‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 54 sur 105 · AUX · texte numérisé non relu

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mais il ne s'explique nulle part sur* grecque. 11 n'en cite point de 1 Eglise latine;

mais venant au 15' canon de Nicée, et aux deux premiers de Sardique, il montre qu'ils n'interdisent que les translations feites par un molif d'amnition, d'avarice ou de domination. Sur le second article, qui regarde les ordinations faites par Formose , il allègue un grand nombre de passages des Pères, de saint Innocent, de saint Augustin , de saint Léon, de saint Grégoire et du pape Anastase, qui tous ont enseigné que les ordinations faites par des évoques condamnés étaient valides, et qui, dans la pratique, se sont conduits en raison de leurs enseignements , en admettant aux mômes deçrés d'honneur, et sans renouveler leur ordination, tous les clercs qui avaient donné dans iWreuT de Novat , ou qui avaient reçu les ordres des mains des papes Vigile et Libère, d'ont l'un était totnbé dans l'hérésie, et l'autre avait été condamné comme simoniaque et homicide. 11 ajoute que si Ton révomiail en doute la validité des ordinations de Formose , il s'ensuivrait que depuis environ vingt ans la religion chrétienne aurait été bannie de l'Italie; c'est eu vain qu'on y aurait administré les sacrements, célébré le sacrifice, çxercé aucune fonction sacerdotale, puisque l'Eglise tout entière aurait été coupable d'avoir approuvé ces ordinations dans un concile tenu à Rome sous Jean IX, en 89». Si Formose a été mal ordonné, on ne peut s'en prendre qu'au péuplç romain , qui Ta choisi, au clergé et aux grands de la ville de Rome , qui , tant qu'il a' vécu , ont reçu de lui avec affection l'hostie du corps et du sang de Jésus-Christ , et ont communiqué avec lui dan^ toutes les solennités de l'Eglise. On ne peut donc rien reprocher a ceux qui, affrônta^nt de grands dangers, sont venus des p l'ordination

férant l'oncUv.*. v^^, ^ ,

tous ses frères dans l'apostolat. La conclusion qu^il tire de ce traité est que lui e tous ceux que Formose â ordonnés, doiveni conserve^ leur degré d'honneur , en attendant le jugement crun concile «ni^^'^^'i^ TroUième livre. — Léon, évoque de NoJe, ayant été ordonné par Formose, se trouva" violemment pressé de reconnaître son oraination nulle, comme si l'imposiUon aes mains c(e ce pape ne lui avait eommumque aucun caractère. "Né sachant conimenfse i rer d'oppression, il consulta quelaues rrau çais habiles établis à Bénévent. teur re ponsc fut qu'il ne pouvait sans crime sewiro réordonner. H restait à résoudre les^^Jf., tiens qu'on lui faisait h ce «uj®^ = ^'^T/en envoya à Auxîlius , en le priant de ^ui

donner la solution. Auxilius la lui "V| ^ait tre en y joignant les deux traités ^^.\' A^e écrits sur la môme matière. Il l aTcrtu u ^^^ point chercher dans ce nouvel ^^^J^| ^yb-

raisonnements en forme, ni aucune ae»., tilités de la logique. « Nous somoies, au ^^» les disciples d'un pécheur, et ^^^^^fn jaissoyons assis dans sa barqi^e , no^^ -q novis sons pas d'essuyer la tempête; ^^^^ "

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mCTiOlSNAIRE DE PATROLOGIE.

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ioTeqoons le Somioatetir de toutes choses , afin qu'il commaiide aux vents et à la mer, et quele calme succède à ragitation des flots.» — €hx otijectait d*abord que Focmose avait quitté aoa épouse pour eu enlever une au* tre, G*estr-à-aire sod siège épiscojpal de Porto, pour ravir le sainVsiége à celui qui devait ea être légitimemeot ordonné évéque; d'où Ton eoacluaiH que c*était un hypocrite, un évèque feint et imaginaice , qui n'avait jarmais été pape , et dont les ordinations devaient être regardées comme nulles et non avenues. — Auxiliua répond que , pendant plusieurs années, Forroose a été reconnu }^f^ noKi-s«ilement dans Tempire romain., mais aussi chez les nations haobacea ^ puis^

