fléchi la col ère du Très- Haut, celle des Ninivites, qui, dans l'espace de trois jours-, détournèrent le glaive vengeur prêt à les détruire. 11 conclut de là qu'il y a de l'impiété à refuser la pénitence à c(3ux qui l'implorent avec instances et avec larmes ; mais il exige en même temps crue Ton punisse sévèrement ceux qui, après l'avoir reçue, retombent dans leurs péchés, faisant ainsi, par un abus déplorable, une cause de perte et de mort, d'un remède qui leur est accordé pour le salut.
Sixième lettre^ à Viciorius. — Victorius, évèque de Grenoble, avait demandé è saint Avît, si les catholiques pouvaient se livrer aux exercices de leur culte dans les églises ou oratoires des hérétiques, en les purifiant par une nouvelle consécration. Le saint
» m I W t Vl 11* •
vient à l'Eglise , et que la plénitude de la foi lui est rendue du moment cfu'il en renouveUe une profession sincère ; mais on ne voit pas comment une chose insensible, comme Test un édifice, devenu souillé par l'usage qu'en ont fait les hérétiques, peut être purifié par une nouvelle consécration. Si l'on convient une fois que l'on peut consacrer de nouveau un autel profané par rhérésie, il faudra convenir aussi que le pain qu'ils ont déposé sur cet autel peut être offert sur les nôtres. Il prétmd que la bénédiction des choses insensibles ne peut leur enlever l'impureté qu'elles ont contractée, et qu'il n'appartient qu'à ceux qui ne craignent pas de rebaptiser de réitérer la consécration d'une église. U en dit autant des calices, des patènes et des autres vases sacrés qui ont servi au culte des hérétioues. 11 appuie cette décision d'un passage du Deutéronome où il est dit qu'on ne fit usage des encensoirs de Çoi*é, Dathan et Abiron, qu'a- ])rès que le feii en eut purifié le métal et les eut changés en lames ; encore ne servirentils que pour perpétuer le souvenir de la vengeance de Bien. sur ces séditieux.
Onzième et douzième lettre, à Apollinaire. — ApoUinaire, évoque de Valence, et frère aîné de saint Avit, lui écrivit qu'il avait eu en dormant, un songe. La nuit de Fanniversairo de la mort de saisœur, il sentit entre ses mains quelque chose qui l'embarrassait, et il crut entrevoir, pendant son sommeil, une colombe d'une couleur rouge ei extraordinaire qui| s'étant posée à côté de Iui| le
tirait. A son réveil, il àe souvint qn^l avait omis de célébrer cet anniversaire, et il prit ce. songe pour un avertissement que sa sœur lui donnait de lui rendre ce devoir de piété fraternelle. Il en instruisit son frère, qui lui répondit qu'on avait célébré l'anniversaire de leur sœur à Vienne, et au'au surplus la faute qu'il avait faite était tres-pardonnablc,
fmisqu'il s'en accusait. « Vous avez, je 'avoue, lui dit-il, contrevenu à la coutume; mais par une réfervescence de piété, souvenez-vous, à l'avenir, du jour anniversaire de la mort de notre sœur. i» Il ajoute qu'il regarde ce songe comme un avertissement du ciel, pour ne point omettre, à l'avenir, ce qu'il ne lui était pas permis d'oublier.
