‹ Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'église catholique depuis Jésus-ChristChapitre 60 sur 105 · IÎ · texte numérisé non relu

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MCTtONDAIRB BË fAtROLÔâlE.

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sion sVfli ()rés^ntait. Le pape ^esoal II lui accorda en 1107 Tusage du patiium. Les Bas- Bretons, peuple alors barbare, ignorant et livré à toutes sortes de désordres, offraient une ample carrière à son zèle ; il s*y livra avec une ardeur infatigable; mais enfin, dé-* goûté par le peu de succès de sa mission, il alla chercher quelques consolations dans les monastères d* Angleterre, où la discipline ré«

Î;ulière venait d*être rétablie dans toute sa èrveur. Etant repassé en Normandie, il re-r trouva le même spectacle et l'accueil le plus favorable dans tous les grands monastères. Il se fixa, les dernières années de sa vie, dans une terre de la même province, dépendante de son évêché de Dol, s'y livra à rinstruction des ppuples du voisinage , y construisit deux églises et y termina ses jours, dans un âge très-avancé, le 7 janvier 1129 ou 1130. Baudri, soit comme abbé de Bourgueil, soit comme évèaue de Dol, fit différents voyages à Rome, rut appelé et assista à presque tous les conciles de son temps.

H composa plusieurs ouvrages , dont les principaux sont une Hiêtoire. de la première troisttde , qu'il entreprit à l'âse de soixante ans, et qu'il divisa en craatre livres. Elle se trouve dans le recueil de Bongars, sous ce titre : Historiœ Hierosolymitanœ libri qtmtuor. Elle va depuis IMSjusçiu'à 1099. Le fond eu est pris de Theudebade, historien exact, dont l'ouvrage est inséré dans les Historiens de France de Duchesne, avec une savante préface de Besl. Baûdri en retoucha le style barbare; il y ajouta ce qu'il avait appris de témoins oculaires,et la fit revoir par Pierre, abbé de Maillezais, qui avait fait partie de l'expédition. C'est le plus considérable de ses ouvrages, et il est renommé pour son exactitude et la netteté de son exécution. Orderic Vital, son contemporain et son ami. Ta souvent copié textuellement, se contentant d ajouter à sa narration quelques faits nouveaux qu'il avait appris dos croisés.

Il publia aussi une Chronique des évèques de Dol, sous ce titre : Gesta pontificum Doiensium. Nous n'en avons que des extraits, dans VHiitoire de Bretagne de Lebaud, par lesquels on juge que l'autour s'était particulièrement proposé d'établir le prétendu droit métropolitain de son siège, qu'il fais ât remonter à saint Samson, évoque de Dol au n* siècle.

On a encore de lui la' Vie du bienheureux Robert d'ArbrisseJ, dont il avait été l'ami et le confident. Les mémoires lui ont manqué pour la rendre complète; mais, telle qu'elle est, elle porte un caractère de véracité qui appelle la confiance, et c'est un monument important pour l'histoire monastique du xu* siècle. Elle fut Imprimée à La Flèche, en iOM, avec la relation de la dernière maladie et de la mort de Uobert, par André, son confesseur, et des notes de Michel Cosnier, sur les droits de Tabbesse de Pontevtvult. Le P. Chevalier, jésuite, l'a traduite en français, à La Flèche, 16W. —On attribue en outre à Baudri la Vie de Hugues, archevêque de Rouen, et la Relation de son toyage en Bretagne:

deux livres de la Fie de saint Samson, éwè*

3ue de Dol ; celles de saint Magloire, éTêque e la même ville, et de saint Maclou,évèqu6 d'Alet.

Baudri a composé quelques autres ourra-*ges, entre autres une Lettre curieuieaux moines de Fécamp^ sur les mœurs des Bas-Bre*tons et l'état des monastères en Angleterre et en Normandie. On la trouve dans los Historiens de France de dom Bouquet. 11 nous rappelle dans cette lettre qu'il avait été envi* ron trente ans abbé de Boursueil; que, mé* content de ses moines et des Bretons, il avait fait divers voyages en Normandie, principa* lement suriaRille, où l'église de Dol possédait des fonds de terre; que là il s'occupait à écrire ou à prêcher, visitant de temps ea temps les monastères du voisinage, Fécamp^ Fonte&elle, Jumiéges et quelques autres. 11 alla aussi au Bec, et passa en Anoleterre^ dont le s^our lui paraissait préférable à ce* lui de la Bretagne, au'il regardait comme ua exil. 11 fait l'éloge ae la régularité que l'oii observait au Bec et à Fécamç. Moins GontPir de la réception qui lui avait été faite dana les autres monastères éà Normandie , il dit qu'en quelques-uns on lui avait témoigné beaucoup d'humanité le premier jour, maia le second ce n'était plus (fue froideur ( il ancrait pu se croire avec d'autres hommes , s'il n'avait remarqué, aux traits de leurs visa^^esi»