Sue, selon la coutume , il est venu à Rome es clercs des *^nations les plus éloignée^ pour recevoir de lui l'ordination. 11 imporli peu à la question de savoir ce qu'a été Forraose, puisque saini Léon a déclaré que l'on devait chasaer les faux évoques, sans que l'on pût pour cela déclarer nulles leurs ordinations* 11 reproduit ensuite toutes les preuves de l'écrit précédent, et démontre , par les autorités du pape Anastase et de saint Augustin, au'un hypocrite et un réprouvé peuvent ordonner validement, parce que ce n'est point par eux, mais par leur ministère, que le Saint-Bsprit opère le salut. —On objectait, en se€ond lieu, l'exemple de l'antipape Constantin, dont les ordinations furent déclarées nulles, au point qu'on obligea les clercs à se faire ordonner de nouveau par le pape Etienne, son successeur. ,— Auxilitts approuve la déposition de Constantin , qui ne pouvait être regardé comme pape légitime , puisqu'il s'était emparé du saintsiège à main armée ; mais il blâme qu'on ait soumis à une nouvelle consécration ceux qui avaient reçu les ordres de sa main. Il oppose à cette conduite l'autorité de saint Léon, d^Anastase et de saint Grégoire, qui ont condamné l^s réordinations. Ilpasse ensuite h Tobéissance due au pape, et au serment qu'il exigeait de reconnaître pour fausses les ordinations de Formose. Il déclare qu'on est déchargé de toute obligation d'obéir aux supérieurs , quand ce qu'ils commandent e$t un crime, le serment n*étant obligatoire que pour le bien. On n'est doue pas oblijjé de se trouver à un synode indiqué par le pape, quand le suiet en est évidi'mment mauvais , comme de casser ou de réitérer les orciinations légitimes. Il y a des fauleç des supérieurs que Ton doit taire, et d'autres qu'il faut dénoncer ; du nombre de ccIles-çi sont les fautes contre la foi et la dlscipUpe catholique. — A cette objection (lô ses adversaires , que tous les évoques , cl le vicaire de ^aint Pierre surtout, ayant reçu du ciel le pouvoir de lier et de délier, ce qu'ils ont lié, en quelque manière que ce soit, doit demeurer lié; il dit que, suivaut Texplication de saint Jérôme, les évoques ne doivent point s'imaginer qu'ils aient le droit de condamner l'Innocent et d'absoudre le coupable; Dieu juge des pécheurs par leur vie et non par la sentence du prêtre.

Après ces préliminaires, il descend dans l'examen de l'affaire de Formose , et dit d'abord qu'après avoir été présenté au jugement de Dieu, il ne peut plus être jugé par les hommes; mais cela ne regardant que sa personne^ il répond ensuite à ce qui pouvait intéresser ceux qu'il avait ordonnés. — Il n'a pu, disait-on, être évêque, et encore moins pape, après sa déposition, d'autant plus quêtant déposé il a juré sur les saints £vangiles de ne jamais rentrer dans Rome ni dans son évéciié. — S'il a été déposé par l'autorité du saint-siége, dit Auxilius, il a été réconcilié par la même autorité. A l'égard du serment qu'on a exigé de lui , il serait jugé détestable, mèoie par les païens, puisqu il s'est réduit à faire jurer à Formose

au'il n'irait jamais au tombeau des apôtres emander sa réconciliation, et qu'il ne souffrirait point son rétablissement. — C'est par ambition , ajoutaient ses adversaires^ qu'il a quitté son évêçhé de Porto, et poussé par le désir de monter sur le saint-siége. —Ce fait, répond Auxilius, n'est point certain; il faut le laisser au jugement de Dieu; mais toute la ville de Bome et les pays circonvoisins attestent la sainteté de sa vie. Au reste, qu'y a-t-il de surprenant que quelques-uns en aient dit du mal, puisqu'il est écrit du Sauveur : Les uns disaient quHl est bon ; les autres répondaient : Non ; mais il séduit le jpfiup/^? Formose aussi a séduit les Romains. — La plus forte des objections contre Formose était, qu'étant venu pour se faire ordonner pape> il avait souffert qu'on lui imposât les mains comme s'il n'eût pas été évoque ; par là « non-seulement il n'avait pas acquis la dignité pontificale ,' mais il avait même perdu la dignité épiscopale qu'il possédait auparavant. — - A cette difficulté, Auxilius doune deux solutions : il dit d'abord que, par cette seconde ordination, Formose, au lieu de perdre la dignité épiscopale qui est inamissible , avait reçu seulement une augmentation de Tordre sacré ; ensuite il nie la fait, et dit : « J ai interrogé ceux qui ont assisté à l'intronisation de Formose , et tous m ont rapporté qu'il était très-faux que dans cette cérémonie il eût reçu l'imposition des mains. » li rejette donc le témoigna^ des adversaires de Formose sur ce fait, et il lyoute que ceux qui se déclaraient contre lui étant tout à 1<j^ fois juges et parties , il faudrait, pour terminer celle affaire dans les règles, assembler un concile universel , ou le roi assisterait, à l'exemple de Constantin. Par là on ôterait le sçaqdale , et on rétablirait la paix dans l'Eglise et dans les consciences. — 11 relève, en finissant , les inhumanités du pape Etienne, et ne craint peint de dire que ce pape et ses partisans avaient agi en cette rencontre comme des hétes féroces; que quand môme la translation de Formose à un autre siège aurait été illicite, ils auraient dû la tolérer avec douceur, sans l'cxHisérer par des cruautés sans exemple, et défendre à l'avenir, dans un concile général, de jamais faire à Rome de semblables élections. Il prévient l'objection qu'on aurait pu

