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miracles que la sainte*flt de son vivant, et ' d'autres qui s'opérèrent à son tombeau après sa mort. Le récit qu'elle en fait est si grave> si simple et si naturel , qu'on ne peut refuser d'y a jouter foi. Elle remarque que pendant qu'où portait en terre le corps de la sainte» les ministres chantaient AUeîuia, tandis que de dessus les murs du monastère les religieuses ne répondaient à ce chant de joie Fuenar deslamentations. Cet usagede chanter Alléluia dans les obsèques subsiste encore aujourd'hui parmi les Grecs, surtout aux • funérailles des prêtres. Elle remarque aussi que c'était la coutume des monastères, aux \ environs de Poitiers, de venir dans cette ville le jour de la fête de saint Hilaire, et d'y célébrer les veilles jusqu'à minuit; à cette heure toutes les communautés, avec leur abbé en tète, retournaient à leur Eglise réciter l'office jusqu'au jour. Dédimie, à qui elle adressa son ouvrage, était la troisième abbesse depuis la fondation du monastère; la seconde avait été Leubonère et la première Agnès ; on ne voit nulle part que Baudonivie ait jamais occupé cette place.
BAUDOUIN, frère du célèbre Godefroi de Bouillon, chef de la première croisade, fut élevé avec soin dans les lettres et destiné d'abord à Tétat ecclésiastique. 11 fut môme pourvu de plusieurs bénéfices dans les Églises de Reims, de Cambrai et de Liège ; mais ayant renoncé à cet état pour embrasser celui des armes, il accompagna Godefroi , son frère, à la première croisade, et se distingua dans presque toutes les affaires qui signalèrent celte expédition. Au moment où les croisés traversaient l'Asie Mineure et se dirigeaient vers Antioche, Baudouin fut envoyé avec Tancrède vers la Cilicie, pour découvrir le pays et recevoir la soumission des villes qu'ils devaient rencontrer sur leur passage. Séparé de Tancrède, avec qui il avait eu de violents démêlés pour la possession de Tarse et de Malmiltra, il fut appelé, peu de temps après, par les habitants et le prince d'Edesse. 11 traversa l'Euphrate, accompagné de quatre-vingts cavaliers, et il entra dans la ville, où il lut reçu avec enthousiasme par le peuple. Quinze jours après . son arrivée, les habilants d'Edesse, qui haïssaient leur prince, formèrent le dessein de s'en défaire pour mettre Baudouin à sa place. 11 le massacrèrent inhumainement sous ses
Îeui, sans qu'il pût obtenir grâce pour lui. 'est ainsi que Baudouin acquit la principauté d'Edesse, selon le récit de Foulcher, témoin oculaire de l'événement. Le lendemain, ils élurent Baudouin à sa place, et le mirent en possession de la citadelle et de tous l'es trésors. Aussitôt, le nouveau prince 'fit la guerre aux Turcs qui étaient dans ses Etats, et se rendit redoutable. 11 jouissait tranquillement de sa principauté, lorsque la mort du roi Godefroi lui procura la couronne. Si la nouvelle de cette mort lui causa quelque douleur, elle fut bientôt oubliée par la joie qu'il éprouva de lui succéder C est la remarque de son chapelain, qui a
écrit son histoire. Dolens alimumiulum de fratrU morte ^ sedplusgaudens de hœreditate. Néanmoins il y eut un complot formé iiar Tancrède et le patriarche pour faire tomber la couronne sur la tête de Boëmond; mais le refus du comte de Toulouse le dissipa pres-
2ue aussitôt, et les seigneurs de Jérusalem lurent Baudouin le 18 octobre. Le piiuce d'Edesse n'attendit pas la nouvelle de son élection pour prendre le chemin de ses Etats. Persuadé qu'on l'attendait pour succéder à son frère, il abandonna le comté d'Edesse à son cousin, Baudouin du Bourg ; il se mit à la tête de cent quarante hommes, et partit d'Edesse le 2 octobre pour se rendre à Jérusalem. Il essuya de grands dangers sur la route, et le chapelain Foulcher, qui l'accompagnait, avoue, avec beaucoup de franch.se et de candeur, qu'il eut mieux aimé être à Chartres ou à Orléans que de se trouver dans de pareilles rencontres. Ego quidemtel Camotiy vel Aurelianis mollem esse quamibû A son arrivée à Jérusalem, Baudouin n'hésita pas è prendre le titre de roi, que son frère avait refusé ; ce qui fait que les historiens ont coutume de le désigner comme Je premier des rois latins de Jérusalem. 