Spe c'étaient bien les mêmes qui lui avaient ait tant d'accueil à son arrivée. Baudri parle aussi, dans la même lettre, des orgues qu'il avait vues h Fécamp, et dont quelques-uns condamnaient l'usage dans les monastères; ils ne faisaient pas attention, dit-il, que la massique est propre à adoucir les mouvements de l'Âme. Pour lui, quoiqu'il ne prit pas grand plaisir à les entendre, il en concevait l'utilité, parce qu'en voyant tous ces tuyaux, agités par le même souflle, s'accorder pour repro^ duire le même chant, il en concluait la néoes* site où suât tous les hommes inspirés de Dieu de se réunir dans un même sentiment et une môme volonté. — Celte lettre est rapportée tout entière dans la Neustrie pieuse du P. du Moustier, imprimée à Rouen ea 1G63.

Comme il se mêlait de poésie, Baudri fit» en ce genre, Félo^^e de plusieurs personnes illustres; de Godefroi, chancelier de Reims; d'Odon, cardinal-évêque d'Ostie; de Cécile, tille du roi Guillaume, avec un grand nombre d'épitaphes, conservées dans le IV* tome de la collection d'André Duchesne; mais parmi les manuscrits de ce savant historiographe, on remarque surtout un poëme historique sur les événements du règne de Philippe I*% et le fragment d'un grand poëme sur la cônauête d'Angleterre par Guillaume le BAtard. Du reste, comme 1 observe judicieusement Pabbé Lebœuf, il y a plus d'abondance que de délicatesse dans ses poésies; 11 écrivait mieux en prose. Malgré leurs défauts, cependant, elles ont une utilité, celle de nous laire connaître plusieurs hommes de mérite qui vivaient de son temps, et qu'on ne connaîtrait peut-être pas, s'il ne lea

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avait loués de leur vivant ou après leur mort. Cependant, son goût plutôt que son talent pour la poésie, ou, si on Taime mieux, sa passion pour les lettres profanes, en le mettant en relation avec tous les beaux esprits de son temps, le détourna d'abord des devoirs de son état, et Tempôcha de travailler au rétablissement de la vie régulière , qui s'était prodigieusement relâchée sous son prédécesseur. Ce relâchement allait au point que Baudri compare à un juif un de ses moines qui voulait observer le précepte de l'Eglise sur l'abstinence du samedi :

Sabbata custodiê, tanquam Judmus Apella, Cum tamen alteriui legis Uer teneas.

C'est là un reproche d'autant plus singulier, qu'au rapport de Pierre le Vénérable, les comédiens mômes, à cette époque, s'astreignaient à la loi de l'Eglise sur cet article. Yves de Chartres, dans une lettre au {mpe Urbain, au sqjet des prétendants à 'évôché d'Orléans, devenu vacant par la mort de Sanction, en 1098, met de ce nombre l'abbé de Bourgueil, mais en faisant entendre clairement qu'il avait employé des voies simoniaques pour parvenir à cette disnité. A force d'argent, il avait mis dans ses intérêts la reine Bertrade, mais il fut sup^ planté par Jean, son compétiteur, qui avait acheté la faveur du roi Philippe 1*' à un plus haut prix. Comme il s'en plaignait à ce

})rince : « Laissez-moi d'abord, lui répondit- 1, profiter de l'argent de votre concurrent? ensuite faites-le déposer , et j'aurai égard îi voire requête. » On croit que cette mortification, jointe aux grands exemples de pénitence qu'il avait sous les yeux dans le nouvel établissement de FontevrauU, à trois lieues de son abbaye, le fit rentrer en luimême; car depuis cette époque sa vie n'a plus rien présenté que d'édifiant, au point que, selon les historiens de son siècle, il obtint le siège épiscopal de Dol en considération de sa piété et de ses vertus. .

BAUDRI, chantre de l'église de Térouane, naquit à Cambrai dans le xi' siècle, et ^vivait encore en 1095. Il avait été secrétaire de saint Lietbert et de Gérard il , évoques de Cambrai, et passait pour un homme trè^-érudit. Ce qui nous reste de ses écrits justifie celte réputation. On a de lui une Chronique de Cambrai^ qu'il entreprit par ordre de Gérard, son évêquè. Elle est divisée en trois livres, et comprend ce qui s'est passé dans les églises de Cambrai et d'Arras depuis le règne de Clovis, premier roi chrétien, jusqu'à i'an 1070. On trouve dans le premier livre l'histoire des évêques de ces deux églises, qui ne faisaient alors qu'un seul diocèse ; dans le second , les fondations des églises particulières et des monastères ; dans le troisième, l'histoire de Gérard l" et de saint Lietbert, son successeur.il n'y est rien dit de Gérard II, parce qu'il vivait encore lorsque Baudri Ira- ?aillait à son ouvrage. Il proteste, dans le prologue, qu'il n'avancera rien de faux ni de .douteux ; rien qu'il n'ait lu dans les annaleSi