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lui faire, qu'étant étranger, il ne lui appartenait pas de se mêler des différends qui s'agitaient en Italie ; mais il montre que tout homme, sans exception de lieux ni de circonstances, peut rendre témoignage du vrai.

Il règne dans tout l'ouvrage d'Auxilius beaucoup d'érudition , une grande force de caractère , et une rare liberté de langage ; mais tous les principes n'en sont pas également sûrs. Il avance , contre le sentiment des théologiens, que l'ordination regue par force est valable , et qu'il en est de même du baptême donné par violence à un adulte. En accusant de novatianisme Osius et les Pères du concile de Sardiaue , il ne faisait pas attention que ce coDcile ne 'se croyait

pas seulement en droit de punir les évèques qui passaient d'un siège k un autre, mais aussi de leur pardonner, ce qui était diamétralement opposé à l'erreur des nova* tiens. Il aurait du encore s'expliquer plus clairement qu'il ne l'a fait sur l'oDéissance due au saint-siége et sur la distinction entre le siège et le pontife, comme aussi parler avec plus de modération des papes Libère, Vigile et Etienne III. Quoi qu'il en soit, cette œuvre est une œuvre de courage, et en môme temps un acte de reconnaissance envers la main qui l'avait sacré par l'onction du sacerdoce. Le style en est simple, mais dur, embarrassé et souvent surchargé de termes barbares.

..BACHIARIUS, Breton d'origine et disciple de saint Patrice, s'il faut en croire Baleus et Pitseus, fut élevé dans le monastère de Bannochorn, au midi de l'Ecosse, et s'y livra particulièrement à l'étude des mathématiques. Suivant Gennade, qui paraît pos séder sur son existence les renseignements les plus certains, Bachiarius était un véritable savant, pour qui la philosophie chrétienne- n'avait pas de secrets, et qui, cherchant Dieu avant tout, entreprit de voyager dans l'intérêt de ses mœurs et pour sauver l'intégrité de sa vie. Il florissait au milieu du V* siècle, vers l'an hkO. On a de lui un Livre apologétique de sa foi, adressé au pontife de la ville de Rome qu'on croit être le pape saint Léon le Grand. L'auteur s'y défend de l'accusation de pélagianisme qu'on lui avait imputée, et prouve contre ses calomniateurs qu il n'avait entrepris ses voyages que pour échapper aux troubles qui désolaient sa patrie. Ce livre, ainsi qu'une lettre adressée a Januarius, avec ce titre: De reci^ piendis lapsis^ ont été publiés par Muratori dans le tome II de ses Anedoctes, Milan, 1698, et reproduits, par M. l'abbé Migne, dans son Cours complet de Patrologie, Paris, 184^9. On attribue encore au même auteur un livre des Pronostics de la naissance^ mais il n'est pas arrivé jusqu'à nous.

BACÛUYLLE, évoque de Corinthe, florissait sous le règne de Sévère, et fut un des plus grands pontifes de son temps. Eusèbe et saint Jérôme lui attribuent la lettre synodale du concile d'Achaïe. Ce dernier appelle cette lettre un fort beau livre, et ait Qu'elle exprimait le sentiment de tous les vêques au nom de qui elle fut écrite.

