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gouvernement à son frère Philippe, mar-
Suis de Namur, à Gaillaume son oncle, et à ouchard d'Aveanea, chevalier quijouis-^ aait d'une grande eonsidération. La flotte qui devait les transporter, réunie à Venise en 1202, tit voile vers Constantinople, où à leur arrivée le prince Alexis vint, au nom de son père Isaac, solliciter Tassistance des croisés. Baudouin se déclara hautement en faveur de ce prince malheureux. Les croisés mirent le siège devant Constantinople, et s'étant emparés de la ville après quelques assauts, ils songèrent à placer un de leurs chefs sur le trône que la mort d*Alexis et de son père venait délaisser vacant. Parmi ceux qui pouvaient aspirer à l'empire, Baudouin et le marquis de Montferrat réunissaient presque tous les suffrages de Tarmée. Baudouin fut élu, et couronné dans l'église de Sainte-So-
f)hie, avec toute la pompe du cérémonial grec, e 9 mai 1204. On ne pouvait faire un meilleur choix. Baudouin était humain, prudent, courageux, et possédait tous les talents militaires. Son règne fut cependant aussi malheureux que court. Les Grecs, méprisés par les Français, qui refusaient de les recevoir dans leur armée» en mirent à mort un grand nombre, qu'ils surprirent en différentes occasions. Ayant &it alliance avec les Bulgares, quoique depuis longtemps ces peuples fussent leurs ennemis, Joannice, roi de cette nation, prince aussi ambitieux que cruel, entra dans l'empire avec une armée formidable. 11 marcha vers Andrinople, pK)ur faire lever le siège que Baudouin y avait mis. Il Lllut eu venir à une bataille rangée. Baudouin y montra la plus grande valeur ; mais la fortune s'étant tournée contre lui, il fût battu et fait prisonnier, le 15 avril 1205. Ce prince, abandonné à la discrétion d'une nation féroce , fut chargé de chaînes et oonduit à Ternobe, capitale de la basse Ifjsie, où on le laissa, pendant seize mois, languir dans les fers. Après cette longue captivité, le roi des Bulgares le lit mourir cruellement, à Tâge de trente-cinq ans. Les uns disent qu'on lui coupa la tète, les bras et les jambes , et qu'on jeta son cadavre aux bètes et aux oiseaux de proie ; les autres, qu'on le Qt manger par les chiens ; d'autres, que Joannice lit garnir son crâne d'un cercle dor, pour lui servir de coupe dans ses repas. C'est ainsi
3 ne tinit Baudouin, premier empereur latin e Constantinople Plus longtemps captif que monarque, il n avait régné (|ue onze mois, depuis son couronnement jusqu'à la bataille d' Andrinople. L'incertituJe des circonstances de sa mort jeta du doute sur sa mort même ; et un imposteur, qui prit son nom, abusa pendant queimie temps la Flandre et le Hainaut. On a de Baudouui quelques Let^ très qui rendent compte de son expédition et de son couronnement. Elles ont été recueillies par dom Marlenne et Arnoul de Lubec, et reproduites dans le Cours complet de Pa-trologie publié par M. Tabbé Migne.
BAUDOUIN IV, surnommé le Lépreux»
était tils d'Amaury, et lui succéda sur le roue de Jérusalem après sa mort, arrivée
en 1171*. Comme il était né avec de grandes infirmités, Raymond IH, comte de Tripoli, fils du marquis de Montferrat et de Sibjlle sa sœur, fut nommé régent pendant la minorité du jeune Baudoum. Le rovaume, agité par les prétentions de la noblesse et du clergé, marchait vers sa décadence. Saladi'i, à la tête d'une puissante armée, avait quitlé l'Eijypte et s'était avancé dans la Palestine. Le jeune Baudouin, devenu m^û^ur, alla à sa rencontre, le battit dans le voisinage d'Ascalon, et le força de se retirer sur les bords du Nil. Cette victoire ranima l'espoir des chrétiens, mais la fortune ne tarda pas à se déclarer pour les infidèles. Saladin, urité de sa défaite, recommença bientôt la guerre, rencontra l'armée clirétienne sur les bords du Jourdain et la tailla en pièces. Dans Tétât critique où se trouva de nouveau le royaume de Jérusalem, on demanda ï Saladin une trêve, qu'il n'eût pas accordée si U famine n*eût désolé les provinces, et qu'il vendit néanmoins à prix d*argent. 11 trouva bientôt un prétexte de la rompre, repassa le Jourdain, et mit tout à feu et à sang. Baudouin, qui, à cause de ses infirmités, n'était plus en état de .marcher à la tête de ses troupes, laissa le commandement de l'armée chrétienne à Guy de Luzignan, son beau* frère, qu'il avait nommé régent du royaume; mais celui-ci manqua de la bravoure nécessaire pour profiter des circonstances, et Baudouin sévit dans la nécessité de lui relirerle gouvernement, pour le confier de nouveau à Raymond. Dans cet ét^t de choses, Baudouin fut assez heureux pourobtenir une nouvelle trêve de Saladin. On résolut d'en profiltt fi)ur demander des secours en Oceident.
éraclius, patriarche, fut envoyé en Euro}^ pour solliciter une nouvelle croisade; mais il revint sans avoir rien obtenu. Le rojaunie de Jérusalem était toujours troublé par M factions, et menacé par les Sarrasins. C'est dans ces circonstances fâcheuses que Baidouin mourut, après avoir désigné pour successeur Baudouin V, fils de Sibylle sa sœur, et du marquis de Montferrat. Ce dernier, encore en bas Age, mourut au bout de sept mois, empoisonné, à ce qu'on croit, par sa mère, qui avait énousé en secondes Doci's Guy de Lusignan, a qui elle voulait assurer la couronne. Dn an après la mort de Baudouin y, la ville de Jérusalem tomba au pouvoir de Baladin. On a de Baudouin le Lépreux quelques Chartes ot U lettre qu'il écrivit en Europe pour demander des se-» cours. Ces pièces se trouvent reproduilt'S dans le Cours complet de Patrologts publié par M. labbé Migne.
BAUDRl, évoque de Dol, naquit vers je milieu du xi' siècle à Meung-sur-LoirOf près d'Orléans, et fil de très-bonues études à Augers, dont Técole était alors célèbre. U ^' brassa la vie monastique à Bourgueil en \^' 'ou, et en devint abbé en 1079. Son tnénte e fit élever plus tard sur le siège épiscopal de Dol. 11 garda dans i'épiscopat les observances monastiques, et se piaisad à vivre avec des nioines, toutes les fois que Tocca-