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-^ dans les écrits des Pères, dans les gestes des " rois, dans les chartes ou archives des églises. L'ouvrage terminé, il l'envoya à Renaud, archevêque de Reims , pour en avoir son sentiment. Ce prélat préiéra à son jueemeDt propre celui de Sigebert, écrivain éclairé et de grande réputation , qui en loua l'exactitude. Comparant Baudn à une abeille laborieuse, il ait qu'ayant parcouru toute l'histoire ecclésiastique, il en avait tiré soigneusement tout ce qui avait rapport à Teiécution de son dessein. Le style en est grave, net, précis et conforme au genre historique. Georges Colvenier, docteur en théologie et professeur à l'Cniversité de Douai, en a donné une édition en 1615. Il n'a rien négligé pour rendre l'ouvrage intéressant , il en a expliqué le texte par un grand nombre de notes et d'observations, et les termes obscurs et inusités par un glossaire. Dans la préface, il fait connaître Baudri, le dessein de son ouvrage, ce qu'en ont dit les écrivains de cet Age et des siècles suivants. - Deux lettres, rapportées dans la préface de Colvenier, l'une de Gérard II , évèque de Cambrai, et l'autre de Godefroi d'Amiens, attribuent également à Baudri la Chronim de Térouane: mais elle est restée dans Tobscurité des bibliothèques du Mans, où elle fut, dit-on , transportée par le cardinal Philippe de Luxembourg, au moment de la translation de Térouane à cet évéché.

On ne doute pas non plus que Baudri ne soit auteur de la Vie de saint Gaucher, évoque de Cambrai au vu* siècle. Toutefois ce travail ne saurait passer pour original, puisqu'il se servit de deux autres Vies, qu'il ne ut que refondre pour en donner une troisième disposée en un meilleur ordre. Il la divisa en trois livres, dont le premier contient la vie du saint jusqu'à son épiscopat ; le second, sa conduite pendant qu'il fut évêçiue; le troisième, ses miracles. Il entreprit ce travail à la prière de l'évoque Gérard II, et il l'avait achevé avant de commencer sa Chronique, puisqu'en parlant des miracles de saint Gaucher , il renvoie à ce qui en avdil été dit dans cette Ftc. Les Bollandisles l'ont donnée au 11 du mois d'août. — Colvenier cite souvent, dans ses notes sur la Chronique de Cambrai, la Vie de saint Lietbert, W un anonyme qui écrivait, dit-il, à une époque où l'on voj^ait encore beaucoup de personnes qui avaient connu le saint évéque, et qm avaient été témoins do ses vertus. Celte raison nous semble assez concluante pour attribuer cette Vie à Baudri , qui , ayant servi de secrétaire au saint prélat, avait été plus à même qu'aucun autre de pouvoir apprécier ses actions. Il est vrai que dom Luc d Achéry,

3ui l'a reproduite dans le IX* tome de son picilége, ne s'est point déclaré pour cet écrivain ; mais il ne s'est pas déclaré pour un autre non plus, et il nous suffit qivelle lui soit attribuée par plusieurs des critiques de son temps.

Baudri, en quittant le diocèse de Cambrai, fut pourvu, comme nous l'avons dit, de la dignité de chantre de réglise de lérouaoe.

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II Toocupait encore en 1095. On ne sait point au Juste répoque de sa moit.

BAUDRl, surnommé le Rouge , fils d'Albert» seigneur de Sarchon ville, en Artois, évè- Sue deNoypn et de Tournay, mourut en 1112. n ne connaît de ce prélat que quatre lettres concernant le rétablissement de l'évèché dArras. Par la première , il prie Lambert , évèque de cette vill', de conférer les ordres sacrés à sept de ses clercs, qu*il lui désigne par leur nom. La seconde est une lettre de recommandation au même évéque, en faveur d'un clerc du diocèse de Noyon, qui voulait passer dans celui d*Arras. Dans la troisième, il prie Lambert de donner le voile à une pauvre femme du diocèse de Noyon, et de Tadmettre au nombre des pénitentes de Jésus- Christ, apparemment au nombre des veuves, il lui donne avis , dans la quatrième, qu*il avait accordé au prêtre Bernard la permission de sortir du diocèse pour passer à celui d*Arras ; et en le mettant sous son obéissance, il lui demande d'accorder à ce prêtre le pouvoir d'exercer les fonctions de son ordre. On trouve dans plusieurs recueils, et eu {>arttcuiier dans celui de dom d'Achéry, quantité de Chartes de Baudri de No^on pour des ^lises et des monastères dont il avait été le bienfaiteur. Elevé dans l'église de Noyon, il en fui successivement chanoine, archidiacre, puis évêque. Il fut sacré le premier dimanche après l'Epiphanie de l'an 1099, et tint l'épiscopat pendant treize ans.