BALSAMON (Théodore}, né à Constantinople dans le xii' siècle, fut fait chancelier et bibliothécaire de Sainte-Sophie, puis prévôt des Blaquerues, et enHn patriarche d'Antioche, en 1186. Il ne put cependant pas aller remplir les fonctions de cQtte dernière place, parce que les Latins étaient alors maîtres de cette ville et y avaient un évêque de leur communion. Isaac l'Ange ayant dessein de placer sur le siège de (Tonstanti-

nople son prophète Dosithée, déjà patriarche de Jérusalem, contre la disposition des ca^ nons qui condamnaient les translations, chargea Balsamon de proposer la ouestion dans une assemblée d évoques, en lui laissant entrevoir que ce choix le regardait. Ce Ï>rélat, en qui l'étude n'avait pas éteint 'ambition, fit aisément passer la proposition ; mais il n'en fut que pour la honte, lorsqn'i. vit Dosithée occuper le patriarcat de la ville impériale qu'il avait convoité. La plupart des évoques, fflchés d'avoir coopéré à une décision qui devait avoir un tel résultat, adressèrent des réclamations à l'empereur, qui remplaça Dosithée par Georges Xiphilin, grand trésorier de l'Eglise de Constantinople.

Commentaire sur les canons apostoli^pus^ etc.— Il paraît que Balsamon fut lié avec ce prélat, puisqu'il lui dédia son Commentaire sur les canons des apôtres des sept conciles œcuméniques, sur le Code de l'Eglise d'Afrique et sur les épîtres canoniques des Pères grecs, saint Grégoire et saint Basile. Ce fut par Tordre de l'empereur Manuel Comnène qu'il entreprit cet ouvrage, mais il ne le rendit public qu'après l'élection de Xiphilin au patriarcat. Ce Commentaire fut impriiné en grec et en latin, avec des notes de Guillaume Beveregius, k Oxford, en 1672, dans la Pandecte des canons.

Exposition du Nomocanon de Photius. — Dans la préface de ce Commentaire^ entre-

£ris aussi par l'ordre de Manuel Comnène, alsamon prévient qu'il marouera les lois en vigueur de son temps et celles qui, s'étant trouvées abrogées par la dernière correction du Code, sous l'empereur Constantin Porphyrogenète, n'avaient pu être insérées dans les Basiliques, composées après la mort de Photius. n ajoute qu'il citera les livres des Basiliques ou se trouvent les lois alléguées

Ear Photius, selon les titres du Code et du ►igeste. Cette remarque était nécessaire, pour que le lecteur pût distinguer les lois qui avaient autorité du vivant de Photius, et celles qui n'obligeaient plus lorsque Balsamon écrivait. Dans son Commentaire sur

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MCnONNAIRE BE PATR<M.OGIE.

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le chapitre I- du titre 8* où Photius attribue à Constaotinople les prérogatives de TancieoDe Rome, Théodore remarque qu'il n'en est rien dit dans les BasiliqfAe$ ; et, après aroir rapporté comme authentique la donation de Constantin où sont contenus les pritiiéges de Rome, il qoute que quelques archevêques de Constantinople ont essayé de se les attribuer, mais sans y réussir. r Constitutions ecclésiastiques.— La Èiblio* thèque du droit canonique ancien contient encore, sous le titre de raratitlesj la collection que Balsamon a faite des Constitutions ecclésiastiques. Ce travail est divisé en deux livres. Les lois rapportées par Théodore Balsamon sont tirées du Code Justinien, du Digeste, des Institutes, des NoveUes et d'une Novelle particulière de Tempereur Héraclius où iJ est parlé des privilèges des évêques, des clercs, et de ceux qui mènent une vie solitaire. Les principales matières de cette collection regardent ce qiie la foi catholique nous enseiçne, la manière dont on doit traiter les cnoses saintes, les biens qui SLfh partiennent à TEglise, les qualités, les privilèges et le pouvoir de ses ministres, les hérétiques, les apostats, les juifs, il y a un titre particulier sur Tunité du baptême, où il est dit quelque chose de ce sacrement conféré par les hérétiques.