Quinzième lettre^ à Victorius. — Un nommé Vincomalus, du diocèse de Grenoble, après la mort de sa femme, en avait épousé la sœur et vivait avec elle depuis plusieurs années. L'évèque Victorius consulta saint Avit, son métropolitain, sur ce qu'il avait à faire dans celte occasion ; s'il devait les séparer et quelle pénitence il devait leur imposer. Le saint évoque lui répondit au'il ne devait
{>as souffrir plus longtemps ce désordre, mais eur enjoindre incontinent de se séparer, frapper l'homme» d'anathème et les excommunier l'un et l'autre, jusqu'à ce qu'ils fissent preuve d'obéissance par une pénitence publique de leur faute. Néanmoins il nppelle h Victorius que sa qualité d'évéque lui donne le pouvoir ae tempérer la rigueur de cette sentence, et de traiter plus doucement les coupables, s'ils témoignaient un sincère repentir de leur faute. Vincomalus étant venu lui-même trouver le saint évéque de Vienne, lui promit de réparer sa faute, en se séparant de cette femme aussitôt après son retour à Grenoble. Saint Avit écrivit une seconde lettre à Victorius , où, après lui avoir marqué ce qui s'était passé entre lui et son diocésain, il lui conseillait de modérer la sentence portée contre ce malheureux , de se contenter de rompre son mariage par un simple divorce, et de ne pas le traiter suivant toute là rigueur des canons. Pourtant il avertit Victonus de ne pas trop se fier à la parole d'un hotoole qtie sa vie précédente rendait peu digne de foi, et de ne lui pardonner que sous la caution de ceux cpii intercéderaient pour lu}. Il ajoute qu'on doit lui conseiller la pénitence, mais ne pas la hri imposer maigre lui.
Yingt-sixièmê lettre^ à un étique. — ^^ vingt-sixième lettre est adressée h un évêque qu'elle ne nomme point. Saint Avit le ^ prend de la facilité avec laquelle il avait révélé nos mystères aux impafails, c'esl-a* dire aux hérétiques. Mais comme cet ëvCquc lui avatt demandé s'il était permis d'élever aux premières dignités de rÉglise un évêque qui avait abjuré rhérésie, le saint docteur lai répond qu'on peut l'élever à quelque graû^ que ce soit du sacerdoce, pourvu que daijs sa vie et dans ses moeurs, il n'v ait nen qui s j oppose. « Car pourquoi, dit-iîi celuHa ne gouvernerait-il pas le troupeau de îésuSri
tfii
ivi ttfctroNNAmfe bfe t>AtRoL6(îtË.
àVl
Christ, (jpii â fécoûnu sagémeni que les ouailles qu'il avait conduites jùsaùe-lâ n'étaient pas les ouailles du Seigneur? Pourquoi ne serait-il pas élevé parmi nous au sacerdoce, après avoir quitté, par amour pour la vérité, le faux sacerdoce qu'il exerçait? Qu'il detienne de laïque un véritable évoque, lui qui de faux évèque qu'il était, a bien voulu ae- Yenir laïque. Qu'il gouverne son peuple dans notre Eglise, lui (lui à quitté la sienne, et méprisé un peuple étranger ?
, Quarante-uniême lettre, à Clovîs. — Saint Avil écrivit à Clovis.pour le féliciter sur son baptêoie; îï en décrit avec complaisance la solennité et les avantages. Il le congratule surtout de l'avoir reçu le jour de la Nativité du Seigneur, et non pas là Veille de Pâques, comme le dit Hincmar. 11 témoigne le désir que Dieu se serve de ce roi , pour amener a la connaissance de la vraie religion les nations éloignées gui vivaient encore dans les ténèbres ; il rexhorle à leur envoyer des ambassadeurs , en lui représensant qu'il doit, par un motif de reconnaissance, travailler à l'œuvre du Dieu dont il avait reçu tant de bienfaits. Il parle à Clovis d'un bomme de guerre retenu captif ou en otage chez lé roi Gondebaud, et il cherche à l'intéresser h sa délivrance. En effet, par la médiation de Clôvis, le crédit de l'empereur Anastase et les sollicitations du roi Sigismond, Gondebaud se laissa Ûéchir, et renait ce jeune homme à son père. Du reste toute c^tle négociation se trouve détaillée dans les lettres à Clovjs, au sénateur Vitalien et au roi Sigismond.
La plupart des autres lettres de saint Avit n'ont rien de bien remarquable.' Ce sont des invitations à des solennités, ou bieji des compliments à l'occasion desiirincipalesfôles de 1 année, et surtout des ietcs de la Naissance et de la Résurrection du Seigneur. Il était d'usage alors que que les évoques s'écrivissent dans ces circonstances, pour se donner des marques d'amitié et s'instruire mutuellement de la manière dont ils avaient célébré ces fêtes.