BÉATUS, prêtre et moine dans les montagnes des Asturies, fut un de ceux qui résistèrent avec le plus d'ardeur aux erreurs d*£lipand, pendant que Félix d'Urgcl travaillait à les propager en deçà des Pyrénées. II fut aidé par Etnérius , son disciple, depuis évêque d'Osma ; et ils i^rirent avec tant de zèle la défense de la vérité, soit de vive voix, soit par écrit, qu'un grand nombre de ceux qui étaient déjà infectés du poison de l'hérésie retournèrent à l'Eglise catholique. Elipand l'ajrant appris , écrivit , dans la colère, à un moine des Asturies, nommé Fidel, une lettre où il se plaignait en termes très-durs de la conduite ae Béatus et d'Ethérius. Il disait du premier au'il était encore jeune et qu'il n'avait conféré jusfiu'ici qu'avec des ignorants et des schismatiques ; et il comparait lesecondàBonoselephotinienet àFauste le manichéen. Dans la même lettre, Elipand développait fort nettement son erreur, en déclarant hérétique quiconque ne confessait pas avec lui que Jésus-Christ est fils adoptif selon la chair et non selon la divinité. « Je vous prie, ajoutait-il, en parlant à l'abbé Fidel , déployez votre zèle et extirpez celte erreur parmi vous, afin que, comme le Seigneur a déraciné par ses serviteurs l'hérésie des migétiens touchant la célébration de la Pâque dans la province Bétique, il se serve ainsi de vous pour arracher de la province dps Asturies l'erreur béatienne. » La lettre d'Elipand était du mois d'octobre 785 ; le 26 du mois suivant, dans une visite qu'ils firent à Tabbé Fidel, Béatus et Ethérius ayant eu conuaissance que cette lettre était répandue

dans toute l'Asturie, résolurent d*y faire une réponse. Elle parut bientôt après dans uq livre publié par Béatus.

Le pieux moine divisa son travail en deux livres, écrits l'un et l'autre sans ordre et sans méthode, mais avec assez de feu et de solidité. Il montre dans le premier, qu'en- . core qu'il ne nous soit pas donné de con- ' naître commeit le Fils de Dieu est né, nous pouvons néanmoins nous convaincre et croire qu'il est né ; que personne n'est dispensé de croire qu'il est en même temps le Fils de Dieu et le fils de Marie ; que saint Pierre a reconnu et confessé la divinité de Jésus- Christ, et qu'elle n'est pas moins établie par les miracles qu'il a faits que par les témoignages do TEcriture. Il convient que le nom de Christ a été donné quelquefois aux hommes, mais il soutient au'il n*y est «affirmé d'aucun d'eux, comme ae Jésus-Christ, au'il est notre Dieu ; qu'aucun n'a été appelé la vertu de Dieu , la sagesse de Dieu , et n'est mort pour le salut du monde. 11 remarque

Îuc 1 erreur d'Elipand était déjà passée en rance, et que, comme en Espagne, elle y avait mis la division parmi les évêques. Il rapporte ensuite la confession de foi d'Elipand, où il n'admet qu'une union morale entre les trois personnes de la Trinité ; sa lettre à Félix, oii il anathématise ceux qui combattaient son opinion sur l'adoption de Jésus-Christ. Béatus en réfute la doctrine , et fait voir d'abord que le symbole d'Elipand diffère en tout de celui de l'Eglise catholique, et qu'il ne fait que répéter sur la Trinité ce que Sabellius en avait dit avant lui ; il montre ensuite qu'en soutenant dans le même symbole que ce n'est pas par celui qui est né de la Vierge et qui n'est fils que

f)ar grAce et par adoption, que Dieu a créé es choses visibles et invisibles, mais par celui qui est fils.par nature ; il tombe népessairement dans l'hérésie de Nestorius, qui distinguait deux Christs et deux fils. 11 montra par l'Ecriture qu'il n'y a qu'un Fils, et que c'est le même qui est né de la race de David selon la chair, et qui est Dieu sur toutes choses; et que , comme Thomme composé de deux substances n'est qu'une seule personne qui se nomme Pierre, de même Jésus-Christ , quoique de deux natures, n'est

au'une seule personne, et se nomme Christ, apporte plusieurs comparaisons pour rendre cette vérité sensible, et la confirme par les prières de l'Eglise.

Dans le second livre, Béatus répond aux injures dont Elipand l'avait chargé, en le traitant d'hérétique et d'Antéchrist, dans sa lettre à l'abbé Fidel ; puis , l'attaquant luimême sur sa doctrine , il montre qu'elle est différente de celle que l'Eglise catholique enseignait par toute la terre ; que dès lors c'était lui qui devait passer pour hérétique » puisqu'il ne croyait pas ce que croit TEglise universelle. Il lui oppose les instructions qui

f)récédaieiit et accompagnaient le baptême ; e symbole que l'Eghse avait regu des apôtres mêmes ei celui du concile de Nicée , et montre que Jésus-Christ y est établi claire

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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGIE.