Réponses à diverses ^stions de drot7«— Après avoir résolu plusieurs questions de droit qui lui avaient été présentées par Marc, patriarche d'Alexandrie, Balsamon donne le premier rang parmi les patriarches à celui d'Antioche, en supposant, mais sans le prouver, aue saint Evode, premier évéque de cette vule après saint Pierre, avait été ordonné par cet apôtre. Il dit ensuite que le chef des a{)ôtres établit saint Marc évèaue d'Alexandrie, saint Jacques évèque de Jérusalem et saint André de Thrace ; qu'environ trois cents ans plus tard, l'empereur Constantin, après avoir embrassé le christianisme, nomma saint Sylvestre pape de l'ancienne Rome, en sorte qu'il fut le premier Sontife de cette ville. Il ajoute que le siège e l'empire ayant été transféré de l'ancienne Rome a Bizance, l'évèque Métrophane prit le titre d'archevêque, et reçut au premier concile de Constantinople les privilèges de 1 ancienne Rome, comme pontife do la nouvelle ; qu'encore que le pane ait étéiretran* ché des églises, ce retranchement n a porté aucun préjudice au bel ordre établi par les canons. Balsamon est le premier qui ait dit que les Grecs se fussent séparés de^la communion du pape, et on ne connaît pas d'ailleurs le décret de cette séparation (qu'il dé- λIore amèrement, en témoignant Iç désir que e pape y mette fin par quelque concession.

LnTRBS: Au peuple d'An/tocAe.— Consulté par le peuple de son Eglise si l'on devait jeûner la veille des fêtes des apêtres, de la Transfiguration de Notre-Seigneur, de l'Assomption de la sainte Vierge et de la Naissance de Jésus-Christ, qu'il appelle les quatres grandes fêtes de Tannée, Balsamon

répondit que, comme dans la loi ancienne les cinq «rendes fêtes des Juifs étaient pré* cédées d un jeûne, on devait jeûner également dans la loi nouvelle avant les solennités dont on vient de parler. Quelques-uns, se contentant d'observer exactement le jeûne de quarante jours avant Pâques, croyaient faire une œuvre de surérogation en jeûnant quatre jours avant ces fêtes, s'en excusaient en disant que ces jeûnes n'étaient ordonnés ni par les canons ni par la tradition. Balsamon leur répond qu'ayant jeûné le carême à l'exemple de Jésus-ïlhrist, nous devons, comme de bons pénitents, multiplier par le

i'eûneet par l'oraison nos moyens de salut. 1 fixe à sept jours les jeûnes de ces quatre fêtes. Il en est fait mention dans le Droit grec-romain ; cependant le Type n'en mar^

Îue que trois, et ne dit rien de celui de la 'ransfiguration.

A Théodoscj supérieur de Papicius. — Les moines du monastère de Papicius trouvaient mauvais que Théodose, leur supérieur, donnât l'habit monastique et la tonsure à ceux qui venaient pour embrasser la profession religieuse, sans les avoir soumis à l'épreuve de trois ans prescrite par les Ascétiques de saint Basile. Ils se plaignaient encore que les épreuves fussent plus longues pour ceux qui, attaqués de fréquentes tentations, combattaient contre les ennemis invisibles, que pour les gens de guerre gui, en quittant le métier des armes, recevaient presque aussitôt l'habit et la tonsure monastiques. Balsamon, consulté par Théodose, repond au premier article que saint Basile, saint Pacême et Cassien, ne prescrivent cette épreuve de trois ans dans aucun endroit de leurs ouvrages, et que les anciens Pères ne demandent autre chose sinon que l'on instruise exactement les novices des dogmes de la religion, des moyens de réformer leurs mœurs, et qu'on exige d'eux des marques de leur amour pour Dieu. 11 fait voir ensuite que le cinquième canon du premier-second concile de Constantinople (c'est ainsi qu'il l'appelle) n'ordonne l'épreuve de trois ans que pour ceux qui ne sont pas accoutumes à combattre leurs passions, et de six mois seulement pour les personnes de piété, et que ni les uns ni les autres, pendant le temps de leur épreuve, ne portaient l'habit monastique. Du reste, la Novelle de Justinien déclarait la même chose; d'où il con dut que les moines de Papicius étaient mal fondés à s'autoriser de ces décrets contre la conduite de leur abbé ; qu'il lui était permis de consacrer un moine, en lui donnant la tonsure et ^l'habit à volonté. Il confirme son sentiment par un passage du quatrième livre

bonnes mœurs.