11 fut couronné le jour de Noël de l'an de liOO, dans la basilique de la Vierge, à Belhlébem. Ce prince fit la guerre pendant tout son rè- ^ne ; souvent vainqueur, quelquefois vaincu, jamais abattu par les revers, xl ne laissa de repos ni à ses soldats ni h ses ennemis. Sous son rèçne, la ville de Tripoli, après un siège de plusieurs années, se rendît aux cbrétieDs» et lut le quatrième des établissements ou
Êrincipautés fondés par les Latins en OrieDl. auilouin ajouta par ses conquêtes au royaume de Jérusalem, les villes de Saiot- Jean-d'Acre, de Bérouth, de Sidon et plusieurs autres de la côte de Pbénicie. Il allait entreprendre le siège de Tyr, lorsqu'il mourut d une dyssenterie, après un règne de dix-huit ans. Son corps, apporté à Jérusalem, y arriva le dimanche des Hameaux, au moment où la procession descendait de la montagne des Oliviers dans la vallée de Josaphat. II fut enterré près du roi Godefroi son frère dans Féglise du Saint-Sépulcre. Baudouin, dit Guillaume de Tyr, s'était pro-
f»osé (lOdefroi son frère pour modèle, et 'on peut dire qu'il possédait toutes les Ye^ tus civiles et militaires qui faisaient comme Tapana^e de cette noble famille ; mais sM avait son courage et son intrépidité dans )es combats, son zèle et son activité dans le gouvernement des affaires, il s'en fallait de beaucoup qu'il eût la môme régularité de mœurs, et la même piété ; toutefois il mettait tant de soin à éviter le scandale, que les familiers de son palais s'apercevaient à peine de ses débauches.
Tout ce que nous connaissons des écrits de Baudouin se réduit à une lettre qu'il écrivit au pape Paschal, pour lui demander que toutes \es villes dont il ferait la conquête fussent soumises, pour le spirituel, a la juri' diction du patriarche de Jérusalem. Le j^po y consentit par s« réponse au roi, dtiéB
fis BiU MCTfONNÂIRE DE PATHOLOGIE. Bktt 7l4
da 11 de juillet» et il écriyit en même temps au patriarche Gibelin une lettre sur le même sujet. II est à croire que ces deux lettres furent écrites avant Tan ill2, puisque le patriarche de Jérusalem mourut le 6 avril de cette année-là. Ainsi il ne jouit pas longtemps de la faveur qu'il avait obtenue : d'ailleurs, Bernard d'Antioche, prélat respectable, étant informé de ce que le pape avait accordé à l'Eglise de Jérusalem, au pré- ' atteste la bonne foi.' L'auteur, du reste , pa-
translation de son corps à Saint-Remi, raconte les miracles opérés depuis le 16 avril jusqu'au il mai suivant. Ceux qui s'accomplirent depuis cette époque jusqu'au 3 juin occupent le second livre ; les guérisoos ar^ rivées pendant le reste de ce mois et dans le cours des deux autres forment la matière du troisième livre. Tout cet ouvrage est écrit avec un ton de simplicité et de candeur qui
judice de la sienne, lui écrivit et en obtint , raît un homme instruit et éclairé. Il n'est
là révocation. Paschal, dans sa réponse pleine de bonté et de modestie, attribua tout ce qu'il avait fait à son ignorance de la situation des deux diocèses. Il lui témoigne qu'il est bien éloigné de vouloir causer de la division parmi ses frères, qu'il ne désire rien tant que d'entretenir la paix parmi eux, en conservant chaque Eglise dans la possession de ses droits. Paschal écrivit encore Tannée suivante au patriarche d'Antioche et au roi Baudouin. Dans ces deux lettres, il rend compte des vues qu'il s'était proposées en accordant ce qu'on lui avait demandé en faveur de l'Eglise de Jérusalem. 11 déclare que son intention est que chaque Eglise se renferme dans ses limites ; qu'il ne peut point s'écarter des saintes constitutions de ses pères, ei qu'il ne veut çoint que la dignité ecclésiastique soit diminuée par la considération de la puissance des princes, ni la puissance des princes par la considération ae la dignité ecclésiastique.