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Bientt Don pas Fits de Dieu par adoption, mais parnature, et que le même qui est oé de la vierge est celui par qui toutes choses ont été faites. Il s'étend ensuite sur des choses qui n*ODt que peu ou poini de rapport à celte vérité. Cependant , parmi les choses étrangères à la question c|u*il aTait à traiter avec £lipand» il en est qui soat.intéressantes pour le aogme même quMl défendait : par exem-» lie, lliommage que les chrétiens rendaieet

Jésus-Christ lui-même qui est prêtre et hostie ; le pain, qui est son corps, a été cuit par le bols de la croii , et le vin qui coule sur Tautel, est soa< sang qui continue de se répandre pour le salut de rhumanité. Il pre&« crit des règles pour la communion , et cobvient que le sacrement de baptême peut être administré validement par les hérétiques » pourvu qu'ils le confèrent au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit ; que toutefois ce sacrement ne sert de rien hors de TEglise catholique, ce que Béatus ne pouvait entendre que des adultes » comme on le voit par ice ou il fyoute, que, comme le baptême conféré dans l'Eglise à ceux qui ont une vraie foi leur procure le salut , il ne sert qu'à la confusion de ceux qui l'ont reçu hors de l'Eglise, à moins qu'ils n'y reviennent.... Car, dit-il plus bin, il n'y a point de salut hors de l'Eglise catholioue, eût-on répandu son sang pour le nom ne Jésus-Christ.

L'auteur de la Y(e de Béatus nous apprend qu'à la nouvelle de l'abjuration de Félix, Elipand indiqua lui-même un concile à Tolède , où il présenta une confession de foi dans laquelle il reconnaissait que le Fils unique de Dieu, cdnsubstantiel à son Père, n'est pas seulement Fils de Dieu par adop^ tion , mais par nature et en réalité. Les Pères le reçurent avec larmes et se réconcilièrent avec lui. De son côté , s'élant* dépouillé de son ancienne aversion contre Béatus et Ethérius , il les reçut avec bonté et les proclama les défenseurs de la foi et les patrons de la vérité catholique. Le même historien ajoute qu'à la suite de ce concile, la foi et la concorde se trouvant rétablies dans les Eglises d'Espagne, l'abbé Béatus se retira auprès de la reine Abasinde, qu'il dirigea en qualité d'aumônier jusqu'à sa mort. Il lui attribue un Commentaire sur FApoca^ IjfpH qui n'est pas venu jusqu'à nous ; et il fixe sa mort au 19 février de l'an 796.

BEDE, dit LE VÉNÉRABLE, a été revendiqué par l'Angleterre et l'Italie ; mais il nous apprend lui-même qu'il naquit en Northumbrie, sur les contins de l'Ecosse, dans le territoire du double monastère de Wereraoulh et de Jarpow. L'année de sa naissance peuis'inférer de cejleoù il finitson JïwJoire; il l'acheva en 731,

etil avait alors cinauanle-neuf ans: il était donc né en 673. Il fut éfevé au monastère de Saint- Paul, à Jarrow,près de l'embouchure de la nvière de Tjrne. Dsefltremanjuerde bonne

heure par sa piété et par son application è Té* tude ; il fut ordonné diacre à dii-neuf aosel prêtre à trente. La réputation de son savoir s'étant répan Jue en Europe, le pape Sergiusle fit inviter à venir à Rome, pour l'aider de ses lumières dans l'examen de certaines aihires ecclésiastiques. Ce fut son abbé, saint CéolfriJ, qui &t le voyage à sa place ; Bède, ne cfojraMl pas devoir se rendre a cette invitation, borna toute son ambition à cultiver en paix les lettres, et à instruire les jeunes religieux de son couvent. On compte parmi ses disciples Busèbe, qui fut depuis abbé d« Weremouth, Euthberg son successeur, et Egtbert, qui, de moine d'York, en devint archevêque. Il parait par une lettre de Bède qu it fit le voyage d'York pour lui rendre visite, et qu'il passa quelques jours avec lui dans son monastère. Les historiens gui ont parlé de lui relèvent avec de grands éloges son zèle pour la vérité, sa foi et la pureté de ses mœurs, son savoir et sa modestie. Il passait sans interruption de ses prières à l'étude , et de l'étude à ses