A l archevêque de Grade. — Lambecius, dans ses Commentaires sur la bibliothèque impériale, fait mention d'une lettre de Théodore Balsamon à l'archevêque de Grade ou d'Aquilée,dans laquelle il entreprend de lui

BÀH

UGnaNNAïaE be patbologk.

démontrer qu'il n'a auctni droit eu titre de patriarche. On lui attribue aussi les Actes du martyre de Théodore, d'Orient et de Claude.

Balsamon vécut jusqu'à la prise de Cons- Untinople par les Latins, qui s'en emparèreot le 12 avril 1204. C'est le i)lus habile canoniste qu'aient eu les Grecs. Il ne paraît cependant pas très-versé dans la critique ni dans la connaissance de l'antiquité ecclésiastique. Ses ouvrages annoncent d'ailleurs trop d'animosité contre les Latins.

BARADAT (saint), était Syrien de naissance et solitaire du diocèse de Cyr. Théodoret, qui a écrit sa Vie, nous apprend qu i\ passait ses jours dau3 une espèce de cage, euverte de toutes parts, et qui le laissait exposé à toutes les intempéries des saisons; ses vêtements étaient faits de peau]^ de botes sauvages. La singularité de celte pénitence le fit souçcmner d'ostentation et d'orgueil; mais la % promptitude avea laguelle il obéit au patriarche d'Antioche, qui lui ordonnait de quitter sa dewaure, prouve qu'il n'y tenait pas par des motifs humains.

Après le concile de C halcédoine, l'empereur Léon écrivit non-seulement aux évoques de tout l'empire romain, mais aussi aux plus illustres solitaires, pour savoir d'eux ce qu'iû peBsaient de ce concile et de l'ordination de Timotbée Elure sur le siège patriarcal d'Alexandrie. Parmi les réponses de ces derniers à la lettre circulaire de l'empereur^ nous avoios celte de Baradat, datée de la seconde a^née du règne de Léon, c'estr-àdire, de l'an fc58. Bile est pleine de réli)2e de ce prince, dont il loue le zèle pour la cause de l'Eglifid. H désapprouve la conduite de ceux qui, ne voulant reconnaître d'autre concile quie celui de Nicée, rejetaient les décrets de Chalcédoine. Il fait voir que la foi établie dans ce concile est fondée sur les divines Ecritures; puis, faisant allusion au charbon ardent que l'ange ne put prendre sur l'autel qu'avec des piQyoe3 de fer, il dit que dans ki loi nouvelle il est accordé aux prêtres du Seigneur de tenir entre leurs mains le coirpa sacré da Fils de Dieu, ligure par ce eharboa, sans en ètrebx^ùlé^ lorsqu'ils font part aux hommead'ane mourriture éter-

BARDE9ANE9, hérésiarque du ii* siècle, que Ton nomme aussi qoelquetois le Babylonien, était Syrien d'origine, de la ville d'Ep desse en Mésopotamie. Outre sa langue naturelle, dans laquelle il était très-éloquent, il savait aussi la langue des Grecs et possédait à fond les sciences des Chaldéens, c'està-dire lesmatliématigues et l'astronomie-C'était un sénie fin et (félié, cultivé par l'étude de la philosophie, qui se fit dabord une grande réputation par son zèle pour la défense de la religion. Rien de plus édifiant que la vie de Bàrdesanes, tant qu'il demeura dans le sein de l'Eglise; il y parut nott-seulemeût comme un chrétien vraiment orthodoxe, mais comme un des plus intrépides prédicateurs de l'Evangile. Le philosopha Apollo-

