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toire de Hoise. II prie ceux qui le liront d*a?oir plus d'égaro à sou dessein au'à sa poésie^pour laquelle il réclame l'indulgence, parce (pïû cramt de n'avoir pas bien observé toutes les règles de Fart. Le jugement favorable qu'en avait porté Apollinaire, fils de saint Sidoine, ne le rassurait point, quoiqu'il ne pût douter de la pénétration et de
I habileté du censeur à qui il avait soumis son ouvrage. 11 est divisé en cinq livres, dont le premier, de 325 vers, traite de la création du monde jusqu'à cet endroit de la Genèse oii il est dit que Dieu mit nos premiers parents dans le paradis terrestre. Le second en comprend ^2i3; il traite de la chute de rfaomme, et, à l'occasion du péché dans lequel la première femme engagea son mari, saint Avit raconte les désordres qui amenèrent la ruine de Sodome. L'arrêt que Dieu prononça contre Adam et Eve et contre le serpent fait la matière du troisième livre, composé de 425 vers. Pour montrer que Dieu ne laisse jamais impunie la transgression de ses lois, le saint fait une paraphrase de la parabole du mauvais riche et de Lazare, rapportée par saint Luc ; puis il continue de narrer les suites fâcheuses du péché de nos premiers pères, qu'il dit être au-dessus de toute expression; et il s'adresse à Jésus-Christ comme au seul être capable de réparer notre perte et de guérir nos langueurs. Dans la quatrième, qui contient 658 vers, il fait une description du déluge, de ses i)récédents et de ses suites. Le sujet du cinquième est le passage de la mer Rouge; ce livre contient 719 vers.
Le poème de saint Avit, adressé à sa sœur Fuscine, est compté pour un sixième livre. Apollinaire, son frère, le pria de le rendre public, et quelques amis se joignirent à lui pour obtenir cette grâce. Le saint ne l'accorda qu'avec peine et à la condition que ce poème ne serait connu que dans sa famille ou de ceux qui leur étaient unis par les liens d'une même religion. Il déclara en même temps qu'il renongait pour toujours à la poésie, à moins que la nécessité de
Spelque épigramme ne ly engageât quelqueois. Il regardait cette occupation comme au-dessous de son âge et de sa dignité épis* copale , l'un et l'autre demandaient un genre d'écrire plus sérieux, et surtout plus à la portée de ceux qu'il devait instruire. Il avait donné à ce poème le titre à' Epigramme d'abord; mais sur la remontrance de son frère, il lui donna celui deLttre, qui lui convient mieux, et par la gravité du sujet, et par son étendue, qui est de 666 vers heiamètres comme ceux des poèmes précédents. 11 est intitulé : Eloge de ta chasteté^ pour la consolation de sa SiBUT Fuscine, vierge consacrée au Seigneur.
II commence l'histoire de sa vie dès son baptême, marquant avec quelle simplicité et quelle candeur elle vécût jusqu'à l'âge de douze ans, où elle consacra à Dieu sa virginité. Pure dans ses mœurs, modeste dans ses vêtements, elle méprisa tous les ornements du siècle. La suite de sa vie ne différa point de son commencement, sinon
qu'elle acquérait tous les jours de nouvelles vertus, et ne s'appliquait qu'à plaire à Jésus-Christ, qu'elle avait choisi pour son époux. Il cite, en passant, quelque chose du poète Prudence sur la virginité. Parmi les livres sacrés auxquels il emprunte l'éloge de cette vertu, on compte le livre de Job, ceux de Judith, de Tobie, d'Esdras et le chapitre de Daniel où l'histoire de Suzanne est racontée. Il parle de sainte Eugénie comme d'une vierge célèbre par l'éclat de ses vertus ; mais lorsqu'il ajoute que, travestie en homme, eUe avait gouverné longtemps un monastère d'hommes, il parait avoir ajouté foi aux actes de cette sainte, qui, en ce fait comme en beaucoup d'autres, se trouvent en contradiction avec l'histoire de l'Eglise.