Ïrières, croyant, comme son maître, Tévèque everly, qu un des premiers devoirs de la vie d'un religieux était de la rendre utile. Telle était son ardeur pour le travail, qu'il ne l'interrompit point jusqu'à son deruier moment. La nuit de sa mort, comme il dictait quelques passades au'il voulait extraire des ouvrages de saint Isidore, le jeune moine qui écrivait sous sa dictée lui dit qu'il ne restait plus qu'un chapitre , .mais il lui fit observer en même temps au'il paraissait éprouver une grande difficulté a parler. «Non, dit Bède, prenez une autre plume et écrivez le plus vite que vous pourrez. » Lorsqu'il n'y eut plus qu'un passage, Bède lui recommanda encore de se presser; et, lorsque le jeune homme lui eut dit : C'est bit : — aVous avez dit la vérité, lui répondit Bède, c'est fait ; )» et quelques instants après il eipira. D'autres racontent autrement l'histoire de sa mort. Le mardi d'avant l'Ascension de l'aQ 735, sentant sa fin approcher, il fit appeler les prêtres et les moines du monastère, et les pria de célébrer des messes et de faire des prières pour lui, en disant (ju'il était temps qu'il retournât vers celui qui l'avait créé. Sur le soir, on lui fit remarquer qu'il manquait encore un dernier verset à une traduction de l'Evangile de saint Jean au'il avait entreprise pour l'usage du peuple ; Bède se fit présenter ce verset, et après en avoir achevé la traduction, il pria ceux qui l'entouraient de le déposer sur le pavé de sa cellule, où il rendit son âme à Dieu, en chantant Gloir9 au Pèrtt au Fils et au Stûnt-Esprit^ Avant de mourir, il fit prendre dans sa cassette dû peitre » des mouchoirs et des pariums qu'il distribua aux prêtres de son monastère. On trouve des exemples de semblables présents dans les lettres de saint Bonifaee» archevêque de Mayence, et de plusieurs autres du même temps. C'est ce qu'on appelait eulogies^ et res sortes de présents n'étaient point défendu» )ar la règle de saint Benoit, pourvu q^'^^ es fit avec l'agrément de l'abbé.

On a disputé su? Torigina du litra de M

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DIGTiONXy RE DE PÀTROLOGIE.

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nénAleeùùs\9mmmi attaché au nom de Bède. Quelques-uns prétendent qu'il était de son temps en si grande vénération, que, par UD honoeur sioguliep et iusqu'alors sana exemple, on ordonna que» de son vivant, ses homélies seraient lues dans les églises, comme faisant partie du s^vice divin ; mais on était embarrassé, en faisant cette lecture du titre à donner à Tauteur : celui de sdni ne pouvait convenir à un homme vivant ; son nom sans titre paraissait trop sec; on trouva enfin eelui de yétérobt^^ qui est resté. Mais il s*en faut que cette explication ait été gé« néralement adoptée ; ce qui parait plus certain, c'est qu'on ne donna jamais à Bède le nom de YenérMe durant sa vie, mais trèspro8i^)lement après sa mort; expression sans donte du respect qu'il avait inspiré, et qui, répétée par I assentiment général, s'est attachée è son nom, et est devenue ainsi un titre particuiier, et Tun des plus honorables qui puissent être conférés par les hommes.

La plus ample édition des ouvrages de Bède est celle publiée à Montrouge eo 1850, par les soins de M^ l'abbé Migne. Us y sont aistribués en six volumes, et dans Tordre le

{dus convesable, puisqu'on a eu soin de reégaer à la fin de chaque volumo, et en forme d'appendice, les ouvrages douteux ou supposés. Du reste , le choix était d'autant plus facile à faire, que Bède a rédigé luimême un catalogue de tous les écrits qu'il avait composés jusqu'à Tan 731, c'est-à-dire quatre ans avant sa mort. Comme ces écrits sont très-volumineux, nous espérons qu'on nous permettra de ne nous arrêter qu'à ceux qui portent son nom, et qui se présentent revêtus de son aveu; encore nous contenterons-nous d'indiquer les uns, et de rendre compte, par l'analyse, des plus importants. Les traités de VOrthographe^ de l'ilr^ poé-» tique, des Figures et des tropes de VEeriture sainte^ sont des écrits qu'il avait composés pour rinstruction des jeunes religieux qu'il enseignait dans son couvent. 11 eo est de même des traités qui suivent, et on général de tous ses ouvrages didactiques, quoique conçus et exécutés dans un ordre plus élevé. Le traité de la Nature des choses est une description du ciel et de la terre aussi étendue et aussi complète que pouvaient la comporter les développements delà science à son éf oque. Le traité de l'Ordre des temps est divisé en deux livres : le premier finit à la cinquième année du règne de Tibère Absimore, de Jésus-Christ 702, et le second, (jui est plus Ions, pousse l'ordre des temps jusqu*à la neuvième année de Léon l'isaurien, c'est-à-dire de Jésus-Christ 7â5. 11 convient dans la préface qu'il l'entrepril à la prière de ses frères, qui trouvaient qu'il ne s'était pas assez étendu dans le premier. Comme il avait compté les années du monde suivant le calcul des Hébreux, il craignait qu'on lui fit des reproches de l'avoir préféré à eelui des Beptante ; dans son second livre, partout où ces deux calculs diffèrent, il a soin de les rapporter ensemble, laissant ainsi è son lecteur la liberté de choisir oehii