Uomilies, — A la prière do plusieurs de ses amis, saint Àvit composa un recueil de ses Homélies, comme il nous l'apprend luimême dans une de ses lettres a son frèro Apollinaire. De tous ces discours il ne nous en feste que deux complets, sur le premier et le troisième joar des Rogations. Il nous maraue, dans la première de ces homélies, que la dévotion des Rogations, qui avait pris nai$$ance dans les Gaules, s'était répandue pre5(jue aussitôt par toute la terre, pour la puritier, par cette satisfaction annuelle, des désordres qui l'inondaient. 11 rappelle que cette fôte pénible et laborieuse, comme il la nomme,, fut établie par saint Mamert, un de ses prédéeesseurs ; mais qu'il fallut une extrême nécessité pour forcer les cœurs des Vieunois à se sottinetlrQ h une telle humiliation, et qu'ils ii'e^brassèrent cette pénitence qw parce qu'ils la considéraient comme un remédie nécessaire à leurs maux. 11 entre dans le détail de ces maux ; grand
tit»
nombre d'iticehdies, de fré^ertts' tremblements de terre, dés b^ùit» extraofdinMrès que l'on entendait la Auit, dès animéuxsâuvages qui erraient par les rues de ia ville, et dopt la présence répattdait la terreur dans tous les esprits. Les impies, dissimulant ce qu'ils en pensaient, attribuaient ces événements au hasard ; les plus sages les regardaient comme des signes de la colère de Dieu, et comme un présage de là rûinè totale de leur ville. Ce qui acheva de les fixer dans cette conviction, fut l'incendie qui se déclara dans la nuit qui précède le jout de Pflques. Le fteu prit à l'hêtel-de-ville »tué sut le point le plus élevé de Vienne. La nouvelle s'en étant répandue parmi le peuple^ déjà assemblé à l'église, tous en sortirent pour garantir leurs maisons et leurs biens des ravages de cet inoendio. Saint Mamert^ seul, impassible, demeura devant les saints autels, où 11 éteignit le feu par Tabondanee de ses prières et de b^s larmes. C'est dans cette môme nnit, qu'il forma le dessein d'instituer les Rogations, dont il prescrivit plus tard les rubriques, en indiquant les psaumes et les prières qui devaient les accompagner. Il destina à cette pénitenee les trois iours qui précèdent immédiatement la fête de TAscension^ en désignant lui-même les différentes églises pour Tes processions ou statioiis de chacun de ces jours. Quelques églises firent d'abord les Rogations dans des temps différents, mais bientêt elles s'accor-* dèrent toutes pour les célébrer aux mêmes jours. A ce propos, saint Avi^ fait une re-r marque sur l'avantage des prières et de^ bonnes couvres accomplies en commun. Ou-« tre que l'union du peuple, dans ces exercices de pénitence, est un puissant motif pour y engager même ceux qui n'auraient pas voulu se joindre aux autres, l'humilité de l'un anime celle de l'autre, et personne ne rougit de s'avouer coupable là où tout le monde s'accuse ; dans un combat où tous s'unissent contre un ennemi commun, le plus Mche est encouragé par la valeur de ses compagnons, hes forts couvrent les faibles qui, par cette union, acquièrent la gloire d'être comptés dans l'armée des vaillants. Il résulte de là que quand on a remporté une victoirci tous y ont pris part, et, quoique peu aient combattu, chacun néanmoins participe au triomphe. Donc, quelque faible que soit un^ personne dans la vertu, cju'ejle s^unisse aux autres, et ses prières obtiendront ce qu'elle^ n'eussent pu obtenir par elles-mêmes. Saint Avit appuie cette réflexion de l'exemple des Ninivites, où les enfants, joints aux vieil-r lards, apaisèrent par leurs jeûnesia colère di| Seigneur. Il ex(jlique ensuite le passage, du huitième chapitre de saint Matiiieu, oîll ^ est dit que Jésus-Christ ayant commandé f i|X vents et à la mer, la tempête qui avait J^té La frayeur dans j'âme des disciples, s'apai^à tout à coup. II se sert avec avantage des évé* nctments iacbeux qui s'accomplirent alor^» pour eùgager son peuple à recourir à Jésus* Christ ei'à lui demander avec instance de ne point les abandonner dans le ccfars de leuci