Nous ne devons pas omettre ici que l'église de Bethléhem fut redevable à Baudouin de la dignité épiscopale, à laquelle elle fut élevée par le pape Paschal II en 1110. Ce prince, voulant honorer son royaume, et en même temps témoigner sa reconnaissance à Dieu de qui il l'avait reçu, forma le dessein d'ériger en cathédrale l'église de Bethléhem, Ïai n'était auparavant qu'un simple prieuré. y avait été couronné roi, et ce fut un des motifs qui le portèrent à s'intéresser à la gloire de cette église. Guillaume de Tyr nous a conservé une charte, datée de l'an 1110,
3ui nous apprend de quelle manière Bauouinfit exécuter son projet sous le pontificat de Paschal II.
BAUDOUIN, moine de Saint -Rémi de Reims, est auteur d'une ample relation des miracles opérés sous ses yeux, dans son monastère, ?ers l'an 1U5, par l'intercession de saint Gibrien , prêtre , mort au commencement du VI* siècle. Ce fut par l'ordre du vénérable Odon , son abbé , qu'il entreprit cet ouvrage. Dès le début, il prend Jé- $us<£hrist à témoin qu'il n'avance aucun fait contraire à la venté ; q[u'il ne rapporte que ce qu'il a vu de ses yeux et touché de ses mains, ayant lui-même aidé à porter les malades jusqu'à la chAsse du saint, les ayant soignés pendant trois, neuf, et même quel-
3uefois douze jours, et ne les ayant congelés qu'après s être assuré de leur guérison. Le corps de Touvraçe est distribue en trois livres. Dans le premier, Baudouin, après un précis de la vie de saint Gibrien et de la
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pas un de ces miraculés qu'il ne fasse connaître par son nom, par celui de sa famille et par le lieu de sa naissance et de son séjour. Quoiqu'il entre dans de grands détails, il s'écarte rarement de son sujet ; ses réflexions sont judicieuses et toujours placées à propos ; en un mot, sa relation parait tout à fait digne de croyance. On pourrait peutêtre lui reprocher d'avoir pris quelquefois pour miracle ce qui n'était que l'effet d'une révolution naturelle, mais il n'^ aurait là tout au plus qu'un défaut de discernement et non de sincérité.
Baudouin confirme ce que l'histoire nous apprend de l'état florissant des écoles de Reims au xii* siècle. On y venait étudier même des pays étrangers. Notre auteur nomme un clerc, appelé Jean, qui s'y était rendu de Saint-Daviu, au pays ae Galles, pa« trie de saint Gibrien. Il parle aussi d'un autre clerc, nommé Robert, qui, étant venu perfectionner ses études à (Ihilons-sur-Harne, y avait contracté une fAcheuse infirmité dont il fut guéri par les mérites du saint. — Les laïques assistaient encore, dans ce siècle, aux oflices de la nuit. Hugues de Rouci étant aux matines de Saint-Remi avec la comtesse Richilde, son épouse, toute sa cour et un grand nombre de peuple furent témoins, d'un miracle qui s'opéra devant les reliques de saint Gibrien. Baudouin semble dire, en un endroit, qu'on regardait alors les longues chevelures comme un luxe défendu, puisqu'on obligeait les pénitents à se faire couper les cheveux avant de se confesser. Il nous reste du même auteur dix vers hexamètres qui se trouvent rimes au milieu , au lieu de rêtre à la fin ; c'est tout ce qu'ils offrent de remarquable. Ces écrits, conservés longtemps dans les archives de Saint-Remi de Reims, ont été publiés par les Bollandistes, et reproduits dans le Coun complet de Patrologie publié par M. l'abbé Migne.
BAUDOUIN, comte de Flandre et de Rainant, naquit à Valenciennes en 1171, de Baudouin, comte de Hainaut, et de Marguerite, sœur de Philippe, comte de Flandre. Dès l'âge de dix-huit ans sa bravoure lui mérita d'être armé chevalier par Henri, roi des Romains. Il épousa Marie de Champagne, nièce de Philippe, roi de France , et » en l'an 1200, il prit la croix avec elle, avec Henri son frère et Thierry son neveu. Selon la louable habitude des princes croisés, il consacra au soulagement de ses sujets les moments qui précédèrent son départ, et il quitta ses Etats, après en avoir confié lo
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