qui lui paraîtra le plus exact et le plus précis. Il témoigne de la vénération pour cette ancienne traduction, et ne blâme point les interprètes qui l'ont suivie; mais il se déclare pour la vérité hébraïque, qu'il regarde comme la plus pure, puisque saint Jérôme , saint Augustin et Ëusèbe de Césarée l'ont préférée aux Septante, pour le calcul des temps. £n parlant des mois dans le 13* chapitre, il remarque que les anciens Anglais comptaient les leurs suivant le cours de la lune, d'où il arrivait quelquefois qu'il se trouvait treize mois dans une même année, et dans ce cas ils renvoyaient le treizième à la saison de l'été Le grand ouvrage de l'Ordre des temps est dédié à l'abbé Hucbert.

Bède composa le livre des six âges du monde neuf ans après la mort de son abbé Céolfrid, et la neuvième année de l'empereur Léon. II établit le premier Age depuis Adam jusqu'à Noé; le second, depuis Noé

t'usqu'a Abraham; le troisième, depuis kbvàr lam jusqu'à David; le quatrième, depuis David jusau'à la captivité de Babylone, en marquant le nombre d'années qui s^écoulfrreutdans l'intervalle de ces différents âges, et d'après le calcul dos Septante, et d'après celui des Hébreux. II date le cinquième de la sortie de Babylone jusqu'à la naissance du Sauveur, et le sixième depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu'à la consommation des siècles. 11 donne de suite les événements les plus remarquables dans les différents empires , dans la Synagogue, dans l'Eglise; ei il n oublie pas de mettre au nombre des conciles généraux le sixième, tenu à Constantinople en 681. Cette Chronique contient tout ce qui s'est passé pendant le cours de 4680 ans, c'est-a-dire jus^ qu'à l'an 725 de Tère chrétienne. Ce fut en cette année que Luitprand, informé que les Sarrasins avaient ravagé la Sardaigne et souillé le lieu où reposait le corps de saint Augustin , l'acheta à grand prix , et le fit transporter à Pavie, avec tous les honneurs dus à ce sublime docteur.

Histoire ecclésiastique des Anglais. — Cet ouvrage, que les Anglais regardent comme le fondement de leur histoire ecclésiastiaue, malgré un mélange de légendes absurdes, objets alors d'une croyance générale, n'en est pas moins un ouvrage étonnant pour un siècle où il n*existait aucun écrit en ce genre, ni môme aucuns matériaux pour le rédiger, en sorte qu'il a exigé des recherches immenses. Bède l'entreprit à la prière de l'abbé Albin, homme très-docte, qui avait été disciple de saint Théodore, archevêque de Cantorbéry. Albin ne se contenta pas4'exGiter Bède à ce travail, mais il lui lournit encore les mémoires de tout ce qui s'était {>assé dans la province de Cantorbéry et es pays voisins sous l'apostolat de saint Augustin et des autres prédicateurs de TEvangile, envoyés par saint Grégoire le Grand pour convertir l'Angleterre. Northelme, pcètre de TEglis» de Londres, qui lui remit ces méraoii^es, étant allé à Rome, obtnt eu pape Grégoire 111 la penaissioa de eher--

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DICTIONNAIRE DE PÂTROLOGIE.

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cher dans les archives de TE^Iise tout ce qui pourait concerner l'histoire d'Angleterre. II y trouva plusieurs lettres de saint ii Grégoire le Grand et des autres papes» ^

a u'il communiqua à Bède à son retour a Lonres. Daniel , évoque des Saxons occidentaux, lui fournit des mémoires sur Thistoire ecclésiastique de sa province et sur celle des Saxons méridionaux et de File d'Oiiiet. Les jBoines du monastère de Lestinguen lui ap-;

S rirent la conversion des Merciens à la foi e Jésus-Christ. Pour ce qui regarde l'histoire des Anglais orientaux, il en fut instruit partie par les écrits qu'on lui communiqua, partie par la tradition des anciens et par le récit ae l'abbé Eli. L'évéque Cynebert et plusieurs autres personnes fidèles lui firent part de ce qu'ils savaient touchant la propagation de la foi dans la province de Lendessig; quant à celle de Northumbrie, où il était né| ce qu'il n'avait pu connaître de lui-même, il l'apprit des moines de Lindisfamé et de plusieurs autres personnes dignes de foi. C'est Bède lui-même qui rend compte de tous ces détails au roi Ceolulfe à qui il dédia son Histoire, qu'il ne consentit \ faire paraître qu'après qu elle fut revôtue de son approbation.