Les écrits de saint Avit feront toujours preuve deson esprit, de son savoir et de son éloquence. Les ouvrages qui nous restent de lui annoncent qu'il était très-versé dans l'Ecriture sainte et la théologie, et qu'il avait
Suelque connaissance du grec et de l'hébreu. >n y remarque partout de belles pensées, mais souvent le style en est dur, obscur, embarrassé ; c'était le défaut de son siècle. Ses vers valent mieux que sa prose ; il y a de l'invention, de la lacilité; les plans de ses poèmes sont bien tracés et bien conduits. Les fragments qui nous restent de ses traités contre les ariens nous font regretter la perte de ceux que nous n'avons plus. 11 n'y a aucun lieu de douter qu'il n'y ait déployé autant de force d'esprit et de subtilité de raisonnement qu'il en montra dans la conférence de Lyon, où il réduisit au silence les ennemis de la foi catholique, en parlant avec une grâce et une éloquence qui le firent comparer à Cicéron. Ses lettres, adressées pour la Slupart, à des souverains, à des évêques, à es laïques de distinction, sont précieuses, par divers points de discipline, de morale et d'histoire qui y sont traités et éclaircis. Gomme nous 1 avons remarqué, on y trouve des traces de la Prière pour Us morts^ des détails curieux sur l'institution des Rogatiotiif et la véritable signification du mot messey qui était la formule usitée partout pour congédier une assemblée. Quoi qu'il en soit, en outre des talents de l'écrivain, que chacun lui reconnaît, il est impossible de ne pas accorder à notre saint évêque de Vienne une force de caractère et une indépendance de génie qui e»liquent la part qu*il prit aux affaires de l'Église, les services qu'il rendit à celles des Gaules en particulier, et l'action salutaire qu'il exerça sur tout son siècle.
AUXILIUS, prêtre du x* siècle , ordonné par ]epapeFormose,publia en 907 trois traités contre le pape Sergius III, pour soutenir la validité des ordinations feites par Formose. Dom Mabillon, et le P. Morin, de l'Oraloirc, qui ont recueilli ces traités et qui les ont mis au jour, conjecturent que l'auteur était Français. Auxilius dit nettement qu'il avait reçu l'ordre sacré des mains du pape For-
mose
le Mea de sa naissance.
Premier livre. — Il se propose deux questions à résoudre dans ces traités : la premiùre consistait à savoir si le pa])e Formose avait été élevé canoniqucraenl sur la chaire de saint Pierre; la seconde , si les ordinations qu'il avait célébrées, étant pape, pouvaient passer pour canoniques 6t valides, ^a solution de la seconde de ces questions dépendait de la première. — Dans le premier de ces traités, qui est purement philosophique, AuxiliuSj avec toute la rigueur de la forme scoîastique, démontre que Formose, déposé d'abord par le pape Jean VIII, avait ensuite été réintégré sur son siège par le pape Marin ; que ce rétablissement , opéré en présence de plusieurs évéques qu'il pourrait citer, lui avait donné le droit d'exercer toutes les fonctions épiscopales , et même ,
Ïue sa translation sur la chaire de saint ierre , encore gu'il eût fait le serment de n'y monter îamaîs, ne pouvait invalider soh ordination. Il en est de Tordinalion comme du baptême : ces deux sacreinerits ne peuvent se réitérer, parce qu'ils ne peuvent s'effacer. Le baptême donné par un hérétique ne se réitère point par un catholique ; un évêque tombé dans Tnéréisie ne perd pour cela ni sa consécration ni le droit que lui donne son caractère de pontife ; à plus* forte raison Formose Tavait donc conservé, puisqu'il était catholique et orthodoxe. Autilius ftit réloge de ce pape, qui, pendant toute sa vie , n'avait goûte ni chair ni vin ; aui, jusqu'à Tâge de quatre- vingts ans, avait vécu dans une continence parfaite, et. qui, en prêcliant la foi aux Bulgares, les avftit attirés à la vraie religion autant par la sainteté de ses mœdrs que par ses discours. Pour couper court' aux objecCiops de ses adversaires, il établit en principe que dans l'administration des sacrements c'est Dieu qui opère par le ministère de ses prêtres , et que ce que les ministres ne donnent pas d'euxmêmes, ils le donnent par le droit de leur ordination.
Jktksiémc livre. — Ce livre est divisé &a
Quarante chapitrejs. Ce a'e&t qu*un recueil e passages empruniés partout, pour prouver, d'abord, qu'il j ^ des cas ou les translations d'évêques sfmi permises, et , en second lieu, qu'il n'est pas plus permis de réir térer TordUiatiou que le baptême, et que les ordinations faites par un évêque cofidamné sont valides. U cite sur le premier article la fausse décrétale du pape Auterus, qui affirme positivement que celui-là n'est pas censé transféré qui passe d'un siège à un autre , non par ambition, mais parce que les besoins des lieux le ^lettent plus à môme d'être utile à l*felise et aux peuples. Comme on pouvait lui objecter qu'Auterus vivait avant le concilede Nicée, oii ces translations avaient été défendues, i^ apporté plusieurs exemples de translations opérées depuis : de saint Grégoire do Nazianze, de Périgônes, de Dosithée et de plusieurs évêques de l'Eglise