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nayigation, et de commander aux tempêtes du «ècle d'apaiser leur fureur.
Deuxième homélie. —La deuxième homélie, qui, comme nous l'avons dit, est pour le troisième jour des Rogations, nous a été rendue en 17« par dom Martenne, qui la recueillit sur un manuscrit de la Grande-Chartreuse. Entre autres choses, saint Avit remarque qu'au troisième jour des Rogations on Usait, dans divers offices, la prophétie d'Amos, dont il explique le troisième chapitre, en montrant que ce qui y est du ne regarde pas les juifs, comme ils s'en Qattaient, mais les chrétiens, qui sont le véritable peuple de Dieu. Bans un ancien Lectionnaire à l'usage de l'Edise gallicane, reoroduit par dom Mabillon d^in manuscrit de rabbaye de Luxeuil, il est marqué qu'on lisait pour le troisième jour des Rogations, non pas la prophétie d'Amos, mais à Tierce, la première Epître de saint Paul; à Sexte, la première de saint Jean ; et à None, le livre de Judith. Ce qui fait voir que les offices divins ne se célébraient pas d'une manière uniforme dans l'Eglise de France, qu'on n y çbservait pas le même ordre dans la lecture des saints livres, et que chaque évêque réglait ces choses suivant sa volonté.
Pour ce qui est des autres homélies dont saint Avit avait fait un recueil que saint Grégoire de Tours avait vu, il ne nous en reste plus que les titres ou quelques fragments, dont les plus considérables nous ont étéconservés par Florus, diacrede l'Eglise de Lyon, dans son Commentaire sur lesEpîtresde êaint Paul. Mais il est difficile de dire à quelles homélies ces divers fragments appartiennent. Florus rapporte aussi différents fragments des livres de saint Avit contre le Fantôme^ c'est-à-dire contre l'hérésie de ceux qui soutenaient que Jésus-Christ n'avait pris qu'une chair fantastique et une apparence de corps ; de ses livres contre les Ariens, d'un livre sur la Naissance de Jésus-Christ et d'un autre sur sa divinité. Adon attribue au môme saint deux traités contre les hérésies de Nestorius et d'Eutychès; mais il y a apparence qu'il entend, par ces traités, les deux lettres adressées au roi Gondebaud, et dans lesquelles, à la prière de ce prince, saint Avit réfute ces deux hérésiarques.
On voit par ce qui nous reste de ces ouvrages perdus, que saint Avit avait eu souvent occasion de défendre la foi contre les hérétiques de son temps. Il démontre contre les ariens qu'Abraham, Moïse et les prophètes, n'avaient été sauvés que par Jésus- Christ, qu'ils ne souhaitaient tant son avènement que parce qu'ils attendaient de lui leur sdut; qu'on ne peut douter qu'ils aient cru en lui, puisqu'ils en ont si souvent parlé "* et avec des termes si clairs et si précis; que, comme personne ne périt que par le Tieil Adam, personne n'est sauvé que par le nouveau, qui est Jésus-Christ. Il prouve que Jésus-Ctuîst est Fils de Dieu par nature, et non seulement par grâce et par adoption * que s'il a été attaché à la croix,
la divinité n'a rien souffert, mais seulement l'humanité, car il y a en Jésus-Christ deux substances unies en une seule personne, ce qui fait qu'il est Dieu et homme tout ensem ble. Ces deux substances ne forment pas deux dieux, mais un seul, qui étant de deux natures, s'est fait médiateur entre Dieu et les hommes. 11 dit qu'il ne sait pas ce que l'on doit penser de la fête de la Pentecôte, ni de la descente du Saint-Esprit, si l'on ne croit pas qu'il soit Dieu. Quel honneur, en effet, lui rendent en ce jour les hérétiaues qui le mettent au rang des créatures? L'Eglise ne nous ordonne-t-elle pas, dans le symbole, de croire en lui comme en une personne delà Trinité? Puisque, selon l'apôtre, il pénètre tout, même les profondeurs de Dieu, c'est-à-dire ce qu'il y a en Dieu de plus intime et de plus caché, la profondeur de ses connaissances est donc une preuve de son égalité avec le Père et le Fils, de qui nous affirmons qu'il procède. Abraham, assis à la porte de sa tente, vit trois personnes lui apparaître, et, courant à leur rencontre, il les adora et dit : Domine, si inveni gratiam in oculis tuis, ne transeas servum tuum. « Certes, dit le saint docteur, aucun des trois ne l'emportait sur les deux autres, m
prie en un seul nom. Domine , parce quU y a trois personnes dans l'unité de nature, et une seule substance dans la Trinité. » — Saint Avit trouve dans l'eau et le sang qui sortirent du côté de Jésus-Christ les deux sources du salut, le baptême et le martyre, et il dit que dans l'Eglise, les uns, après avoir été régénérés dans cette eau, finissen par une sainte mort; les autres trouvent leur salut dans le sang qu'ils répanden avec constance pour la vérité ; les uns sont sauvés parce qu'ils meurent pour Jésus- Christ, les autres sont sauvés parce qu ils ont vécu pour lui en conformant leur vie aux obligations de ses commandements. - Le Sauveur a poussé la bonté jusqu à nous laisser tout entière la substance quil a
Erise pour nous. Les hommes laissent leurs iens à leurs héritiers, Jésus-Christ ses donné lui-même à nous, en nous léguani pour nourriture la chair et le sang de son corps. C'est ce que dit saint Avit dans un des fragments de son discours sur l'institution de l'eucharistie, où il explique de quelle manière s'est faite cette institution.
Poè'mes de saint AviL-^hes poèmes de saint Avit sont précédés d'une lettre en forme depréface. Elle est adressée à son irere Apollinaire, évèque de Valence, qui 1 ava» prié de recueillir ses poésies en un corps d'ouvrage. Saint Avit marque que, sur ja prière de ses amis, il avait d^à fait la même chose pour ses homélies. Il reconnaît que ses épigrarames étaient en assez iràm nombre pour former un volume d une ju5^ grosseur, mais que, ne pouvant les reiru ?er, il était dans la nécessité de ne pub» «^ que le poëme qu'il avait composé sur ^^^
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