Elle est divisée en cinq livres, dont le premier commence par la description de la Bretagne et des mœurs de ses anciens habitants. Ensuite il marque les empereurs romains qui sont entrés dans la Bretagne, et met Jules César le premier. Il fixe son passage dans rtle à la 593' année après la fondation de Rome, soixante ans avant la naissauce de Jésus-Christ, sous le consulat de Lucius Bibulus. Il «goûte que Lucius, roi des Bretons, écrivait au pape Eleuthère, qui occupait le saint-siége sous Antonin et Commode, pour le prier d'envoyer des prédicateurs de l'Evangile chez lès Bretons ; que ce pape en envoya, et que les Bretons reçurent la foi de Jésus-Christ, qu'ils conservèrent inviolablement jusqu'à 1 empire deDioclétien, qui excita contre eux une violente persécution. Plusieurs souffrirent le martyre, entre autres saint Alban, dont le prêtre rortunat afait l'éloge dansson poëmeenl'honneur des vierges. Bède donne de suite, mais en peu de mots, ce gui se passa dans l'Eglise d'Angleterre jusqu'à la mission du moine saint Augustin, qu'il rnconte dans tous ses détails. 11 commence son second livre à la mort du pape saint Grégoire le Grand, et il rapporte, tant dans ce livre que daas les suivants, les conversions faites par saint Augustin, les évèchés qu'il établit en Ani^leterre, la succession des évoques, la propagation de l'Evangile en diverses provinces, les diflîcultés qui s'élevèrent pour la célébration de la pâque et sur quelques autres usages de TÉglise, les conciles assemblés pour terminer ces différends, et les conseils que les rois et les éYÔques tinrent entre eux pour la destruction de l'idolâtrie. II y parle aussi de l'établissement des monas-

rincamation, comme aussi Tabrégé qu^il publia de cette Histoire.

Martyrologe, — Bède parle lui-même »

dans le catsJogue de ses ouvrages, d'un Martyrologe, consacré à conserver le souvenir des martyrs, en indiquant non-seulement le jour où ils avaient souffert, quand il avait pu le découvrir, mais encore le genre de leur mort, et le nom des juges sous lesquels ils avaient vaincu le monde. Dsuard assure que Bède avait laissé cent quatrevingts jours vides dans son Martjrrologe, n'ayant pu trouver apparemment des martyrs pour tous les jours de l'année. Florus, diacre de Lyon, en suppléa plusieurs, mais non pas tous, ainsi que le remarque Adon de Vienne, à qui.il était réservé de le compléter. Cet ouvrage, tant désiré des savants, a été publié par les BoUandistes, dans le second tome du mois de mars, avec les additions de Florus et de quelques autres, qu'ils firent imprimer en petits caractères, dans la crainte qu'on ne les confondit avec le texte de Bède. On y trouve néanmoins la ftte de tous les saints, oui ne fut établie que par le pape Grégoire Ul ; il est possible que Bède l'ait insérée dans son Martyrologe, puisqu'il vécut encore quatre ans après l'élection de ce pontife.

Vies de saint CuthberJ et de ioint FUix^ etc. — En dehors de son Martyrologe, il écrivit aussi la Yie de saint Cutnbert , évêque de Lindisfarne, et celle de saint Félix, évêque de Noie en Campanie : la première en vers et en prose, la seconde en prose, traduite des vers de saint Paulin.

Des lieux saints, — Le traité des saints lieuXf dont il se reconnaît l'auteur dans une épigramme qu'il a mise à la fin, n'est qu'un anregé des descriptions que d'autres en avaient faites avant lui, pnncioalement Arculphe et le prêtre Adamnan.

Commentaires sur VAn^ien Testament. — Bède ne travailla pas de suite aux Commentaires qu'il nous a laissés sur la Genèse. Il expliqua d'abord les trois premiers chapitres, jusqu à l'endroit oii il est dit qu'Adam fut chassé du paradis, remettant à expliquer le reste après qu'il aurait achevé son Commentaire sur Esdras. Cet ouvrage fini, il reprit l'explication de la Genèse, et la conduisit jusqu'à la naissance d'Isaac et l'expulsion dlsmaël. Le premier travail était d'abord divisé en deux livres qu'il avait dédiés à l'évéque Accas ; mais, après qu'il eut achevé l'explication de la Genèse jusqu'à la naissance d'Isaac , de ces deux livres il n'en fît qu'un, et deux du reste de son Commentaire. Aussi, dans son Catalogue ne compte-t-il que trois livres. Dom Martenne les a extraits et publiés sur un ancien manuscrit de l'abbaye de Corbie.

Outre ce Commentaire sur les vingt pre« miers chapitres de la Genèse, il en avait fait un sur tout le Pentaieuque de Moïse. Ce Commentaire est tout à la fois littéral, uio-

tères et des abbés les plus célèbres. Son rai et allégorique. L'auteur ne s'astreint pas •cinquième et dernier livre finit à l'an 731 de à donner l'explication du texte çntier de

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