nius, se trouvant à Bdesse avec l'empereur, tenta d'enlever un si beau génie au cnristia> nisme; mais ni promesses ni menaces d« purent l'ébranler. On ne sait par quelle voie, ni à quelle époque précise, cet homme, dont le savoir, l'éloquence et les talents avaleak fait la gloire de TEglise, excité l'admiralioa des païens mêmes, et qui avait confessé la foi devant Maro-Aurèle, se laissa entraîner dans rhérésie des valentiniens. Il n'y persista pas longtemps ; mais il ne s'en releva que pour tomber dans d*autres erreurs, eu voulant chercher la solution de cette ques< tion qui égare tant de philosophes : « Pourquoi y a-t-il du mal dans le monde t » Séduit par les charmes apparents de la pliilosopbie orientale, il l'adopta avec empressement, en ta modi^Qt de manière à reiMire son système moins révoltant que celui des marcionites, contre lesquels il avait composé des Dialogues très-estimés. U devint le chef d>ne nouvelle secte, dont les partisans s'appelèient de son nom bardésianites. Oa ne sait point au juste quelle était sa doctrine. L auteur de la Biographie univemiit la lui fait détinir ainsi : fi y a, disait-il, un Dieu suprême, pur et bieniaisant, absolument exempt d'imperfections, et étranger à toute espèce de mal. 11 y a aussi un prince des ténèbres, la source de tous les désordres et de toutes les imperfectioxis . Le Dieu suprême a créé le monde sans aucun mélange de mal. Il a donné l'existence à tous les hommes qui sont sortis de ses mains, Durs, innocents, revêtus de corps subtils, doues d'une nature céleste. Le prince des ténèbres les ayant séduits et portés au péché, le Dieu suprême a permis qu'ils soient tombés dans des corps grossiers, formés d'une matière corrompue par le mauvais principe, qui avait introduit la dépravation et le désordre dans le monde moral; de là ce conUit perpétuel chez lliomme entre se raison et ses passions. C'est pour l'affranchir de cette servitude que Jésus-Christ est descendu des régions supérieures avec un corps céleste» atin d'enseigner aux hommes à dompter^ .* soumettre leurs corps terrestres par l'absunence, le jeûne et la contemplation. » H ^^' suite de cet exposé qu'il admettait deux principes, tiramt leur être d'eux-mêmes, e créant, l'un le bien et Tauti» le maUq^^'i enseignait que JésuSrChrist, quoique coni'U et enfanté par la sainte Vierge, ne lui avai rien pris de sa substance, mais qu'iUvau apporté du ciel le corps avec lequel il ^ parut sur la terre. 11 niait aussi b ^^^^^f' tion des morts, ee qui adroit de surprenow dans un homme qui faisait profession de recevoir tous les livres de T Ancien et du iNouveau Testament. Bàrdesanes avait beaucoup de talent pour la poésie et pour la musique. 11 mit sa doctrine en vers, et il en compo^^a des hymnes que le peuple chantait. Ce mo.)ei lui servit merveilteusemeot à propager .se^ erreurs. Ce fut poar en détruire \}^^\\Z que saint Bphcem, diacre de l'Kgh^eîi^ desse, qui florissait au milieu du iv' *»^V ' mit auséi en aiusicpe et en v^» la docuM»

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iHeneraui^Ë p£ ?atrou)6ib.

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de TEglUe. La secle des b^ésianites svthsista longtemps en Syrie.

La Provicjence a perm|s que presque tous les écrits qui nous restent de Bardesanes aient été entrepris pour la défense de la vérité. Au nombre de ces ouvrages, Eusèbe et saint Jérôme marquent des Dialogues contre Marcion, et un nombre infini d^ volumes rontre presque tous les hérétiques de son temps. Il avait publié aussi plusieurs écrits contre la persécution que 1 on faisait alors subir aux chrétiens. Le plus célèbre et le ]»lus fort do tous, au jugement de saint, JénNme, était un Dialogue sur h Destin, Ce Dialogue était dirigé contre un astrologue nommé Abidas, et Bardesanes l'avait dédié & un de ses amis, qu'il appelle Antonin, et il s'y donne un nommé Philippe pour interlocuteur. On voit, par les passages qu'en rapporte Eusèbe, que les chrétiens étaient delà répandus dans toutes les parties et Dieme aans toutes les villes du monde.

L^aute^r y reconnaît en fermes exprès le libre arbitre, et il y suit entièrement la foi et la doctrine de l'Eglise. Saint Jérôme, qui n'avait lu les livres de Bardesanes que dans la traduction grecque, dit qu'il était facile de juger, par la force et le feu qui s'y révélaient encore, combien cet auteur devait être éloquent dans sa langue naturelle. |1 avait un esprit si vif et un génie si beau, que les philosophes eux-mêmes en ^étaient dans radiDijratiôn. — On trouve aussi, dans saint Jérôme et dans Porphyre^quelques fragments de sa relation d'un voyage s^ux Indes, q.ue le désir de connattrë la philosophie des bracbmanes lui avait (ait entreprendre. Ces deux auteurs en citent des détails intéressaats sur la philosophie de Brama, sur la manière de vivre des ^amanéens, oui quittaient leurs femmes pour observer ta continence. Ils racontent après lui leurs entretiens spirituels, leur tempérance et les épreuves qu'ils faisaient subir aux novices avant de les admettre dans leur société.—^ L*bi$toire de Bardesanes et de sa secte a été écrite par Frédéric Struntzius, et imprimée à Wittemberg, en \1M. Nous y renvoyons ceux qui seraient curieux d'eu corinaitre davantage sur sa personne et sur ses œuvres.

BARDUS, qui avait été pénitencier dQ saint Anselme, évéque de Lucques, et qui ne r^ivait point quitté pendan^ bieo longtemps, a écrit sa Fié, et consigné te récit des miracles opérés de son vivant et à sou tombeau. Il en rapporte un dont il fait honneur à Grégoire Vil. Ce pape, en mourant, avait envoyé sa mitre à saint Anselme. Il arriva, quelque temps après, qu'Ubfdde, évoque de Mantoue, fut affligé a une maladie de rate, qui lui causa des ulcères par tout le corps. Les médecins ayant inutilement épuise tous leurs remèdes, on appliqua la mitre de Grégoire VU sur la partie où révoque éprouvait les plus vives aouIeurs,et aussitôt il recouvra une santé parfaite. Il attribue à saipt Anselme plusieurs ouvrages, à la tète desquels il met VApohgiepour le pape

Grégoire VU, et la lettre à l'antipape Guîbert pour l'exhorter à revenir de son erreur et à effacer ses crimes par la pénitence,

BARNABE fsaint), juif de la tr^bu de Lévi, naquit dans l'île de Chypre. Ayant goûlé la doctrine de Jésus-Christ, il vendit une terre et en apporta le prix aux apôtres. Il fut envoyé à Antioche pour y alîermir les nouveaux chrétiens. Il se rendit epsuile à Tarse en Cilicie, pour en ramener saint Paul à Antioche, oCt ils furent déclarés tous deux apôtres des gentils. Us annoncèrent l'Evaugile ensemble eu diverses contrées, jusqu'à ce qu'il $'Qïi alla gvec saint Marc prôclier en Chypre, où les juifs de $alamine le lapidèrent, suivant la plus commune opinion, l'an do. Jésus-Christ 63.

.Les Actes et TEvangile qui portent le aofo de saint Baroabé sont des ouvrages supposés et indignes du saint apôtre; mais on ne peut douter que saint Barnabe n'ait écrit uoe lettre, puisqu'elle est citée par saint Clément d'Alexandrie et par Origdne. Eusèbe et saint Jérôme l'ont reconnue comme véritable, et, s'ils lui donnent le titre d'apocryphe, ca n'est pas pour en con^ tester 1 authenticité, mais seulement pour la distinguer des autres épltres qui sont comprises dans le Canon des Ecritures. Elle était connue avant la fin du n* siècle, et on la Usait anciennement dans les églises. Le style a le caractère des temps apostoliques, et elle fut adressée aux juii^ convertis, peu de temps après la destruction du temple de Jérusalem, pour leur prouver rabo4itioR de9 cérémonies légales par la prédication de l'Evangile, et les convaincre de la nécessité de l'incarnation. L'auteur j dit que les six jours de la èréation signifient, dans un sens allégorique , six mille ans, après la révolution desquels arrivera l'emorasement général, idée qui lui est commune avec plusieurs anciens Fères. On y trouve plusieurs allégories et un grand nombre de comparaisons tirées des propriétés des animaux. C'était assez le génie aes jui£s et la manière d'écrire des premiers chrétiens. Cette lettre, puMiéé pour la première fois à Paris par lo F. Menard, en MUS, se retrouve encore, en grec et en latin, dans le Recueil des Pires apostoliques de Cotelier, réimprimé k Amsterdam par les soins de Lecierc, en 172^. Bnfin elle a été reproduite dans le Cours complet de Patrologie.

BARTHÉLÉMY d'Edesse.— U y avait environ cent ans que Mahomet avait établi sa secte, lorsqu un moine d'Ëdesse en Syrie, nommé Barthélémy, écrivit pour la combattre. Cela ressort d*un endroit de son traité où il suppose clairement qu'il y avait eu entre les «Orientaux une dispute touchant le culte des images. Or cette dispute commença vers l'an 7^, ce qui nous permet de fixer après cette époque la publication du livre de Barthélémy. Ce traité fut imprimé pour la première ?ois en 1685; Bartuéiemv y lait voir que 31ahomet u'a'étfS ni pi:opLète, ni apôtre do Dieu, et que sa vie, toute de cor-

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